Vesper

Lumières des terres arides, épisode I : Compagnons des bords du monde

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I : Compagnons des bords du monde

 

Récit d’un voyage au Chili du 23 octobre au 14 novembre 2018, centré sur la nouvelle lune du 7 novembre.


 

Pour Pierre Vesper, tout a commencé par une nuit très sombre, alors qu’il cherchait une petite galaxie qu’il ne trouva jamais.

C’est là qu’il les vit, ses compagnons des terres désolées et lumineuses.

La voie lactée, tresse brillante tourmentée de nébuleuses obscures et de diamants, leur restituait une ombre dans la nuit d’encre.

“Où vas-tu ?” demandais-je à l’un, mais il poussa un cri strident et s’enfuit épouvanté vers son écran rougeâtre, car il ne m’avait pas reconnu.

 

Mais n’anticipons pas.

 

Roissy, 23 octobre 2018 vers 20h30. Après mon TGV depuis Strasbourg et quelques heures d’attente et autres déambulations dans les halls bondés, XavierC arrive tout sourire avec sa fidèle valise et son vénérable flying Strock 254 en sac à dos. Il m’informe derechef qu’il a mangé deux endives et un camembert pour vider son réfrigérateur. Etant parti depuis près de 6 heures je commence à ressentir les tous premiers effets hypnotiques du voyage et reste coi. Chacun ses goûts, me dis-je en m’efforçant de ne pas penser trop fort. Je lui souhaite silencieusement une bonne digestion. Voici un voyage qui commence sous les meilleurs auspices. Lire les présages dans le camembert aux endives n’est pas donné à tout le monde.

 

Nous abordons les contrôles de sécurité. Une légende urbaine affirme désormais que les miroirs seraient devenus indésirables en cabine au motif que, une fois brisés, leurs éclats pourraient former de dangereuses échardes susceptibles de servir d’armes. Décidément, nous sommes à l’ère de la rumeur. Et d’ailleurs nous passons sans encombre. Les douaniers ne sont même plus étonnés par les astro-pèlerins et leurs flying dobsons. L’ère glorieuse des pionniers, des ouvreurs de voies, est déjà dépassée. Tempus fugit, le temps s’enfuit...

 

...Et d’ailleurs nous aussi, dont l’avion décolle non sans avoir embarqué notre troisième co-voyageur, à savoir Bruno, adorateur d’électrons, de pixels, et pratiquant du culte de l’écran rougeâtre.

 

Quelques instants après nous nous ruons vers la lumière.

J’ai gagné mon ciel.

 

Nous planons sur une très longue pente descendante, vers le grand sud-ouest.

Ni évidemment morts, ni plus tout à fait vivants. Boîte de Schrödinger volante. Brel chantait Aristote : “Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer.” Aristote ne pouvait envisager ceux qui seraient un jour en l’air.

J'aime cette sensation de ne plus appartenir au monde.

 

Près de 15h plus tard. Nous sortons de la boîte de Schrödinger et retrouvons les couleurs lumineuses du Chili, loin des brumes pré-hivernales méphitiques du nord.

 

Santiago, gare routière Alameda. Le Chili a une spécialité de transports en autocar, de plusieurs niveaux de confort, aux prix dérisoires pour un occidental du nord, si on peut dire, et d’une ponctualité à la logique floue. Sur un quai, notre marée de bagages : mon premier a son flying Strock, mon second des caméras et autre lunette à grand champ, mon troisième une paire de Naglers et deux jumelles. Qui suis-je ? Et, d’ailleurs : où vais-je ? Je mobilise mes souvenirs d’espagnol de classe de troisième et m’enquiers un peu partout comme une âme en peine : “¿Dónde está el autobús a Ovalle?”- où est le bus pour Ovalle, charmante mais sans éclat petite ville du Coquimbo ? “Se fue !” - Il est parti !, me répond virilement et en claquant des mains un chilien râblé d’âge moyen. Bigre. Va-t-il falloir racheter des billets ? Retrimballer les pesantes valises ? Moi j’ai mes semelles de vent, mais les autres, et surtout les astro-imageurs ? Les mines s’allongent, nous sommes partis depuis plus de 24 heures, lorsque… mais, mais oui c’est lui, notre autocar, qui s’avance et affiche fièrement sur son front en lettres de lumière “El Salvador - Le Sauveur”, bon sang mais c’est bien sûr, le bien nommé !

 

Lentement nous remontons la panaméricaine, plein nord. A gauche, le Pacifique déroule de longs rouleaux gris. Nous achetons des pâtisseries locales trop sucrées comme toujours et nous rendormons les yeux ouverts, de ce sommeil hypnotique dont on s’enivre à force d’heures non dormies.

 

Ville de Ovalle, 24 octobre 2018 au soir. J’ai quitté Strasbourg il y a un peu plus de trente heures. Nous retrouvons Raymond, notre hôte, après 5 années d’absence. Il a toujours le regard des coureurs d’espaces ouverts.

Nous poursuivons notre périple dans le 4x4 qui a dû faire l’aller-retour Terre-Lune et une partie d’un troisième voyage. C’est une mule fidèle, un animal de bât dont Raymond connaît les moindres hoquets, une mécanique incassable qui, même cassée, rentrera à l’écurie.

Accélérant sur les pistes sèches, il y a dans le voyage des frémissements temporels, tout s’étire, s’étend et se contracte, il y a des accélérations dans l’accélération, je suis maintenant en hypnose, c’est l’ivresse du voyage et Raymond a le pied sur la pédale d’avance rapide d’un film aux contours flous.

 

Retrouver ces terres arides est un peu rentrer chez soi après une longue absence. Un mélange de souvenirs d’autres années, pas si lointaines mais déjà éloignées, nostalgie d’anciennes nuits éblouies de coups de millions de soleils et au goût de menthe poivrée, tisane vespérale du lieu.

 

Nous trouvons pour la première fois la Canelilla, notre lieu de résidence, sous les nuages. C’est inédit, ici au pied des Andes, à 25 km à vol d’oiseau du Gemini Sud. Je n’avais jamais vu ce paysage ennuagé. Nous pouvions compter sur un ciel coronal de façon implacable, sans faille, mécaniquement. Le changement climatique opère globalement, c’est un fait avéré.

 

Nous retrouvons Nadine, maîtresse des lieux, hôte aux petits soins et à la cuisine savoureuse.

Le chien Baladin est mort, j’espère qu’il course les chèvres au paradis des animaux heureux. Grisette, autrefois chatte libre du désert, est désormais à la retraite dans la nouvelle maison de nos hôtes. Elle se cache, terrorisée par le successeur de Baladin, une jeune doberman recueillie ici pour le meilleur et qui vibre d’énergie.

 

La colline - observatoire est peuplée d’installations récentes. En plus du traditionnel observatoire à toit roulant du C14 il y a maintenant un abri qui cache un dobson 530 en location séparée et trois constructions basses qui hébergent des instruments automatisés. Un RC 520, une lunette de 127 mm, un Newton 350 et leurs bazars électronifiés respectifs. Pour un peu on entendrait, venu de quelque micro resté ouvert dans l’hémisphère nord, le son nasillard d’un journal de 20H ou autre émission d’infotainment

L’électricité est solaire et il faudra un jour conter comment Raymond a acheminé du wi-fi ici, dans une vallée perdue sur les marches des Andes.

Cette capacité à bâtir, dans un endroit reculé et sans aide, à quatre heures de 4x4 du plus proche magasin de bricolage, l’ensemble des bungalows, installations et maintenant observatoires en remote, me laisse toujours admiratif et incrédule à la fois. Moi qui ai les deux mains dans la même moufle et les pieds dans le même sabot me demande toujours, comme devant les pyramides, si cela a réellement été possible sans une aide venue d’ailleurs.

 

Pantois et pantelant après quasiment 40h de voyage, je descends la colline pour rejoindre ma chambre. Hélas très momentanément car si je n’ai qu’une envie, m’allonger, encore faut-il que je m’acquitte d’une tâche ardue : reformater ma lourde valise pour qu’elle passe du statut “3 semaines” au statut “1 semaine”. Demain matin tôt, nous partons en effet pour l’Atacama.

 

Le matin n’est pas encore levé, si je puis dire, lorsque je reprends ma désormais légère et magnifique valise pour un départ d’une semaine vers le grand nord. Je ne sais plus en réalité où je suis exactement : entre les fuseaux horaires, les lenteurs et les accélérations du voyage, les quelques heures de sommeil grapillées ici n’ont pas permis à mon esprit de retrouver mon corps, en quelque sorte. Tel un automate, j’embarque. Pour quelques heures de piste et une bonne journée de panaméricaine.

C’est presque une expérience de décorporation et il reste forcément peu de souvenirs de cet épisode, autres que ceux d’être passé au large de La Silla dont nous apercevons les mythiques coupoles, et de m’être observé, comme flottant hors de mon corps au son d’une musique andine jouée je ne sais plus comment par Xavier. Au rythme d’une flûte de pan endiablée, les regards s’éclairent d’étincelles étranges et de sourires entendus. C’est une secte, d’accord, mais laquelle ? Je n’arrive plus à m’en rappeler. C’est à la lisière de ma conscience. Nous avalons la panaméricaine à haute vitesse. Tout est trouble sur les bords. Et au milieu aussi, un peu.

Un flux d’air baigne mon front. Parfois il se relâche, mais la plupart du temps il est fort et constant. Une main tire sur mon crâne et m’emporte à Copiapo. La porte de l’Atacama.

 

A l’hôtel, en chambre double avec Xavier et dans l’incapacité de trouver le sommeil, nous regardons des dessins animés en italien. Il faut le faire, me dis-je, venir de France, ici au Chili, au seuil du désert, pour rigoler devant des dessins animés en italien. Xavier se penche à la fenêtre pour essayer de distinguer, dans la nuit orange de Copiapo, l’une ou l’autre étoile. En se dévissant le cou il en trouve une, quelque part au zénith, et aussitôt exhibe avec désinvolture et à ma stupéfaction un gigantesque smartphone qui lui indique derechef, toujours à ma surprise, qu’il s’agirait de Fomalhaut. Moi qui ai toujours connu un Xavier low tech je suis, comme disent les anglo-saxon, flabbergasted.  Je range, reformate et défragmente le contenu de ma valise pour que les choses et les événements reprennent un cours normal.

 

Vendredi, 26 octobre 2018. Au matin tôt et après une courte nuit (durant cette partie du voyage les nuits seront toujours courtes, faut-il continuer à le mentionner ? C’est ensuite que les nuits prendront l’avantage sur les jours), nous attaquons la piste pour les hauts-plateaux de l’Atacama. L’ascension, lente et régulière, commence en faux-plat. Au début, nous croisons encore quelques camions. D’imposants trucks, à l’américaine. Mais rapidement nous sommes seuls. Le ciel bleu roi touche la terre sans dégradés, sans nuances, sans pudeur.

Au bout de quelques heures de route le paysage est surréaliste : ici un lac de soufre rejoint le ciel, le jaune vif touchant le bleu intense, profond et uniforme, tandis que là un champ de pénitents, silhouettes de neige sculptées par le vent froid, tend ses échardes comme des doigts glacés.

 

Plus loin le salar de Maracunga s’étire en plaine de sel jusqu’à l’horizon. Le blanc pur touche le ciel coronal, c’est une vision de début des mondes.

 

Nous passons en Argentine puis revenons au Chili car ici les frontières se chevauchent, forment des boucles, et dépassons les 4000 m pour continuer à monter. Les sommets des “Tres cruces”, trois volcans andins, occupent l’horizon. Massifs, ils semblent cependant peu hauts et assez proches. Mais nous sommes bernés par l’altitude : ces volcans culminent à 6749 m et, s’ils dépassent assez peu de l’horizon c’est que nous sommes déjà vers 4700 m. La distance est trompeuse également, ici tout semble proche car l’air est d’une transparence de cristal. Aucune poussière, très peu d’humidité : la sensation est d’avoir de nouvelles lunettes. Les myopes comprendront.

Ici les nuits doivent être de diamant. Mais il semble que le manque d’oxygène finisse par dégrader sévèrement la vision de nuit. Et puis il fait déjà très froid de jour, ça doit être intenable pour des observations prolongées.

D’ailleurs l’air est tellement léger que les efforts semblent un peu plus difficiles même si, à ma grande autosatisfaction, je constate que je réagis bien. Il suffit de s’économiser un peu, me dis-je avec une pointe d’orgueil. Ces histoires de malaises en altitude, c’est forcément pour les inconscients, les imprudents, les inconséquents. Tous défauts que je n’ai manifestement pas. Je me sens bien, très bien même : léger, pour tout dire. Intérieurement, je me ris de la difficulté.

 

Un peu plus loin et un peu plus bas, à 4300 m, nous abordons la Laguna Verde. Ici, l’eau turquoise éclabousse les flancs des volcans. Ceux-ci dépassent de l’horizon avec leurs plumetis enneigés au sommet. Bleu sombre du ciel, turquoise de l’eau, brun et blanc des volcans : telle est l’ambiance, telles sont les couleurs du lieu.

Il y a une sorte de refuge décati au bord du lac, une cabane montagnardo-routarde où Raymond nous fait chauffer une infusion de feuilles de coca. Parfaitement légale ici, cette infusion légère anesthésie un peu la gorge mais produit l’effet d’un double expresso.

Ragaillardis, nous nous attardons en contemplations. C’est au moment où, en fin de journée, nous remontons en voiture pour aborder la redescente qu’un mal de tronche terrible me tombe dessus. Brutalement et sans crier gare. Mon orgueil de montagnard tout frais s’écroule d’un coup. Puis je suis assailli alternativement de moucherons noirs et de lucioles brillantes. Sans oublier de puissantes nausées. Je suis victime de la terrible Puña, le mal d’altitude qui sévit en ces hauteurs. Il faut redescendre, et vite. Mais vite, tout le mot est là. Ai-je dit qu’il s’agissait, à l’aller, d’un faux-plat s’étirant sur des centaines de kilomètres ? Eh bien au retour c’est pareil. Dans l’autre sens.

Ainsi le malaise dura-t-il longtemps, s’étirant au fil des kilomètres de piste de redescente. Je me suis senti tel un Icare qui aurait la migraine dans sa chute.

 

Samedi, 27 octobre 2018. Rétabli sans séquelles (quoi que, diront les esprits forts…) de cette terrible Puña, je prends place dans le 4x4 pour redescendre de Copiapo vers la mythique Silla.

 

Nous filons bon train et nez au vent sur la panaméricaine, dans le sens de la descente si l’on peut dire, lorsque j’aperçois un énergumène planté au beau milieu de l’autoroute. Solidement campé sur ses deux jambes, à cheval sur la bande discontinue, il semble agiter une lampe. Ses fringues bizarres renvoient la lumière, par endroits.

“Piéton sur la piste ! “ dis-je de façon humoristique à Raymond juste avant qu’il n’entame de lui-même un freinage d’urgence.

Nous arrivons à hauteur de l’inconscient, à qui j’envisageais vaguement de rappeler les règles élémentaires du code de la route (...en français !) lorsque la réalité et la fatalité nous rattrapent d’un seul coup : le costume bizarre était un uniforme, les réflexions sont dues aux décorations, ou plutôt devrais-je dire à la déco’ style latino brillant au soleil, et la lampe… est un radar. Le flic s’avance, très macho, viril, sud-américain quoi. Il n’a pas l’air content d’être encore en vie, bizarrement.

Il s’accoude à la portière et sans un mot nous montre l’arrière de sa lampe, qui arbore un nombre : 148. En kilomètres par heure, s’entend. Au lieu de 120, il faut le dire. Oui bon, ce n’est pas non plus la vitesse de la lumière, hein. Mais le gars semble sincèrement en colère. Je saisis qu’il dit des choses définitives et désagréables, du genre “inutile de s’excuser”, “ce coup-ci vous n’y couperez pas”, “amende grillée” et autres paroles blessantes. Plus sérieusement, il a vraiment l’air sérieux, lui, et j’ai la conviction sur l’instant que Raymond va devoir manger son permis de conduire. Mais comme souvent au Chili, les choses prennent une tournure étrange.

Dialogue reconstitué (et librement adapté de l’espagnol) :

 

- “Je m’excu…”

- “Silence. Inutile de vous excuser. Ni de promettre : je ne vous croirai pas”

- “Mais…”

- “Et vous allez où ? Vous vous croyez tout permis ? Et qui sont vos passagers ?”

- “Nous allons à la Silla. Et ce sont des astronomes français, enfin amateurs…”

- “Mmmhhh. Ahh. Moi aussi, je suis passionné d’OVNIS… Mmmhhh…”

- ???

- “Et dites-moi : vous en avez déjà vu ?”

- “Euh, bah, bon ben c’est que, vous savez, en fait l’astrono…”

- “Je le savais, je le savais ! C’est passionnant…”

- “Moui bon (prudent)”

- “Ici on en voit assez régulièrement…”

- “C’est-à-dire qu’en fait je suis propriétaire d’un gîte - observatoire…”

- “Un observatoire ! J’en étais sûr, j’en étais sûr ! Et bien sûr…”

- “Bien sûr… (?)”

- “Ah je le savais, c’est fabuleux, et toutes ces planètes extra-terrestres, enfin extra-solaires, enfin c’est extra et ça confirme tout le reste !”

- “(?) Oui, euh, c’est... vrai… (sentant venir le bon coup)”

- “Ah c’est fabuleux, c’est extraordinaire !!”

- “Oui, euh, magnifique, hemm…”

- “Bon ben vous savez quoi ?”

- “Euh, non… (espoir)”.

- “C’est bon pour cette fois. Mais soyez prudent à l’avenir !”

- “Oh merci, oui, oui, oui ! Et passez nous voir, à la Canelilla, avec la famille, une soirée on vous montrera tout ça…”

- “Je le savais ! J’en étais sûr ! C’est magnifique ! Merci !”

- “Merci à vous ! Qué le vaya bien !

 

Raymond passe la première et repart sur les chapeaux de roue. Je suis bouche bée. Pour un peu je lui aurais fait le salut de vulcain (“Star Trek”. On a les références qu’on peut). Décidément ces reptiliens sont bizarres.

Quelques instants plus tard nous filons aux alentours de 150. Ce gars-là était marrant mais il ne faut pas exagérer : il nous a mis en retard.

 

Le site historique de l’ESO se présente comme une crête de dragon pustuleux, à seulement 2400 m (car nous sommes maintenant aguerris, n’est-ce pas). Les coupoles sont ici nombreuses et témoignent de l’activité de recherche et développement qui anime le lieu depuis les années soixante. Nous visitons d’abord le 3,60 m Cassegrain. Le vénérable est désormais accouplé au bien connu spectrographe HARPS, pionnier dans la détection d’exoplanètes. Notre flic serait heureux. Sous la coupole néanmoins, l’ambiance fleure bon les années 70. On se croirait un peu dans un film rétrofuturiste, ou steampunk.

 

Non loin, voici le résolument plus moderne NTT. Précurseur des technologies déployées au VLT, l’ambiance est ici plus contemporaine. Il y a deux foyers Nasmyth. Xavier reconnaît ça et là des pompes à vide. Sur un mur, un tableau blanc affiche une procédure manuscrite au feutre, en plusieurs langues. Il y a un schéma de câblage du type : “le fil vert sur le bouton rouge, le fil rouge sur le bouton vert” (“La 7e compagnie”. Les références qu’on peut, etc). Sage précaution ici : mieux vaut en effet ne pas se planter.

Le miroir de 3,58 m est à portée de main, nous nous en étonnons et frémissons en voyant des visiteurs tendre leurs téléphones juste au-dessus de sa surface pour le photographier. Avec bien plus de précautions et de respect, nous effleurons des doigts la tranche de l’oeil du cyclope.

 

Nous finissons avec le radiotélescope Suédois submillimétrique. L’oreille de géant termine la crête du dragon. Une structure puissante dresse fièrement le disque d’acier de 15 m. C’est une oeuvre d’ingénieur, campé sur des certitudes inébranlables et une foi constante en la culture du progrès technologique. Mais il est néanmoins réformé et tend désormais vers l’horizon son oreille unique et inutile, tel un antique pavillon de gramophone. Sic transit…

 

C’est vers l’océan Pacifique que nous redescendons plus tard. Sur la route, nous croisons des renards peu farouches et une famille de Guanacos, petits lamas du coin.

Ici on passe rapidement d’un milieu ultra-sec à un milieu ultra-humide : un brouillard côtier nous accueille, la Camanchaca.

Nous prenons nos quartiers dans un bungalow de bord de mer. Avant de m’écrouler sur une couchette je fais et défais ma valise, sorte de reformatage et de défragmentation rituels. Les choses retrouvent ordre, calme et sérénité sous l’oeil de Xavier qui se paye ma fiole. Au programme demain, visite de la réserve de Humboldt et autres promenades en mer.

 

Il fait froid la nuit au bord de l’océan. Un courant frais s’est infiltré jusque sur mes épaules par la fenêtre disjointe. J’ai dormi au vent du Pacifique.

Nous partons tôt voir les pingouins, lions de mer et autres mouettes. Les bêtes ne sont pas farouches et nous pouvons leur dire bonjour de très près. Même avec mon 50 mm qui tire forcément bien trop court, je réussis quelques jolis portraits. C’est dire. Xavier, avec son super zoom, traque la moindre moustache de Morse (ou apparenté). Bruno se bat pour sortir d’un mode de pose lente que lui impose son compact depuis le début du voyage. Il y a quelque chose d’héroïque dans ces efforts un peu vains, comme une lutte désespérée entre l’homme et la machine.

Des pics dentelés sont visibles sous l’eau. Un rocher affleure comme une bouche ouverte et semble pousser un cri vers le ciel. Un peu plus loin, les plages sont immenses.

 

Quant à moi j’ai oublié ma crème solaire et, malgré la journée grise, j’attrape un fort coup de soleil. C’était pourtant évident et pas très malin : maintenant j’ai la tronche qui pèle.

Heureusement j’aurai bientôt quinze nuits pour me soigner.

Car demain, après la visite des villes portuaires de La Serena et Coquimbo, nous rentrerons à la Canelilla.

Demain s’ouvre le théâtre des contemplations.

Demain, flambée d’étoiles.

 

[à suivre]



 

Edited by Vesper
Correction d'une inexactitude
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Superbe, Pierre!

 

Et j'ai bien rigolé avec ta défragmentation de valise.

Il ne me semble pas qu'on soit passé en Argentine pour aller voir la Laguna Verde chilienne, la frontière était encore à plusieurs dizaines de kilomètres.

 

Sinon en plus d'aider à reprendre contact avec le ciel austral via SkySafari, et son mode boussole, le smartphone était bien utile pour garder à portée de main la liste de ce que j'avais observé les divers voyages et pour écrire une bonne partie des CROAs de ce voyage. Et que dire du mode panoramique de son appareil photo, là c'est moi qui étais sidéré!

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Yo !

encore une bien belle aventure andine, ça ravigore les plus beaux souvenirs. Quel pays fabuleux !

étonné toutefois par votre plannig : à peine arrivé, direction les 4000m ??????????? rien de tel pour se mettre la tête dans le cul.  étrange.....

Joli coup que d'avoir été à la Laguna Verde, ça se mérite et c'est chose rare, mais comme dit Xavier, c'est encore au Chili.

On attend la suite !!!

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Merci pour vos commentaires B|.

D'après l'ordre chronologique de mes photos, nous avons franchi la frontière argentine après le salar de Maracunga, pour revenir ensuite au Chili en vue de la Laguna Verde. J'ai corrigé comme suit :

"Nous passons en Argentine puis revenons au Chili car ici les frontières se chevauchent, forment des boucles, et dépassons les 4000 m pour continuer à monter. (...)".

Amicalement,

Pierre

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.... j'crois pas.... Par contre oui, le poste frontière est un avant poste, à vue de pif à 100km de ladite frontière, qui est après la Laguna Verde.

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Salut !

 

Je confirme, le poste de douane est bien avant la frontière avec l'Argentine. Cette frontière se situe quant a elle bien après la Laguna verde. 

 

Sinon ton récit est bien sympa, ça me rappelle de bons souvenirs. 

Edited by laurent13

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Le ‎26‎/‎02‎/‎2019 à 12:47, Vesper a dit :

V'là que j'ai plus ma tête

C'est les séquelles de la Puña!

 

Je viens de vérifier sur Google Maps, comme à l'époque en temps réel, la route vers la Laguna était entièrement chilienne :

https://goo.gl/maps/8cDtMkoREC82

 

Je trouve que ton récit complète bien mes CROAs car je n'avais parlé ni du destin funeste de Baladin ni des télescopes en remote pour le moment.

 

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    • By xavierc
      Dobson Strock 254/1200
      Seine et Marne au sud des ballots de foin
      4 dessins : 9197 à 9200.
       
      Voici la 6ème nuit d'affilée, ce qui est exceptionnel en Ile de France, avant l'arrivée des nuages demain.
      Je me suis installé à 23h30 dans le crépuscule nautique finissant.

      Vénus s'est couchée tandis que quelques voiles se résorbent.

      J'essuie un échec sur NGC3643 et sa supernova dans le Lion, la galaxie n'était pas visible, dans ce cas difficile de confirmer la supernova.
      Je me rabats sur une galaxie à côté pour ne pas être venu pour rien dans cette zone.

      Observation 9197 : NGC3640.
      A 150x, je la vois faible, condensée et très diffuse.


      J'ai ma revanche sur la précédente supernova avec celle de M61, l'inverse de la précédente, ici la galaxie est plus brillante que la supernova.

      Observation 9198 : M61 et sa supernova SN2020jfo.
      M61 et sa supernova sont vues, mais affaiblies par des voiles de plus en plus présents.
      150x, 218x. La galaxie est faible à très faible, effacée par rapport à ce que je connais. Ses spires sont juste soupçonnées. La supernova est visible très faiblement, il a fallu grossir 218x pour la voir.


      Je m'autorise une pause repos et repas.
      Des cirrus traînent à l'ouest au retour à 1h.
      Je change de zone de ciel pour cette raison, direction des galaxies d'Ophiucus.

      Observation 9199 : NGC6570.
      Assez large à 150x, elle est très diffuse et vue 50% du temps VI3 en vision décalée.


      Observation 9200 : NGC6627.
      Comme la précédente, elle est VI3, mais moins diffuse, à 109x.


      Je baille, la fatigue est toujours là, latente. 6 nuits d'affilée, ça pèse sur le capital sommeil.

      A 2h20 les voiles arrivent aussi sur Ophiucus.
      Je m'endors sur le télescope malgré des clameurs et de la musique loin à l'est.
      Je fais une sieste dans la voiture en espérant le départ des voiles, mais ils sont encore là à 3h30, soit une demi-heure avant l'aube, donc je remballe et dors ici.
       
    • By xavierc
      Dobson Strock 254/1200
      Seine et Marne au sud des ballots de foin
       9 dessins : 9188 à 9196.
       
      Comme les nuits précédentes, je suis accueilli à 23h30 par les coassements des batraciens à l'ouest.

      Je rends d'abord visite à un astre errant chevelu comme ces dernières nuits, la comète Panstarrs 2017 T2 dans la Grande Ourse.

      Observation 9188 : comète Panstarrs 2017 T2.
      Située à l'emplacement prévu, elle est déjà visible au chercheur 9x50 comme une tache floue très faible.
      Je l'observe ensuite au télescope à 75x, 109x et 150x, plaçant d'abord son noyau à 23h39.
      Deux queues sont soupçonnées à 109x, vues VI3 et VI5 respectivement.
      Elle est très diffuse et son centre me semble presque ponctuel.


      Je vise ensuite un des 3 amas globulaire de la Chevelure de Bérénice.

      Observation 9189 : NGC4147.
      Je le vois tout de suite considérablement faible à 75x.
      La turbulence faible me permet de résoudre certaines de ses étoiles à 150x, mieux détaillées à 218x. Le coeur proéminent reste un peu granuleux .


      Je poursuis mes observations avec des galaxies de la Chevelure de Bérénice dont un groupe pour lequel il faudrait une carte de champ pour ne pas en zapper et les identifier plus certainement.

      Observation 9190 : NGC4155.
      150x. Elle est limite en vision directe, entre très faible et VI1, petite et facile.


      Observation 9191 : NGC4158.
      Repérée dès 75x, elle est "facile" à 150x en vision indirecte 1 (VI1), car c'est tout relatif. Son centre plus brillant reste flou.


      Observation 9192 : NGC4089/95.
      Il s'agit du groupe de galaxies de NGC4089 à NGC4098, assez fourni à 150x bien qu'elles se montrent faiblement.
      Je vois NGC4089, 4095 et 4092 VI2, NGC4093 VI4, et une fausse tache floue due à 3 étoiles serrées vues VI4 et dont une photo vue à posteriori montre la vraie nature. Il me manque une carte de champ, j'en ai raté d'autres moins évidentes.


      Observation 9193 : NGC4152.
      Observée à 109x, elle est très faible.


      Après un coup de barre à 1h50 et plusieurs échecs concomitants à la fatigue sur d'autres faibles galaxies de la Chevelure de Bérénice, je bascule sur les galaxies des Chiens de Chasse, grand bien m'en fasse.
      En effet 2 belles surprises m'y attendent malgré la fatigue : NGC4460 et surtout NGC4449.

      Observation 9194 : NGC4485/90
      La lampe d'Aladin est bien allumée ce soir. A 150x, NGC4490 montre bien sa forme incurvée, considérablement faible, et NGC4485 est vue très faible, très diffuse, comme un panache de fumée "géniale" s'en échappant.


      Observation 9195 : NGC4460.
      150x. C'est une belle surprise que cette galaxie effilée faible à très faible, j'aime sa finesse.


      Un peu de buée se dépose sur l'oculaire comme sur la voiture.

      Observation 9196 : NGC4449.
      150x, 218x, 75x. Elle m'apparaît évidente assez faible à considérablement faible, et montre du détail, pleine de nodosités.
      J'avais oublié que c'est la fameuse galaxie irrégulière des Chiens de Chasse. Une apothéose de la nuit! A refaire absolument au Dobson 508!

       
      L'aube vient stopper les observations à 4h.

      Fatigué, je dors sur place jusqu'à 7h30. Mine de rien je viens d'enchaîner 5 nuits de suite déjà!
    • By xavierc
      Dobson Strock 254/1200
      Seine et Marne au sud des ballots de foin
      7 dessins : 9181 à 9187.

      Je peux enchaîner les nuits lors de ces vacances franciliennes au lieu de tourangelles, la faute à la limite des 100kms suite au Covid 19.

      Je suis en poste à 23h40, bis repetitae d'hier avec le son des grenouilles de l'ouest.

      J'entame la nuit avec la comète Atlas C/2019 Y1 dans la Grande Ourse.

      Observation 9181 : Atlas C/2019 Y1.
      75x, 109x. Elle n'est pas évidente à repérer à 75x, peu contrastée. Elle est confirmée à 109x.
      Je la note très faible à VI1, très diffuse, son halo est allongé et incurvé. Je confirme qu'à l'endroit où je l'ai dessinée hier il n'y a plus rien. Vérification pas anodine, c'est que ça grouille de galaxies par ici, le doute est donc levé.


      Je me fais quelques galaxies à proximité dans la même constellation.

      Observation 9182 : NGC3286/88.
      150x. Ces galaxies sont difficiles, NGC3286 étant la moins ardue vue VI2 soit 75% du temps en vison indirecte (VI), NGC3288 est VI4 (25% du temps en VI).


      A minuit 45 l'ISS me gratifie d'un passage.

      Observation 9183 : NGC3353.
      109x. Elle est petite, condensée, faible. Sa taille rend le repérage ardu. Ensuite elle est évidente.


      Observation 9184 : NGC4606.
      150x. Cette galaxie très faible et peu contrastée gagne un peu plus d'intérêt de ma part quand se dévoilent dedans une étoile et une nodosité.


      Le petit vent froid par moments rappelle que les Saints de Glace ça existe.

      Des chiens se font entendre assez loin au nord, sûrement les mêmes que les derniers jours.

      Je pointe des galaxies de la Vierge dont M90.

      Observation 9185 : M90.
      109x, 150x. Ce Messier est une galaxie très diffuse. hormis le centre considérablement faible, le reste est très faible.


      J'ai rendu visite aux vaches et vu Jupiter se lever rougeoyante vers 1h45.

      La Vierge est trop descendue dans le halo de Paris, direction encore les galaxies autour de M101 après une mini-sieste.

      Désolé pour le copié-collé du programme des 2 dernières nuits mais je me réhabitue lentement à reprendre une activité astronomique normale!

      Observation 9186 : NGC5585.
      109x, 75x. Je la vois dès 75x, peu contrastée, avec des limites incertaines. Elle est très faible à VI1.


      A 3h je refais une petite sieste.

      Observation 9187 : NGC5631.
      150x. Elle est condensé, petite, et révèle un centre plus brillant, considérablement faible.


      A 4h10 l'aube arrive, de plus en plus tôt invasive jusqu'au solstice d'été.

      Je voulais tenter 2 comètes dans Persée, Atlas C/2019 Y4 et SWAN C/2020 F8 mais elles sont trop basses dans le ciel maintenant trop clair à 4h30, double échec pour finir la nuit.
       
    • By xavierc
      Dobson Strock 254/1200
      Seine et Marne au sud des ballots de foin

      3 dessins : 9178 à 9180.

      Je me suis installé à 23h15 dans le crépuscule nautique sous un concert de coassements venus de l'étang à l'ouest.
      Des voiles sont présents, débordant du Nord-Ouest.

      Je commence les observations avec la comète Panstarrs dans la Grande Ourse.

      Observation 9178 : Panstarrs 2017 T2.
      75x, 109x, 150x. Elle est soupçonnée très faible comme une tache floue au chercheur 9x50, contre une étoile de magnitude 9.
      Assez faible et très diffuse, elle ne révèle pas de structure particulière.
      Le noyau discret a été placé à 23h32. La comète est évidente et elle s'est rapprochée de l'étoile au sud pendant le dessin.
      La turbulence reste moyenne pendant le dessin.


      Puis je vise un autre astre errant, la comète Atlas Y1 aussi dans la Grande Ourse.

      Observation 9179 : Atlas C/2019 Y1.
      75x, 109x. J'ai failli la rater car elle est en retard d'un demi-jour sur la trajectoire de ma carte. Elle est très faible et très diffuse.
      En vision indirecte, son centre est plus brillant. J'ai placé son noyau à 0h12.


      Le pull seul devient insuffisant, je mets le gros manteau d'hiver.

      Les voiles sont moins présents sauf bas à l'ouest.

      Je connais un échec sur la comète Howell dans la Vierge.

      Je me rabats sur une galaxie vers gamma de la Vierge.

      Observation 9180 : NGC4592.
      109x. Très très faible à VI2.


      Je subis un coup de barre à 1h du matin et la suite de la nuit est gâchée par la fatigue : après une indispensable sieste d'une heure, les voiles sont revenus notamment sur la Vierge. Je redors mais suis encore fatigué et finis par remballer à 3h30 sous le ciel redevenu nickel. Dégoûté!
    • By xavierc
      Dobson Strock 254/1200
      Seine et Marne au sud des ballots de foin
       
      10 dessins : 9168 à 9177.
       
      Je suis venu une heure plus tard que prévu car ma sieste après le dîner a été trop longue, j'ai finalement fait un cycle de sommeil complet.
      Je suis prêt à 1h10. Les grenouilles de la mare à l'ouest seront bruyantes cette nuit, transformant mon CROA en COA!
       
      J'entame les observations avec diverses galaxies de la Vierge à proximité de celles d'hier, et parmi elles M60.
       
      Observation 9168 : M60 et NGC4647.
      109x. Ce duo est hétérogène, M60 assez faible à considérablement faible est à la fois condensée et diffuse, son centre quasi-ponctuel ressort.
      Son satellite NGC4647 est vu VI1 avec son centre discret ponctuel.

       
      Observation 9169 : NGC4638.
      150x. Dans le voisinage moins proche de M60, se trouve cette galaxie faible.

       
      Observation 9170 : NGC4634.
      150x. Vue VI2, elle est morcellée et allongée.

       
      J'ai le nez bouché à 2h à cause du froid, c'est le retour de l'hiver ou quoi?
      20 minutes plus tard j'en viens même à aller marcher pour me réchauffer, et rends visite aux vaches de la ferme.
       
      Observation 9171 : NGC4660.
      Elle se montre dès 75x comme une étoile floue considérablement faible à plutôt faible. Elle est facile à 150x.

       
      Observation 9172 : NGC4754.
      A 150x, elle brille peu, considérablement faible, condensée et petite.

       
      Observation 9173 : NGC4762.
      Elle me semble considérablement faible à plutôt faible à 150x, et en vision décalée elle s'allonge 2 fois plus.
      Elle est contrastée et je note des différences d'éclat vers son noyau.
      Elle est descendue dans le halo de pollution lumineuse de Paris, signal qu'il faut changer de coin de ciel pour la suite.

       
      A 2h45 des voiles se montrent à l'horizon ouest.
      A 3h les vaches me rendent la politesse en venant brouter l'herbe par ici, dans leur pâturage de l'autre côté de la route.
      Comme la constellation de la Vierge est donc maintenant trop dans la pollution lumineuse de Paris, je me rabats sur la zone d'hier autour de M101 de la Grande Ourse tandis que des voiles passent bas au nord.
       
      Observation 9174 : NGC5368.
      109x. Faible à très faible, la petiôte est vraiment minuscule. C'est surtout en vision indirecte qu'on la reconnait comme une galaxie, elle s'étend, et pas qu'à cause de la mauvaise résolution des bâtonnets de ma rétine.

       
      A 3h30 les grenouilles s'excitent, quelle cohue!
       
      Observation 9175 : NGC5474.
      109x, 150x. Facile à voir bien que diffuse, elle est faible à très faible, étendue, et en vision indirecte je soupçonne une structure spirale, ce que les photos consultées le lendemain confirment. A refaire au Dobson de 508!

       
      Observation 9176 : NGC5477.
      109x. Elle est très diffuse, dure VI3 à 4 (donc vue 25% à 50% du temps en vision indirecte).

       
      A 4h10 l'aube arrive et à peine un quart d'heure après il fait trop jour pour le ciel profond.
       
      Observation 9177 : NGC5475.
      109x. Cette dernière galaxie de la nuit est vue de suite, faible et allongée, avec son centre plus brillant. L'aube l'efface.

       
      Je regarde rapidement Jupiter et Saturne à 218x assez turbulentes mais la première montre quelques détails sur ses bandes.
      Je pars à 4h45.
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