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yves65

CROA soirée publique du 16 mars dernier

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Bonjour à tous,

 

Allez, tiens, je poste un petit CROA ici, pourquoi pas :).

Comme chaque mois depuis une dizaine d'année, le 16 mars dernier, j'animais une soirée publique, à l'observatoire de mon club (Dinastro) dans les Hautes Pyrénées.

Pour une fois...le ciel était bien étoilé dès le début de la nuit, ce qui n'était pas arrivé pour une soirée publique depuis... novembre 2017.

J'ai ouvert la coupole de notre Télescope de 305 mm vers 20h30. Six autres personnes étaient présentes pour cette soirée. Nous sommes restés jusqu'à 1h de matin. Nous avons pointé de nombreux objets du ciel profond. En voici la liste:

 

M42

On démarre par la Nébuleuse d'Orion, l'incontournable du moment qu'on ne présente plus. On a bien vu le trapèze et la zone opaque au centre, siège de formation d'étoiles.


NGC 1977
Nébuleuse à proximité de M42, située entre cette dernière et l'amas ouvert NGC1981. Le filtre OIII fait apparaître la nébulosité, surtout autour du trio d'étoiles sud. Cette nébuleuse contient un amas ouvert et les deux petites nébuleuses NGC 1973 et 1975 tout juste perceptibles.

 

M35
Superbe amas ouvert dans les Gémeaux, contenant 200 étoiles environ, avec une zone peu dense au centre.

 

NGC 2158
Petit amas ouvert de magnitude 8.6 visible dans le même champ que M35, mais beaucoup plus éloigné que celui-ci. Sa présence dans le même champ à 50x de grossissement est du à un effet de perspective. Son aspect semble nuageux. En zoomant dessus à 240x, on arrive à le résoudre en une quinzaine d'étoiles.

 

NGC 2392
Célèbre nébuleuse planétaire de l'Esquimau dans les Gémeaux. On perçoit bien l’étoile centrale. Celle-ci est entourée successivement d’un anneau brillant dont la forme est légèrement carrée, puis d’un anneau circulaire plus sombre, puis enfin d’un troisième anneau plus épais et moyennement brillant. En poussant le grossissement à 480x, et en attendant suffisamment longtemps pour être bien accoutumé à la vision nocturne on parvient à entrevoir de manière épisodique quelques rayures sombres à l’intérieur de l’anneau externe. Le filtre OIII est par contre inutile sur cette nébuleuse.

 

NGC 2371

Nébuleuse planétaire double lobes dans les Gémeaux de forme rectangulaire allongée est-ouest. On voit les deux lobes séparés par une zone plus sombre. Le lobe ouest est le plus brillant. Le filtre OIII atténue trop la nébuleuse mais on arrive tout de même mieux à séparer les lobes avec lui, en vision décalée à 240x.

 

M45 les Pléiades
Amas ouvert superbe. Il est toujours réclamés par les visiteurs, même s'il déborde un peu du champ apparent de mon Panoptic 24mm... pourtant de 1,3° sur ce télescope.

 

M78
Nébuleuse à réflexion dans Orion entourant deux étoiles brillantes qui sont décentrées dans la nébuleuse. On y voit quand même une troisième étoile et on peut remarquer deux niveaux d'intensité de nébulosité. Le filtre OIII est sans intérêt sur cet objet puisque ce n'est pas une nébuleuse à émission.

 

NGC 2261
Nébuleuse variable de Hubble. C'est une incroyable petite nébuleuse brillante en forme de comète (ou de volant de badminton). Elle est superbe. Le filtre OIII est inutile.

 

NGC 2359
Nébuleuse du Casque de Thor. Superbe nébuleuse à émission dans le Grand Chien. Avec mon Panoptic 24mm (50x de grossissement), la nébuleuse est quasiment invisible sans filtre OIII, alors qu’elle saute aux yeux avec le filtre ! C’est l’effet magic-OIII qui justifie une fois de plus l’achat de ce filtre. Avec mon Nagler 9mm + OIII, soit un grossissement de 130x, la nébuleuse est très détaillée. Au premier coup d’œil, un gros lobe un peu creux est visible, avec une excroissance brillante qui ressort au sud-ouest dessinant une sorte de chiffre 6 à l’envers. En observant plus attentivement, on distingue bien la forme du casque. Le gros lobe central est en fait tronqué, ce qui matérialise le bas du casque, et il possède deux extensions, et non une seule comme au premier abord. Des filaments semblent visibles dans le pourtour du lobe principal. La première extension brillante (coté sud) est courbée et semble se séparer en deux pointes à son extrémité. L’autre (coté nord) est plus ténue et plus droite. L’ensemble fait penser au casque d’Astérix. L’étoile WR7 de magnitude 11,7 est bien visible, proche du centre du lobe principal. Cette nébuleuse est en fait une bulle de Wolf-Rayet, ce qui correspond à la fin de vie d’une grosse étoile, et non à une phase de naissances d’étoiles, comme dans la plupart des nébuleuses à émission.

 

NGC 2403
Grande galaxie, oubliée de Messier, Mag 8,5 dans la Girafe. Seul le noyau est vraiment visible mais il est très brillant. A 50x la surface réelle totale de la galaxie est tout juste devinée en vision décalée.

 

NGC 2448
Superbe nébuleuse planétaire située en plein dans l'amas ouvert M46 dans la Poupe. L'étoile centrale est visible sans filtre. Le filtre OIII montre l'aspect "rond de fumée" de cette nébuleuse, avec quelques détails visibles à l'intérieur. Elle forme un anneau un peu comme M57 mais en plus épais et moins lumineux.

 

NGC 2440
Autre petite nébuleuse planétaire dans la Poupe, bien détaillée à 480x de grossissement ! Cette nébuleuse a un aspect stellaire à 50x. Elle ne se démarque pas des étoiles alentours. On la repère donc par effet "blinking" (Passages successifs d’un filtre OIII entre l’œil et l’oculaire. La seule étoile qui ne s’assombrit pas au passage du filtre est la nébuleuse planétaire.) En zoomant à 240x on perçoit sa couleur verdâtre. Son cœur est très brillant et possède deux lobes sur un axe nord-sud, un peu en forme de papillon ou sablier. Deux grandes extensions est-ouest plus ténues, sont visibles de part et d’autre du noyau. A 480x de grossissement on perçoit une bande sombre qui coupe le cœur de la nébuleuse en deux, en passant par l'étoile centrale.

 

NGC 2683
Très belle galaxie brillante et effilée dans le Lynx. Encore un énorme oubli du catalogue Messier. Elle possède un bulbe bien défini et brillant. A 240x de grossissement, on distingue dans le bulbe un noyau ponctuel qui apparaît en vision décalée. Une bande sombre rectiligne semble perceptible coté NO. Les extensions de part et d’autre du bulbe sont visibles très loin en vision décalée. On a l’impression d’y percevoir quelques détails dans les bras spiraux.

 

Voilà, il y avait longtemps que nous n'avions pas vu autant d'étoiles au dessus de nos têtes, ça fait plaisir :).

Pour info, la prochaine soirée publique Dinastro aura lieu le 6 avril.
Tous les renseignements ici: http://www.dinastro.org/


Amicalement,
Yves

Edited by yves65
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Salut !

 

Très belle soirée, beaucoup d'objets intéressants (que de ça d'ailleurs ;)). J'apprécie beaucoup ces CROAs descriptifs, c'est un mode différent du dessin mais je trouve qu'une belle description à partir de notes d'observations a aussi toute sa place ;)

 

C'est intéressant, tu dis que le filtre OIII n'est pas nécessaire, au sujet de beaucoup de nébuleuses planétaires, a contrario de beaucoup d'aficionados des filtres. Crois-tu qu'un filtre d'une autre nature aurait été plus pertinent sur ces objets particuliers ? On dira ce que l'on voudra, avoir une image splendide d'une nébuleuse, sans filtre c'est encore plus gratifiant ;) Enfin ce n'est que mon avis...

 

il y a 19 minutes, yves65 a dit :

NGC 2392
Célèbre nébuleuse planétaire de l'Esquimau dans les Gémeaux. On perçoit bien l’étoile centrale. Celle-ci est entourée successivement d’un anneau brillant dont la forme est légèrement carrée, puis d’un anneau circulaire plus sombre, puis enfin d’un troisième anneau plus épais et moyennement brillant. En poussant le grossissement à 480x, et en attendant suffisamment longtemps pour être bien accoutumé à la vision nocturne on parvient à entrevoir de manière épisodique quelques rayures sombres à l’intérieur de l’anneau externe. Le filtre OIII est par contre inutile sur cette nébuleuse.

 

Ta description détaillée est excellente ! Justement, je garde un souvenir impérissable de cette nébuleuse dans un télescope de 635 mm, à la montagne de Lure (1 600 m). Et c'était sans filtre :)

 

N'hésite pas à poster d'autres CROAs à l'avenir :D

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Belle balade ! Pour rebondir sur l'OIII et les nébuleuses planétaires, on constate qu'en général en imagerie monochromatique, l'oxygène est le domaine spectral qui fournit le moins de détails comparé aux autres (NII, Halpha, Hbeta, HeII, etc...). Les images sont la plupart du temps plus "empâtées" qu'ailleurs (à cause de structures plus diluées) donc il semble logique qu'il soit "relativement" inefficace pour obtenir davantage de détails dans les parties contrastées de nos nébuleuses par rapport à la vision "plein-spectre". Il se révèle par contre redoutable pour les structures faibles, habituellement noyées dans le fond de ciel.

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Merci.

C’est vrai que j'ai l'habitude d'écrire dans mes notes d'observation, si le filtre OIII a été utile ou pas sur une nébuleuse. Je ne possède pas d'autre filtre, donc je ne peux pas savoir si un autre répondrait mieux.

En tour cas, des fois le OIII est indispensable (Caque de Thor, Dentelles du Cygne, Nébuleuse de l'Aigle, Helix, Croissant, Tête de singe etc...) Dès fois il ne sert à rien, souvent sur des petites nébuleuses planétaires bien brillantes comme l'Esquimau ou le Fantôme de Jupiter. Et d'autre fois il apporte un plus comme sur M8 ou M17, où il change la vision en montrant d'autres détails, bien que la vision sans filtre soit déjà très belle.

 

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       Je m'apprête à observer à 22h25.
       L'expérience de dimanche dernier m'a fait garer la voiture de façon à protéger le Strock 254 du phare de la Tour Eiffel.
       Il ne viendra pas troubler l'harmonie de la soirée.
       
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       Comme je suis raisonnable, je remballe à 0h40 pour ne pas être cassé au travail.
    • By xavierc
       Nord de la Seine et Marne à l'entrée de la ferme
       Matin du 25 août 2019
       Dobson Strock 254/1200
       
       4 dessins : 8978 à 8981
       
       Comme hier, j'évite l'odeur de l'autre site au prix d'une promiscuité plus grande avec les vaches.
       J'ai fini de récupérer de la nuit passée avec une sieste jusqu'à 1h.
       Mais je n'ai pas perdu de temps d'observation car le ciel se dévoile enfin après un début de nuit couvert.
       Je suis arrivé à 2h15 et suis opérationnel en un quart d'heure, l'avantage du Strock par rapport au Dobson 508.
       
       Les vaches sont là, fidèles au rendez-vous. Vont-elles être aussi incontinentes qu'hier?
       
       La Lune a maigri à 30% de phase et atteint la barre des 15° dans le Taureau au début de mes observations.
       Je galère un peu dans mes recherches dans le Verseau, je vais pointer une zone plus transparente plus haut dans Pégase.
       
       J'aperçois encore des voiles dont un gros paquet à l'ouest. Vont-ils jouer les trouble-fête comme hier?
       En effet, ils gênent pendant le premier dessin.
       
       Observation 8978 : NGC7743.
       150x. Vue dès 75x, elle se révèle très faible, diffuse. Un axe est plus marqué en vision décalée.
       
       
       Observation 8979 : NGC7742.
       150x. Facile à 75x, elle m'apparaît faible, petite et condensée.
       
       
       Les moustiques sont plus menaçants qu'hier, je dois fuir par moments pour qu'ils perdent ma trace.
       
       Une bonne odeur de foin me chatouille les narines, bien plus agréable que l'odeur âcre du lisier de porc.
       La menace des voiles de l'ouest grandit.
       
       Je commence à dessiner le groupe de galaxies NGC7586-7631 dans Pégase.
       Je me rends compte alors que la jupe du Strock était mal mise, ce qui a dû occasionner une perte de contraste alors que la luminosité de la Lune est assez forte. Je constate en effet un mieux dans le contraste après avoir réajusté cette jupe.
       
       Observation 8980 : NGC7617/9/26.
       A 150x, le duo formé par NGC7619 et 7626 est facile, les 2 galaxies étant toutes deux considérablement faibles et NGC7626 étant notée diffuse à faible centre marqué. Le duo devient un trio dur quand je parviens à détecter NGC7617 un quart du temps en vision indirecte (VI4).
       
       
       Les voiles seront bientôt là.
       A 3h40 2 chouettes chevèche se parlent, c'est magique.
       
       Observation 8981 : NGC7611.
       150x. Située dans le groupe des précédentes, elle se montre faible, assez condensée. A 3h50 les nuages sont dessus et sur Pégase, le ciel est vite très couvert par l'ouest.
       
       
       Je prends quelques photos souvenir maintenant que j'ai le temps faute de ciel.
       
       A 4h30 le ciel est encore bâché, envahi de stratus et stratocumulus.
       Le camion de collecte du lait est arrivé pour un quart d'heure.
       
       A 5h15, après un peu de repos dans l'auto, je remballe sous les nuages.
    • By BobSaintClar
      Après la merveilleuse nuit de la star-party d'Aichi du WE dernier, j'avais quelques appréhensions à l'idée d'employer mes jumelles géantes sous le ciel médiocre de ma campagne urbanisée. C'est donc avec un enthousiasme modéré, surtout motivé par l'idée de réaliser un comparatif (c'est excitant), que j'ai installé tranquillement mon engin dans le jardin ce Samedi.
       
      Le ciel a été dégagé toute la journée et ce soir, il affiche un bleu profond qui promet une transparence nocturne correcte et peut-être, un halo de pollution relativement contenu. Une heure plus tard, lorsque la nuit astronomique est bien installée, je dois déchanter : le fond de ciel est crémeux jusqu'au zénith. Il n'a pas la "qualité hivernale" attendue : pas de voie lactée, alors que le Cygne est encore assez haut. A l’œil nu, je ne vois pas le double amas de Persée. Je cherche les Pléiades et quand je les trouve, on ne peut pas dire qu'elles me sautent aux yeux ! Si l'équipement n'était pas déjà prêt, franchement, je ne le sortirais pas. Mais bon, après tout, la séance sera instructive : voir quelque chose de sympathique, dans ces conditions, serait une excellente nouvelle ! Je m'attends au pire, qu'est-ce que je risque ?
       
      Je m'installe, c'est parti ! J'équipe les jumelles de leurs filtres Fujinon et commence par le Cygne, avant qu'il ne s'esquive. Ayant bien en tête la récente et superbe observation menée sur North America, je navigue autour de Deneb. Le fond de ciel est atténué par les filtres, mais... les nébuleuses sont invisibles. C'est une blague ? Qu'elles soient ténues ou moches, passe encore, mais rien ? Je prends mon temps, peine perdue. Oh purée, ça commence mal !
       
      Douché, je pars vers les Dentelles. Même constat : je ne les vois pas. Au contact de l'étoile brillante de l'arc le plus fin, je note une vague excroissance... et encore, j'ai un doute ! L'arc le plus étendu, celui qui m'évoquait une grande plume festonnée quelques jours plus tôt, est noyé dans la fadeur ambiante. Cette misère !
       
      Poursuivons le jeu de massacre. Je retire les filtres et retourne l'instrument vers le sud-est, direction les Pléiades. Je les trouve, c'est déjà ça ! La réalité n'a pas grand-chose à voir avec mon souvenir : il n'y a pas de luminosité globale tranchée, qui distingue l'amas de son environnement plus sombre. Ce n'est qu'une collection d'étoiles individuellement lumineuses, pas vraiment un objet en soi. Plus grave : il n'y a pas de gaz ! Même en vision indirecte, il n'y a strictement rien à voir aux alentours de Merope (les autres, n'en parlons pas). Dans le quadrilatère, je compte neuf étoiles (14 en montagne), mais peu importe : ce n'est pas moche, c'est pire que ça... c'est triste.
       
      Je pointe le double amas de Persée : finalement, c'est l'objet le moins décevant du moment. Il perd beaucoup en contraste et donc, en beauté, mais la foultitude d'étoiles - même moins serrées - détourne l'attention du fond de ciel blafard. Les couleurs sont perceptibles mais l'effet 3D est très atténué, au détriment du plaisir d'observation.
       
      Puisque je traîne dans le coin, allons voir Andromède. Elle est très haute, c'est plutôt bon signe, la voil... doux Jésus ! Ce n'est qu'une tache asymétrique, un nuage pâle sans forme ni structure qui se perd dans le fond de ciel ! M110 est loin (!) et misérable... quant à M32, je la cherche encore...
       
      Il est 20h30, je décide de rentrer au chaud (température extérieure 2°) et de m'occuper une paire d'heures, le temps qu'Orion émerge de la vase. Ce serait dommage de ne pas conclure sur l'albatros (je n'ai pas pointé la Rosette, vous ne m'en voudrez pas)...
       
      A 23h, je ressors. Le ciel s'est amélioré : plus sombre, avec une zone zénithale presque propre. Du coup, je revisite les Pléiades, maintenant à ma verticale : c'est mieux ! La patate globale de l'amas est perceptible (mais sans plus), la nébulosité près de Merope est devinée en vision indirecte. Je compte désormais 11 étoiles dans le quadrilatère principal. Si je n'avais pas récemment vu le même amas sous un ciel de rêve, j'aurais trouvé l'image jolie...
       
      Je remets les filtres et vise enfin M42, la reine des nuits d'hiver. Houuu là là, elle a pris cher, Sa Majesté ! Au sud-sud est, elle est assez haute - 10° de plus qu'en France métropolitaine - mais ne s'extraie pas du halo lumineux de l'agglomération tokyoïte et de ses extensions ferroviaires : elle étend peu ses ailes, sa tête d'oiseau n'est vue qu'en vision indirecte, aucune boucle ne vient la refermer, "l'homme qui court" est à la limite de la perception... ça craint ! Autour du trapèze, les nodosités complexes du cœur se laissent voir, quand même. Avec les filtres, la nébuleuse s'étend un peu plus mais paradoxalement, je perds en détails dans la partie centrale ; au final, c'est décevant ! Quand je repense au même objet, vu d'Aichi...
       
      Je ne reste dehors qu'une grosse demi-heure : le ciel ne s'améliorera plus et j'ai vu ce que je voulais voir (ou pas). La rosée de début de nuit se change progressivement en givre... Il est temps de venir témoigner, ici même
       
      Le bilan est déprimant, mais je tire quelques enseignements de cette demi-nuit d'observation :
       
      - Ma monture me donne satisfaction : je l'ai améliorée en dotant l'axe de la bascule d'un frein. La visée est confortable, surtout au-delà de 60° d'élévation.
      - Avec mon instrument, sous un ciel médiocre à moyen, les amas ouverts sont la cible à privilégier. Les galaxies, on oublie (cette M31 de cauchemar...) et les nébuleuses gazeuses, on les filtre à bande étroite : mes Fujinon à bande large, ça va bien sous un bon ciel... sinon, ils sont trop permissifs.
      - En-dessous de 70-75° d'élévation, la pollution lumineuse ruine tout !
       
      Sur ce, bonne nuit !
       
    • By xavierc
       Nord de la Seine et Marne à l'entrée de la ferme
       Nuit du 23 au 24 août 2019
       Dobson 508/1920
       
       9 dessins : 8969 à 8977
       
       Ma première sortie à la campagne depuis les vacances se fait encore aux commandes du Dobson 508.
       La forte odeur de lisier de porc qui m'a saisi en sortant de la voiture au niveau des ballots de foin m'a fait fuir ce site.
       
       Arrivé à 21h45, j'étais installé à 22h45, ayant monté le télescope sous le regard intrigué des vaches.
       J'ai eu droit à un feu d'artifice vers le sud, ils fêtent quoi à cette date?
       
       J'observe une nébuleuse planétaire puis un amas ouvert de l'Aigle.
       
       Observation 8969 : NGC6751.
       85x, 402x, 631x. Très réactive en Oxygène 3, elle est vue un peu floue dès 85x. Notée assez faible, elle montre son étoile centrale facile considérablement faible, et des traces d'anneaux en vision décalée VI2.
       La turbulence est forte à 402x. Elle est trop sombre à 631x. Une étoile est soupçonnée dedans à côté de la centrale.
       La structure annulaire ressort mieux en filtrant en Oxygène 3, évidente alors.
       
       
       A 23h20, les vaches dans la prairie à quelques mètres de l'autre côté de la barrière urinent à tout va! Heureusement que ça ne sent pas jusqu'ici.
       Je me vengerai en faisant de même au bord de leur enclos en cours de nuit.
       
       Observation 8970 : NGC6756.
       85x, 201x, 276x. Il est petit et très serré à 85x. La turbulence reste forte à 276x. Je note un curieux groupe d'étoiles serrées considérablement faibles à faibles en forme de S au centre.
       
       
       Vers minuit et quart, je pars me reposer 20 minutes dans la voiture.
       La Lune à 40% de phase se lève à 0h45 dans les arbres et sous les Pléiades.
       
       Je poursuis avec des galaxies de l'Aigle.
       
       Observation 8971 : NGC6900.
       Pas vue à 85x, elle est très faible et diffuse à 201x, vue sous forte turbulence.
       
       
       Observation 8972 : NGC6915.
       85x, 201x. Elle est bien plus facile que la précédente alors que la Lune à 40% s'est levée entretemps. Je la vois à 85x, puis à 201x elle m'apparaît considérablement faible et condensée, facile. En vision indirecte son noyau est ponctuel.
       
       
       Un moustique m'embête temporairement vers la demie de 1 heure.
       La Lune est suffisamment montée pour que je constate qu'elle est nichée dans l'amas des Hyades et au-dessus d'Aldébaran.
       
       Observation 8973 : NGC6922.
       85x, 201x. Repérée assez vite à 201x, diffuse, elle n'a pas été décelée à 85x.
       
       
       Observation 8974 : NGC6926/9.
       201x. Ce couple inégal comprend NGC6926 très faible à VI1, très diffuse, et NGC6929 faible, petite et condensée.
       
       
       Pour changer des galaxies, je pointe une nébuleuse planétaire de Pégase déjà dessinée avec 2 fois moins de diamètre.
       
       Observation 8975 : PK104-29.1.
       85x, 138x. Aussi appelée Jones 1, elle est soupçonnée sans filtre. Elle n'est pas si facile que ça en filtrant en Oxygène 3, restant faible à très faible. Je la dessine avec ce filtre. Le filtre et le grossissement de 138x sont le bon duo pour la détailler.
       
       
       J'enchaîne sur des galaxies de Pégase dont un groupe Arp.
       
       Observation 8976 : NGC7680.
       201x. Elle se révèle condensée et considérablement faible.
       
       
       Observation 8977 : NGC7805/6.
       201x, 276x. De son autre nom Arp 112, ce duo me montre NGC7805 considérablement faible et NGC7806 faible à très faible.
       
       
       A 3h50 une vache gloutonne mange bruyamment dans sa mangeoire à 5 mètres de moi.
       
       Des voiles à l'ouest viennent puis gênent. Je patiente dans l'auto, mais me laisse emporter par le sommeil jusqu'aux rivages de la 5ème heure.
       L'aube est arrivée. Atteint de migraine et de nausées, je finis ma nuit de sommeil ici jusqu'à 10h. C'est parfois dur de sortir ce gros télescope un vendredi soir.
       
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