jackbauer 2

INSIGHT : sonder l'intérieur de Mars

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La dernière opération de martelage par PaulH51 (UMSF) :

 

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Lente progression démontrant la prudence avec laquelle cette session a été entreprise, puis légère rétroaction prouvant le bien fondé des précautions prises par les opérateurs.

 

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https://www.dlr.de/blogs/en/all-blog-posts/The-InSight-mission-logbook.aspx


Journal de bord, le 23 décembre 2019


Joyeux Noël et bonne année, tout d'abord

 

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Crédit: NASA / JPL-Caltech
Comme vous pouvez le voir sur l'image (sol martien 380), nous avons replacé la taupe, presque là où elle en était fin octobre (sol 322). La méthode utilisée pour ramener la taupe était son épinglage avec le godet comme nous l'avions déjà fait au sol 318 lorsque nous étions passés de cette technique à la pression sur la surface avec le godet du bras robotique. Vous vous souvenez peut-être que l'épinglage avait été abandonné lorsque la taupe dépassait de la surface d'à peine un centimètre, et que l'épinglage n'était plus sûr. Nous sommes maintenant à nouveau proche du point où l'épinglage présente un risque, celui-ci étant que la pelle (ou godet) exerce une pression horizontale sur la taupe. Lorsque la taupe s'enfonce trop profondément, le godet peut riper au-dessus de la taupe et ainsi endommager son attache.
 
Nous sommes revenus à la position initiale avec des séries de martelages aux sols 346, 349, 366, 373 et 380, en choisissant avec soin le nombre de coups de marteau à effectuer. (Vous remarquerez peut-être que le temps entre les sols de martelage est récemment passé de 3 à 7 car l'équipe a dû alterner opérations tactiques et opérations de surveillance.)
 
A Noël, HP3 a été programmé pour effectuer un certain nombre d'opérations en plus du martelage. Nous devons faire trois mesures d'étalonnage avec le radiomètre, une mesure de conductivité thermique et une mesure de température en utilisant les capteurs thermiques de la taupe. Celles-ci aideront à caractériser les propriétés thermiques du régolithe.
 
Bien que nous n'ayons pas encore été en capacité de faire une mesure du flux de chaleur, les opérations de la taupe permettent de tirer des conclusions et d'établir des modèles sur les propriétés du régolithe et du duricrust. A partir du taux de pénétration, nous avons calculé une résistance de la croûte de duricrust de 300 kPa qui serait compatible avec une porosité > 50%  et cela tenant compte de la théorie de pénétration dynamique du cône. Cette valeur est proche de la résistance de la croûte dure estimée à partir de notre coupe précédente en surface.
 
L'explication la plus convaincante (du moins pour moi) pour le recul de la taupe suppose que la croûte dure repose sur du sable sans cohésion. Parce que la charge verticale s'était dissipée entre les sols 322 et 325, la taupe a rebondi lorsque nous avons martelé pendant le sol 325 (par manque de friction sur la coque). Pendant le mouvement ascendant d'un rebond du sable a coulé et a rempli partiellement le trou de forage. Cela s'est répété lors du rebond suivant et ainsi de suite. La taupe s'est alors déplacée lentement vers le haut. Le mouvement s'est arrêté lorsque la pointe n'était plus dans le sable mais était revenue au niveau du duricrust, par le bas. Si cette hypothèse est correcte, le mouvement total vers le haut de la taupe fournit une estimation de l'épaisseur du duricrust, environ 20 cm.


Après Noël, nous reprendrons nos opérations pour aller plus profondément. Nous déciderons de l'opération finale dans la semaine du 6 janvier, mais les plans envisagent de pousser sur l'arrière de la taupe pour la faire descendre de quelques centimètres de plus, puis de presser sur le régolithe et de marteler pour voir si la taupe est suffisamment enfoncée pour progresser d'elle-même et/ou remplir la fosse. Toutes ces options sont sur la table. 
 

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Ce sont les petits hommes verts qui vivent en dessous, qui repoussent l'intrus !

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Le godet et le bras qui le porte ont été écarté de la sonde pour observation de la cavité après la dernière tentative de martelage.

On a l'impression que la trouée s'élargit autour de la taupe ce qui aggrave fatalement le manque de friction provoquant les rebonds en arrière.

 

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Un changement radicale de stratégie semble incontournable. La répétition systématique de tentatives identiques, selon le même mode d'épinglage, est vouée à l'échec. Si il reste une petite chance de succès (j'en doute fortement) il va falloir faire preuve d'audace, voire tenter ce qui, dans un premier temps, paraissait exclu parce que trop risqué... 

 

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Bonsoir, 

Effectivement, les essais s'accumulent et le résultat reste le même. 

 

Je pensais à une opération différente, puisque le bras est équipé d'une pelle, une solution possible serait de faire un "tumulus", on enterre la sonde et avec quelques coups de pelles on tasse bien, puis si on est joueur on ajoute du gravier et des pierres. :)

 

L'autre option, serait du style piquet de clôture. On redresse le sonde, on bouche le trou et ensuite... Non,c'est de la violence gratuite, puis c'est pas possible avec la nappe. 

 

Sinon, reste à demander un coup de main à un autochtone ;)

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Salut Arno,

 

il y a 54 minutes, Arno C a dit :

Sinon, reste à demander un coup de main à un autochtone

 

Rien dans ce que tu proposes ne me paraît absurde, sauf naturellement le coup de main d'un marsouin qui, chacun le sait, n'en possède pas.

 

 

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Il y a 1 heure, Huitzilopochtli a dit :

le coup de main d'un marsouin qui, chacun le sait, n'en possède pas

Je confirme.

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Il y a 1 heure, Huitzilopochtli a dit :

Un très intéressant modèle 3D (orientable en tout sens avec la souris)

C'est con la vie réelle versus la vie'rtuelle quand même : j'aurais bien aimé voir une vraie souris enfoncer une vraie taupe dans un vrai marsier, au lieu de ce merdier-modèle en 3D ! :)

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... outre que le combat homérique d'une taupe et d'une souris ajouterait une dimension supplémentaire à la scène, une partie imaginaire à la partie réelle, une "4D" que je n'ai aucune peine à imaginer malgré sa complexité qui ne vous aura pas échappé :D

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La cavité béante autour de la taupe a été remblayée presque totalement avec le godet...

 

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InSight, quand le vent fait trembler Mars

 

À travers l’atterrisseur InSight, les scientifiques du monde entier peuvent écouter la planète Mars bouger et même respirer. Pour comprendre comment son sol et son atmosphère peuvent s’influencer mutuellement, nous en discutons avec le planétologue Aymeric Spiga du Laboratoire de Météorologie Dynamique et Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du Système solaire au CNES.

 

 

https://insight.cnes.fr/fr/insight-quand-le-vent-fait-trembler-mars

 

 

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Image postée par PaulH51 sur UMSF :

 

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Bien que nous ne disposions pas encore d'informations précises à ce sujet, il semble, au vu de cette image, que l'équipe d'Insight se soit résolue à opérer une séquence de martelage en poussant au cul de la sonde. Depuis longtemps certains avaient suggéré de le faire, mais on leur opposait le risque important d'endommager la longe qui relie la taupe au lander  et, de ce fait, d'annihiler toutes  les capacités de fonctionnement de l'instrument.

De surcroît, l'éventualité de coucher la taupe au sol serait tout aussi catastrophique...

 

En sont-ils à risquer le tout pour le tout ?

Nous verrons bientôt ce qu'il en est exactement.

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Propos recueillis par Léonard David (Journaliste spécialiste du spatial, le 17 02 20)


"Sur Mars, l'experrience HP3 continuent de rendre nos vies… comment devrais-je dire… intéressantes» ^_^, explique Tilman Spohn (DLR) à Berlin via un bulletin du 17 février 2020."


"Vous vous souvenez peut-être qu'à Noël, nous en étions presque revenu au même stade que celui qui précédait le recul de la taupe au mois d'octobre. Il restait encore quelques centimètres (2 ou 3) à parcourir avant ce que nous appelons l'épinglage. 
A cette profondeur d'enfouissement, avec seulement quelques centimètres de la taupe sortant du sol, elle n'aurait pas été assez bien positionnée pour que le godet puisse appuyer en toute sécurité sur son côté », rapelle Spohn."


"Nous avions prévu et commandé un épinglage final suivi d'un martelage au début de l'année, pour nous ramener à ce point. Mais parce que nous avions constaté une diminution de la pénétration pendant l'opération avant Noël, nous avions décidé de réajuster l'épinglage (repositionner le godet) avant de commencer ce nouveau martelage. Pour gagner du temps, nous avions adopté une approche de réajustement de l'épinglage différente que celle que nous avions utilisée auparavant. Plutôt que de séparer entièrement le godet de la taupe, puis de ré-épingler, nous avions diminué la poussée exercée pour ensuite l'augmenter », déclare Spohn.


Le Dimanche 12 janvier, lorsque les membres de l'équipe ont étudié les images retournées de Mars, il avait été constaté que la taupe était de nouveau ressortie du trou.


Les images détaillées montraient qu'elle avait progressé lors des 20 premiers coups de martelage, d'environ 1,5 centimètres, puis avait inversé son mouvement pour reculer de 3,5 centimètres pendant les 110 coups suivant.
"Ce n'est que la moitié de la longueur que nous avions "perdu" lors du sol 325, fin octobre, mais cela restait indésirable et incompréhensible", concède Spohn. 


"Il fallait en conclure que notre resserrage de l'épinglage n'avait pas réussi ! Mais pourquoi la taupe avait-elle d'abord avancé avant d'inverser son mouvement ? "


Spohn sent qu'une explication possible pourrait être que la force de rebond (la force que l'épinglage qui est censée équilibrer) dépend de la résistance du sol dans lequel la taupe pénètre. Plus le sol est résistant, plus la force de rebond est importante. 
"Dans tous les cas, après avoir examiné les options, nous avons décidé de ne pas utiliser à nouveau la technique d'épinglage, mais plutôt d'appuyer le godet au cul de la taupe", note Spohn.


"Cette semaine, le scoop a été positionné au-dessus du backcap et la poussée commencera bientôt ... cependant, seulement après avoir soigneusement vérifié le placement du godet", ajoute Spohn.


Avant le positionnement, le scoop d'InSight a réalisé deux expériences en préparation d'un éventuel remplissage de la fosse.
"Premièrement, il a été démontré avec succès que la paroi de la fosse pouvait être comblée en appuyant au bord avec le tranchant de la pelle. La croûte durcie s'est effondrée puis tombée dans la fosse et l'a remplie en partie », note Spohn.


"Deuxièmement, il a été démontré que la pelle pouvait être utilisée pour racler le sable meuble à la surface et le déplacer vers la fosse», nous explique t-il.


"Les deux techniques peuvent éventuellement être utilisées pour remplir la fosse, puis… nous pourrions appuyer à la surface de la cavité remplie pour fournir une plus importante friction à la taupe."


"Restez à l'écoute", conclut Spohn. 

 

PS : Ca me fatigue !!! :/

Edited by Huitzilopochtli

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Moi aussi, je suis littéralement épuisé par cette histoire à rebondissements... répétitifs... O.o:(xD

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il y a 18 minutes, Christophe H a dit :

On pourrait rebaptiser HP3? Je propose Sisyphe.

 

Moui, pourquoi pas. :)

Mais dans un champs antigravitationnel, car Sisyphe tente de pousser son caillou vers le haut qui dégringole systématiquement, alors que la taupe veut descendre aux enfers et s'en voit expulser invariablement par l'obstination d'Arès. ;) 

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Bonsoir,

 

La publication de 6 articles traitants  d'une année de fonctionnement de SEIS sur Mars, nous donne un bon aperçu des avancées en recherche martienne qu'ont déjà permis cet instrument : 

 

http://www.ipgp.fr/fr/sismologie-martienne-commence-a-devoiler-structure-de-planete


https://presse.cnes.fr/fr/premiere-annee-de-la-mission-martienne-insight-des-resultats-scientifiques-surprenants

 

 

 

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500 tremblements de mars en 15 mois, ça fait une moyenne de 33 tremblements de mars par mois.

 

Ça me semble beaucoup. Comment cela s'explique-t-il ?

 

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Il y a 1 heure, MCJC a dit :

Ça me semble beaucoup. Comment cela s'explique-t-il ?

 

La réponse est sûrement dans les papiers publiés, que je n'ai pas eu le temps de lire en détail et pour lesquels mon niveau de compétence est de toute façon très limité...

 

Mais dans un des résumés, on peut lire que l'activité martienne semble comparable avec l'activité terrestre intraplaque, ce à quoi s'ajoute un foyer sismique bien identifié (Cerberus Fossae), déjà fortement soupçonné d'être sismiquement actif grâce aux images HiRise de MRO. Donc j'ai plutôt l'impression qu'on confirme certaines hypothèses déjà faites à ce niveau (et on doit en infirmer un paquet d'autres aussi). Pour le bruit de fond comparable à l'activité intraplaque terrestre par contre, je ne sais pas si c'est une surprise ou pas. Il y a aussi un papier qui me semble très intéressant sur le champ magnétique martien, mais je n'y ai pas accès pour l'instant,donc difficile d'en dire quoi que ce soit.

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Oui cerberus fossae n'est pas un endroit qu'on découvre avec Insight. Son âge récent était déjà connu avant l'envoi de la mission, tu peux trouver des papiers qui en parlent sur scholar, j'ai plus les noms en tête. On soupçonnait déjà que les gros séismes viendraient de là-bas. 

Pour l'intraplaque oui ça paraît beaucoup, une lecture des articles s'impose 😅

Edited by PlanetTracker
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