RIGEL33

Une soirée nuageuse constellée de satellites.

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Une soirée nuageuse constellée de satellites.

 

Le ciel n’était pas pour les astrophotographes en cette soirée du 25 mai… mais elle était assez bien pour les observateurs.

 

Étaient présents : Arnaud, Denis, Gérard, Jean-Pierre, Julien, Patricia, Sandrine, Valentin et moi-même.

En visiteurs, la moisson fut belle avec deux couples, une maman et sa petite fille, et un curieux désireux d’investir dans un instrument.

 

Les nuages étaient donc présents en début de soirée mais laissaient entrevoir de très belles éclaircies. Seuls trois dobson furent déployés : un 400, un 300 et un tout jeune 200. Ce dernier venait pour sa première lumière.

Ce dernier, né au CotonTige Observatory, ne pesait qu’une dizaine de kilos et allait servir à Gérard comme instrument d’appoint dans les voyages lointains où il est préférable de voyager léger. Ce dobson était là pour sa première lumière. Il lui manquait quelques accessoires et quelques réglages mais, après avoir visé sa première étoile et son premier objet du ciel profond, en l’occurrence l’amas d’étoiles d’Hercule (M13), il semblait plus que prometteur, révélant un très joli piqué.

 

Au fur et à mesure que le jour s’effaçait laissant place à la nuit, le vent s’essoufflait. Malheureusement, les éclaircies se rétrécirent d’autant. Avec de la patience, ce qui ne manquait pas à nos visiteurs, on put quand même visiter le ciel de printemps, constellé de galaxies et d’amas d’étoiles.

 

A 22h45, l’alarme du téléphone indiqua le passage de la station spatiale chinoise, Tiangong-2. Malgré tous les yeux braqués sur la région du ciel où elle devait passer, rien ne bougeait. Plusieurs secondes s’écoulèrent et je pestais de ne rien apercevoir. Les nuages n’étaient pas si épais, ni si nombreux. Et d’un coup, quelqu’un dit assez fort en montrant du doigt une portion du ciel assez haute vers le sud-ouest : « Là, la station ! » Oui, elle était là et bien là, presque à son point culminant. Il devait y avoir un décalage de quelques minutes dans les heures de passages… Et cette vision accrocha un sourire à mes lèvres… car je n’y croyais plus !

Du coup, il fallut expliquer à la petite fille de 7 ans ce qu’était une station spatiale et, par ricochet, ce qu’était la force de gravité. On précisa à sa maman que la Station spatiale internationale allait passer d’ici à une demi-heure si elles avaient le courage d’attendre. Ce fut le cas car on reprit les observations du ciel profond : le triplet du Lion, M81-92, M13, le Sombrero, l’Anneau de la Lyre…

 

23h25 arriva vite et le téléphone sonna à nouveau. L’ISS était attendue. Là aussi les nuages jouaient avec nos nerfs mais on perçut assez vite le point lumineux qui ne devait pas monter plus haut que 25°. Elle clignotait en passant dans les nuages… puis ce fut le passage dans le plus gros nuage et on la perdit de vue pendant un bon moment… A tel point qu’on crut que c’était fini. Et là aussi, un observateur plus têtu que les autres, dit : « on la voit encore ». En regardant vers l’est, on put voir la brillante station s’éloigner à vitesse grand V.

C’est à ce moment-là que la moitié des curieux repartirent. En plus la bâche nuageuse s’était intensifiée. Mais l’observation vedette de la soirée allait bientôt avoir lieu… celle des satellites Starlink qui devait passer en procession vers 0h10. Mais il faudrait un miracle météo pour qu’on puisse en profiter.

 

On commença à ranger le dobson 300 de Denis. Le seul point positif avec ces nuages, c’était l’absence d’humidité. Tout était sec, y compris la chienne Chara qui parcourait les champs inlassablement depuis que nous étions arrivés sur site.

Après le rangement, on se rapprocha de Jean-Pierre et de son instrument afin de profiter encore un peu de la vision de Jupiter qui clignotait au sud-est au gré des voiles nuageux. L’épaisseur des nuages n’était pas si catastrophique et je reprenais espoir pour l’observation des satellites.

 

A 0h09, le téléphone sonna… et là toutes les têtes restantes se penchèrent vers le ciel afin de tenter d’apercevoir ce défilé de satellites annoncé. Ces satellites, appelés Starlink, étaient les premiers d’une longue série. Ils avaient été envoyés quelques jours plus tôt dans l’espace par SpaceX afin que le continent africain puisse avoir une bonne couverture internet. On savait que les objets seraient de faible luminosité… à peine 4 à 4,5 de magnitude.

Les secondes défilées et on ne voyait rien… des éclaircies étaient plus importantes au zénith… on y croyait et… Ouiiiiiiiiiiiii on les voyait ! Il était là !! C’était fin et d’une lumière diffuse… sûrement des voiles nuageux en altitude. Patricia put les voir aux jumelles. Mais on les perdit assez vite au gré d’un nuage plus épais… on cherchait à nouveau en direction de l’est. Encore plusieurs secondes à attendre… c’était long… mais la patience fut récompensée. On revit la procession de satellites Starlink se dirigeant vers la constellation du Cygne, passant juste à côté du sommet du monument. Ça ressemblait à un train fantôme… c’était presque magique. J’étais vraiment émerveillée de pouvoir faire cette observation si inédite pour moi… On put en profiter encore quelques secondes avant sa disparition définitive.

On en discuta entre nous comme pour prolonger cette vision originale qu’on venait de vivre. La magie du moment flottait encore un peu sur le site. Je me promis alors de tout faire pour revoir ce train dans les jours suivants quand on sera aux Nuits astronomiques de Touraine. Les satellites seront sûrement un peu moins serrés mais l’observation serait sans conteste toujours aussi féerique.

 

Nous quittâmes le site d’observation peu de temps après… il était déjà 1h du matin. Les astropotes restèrent encore un peu. Les nuages s’écartaient un peu et promettaient encore quelques observations sympas.

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Merci pour ce CROA très intéressant. Félicitations :)

 

XaVs

Edited by XavS
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Une belle soirée :)

Par contre, je suis moins fan de tous ces trucs qui se baladent dans le ciel ;)

Bonne soirée,

AG

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Hello 😊

 

Une bien belle soirée, un superbe croa, merci d'avoir partagé avec nous ces moments nocturnes ! 

 

fred😊

Edited by fredo38
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J'ai vu passer les starlink ou une partie à 2 reprises la nuit dernière... maintenant ils s'étalent sur plus de 10min, et comme ils sont suffisament hauts pour être éclairés toute la nuit (et que actuellement le haut de leur orbite est au-dessus de nous la nuit), on va bientot pouvoir en avoir au moins un au-dessus de nos tête à n'importe quel moment de la nuit, déjà!

Mais de toute manière en juin, tous les satellites à plus de 400km d'altitude sont éclairés toute la nuit de nos latitudes métropolitaines, donc en fait y'en a partout en plus des starlink...! :|

 

Nicolas

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Aux NAT, on a pu les voir... ils s'étalaient sur 50 mn environ...

Franchement, ils ne sont pas si brillants que ça. En tout cas, pas plus que les autres satellites qu'on peut voir.
Par contre, c'est assez marrant de les voir se suivre en défilé... certains encore bien rapprochés les uns des autres.

 

Je ne sais pas si c'est vrai, mais il a été dit que pour les prochains (12.000 en tout) seront recouverts d'une peinture noire non réfléchissante.

Ce qui ne devrait pas nous gêner outre mesure ;) 

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La question est : 12000 satellites, donc en gros 6000 dans le demi ciel contre 1000 à 2000 étoiles plus ou moins visibles à l'oeil nu selon la noirceur du fond.

Je les ai bien vu les quelques uns mobiles en file indienne! Donc avec 6000, pour beaucoup éclairés et bien visibles, à quoi va ressembler le ciel ? 1000 points fixes plus ou  moins brillants, 1000 points fixes pas toujours facile à déceler et 5 à 6000 points bien visibles et mobiles!?!?

On va passer d'une forêt d'arbres millénaires à des barres de HLM... mais avec quelques vestiges d'arbres au pieds.

 

Pierre

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Salut voisine ! (ou presque)

 

Je "réactive" ce sujet pour faire part d'une observation faite vendredi dernier : alerté sur les passages des Starlink depuis le début de la semaine (27/05), j'ai essayé d'en voir passer lors de la soirée d'observation avec mon club le 31/05 (mémorable : jusqu'à plus de 3h du mat' !) mais même aux jumelles je n'ai rien vu sans doute en raison d'un ciel encore trop clair lors du 1er passage prévu vers 22h15 puis d'une magnitude trop faible (>5) au 2ème prévu vers 23h10.

 

Par contre, un peu avant 2h30, mon œil a été attiré par un "flash" assez proche de la Polaire. Comme je n'avais pris que la liste des passages de satellites brillants en soirée (avant minuit) fournie par Heavens-Above, j'ai vérifié a posteriori quel débris de fusée avait pu provoquer ça et c'était un autre passage des StarLink qui correspond très bien à l'horaire et à la carte :

 

Starlink0106.jpg

 

Et la luminosité était bien plus forte que la mag 4.4 prévue (à 2h28, très près de mon observation), je pense plutôt dans les 2, comme la Polaire voisine.

 

Si en plus du "fourmillement" de centaines de satellites prévisible en début/fin de nuit, ils nous font en plus des "flash" en plein milieu de nuit, c'est la cata complète !!! :(

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Coucou voisin :) 

Jusque là, je ne les ai pas vu flashé...

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    • By xavierc
       Dans le virage du fond du parking.
       Nuit du 5 au 6 août 2019
       Dobson 508/1920
       
       10 dessins : 8931 à 8940.
       
       Il y a encore du public ici, l'engouement ne faiblissant pas, pourtant après 3 nuits des étoiles d'affilée, quand je suis opérationnel à 23h15.
       Je montre Saturne et M8 à 2 jeunettes puis vaque à mes cibles plus ténues.
       
       La première est le Sextet de Seyfert dans le Serpent, qui m'avait laissé sur ma faim.
       
       Observation 8931 : NGC6027/A/B/C/D/E ou Sextet de Seyfert.
       A 85x, l'ensemble est une tache faible. Le groupe est éclaté à 276x en membres faibles à VI3. Ce grossissement permet de voir les extensions diffuses. 402x les détaille dont la petite hors des lignes râtée la fois précédente. Mais je n'arrive pas à voir les 6.
       
       
       Il fait chaud comme hier, je n'ai pas mis de pull sous le manteau qui est lui indispensable pour garder à portée de main mes oculaires.
       
       Le croissant lunaire témoin de l'avancée inexorable du séjour se couchera vite avant le premier dessin.
       
       Je règle quelques soucis de la lampe de la planche à dessins au début.
       
       Je reste dans le domaine des galaxies, un poil plus haut et plus à l'est dans Hercule.
       
       Observation 8932 : NGC6098/99.
       201x, 85x. Elles sont vues séparées facilement à 85x. NGC6098 est considérablement faible et NGC6099 considérablement faible à faible.
       
       
       Le vent qui contourne la montagne génère un fond sonore fourni dans les basses. La turbulence reste moyenne pourtant.
       
       Observation 8933 : NGC6484.
       Cette galaxie est visible assez faible à 85x, petite. A 201x, elle semble condensée et reste minuscule.
       
       
       Observation 8934 : NGC6482.
       Condensée comme la précédente à 201x, elle est minuscule et assez brillante à 85x.
       
       
       Bruno galère avec une calibration, il ira quérir les conseils d'autres astrophotographes du terrain pour s'en sortir. Où il faut être ingénieur pour faire de l'astrophoto!
       
       Observation 8935 : NGC6500/1.
       201x, 85x. Ce duo est constitué de 2 galaxies respectivement faible NGC6500 et assez faible NGC6501.
       
       
       Après un petit coup de barre à 1h50 dont m'extraient un peu des éclairs d'orages lointains vers l'Ouest, je poursuis avec les herculéennes galaxies (à moins que ce soit dans l'autre sens, je ne sais plus avec la fatigue?).
       
       Observation 8936 : NGC6490 et NGC6495.
       201x. Les galaxies aiment former des duos dans ce coin de ciel! Ici 2 galaxies de même brillance, faibles.
       
       
       L'objet suivant, atypique, est une idée de Michel Nicole, l'astronome québécois dont les fiches d'observation m'inspirent de nombreux sujets d'observation, adaptés à mon télescope vu qu'il utilisait un Dobson de 56cm.
       C'est une nébuleuse bipolaire du Lézard.
       
       Observation 8937 : LKHalpha233.
       276x. Objet de Herbig-Haro et très faible, elle s'étend surtout à l'ouest de l'étoile faible. Elle ne réagit à aucun filtre. C'est dingue de pouvoir observer ce stade de proto-étoile avec nos moyens d'amateurs!
       
       
       Je pointe ensuite quelques galaxies de Pégase.
       
       Observation 8938 : NGC1 et 2.
       201x. Les 2 premiers objets du catalogue NGC sont assez faible et faible dans l'ordre numérique.
       
       
       Des nuages arrivent à 3h20.
       Je vérifie quand même sur les animations météo satellite que l'orage qui s'approche par l'ouest en grondant va passer bien au nord de nous, ce qui est le cas.
       Par contre sa proximité gênera sur les 2 derniers dessins en me flashant la vision nocturne, le ciel devenant brièvement blanc à l'oculaire lors des éclairs les plus brillants.
       La menace ne faisant que nous raser, je dessine donc un groupe de galaxies sous ces contraintes dans Pégase.
       
       Observation 8939 : NGC7765 à 7768.
       278x, 201x. C'est un quintet mais pas de Stephan, composé de NGC7765 et NGC7766 très faibles, NGC7767 considérablement faible, NGC7768 assez faible, complétés de CGCG477.020 très faible. Groupe intéressant.
       
       
       Un bolide aussi brillant que les éclairs s'est invité dans le coin de mon champ de vision et a laissé une trainée persistante une dizaine de secondes vers 4h50.
       
       Observation 8940 : NGC7769 à 7771.
       201x. Je continue de monter dans la numérotation NGC avec NGC7769 assez faible au bord sud plus net, NGC7770 faible et NGC7771 assez faible.
       
       
       Je finis fatigué à l'aube à 5h sous les grondements de l'orage voisin.
    • By xavierc
       Dans le virage du fond du parking.
       Nuit du 4 au 5 août 2019
       Dobson 508/1920
       
       10 dessins : 8921 à 8930.
       
       Plein de public venu pour la nuit des étoiles se tient au sud dont des gamins turbulents que les parents inconscients laissent courir autour des télescopes.
       Cela engendre pas mal de lampes blanches gênantes, des astronomes qui râlent du coup au sud du virage, et un sacré brouhaha, le calme de la nuit ne reviendra que dans une heure.
       
       L'ouest du ciel est voilé, je vise au plus loin de cette menace, bas vers l'est une galaxie de Cassiopée car ces nuages arrivent assez vite.
       J'ai chaud avec mon manteau.
       
       Observation 8921 : NGC185.
       Cette galaxie naine du Groupe Local est considérablement faible et diffuse à 201x.
       Les voiles arrivent sur ma cible à 23h06. Le ciel est maintenant tout voilé.
       
       
       J'attends en m'assoupissant dans l'auto.
       Beaucoup de gens ont remballé et le public est parti faute de ciel.
       
       Le ciel se redégage à 1h du matin.
       Je reprends les observations avec une nébuleuse planétaire d'Hercule.
       
       Observation 8922 : NGC6058.
       402x, 631x, 85x. La nébuleuse qui répond bien au filtre Oxygène 3 est une étoile très floue assez faible à 85x. L'étoile centrale est considérablement faible à 402x.
       La nébuleuse est trop sombre à 631x, et l'usage du filtre HBêta l'éteint totalement, ce qui permet de confirmer la présence de l'étoile centrale qui seule ressort. Deux portions d'anneau symétriques se distinguent en vision décalée VI2 à 3.
       
       
       Je pars pas très loin observer quelques galaxies d'Hercule sur la même carte de l'Uranométria.
       
       Observation 8923 : UGC10200.
       Cette galaxie condensée assez faible à considérablement faible est vue à 85x et accompagnée à 201x de LEDA57100 très faible à VI1.
       
       
       A 2h, Bruno T. est revenu imager sur la butte à l'est.
       
       Observation 8924 : NGC6155.
       Cette galaxie considérablement faible à 85x montre comme une barre centrale à 276x, râtée à 201x.
       
       
       Observation 8925 : NGC6239.
       201x, 276x. Considérablement faible à 85x comme la précédente, elle révèle de la structure, sous forme d'une barre grumeleuse s'infléchissant à l'ouest.
       
       
       A 2h40, une moto particulièrement bruyante repart de l'entrée du parking, je l'entendrai pétarader dans la montagne plusieurs minutes.
       
       Je peux enfin voir une nébuleuse diffuse du Cygne, la X Nebula, autre objet mythique qui me semblait alors hors de portée à l'époque du magazine Ciel Extrême, comme l'était Shakbazian 16 finalement vu aux NAT 2016.
       
       Observation 8926 : Simeis 57.
       Dénommée aussi la X Nebula. A 85x j'y verrais plutôt un lambda. La nébuleuse n'est pas sûre sans filtre. Le filtre Oxygène 3 montre quelques traces. C'est le filtre HBêta qui la dévoile vraiment. Alors la partie facile est vue VI1 (100% du temps mais qu'en vision indirecte) et 2 autres branches sont vues VI3. La zone où s'effectue la jonction de ces branches est difficile à détailler. Cet objet atypique est aussi dans les fiches de Michel Nicole.
       
       
       Après cette revanche sur l'histoire, je dirige le T508 vers des galaxies du Verseau.
       
       Observation 8927 : NGC7665.
       85x, 201x, 276x. Elle reste faible et petite à 85x, mais à plus forts grossissements je remarque ses bords nets et une étoile dedans excentrée  en VI4 (25% du temps en vision indirecte).
       
       
       Comme les dernières nuits, j'entends le troupeau de moutons sur l'Aup.
       
       Observation 8928 : NGC7721.
       85x, 201x. A 85x je vois déjà son allongement, elle est considérablement faible à faible.
       Elle est déjà sombre à 201x. Quelques détails durs apparaissent sous forme de glimpses VI4 à 5 (10 à 25% du temps en vision décalée).
       
       
       Des voiles éparses au nord-ouest deviennent gênants, dégradant la transparence.
       Je tente une galaxie Arp dans le Verseau bien que les voiles passent dessus par moments.
       
       Observation 8929 : NGC7727 ou encore Arp 222.
       138x, 201x, 276x. Hormis son centre assez brillant à assez faible, le reste est faible et les détails sont incertains, les nuages n'aidant pas.
       
       
       Retour de nuages éparses s'avancent par l'ouest.
       Je m'obstine en observant une autre galaxie dans le voisinage et dans les voiles.
       
       Observation 8930 : NGC7724.
       201x. Son observation est alternative : très faible quand vue hors des voiles, sinon fantômatique à invisible.
       
       
       A 5h, je capitule, ça devient trop pourri dans l'aube avec ces voiles contrariants.
       De nombreux météores et satellites artificiels sont passés dans le champ de mes oculaires cette nuit.
    • By xavierc
       Dans le virage du fond du parking.
       Nuit du 3 au 4 août 2019
       Dobson 508/1920
       
       12 dessins : 8909 à 8920.
       
       Je commence par un peu d'animation pour le public de la Nuit des Etoiles.
       Puis j'observe M54, un amas globulaire un peu délaissé du Sagittaire mais un arbre sur son parcours au sud-est contrecarre mes plans.
       Du coup je bascule sur un autre amas globulaire plus haut que cet arbre dans cette constellation, et rebascule sur M54 pour finir son dessin.
       
       Observation 8909 : Palomar 8.
       85x, 201x, 276x. Ce doit être l'un des plus faciles Palomar avec NGC6717. Je le vois de suite à 85x, considérablement faible, et à 201x j'ai la bonne surprise de le résoudre en étoiles faibles à perceptibles malgré la turbulence pas favorable de 4 à 5 sur 5. Ce n'est certes pas courant de résoudre un globulaire Palomar! C'est le second pour ma part avec NGC6717, tous deux seulement avec ce télescope.
       
       
       Observation 8910 : M54.
       85x, 201x, 276x. Au chercheur c'est une petite tache floue considérablement faible. Changement d'échelle avec le Nagler 26 à 85x, il devient brillant et bleuté, et en poussant le grossissement je constate un début de résolution limité par la forte turbulence de 5 sur 5.
       Son centre est très marqué.
       C'est amusant, le Palomar précédent bien plus faible était bien mieux résolu, il ne faut pas négliger l'indice de concentration des amas globulaires pour espérer les résoudre!
       
       
       La turbulence est pourrie si bas aujourd'hui(4 à 5 sur 5 échelle Ciel Extrême).
       
       J'aperçois des cirrus au nord sous la Grande Ourse. Qu'ils y restent!
       
       Je change de coin de ciel et de type d'objet pour m'offrir quelques pépites avec des galaxies du Bouvier.
       
       Observation 8911 : NGC5660.
       201x, 276x. La galaxie considérablement faible dévoile ses spires à 201x, mieux qu'à 276x qui atténue trop.
       Le bras Est se voit VI1 à 2 (entre 75% et 100% du temps en vision indirecte). Le bras Ouest est VI1 avec une condensation plus marquée.
       Le noyau est faible à très faible. Une bien belle surprise.
       
       
       Des chiens aboient dans la montagne de l'Aup au sud, ceux du berger actuellement en pâturage là-bas?
       
       Observation 8912 : NGC5676.
       201x, 276x. Assez brillante et bleutée à 85x, c'est un autre digne représentant des incurvées! Son bras Est est marqué et vu VI1 tandis qu'à l'opposé le bras Ouest est indistinct.
       
       
       Malik qui se gelait hier a trouvé de quoi se réchauffer, un plaid léopard! Il a profité de l'obscurité complice de sa dernière nuit ici pour s'en couvrir, craignant peut-être des photos diurnes compromettantes.
       
       Observation 8913 : NGC5673.
       85x, 201x.  Je la vois faible à très faible à 85x, très allongée. Dans celle-là, c'est de la nodosité en pagaille!
       
       
       Ce que je craignais arrive à 2h, les voiles du nord débordent sur ma zone d'observation, à savoir le Bouvier et la Grande Ourse.
       
       Observation 8914 : NGC5794 à 5805.
       201x. Ce quatuor est constitué de galaxies condensées, NGC5794 assez faible, NGC5797 et NGC5804 assez brillantes, NGC5805 très faible. Les voiles contrarient leur observation.
       
       
       Observation 8915 : NGC5820/21.
       201x, 276x. NGC5820 assez brillante est escortée de la très faible NGC5821 dont le centre apparaît en vision décalée.
       
       
       A 2h40, Bruno T., compagnon du dernier voyage chilien, bâche sa lunette astrophoto TS130. Il s'était positionné sur le haut du talus à l'emplacement laissé libre par le départ de Jean-Pierre B.
       
       Je rebascule de l'autre côté du ciel pour dessiner des nébuleuses planétaires de Cassiopée.
       
       Observation 8916 : IC1747.
       85x, 631x. L'idée de cette cible m'a encore été soufflée par les fiches de Michel Nicole, une vraie mine d'or.
       Elle ressemble à une étoile floue plutôt brillante à 85x.
       Je saute directement à 631x malgré la turbulence de 4 sur 5 pour attraper assez facilement son anneau sans filtre OIII.
       La nébuleuse répond bien à ce dernier. C'est marrant, il y a comme un effet de scintillation de l'anneau. Le filtre OIII accentue l'anneau.
       Je n'ai pas confirmé de couleur. La nébuleuse est presque invisible au filtre HBêta.
       
       
       Observation 8917 : PK136+4.1.
       85x. Avec celle-là, on change de registre parmi les nébuleuses planétaires. Je ne vois rien sans filtre ou avec le HBêta.
       Je peux dire qu'elle répond bien au filtre OIII, mais elle reste dure, à la limite VI5 de la vision décalée, le fond de ciel est alors plus clair à l'emplacement de la nébuleuse. J'ai dessiné le champ stellaire avec le filtre OIII sauf pour ce qui est de leur couleur.
       
       
       Je sens la fatigue passer à 3h50.
       
       Je dessine une nébuleuse diffuse dans Cassiopée.
       
       Observation 8918 : VdB 8.
       Van den Bergh 8. A 138x, elle est très faible, et sa forme dissymétrique en boomerang est dévoilée en vision indirecte, écartant tout risque de confusion avec un halo stellaire (par ailleurs peu probable avec cette optique à moins de buée).
       
       
       Le tintement des cloches du troupeau de moutons sur l'Aup perce la nuit à 4h.
       
       Je m'attelle au dessin d'un amas ouvert de Cassiopée, mais le genre faible.
       
       Observation 8919 : IC166.
       Vu dès 85x, il est partiellement résolu à 201x en étoiles faibles à perceptibles.
       
       
       Je termine par la comète Africano C/2018 W2 dans la Girafe.
       
       Observation 8920 : comète Africano.
       138x et 201x. Je la repère à 85x. Elle est très diffuse et faible. Je note sa position à 4h49. Elle s'efface dans l'aube sans avoir bougé par rapport aux étoiles pendant le dessin.
       
       
       Ca y est, j'ai vu les 3 comètes prévues dans mon programme pour ces vacances!
       
       A 5h, je range les affaires et bâche le Dobson, le ciel est trop clair et je suis bien fatigué.
       Encore une nuit jusqu'au-boutiste!
    • By BobSaintClar
      Elles sont belles, elles sont grosses, elles sont lourdes, elles sont (très) solides et que je sache, elles sont rares...
      Mais leur qualité première, désormais ? Elles sont miennes !

       
      J'ai acquis cet engin lors d'une "star-party", le WE dernier dans la province de Nagano. Il s'agit donc de la dernière version - la première date de la seconde guerre mondiale - des 20x120 de Nippon Kogaku, "Étude de la lumière au Japon", alias Nikon dont le nom est apparemment un condensé.
       
      Pourquoi ai-je opté pour cet instrument ? Sur le papier, ce n'est pas un choix raisonnable : elles sont chères, à visée droite, pèsent 16 ou 17 kg (ma balance n'est pas sûre), présentent une pupille de sortie de 6mm, n'ont pas d'oculaires interchangeables, n'acceptent pas de filtres. Histoire d'enfoncer le clou, j'ajoute que le ciel de mon jardin est médiocre en été et passable en hiver...
       
      Pour répondre, dans l'ordre :
       
      - Je les ai testées sur place, en mode diurne uniquement. La qualité de l'image délivrée - belle résolution, belle transparence, pas de courbure de champs, pas de liseré coloré sur les forts contrastes, faible dégradation centre-bord - m'a agréablement surpris. Je me suis souvenu des images que me donnaient les Vixen 30x125, celles que j'obtiens avec mes 20x80... aucun doute, c'est de la belle optique.
      - Le prix : on trouve ces jumelles sur Ebay Japan et sur Amazon US (d'occasion), aux alentours de 6500 dollars. Je les ai négociées, au final, pour 2.200 euros. Ca tombe bien, je ne pouvais pas dépenser un centime de plus sans me mettre dans le rouge !
      - La visée droite : ça ne m'a jamais vraiment gêné avec les 20x80. Mais là, c'est différent ! J'ai donc entrepris la construction d'un support à balancier qui me permettra d'observer par en-dessous, sur un siège inclinable ou une chaise longue. Il me reste des poutres de charpente de mes appentis de l'an dernier, même pas besoin d'acheter du bois !
      - La pupille de sortie de 6mm : il se trouve que j'ai mesuré les miennes l'hiver dernier, avec 6,1mm des deux cotés. J'ai de la veine, c'est beaucoup à mon âge. J'ai aussi pensé à mon fils (6 ans) qui commence à reluquer dans mes instruments...
      - L'absence d'oculaires interchangeables : c'est un vrai "moins", un tel diamètre  et de bonnes optiques  auraient supporté sans soucis des grossissements variés. Ceci dit, j'ai toujours considéré les jumelles comme des instruments dédiés aux grands champs : pour les grossissements importants en mode binoculaire, il y a les têtes binos. Et puis, le bon coté d'avoir des oculaires fixes (et bons), c'est qu'on n'a pas à prévoir un budget en sus, sachant que les très grosses binos sont toujours chères !
      - L'absence de filtres : là aussi, c'est dommage. Comme je possède les filtres interférentiels "nébuleuses" pour jumelles de chez Fujinon (prévus pour les 30x150 de la marque), je vais voir si leur adaptation est possible. Ce devrait être assez simple, je l'ai déjà fait avec mes 20x80, il suffit juste d'avoir un bon relief d’œil (20mm sur les Nikon) et des œilletons amovibles (c'est le cas).
      - Le ciel médiocre ou moyen : Bah c'est vrai quel que soit l'instrument, donc on fait avec ! Ca m'incitera à sortir
       
      Et quand on regarde dedans, ça donne quoi ?
       
      Je vous épargne la vision en mode diurne, ce n'est pas le genre de jumelles qu'on emporte pour mater les oiseaux le WE !
      On va se contenter du mode nocturne :
       
      Je suis sorti cette nuit, dans mon jardin, avec les Nikon sur un trépied bricolé vite fait (tant pis pour la planche à pain, je n'avais pas de bois assez épais sous la main) et, pour comparer, mes Vixen 20x80. Comme les deux instruments présentent le même grossissement, je souhaitais constater "de visu" les bénéfices éventuels du diamètre supérieur (entre autres critères). Mon support à balancier n'étant pas fait, j'ai du me limiter aux objets situés à, disons, 50° d'élévation : exit Andromède, les Pléiades et le double amas !
       
      J'ai d'abord visé Orion. La constellation, au sud-est, trônait en plein dans le halo de la pollution lumineuse tokyoïte : je savais d'avance que le résultat serait misérable. Les Nikon pourraient-elles pourtant m'en donner plus ?
       
      Dans les Vixen, assez confortables (16mm de relief d’œil), la nébuleuse est blafarde mais bien présente. Sa forme en oiseau est reconnaissable, l'extension sud perçue en vision indirecte. Le Trapèze est un pâté informe, il ressemble à une étoile double asymétrique et non séparée. Je l'ai toujours vu comme ça aux jumelles, je ne m'en formalise pas (d'autant que je suis un peu astigmate). Sur la nébuleuse, je vois deux étoiles en surimpression (vision indirecte) : une sûre, l'autre devinée.
      Je passe aux Nikon. Elles ont moins de champs apparent (60°), le fond de ciel remonte (normal) mais surtout, je remarque immédiatement deux choses : les étoiles sont plus fines, et elles sont en couleur ! Ca, je ne m'y attendais pas ! Du coup, le trapèze montre quatre étoiles séparées, j'en compte quatre de plus dans la nébuleuse, dont deux en vision directe. La nébuleuse elle-même est un peu plus festonnée que dans les Vixen, mais le fond de ciel dégueulasse tue le débat : à refaire en montagne !
       
      Séduit par ma première impression, je vise la Rosette : aucune chance de voir du gaz avec la pollution locale, c'est l'amas ouvert associé qui m'intéresse...
      Aux Vixen, ledit amas est bien là. Les étoiles faibles sont à peu près ponctuelles, mais les brillantes m'apparaissent désormais empâtées. Elles se dégradent en hirondelles (coma ?) à mi-chemin du centre vers le bord, c'est trop tôt pour être négligeable, on perçoit très bien cette aberration qui devient "gore" quand on s'éloigne davantage de l'axe optique. La courbure de champs n'arrange rien : centre net ou bord potable, il faut choisir ! En observant un certain temps, les nuances colorées des étoiles se précisent mais demeurent limitées à quelques astres.
      Retour aux Nikon. La première impression se confirme et se renforce, je commence à "prendre le coup" : il y a nettement plus d'étoiles et surtout, elles présentent des nuances de couleurs incomparablement plus marquées ! Ca, c'est super agréable, vraiment une belle surprise en terme d'agrément visuel : désormais, je ne regarderai plus les étoiles comme un simple élément de décors pointilliste en arrière-plan des nébuleuses visées, elle seront des sujets à part entière ! Je n'ai pas d'explication à ce bonus inattendu : une meilleure transmission des couleurs elles-mêmes ? Le simple fait d'avoir plus de lumière par étoile, entre le bénéfice apporté par le diamètre, l'absence de fausses couleurs et la meilleure résolution de l'instrument ? J'imagine que c'est un combo des trois. Coté dégradation centre-bord, Nikon fait bien mieux que Vixen : on ne remarque rien jusqu'aux deux tiers de la distance à l'axe optique, puis les étoiles s'empâtent mais demeurent correctes jusqu'à la limite du champs apparent. On peut profiter des 60° sans problème, d'autant qu'il n'y a aucune courbure de champs. Quand c'est net au centre, c'est net au bord. A la décharge des Vixen, elles ont 70° de champs apparent à corriger, 10° de plus que leur monstrueux challenger.
       
      Enthousiasmé par le spectacle offert grâce aux étoiles (j'insiste, c'était tellement inattendu ), je pars me promener dans la voix lactée faiblarde, au nord-ouest de Cassiopée : même sous mon ciel quelconque, c'est un enchantement. Les étoiles carbonées me sautent au visage, tandis que les autres présentent des nuances de bleu, de blanc, de jaune et d'orangé (pas de vert, tiens pourquoi ?) que les Vixen ne me proposent pas. Sur ces dernières, je dois vraiment me concentrer pour commencer à deviner les couleurs : seules les géantes rouges sont évidentes. Dans les Nikon, toutes les étoiles moyennes et lumineuses sont nuancées ! Purée, je n'ai pas fini d'en profiter !
       
      Après deux bonnes heures passées dehors, la fatigue gagne et je décide d'en rester là. Inutile d'écrire que j'ai hâte de remettre ça et de construire mon support spécial ! Dans trois semaines, je participe à un rassemblement dédié aux grosses binos, en montagne, pas très loin du mont Fuji : en espérant qu'on ne se prendra pas le 22ème typhon de l'année dans les dents, c'est pas le moment de chômer ! J'ignore quel(s) type(s) de verres sont utilisés dans ces jumelles ; sur leur site, Nikon indique simplement l'emploi de "verres spéciaux", sans autre précision. Il est également indiqué qu'on peut adjoindre des filtres polarisants en option  : ah, intéressant ! Il faut que je creuse la question, il y a peut-être un filetage de prévu quelque part...
       
      Voilà
       
      (PS : je m'aperçois que je n'ai pas parlé du parallélisme. C'est parce qu'il n'y a rien à dire : les deux images fusionnent parfaitement. Aucun soucis, après deux bonnes heures d'observation)
    • By Stephane Zoll
      Bonjour,
       
      Je voulais partager avec vous ces photos prises à St Veran (AstroQueyras), lors de deux dernières campagnes, avec à chaque fois l'un des T500 f/8 Astrosib.
      Ce sont des nébuleuses assez exotiques associées à des étoiles jeunes n'ayant pas encore atteint la séquence principale.
       
      Tout d'abord, voici V633_CAS, dans Cassiopée :
       

       
      Un peu de bruit dans cette image ; les conditions étaient moyennes et j'ai manqué un peu de poses à cette ouverture.
      L'objet d’intérêt est bien sûr en haut à gauche.
      - Astrosib RC 500 f/8
      - Filtres Astrodon LRGB
      - CMOS ASI 1600 (-20°C).
      - L : 50x120s bin2
       - RGB : 3x8x120s bin2
       
      Et voici un champs très sympa dans le Cygne avec plusieurs objets remarquables, dont V1982 et V1331 :
       

      - Astrosib RC 500 f/8
      - Filtres Astrodon LRGB
      - CCD SBIG STX-16803 (-20°C).
      - L : 27x300s + 19x300s (mosaic) bin1
      - RGB en bin2
       
       
       
      V1331 a fait l'objet d'une image par Hubble :
      https://www.spacetelescope.org/images/potw1509a/
       
      Image avec description :

       
       
      V1982 est en fait un objet complexe avec plusieurs étoiles jeune et une nébuleuse primordiale associée.
       
      Merci pour votre passage,
       
      Meilleurs photons
      Stef
       
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