RIGEL33

Entre voiles nuageux et caresses félines

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Une soirée ponctuée par les voiles nuageux et les caresses félines !

 

Du forum, étaient présents : Clément A., Denis, Florent b., FredAstro, Jérémy, Sandrine et moi-même.

Sébastien P. et un ami à lui étaient venus en touristes.

Parmi le public, un homme, une femme et deux enfants.

 

Les nuages nous accueillirent à notre arrivée vers 18h. Je n’avais porté qu’un appareil photo et je comptais faire un time-lapse de la soirée. Denis avait quand même son dobson.

Les astrams arrivèrent petit à petit en même temps que les éclaircies se formaient. Parfois, on gardait espoir car l’observation était possible. On en profita. Au gré des passages nuageux, on discutait autour de la table de réconfort. On voyait dans les champs alentours, une loupiote rouge se balader à droite et à gauche. C’était notre chienne Chara qui chassait. Elle avait au harnais un repère lumineux qui nous permettait de ne pas la perdre de vue.

 

Vers 21h, un chat pointa le bout de sa queue. Il semblait très câlin, se frottant à tous les participants. Chara, revenue voir l’intrus, ne l’effrayait pas et, après un instant d’étonnement, ils firent connaissance et restèrent l’un près de l’autre un petit moment, tentant d’assouvir leur curiosité respective. Ce chat devait être en partie « angora » car il avait le poil long. Sombre de couleur, il affichait des nuances de gris et de marron. Chara, se lassant de sa présence, repartit agrandir les trous et galeries des rongeurs des champs.

Ce chat resta un moment encore. Il semblait bien nourri et ne paraissait pas non plus perdu. Il devait appartenir à l’une des fermes des alentours mais c’était bien la première fois qu’on le voyait au pied du mémorial. Quelques minutes encore, plus il disparut.

 

L’astronomie reprit ses droits. Après quelques minutes d’observation, les nuages revinrent plus nombreux mais pas trop épais. Un homme et une femme arrivèrent accompagnés de deux enfants. Il était déjà 22h30. C’est rare de voir des gens venir si tard, surtout avec des enfants. Pendant quelques minutes, des éclaircies nous permirent de satisfaire partiellement leur besoin d’évasion spatiale.

Pendant qu’on discutait, je sentis une pression sur mes jambes. Pensant que c’était Chara, je n’y prêtai pas l’attention qu’il aurait fallu, sortant machinalement une croquette de ma poche et la tendant vers mon amie canine. Alors que je restais bêtement avec mon bras tendu vers le sol, attendant qu’une gueule prenne la récompense, j’entendis la petite fille dire : « Oh un petit chat ! ». Il était de retour. Il se frotta à tous le monde, prenant plaisir à voir de nouvelles jambes n’ayant pas encore son odeur.

 

Passé ce moment félin, et les nuages étant revenu bâcher le ciel, les curieux nous quittèrent ainsi que le félin. J’allais rechercher mon appareil photo dans le champ nu. Bien sûr l’objectif était embué car je n’avais pas mis de résistance pour l’empêcher. Je revins à la voiture et télécharger les images dans mon ordi. Au final, la buée n’était arrivait que tardivement.

Sur les images, on voit même Mercure que j’avais renoncé à observer, pensant que les nuages étaient trop nombreux sur l’horizon ouest.

 

Le rangement des setups étaient presque terminés. Chara était montée en voiture. La température n’était pas trop fraîche et elle ne semblait pas avoir froid mais elle avait le poil humide. J’enlevais sa loupiote, attachais sa sangle et rabattis sa couverture sur elle.

Avec les derniers astrams prêts au départ, on discuta encore quelques minutes. Une nouvelle pression sur les jambes me fit comprendre que le chat était de retour. Il y mettait du cœur, comme s’il voulait me faire tomber. Chacun de nous y eut droit.

Pendant quelques secondes, en remontant dans les voitures, on s’inquiétait de savoir si on n’allait pas le blesser. Mais je fus rassurée dès que notre voiture démarra car allumant les phares, on le vit prendre le chemin de terre à droite. Il avait compris qu’on partait et retournait soit chez lui, soit vers quelques autres aventures câline dans un autre univers !

 

Voici le time-lapse réalisé ce soir-là :

 

 

 

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Sympathique récit et beau film de cette soirée :)

Bonne soirée,

AG

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Super Compte Rendu d'Observations Animales...

J M

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Joli récit tout constellé de ronrons!

Pas trop dur le nettoyage de poils sur le bas du pantalon après?

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Merci de votre passage :) 

 

Il y a 3 heures, xavierc a dit :

Pas trop dur le nettoyage de poils sur le bas du pantalon après?

Pour ma part, non... j'ai des chats à la maison et je n'ai vu aucune différente :P

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    • Par SLO
      Bonjour

      Avec un peu de retard je vous propose un petit CROA d'une soirée remontant au 26 février.
      Mardi soir je n’ai pas résisté au scintillement des étoiles, après une mise en station rapide du Mak 127 mm dans mon jardin c’est parti pour une séance d’observation purement visuelle. 
      Pour commencer une cible facile avec la nébuleuse d’Orion M42, toujours aussi magnifique, elle remplit tout le champ de l’oculaire de 35 mm et il me semble percevoir sa teinte verte fluorescente.
      Un peu au Nord dans le Taureau je rend une visite à la nébuleuse du Crabe, jolie tache grisâtre dont la forme est facilement reconnaissable.
      A l’Est s’élève le Lion, je pars à la recherche du couple galactique M65 et M66, les deux galaxies d’égale intensité sont facilement visible dans le même champs.
      Pour les comparer au couple M81 et M82 je vise le sommet de la Grand Ourse. Toutes les deux sont déjà visible au chercheur 8x50mm, à l’oculaire c’est la claque. M82 est facilement reconnaissable avec sa forme de cigare et un petit renfoncement en son centre, M81 est magique, j’ai l’impression de distinguer ses bras en spirales. 
      Toujours dans la Grande Ours je me tourne vers la nébuleuse planétaire M97, une jolie tache ronde et grisâtre, j’en profite aussi pour visiter la galaxie M108 assez diffuse et légèrement allongée. J’enchaîne sur la galaxie M109 plus facile avec un centre bien marqué. 
      Un autre classique me tend le bras, M51, là encore le spectacle est accentué par la grande limpidité du ciel doublé d’une faible turbulence. Les deux noyaux galactiques baignent dans une lueur diffuse et ile me semble distinguer le bras qui les relis, observation confirmer par sa position par rapport aux étoiles voisines.
      Je continue mon voyage vers M63, un jolie disque diffus avec une condensation centrale, puis d’étoiles en étoiles je capture NGC 5005 très fine et légèrement allongée. Je remonte vers M94, une belle galaxie avec une zone lumineuse plus concentrée. Je rebondie sur NGC 4490 puis NGC4449, toutes les deux visuellement assez semblable, fines et diffuses, avant d’atterrir sur M106 coupée en deux par une barre lumineuse. Enfin il se fait tard et termine par M101, finalement pas si évidente car elle apparaît très étalée et diffuse sans condensation marquée. 
      C'est décidé la prochaine fois je me met au dessin pour illustrer mes observations.


       
    • Par xavierc
      Nuit du 4 au 5 novembre 2018.
       Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo.
       Strock 254/1200
       
       9 observations : 8530 à 8538.
       
       Suite à la sortie à la fête du village voisin du Romeral cet après-midi, nous sommes tous un peu fatigués et je viens après un cycle de sommeil.
       Cette fête était intéressante à voir, mêlant une cérémonie de messe puis une procession religieuse à des danses et rythmes tribaux des Indiens d'Amérique du Sud.
       En voici quelques photos avec quelques costumes un peu anachroniques des Indiens d'Amérique du Nord!
       L'Enfant Dieu, ou Nino Dios en espagnol, qu'on célèbre ici aujourd'hui.
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       A mon arrivée, Bruno est déjà en action et Pierre encore en train de dormir.
       Je galère un peu à re-régler le chercheur.
       
       Les premiers objets de la nuit sont des galaxies du Phénix, qui se situe à proximité de l'Eridan vers Achernar étoile principale de cette constellation.
       
       Observation 8530 : IC5328.
       Cette galaxie est vue facilement à 75X à côté d'une étoile brillante assez faible à considérablement faible, condensée et petite.
       
       
       Observation 8531 : PGC71907 et PGC130875.
       Ce couple de galaxies se situe près de IC5328. PGC71907 est très faible à VI1.
       La PGC de forme incertaine est VI1 à 150X.
       
       
       Observation 8532 : IC5325.
       A 150X, elle est facile, considérablement faible et ceci aussi à 75X.
       Je perçois une structure à la limite avec un éclat hétérogène à 150X et 218X.
       
       
       Pierre arrive à 1h du matin et cette fois-ci il pourra tenir jusqu'à l'aube.
       
       Je m'attelle à l'observation d'un amas de galaxies du Phénix, Abell 2877.
       
       Observation 8533 : NGC1627.
       Cette galaxie de forme effilée est faible à très faible et elle s'étend en vision indirecte.
       A côté se trouve PGC73637 vue VI3 à 109X.
       
       
       Observation 8534 : groupe de galaxies autour d'IC1633.
       Me voilà au cœur de l'amas de galaxies Abell 2877. A 109X et 150X, il y a du monde mais c'est faible. IC1633 est considérablement faible.
       Dans son proche voisinage, nous avons deux galaxies VI3 et VI1.
       Puis un peu plus au nord nous trouvons PGC73688 vue VI1 et une galaxie vue VI3.
       La partie nord de ce champ nous montre PGC4085 qui est vue très faible puis PGC4104 qui est faible, et enfin PGC73694 vue VI1.
       A l'opposé du champ côté sud, nous avons trois autres galaxies : PGC73666 vue VI3, PGC73684 vue VI4 et enfin PGC73700 vue VI1 à 2.
       
       
       Observation 8535 : PGC 130092/73697/73698.
       A 150X, en vision décalée, elles sont respectivement vues VI3, VI3 à 4 et VI2.
       
       
       Je quitte le monde des galaxies pour celui des amas ouvert d'abord dans la constellation des Voiles.
       
       Observation 8536 : NGC2660.
       Il est petit et partiellement résolu à 75X.
       Même en poussant le grossissement à 218X, il n'est encore que partiellement résolu en étoiles faibles à perceptibles.
       Très dense, il ressemble à un amas globulaire en cours de résolution.
       J'ai dû mettre trop de hargne à le dessiner puisque j'ai cassé en deux mon crayon. Ha la qualité Auchan n'est plus ce qu'elle était!
       
       
       Puis je dévie plus vers le pôle sud, dans la Carène, pour observer un autre amas ouvert.
       
       Observation 8537 : NGC3255.
       Cet amas ouvert est petit et très concentré à 75X. Je le résouds en étoiles faibles à perceptibles à 218X.
       
       
       Je suis assez fatigué, il faut dire qu'il est quasiment 5h du matin.
       Je termine sur un dernier amas ouvert de la Carène.
       
       Observation 8538 : Stock 13 dit en abrégé St13.
       Observé à 150x, cet amas ouvert est assez détaché dans l'aube qui arrive.
       
       
      La suite des photos touristiques : Le 27 octobre 2018 Copiapo, La Silla, vers la réserve de Humboldt.
      On rentre dans la camanchaca, brouillard côtier né de la rencontre entre l'air frais et humide du Pacifique refroidi par le courant de Humboldt, et le sol chaud du Chili.
       
       
      Camion de transport de matériel minier, nous on s'éloigne des mines de l'Atacama vers le sud.
       

       
      La Silla depuis la route d'accès.
       
       
      Le portail de l'observatoire.
       
       
       Les 2 instruments mythiques de l'observatoire sont proches maintenant.
       
       
      Les bâtiments d'accueil des techniciens et astrophysiciens et quelques coupoles d'instruments secondaires.
       
       
      Guanaco et ânes à la Silla.
       

       
      La coupole du 3.6m et son relais optique interférométrique CAT dans la plus petite, à 2400m d'altitude.
       
       
       Passage obligé dans une salle à côté du NTT pour une présentation de l'observatoire et de l'astronomie en espagnol.
       
       
      Panorama à la coupole du 3.6m.
       
       
      Le radiotélescope SEST
       
       
      La rampe d'accès au NTT et les autres coupoles du site depuis la colline du 3.6m.
       
       
       Le télescope de 3.6m, plus exactement 3.566m, inauguré en 1977.
       
       
       
      En panoramique, le pont entre l'ancienne technologie du 3.6 et la nouvelle du NTT (New Technology Telescope).
       
       
      L'abri du NTT.
       
       
      L'un des 2 foyers Nasmyth du NTT
       
       
       Le NTT a un miroir primaire de 3.58m. Formule optique Ritchey-Chrétien pour corriger la coma, avec déport de l'image vers des foyers Nasmyth (le long de l'axe d'altitude).
       
       
       
       
      En route vers l'antenne radio sub-millimétrique SEST.
       
       
      Panoramique entre SEST et le 3.6m.
       
       
      L'antenne radio sub-millimétrique SEST de 15m de diamètre, plus utilisée depuis la mise en service du réseau de 66 antennes radio sub-millimétriques ALMA.
       
       
       
      En route vers la côte Pacifique
       
       
      Un jeune guanaco.
       
       
      Avec sa maman.
       

       
      Au même endroit que les guanacos, un renard.
       
       
       
      Arrivée sur la côte vers la réserve de Humboldt, les nuages bas et la fraîcheur ne nous quitteront plus ici.
       
       
       
      Le village de Punta de Choros où nous logerons.
       
       
      Depuis notre bungalow, les îles au fond constituent la réserve marine de Humboldt.
       
    • Par frédogoto
      bonjour les amis
      je vous propose un tutoriel video explique comment je traite mes images, 
      niveaux, HDR n couleurs, débruitage et rehaussement des contrastes
      (conseil affichez les sous titres)
      NB Issue d'une image d'un co-clubeur AVEX pour qui j'ai traité son image.
      ce document est fait vite fait, il ne respecte pas toujours l’orthodoxie du traitement et n'explique pas toujours pourquoi tel ou tel paramètre est utilisé, de plus je n'ai pas multiplié certain essais sur des déconvolutions ou des traitement spécifiques de façons à éviter d'allonger cette video déjà longue. La plupart de ces opérations sont réalisables dans photoshop (pas toutes). quand je traite "en vrai" je passe bcp plus de temps a ajuster les paramètres
       
    • Par Vesper
      I : Compagnons des bords du monde
       
      Récit d’un voyage au Chili du 23 octobre au 14 novembre 2018, centré sur la nouvelle lune du 7 novembre.

       
      Pour Pierre Vesper, tout a commencé par une nuit très sombre, alors qu’il cherchait une petite galaxie qu’il ne trouva jamais.
      C’est là qu’il les vit, ses compagnons des terres désolées et lumineuses.
      La voie lactée, tresse brillante tourmentée de nébuleuses obscures et de diamants, leur restituait une ombre dans la nuit d’encre.
      “Où vas-tu ?” demandais-je à l’un, mais il poussa un cri strident et s’enfuit épouvanté vers son écran rougeâtre, car il ne m’avait pas reconnu.
       
      Mais n’anticipons pas.
       
      Roissy, 23 octobre 2018 vers 20h30. Après mon TGV depuis Strasbourg et quelques heures d’attente et autres déambulations dans les halls bondés, XavierC arrive tout sourire avec sa fidèle valise et son vénérable flying Strock 254 en sac à dos. Il m’informe derechef qu’il a mangé deux endives et un camembert pour vider son réfrigérateur. Etant parti depuis près de 6 heures je commence à ressentir les tous premiers effets hypnotiques du voyage et reste coi. Chacun ses goûts, me dis-je en m’efforçant de ne pas penser trop fort. Je lui souhaite silencieusement une bonne digestion. Voici un voyage qui commence sous les meilleurs auspices. Lire les présages dans le camembert aux endives n’est pas donné à tout le monde.
       
      Nous abordons les contrôles de sécurité. Une légende urbaine affirme désormais que les miroirs seraient devenus indésirables en cabine au motif que, une fois brisés, leurs éclats pourraient former de dangereuses échardes susceptibles de servir d’armes. Décidément, nous sommes à l’ère de la rumeur. Et d’ailleurs nous passons sans encombre. Les douaniers ne sont même plus étonnés par les astro-pèlerins et leurs flying dobsons. L’ère glorieuse des pionniers, des ouvreurs de voies, est déjà dépassée. Tempus fugit, le temps s’enfuit...
       
      ...Et d’ailleurs nous aussi, dont l’avion décolle non sans avoir embarqué notre troisième co-voyageur, à savoir Bruno, adorateur d’électrons, de pixels, et pratiquant du culte de l’écran rougeâtre.
       
      Quelques instants après nous nous ruons vers la lumière.
      J’ai gagné mon ciel.
       
      Nous planons sur une très longue pente descendante, vers le grand sud-ouest.
      Ni évidemment morts, ni plus tout à fait vivants. Boîte de Schrödinger volante. Brel chantait Aristote : “Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer.” Aristote ne pouvait envisager ceux qui seraient un jour en l’air.
      J'aime cette sensation de ne plus appartenir au monde.
       
      Près de 15h plus tard. Nous sortons de la boîte de Schrödinger et retrouvons les couleurs lumineuses du Chili, loin des brumes pré-hivernales méphitiques du nord.
       
      Santiago, gare routière Alameda. Le Chili a une spécialité de transports en autocar, de plusieurs niveaux de confort, aux prix dérisoires pour un occidental du nord, si on peut dire, et d’une ponctualité à la logique floue. Sur un quai, notre marée de bagages : mon premier a son flying Strock, mon second des caméras et autre lunette à grand champ, mon troisième une paire de Naglers et deux jumelles. Qui suis-je ? Et, d’ailleurs : où vais-je ? Je mobilise mes souvenirs d’espagnol de classe de troisième et m’enquiers un peu partout comme une âme en peine : “¿Dónde está el autobús a Ovalle?”- où est le bus pour Ovalle, charmante mais sans éclat petite ville du Coquimbo ? “Se fue !” - Il est parti !, me répond virilement et en claquant des mains un chilien râblé d’âge moyen. Bigre. Va-t-il falloir racheter des billets ? Retrimballer les pesantes valises ? Moi j’ai mes semelles de vent, mais les autres, et surtout les astro-imageurs ? Les mines s’allongent, nous sommes partis depuis plus de 24 heures, lorsque… mais, mais oui c’est lui, notre autocar, qui s’avance et affiche fièrement sur son front en lettres de lumière “El Salvador - Le Sauveur”, bon sang mais c’est bien sûr, le bien nommé !
       
      Lentement nous remontons la panaméricaine, plein nord. A gauche, le Pacifique déroule de longs rouleaux gris. Nous achetons des pâtisseries locales trop sucrées comme toujours et nous rendormons les yeux ouverts, de ce sommeil hypnotique dont on s’enivre à force d’heures non dormies.
       
      Ville de Ovalle, 24 octobre 2018 au soir. J’ai quitté Strasbourg il y a un peu plus de trente heures. Nous retrouvons Raymond, notre hôte, après 5 années d’absence. Il a toujours le regard des coureurs d’espaces ouverts.
      Nous poursuivons notre périple dans le 4x4 qui a dû faire l’aller-retour Terre-Lune et une partie d’un troisième voyage. C’est une mule fidèle, un animal de bât dont Raymond connaît les moindres hoquets, une mécanique incassable qui, même cassée, rentrera à l’écurie.
      Accélérant sur les pistes sèches, il y a dans le voyage des frémissements temporels, tout s’étire, s’étend et se contracte, il y a des accélérations dans l’accélération, je suis maintenant en hypnose, c’est l’ivresse du voyage et Raymond a le pied sur la pédale d’avance rapide d’un film aux contours flous.
       
      Retrouver ces terres arides est un peu rentrer chez soi après une longue absence. Un mélange de souvenirs d’autres années, pas si lointaines mais déjà éloignées, nostalgie d’anciennes nuits éblouies de coups de millions de soleils et au goût de menthe poivrée, tisane vespérale du lieu.
       
      Nous trouvons pour la première fois la Canelilla, notre lieu de résidence, sous les nuages. C’est inédit, ici au pied des Andes, à 25 km à vol d’oiseau du Gemini Sud. Je n’avais jamais vu ce paysage ennuagé. Nous pouvions compter sur un ciel coronal de façon implacable, sans faille, mécaniquement. Le changement climatique opère globalement, c’est un fait avéré.
       
      Nous retrouvons Nadine, maîtresse des lieux, hôte aux petits soins et à la cuisine savoureuse.
      Le chien Baladin est mort, j’espère qu’il course les chèvres au paradis des animaux heureux. Grisette, autrefois chatte libre du désert, est désormais à la retraite dans la nouvelle maison de nos hôtes. Elle se cache, terrorisée par le successeur de Baladin, une jeune doberman recueillie ici pour le meilleur et qui vibre d’énergie.
       
      La colline - observatoire est peuplée d’installations récentes. En plus du traditionnel observatoire à toit roulant du C14 il y a maintenant un abri qui cache un dobson 530 en location séparée et trois constructions basses qui hébergent des instruments automatisés. Un RC 520, une lunette de 127 mm, un Newton 350 et leurs bazars électronifiés respectifs. Pour un peu on entendrait, venu de quelque micro resté ouvert dans l’hémisphère nord, le son nasillard d’un journal de 20H ou autre émission d’infotainment…
      L’électricité est solaire et il faudra un jour conter comment Raymond a acheminé du wi-fi ici, dans une vallée perdue sur les marches des Andes.
      Cette capacité à bâtir, dans un endroit reculé et sans aide, à quatre heures de 4x4 du plus proche magasin de bricolage, l’ensemble des bungalows, installations et maintenant observatoires en remote, me laisse toujours admiratif et incrédule à la fois. Moi qui ai les deux mains dans la même moufle et les pieds dans le même sabot me demande toujours, comme devant les pyramides, si cela a réellement été possible sans une aide venue d’ailleurs.
       
      Pantois et pantelant après quasiment 40h de voyage, je descends la colline pour rejoindre ma chambre. Hélas très momentanément car si je n’ai qu’une envie, m’allonger, encore faut-il que je m’acquitte d’une tâche ardue : reformater ma lourde valise pour qu’elle passe du statut “3 semaines” au statut “1 semaine”. Demain matin tôt, nous partons en effet pour l’Atacama.
       
      Le matin n’est pas encore levé, si je puis dire, lorsque je reprends ma désormais légère et magnifique valise pour un départ d’une semaine vers le grand nord. Je ne sais plus en réalité où je suis exactement : entre les fuseaux horaires, les lenteurs et les accélérations du voyage, les quelques heures de sommeil grapillées ici n’ont pas permis à mon esprit de retrouver mon corps, en quelque sorte. Tel un automate, j’embarque. Pour quelques heures de piste et une bonne journée de panaméricaine.
      C’est presque une expérience de décorporation et il reste forcément peu de souvenirs de cet épisode, autres que ceux d’être passé au large de La Silla dont nous apercevons les mythiques coupoles, et de m’être observé, comme flottant hors de mon corps au son d’une musique andine jouée je ne sais plus comment par Xavier. Au rythme d’une flûte de pan endiablée, les regards s’éclairent d’étincelles étranges et de sourires entendus. C’est une secte, d’accord, mais laquelle ? Je n’arrive plus à m’en rappeler. C’est à la lisière de ma conscience. Nous avalons la panaméricaine à haute vitesse. Tout est trouble sur les bords. Et au milieu aussi, un peu.
      Un flux d’air baigne mon front. Parfois il se relâche, mais la plupart du temps il est fort et constant. Une main tire sur mon crâne et m’emporte à Copiapo. La porte de l’Atacama.
       
      A l’hôtel, en chambre double avec Xavier et dans l’incapacité de trouver le sommeil, nous regardons des dessins animés en italien. Il faut le faire, me dis-je, venir de France, ici au Chili, au seuil du désert, pour rigoler devant des dessins animés en italien. Xavier se penche à la fenêtre pour essayer de distinguer, dans la nuit orange de Copiapo, l’une ou l’autre étoile. En se dévissant le cou il en trouve une, quelque part au zénith, et aussitôt exhibe avec désinvolture et à ma stupéfaction un gigantesque smartphone qui lui indique derechef, toujours à ma surprise, qu’il s’agirait de Fomalhaut. Moi qui ai toujours connu un Xavier low tech je suis, comme disent les anglo-saxon, flabbergasted.  Je range, reformate et défragmente le contenu de ma valise pour que les choses et les événements reprennent un cours normal.
       
      Vendredi, 26 octobre 2018. Au matin tôt et après une courte nuit (durant cette partie du voyage les nuits seront toujours courtes, faut-il continuer à le mentionner ? C’est ensuite que les nuits prendront l’avantage sur les jours), nous attaquons la piste pour les hauts-plateaux de l’Atacama. L’ascension, lente et régulière, commence en faux-plat. Au début, nous croisons encore quelques camions. D’imposants trucks, à l’américaine. Mais rapidement nous sommes seuls. Le ciel bleu roi touche la terre sans dégradés, sans nuances, sans pudeur.
      Au bout de quelques heures de route le paysage est surréaliste : ici un lac de soufre rejoint le ciel, le jaune vif touchant le bleu intense, profond et uniforme, tandis que là un champ de pénitents, silhouettes de neige sculptées par le vent froid, tend ses échardes comme des doigts glacés.
       
      Plus loin le salar de Maracunga s’étire en plaine de sel jusqu’à l’horizon. Le blanc pur touche le ciel coronal, c’est une vision de début des mondes.
       
      Nous passons en Argentine puis revenons au Chili car ici les frontières se chevauchent, forment des boucles, et dépassons les 4000 m pour continuer à monter. Les sommets des “Tres cruces”, trois volcans andins, occupent l’horizon. Massifs, ils semblent cependant peu hauts et assez proches. Mais nous sommes bernés par l’altitude : ces volcans culminent à 6749 m et, s’ils dépassent assez peu de l’horizon c’est que nous sommes déjà vers 4700 m. La distance est trompeuse également, ici tout semble proche car l’air est d’une transparence de cristal. Aucune poussière, très peu d’humidité : la sensation est d’avoir de nouvelles lunettes. Les myopes comprendront.
      Ici les nuits doivent être de diamant. Mais il semble que le manque d’oxygène finisse par dégrader sévèrement la vision de nuit. Et puis il fait déjà très froid de jour, ça doit être intenable pour des observations prolongées.
      D’ailleurs l’air est tellement léger que les efforts semblent un peu plus difficiles même si, à ma grande autosatisfaction, je constate que je réagis bien. Il suffit de s’économiser un peu, me dis-je avec une pointe d’orgueil. Ces histoires de malaises en altitude, c’est forcément pour les inconscients, les imprudents, les inconséquents. Tous défauts que je n’ai manifestement pas. Je me sens bien, très bien même : léger, pour tout dire. Intérieurement, je me ris de la difficulté.
       
      Un peu plus loin et un peu plus bas, à 4300 m, nous abordons la Laguna Verde. Ici, l’eau turquoise éclabousse les flancs des volcans. Ceux-ci dépassent de l’horizon avec leurs plumetis enneigés au sommet. Bleu sombre du ciel, turquoise de l’eau, brun et blanc des volcans : telle est l’ambiance, telles sont les couleurs du lieu.
      Il y a une sorte de refuge décati au bord du lac, une cabane montagnardo-routarde où Raymond nous fait chauffer une infusion de feuilles de coca. Parfaitement légale ici, cette infusion légère anesthésie un peu la gorge mais produit l’effet d’un double expresso.
      Ragaillardis, nous nous attardons en contemplations. C’est au moment où, en fin de journée, nous remontons en voiture pour aborder la redescente qu’un mal de tronche terrible me tombe dessus. Brutalement et sans crier gare. Mon orgueil de montagnard tout frais s’écroule d’un coup. Puis je suis assailli alternativement de moucherons noirs et de lucioles brillantes. Sans oublier de puissantes nausées. Je suis victime de la terrible Puña, le mal d’altitude qui sévit en ces hauteurs. Il faut redescendre, et vite. Mais vite, tout le mot est là. Ai-je dit qu’il s’agissait, à l’aller, d’un faux-plat s’étirant sur des centaines de kilomètres ? Eh bien au retour c’est pareil. Dans l’autre sens.
      Ainsi le malaise dura-t-il longtemps, s’étirant au fil des kilomètres de piste de redescente. Je me suis senti tel un Icare qui aurait la migraine dans sa chute.
       
      Samedi, 27 octobre 2018. Rétabli sans séquelles (quoi que, diront les esprits forts…) de cette terrible Puña, je prends place dans le 4x4 pour redescendre de Copiapo vers la mythique Silla.
       
      Nous filons bon train et nez au vent sur la panaméricaine, dans le sens de la descente si l’on peut dire, lorsque j’aperçois un énergumène planté au beau milieu de l’autoroute. Solidement campé sur ses deux jambes, à cheval sur la bande discontinue, il semble agiter une lampe. Ses fringues bizarres renvoient la lumière, par endroits.
      “Piéton sur la piste ! “ dis-je de façon humoristique à Raymond juste avant qu’il n’entame de lui-même un freinage d’urgence.
      Nous arrivons à hauteur de l’inconscient, à qui j’envisageais vaguement de rappeler les règles élémentaires du code de la route (...en français !) lorsque la réalité et la fatalité nous rattrapent d’un seul coup : le costume bizarre était un uniforme, les réflexions sont dues aux décorations, ou plutôt devrais-je dire à la déco’ style latino brillant au soleil, et la lampe… est un radar. Le flic s’avance, très macho, viril, sud-américain quoi. Il n’a pas l’air content d’être encore en vie, bizarrement.
      Il s’accoude à la portière et sans un mot nous montre l’arrière de sa lampe, qui arbore un nombre : 148. En kilomètres par heure, s’entend. Au lieu de 120, il faut le dire. Oui bon, ce n’est pas non plus la vitesse de la lumière, hein. Mais le gars semble sincèrement en colère. Je saisis qu’il dit des choses définitives et désagréables, du genre “inutile de s’excuser”, “ce coup-ci vous n’y couperez pas”, “amende grillée” et autres paroles blessantes. Plus sérieusement, il a vraiment l’air sérieux, lui, et j’ai la conviction sur l’instant que Raymond va devoir manger son permis de conduire. Mais comme souvent au Chili, les choses prennent une tournure étrange.
      Dialogue reconstitué (et librement adapté de l’espagnol) :
       
      - “Je m’excu…”
      - “Silence. Inutile de vous excuser. Ni de promettre : je ne vous croirai pas”
      - “Mais…”
      - “Et vous allez où ? Vous vous croyez tout permis ? Et qui sont vos passagers ?”
      - “Nous allons à la Silla. Et ce sont des astronomes français, enfin amateurs…”
      - “Mmmhhh. Ahh. Moi aussi, je suis passionné d’OVNIS… Mmmhhh…”
      - ???
      - “Et dites-moi : vous en avez déjà vu ?”
      - “Euh, bah, bon ben c’est que, vous savez, en fait l’astrono…”
      - “Je le savais, je le savais ! C’est passionnant…”
      - “Moui bon (prudent)”
      - “Ici on en voit assez régulièrement…”
      - “C’est-à-dire qu’en fait je suis propriétaire d’un gîte - observatoire…”
      - “Un observatoire ! J’en étais sûr, j’en étais sûr ! Et bien sûr…”
      - “Bien sûr… (?)”
      - “Ah je le savais, c’est fabuleux, et toutes ces planètes extra-terrestres, enfin extra-solaires, enfin c’est extra et ça confirme tout le reste !”
      - “(?) Oui, euh, c’est... vrai… (sentant venir le bon coup)”
      - “Ah c’est fabuleux, c’est extraordinaire !!”
      - “Oui, euh, magnifique, hemm…”
      - “Bon ben vous savez quoi ?”
      - “Euh, non… (espoir)”.
      - “C’est bon pour cette fois. Mais soyez prudent à l’avenir !”
      - “Oh merci, oui, oui, oui ! Et passez nous voir, à la Canelilla, avec la famille, une soirée on vous montrera tout ça…”
      - “Je le savais ! J’en étais sûr ! C’est magnifique ! Merci !”
      - “Merci à vous ! Qué le vaya bien !”
       
      Raymond passe la première et repart sur les chapeaux de roue. Je suis bouche bée. Pour un peu je lui aurais fait le salut de vulcain (“Star Trek”. On a les références qu’on peut). Décidément ces reptiliens sont bizarres.
      Quelques instants plus tard nous filons aux alentours de 150. Ce gars-là était marrant mais il ne faut pas exagérer : il nous a mis en retard.
       
      Le site historique de l’ESO se présente comme une crête de dragon pustuleux, à seulement 2400 m (car nous sommes maintenant aguerris, n’est-ce pas). Les coupoles sont ici nombreuses et témoignent de l’activité de recherche et développement qui anime le lieu depuis les années soixante. Nous visitons d’abord le 3,60 m Cassegrain. Le vénérable est désormais accouplé au bien connu spectrographe HARPS, pionnier dans la détection d’exoplanètes. Notre flic serait heureux. Sous la coupole néanmoins, l’ambiance fleure bon les années 70. On se croirait un peu dans un film rétrofuturiste, ou steampunk.
       
      Non loin, voici le résolument plus moderne NTT. Précurseur des technologies déployées au VLT, l’ambiance est ici plus contemporaine. Il y a deux foyers Nasmyth. Xavier reconnaît ça et là des pompes à vide. Sur un mur, un tableau blanc affiche une procédure manuscrite au feutre, en plusieurs langues. Il y a un schéma de câblage du type : “le fil vert sur le bouton rouge, le fil rouge sur le bouton vert” (“La 7e compagnie”. Les références qu’on peut, etc). Sage précaution ici : mieux vaut en effet ne pas se planter.
      Le miroir de 3,58 m est à portée de main, nous nous en étonnons et frémissons en voyant des visiteurs tendre leurs téléphones juste au-dessus de sa surface pour le photographier. Avec bien plus de précautions et de respect, nous effleurons des doigts la tranche de l’oeil du cyclope.
       
      Nous finissons avec le radiotélescope Suédois submillimétrique. L’oreille de géant termine la crête du dragon. Une structure puissante dresse fièrement le disque d’acier de 15 m. C’est une oeuvre d’ingénieur, campé sur des certitudes inébranlables et une foi constante en la culture du progrès technologique. Mais il est néanmoins réformé et tend désormais vers l’horizon son oreille unique et inutile, tel un antique pavillon de gramophone. Sic transit…
       
      C’est vers l’océan Pacifique que nous redescendons plus tard. Sur la route, nous croisons des renards peu farouches et une famille de Guanacos, petits lamas du coin.
      Ici on passe rapidement d’un milieu ultra-sec à un milieu ultra-humide : un brouillard côtier nous accueille, la Camanchaca.
      Nous prenons nos quartiers dans un bungalow de bord de mer. Avant de m’écrouler sur une couchette je fais et défais ma valise, sorte de reformatage et de défragmentation rituels. Les choses retrouvent ordre, calme et sérénité sous l’oeil de Xavier qui se paye ma fiole. Au programme demain, visite de la réserve de Humboldt et autres promenades en mer.
       
      Il fait froid la nuit au bord de l’océan. Un courant frais s’est infiltré jusque sur mes épaules par la fenêtre disjointe. J’ai dormi au vent du Pacifique.
      Nous partons tôt voir les pingouins, lions de mer et autres mouettes. Les bêtes ne sont pas farouches et nous pouvons leur dire bonjour de très près. Même avec mon 50 mm qui tire forcément bien trop court, je réussis quelques jolis portraits. C’est dire. Xavier, avec son super zoom, traque la moindre moustache de Morse (ou apparenté). Bruno se bat pour sortir d’un mode de pose lente que lui impose son compact depuis le début du voyage. Il y a quelque chose d’héroïque dans ces efforts un peu vains, comme une lutte désespérée entre l’homme et la machine.
      Des pics dentelés sont visibles sous l’eau. Un rocher affleure comme une bouche ouverte et semble pousser un cri vers le ciel. Un peu plus loin, les plages sont immenses.
       
      Quant à moi j’ai oublié ma crème solaire et, malgré la journée grise, j’attrape un fort coup de soleil. C’était pourtant évident et pas très malin : maintenant j’ai la tronche qui pèle.
      Heureusement j’aurai bientôt quinze nuits pour me soigner.
      Car demain, après la visite des villes portuaires de La Serena et Coquimbo, nous rentrerons à la Canelilla.
      Demain s’ouvre le théâtre des contemplations.
      Demain, flambée d’étoiles.
       
      [à suivre]


       
    • Par xavierc
       Nuit du jeudi 1er novembre au vendredi 2 novembre 2018.
       Strock 254/1200
       Terrain d'observation la Canelilla à l'Hacienda des étoiles au Chili, région du Coquimbo.
       
       13 observations : 8486 à 8498.
       
       Je commence par faire quelques photos notamment de la conjonction Jupiter-Mercure dans le Scorpion grâce à mon appareil bridge à 1600 ISO et F/D 2.8.
       Les résultats sont franchement impressionnants.

       Le Scorpion, pinces et Antarès en bas, plonge sur la droite de l'image vers l'horizon, derrière la silhouette du télescope de 406mm.
       A gauche, on voit les 2 étoiles principales alpha et bêta du Centaure.
       
       
       Un poil plus tard et plus haut, le centre galactique est au milieu de l'image, le Scorpion à gauche, le Sagittaire à droite, enrichi par Saturne.
       
       
       Le premier dessin de la nuit est sur la planète Mars dans le Capricorne, qui ici est quasiment au zénith, ce qui nous change de l'opposition du mois de juillet à ras de terre depuis la France métropolitaine.
       
       Observation 8486 : Mars.
       A 480X, j'observe Mars de l'œil gauche sans filtre afin de ne pas perdre ma vision nocturne, puis avec l'œil droit avec le filtre rouge 23A qui améliore encore le contraste.
       Les images stables sont plaisantes, ça me change de l'opposition vue depuis la France.
       Je note beaucoup de détails malgré le diamètre apparent qui diminue (12").
       Sauf erreur j'observe les mers Cimmerium et Sirenum.
       Je vois aussi la tache plus claire de Hellas ainsi que la calotte polaire Sud.
       
       
       Toute la nuit en fil rouge je prendrai des photos des constellations en regardant avec l'oeil gauche dans le viseur de l'appareil photo, écran repliable fermé, afin de ne pas éblouir mon œil droit observateur et donc de garder mon adaptation nocturne.
       
       Le Grand Nuage de Magellan flou est à gauche du centre, l'étoile brillante en bas à gauche est Canopus de la Carène.
       La région du pôle céleste sud est vers le centre de l'image.
       
       
       Le Grand Nuage de Magellan est en bas, le Petit plus discret un peu sous le centre de l'image.
       L'étoile brillante à gauche du Petit Nuage de Magellan est Achernar de l'Eridan.
       
       
       Encore une fois, je constate l'invasion des fourmis dans la partie bouffe du sac à dos alors que hier j'ai sorti les barres de chocolat et que j'ai secoué le sac. Une m'a carrément mordu et jeté de l'acide sur la main ce qui me fait mal pendant quelques minutes.
       
       Après avoir constaté que le Celestron 14 est hors de fonctionnement, Pierre et Raymond viennent observer Mars au télescope 406 avec Bruno.
       C'est toute une histoire l'état actuel du C14 : il en est là à cause d'un astro-employé indélicat qui devait assurer la maintenance du matériel.
       Il a fait la bêtise de démonter la lame de fermeture du C14 pour la nettoyer sans vérifier s'il y avait une marque d'apairement.
       De plus il a mal parqué le télescope avant de fermer l'observatoire, le toit métallique a tapé la monture, endommageant des moteurs et la plaque de fixation au pilier. A cause de cet imbécile, cet instrument à l'optique exceptionnelle et au suivi impeccable est maintenant l'ombre de lui-même. Je sens que Raymond et Pierre vont passer quelques après-midis à essayer de le remettre sur pied.
       
       Je commence les observations ciel profond sur le Scorpion qui descend assez vite, avec un nuage obscur.
       
       Observation 8487 : SL28.
       Ce nuage obscur est observé à 75X et se révèle assez sombre avec des limites très floues.
       
       
       J'observe ensuite un amas globulaire du Sagittaire.
       
       Observation 8488 : M69.
       Cet amas globulaire est assez brillant et bleuté à 75X et déjà résolu.
       Je l'ai aussi repéré au chercheur 9x50 comme une étoile floue faible à côté d'une autre étoile de même brillance.
       A 218X, il est bien éclaté avec beaucoup d'étoiles faibles à très faibles plus un fond stellaire VI3 à 5. Il devient assez sombre à 218X et il commence à être bas. C'est vrai qu'il est dans une constellation d'été.
       
       
       Je continue d'explorer la zone de galaxies vers iota du Sagittaire.
       
       Observation 8489 : NGC6878A.
       Cette galaxie n'est pas vue à 150X mais je la repère très faible à VI1 à 109X.
       Je pense que c'est parce qu'elle était très diffuse et peu contrastée que je l'ai râtée à 150X.

       
       Observation 8490 : PGC64319.
       Cette galaxie est soupçonnée à 109X et confirmée à 150X très faible à VI2 et diffuse.
       
       
       Observation 8491 : PGC64257.
       Je l'observe à 150X, très faible, condensée et petite.
       
       
       Observation 8492 : PGC64188.
       Cette galaxie elle aussi n'est pas vue à 150X mais je la repère à 109X, diffuse et VI2.
       
       
       J'arrive dans les choses sérieuses avec les objets du Petit Nuage de Magellan.
       
       Observation 8493 : NGC456 et 465.
       Je suis dans un coin déjà assez riche du Petit Nuage de Magellan dans le Toucan avec NGC456 qui réagit bien en Oxygène 3 et faiblement en HBêta.
       Juste à côté, je repère aussi NGC465 qui est très faible en HBêta, et il réagit bien en filtrage Oxygène 3.
       Soit ces objets sont très morcelés, soit j'ai noté plusieurs autres objets à proximité.
       J'utilise comme grossissement 75X, 109X et 150X.
       Ce champ est un bel ensemble.
       
       
       Observation 8494 : NGC419.
       Cet amas globulaire du Petit Nuage de Magellan est observé à 150X et 75X.
       Bien qu'incolore, il est assez brillant, diffus et granuleux à 343X dans sa zone centrale, waouh!
       
       
       Vers 3h heure locale, Pierre est frigorifié, et découragé de ne pas avoir trouvé le casque de Thor, et du coup il est parti dormir.
       
       Observation 8495 : NGC330.
       Cette fois-ci c'est un bel amas ouvert.
       Il est petit à 75X. Par contre à 218X et 343X, où il est assez faible, il me montre en vision indirecte beaucoup d'étoiles très serrées, ça grouille d'étoiles.
       
       
       Observation 8496 : NGC416.
       Il est considérablement faible à faible. Je l'observe minuscule à 75X et le grossis davantage à 218X où il est diffus.
       
       
       Comme la nuit dernière, des nuages venus du Sud-Ouest débordent. C'est quoi ce temps très inhabituel au Chili?
       
       J'observe une galaxie du Phénix.
       
       Observation 8497 : NGC625.
       Cette galaxie est observée à 109X et 150X.
       A ce second grossissement, elle me montre des nodosités VI3 à 5.
       Elle est considérablement faible, diffuse et allongée.
       
       
       A 4h30, la Lune s'est levée mais reste noyée dans les nuages à l'est.
       J'ai un coup de barre une fois de plus.
       
       Je pointe une galaxie de l'Éridan.
       
       Observation 8498 : IC1953.
       Cette dernière galaxie de la nuit est vue dès 75x très diffuse, faible, et un compagnon très faible facile l'accompagne, c'est PGC13172.
       La brillante étoile tau 5 de l'Eridan gêne par son fort éclat. Je la sors du champ pour mieux observer les deux galaxies et je n'arrive pas à voir la troisième qui jouxte IC1953 sur ma carte.
       
       
       A 5h, je tombe de fatigue.
       Des nuages se répartissent entre le sud-est et le nord-est et ils débordent presque jusqu'au zénith. La Lune est noyée dedans.
       
       Je me repose un peu sur le lit de l'observatoire avant d'avoir la force de remballer à 5h30 alors que l'aube arrive.
       
       La suite des photos touristiques : le voyage aller et l'arrivée à l'observatoire.
       
      Dans le car reliant Santiago à Ovalle.
       
       
      En route depuis Ovalle vers l'hacienda des étoiles, on aperçoit l'observatoire américain du Cerro Tololo, que j'avais visité en 2008.
       
       
       Vallée de Pichasca à 30kms de notre gîte
       
       
      On atteint au Soleil couchant le village du Romeral, le plus proche à quelques kilomètres de notre destination.
       
       
       
      Le Romeral, où on viendra assister à une fête un dimanche.
       
       
      L'hacienda des étoiles
       
       
       
       
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