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BobSaintClar

M37, la belle surprise

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Pas peu fier de mon nouvel acquêt, un oculaire Ethos 4,7mm offrant 110° de champs apparent (on voit ses oreilles), j'ai décidé de l'essayer sans plus attendre !

 

Cette nuit, dans ma campagne au ciel hivernal toujours pâlot mais bien transparent, la météo est parfaite : le froid est piquant, -6°C, mais nulle bise n'alourdit la facture. Petit bonus appréciable, puisque je vais tester un oculaire de courte focale : la turbulence est faible.

Pour un peu, la Lune me manquerait...

 

Je commence par le tout-venant : Orion et sa nébuleuse, d'abord (re)visitée à l'ES 6,7 - qui m'en a jusqu'ici donné la meilleure image, avec et sans filtre - puis à l'Ethos 4,7 : ah oui, ça grossit davantage... et ce champs ! De 82 à 110 degrés, il y a un monde ! En fait, en dépit de leurs différences, ces deux oculaires m'offrent presque la même scène : 0,83° contre 0,78° (à la louche : je ne tiens pas compte des éventuelles distorsions). L'image délivrée par l'Ethos est très spectaculaire et comme avec l'ES, le fort grossissement permet de s'affranchir de l'UHC sans problème : avec ou sans filtre, l'image est belle. Les étoiles montrent des anneaux de diffractions agités, malgré l'astigmatisme toujours présent. Je me demande un bref instant s'il vient bien de mon œil et non de l'optique, alors je tourne la tête : tous les petits bâtonnets du champs tournent à l'unisson...

 

Je change de cible, direction le Cocher et ses amas, lassé du sempiternel double de Persée (derrière la maison, j'ai la flemme de tout déplacer) : je repère Messieurs 36 et 37 au Nagler 31 (c'est mon chercheur, désormais). Il me les montre tout petits, granuleux, sans reliefs, noyés dans un vaste champs urbano-salopé qui les accable. Je choisi - au pif - M37 et passe directement à l'Ethos 4,7. Et là, mais que... mais, mais... mais c'est magnifique ! Pute borgne, quelle beauté ! Je n'avais pas d'attente particulière en pointant cet amas, supposant qu'il m'apparaîtrait, ma foi... assez faible, juste résolu, sans grand éclat ? Raté ! Messier 37 occupe la moitié d'un champs colossal très sombre - pupille de 0,9mm oblige - qui le met particulièrement en valeur, d'autant que l'atmosphère est très sage : chaque étoile - l'amas est parfaitement résolu - est une tête d'épingle que mon astigmatisme crasse n'arrive même pas à enlaidir. L'ensemble est si riche qu'il évoque un amas globulaire dont le centre serait trop dispersé. Quelques étoiles sortent du lot, juste assez pour donner du relief à la scène. Cet objet, dans la NP127, est une délicieuse surprise ; j'ai hâte de le revoir sous un très bon ciel, sans savoir si cela changera vraiment la donne. Et ma femme qui est partie se coucher, tsss...

 

Je passe du temps sur M37, jusqu'à ce que le froid m'incite à écourter l'affaire. J'oriente alors mon tube vers la Grande Ourse, plus particulièrement vers le couple de galaxies M81-M82.

Déjà, pour calmer vos ardeurs : ces deux nébuleuses sont invisibles dans mes jumelles 8x30. Ca ne donne pas envie d'investir dans un Sky Quality Meter (j'aurais trop peur de griller son capteur)...

Bref : repérées au chercheur de luxe, je les observe à l'Ethos 4,7. M82 montre parfaitement sa structure très allongée et par moments, je perçois les tourments de sa partie centrale sans pour autant les détailler : ils sont fugaces, toujours devinés en vision décalée. Là encore, merci à l'oculaire qui "éteint" le fond de ciel sans trop massacrer son faible sujet ! M81 est plus ovalisée, sans autre détail qu'une zone centrale claire aux limites imprécises. A l'évidence, de tels objets méritent un meilleur ciel !

 

A minuit et demie, je conclue ma soirée. J'en retiens la découverte d'un oculaire excellent, bien piqué - si l'atmosphère est de bonne humeur - et pourvu d'un champs gigantesque, garant d'observations vraiment spectaculaires. J'en retiens aussi LA bonne surprise de ce début d'année : Messier 37. Dans ma lunette, à fort grossissement, il est somptueux ! A consommer sans modération :)

Edited by BobSaintClar
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Oui M37 est magnifique, on en parlait avec @Cédric Perrouriefh il n'y a pas longtemps!

Il faut que tu essayes Caroline's Rose avec ton mini-tromblon, je ne serais pas surpris qu'il soit au moins aussi beau à fort grossissement :)

A+

Amaury


EDIT: après petit check avec Stellarium je crains qu'il faille un peu plus de diamètre pour la Rose de Caroline (cette phrase ferait scandale dans n'importe quel autre contexte...). :( Au T300 elle m'a laissée un souvenir impérissable :x

Edited by FiatLux
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Bob, tes CROA sont juste excellents, continue de nous régaler avec ! :)

 

M37 est sans conteste un des plus beaux amas ouverts avec M11 et la rose de Caroline (tsss tsss tsss Amaury ! :D:D)

Edited by Cédric Perrouriefh
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La rose de Caroline ? Je suis allé jeter un oeil sur Internet : SAINTEMARIEMEREDEDIEU vite remettre le filtre parental... Ah effectivement, c'est un joli p'tit lot : je vais tenter de lui faire l'apo ce soir, si la météo se maintient au beau fixe ! A 1,3 magnitudes en-dessous de M37, c'est pas résolu d'avance :D

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Ah, un CROA agréable à lire ! Bonne idée de grossir sur les amas ouverts, surtout quand ils sont compacts comme M37.

 

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Il y a 11 heures, Cédric Perrouriefh a dit :

tsss tsss tsss Amaury ! :D:D

 

Oui pardon, l'année passée dans l'armée a eu un impact bien plus néfaste et durable que je ne l'imaginais :D

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Très beau compte rendu d'observation, sur un amas trop souvent négligé.

Merci

Et je confirme, la rose de Caroline mérite  un peu plus de diamètre, mais elle en vaut la peine...

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Et voilà, je suis ressorti en mode "Allons voir si la rose..." : Il fait nuit noir, ici !

Mais c'était joué d'avance : à une trentaine de degrés de hauteur sur l'horizon méridionale, en plein dans l'immonde halo de Tokyo (et d'une enfilade de villes-dortoir alignées Nord-Sud le long de la voie ferrée comme les perles d'un vilain collier), même Sirius n'a pas l'air dans son assiette !

La constellation d'Orion est suffisamment haute pour échapper au massacre, c'est toujours ça de pris. Mais la Rose, de chez moi, je ne la cueillerai pas :(

 

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il y a une heure, Cédric Perrouriefh a dit :

Mmm, on parle bien de NGC 7789 ? L'été, elle est haute dans le ciel...

Je me disais aussi...

Hier, je cherche sur Internet et localise l'objet près de Cassiopée. Je me dis "Ok, c'est du gâteau, la constellation est bien haute dès le début de nuit"

Tout à l'heure, avant de sortir, je lance Stellarium pour prendre mes repères. Surprise : la "Rose de Caroline" est maintenant positionnée au sud-est de Sirius ! Partant du principe qu'un logiciel spécialisé dans la cartographie astro est plus fiable qu'une armée de singes équipée de claviers, je me base sur cette information et constate qu'en effet, en-dessous de Sirius, je ne cueillerai rien du tout...

Bon, à refaire donc. Merci Cedric :D

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Oui, je sais que Stellarium nomme plusieurs objets "Rose de Caroline". Celle dont on cause c'est NGC 7789. C'est un objet septentrional. Je me souviens l'avoir découverte un joli soir d'été (je sais pas pourquoi, je sens qu'Amaury va me railler sur ce coup :D)... avec un T600 :D... dans le haut Var. Depuis je l'observe le plus souvent en été, en même temps que NGC 6543. Quelle est la période propice d'après Stellarium pour NGC 7789 ? 

 

C'est un objet d'une grande beauté, avec une forte disparité de magnitude de ses membres et des méandres dessinés par le fond de ciel, noir d'encre par contraste (comme sur M11). Trop beau :)  

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Tu as raison Cédric, des peu d'amas ouverts que j'ai dessinés, je me rappellerai toujours de 7789, bien riche avec exactement ce que tu dis : étoiles de mag diverses et zones lacunaires. C'était en 2006, 344 étoiles ont été pointées sur mon dessin au C14 x 337 et encore, c'était dans le coeur dense de l'amas ! Il faudrait que j'y retourne au T600 mais à faible G. Sinon il y a quelques nuits, le non-Messier que je suis a découvert M93 dans la Poupe, c'était magnifique, qui connaît ? Bien moins riche, on dirait un sapin de Noël orné de 2 boules orange immanquables.

Fabrice M.

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Merci Fabrice pour ce retour. Dessiner NGC 7789 c'est un exploit, et 344 étoiles... arriver à les compter, et un si grand nombre, bravo ! Je n'y pensais même pas...

 

M93, assez bas depuis la France métropolitaine (c'est peut-être le Messier le plus austral ? Ou pas loin), je le connaissais très mal (voire pas du tout...) mais je suis quasiment sûr qu'il fait partie des objets pointés par Amaury vendredi soir, il pourra confirmer ;)

 

Et heureusement qu'on est en Provence, qu'est-ce que ça doit donner ne serait-ce qu'à Lille, une dizaine de degrés plus bas sur l'horizon... comme quoi le catalogue Messier n'est pas non plus accessible dans son entier depuis tout l'hémisphère nord. Toi par contre tu dois bien en profiter de M93 ;) 

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Il y a 13 heures, Sky runner a dit :

C'était en 2006, 344 étoiles ont été pointées sur mon dessin au C14 x 337

 

Impressionnant...........

 

Il y a 11 heures, Cédric Perrouriefh a dit :

M93, assez bas depuis la France métropolitaine (c'est peut-être le Messier le plus austral ? Ou pas loin), je le connaissais très mal (voire pas du tout...) mais je suis quasiment sûr qu'il fait partie des objets pointés par Amaury vendredi soir, il pourra confirmer ;)

 

M93 était trop bas sur l'horizon, je ne l'avais pas mis sur ma "todo list"!

Mais parlons-en de ma "todo list": j'avais prévu de faire 15 nouveaux Messiers ce soir là et je suis revenu avec juste M79 dans ma besace. La faute à Môssieur Fred, ses NP et autres galaxies "extrêmes" ¬¬ :P

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Il y a 14 heures, Sky runner a dit :

C'était en 2006, 344 étoiles ont été pointées sur mon dessin au C14 x 337 et encore, c'était dans le coeur dense de l'amas ! Il faudrait que j'y retourne au T600 mais à faible G

Alors là, tu en auras plus ! Quelle patience... perso, en pointant l'amas avec la lunette (et en supposant que je puisse le résoudre), j'escompte bien en voir 3,44 :D

Mais pour cette nuit (déjà tombée ici, hi hi), c'est plié : des nuages d'altitude se sont invités, on ne peut pas les manquer, ils sont violemment retro-éclairés par Tokyo...

Dès Jeudi soir, d'après les prévisions japonaises, je pourrai reprendre mes expériences !

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Meuh non Amaury, il n'y avait rien d'extrême dans ce qu'on a observé vendredi. :D Le plus faiblard c'était NGC 1058 avec sa brillance de surface de 13 ou 13.5 selon les sources. Pas de quoi fouetter un chat. :D Par contre, je viens de regarder des photos de certaines galaxies vues vendredi, et houa... ce seraient des objets très intéressants à réessayer sous un très bon ciel, par exemple l'été au Restefond. Je pense notamment à NGC 3077 dont le coeur est partiellement masqué par de la poussière et entouré d'un immense halo. Je me demande ce que ça donnera dans de meilleures conditions.

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Il y a 4 heures, Cédric Perrouriefh a dit :

je viens de regarder des photos de certaines galaxies vues vendredi, et houa... ce seraient des objets très intéressants à réessayer sous un très bon ciel, par exemple l'été au Restefond

 

Je te prends au mot: je compte bien qu'on y fasse plusieurs virées lorsque les beaux jours reviendront :D

A+

Amaury

Edited by FiatLux
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A défaut de M37, ça donnait çà pour NGC 7789. C'est pas très beau, c'est un gros plan mais c'est paradoxalement plus facile à dessiner à ce G car les étoiles sont bien résolues. Steve Coe en compte 300 au T914 mais il n'a pas été assez patient ! Disons que j'avais un bon crayon blanc, un bon suivi, un bon fauteuil et le seeing coopérant.

NGC7789_forum.jpg.6e50373cb0902e145a6192fc073e9fbd.jpg

Pour compter les étoiles, j'ai pris une règle que j'ai fait glisser de haut en bas en guise de cache...

Fabrice M.

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Il y a 5 heures, Sky runner a dit :

Pour compter les étoiles, j'ai pris une règle que j'ai fait glisser de haut en bas en guise de cache

La classe ! NGC 7789, c'est parce qu'il y a 7789 étoiles dedans ? :D

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    • By xavierc
       Nord de la Seine et Marne au sud des ballots de foin
       Soir du 25 août 2019
       Dobson Strock 254/1200
       
       4 dessins : 8982 à 8985
       
       C'est ma troisième nuit d'affilée, ce qui demeure exceptionnel pour l'Ile de France!
       Mais cette fois le travail m'attend demain, il faudra être discipliné sur l'horaire de départ.
       Je suis prêt à 22h30. L'odeur de lisier de porc étant atténuée par rapport aux nuits précédentes, j'ai rejoint mon site de prédilection.
       La nuit n'est pas encore totale.
       
       J'observe des amas ouverts du Lézard, constellation que j'ai un peu trop délaissée cette année.
       
       Observation 8982 : NGC7296.
       Il est petit et compact à 75x. Je le sépare en étoiles assez brillantes à perceptibles à 150x.
       
       
       Un peu de vent pas gênant se manifeste à 23h.
       La nuit est tombée mais le ciel reste laiteux.
       Et ce scrogneugneu de phare de la Tour Eiffel bien que dans mon dos gêne par intermittances en éclairant le télescope, faiblement certes, mais avec les bâtonnets de la rétine au garde-à-vous ça se voit.
       
       Observation 8983 : IC1434.
       Repéré à 75x, il est fourni sur fond laiteux à 109x. Quelle galère à dessiner vu comme il est riche! Je remarque aussi une ligne d'étoiles faibles à la limite de résolution. C'est marrant, il y a commme des bandes sombres dans l'amas du fait de sa résolution partielle en étoiles.
       
       
       Après une petite pause dans la Dacia Sandero, afin qu'il n'y ait pas de jalouses, je rends aussi visite aux galaxies du Lézard.
       
       Observation 8984 : NGC7231.
       Cette galaxie non visible à 75x, je la vois très faible à VI1 à 150x.
       
       
       Observation 8985 : NGC7223.
       Elle non plus reste invisible à 75x. Elle n'est pas évidente, peu contrastée et très diffuse, vue VI1 à 2 à 150x (75% à 100% du temps en vision indirecte).
       
       
       Comme je suis raisonnable, je remballe à 0h40 pour ne pas être cassé au travail.
    • By candrzej
      Salut à tous
       
      Ces dernières nuits nous ont offert enfin un ciel exempt de nuages, ce qui m'a permis de reprendre certaine images commencées en Octobre...
      Pour changer je vous propose un amas ouvert de la Girafe, j'en fait de temps en temps. Ils sont pratiques ces objets en observation automatique, ils servent de salle d'attente avant que le tube ne point sur un objet plus "stratégique"
      Cela n'enléve rien à leur intérêt bien entendu, mais leur temps de pose dédié est bien inférieur à celui nécessaire pour les nébuleuses ou galaxies.
       
      Données techniques
       
      CTA 320 f/d 4 (correcteur Wynne Keller)
      Caméra ZWO ASI183mm
      Couleurs : R 23x300sec, G 18x300 sec B 18x300 sec à -15°c (2x2)
       

       
      @+
       
      Christian
    • By JuLi131
      Bonjour à tous 
       
      Je continue mes essais avec mon Mak 127 sur EQ 3.2 motorisée.
      Après un premier test rempli de buée..! un deuxième avec l'ajout d'un pare-buée "maison".
      Verdict, ça fonctionne, pas très longtemps mais ça fonctionne! (bien vu @ValereL) 
       
      Je suis donc retourné voir M45 avec 95 Brutes à 800 ISO et 30sec de pose + 30 Darks et 30 Offsets.
      Le rendu :
       

       
      et puis quitte à se faire mal, un petit tour sur M31 (sans aucune prétention.. ).
       

       
      Content de voir que mon problème de Bahtinov furtif de la mort été bien du à la buée  y'a plus qu'à continuer les essais !
       
      Bon ciel à tous 
       
      et merci au passage @fljb67 et @Saci- pour vos conseils sur le pare-buée
    • By xavierc
       Nord de la Seine et Marne à l'entrée de la ferme
       Matin du 25 août 2019
       Dobson Strock 254/1200
       
       4 dessins : 8978 à 8981
       
       Comme hier, j'évite l'odeur de l'autre site au prix d'une promiscuité plus grande avec les vaches.
       J'ai fini de récupérer de la nuit passée avec une sieste jusqu'à 1h.
       Mais je n'ai pas perdu de temps d'observation car le ciel se dévoile enfin après un début de nuit couvert.
       Je suis arrivé à 2h15 et suis opérationnel en un quart d'heure, l'avantage du Strock par rapport au Dobson 508.
       
       Les vaches sont là, fidèles au rendez-vous. Vont-elles être aussi incontinentes qu'hier?
       
       La Lune a maigri à 30% de phase et atteint la barre des 15° dans le Taureau au début de mes observations.
       Je galère un peu dans mes recherches dans le Verseau, je vais pointer une zone plus transparente plus haut dans Pégase.
       
       J'aperçois encore des voiles dont un gros paquet à l'ouest. Vont-ils jouer les trouble-fête comme hier?
       En effet, ils gênent pendant le premier dessin.
       
       Observation 8978 : NGC7743.
       150x. Vue dès 75x, elle se révèle très faible, diffuse. Un axe est plus marqué en vision décalée.
       
       
       Observation 8979 : NGC7742.
       150x. Facile à 75x, elle m'apparaît faible, petite et condensée.
       
       
       Les moustiques sont plus menaçants qu'hier, je dois fuir par moments pour qu'ils perdent ma trace.
       
       Une bonne odeur de foin me chatouille les narines, bien plus agréable que l'odeur âcre du lisier de porc.
       La menace des voiles de l'ouest grandit.
       
       Je commence à dessiner le groupe de galaxies NGC7586-7631 dans Pégase.
       Je me rends compte alors que la jupe du Strock était mal mise, ce qui a dû occasionner une perte de contraste alors que la luminosité de la Lune est assez forte. Je constate en effet un mieux dans le contraste après avoir réajusté cette jupe.
       
       Observation 8980 : NGC7617/9/26.
       A 150x, le duo formé par NGC7619 et 7626 est facile, les 2 galaxies étant toutes deux considérablement faibles et NGC7626 étant notée diffuse à faible centre marqué. Le duo devient un trio dur quand je parviens à détecter NGC7617 un quart du temps en vision indirecte (VI4).
       
       
       Les voiles seront bientôt là.
       A 3h40 2 chouettes chevèche se parlent, c'est magique.
       
       Observation 8981 : NGC7611.
       150x. Située dans le groupe des précédentes, elle se montre faible, assez condensée. A 3h50 les nuages sont dessus et sur Pégase, le ciel est vite très couvert par l'ouest.
       
       
       Je prends quelques photos souvenir maintenant que j'ai le temps faute de ciel.
       
       A 4h30 le ciel est encore bâché, envahi de stratus et stratocumulus.
       Le camion de collecte du lait est arrivé pour un quart d'heure.
       
       A 5h15, après un peu de repos dans l'auto, je remballe sous les nuages.
    • By BobSaintClar
      Après la merveilleuse nuit de la star-party d'Aichi du WE dernier, j'avais quelques appréhensions à l'idée d'employer mes jumelles géantes sous le ciel médiocre de ma campagne urbanisée. C'est donc avec un enthousiasme modéré, surtout motivé par l'idée de réaliser un comparatif (c'est excitant), que j'ai installé tranquillement mon engin dans le jardin ce Samedi.
       
      Le ciel a été dégagé toute la journée et ce soir, il affiche un bleu profond qui promet une transparence nocturne correcte et peut-être, un halo de pollution relativement contenu. Une heure plus tard, lorsque la nuit astronomique est bien installée, je dois déchanter : le fond de ciel est crémeux jusqu'au zénith. Il n'a pas la "qualité hivernale" attendue : pas de voie lactée, alors que le Cygne est encore assez haut. A l’œil nu, je ne vois pas le double amas de Persée. Je cherche les Pléiades et quand je les trouve, on ne peut pas dire qu'elles me sautent aux yeux ! Si l'équipement n'était pas déjà prêt, franchement, je ne le sortirais pas. Mais bon, après tout, la séance sera instructive : voir quelque chose de sympathique, dans ces conditions, serait une excellente nouvelle ! Je m'attends au pire, qu'est-ce que je risque ?
       
      Je m'installe, c'est parti ! J'équipe les jumelles de leurs filtres Fujinon et commence par le Cygne, avant qu'il ne s'esquive. Ayant bien en tête la récente et superbe observation menée sur North America, je navigue autour de Deneb. Le fond de ciel est atténué par les filtres, mais... les nébuleuses sont invisibles. C'est une blague ? Qu'elles soient ténues ou moches, passe encore, mais rien ? Je prends mon temps, peine perdue. Oh purée, ça commence mal !
       
      Douché, je pars vers les Dentelles. Même constat : je ne les vois pas. Au contact de l'étoile brillante de l'arc le plus fin, je note une vague excroissance... et encore, j'ai un doute ! L'arc le plus étendu, celui qui m'évoquait une grande plume festonnée quelques jours plus tôt, est noyé dans la fadeur ambiante. Cette misère !
       
      Poursuivons le jeu de massacre. Je retire les filtres et retourne l'instrument vers le sud-est, direction les Pléiades. Je les trouve, c'est déjà ça ! La réalité n'a pas grand-chose à voir avec mon souvenir : il n'y a pas de luminosité globale tranchée, qui distingue l'amas de son environnement plus sombre. Ce n'est qu'une collection d'étoiles individuellement lumineuses, pas vraiment un objet en soi. Plus grave : il n'y a pas de gaz ! Même en vision indirecte, il n'y a strictement rien à voir aux alentours de Merope (les autres, n'en parlons pas). Dans le quadrilatère, je compte neuf étoiles (14 en montagne), mais peu importe : ce n'est pas moche, c'est pire que ça... c'est triste.
       
      Je pointe le double amas de Persée : finalement, c'est l'objet le moins décevant du moment. Il perd beaucoup en contraste et donc, en beauté, mais la foultitude d'étoiles - même moins serrées - détourne l'attention du fond de ciel blafard. Les couleurs sont perceptibles mais l'effet 3D est très atténué, au détriment du plaisir d'observation.
       
      Puisque je traîne dans le coin, allons voir Andromède. Elle est très haute, c'est plutôt bon signe, la voil... doux Jésus ! Ce n'est qu'une tache asymétrique, un nuage pâle sans forme ni structure qui se perd dans le fond de ciel ! M110 est loin (!) et misérable... quant à M32, je la cherche encore...
       
      Il est 20h30, je décide de rentrer au chaud (température extérieure 2°) et de m'occuper une paire d'heures, le temps qu'Orion émerge de la vase. Ce serait dommage de ne pas conclure sur l'albatros (je n'ai pas pointé la Rosette, vous ne m'en voudrez pas)...
       
      A 23h, je ressors. Le ciel s'est amélioré : plus sombre, avec une zone zénithale presque propre. Du coup, je revisite les Pléiades, maintenant à ma verticale : c'est mieux ! La patate globale de l'amas est perceptible (mais sans plus), la nébulosité près de Merope est devinée en vision indirecte. Je compte désormais 11 étoiles dans le quadrilatère principal. Si je n'avais pas récemment vu le même amas sous un ciel de rêve, j'aurais trouvé l'image jolie...
       
      Je remets les filtres et vise enfin M42, la reine des nuits d'hiver. Houuu là là, elle a pris cher, Sa Majesté ! Au sud-sud est, elle est assez haute - 10° de plus qu'en France métropolitaine - mais ne s'extraie pas du halo lumineux de l'agglomération tokyoïte et de ses extensions ferroviaires : elle étend peu ses ailes, sa tête d'oiseau n'est vue qu'en vision indirecte, aucune boucle ne vient la refermer, "l'homme qui court" est à la limite de la perception... ça craint ! Autour du trapèze, les nodosités complexes du cœur se laissent voir, quand même. Avec les filtres, la nébuleuse s'étend un peu plus mais paradoxalement, je perds en détails dans la partie centrale ; au final, c'est décevant ! Quand je repense au même objet, vu d'Aichi...
       
      Je ne reste dehors qu'une grosse demi-heure : le ciel ne s'améliorera plus et j'ai vu ce que je voulais voir (ou pas). La rosée de début de nuit se change progressivement en givre... Il est temps de venir témoigner, ici même
       
      Le bilan est déprimant, mais je tire quelques enseignements de cette demi-nuit d'observation :
       
      - Ma monture me donne satisfaction : je l'ai améliorée en dotant l'axe de la bascule d'un frein. La visée est confortable, surtout au-delà de 60° d'élévation.
      - Avec mon instrument, sous un ciel médiocre à moyen, les amas ouverts sont la cible à privilégier. Les galaxies, on oublie (cette M31 de cauchemar...) et les nébuleuses gazeuses, on les filtre à bande étroite : mes Fujinon à bande large, ça va bien sous un bon ciel... sinon, ils sont trop permissifs.
      - En-dessous de 70-75° d'élévation, la pollution lumineuse ruine tout !
       
      Sur ce, bonne nuit !
       
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