jackbauer 2

Hayabusa 2 à l'assaut de Ryugu

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Dernière image publiée de cette opération prise à 80 m de la surface :

 

D86EQmKV4AAY11z.jpg

 

On notera que l'altitude minimum atteinte fût de 9 m.

Il s'agissait d'inspecter la zone du futur prélèvement et la JAXA doit normalement disposer maintenant d'images de meilleures résolutions que celle-ci.

La sonde a regagné sa position de stationnement.

Edited by Huitzilopochtli
Ajout commentaire
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http://www.hayabusa2.jaxa.jp/en/topics/20190619e_PPTD_approach1/

 

Traduction du lien ci-dessus :


Etude d'un deuxième touch-down -  Observations près du point de prélèvement.


Notre premier touchdown a eu lieu le 22 février de cette année.

Par la suite, le 5 avril, nous avons réussi à créer un cratère artificiel en utilisant le petit impacteur (SCI). 


La dernière grande opération sur l'astéroïde Ryugu serait la collecte de matériaux de la subsurface, exposée après la création du cratère artificiel. Afin de recueillir cet échantillon, nous avons besoin d'un nouveau touchdown pour lequel l'équipe d'Hayabusa2 se prépare activement. A ce stade, il n’a pas encore été décidé de façon définitive de procéder ou non à ce deuxième touchdown, mais nous présentons ici nos préparatifs dans cette perspective.


Après l'opération de formation du cratère artificiel, le vaisseau spatial est descendu à 4 reprises au-dessus ou à proximité du cratère. Ces opérations de descente nous ont permis d'obtenir des données détaillées sur la région proche du cratère artificiel. En outre, le 30 mai, nous avons réussi à déposer un marqueur de cible dans cette zone. L'ensemble de ces opérations permettent de bien comprendre l'état de la surface autour du cratère artificiel.

 

pub_onc_PPTDTM1B_20190613_st_5m.jpg

 

Crédit image: JAXA, Institut de technologie de Chiba, Université de Tokyo

 

La figure 1 montre une image prise au cours de l'opération d'observation à basse altitude (PPTD-TM1B) effectuée du 11 au 13 juin. Le marqueur de cible est visible dans l'image et vous pouvez obtenir un bon aperçu de l'état de la surface.


Figure 1 : Image prise le 13 juin 2019 lors de l'opération PPTD-TM1B. Il s'agit d'une vue composite de 28 images prises à intervalles de 7 secondes à partir de 10h58 JST (en haut à gauche) jusqu'à 11h01 (en bas à droite) à l'aide de la caméra de navigation optique télescopique (ONC-T). L'altitude de l'image est d'environ 52 m au début et de 108 m à la fin. Le point blanc en haut à gauche, centré, est le marqueur-cible. Vous pouvez voir que des images détaillées ont été acquises de manière continue du marqueur de cible jusqu'au bord du cratère artificiel, situé dans le coin inférieur droit de l'image. (Crédit image: JAXA, Institut de technologie de Chiba, Université de Tokyo, Université de Kochi, Université de Rikkyo, Université de Nagoya, Université de Meiji, Université de Aizu, AIST.)


L'astéroïde Ryugu est densément recouvert de blocs rocheux. Si nous effetuons un deuxième touché, nous devons viser un point proche du marqueur de cible sans obstacles. L'équipe examine actuellement cette question en détails.

 

 

 


 

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C'est vraiment chaud quand même, vu la morphologie de surface.

En outre le marqueur est un peu loin du cratère artificiel et entouré de cailloux, rendant encore plus aléatoire la possibilité de récupérer des matériaux moins superficiels issus de l'impact.

Ce doit être pour l'équipe un sacré dilemme, entre la prise de risque et le potentiel scientifique escompté, mais qui reste douteux...

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Bonsoir Alain, 

 

photo.1426733.c1000x300.jpg

 

Si on devait effectuer un touchdown la-dessus, serait-ce plus aisé ? :P

A très fort grossissement, on discerne un blanc à poil sur la plage à l'horizon qui n'a pas l'air de s'en soucier vraiment. Il sirote, les pieds dans l'eau, une bière dont je n'arrive pas à lire la marque... 

 

Je l'avais expliqué précédemment, il n'a jamais été envisagé de réaliser le prélèvement dans le cratère lui même.

A proximité du marqueur cible cela parait plus envisageable et la teinte de la surface laisserait l'espoir de collecter de la matière de la subsurface...

Même si cela n'est pas encore acté, je suis assez persuadé qu'ils vont tenter le coup.

 

Edited by Huitzilopochtli
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Il y a 13 heures, Huitzilopochtli a dit :

Il sirote, les pieds dans l'eau, une bière dont je n'arrive pas à lire la marque...

 

Soit c'est une Klutch (pour initiés) soit c'est une Phoenix.

 

 

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En l'occurrence c'est plutôt une Triple Moine (mais pas à cette heure-ci ;)) car je suis en France en ce moment :D

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http://www.hayabusa2.jaxa.jp/en/enjoy/material/press/Hayabusa2_Press20190625_ver5_en2.pdf


Traduction commentée du lien ci-dessus :) :

 


Sur la base de l’étude détaillée des résultats du projet Hayabusa2, JAXA/ISAS a décidé d’effectuer le deuxième touchdown.
Cette opération débutera le 9 juillet 2011 pour un touchdown le 11 juillet.
Les raisons ayant conduit la JAXA a tenter cette deuxième opération de prélèvement sont :
La valeur scientifique élevée d’un prélèvement d’échantillon de la subsurface.
Une confirmation de la faisabilité d’un atterrissage sécurisé, par l’engin spatial dans son état actuel. Confirmation qu’il n’y a pas d’obstacle aux opérations subséquentes même si la quantité de lumière reçue par le système optique est encore réduite lors de ce deuxième touchdown.

 

Changements par rapport au 1er touchdown :

 

Les conditions de température de l’astéroïde ont été étudiées en détail, particulièrement pour le site visé.
En vu de surmonter le problème du voile de poussière sur le système optique à la base de l’engin spatial, les altitudes pour commencer le suivi du marqueur-cible et l’utilisation du LRF ont été réglés plus basses que pour TD1.
Le niveau des paramètres de sûreté de TD1 sont maintenus voire renforcés. Par conséquent, la probabilité de réussite de l’échantillonnage en est légèrement réduite.
Pour raccourcir la séquence d'approche, l’assiette de l’engin spatial est inversée immédiatement après avoir atteint une altitude de 8,5 m.
Ceci est une simplification en fonction de l’expérience de TD1. Dans TD1, la trompe de prélèvement était positionnée juste avant la descente finale.
Comme le marqueur-cible et le point d’atterrissage sont très proches l'un de l'autre cette fois-ci, la descente finale pour le touchdown se fera verticalement.
Cela améliore la précision de l’atterrissage. Alors que le marqueur-cible était plus éloigné pendant  TD1, la descente finale devait être faite en diagonale vers le bas.

 

Apports techniques :


Multi-échantillonnage (échantillonnage de plusieurs sites sur un corps céleste) et échantillonnage de matière interne de l'astéroïde (collecte d’éjecta du cratère artificiel) sont des défis jamais encore réalisés. C’est une technologie qui peut augmenter considérablement les perspectives de futures missions spatiales.
Les principales technologies liées au retour d’échantillons (propulsion électrique navigation, navigation optique, échantillonnage, rentrée) ont déjà été réalisées par Hayabusa(1), mais le multi-échantillonnage et échantillonnage de matériau interne sont inédits ainsi que la création d'un cratère artificiel dans une même mission.
Le multi-échantillonnage est une opération qui nécessite une association de technologies, y compris la fiabilité du matériel et des logiciels de l'engin spatial et une technologie opérationnelle (compétence humaine).

 

Apports scientifiques :


Le deuxième touchdown prévu (identification du site C01-C) est localisé près du cratère du SCI et il y a de très fortes chances que  le matériau souterrain excavé par la création du cratère ait été dispersé à la surface.
Le matériau de subsurface est un échantillon précieux, car, par comparaison avec le premier échantillon de surface prélevé, il peut être utilisé pour évaluer l’impact du vent solaire et des rayons cosmiques sur la surface de l’astéroïde.
Les matériaux souterrains sont particulièrement précieux pour l'identification de matières organiques fragiles.
Le processus de mélange des matériaux (impacts et micro-météorites) et son échelle de temps sur la surface peuvent être estimés.
L’hétérogénéité locales des corps célestes peut être clarifiée à partir de la comparaison d'échantillons de points multiples.
OSIRIS-REx, lui, prélèvera un volume d’échantillon considérable si on compare avec Hayabusa2, mais seulement à partir d’un point unique. Si Hayabusa2 peut obtenir des échantillons de plusieurs sites, ce sera un résultat qualitativement inégalé. On peut s’attendre à ce qu’il s’agisse d’un échantillon précieux qui sera la clé pour établir un lien direct avec la science faite par Hayabusa2. (observation à distance, expérience de collision, analyse des échantillons retournés).
Le prélèvement réussi de plusieurs échantillons permettra d'établir que le matériau souterrain est particulièrement précieux pour la préservation des matières organiques.

 

Les éjectas du cratère SCI (couleurs plus foncées que la surface) sont répartis sur tout la zone de PPTD, notament sur le site candidat, C01-C.
L’épaisseur moyenne de l’éjecta sur C01-C est estimée à environ 1cm, sur la base de la distribution de l’assombrissement de la surface. 
On pense que l’éjecta C01-C est un mélange de matériaux excavés de profondeurs variant entre 0 et 1m de profondeur. On évalue que sur plus d'une dizaine de cm, la surface de Ryugu avait été modifiée dans le temps par le rayonnement solaire et les rayons cosmiques.
Ce deuxième touchdown pourrait révélé aussi la, ou, les raisons expliquant la couleur très sombre de Ryugu.
L'albédo de surface de Ryugu est inférieure à celui de toute météorite connue et diverses possibilités ont été imaginé quant à son origine (composition en carbone organique, composition en sulfure de fer/oxyde de fer, modification par la chaleur et altération par les rayons cosmiques, taille des particules, etc.). Le fait que la réflectivité est plus faible dans le cratère artificiel qu’à la surface suggère que le matériau noir peut être un composant soumis à une modification en surface, ou même être un produit de l’expérience SCI. L’analyse chimique d’un deuxième échantillon est essentielle pour en clarifier la cause.


Importants renseignements (éventuellement) sur les molécules de chimie organique :


Les acides aminés, les acides carboxyliques, les hydrocarbures, les nucléobases, etc., sont à peine détectés (signalés dans les années 80-90) dans les météorites carbonées (semblable au spectre de surface de Ryugu) qui ont subi un chauffage. 
Par conséquent, si un échantillon faiblement modifié peut être prélevé grâce au deuxième touchdown, le type et la quantité de molécules organiques obtenues augmentera, et l’acquisition d’indices pour clarifier l’origine du système solaire et de la vie sera grandement améliorée.
A partir des échantillons prélevés en surface lors de ce second toucher, nous pouvons découvrir de nouveaux types de molécules organiques ayant échappé au chauffage solaire et à l’altération cosmique. Ces analyses seront très importantes comme éléments de comparaison pour mieux comprendre les processus prébiotiques.
Pendant les observations orbitales, la matière organique n’a pas été identifiée. Pour Hayabusa2, l’analyse des échantillons est le seul moyen de caractérisation des matières organiques.


Commentaire personnel : 


On n'a pas oublié l'échec partiel du petit atterrisseur franco-allemand MASCOT. La partie la plus importante de sa charge utile consistait en un spectromètre opérant dans le proche infrarouge, couplé à un microscope infrarouge hyperspectral, MicrOméga, pour des analyses minéralogiques in situ. L’instrument avait pour objectif de réaliser des mesures détaillées de la taille des grains et de caractériser la composition de surface.  Il avait la capacité d'identifier des minéraux spécifiques et de distinguer différentes classes de composés organiques.


On escomptait trouver aisément une surface plane sur Ryugu pour bien positionner l'instrument et permettre son bon fonctionnement. Hélas, cela ne fût pas possible par l'absence de zones couvertes de régollithe et une omniprésence d'un mélange de graviers, cailloux et rochers.  

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Tout le monde à l'air d'être en vacances sur ce forum. Les uns au Chili, les autres à la plage...

Heureusement qu'au Japon, les travailleurs obstinés refusent de prendre leurs congés ...

 

Bonjour,

 

L'opération du deuxième prélèvement sur Ryugu est en cours :


s201907100448.jpg


July 10 at 14:04 JST. The spacecraft altitude is now about 15km. We are continuing to descend smoothly.


This animation shows the DEM (digital elevation map) near the 2nd touchdown point (© JAXA, University of Tokyo & collaborators).


http://www.hayabusa2.jaxa.jp/en/topics/20190710e_PPTD/img/DEM_3d_view.mp4

 

 

Animation de la manoeuvre finale :


http://www.hayabusa2.jaxa.jp/en/topics/20190710e_PPTD/img/PPTD_sequence_x16.mp4

 

 


 

Edited by Huitzilopochtli
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La sonde japonaise est désormais à moins de 6 km de la surface et poursuit sa descente à une vitesse de 10 cm/ sec.

Edited by Huitzilopochtli

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Pour les noctambules, il est possible d'assister en directe, vu de la salle de contrôle, à la phase finale de l'opération de prélèvement :

 

 

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Ah ! Quand même ! :D

Merci Arno. :) 

 

The spacecraft has started to descend again from an altitude of 30m.
The spacecraft is now straight above the target marker and has likely begun to adjust its attitude.
The spacecraft is moving horizontally to above the touchdown point.
The spacecraft has begun the final descent.
Touchdown ?!
The spacecraft has begun to rise !
The spacecraft continues to rise. The LGA (low-gain) antenna is still in use and we are waiting to switch to the HGA (high-gain) antenna so we can receive telemetry data.
The antenna has switched to the HGA (high-gain) and telemetry data has been received.  We are now checking the state of the spacecraft.
The state of the spacecraft is normal and the touchdown sequence was performed as scheduled.

Project Manager Tsuda has declared that the 2nd touchdown was a success !

 

Dernière image transmise de la descente :

 

201907110054.jpg

 

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Succès pour l'opération !!

 

 

Traduction :

 

 Cette image a été prise avec une caméra de navigation optique grand angle peu après le toucher des  le 11 juillet. La première photo a été prise à 10:06:32 (JST) , et vous pouvez voir beaucoup de gravier s'envoler. Le deuxième tir a été pris à 10:08:53, et la partie la plus noire de la zone autour du centre était due à un touché.

Edited by jackbauer 2
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passionnant

et merci pour ces infos en direct.

mais ce n'est pas parcequ'on poste pas qu'on n'apprécie pas ces sujets astroautiques ! xD

Rédacteurs assidus, rassurez-vous, beaucoup vous lisent régulièrement avec attention en silence !!!!!

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https://www.dlr.de/dlr/presse/en/desktopdefault.aspx/tabid-10172/213_read-36790/year-all/#/gallery/36016

 

Des nouvelles de MASCOT !!

 

La DLR vient de publier un communiqué concernant les premiers résultats scientifiques

 

Traduction automatique du début de l'article :

 

De petits fragments d’astéroïdes riches en carbone sont trop fragiles pour survivre dans l’entrée dans l’atmosphère terrestre
MASCOT confirme ce que les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps


Ryugu et d’autres astéroïdes de la «classe C» courante sont constitués d’un matériau plus poreux qu’on ne le pensait. De petits fragments de leur matériau sont donc trop fragiles pour survivre dans l’entrée dans l’atmosphère en cas de collision avec la Terre. Cela a révélé la cause présumée depuis longtemps du déficit de ce type de météorite dans les découvertes sur Terre. Les chercheurs du Centre aérospatial allemand (DLR) sont parvenus à cette conclusion dans un article scientifique publié dans la revue Nature Astronomy. Les résultats sont basés sur des mesures haute résolution de la température de surface avec le radiomètre DLR MARA embarqué à bord de l'atterrisseur franco-allemand Mobile Asteroid Surface Scout (MASCOT). Le 3 octobre 2018, dans le cadre de la mission japonaise Hayabusa2, MASCOT est descendu sur l'astéroïde Ryugu de près d'un kilomètre de diamètre et a envoyé des images et des mesures physiques spectaculaires de la surface vers la Terre.
«Ryugu nous a surpris», a déclaré Matthias Grott, chercheur principal de l'expérience de radiomètre MARA à l'Institut de recherche planétaire DLR à Berlin et auteur principal de l'étude. «Sur l’astéroïde, nous n’avons observé que des fragments plus volumineux, hautement poreux et probablement très fragiles.» Les chercheurs avaient étudié les propriétés des courbes infrarouges télescopiques antérieures de ces astéroïdes riches en carbone acquises de la Terre par des corps recouverts de sable. particules de taille de galets. Au total, 21 scientifiques du DLR d'instituts de Berlin, Brême et Cologne ont participé à l'étude, en collaboration avec des partenaires internationaux. «MASCOT a réuni la vaste gamme d’expertises du DLR en matière de recherche spatiale - depuis la conception, le développement et les tests jusqu’à l’expérience de l’exploration scientifique du système solaire», a déclaré Hansjörg Dittus, membre du conseil exécutif du DLR pour la recherche et la technologie spatiales. «Les premiers résultats publiés en sont une preuve impressionnante

 

2 photos prises par le petit lander MASCOT 

 

 

Region_auf_Ryugu_xl.jpg

ryugu-2_xl.jpg

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Qu'en est-il de la suite de la mission ?

 

Le début du voyage retour vers la Terre de la sonde japonaise est programmé pour novembre/décembre 2019. 


La JAXA compte sur une récupération des échantillons en décembre 2020. La capsule devrait atterrir près de la ville de Woomera, dans une zone militaire sécurisée du sud-est de l'Australie, là même où la capsule de retour d'échantillons d'Hayabusa I avait été réceptionné. 


Premier bilan de la mission  (Traduit et commenté)


http://www.planetary.org/blogs/emily-lakdawalla/2019/hayabusa2-science-results.html


http://www.hayabusa2.jaxa.jp/en/news/status

 

Ryugu est un rotateur rétrograde qui a une inclinaison axiale de 171,64 ± 0,03 degrés et une période de rotation de 7,63262 ± 0,00002 heures. Nous n'étions pas assuré de l'orientation des pôles avant de voir l'astéroïde de près.
Très vaguement sphérique (une vue polaire s'inscrit assez bien dans un cercle) Ryugu possède un bourrelet équatorial. Son diamètre équatorial est de 1004 ± 4 mètres quand son diamètre polaire n'est que de 875 ± 4 mètres. Sa densité est de 1,19 ± 0,02 g/cm3.


En supposant que le matériau le constituant ait la densité des chondrites carbonées, sa porosité doit être supérieure à 50%.
Avec un albédo compris entre 1,4 et 1,8%, c'est l’un des objets les plus sombres jamais observés dans le système solaire.
La région équatoriale semble d'une couleur plus bleue que celles des latitudes plus élevées (“Bleu” est un terme très relatif car en fait sa couleur nous semblerait totalement noire, c'est juste que pour les plus hautes latitudes le noir tire  plus vers le rouge rouge en spectroscopie.)


De manière inattendue, sa surface est constituée de blocs rocheux deux fois plus dense que sur Itokawa. Le plus grand rocher, près du pôle sud, appelé Otohime, mesure 160 mètres dans sa plus grande dimension.


Aucun satellite n'a été détecté.


Image de la surface de Ryugu (Voir lien *)
Une vue rapprochée de Ryugu montre un terrain situé au nord du renflement équatorial. Le sol est très incliné par rapport à la crête, avec des pentes pouvant atteindre 34 degrés. Certains des blocs semblent empilés les uns sur les autres  ce qui implique qu'ils ont glissé le long d'une pente.


Un astéroïde proche de la Terre, aussi petit que Ryugu (ou Bennu), ne peut être très ancien, géologiquement. Il existe des forces qui agissent pour modifier son orbite au fil du temps (effet Yarkovsky et YORP). Plus l'astéroïde est petit, plus ces forces agissent rapidement. Yarkovsky et YORP se combinent pour diriger les astéroïdes vers le système solaire interne, favorisant ainsi leurs collisions avec les planètes telluriques, ou augmentant leurs vitesses de rotation jusqu'à ce que la force centrifuge les désagrège en quelques centaines de millions d'années.


Ces corps ont pris naissance dans la ceinture principale, en tant que fragments d’ astéroïdes  plus massifs ayant été désintégré par d' anciennes collisions. 


La question que l'on peut se poser au sujet de Ryugu et de Bennu est de quel  astéroïde de la ceinture principale viennent-ils? Autrement dit, de quels fragments d' astéroïde disposerons-nous lorsque nous analyserons les échantillons d'Hayabusa2 et d'OSIRIS-REx ?  Le Pr Sugita a présenté des indices spectroscopiques d'astéroïdes pouvant être les corps parents. Ceux correspondant le mieux sont 142 Polana et 495 Eulalia , bien que certaines différences dans les spectres subsistent.

 

Qu'en est-il des comparaisons avec les météorites de nos collections ?  


On prévoyait que Ryugu aurait un albédo conforme à celui des astéroïdes carbonés typique, soit environ 3 à 4%, mais non seulement il s'avère plus foncé que les astéroïdes connus de cette famille, mais il est également plus sombre que n'importe quelle chondrite carbonée examinée en laboratoire. La composition des matériaux de surface de Ryugu semble assez homogène, leurs spectres contenant des preuves de la présence d'une très petite quantité d'ion hydroxyle, OH-, probablement inclus dans des minéraux argileux riches en magnésium. Cela signifie que les matériaux composant Ryugu ont déjà interagi avec de l'eau, constatation assez courante dans les météorites.

 

Le type de météorites de laboratoire le plus similaires qui ait été trouvé en comparaison de ce que l'on a observé sur Ryugu est celui de météorites thermiquement métamorphisées. Il y a bien longtemps, les roches qui ont façonné Ryugu se sont formées dans l'intérieur chauffé d'un gros astéroïde. Cet astéroïde était assez massif et riche en isotopes radioactifs pour générer des mouvements convectifs internes voire un début de différenciation. Dans l’astéroïde chaud, de l’eau liquide s'infiltrait dans les roches, ce qui a altéré les minéraux en y formant des ions hydroxyles. Par la suite, la température interne s'élevant encore davantage, peut-être à la suite d'une impact violent, ce chauffage supplémentaire a décomposé une part des minéraux hydratés en d'autres formes et assombri la roche. Il existe certainement des preuves qu'au moins certaines des roches de Ryugu ont subi un impact important et se sont resolidifiées dans de nouvelles roches. 

 

La surface de Ryugu est rocheuse à toutes les échelles. Hayabusa2 a capturé cette photo * (voir lien) lors de sa descente pour larguer les rovers MINERVA-II 1 à la surface. En haut à droite se trouve un rocher de la taille d'un mètre, composé de roches de différentes nuances. Il s’agit d’une brèche, un type de roche qui se forme lors de chocs qui génèrent suffisamment de chaleur pour fondre et souder des fragments de roche différentes.


Ce rocher d'un mètre de large sur Ryugu, près du site d'atterrissage de MINERVA-II-1, est une brèche constituée de morceaux brisés d'autres morceaux de roche qui ont été soudé ensemble, probablement à cause de la chaleur générée lors d'un impact sur le corps parent de Ryugu.

 

Que pouvons-nous apprendre de la forme de Ryugu ? Il est étonnamment symétrique, le profil de l'astéroïde est en forme de losange, mais il est presque parfaitement circulaire vu de haut. Le sol s’incline à l’équateur assez fortement, à environ 34 degrés. Les astéroïdes d' agglomérats lâches peuvent prendre ces formes s’ils tournent assez vite, ce qui était le cas à l'origine pour Ryugu qui le faisait  une fois en moins de 4 heures. La présence de cratères à la surface de la crête équatoriale suggère que ce bourrelet  est une caractéristique assez ancienne. Mais le bleu (relatif) de la crête suggère qu'elle est plus jeune que les terrains des moyennes latitudes.

 

J'ai lu l'article de Seiji Sugita et al. sur la géomorphologie de Ryugu pour obtenir un peu plus de détails. Ils décrivent au moins 30 dépressions circulaires de plus de 20 mètres de diamètre. Des cratères? Peut être pas. Plus de la moitié ont soulevé des bords, ce que les géologues considéreraient plutôt comme une conséquence de cratères d'impact, du moins sur des mondes aussi petits. les dépressions circulaires qui n'ont pas de rebords surélevés pourraient être autres choses, comme des fosses d'effondrements où les matériaux s'écoulent à partir de la surface dans un vide souterrain, ou alors d' endroits où la force centrifuge aurait provoqué l'éjection de gros rochers dans l'espace. Certaines des dépressions circulaires ont une forme de cuvette, ce qui serait un indice pour des cratères, tandis que d’autres ont des sols peu profonds, ce qui pourrait signifier qu’un cratère s’est rempli de matière après sa formation. En général, les formes des choses qui ressemblent à des cratères d'impact nous indiquent que Ryugu n'a aucune force ou cohésion interne,. C'est véritablement un tas de débris.

 

Ryugu est un petit monde recouvert de rochers pouvant atteindre fréquemment quelques mètres de diamètre. Ces gros rochers peuvent expliquer pourquoi il n’y a pas beaucoup de petits cratères sur Ryugu. Les cratères que nous pouvons observer mesurent de 1 à 30 mètres de diamètre. Les météorites qui les ont créé auraient une taille comprise entre 10 cm et 1 mètre, un peu moins que les blocs rocheux recouvrant la surface. 


Image du lien * : Hayabusa2 a obtenu cette image depuis une position à moins de 6 kilomètres de la surface de Ryugu le 20 juillet 2018 vers 07h00 UTC. Près du centre se trouve un cratère en forme de bol, le plus grand de l'astéroïde.

 

il y a moins de petits cratères sur Ryugu que nous ne le pensions. Du moins, par comparaison avec la Lune ou Mercure. Cependant, si nous comparons cela avec Itokawa ou  à Eros, ces petits astéroïdes proches de la Terre ont aussi très peu  de petits cratères. Les chercheurs soutiennent généralement que les secousses sismiques provoquées par les impacts importants les effacent. L'astéroïde entier est secoué et les rochers bougeant, et les petits cratères deviennent plus difficiles à distinguer. Après quelques gros impacts, ils disparaissent. En dénombrant les plus petits d'entres eux, de 10 mètres de large, il apparaît que les cratères de cette taille sont effacés en un million d'années environ. Ainsi, tous les cratères que nous pouvons voir dans cette gamme de tailles ont été formés très récemment. 

 

Il n’y a pas encore beaucoup de réponses aux questions concernant l'origine, l'histoire géologique et la surface de Ryugu. En fait, cette première phase d'une mission sur un monde encore jamais exploré consiste davantage à poser de nouvelles questions qu'à répondre à de vieilles interrogations. Nous obtiendrons des explications à certaines de ces questions lorsque Hayabusa2 aura terminé sa cartographie et que les scientifiques analyseront les données. Et nous aurons surtout une vision beaucoup plus claire une fois que les échantillons auront été rapatrié sur Terre et analysés dans les laboratoires du monde entier. (fin de traduction)

 


Programme prévisionnel initial de la mission : 


Au lancement de cette mission, il était envisagé de réaliser 3 opérations de prélèvement, dont une après création d'un cratère artificiel pour obtenir du matériau interne de l'astéroïde. Les modifications du planning et la prudence de la JAXA n'auront finalement permis que deux échantillonnages dont celui, très attendu de matière de la sous-surface de Ryugu.
  
Programme restant à réaliser avant le départ de la sonde des environs de Ryugu :


Dans les mois qui viennent Hayabusa2 va poursuivre ces observations à distance, peaufiner la cartographie de Ryugu, le spectromètre infrarouge NIRS3 couvrant des longueurs d'onde de 1,8 à 3,2 micromètres améliorera encore nos connaissances  des minéraux hydratés découverts par les observations faites, notamment, à partir de télescopes terrestres. On pourra aussi mieux déterminer les emplacements des terrains les plus jeunes et étudier les éjectas du cratère artificiel créé par SCI. 

 

Déploiement de MINERVA II-2 :


Minerva II-2 est le dernier des micro-robot qu'hayabusa2 doit déployer à la surface de Ryugu. C'est une sorte de prototype capable d'exploiter 5 systèmes de mobilité différents afin d'en évaluer les efficacités respectives. Il a été spécialement conçu à cette fin. Tout comme les Minerva I/a et I/b ayant déjà opéré à la surface de l'astéroïde, qui nous avaient livré d'étonnantes et belles images, il est muni d'un appareil photo et de photo-diodes.


https://www.dlr.de/pf/Portaldata/6/Resources/lcpm/abstracts/Abstract_Nagaoka_K.pdf


Sous réserves, il me semble avoir lu quelque-part il y a près d'un an, qu'un test réalisé sur les micro-robots MINERVA, alors qu'ils étaient tous encore portés par la sonde Hayabusa2, avait révélé un sérieux problème technique sur MINERVA II-2, et que cela empêcherait sa mise en bonne mise en oeuvre et toute expérimentation à la surface de l'astéroïde.

 
On peut toujours espérer que je me trompe, que je confonde avec autre chose ou que j'ai mal interprété l'info ...  

 

Capsule d'échantillons et atterrissage en Australie :


Hayabusa 2 achèvera ses observations à distance au cours de l'automne 2019 et reprendra la direction de la Terre en décembre 2019. La capsule d'échantillons sera larguée aux abords de la Terre en décembre 2020 et le vaisseau mère se dirigera alors vers un des points de Lagrange. La capsule effectuera sa rentrée atmosphérique à une vitesse de 11,6 km/s et atterrira comme dans la mission antérieure en Australie, dans la Woomera Prohibited Area (WPA).

 

Analyses des prélèvements effectués sur Ryugu :


Les analyses doivent être effectuées au Centre de conservation des échantillons extraterrestres de la Jaxa construit spécifiquement pour cette mission, au moyen d'un microscope hyperspectral MicrOmega, développé par l’Institut d’astrophysique spatiale sous la responsabilité de l’astrophysicien Jean-Pierre Bibring. Cela est officialisé par un accord signé le 26 juin 2019. 


Toujours selon des accords déjà signés avec divers Etats et organismes spatiaux à travers le Monde, une partie des échantillons sera livrée à des laboratoires pour être étudiés.


Evaluation et contrôle qualité de la procédure d'échantillonnage d' Hayabusa2. Acides aminés recueillis sur coupelles témoins sur l'installation de conservation ISAS / JAXA.


https://earth-planets-space.springeropen.com/articles/10.1186/s40623-018-0965-7
 

Edited by Huitzilopochtli
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Si les échantillons (en espérant qu'ils soient bien dans leur boîte) parviennent en bon état sur Terre, on pourra dire que c'est une mission triomphale !! :)

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Il y a 21 heures, jackbauer 2 a dit :

Si les échantillons (en espérant qu'ils soient bien dans leur boîte) parviennent en bon état sur Terre, on pourra dire que c'est une mission triomphale !! :)

 

Bonsoir Jack',


Bien sûr, la récupération d'échantillons intacts signerait un formidable accomplissement pour Hayabusa2 et, plus généralement, pour le programme spatial japonais.


Si on analyse la condition que tu poses pour le succès de cette mission, on peut la décomposer en 3 questions.


1) Les prélèvements ont-ils été recueillis dans leurs réceptacles ("en espérant qu'ils soient bien dans leur boîte").
2) Pourront ils être ramener et récupérer.
3) Seront ils intacts, tels que prélevés sur Ryugu.  

 

Une réponse très optimiste à la première question peut s'appuyer sur plusieurs éléments. 


D'abord, lors de la mission Hayabusa 1 sur Itokawa, alors que le vaisseau était parvenu à toucher deux fois la surface de l'astéroïde, la séquence d'échantillonnage (avec notamment le tir d'un projectile) n'avait jamais pu être déclenché. Malgré cela, après la récupération de la capsule de retour d'échantillons, plus de 1500 particules microscopiques avaient été trouvé dans les conteneurs et, bien que représentant globalement une quantité dérisoire, avaient permis d'effectuer des analyses probantes de la matière constituant Itokawa. 


Depuis, le système d'échantillonnage a été amélioré, mais surtout la petite caméra CAM-H a permis de filmer les opérations de prélèvement pendant lesquelles d'importantes quantités de matériaux ont été dispersé dans l'espace, juste en dessous de la sonde.


L'objectif de la JAXA était d'obtenir au moins 100 mg d'échantillons en trois opérations de prélèvement.


Il n'a pas de capteur prouvant que de la matière se trouve dans les conteneurs avant que ceux-ci ne soient scellés. De ce fait, nous ne saurons ce qu'il y a dedans que lors de leur ouverture. Mais, à mon humble avis, il ne s'agira que de constater la quantité d'échantillons ramenée et non pas si quelque chose se trouve effectivement dans les réceptacles. A n'en pas douter, cette quantité devrait se compter en gr plus qu'en mg... 

 

 

Il serait présomptueux de ma part de vouloir répondre de façon catégorique à la deuxième question. Nous serons complètement tributaire du bon fonctionnement d'Hayabusa2 et notamment de son système de propulsion. Puis les séquences de délivrance orbitale, d'entrée atmosphérique et ouverture du parachute de la capsule de retour seront aussi déterminantes. Ce que l'on peut en dire à priori, c'est que ces phases sont moins risquées que ce qui a été accompli jusqu'à présent.

 

 

Pour le troisième et dernier point, je ne sais pas exactement ce que tu entends par "intacts" mais, en toute logique, tu dois penser à un éventuel problème de contamination, de pollution de échantillons. Etant donné que l'on va s'attacher à détecter de nouvelles molécules organiques, tout spécialement dans les échantillons du deuxième prélèvement, ceux contenant le matériau du sous-sol de Ryugu, ce problème sera crucial.


Plusieurs causes pourraient être à l'origine de cette situation.


D'abord, une mauvaise stérilisation des conteneurs avant leurs utilisations. Ensuite une contamination au moment du prélèvement. Une fois les conteneurs scellés hermétiquement le problème semble en suspend jusqu'au moment de l'atterrissage en Australie. Et pour finir la dernière difficulté à surmonter, et pas la moindre, sera l'ouverture des réceptacles d'échantillons, les manipulations et transfert des prélèvements dans les chambres stériles des labos. Pour ces dernières opérations, il est à noter que par rapport à Hayabusa 1, des modifications ont été apporté au système de collecte pour faciliter l'extraction des prélèvements.


Toutes ces opérations et séquences sont sources de danger pour la bonne conservation des échantillons. Là encore, nous pouvons nous monter raisonnablement optimiste dans la mesure ou ces opérations ont déjà été maîtrisé dans de précédentes missions.

 

http://www.cnrs.fr/sites/default/files/press_info/2019-02/CP033-2019 - Hayabusa2.pdf
 

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Bonsoir,


Film du second prélèvement fait le 11 juillet, saisit par la caméra CAM-H de la sonde japonaise Hayabusa2 à proximité du cratère artificiel crée lors de l'opération SCI. Cette vidéo est assez similaire à celle du premier touchdown mais reste spectaculaire et riche d'enseignements sur les plans technique et scientifique. 


La première image de cette séquence a été prise à 8.5 m du sol quant la dernière le fût à 150 m d'altitude :

 

 

 

Ainsi que deux nouvelles images légendées de la surface de Ryugu prises le même jour par les caméra ONC-W1 et ONC-W2.
Celle de droite montrant une belle perspective de la dépression du cratère artificiel : 


W1_W2_EN.jpg


 

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