RIGEL33

Entre voiles nuageux et caresses félines

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Une soirée ponctuée par les voiles nuageux et les caresses félines !

 

Du forum, étaient présents : Clément A., Denis, Florent b., FredAstro, Jérémy, Sandrine et moi-même.

Sébastien P. et un ami à lui étaient venus en touristes.

Parmi le public, un homme, une femme et deux enfants.

 

Les nuages nous accueillirent à notre arrivée vers 18h. Je n’avais porté qu’un appareil photo et je comptais faire un time-lapse de la soirée. Denis avait quand même son dobson.

Les astrams arrivèrent petit à petit en même temps que les éclaircies se formaient. Parfois, on gardait espoir car l’observation était possible. On en profita. Au gré des passages nuageux, on discutait autour de la table de réconfort. On voyait dans les champs alentours, une loupiote rouge se balader à droite et à gauche. C’était notre chienne Chara qui chassait. Elle avait au harnais un repère lumineux qui nous permettait de ne pas la perdre de vue.

 

Vers 21h, un chat pointa le bout de sa queue. Il semblait très câlin, se frottant à tous les participants. Chara, revenue voir l’intrus, ne l’effrayait pas et, après un instant d’étonnement, ils firent connaissance et restèrent l’un près de l’autre un petit moment, tentant d’assouvir leur curiosité respective. Ce chat devait être en partie « angora » car il avait le poil long. Sombre de couleur, il affichait des nuances de gris et de marron. Chara, se lassant de sa présence, repartit agrandir les trous et galeries des rongeurs des champs.

Ce chat resta un moment encore. Il semblait bien nourri et ne paraissait pas non plus perdu. Il devait appartenir à l’une des fermes des alentours mais c’était bien la première fois qu’on le voyait au pied du mémorial. Quelques minutes encore, plus il disparut.

 

L’astronomie reprit ses droits. Après quelques minutes d’observation, les nuages revinrent plus nombreux mais pas trop épais. Un homme et une femme arrivèrent accompagnés de deux enfants. Il était déjà 22h30. C’est rare de voir des gens venir si tard, surtout avec des enfants. Pendant quelques minutes, des éclaircies nous permirent de satisfaire partiellement leur besoin d’évasion spatiale.

Pendant qu’on discutait, je sentis une pression sur mes jambes. Pensant que c’était Chara, je n’y prêtai pas l’attention qu’il aurait fallu, sortant machinalement une croquette de ma poche et la tendant vers mon amie canine. Alors que je restais bêtement avec mon bras tendu vers le sol, attendant qu’une gueule prenne la récompense, j’entendis la petite fille dire : « Oh un petit chat ! ». Il était de retour. Il se frotta à tous le monde, prenant plaisir à voir de nouvelles jambes n’ayant pas encore son odeur.

 

Passé ce moment félin, et les nuages étant revenu bâcher le ciel, les curieux nous quittèrent ainsi que le félin. J’allais rechercher mon appareil photo dans le champ nu. Bien sûr l’objectif était embué car je n’avais pas mis de résistance pour l’empêcher. Je revins à la voiture et télécharger les images dans mon ordi. Au final, la buée n’était arrivait que tardivement.

Sur les images, on voit même Mercure que j’avais renoncé à observer, pensant que les nuages étaient trop nombreux sur l’horizon ouest.

 

Le rangement des setups étaient presque terminés. Chara était montée en voiture. La température n’était pas trop fraîche et elle ne semblait pas avoir froid mais elle avait le poil humide. J’enlevais sa loupiote, attachais sa sangle et rabattis sa couverture sur elle.

Avec les derniers astrams prêts au départ, on discuta encore quelques minutes. Une nouvelle pression sur les jambes me fit comprendre que le chat était de retour. Il y mettait du cœur, comme s’il voulait me faire tomber. Chacun de nous y eut droit.

Pendant quelques secondes, en remontant dans les voitures, on s’inquiétait de savoir si on n’allait pas le blesser. Mais je fus rassurée dès que notre voiture démarra car allumant les phares, on le vit prendre le chemin de terre à droite. Il avait compris qu’on partait et retournait soit chez lui, soit vers quelques autres aventures câline dans un autre univers !

 

Voici le time-lapse réalisé ce soir-là :

 

 

 

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Sympathique récit et beau film de cette soirée :)

Bonne soirée,

AG

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Super Compte Rendu d'Observations Animales...

J M

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Joli récit tout constellé de ronrons!

Pas trop dur le nettoyage de poils sur le bas du pantalon après?

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Merci de votre passage :) 

 

Il y a 3 heures, xavierc a dit :

Pas trop dur le nettoyage de poils sur le bas du pantalon après?

Pour ma part, non... j'ai des chats à la maison et je n'ai vu aucune différente :P

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    • By Jacques VAN DER MEER
      Surfeurs, surfeuses, bonjour,
       
      Avec le mauvais temps ici dans le sud, je vous propose un petit CROA de ce dernier trimestre 2019, durant lequel j' ai essayé de me familiariser
      avec mon matos et différents logiciels de traitement... Le météo n' était pas très coopératif, et même s'il faisait "beau" il y avait soit du mistral
      soit un ciel peu transparent, mais on fait ce qu' on peut .
       
      Vos remarques et suggestions pour améliorer mes exploits dans le future sont bienvenus
       
      En poses courtes, j' ai eu des résultats encourageants avec mon TN 30cm f/d 5.3 et l' ASI ZWO 385 que m' était généreusement offert par
      ...les lutins de père NoëL
       
      Le premier est M1, pris en photo fin décembre et début janvier. Acquisition totale de 1733 images de 5 secondes,
      soit 2h25min en total.

       
       
      Suite, NGC 2392, la fameuse nébuleuse d' Eskimo, prise le 15 janvier, 5400 subs de 400 msec et 7500 subs de 200 ms (1h en total)
       

       
      La nébuleuse NGC 1514 ne se prêtait pas pour des poses courtes, ici le résultat de 5h d' exposition (115 x 30 secondes,
      771 x 10 secondes et 1021 x 7 secondes):
       

       
       
      Ces derniers  mois j' ai aussi essayé de revaloriser mon ancien  tube Meade Schmidt-Newton (25cm - f/d 4)  un relique myope que j' ai depuis 20 ans....
      j' ai changé PO, miroir secondaire, nettoyé l' optique, collimation infernale....eh bien vous voyez les résultats (photos prises avec un
      Toupcam EP3 6300) ci-dessous.
       
      Mon schéma de traitement:
      -Acquisition avec le logiciel Risingsky fourni avec le Toupcam
      -empilement avec DSS (après présélection des images sur base de leur FWHM et score)
      -SIRIL (autostretch/Asinh, deconvolution, réduction du gradient)
      -GIMP et FITSWORK, corrections cosmétiques.
       
      M 106, 118 x 120 secondes  (binning 2x2)
       

       
      M90 (et sa voisine IC 3583), 135 x 60 secondes (2h15 en total) :
       

       
      En RVB (avec un ASI 178 MM) j' ai fait un shoot de la NGC 2903 (Leo), 6h25 temps de poses, binning 2x2:
       

       
       
       
      Enfin, pour compenser vos efforts de lecture jusqu' à ici, une image des galaxies NGC 4568 et 4567, (les jumeaux siamois)
      prise le 11 mars, quand j' avais 10 minutes d' accès au Liverpool Telescope (2 mètres) sur La Palma. L' image est composée
      de deux poses avec le filtre sloan "g" (115 secondes)  et "r"  (175 secondes) -enfer à calibrer en RVB . Le but était surtout
      de distinguer la différence de couleurs (et donc l' âge) entre les jumeaux....
       

       
      J' espère que mon CROA vois plaise.
       
      Bonne journée,
       
      Jacques
    • By xavierc
       Nuit du 8 au 9 novembre 2018.
       Strock 254/1200.
       Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo.
       
       13 observations : 8577 à 8589.
       
       Cette nuit commence comme souvent par l'observation d'objets bas, le premier étant un amas ouvert de l'Autel.
       
       Observation 8577 : NGC6200.
       Je vois cet amas ouvert déjà au chercheur 9x50 comme une tache floue très faible.
       Je l'observe ensuite à 75X.
       Bien que bas, il me montre sa richesse avec ses étoiles considérablement brillantes à perceptibles.
       Comme cet objet est bas, je troque le dossier de la chaise contre le surélévateur en bois du siège directement posé au sol afin de ne pas me tordre le cou et les cervicales.
       
       
       Puis je me dirige vers le bas-centre du Sagittaire, vers delta, pour observer quelques nébuleuses planétaires et un amas globulaire.
       
       Observation 8578 : IC4776.
       Cette nébuleuse planétaire est vraiment petite, quasi stellaire à 480X, autant dire qu'à 75X le seul moyen de la repérer est par blinking Oxygène 3 auquel elle répond bien.
       Cet astre considérablement brillant ne réagit que très faiblement en HBêta par contre.
       
       
       Observation 8579 : M54.
       Voici l'amas globulaire Messier du coin, qui est vu comme une étoile floue considérablement faible au chercheur 9x50.
       A l'oculaire du Strock, il est brillant et bleuté ciel à 75X, vraiment pétant, notamment au centre.
       A 343X, il reste très concentré et ses étoiles sont trop faibles pour qu'il soit bien résolu, me montrant juste quelques étoiles perceptibles à ce grossissement malgré une turbulence favorable qui est moyenne.
       
       
       J'observe la deuxième nébuleuse planétaire du Sagittaire de mon programme de cette nuit.
       
       Observation 8580 : PK3-14.1.
       Contrairement à la précédente, celle-ci va me montrer un peu de diamètre à 480X, où elle est un peu floue.
       Alors qu'elle était stellaire à 75X, considérablement faible et réagissant très bien au filtre Oxygène 3 et pas du tout en HBêta.
       
       
       La constellation du Sagittaire, et en particulier cette partie, sont maintenant bien basses.
       Après une pause casse-croûte, je vais monter plus haut pour observer des objets vraiment emblématiques du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan.
       
       Observation 8581 : NGC346.
       Ce complexe nébulaire est vraiment facile, me montrant beaucoup de détails, avec une partie de structure qui fait penser à une galaxie spirale, et pourtant c'est bien une nébuleuse diffuse, qui réagit très bien en Oxygène 3 et considérablement faiblement en HBêta.
       Cette nébuleuse est plutôt brillante à vision indirecte pour ses parties les plus faibles, elle est complexe, pleine de nodosités et draperies et en plus colorée vert pomme.
       150x, 218x et 109 x.
       
       
       Je suis fatigué, il est déjà 1h du matin.
       
       L'autre objet bien visible est un amas globulaire qui pourrait concurrencer M13 dans un 200 sous nos ciels européens.
       Cet amas globulaire a la malchance de se situer à proximité d'un phare de l'hémisphère sud qui est l'amas globulaire 47 du Toucan, dit aussi NGC104, ce qui fait qu'il est souvent délaissé.
       Par cette observation, j'espère vous inciter à l'observer si un jour vous avez la chance d'aller observer dans l'hémisphère sud.
       
       Observation 8582 : NGC362.
       Cet objet apparaît déjà comme une étoile floue assez brillante dans le chercheur 9x50.
       Il explose d'étoiles à 75X et 150X, étant brillant, bleu avec un centre pétant.
       Quel bel amas globulaire résolu!
       
       
       Pierre et Bruno ont décidé d'unir leurs forces pour pointer ensemble sur le gros Dobson.
       
       J'observe ensuite quelques objets plus discrets du Petit Nuage de Magellan.
       
       Observation 8583 : NGC458.
       Observé à 150X et 343X, il est résolu et me montre des étoiles à 343X, VI2 à 5, ce qui est vertigineux quand on pense qu'il s'agit d'un amas globulaire situé à près de 190000 années-lumière dans une autre galaxie!
       Ce qui aide, c'est que la turbulence est exceptionnellement stable aussi à 1 sur l'échelle de Danjon, à 343X.
       Cet objet est considérablement faible à faible.
       
       
       Observation 8584 : IC1660.
       Cet amas ouvert est une petite tache très faible et petite à 150X.
       
       
       Je prends ensuite mon courage à deux mains pour avancer sur mon programme d'amas ouverts dans la Voie Lactée de ce qui est notre ciel d'hiver français à savoir la Poupe et le Grand Chien.
       
       Observation 8585 : Ru21.
       Dit aussi Ruprecht 21.
       Cet amas ouvert est fourni, dur à dessiner avec ses étoiles considérablement faibles à perceptibles à 75X.
       
       
       A 3h10, je suis tout seul sur la colline de l'observatoire car mes comparses sont partis dormir.
       
       Observation 8586 : NGC2374.
       Cet amas ouvert du Grand Chien observé à 75X est riche avec une zone plus condensée avec ses étoiles considérablement faibles à perceptibles.
       Un avion a trouvé le moyen de passer en plein dans le champ à 109x et de me faire sursauter.
       
       
       Pour qu'il n'y ait pas de jaloux, après le Petit Nuage de Magellan, je vais rendre visite à son grand frère, le Grand Nuage de Magellan.
       
       Observation 8587 : NGC2092/2100.
       Duo d'amas ouverts NGC2092 et 2100 dans cette galaxie satellite dans la constellation de la Dorade.
       Dans le même champ d'oculaire, le premier est très faible avec des étoiles perceptibles, tandis que le second est plutôt brillant, riche et très serré à quelques encâblures de l'énorme nébuleuse de la Tarentule, hors champ à 218X.
       
       
       Observation 8588 : NGC2108.
       Cet astre est très faible à 218X, et c'est visiblement un amas globulaire car il en a toute l'apparence non résolue.
       
       
       Depuis mon observatoire terrestre, ce qui est impressionnant c'est le silence absolu.
       Il n'y a vraiment aucun bruit tout autour, la nuit étant figée dans son écrin de cristal.
       
       Je termine en apothéose avec un ensemble d'amas ouverts nichés dans le Grand Nuage de Magellan.
       
       Observation 8589 : NGC2043 à 2072.
       Imaginez qu'à 150X et 218X vous ayez dans le même champ quasiment une dizaine d'amas ouverts.
       C'est ce qui m'est arrivé lors de cette observation.
       Alors commençons donc cette énumération par NGC2043 qui est très faible à VI1.
       Puis une première ligne est constituée par NGC2046 très faible, NGC2047 très faible à VI1, NGC2058 plutôt faible, et NGC2059 qui est vue VI1.
       Une seconde ligne est formée de NGC2057 qui est faible, NGC2065 considérablement faible, NGC2066 VI2 et un peu à l'écart NGC2072 vu VI1.
       Cet intéressant ensemble finit par s'effacer dans l'aube à 5h40.
       
       
       La nuit s'est terminée de façon magnifique sur ce groupe.
       
      La suite des photos touristiques : Le 29 octobre 2018 Ovalle
       
      La Feria, marché d'Ovalle.
       Les boutiques sont quasi mono-activité.
       
       
      Dans une droguerie, des médicaments dont je douterai de l'origine, les contrefaçons étant légion sur ce continent.
       
       
       
       
      Les couleurs du Chili sont omniprésentes sur cette boutique.
       
       
      Marchand de fausses fleurs.
       
       
      Vendeur de croquettes pour chiens et chats.
       
       
      Le 12 novembre 2018, Pichasca, Ovalle et la vallée del Encanto
       Aujourd'hui, nous descendons vers Ovalle. Passage par Pichasca et sa verdoyante vallée.
       
       
       
      Musée préhistorique de Pichasca
       
       
       
       
       
      Dans un parc au bord de la route vers Pichasca, parmi des jeux d'enfants, une paroi rocheuse abrite dans ses cavités des perroquets tricahue
       
       
      Petit arrêt à la place d'Armes (place centrale) d'Ovalle
       
       
       
       
       
      Nous passons au marché couvert pour quelques courses et là surprise, on tombe sur un musée dans un wagon, sur le parking!
       
       
       
       
      Puis direction un site archéologique déjà visité une autre année, la Vallée de l'Enchantement vers Ovalle.
       
       
       Beau rapace caracara chimango à la Vallée de l'Enchantement.
       
       
      L'une des nombreuses pierres tacites de la vallée, creusées par les indiens El Molle.
       
       
      Entre 2 rochers marqués par les indiens El Molle, vivent ces petits rongeurs, les dègues du Chili
       

       
       
       Les pétroglyphes de comètes
       
       

       
       
       
       
      Cette formation s'appelle le visage du diable
       

       
       Le bain Inca
       

    • By Vesper
      II- Sur des nuées de vapeurs
       
      Episode précédent : http://www.astrosurf.com/topic/124994-lumières-des-terres-arides-épisode-i-compagnons-des-bords-du-monde/
       
      Le Dieu était au sommet du ciel et son oeil fixe m'interpellait : "Qu'as-tu fait de tes nuits ?" et le son de sa voix était de millions d'étoiles de cristal s'entrechoquant.
      Tombant à genoux je m'écriai : "J'ai dormi ! Une nouvelle fois j'ai dormi !"
      Quelques étoiles filantes se détachèrent du ciel comme des larmes de cristal et j'entendis un rugissement tectonique : "Alors cette fois tu seras condamné à ne rien trouver. Tu erreras sans but entre les constellations. C'est ta pénitence."
      -"Nooon !' m'écriai-je en m’éveillant.
      Car j'avais dormi et me réveillai en sueur.
       
      Ainsi suis-je revenu une troisième fois jouer à la marelle dans les constellations australes, au rythme des braiments de l’âne et des jappements du renard.
       
      Il y a la montée vespérale à la colline-observatoire, montée symbolique aux étoiles car il s’agit d’une ascension vers le ciel, mais aussi grimpette physiquement un peu raide après un abondant dîner souvent arrosé, il faut le dire, au Carménère qui est endémique dans le coin.
       
      La nuit est établie et je marche dans mon souffle à la lueur d’une frontale rouge. Des cailloux peints en blanc bordent le chemin. Excellente idée pour le retour, car si à l’aller on trouve forcément le chemin du sommet, au retour il y a plusieurs moyens de se perdre un peu dans la descente, surtout quand on a le nez en l’air. Autrefois la chatte Grisette jouait à m’effrayer en bondissant de buisson en buisson dans la nuit d’encre. Désormais seule la voix du renard sera audible dans le silence minéral de la redescente, comme le jappement de quelque chien de Gabriel dans les lointains.
       
      Je monte guidé par Rigil Kentaurus. Alpha et beta du Centaure sont des feux nets et qui ne scintillent pas.
      A l’ouest le Scorpion plonge derrière la montagne, les pinces en avant, sa fausse comète comme un jet de diamants.
       
      Il faut s’habiller chaudement car en toutes saisons les nuits sont au minimum fraîches : nous sommes à 1500 m d’altitude. Et cette fois ce n’est que le printemps. Après la relative chaleur des jours succède vite le froid des nuits. Le ciel de diamant ne les réchauffe pas.
       
      On monte au théâtre des contemplations comme le pénitent va au pèlerinage. Il y a quelque chose de la cérémonie. Chacun a ses rituels. Xavier arrive toujours frais et dispo après l’un de ses désormais mythiques cycles de sommeil. Bruno règle ses écrans rougeâtres. Je trébuche sur un caillou pourtant peint en blanc. Tout est bien.
       
      Il y a une belle heure, quand le ciel se pare de teintes sombres. Le bleu a viré au violet puis à la violine. La nuit arrive rapidement, elle prend le pas sur le jour avec force, avec puissance, implacablement. Le vent qui souffle ici régulièrement en journée tombe d’un coup, une histoire d’inversion des températures semble-t-il. Un silence absolu se fait alors, sans bruissements d’insectes, sans aucun des bruits résiduels auxquels on est habitué. C’est un silence où le son lui-même pourrait ralentir, s’engluer, se figer. On pourrait entendre battre son coeur.
       
      Alors dans l’atmosphère ultra-stable, les étoiles s’allument vraiment. Sans aucun scintillement. Nettes, même au ras de l’horizon. Elles brillent fixement dans un silence spatial.
      Une angoisse se fait. Sentiment d’être un primate égaré sur un grain de sable en orbite autour d’une étincelle perdue en bordure de cent milliards d’éclats de cristal. Ce n’est pas un environnement conçu pour l’humain, on le sent, on le ressent intimement par toutes les cellules du primate destiné à ramper.
       
      Sur le terrain, le sentiment est d’être dans un cirque lunaire ou sur le piton central de quelque cratère, à la surface en tout cas d'un astre sans atmosphère. Encore une fois les étoiles brillent d’un éclat fixe. Les nuits ici ne sont pas romantiques, mais stupéfiantes, hypnotiques et implacables.
       
      Le ciel n’est désormais plus sombre mais comme fait de matière noire, de cette qualité de noir connue uniquement des lieux oubliés. Ce n’est que plus tard, quand la voie lactée sera levée, que nous retrouverons même nos ombres dans une nuit toujours sans diffusion mais éclairée de millions de soleils.
       
      Xavier est venu avec un programme millimétré, méthodique, une vraie machine. C’est “la máquina”.
      Bruno semble venu avec un programme assez souple, mais un programme.
      Quant à moi je n’ai absolument aucune idée de rien, comme souvent.
       
      Je retrouve l’observatoire à toit roulant, qui abritait un C14 sur une Gemini 41, dans un triste état. Des indélicats ont saccagé les lieux alors qu’ils étaient cependant mandatés pour en être les gardiens. La monture a été pliée sur sa base par un choc avec le toit roulant. Le tube optique, qui était véritablement au-dessus du lot de la production industrielle et qui m’avait si souvent enchanté par ses images découpées au rasoir, gît démonté dans un coin. Rien d’irréparable probablement, mais une tentative idiote de démontage de la lame de fermeture et de recollimation dont il n’avait absolument pas besoin a parachevé le saccage. Il est inutilisable pour cette fois.
      Je me souviens qu’il reflétait une voie lactée si brillante qu’on aurait dit que des gouttes de cristal ruisselaient sur son tube d’aluminium.
      Plus tard dans le séjour nous tenterons de réparer une partie des dégâts mais sans y parvenir totalement : l’appairage de la lame de fermeture avec le miroir primaire est perdu. Il faudrait un banc optique. Grand dommage pour ce tube vraiment exceptionnel qui j’espère trouvera une deuxième vie, mais pas pour ce séjour.
      Seul le lit est intact dans l’observatoire. Ce n’est pas l’accessoire d’astronomie le moins utile. Nous y pratiquons de temps à autre une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans les bateaux, partageant les siestes non pas en fonction des coups de tabac mais des coups de millions de soleils.
       
      AH, se perdre à nouveau dans les constellations éclatantes, surchargées ! Reprendre contact avec ce ciel sauvage qui danse une ronde de lumière autour du pôle Sud. En cette saison le navire Argo émergera de la montagne en deuxième partie de nuit, en marche arrière, la Poupe la première, rapidement suivie de la Carène puis des Voiles.
      En 2011 j’avais écrit : “Ici le ciel est sauvage, dévorant et fou ; chaque soir il prend la terre et l’étreint dans un accès de beauté” (1).
      C’est toujours vrai.

       
      Le C14 étant aux fraises faute aux barbares, je m’empare du 406 (TN 406/1827). L’idée d’utiliser un escabeau pour accéder à l’oculaire me paraît incongrue, ah ces Newton sont étranges. Je fais ma révolution culturelle et me retrouve vite perché à des hauteurs vertigineuses, le bazar est branlant sur le sol inégal, le gros Dobson en revanche est dur sur ses axes, du coup il faut tirer et pousser avec force mais douceur tout en même temps, enfin je vous jure, mais où est l’axe de déclinaison, ah oui il n’y en a pas.
      Pour couronner le tout Xavier me met en garde : “ne tombe pas dans le trou du Dobson”. Me prend-il pour un benêt, effectivement je manque plus d’une fois tomber la tête la première sur le primaire, manquerait plus que ça, sûrement sept ans de malheur en perspective ? Au moins sur les SC y’a-t-il une lame de fermeture, on ne risque pas de tomber dedans, mais qui a été m’inventer un truc pareil je vous le demande. Un Monsieur Dobson, moine de son état, ben voyons. Il aurait mieux fait d’inventer une marque de bière. Et où est l’axe de déclinaison ? Ah mais c’est qu’il n’y en a toujours pas, et justement le trou du Dobson ce n’est pas ça me dit-il, mais le croisement des deux axes au zénith, du coup plus rien ne bouge ou à peine. Mouais, me dis-je, ça bouge à peine ça je m’en étais rendu compte, sauf l’escabeau qui a la danse de saint-Guy.
      Ca s’annonce folklorique. D’ailleurs le dieu accroché au sommet du ciel m’avait prévenu : tu accoucheras dans la douleur. Ce que je fis.
       
      Rétrospectivement ces quatorze nuits se rassemblent en une nuit unique où je tâtonnai pour tenter de retrouver des chemins, bravant la malédiction.
       
      Pour le fun je pointe Mercure dans le couchant. Au 406 avec les Naglers 16 puis 9, quoique très brillante elle ne révèle pas grand-chose et, à la réflexion (c’est le cas de le dire), rien du tout.
       
      Saturne au Nagler 9 est en revanche très fine. C’est une très belle vision, avec la division de Cassini bien sûr mais également celle de Encke, l’anneau de crêpe, l’ombre des anneaux sur le disque, l’ombre du disque sur les anneaux, les pôles assombris donnant une sensation de relief à l’ensemble. Trois satellites sont visibles. Bref, c’est la quasi totale saturnienne.
       
      Mars, au Nagler 9. Fine, des détails et formations sont perceptibles contrairement à juillet où le confetti orange était noyé sous une tempête de poussière globale. La calotte polaire, brillante, donne du relief à l’ensemble. On voit la sphère. Mars est une orange, si j’osais.
       
      Xavier m’invite à observer NGC 6496 dans le Scorpion, avec son flying Strock (TN 254/1200). C’est un amas globulaire ovale. Etonnant. Non résolu, il est discret mais une poignée d’étoiles apparaît au centre.
       
      Dans le Scorpion toujours et en revenant de M7 pour le plaisir, je tombe sur NGC 6441 ou “amas des pépites d’argent”. Le petit globulaire apparaît assez concentré, mais comme entouré d’un léger halo au Nagler 7.
      Mais tout s’enfuit rapidement à l’ouest, la fausse comète sombrant derrière la montagne dans un ultime jaillissement de diamants.
       
      Pour renouer avec le ciel austral je pointe Rigil Kentaurus : deux composantes dorées apparaissent. Il est toujours émouvant de contempler ce système, triple en fait, dont le troisième larron ici invisible est l’étoile la plus proche.
       
      Plus à l’ouest les nuages de Magellan sont éclatants. Perchée au bord du grand nuage, la Tarentule attend. Il me semble que ses yeux luisent. Au gros Dobson j’appelle Bruno, qui me demande s’il y a un filtre… Mais non.
      Avec le Nagler 9 elle explose. Le grand nuage déborde largement du champ. La Tarentule brille. Ses petits yeux sont perçants. Son corps est tourmenté de volutes, de nodules, de filaments verts et maléfiques.
      Elle est complexe et tourmentée, filandreuse. Au Panoptic 41 elle tient cette fois intégralement dans le champ. Impressionnante, menaçante, elle rayonne d’un vert empoisonné.
       
      Oméga du Centaure est absent en cette saison. Je me souviens que c’était un bouillonnement d’étoiles parfaitement résolues. Une flambée de soleils. Par un effet optique l’oeil le faisait s’animer, bouillonner. L’étalement de soleils sur une si grande surface était impressionnante. On aurait pu palper ou lécher ce miel stellaire.
      Mais cette fois il est absent et restera perpétuellement juste sous l’horizon, au désespoir de Bruno.
       
      Mais un autre amas globulaire perce le ciel. Dense, il est à la fois énorme et très brillant. C’est un phare. C’est 47 Toucan. Au gros Dobson avec le Nagler 16 c’est un puits de lumière granuleux. La perspective se renverse et je vois distinctement des billes, comme des bulles de lumière mousseuse qui en éclabousseraient les rives obscures.
       
      La Croix du Sud se lèvera bien plus tard et je revisiterai d’ailleurs les classiques avec un plaisir toujours intact, même si je n’en ferai plus l’énumération détaillée ici.
       
      D’ailleurs en cette saison la voie lactée se lève tout aussi tardivement, paresseusement. Mais elle émerge de la montagne dans une gloire de lumière. Très contrastée, tourmentée de nébuleuses obscures qui lui donnent relief, épaisseur et volume.
       
      Une belle Capricornide raye le ciel d’un trait de diamant.
       
      Puis Eta Carène apparaît au ras de la montagne. Je m’en empare avec avidité et le gros Dobson. L’hypergéante explosée montre clairement deux lobes avec un Ethos 13 : la nébuleuse de l’Homoncule. C’est un double champignon atomique, l’un au-dessus, l’autre en-dessous, l’étoile au centre. L’ensemble est vu de trois quarts, j’ai l’impression d’être positionné au-dessus. Le lobe supérieur est saillant, tandis que l’inférieur, plus petit et partiellement masqué, donne une profondeur et met l’ensemble en perspective. Le double champignon, atomique au sens littéral du terme, est stupéfiant de relief.
      Dans les deux lobes sépia des détails sont visibles. Oui il y a des détails, quand bien même l’ensemble émerge au ras de la montagne et ne doit pas encore dépasser 10 degrés de hauteur.
      Je remplace l’Ethos 13 par tous les Naglers à ma disposition, successivement les 16, 9, 7, 5. Mais c’est au 13 mm qu’elle reste définitivement la plus belle. Les deux lobes sont finement détaillés. Des structures complexes y sont visibles. Il y a des zones sombres et de densités différentes. L’ensemble reste petit à l’oculaire, mais les deux lobes donnent une impression de relief irrésistible qui restitue profondeur et perspective. J’assiste en direct à l’explosion d’une supernova.
      Pour rire je tente un filtre OIII. L’étoile vire au rouge sombre, certaines nébulosités gagnent un tout petit peu en densité, mais globalement l’ensemble s’éteint : c’est définitivement nature qu’elle est la plus belle.
       
      Je reprends mes esprits après une longue contemplation. Le silence est opaque. Ahh si, vers le fond du cratère, enfin du terrain, le bruissement très étouffé de quelque engrenage repositionne un instrument automatique. On pourrait presque s’attendre à capter, par un micro resté ouvert sur l’autre bout du monde, le grésillement nasillard d’un journal de 20h sur TF1 ou autre émission d’infotainment. Je n’ai jamais trop compris cette pratique en chambre, si j’ose dire, mais enfin c’est ainsi. Et puis d’ailleurs, on n’entend rien. Sinon le battement de son coeur.
       
      Je m’étais fait la promesse de ne plus acheter de matériel : trop d’instruments dorment au placard, dont les miens. Trop peu d’occasions d’observer, entre les obligations typiques de l’agitation boréale, la météo rarement favorable et les grandes fatigues vespérales. Exit les achats de matériel, donc, mais s’offrir du ciel ça oui. Raison de ma présence ici.
      J’ai néanmoins et pour une fois fait une entorse à cette règle (car toute règle n’existe que par ses exceptions, n’est-ce pas), en raison justement de ce voyage : je me suis offert une paire de jumelles Omegon 2,1*42. J’ai longuement hésité avec les nobles Vixen, mais ces dernières étaient notablement plus lourdes et surtout plus chères : normal, il doit y avoir plus de verroterie dedans.
      Et je ne suis pas déçu, je gagne facilement une magnitude, avec un champ gigantissime style 20 degrés. J’ai des yeux de lémurien. Je suis un lémurien dans le désert. Ces petites jumelles droites n’ont de sens que sous un ciel d’exception, je reste donc quelque part cohérent avec mon propre raisonnement. Il n’y a pas de petites satisfactions.
       
      J’alternerai ainsi les 2,1x42 et les plus classiques 15x70 pour revisiter les riches amas ouverts qui se bousculent une fois la voie lactée levée.  Car remonter la voie lactée, de la Croix du Sud à Sirius, c’est remonter des rivières de perles sur un fleuve de lumière !
       
      Dans la Poupe, NGC 2451 est microscopique aux 2,1x42, petit aux 15x70. Quelques étoiles bleutées accompagnent un solitaire orangé. L’ensemble est discret mais a le charme des lointains.
       
      Juste à côté NGC 2477 est étendu, peuplé, riche. Tout à la fois étendu et compact. On dirait un amas globulaire, mais complètement résolu. Ouvert, en somme. Un des plus beaux amas du ciel austral, à mon sens.
       
      Dans la Carène NGC 2516, “The Diamond Cluster” le bien nommé, est plus spectaculaire. Plus clinquant aussi. Aux 2,1x42 c’est à peine un petit paquet d’étoiles serrées. Aux 15x70 les gemmes colorées se révèlent. Etendues sur du velours noir, c’est une explosion de couleurs, de lumières. Des étoiles oranges contrastent avec les bleus et les blancs purs, francs et frais, des étoiles alentours.
       
      Dans la Carène toujours, NGC 3532, ou “football cluster”, est beaucoup plus dispersé. Il exhibe quelques dizaines d’étoiles blanches, mais une poignée d’étoiles jaunes contrastent comme des opales de feu sur un lit de diamants.
       
      Dans les Voiles IC 2391 est une petite chose qui exhibe sept ou huit aigues-marines blanc-bleutées Bien regroupées, elles sont d’aspect semblable, et forment un petit trapèze éclatant et frisquet.

      Plus loin mais toujours dans les Voiles, NGC 2547 montre une trentaine d’étoiles dispersées, comme une poignée de poussières de quartz bleu.
       
      Aux 2,1x42 c’est un fleuve de perles. La voie lactée, nuit après nuit, montre des volutes tourmentées, les nébuleuses obscures plus noires que le noir du ciel. L’impression de relief, de densité et de profondeur est magnifiée par ces petites jumelles de théâtre. Mais le théâtre est cosmique, et je reviendrai au fil des nuits en longues contemplations sur le fleuve des perles.
      En attendant je repasse au gros Dobson.
       
      Vite, au sud-ouest je retrouve NGC 253 : la galaxie du Sculpteur. Evidente, vue de profil ou plutôt de trois quarts elle apparaît en diagonale et exhibe ses spires ostensiblement. Un reste de pudeur l’empêche de se montrer de face, mais ce profil vu de trois quarts restitue une sensation de profondeur. Fine et évidente au Panoptic 41, elle emplit le champ oculaire au Nagler 19. Je distingue facilement des différences de densité dans la matière et les gaz environnants.
       
      Dans le Sculpteur toujours et infiniment plus discrètes, NGC 7507 et NGC 7513. Au gros Dobson elle sont dans le même champ avec le Panoptic 41. La première m’apparaît comme une galaxie elliptique vue de face. La seconde, plus loin, est une spirale vue de trois quarts. Au Nagler 19 j’en discerne la barre, en diagonale, mais même ici sous le ciel de diamant et avec un grand diamètre les spires sont difficiles. L’ensemble reste discret.
       
      Dans la Dorade, NGC 1566. La galaxie se devine dès le Panoptic 41, mais elle est détaillée au Nagler 16.  J’essaye le 9 mm mais elle s’assombrit. Je repasse au 16, qui est définitivement le meilleur ici. La galaxie, vue de face, est brillante, bien structurée. Deux spires sont détaillées, avec des différences de densité perceptibles. L’ensemble baigne dans des volutes de gaz. J’ai l’impression d’observer un flocon de neige figé dans un voile de givre.
       
      Un peu plus bas, NGC 1596 est bien perceptible au 16. Vue par la tranche et en diagonale, elle est nettement moins spectaculaire mais le fuseau est évident en vision directe. Par un effet de perspective et de reconstruction cérébrale sans doute, j’ai l’impression au bout d’un moment qu’elle s’enfuit. Une âme en fuite, me dis-je.
       
      Non loin et toujours dans la Dorade, NGC 1553 et 1549 sont deux petites choses vue par la tranche, la première me semble horizontale et la seconde presque de face, comme de trois quarts. Deux tachouilles figées dans l’éternité.
       
      Dans le Grand nuage de Magellan, NGC 2080 ou nébuleuse de la tête de fantôme, est brillante mais irrégulière. Un coeur baigne dans des voiles de gaze. On sent les énergies à l’oeuvre, on devine des processus physiques sûrement complexes. Il y a un côté vivant et dynamique. Mais hormis la curiosité, peu d’émotion pour moi au final.
      Toujours dans le GNM, NGC 2077. Ouh voilà qui est bien complexe. On dirait des traces de pattes de chat, Grisette qui aurait marché dans de l’encre verte. Le PSA indique aussi 2078 et 2079. Je veux bien le croire. Il y a un entrelacs de nébulosités, l’encre verte a été projetée entre les traces de pattes. De très fins filaments sont perçus directement. Il y a comme des voiles de fumée, des fumées vertes bien entendu. Il y a à la fois du spectacle et de la finesse. Intéressant à détailler en prenant son temps. Mais je plains les dessinateurs.
      Plus tard, en bordure de la Dorade, dans le Centaure, IC 2944 ou “Nébuleuse de la Poule qui court”. Je ne discerne aucune poule, et encore moins au galop. L’ensemble est plutôt diffus et, pour tout dire, tient plutôt du rond de fumée céleste. Il faut y passer du temps et utiliser la vision décalée, même ici sous le ciel andin et au gros Dobson. Alors apparaissent des zones de contrastes différents. Des brumes de vapeurs. Des souvenirs de fumées.
      Dans les Voiles, je trouve NGC 3132. La nébuleuse planétaire exhibe ses pétales de fleur vus de face. Il y a en fait, autour du résidu d’étoile bien visible, un rond de fumée. Celui-ci semble se diffuser sur les bords, formant ainsi trois pétales. En prolongeant l’observation je vois des différences de luminosité dans ces pétales, qui apparaissent mouchetés. Il y a un effet pommelé. Bien que petit, l’ensemble est délicat, à la fois contrasté et doux. Intéressant et beau, à condition de s’y attarder un peu.
       
      Bien plus à l’est, je m’échine à chercher le casque de Thor. Tout est difficile, ça freine, ça grippe, j’accouche dans la douleur, le dieu n’avait pas menti. Mais tout de même, s’acharner à ce point ! Xavier qui passe par là me le trouve en 5 secondes d’un air désinvolte. J’en suis comme deux ronds de flan.
      Le Casque de Thor est ici magnifique. Bien que discret, même avec le gros, il se révèle au filtre OIII. Au Panoptic 41 je distingue 2 extensions, Xavier en voit directement 3. Evidemment.
      Le centre forme une bulle bien structurée. La partie située à l’avant est plus brillante. Assez brillante, même. A la contemplation, il y a des différences de luminosité maintenant évidentes dans la bulle. J’y passe un moment. C’est tout de même la transfiguration de l’objet aperçu sous le ciel boréal des Vosges moyennes du nord.
       
      “Sculptorides” et “Carénides” abondent. Elles laissent des sillages de fumée verte qui se mettent rapidement à onduler, en une sorte de danse au rythme des turbulences de la haute atmosphère. Il pleut des météores danseurs.
       
      Mais dans la nuit résonnent des coups sourds, comme un martèlement rythmique, antique. Xavier s’est redressé et frappe lourdement le sol de ses pieds.
      Il s’agit là de quelque danse ancienne, me dis-je, la vivante réincarnation de rituels indiens sous le ciel hypnotique. Et d’ailleurs il émet maintenant une sorte de psalmodie : “houlà houlà, làà, houlà houlà làà... !”, en rythme. Il est toujours déconcertant de constater les effets de l’indicible sur les gens. Un peu plus et, mais oui, il se roulerait au sol façon crise d’épilepsie. Les effets du ciel-qui-rend-fou, sûrement. Peut-être va-t-il même falloir se dire adieu, ah mourir ici sous des larmes de cristal !
      Mais la litanie se mue très vite en quelque chose de bien plus prosaïque : “Merde, meeerdeeuh !” et je dois sortir de ma transe. Non cette fois c’est sûr : il a dû casser un crayon. Au moins.
      ...Et c’est tout de même moins pire en réalité, car il est victime d’une invasion de fourmis. Type sud-américain, piquantes quoi. Attirées par les victuailles qu’il trimballe dans son sac à dos, sans doute. Ah la gourmandise. Et puis aussi quelle idée, me dis-je, planter son Dobson sur une fourmilière. Je retourne à mes observations.
       
      Vite dans le Paon avant qu’elle ne disparaisse, NGC 6744 : vue de face, faible et diffuse au 16, allongée dans le sens nord - sud au 9, à force d’observation j’y perçois des zones de densité différente et, mais oui, plusieurs spires ou au moins des départs de spires ! J’en ai noté 4, peut-être 5 mais sans certitude. Tout est dilué dans des voiles de brumes vertes sur des rivages phosphorescents.
      A proximité il y a un petit globuleux brillant, NGC 6752. Résolu et bleuté il semble néanmoins s’étendre dans quatre directions. Une petite croix de diamants. A côté brille une étoile, comme un compagnon d’éternité.
       
      Une éclatante Carénide griffe le ciel, Xavier marmonne qu’il a failli crier “lumière”, ça devait être une magnitude -3 ou -4. Elle laisse une longue traînée verte persistante.
       
      D’ailleurs de retour dans la Carène, qui en a profité pour bien monter, et après bien des errements, je retrouve NGC 3324. La Nébuleuse Gabriela Mistral. Née justement ici, dans la vallée de l’Elqui, la poétesse chilienne révèle son profil aquilin dès 16 mm. Un peu plus bas brille un amas ouvert que j’identifierai plus tard comme NGC 3293. En son centre repose une gemme orange.
      Mais c’est avec un filtre OIII que la poétesse se dévoile complètement. L’ensemble est curieusement assez compact et brillant, je peux passer au 9 mm. Mais je préfère toujours le 16 qui donne évidemment plus de champ et de lumière, et restitue au final mieux l’ensemble dans son jus, si j’ose dire. Le profil aquilin est tout à fait évident, et ce visage vu de profil se dilue dans une traînée de brumes. Un fantôme dans la nuit.
       
      Mais la danse de Saint-Guy de mon escabeau s’amplifie et soudain un déséquilibre se fait dans l’équilibre précaire des forces qui composent d’ordinaire le trio échelle - Dobson - observateur. Des pensées s’enchaînent rapidement : ne pas perdre l’objet très laborieusement trouvé, mais je renonce vite et dois choisir entre tomber sur le Dobson et choir au sol. La première option est inenvisageable, je risquerais d’endommager le primaire, alias le Précieux. La seconde est moins enquiquinante, je risque juste de me casser la jambe. Mais le dixième de seconde de réflexion est passé et je chute en épargnant le Dobson, au péril de mes membres. Une dernière pensée stupide me traverse l’esprit : Xavier va crier “lumière !”, mais non c’est idiot puisque c’est de bruit qu’il va s’agir.
      Donc el escabadem : patatras ! Le tout dans un fracas d’aluminium qui se replie.
      “Ne vous inquiétez pas, je n’ai rien !”, m’empressai-je de dire. Mais personne ne répondit. Je n’entendais que le frottement du crayon sur le papier. Plus loin une exclamation étouffée du genre “meerdeuh j’ai pas le fmvh” provint du secteur des écrans rougeâtres. Heureusement je n’ai que quelques égratignures, bande de sans coeurs. L’univers lui-même s’en fout, qui continue sa ronde de diamant dans un silence opaque.
       
      Je me remets de mes émotions lorsque plus tard, à l’est, M42 émerge de la montagne. Ce classique parmi les classiques du ciel boréal mérite la visite ici, sous le ciel parfait, avec un instrument de compétition.
      M42 montre de grandes ailes de feu vert. Leur extrémité est d’une belle teinte saumonée rouge brique. Mais les ailes sont ici renversées, hémisphère austral oblige. Au centre, dans le trapèze, je distingue une poignée de minuscules points rouges qui deviennent, au Nagler 16, six petites étoiles pourpres.
       
      Je reviens au 41 et les ailes de feu renversées forment une coiffe étendue, une sorte de chevelure faite de fibres et de volutes entrelacées. Alors sous la coiffe émerge une forme. Un contour se dessine. C’est le crâne d’un animal. J’y reviendrai souvent et j’aurai toujours la même vision. Ce n’est pas l’effet de mon imagination. Sous les bois étincelants, il y a un crâne, le crâne d’un cerf mort. Au fond de son orbite gauche brille une étoile du champ.
      C’est une vision insensée mais qui se reproduira pourtant à chaque fois. Je regrette de ne pas avoir osé à ce moment-là mon premier dessin d’astronomie. J’ai même été tenté de le reconstituer a posteriori, mais ce serait erroné et vain.
      Les ailes renversées sont en réalité des bois de cervidé resplendissants, brûlants. Dessous émerge le crâne, vu de face, comme sorti du néant. Son contour est net. La mâchoire est ouverte sur le vide. Au fond de son oeil gauche une étoile brille.
      J’ai chevauché un cerf mort sur des nuées de vapeur.
      En fin de nuit il flamboiera au zénith.
       
      [à suivre]
       
       
      (1) C’était ici : http://www.astrosurf.com/topic/6103-croa-fragments-de-vide-au-bord-du-monde-episode-i-vers-lhorizon/
       
       
       
    • By xavierc
      Nuit du 6 novembre au 7 novembre 2018.
      Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo.
      Strock 254/1200
      16 observations : 8549 à 8564.
       
      Je commence la nuit en observant Mars qui est quasiment au zénith dans le Capricorne.
       
      Observation 8549 : la planète Mars.
      Malgré son diamètre décroissant à 11,3 secondes d'arc, elle me montre beaucoup de détails avec une turbulence moyenne ce qui me change des observations en France, où elle était basse cette année.
      Les images sont en effet assez stables dans le crépuscule.
      La petite calotte polaire Sud est vue immédiatement ainsi que quelques nuages sur le limbe.
      L'observation se fait d'abord sans filtre puis avec le filtre rouge pour renforcer le contraste des formations puis le filtre bleu pour bien confirmer les nuages.
      Je la grossis directement à 480X.

       
      Mes compagnons d'observation Pierre et Bruno sont là, ainsi que Raymond le propriétaire de l'observatoire et du site.
      Pierre est arrivé en silence derrière Bruno pour demander qui était là et ça a fait sursauter ce dernier, ce qui nous a tous bien fait rire. Le puma des Andes a encore frappé!
      Puis je commence les observations ciel profond de cette nuit avec déjà la réobservation de plusieurs objets.
       
      Observation 8550 : NGC6397.
      Cet amas globulaire est situé dans la constellation de l'Autel, dit Ara en latin, qui va bientôt se coucher.
      Il est déjà visible au chercheur 9X50 comme une large tache assez brillante à centre plus brillant.
      A l'oculaire Nagler 16 à 75X il est aussi assez brillant.
      C'est une explosion d'étoiles à 75X et 109X où il est déjà très résolu.
      Quel calvaire à dessiner, il est vraiment très riche!

       
      Sur la même carte de l'atlas Uranometria 2000, je glisse un peu plus vers l'Est ce qui vu l'orientation du ciel revient ici à glisser un peu plus vers le haut, pour regarder un autre amas globulaire dans la constellation du Télescope (sous le Sagittaire en déclinaison).
       
      Observation 8551 : NGC6584.
      Dans cette constellation inventée par l'abbé Lacaille, cet amas globulaire apparaît au chercheur 9X50 comme une étoile floue très faible.
      A 75X, il est assez faible à considérablement faible, bleuôté, et en poussant le grossissement à 150X, je note un début de résolution et des lignes non résolues d'étoiles.
      Pas mal pour un amas globulaire dont les étoiles les plus brillantes seraient de magnitude 15,5 d'après le Deep Sky Field Guide, catalogue associé à l'Uranométria.

       
      Je poursuis mes observations d'objets avec l'amas de galaxies de la Dorade, notamment ses composantes les plus spectaculaires.
      Je rappelle que cette constellation située vers le pôle céleste Sud est celle où se trouve la plus grosse partie du Grand Nuage de Magellan.
      En s'éloignant du pôle à partir de cette galaxie satellite, on tombe sur cet amas bien plus lointain.
       
      Observation 8552 : NGC1515.
      Cette galaxie allongée est considérablement faible à 75X, et à 150X les extensions ont tendance à s'effacer.
      109X est le grossissement optimal pour voir des nodosités dedans.
      A proximité, une galaxie satellite orbite autour d'elle, NGC1515A qui est vue VI2 à 150X.

       
      Observation 8553 : NGC1566.
      Cette galaxie spirale est le joyau de l'amas de galaxies de la Dorade.
      Elle est assez faible à 75X où l'enroulement des spires est déjà perçu.
      A 150X, le bras Est est vu en vision indirecte VI1 tandis que le bras Ouest apparaît moins facilement en vision indirecte VI2 à 3.  
      J'ai grossi 75X, 109X et 150X pour détailler cet objet alors qu'un peu de fatigue se fait ressentir à quasiment 1h du matin.

       
      Je vais me reposer un peu dans l'observatoire à l'occasion d'une pause casse-croûte.
       
      Observation 8554 : IC2066.
      Je grappille cette galaxie VI1 à 109X dans le champ de la précédente. Elle était déjà perçue dès 75X.

       
      Je me rapproche d'Alpha de la Dorade pour regarder un couple de galaxies de cet amas.
      Observation 8555 : NGC1596 et NGC1602.
      NGC1596 est vue assez faible, très effilée, et a pour voisine NGC1602 qui est très faible et diffuse.

       
      Je prends quelques photos à côté avec le bridge Panasonic, avec des temps de pose de 15 secondes à 1600 ISO, et les résultats sont plutôt étonnants avec ce ciel de folie.
      Observation 8556 : NGC1581.
      Cette galaxie est faible, petite et allongée à 109X et 150X, avec une turbulence à 1 ou 2.
      Les images sont de cristal.

       
      Je change de constellation, pour me diriger vers les constellations qui correspondent à notre ciel d'hiver, destination la Colombe.
      Cette constellation se situe au pied sud-ouest du Grand Chien et affleure à peine l'horizon dans nos contrées d'Europe du Nord.
      Mes cibles dans la Colombe sont deux galaxies très intéressantes.
       
      Observation 8557 : NGC1808.
      A 75X, elle est bleutée et en grossissant plus à 109X sa structure spirale est supputée, puis confirmée à 150X.
      Un bras Nord est très faible à VI1 tandis que le bras Sud est flou et VI1 à 2.

       
      Observation 8558 : NGC1792.
      Cette galaxie observée assez brillante à 75X est bleutée.
      A 109X et 150X, elle m'apparaît grumeleuse. Bizarre.
      L'examen de photos sur Internet le lendemain m'apprendra que c'est une galaxie spirale effectivement très grumeleuse avec plein de nodosités, au point de rendre sa structure spirale peu lisible.

       
      Je vais maintenant quitter ces galaxies assez lointaines pour explorer l'une des deux galaxies satellites de notre Voie Lactée qu'on a la chance de pouvoir voir depuis notre site chilien.
      Il s'agit du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan.
       
      Observation 8559 : NGC220/222/231.
      J'observe un enfilement de 3 amas ouverts à 75X, 109X et 150X.
      Le plus à l'ouest NGC220 est considérablement faible à faible.
      Celui du milieu NGC222 est faible.
      Le plus oriental NGC231 est très faible et révèle des étoiles à la limite en vision indirecte 4 à 5 en poussant le grossissement à 150X.
      C'est un groupe intéressant.

       
      Je suis désormais tout seul à cette heure-ci.
      Il est 4h15 du matin.
      La seule présence, si on peut dire, est le ronronnement des instruments en remote qui sont tous au travail.
      Ces instruments sont une nouveauté du site de la Canelilla qui propose l'hébergement de télescope de particuliers ou de clubs.
      Je poursuis mon exploration des amas ouvert du Petit Nuage de Magellan avec le couple suivant.
       
      Observation 8560 : NGC241/242.
      Ce couple NGC241 et 242 est dessiné à 75X et 150X. Ils sont faibles et minuscules, mais n'oublions pas que ces amas ouverts se situent à près de 190000 années-lumière de nous.

       
      Observation 8561 : NGC248/256/265.
      Nous avons là un mélange d'objets : les nébuleuses NGC248 et 256, et l'amas globulaire NGC265.
      Plus précisément, NGC248 est très faible et réagit bien en Oxygène 3 et pas du tout en HBêta.
      NGC256 est considérablement faible et ne réagit à aucun des deux filtres cités.
      NGC265 reste très faible, diffus et en vision indirecte son centre est plus brillant.

       
      Observation 8562 : NGC269.
      Cet amas globulaire observé à 150X est très faible et très diffus dans l'aube qui est de plus en plus présente.

       
      J'arrête là les observations d'objets faibles du ciel profond mais profite encore de l'opportunité d'observer deux belles étoiles doubles.
      Je les repère grâce au Pocket Sky Atlas, vu que j'ai oublié ma liste d'étoiles doubles australes à la maison, bien joué...
       
      Observation 8563 : thêta de l'Éridan dit aussi Acamar.
      Cette double est brillante à 75X et 343X où elle me montre ses deux composantes respectivement très brillante et brillante, séparées de 8,2 secondes d'arc.
      Une bien belle double très brillante, assez large mais incolore, avec une turbulence qui par contre se dégrade à l'aube, de 4 à 5 sur l'échelle de Danjon.

       
      Enfin, le dernier objet de la nuit est une autre étoile double dans le Phénix.
      Observation 8564 : dzeta Phoenicis.
      Cette étoile double du Phenix est inégale et serrée à 75X.
      Je vais les séparer plus franchement à 343X avec une composante brillante et une composante considérablement faible orangeâtre, séparées de 6,4 secondes d'arc.

       
      Il est 5h50, je descends me coucher.
       
      La suite des photos touristiques : le 28 octobre 2018 la réserve de Humboldt partie 2.
       
      Au nord de Punta de Choros, paysages côtiers magnifiques.

       
      Et encore des cactus.

       

       
      Une plage magnifique et vide, il faut dire que l'eau est fraîche ici à cause du courant de Humboldt qui remonte de l'Antarctique.

       
      Autre fresque à Punta de Choros, je reconnais nos amis les guanacos.

       
      Et le renard de Magellan.

       
      Un petit phare au sud de Punta de Choros.

       
      Un panorama pour illustrer ce lieu magnifique.

       

       
      Punta de Choros depuis le phare.


       
      Goéland

       
      Sur une autre plage pleine de coquilles vides, un huîtrier d'Amérique.

       
       
       
      Pélican.

       
      J'ai eu la chance de réunir sur cette photo un pélican, 2 goélands et un courlis corlieu.


       
       
       
    • By SLO
      Bonjour

      Avec un peu de retard je vous propose un petit CROA d'une soirée remontant au 26 février.
      Mardi soir je n’ai pas résisté au scintillement des étoiles, après une mise en station rapide du Mak 127 mm dans mon jardin c’est parti pour une séance d’observation purement visuelle. 
      Pour commencer une cible facile avec la nébuleuse d’Orion M42, toujours aussi magnifique, elle remplit tout le champ de l’oculaire de 35 mm et il me semble percevoir sa teinte verte fluorescente.
      Un peu au Nord dans le Taureau je rend une visite à la nébuleuse du Crabe, jolie tache grisâtre dont la forme est facilement reconnaissable.
      A l’Est s’élève le Lion, je pars à la recherche du couple galactique M65 et M66, les deux galaxies d’égale intensité sont facilement visible dans le même champs.
      Pour les comparer au couple M81 et M82 je vise le sommet de la Grand Ourse. Toutes les deux sont déjà visible au chercheur 8x50mm, à l’oculaire c’est la claque. M82 est facilement reconnaissable avec sa forme de cigare et un petit renfoncement en son centre, M81 est magique, j’ai l’impression de distinguer ses bras en spirales. 
      Toujours dans la Grande Ours je me tourne vers la nébuleuse planétaire M97, une jolie tache ronde et grisâtre, j’en profite aussi pour visiter la galaxie M108 assez diffuse et légèrement allongée. J’enchaîne sur la galaxie M109 plus facile avec un centre bien marqué. 
      Un autre classique me tend le bras, M51, là encore le spectacle est accentué par la grande limpidité du ciel doublé d’une faible turbulence. Les deux noyaux galactiques baignent dans une lueur diffuse et ile me semble distinguer le bras qui les relis, observation confirmer par sa position par rapport aux étoiles voisines.
      Je continue mon voyage vers M63, un jolie disque diffus avec une condensation centrale, puis d’étoiles en étoiles je capture NGC 5005 très fine et légèrement allongée. Je remonte vers M94, une belle galaxie avec une zone lumineuse plus concentrée. Je rebondie sur NGC 4490 puis NGC4449, toutes les deux visuellement assez semblable, fines et diffuses, avant d’atterrir sur M106 coupée en deux par une barre lumineuse. Enfin il se fait tard et termine par M101, finalement pas si évidente car elle apparaît très étalée et diffuse sans condensation marquée. 
      C'est décidé la prochaine fois je me met au dessin pour illustrer mes observations.


       
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