Vesper

Lumières des terres arides, épisode III : Coeur de verre

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Posted (edited)

III- Coeur de verre

 

Au lecteur : mes excuses, j’ai été sous le boulot. Je sais qu’on dit toujours ça pour se dédouaner, mais là c’est vrai.

Au lecteur courageux : je suggère de relire l’épisode (ou les épisodes, pour les plus intrépides) précédent ici :

 

 

La nuit claque sur la terre comme un coup de fouet. Subitement, il pleut des éclats de cristal. L’instinct commande de ramper. Oui, petit sapiens rampe à la surface de sa planète pendant que le ciel sauvage danse une ronde éclatante et silencieuse autour du pôle sud.

 

Je m’affaire auprès du gros Dobson. Me penche prudemment sur son coeur de verre et m’écrie intérieurement : “Mon Dieu, c’est plein d’étoiles !” tel un Dave Bowman austral (“2001 l’Odyssée de l’espace”. On a les références qu’on peut). J’insère le Panoptic 41, de la taille d’un poing, dans le porte-oculaires. Puis je prends les commandes, enfin j’essaye, en plaisancier du dimanche habitué à une coquille de noix essayant de dompter un glorieux trois mâts. La nuit s’est d’ailleurs levée comme une tempête où la multitude d’éclats de cristal qui ne scintillent pas m’empêche de discerner même une ébauche de constellation.

Et c’est un corps à corps, j’y danse quelque chose qui rappelle le ju-jitsu. Le Gros résiste, il faut pousser et tirer, en force et en douceur, tout en même temps. Profiter de sa force pour l’emmener où je le souhaite. Finalement bien entendu, c’est lui qui m’embarque.

 

Après bien des errements le Gros m’emmène à NGC 1566, pourtant facile. Contrastée et tourbillonnante, vue de face. Deux spires sont très évidentes, qui partent en s’effilochant dans des voiles de brumes vertes. Le noyau est brillant, entouré d’un bulbe duveteux tout en nuances de gris brillant et diffus à la fois. C’est une observation facile et splendide.

 

Le Gros vire sur NGC 1617. C’est une autre histoire. Une tache, diffuse et assez étendue, vue de trois-quarts, révèle à l’observation des zones de luminosité différentes. Il y a comme des variations de densité et, mais oui, des zones plus noires qui forment une arabesque : c’est une spirale. Le noyau en revanche est assez brillant ce qui, par contraste, complique l’observation.

 

Emporté par son élan, le Gros bascule non loin vers l’est et NGC 1546 m’apparaît. Elle est elliptique et chétive. Très facilement perçue, elle n’est cependant remarquable en rien, du moins à mes yeux d’éternel dilettante. C’est une âme en fuite, rien de plus.

 

Raymond surgit dans la nuit, un morceau de savon à la main. Heureusement ce n’est pas à moi qu’il veut passer un savon, mais au Gros dont il commence à savonner vigoureusement les axes d’altitude et d’azimut. Intérieurement je me ris du Gros : “ha ha ha, alors ça fait quel effet de se faire savonner les oreilles ? C’est pas ce qui s’appelle se faire savonner la planche, ça, littéralement ?”.

Et c’est sur cette planche savonneuse à l’odeur de citron vert que je poursuis désormais mes glissades galactiques. D’ailleurs sans rire c’est vrai, ça marche un peu : le Gros m’emmène plus facilement où il veut. Il n’y a pas de petite vengeance.

 

Nous dérivons toujours dans la Dorade, où ce que j’identifierai plus tard comme NGC 1763 me tombe dans l’oculaire. C’est une empreinte de pas, quatre nébulosités principales recomposent une autre patte de chat sur fond d’étoiles bien visibles. Mais un chat à quatre doigts. Un renard, peut-être. Un renard qui aurait couru dans de l’encre verte sur des poussières de diamant.

 

Non loin, le Gros dérape sur NGC 1672. C’est radicalement différent et il  faudra que je me confirme à moi-même qu’il s’agit bien d’une galaxie : vue de face mais asymétrique, elle affecte plutôt la morphologie d’une virgule. Une virgule structurée et brillante, avec un point brillant au centre. Une sorte de point virgule galactique, en somme.

 

Un coup d’épaule, involontaire forcément, m’emmène dans la Grue. Je passe ici sur les péripéties imputables, en vrac, au chercheur, au Telrad, au point rouge, et à moi-même en somme. Tous ces dispositifs que j’ai au fil des nuits montés en série, à moins que ce ne soit en parallèle, produisent des erreurs. Que je préfère mettre sur le compte du Gros, qui a le dos large, forcément. S’il y a un domaine qui ne supporte aucune approximation, c’est bien le pointage astronomique.

Bref comme dirait Pépin, je finis par buter sur le trio de la Grue, Abell 5187, qui m’apparaît dans toute sa gloire. Trois galaxies forment un triangle presque isocèle. L’une est vue de face, au sommet du triangle. Les deux galaxies qui forment la base sont vues de trois-quarts mais sous des angles différents, ce qui contribue à la sensation de relief. J’y passe un très long moment, le vertige s’accentue, l’ensemble gagne en densité et en intensité. Au final c’est une gloire de lumière où les trois galaxies, par un effet de perspective abyssal, semblent fuir dans l’Ether.

 

Un peu plus loin je glisse sur NGC 7424. C’est une marguerite vue de face. Ses pétales spiralés sont marbrés de nodosités, il y a des différences de densité. Au Nagler 16 le bulbe est allongé, ovale. L’ensemble est assez brillant et occupe bien le champ oculaire. Tout baigne dans une légère nébulosité qui nimbe les spires, comme un écrin de phosphore.

 

En cherchant NGC 1313 dans le Réticule, le Gros m’amène sur NGC 1574. Mhh, oui bon. Certes. C’est, comment dire, pour le fun. Rien de bien émouvant à la vue de cette galaxie lenticulaire oubliée dans le recoin d’une petite constellation australe. J’observe le vestige d’un vertige, me dis-je.

 

Sur le coup de la déception, je vais dans l’observatoire manger un biscuit chilien aux fourmis australes. Les picotements sur la langue sont toujours surprenants. J’en garderai quelques heures une sorte de difficulté d’élocution.

Je décide de faire escale et m’allonge sur le dos, les yeux grands ouverts sur une voie lactée si étincelante qu’elle projette des ombres.

L’observatoire, abri à toit roulant du très regretté C14, est notre esquif sur la marée stellaire. On pourrait y pratiquer une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans la marine, où chacun effectuerait son quart au rythme non pas des coups de tabac et autres grains, mais bien des coups de barre.

 

Un somme et quelques gorgées de camomille plus tard, je trouve enfin la pourtant évidente NGC 1313. Le Gros a dû avoir pitié. Structurée et brillante, la belle arbore aux Naglers 16 et 9 une forme indiscutable de S. C’est une belle spirale barrée vue de face. Le noyau est tout à fait évident. Il y a des zones de brillance différentes, dans le bras du dessus et d’ailleurs également dans celui du dessous.

L’observation est belle. Ces petites constellations australes, on ne pense à rien en mangeant un gâteau aux fourmis et puis ça claque. Vive le Gros. Ce Monsieur Dobson a bien fait de ne pas inventer une simple marque de bière comme je le suggérais, finalement. Il faut dire que, même si le Réticule n’était pas très haut au moment de l’observation (genre 10°) ça ne fait guère de différence ici : les étoiles se lèvent nettes et ponctuelles au ras de l’horizon.

 

Plus haut dans l’Eridan je retrouve NGC 1531 et 1532, couple de galaxies physiquement associées. C’est une belle vision aussi : la petite NGC 1532 semble perchée en oblique juste au-dessus de sa très grande soeur vorace, qui l’attire pour la dévorer. Il y a de la perspective dans l’image, l’ensemble est vu de profil ou de trois-quarts très incliné qui donne une profondeur où je me noie un long moment. J’observe deux galaxies en interaction et en direct, si l’on peut dire. C’est beau, étonnant, intéressant et vertigineux. Quelque chose comme deux coeurs en fusion emportés dans un vertige.

 

Xavier passe et, après un coup d’oeil sur ces objets bien brillants à ses yeux de lémurien, me parle de, je cite fidèlement : “la double boucle concave circulaire de l’Eridan”. Je reste coi et d’ailleurs bouche bée dans la nuit d’encre. Une boucle, je vois sans problème. Une double boucle, je veux bien. Une double boucle circulaire, mhh, il me semble qu’on frise le pléonasme. Mais une double boucle circulaire concave ? Vue de l’hémisphère boréal ou austral ? La tête en haut ou la tête en bas ? Se paye-t-il ma fiole ? Et qu’en pense Bruno qui, à une vingtaine de mètres, filme des escadrilles de F16 (sic) sur ses écrans rougeâtres dans un sifflement de refroidisseur Pelletier ? Nous ne le saurons jamais. Moi bien entendu je suis persuadé qu’il s’agit d’une galéjade. Dilettante oui, naïf non. Je retourne m’épancher sur l’épaule en bois véritable du Gros, qui en profite pour se dérober sous ma poussée comme toujours.

 

Après bien des errements et bien plus tard, je retrouve la S’Nebulae ou NGC 5189, dans la Mouche. Ce n’était pourtant pas très difficile. Le S est bien visible, j’y distingue à l’observation des branches supplémentaires, comme une barre qui raye le S, malheur mais c’est l’horreur me dis-je subitement, un symbole monétaire accroché au ciel ! Heureusement c’est passager, d’ailleurs à la ré-observation la barre est plutôt diagonale que verticale. Et puis l’ensemble est filamenteux, comme effiloché. C’est, à mon grand soulagement, bien plutôt une rose des sables en nuances de gris. J’ai frisé le krach céleste.

 

Toujours sur ma pente savonneuse à la bonne odeur de frais, je glissouille et tombe sur NGC 3621. J’ai failli l’éviter, si je puis dire, car c’est une toute petite condensation de givre. A l’observation je devine l’amorce de bras spiraux, vus de trois-quarts. Et puis à la réflexion, sans jeu de mots, apparaît une brume argentée qui baigne l’ensemble. Finalement c’est joli. Un fantôme perdu dans la nuit.

Non loin et toujours dans l’Hydre, le Gros tombe en arrêt (et moi aussi par la même occasion) sur NGC 5101. Une galaxie vue de face, dont je perçois rapidement les bras spiraux. Il me semble qu’elle est barrée. Plus surprenant est le disque qui m’apparaît autour, comme une bague qui entourerait le bulbe ovoïde. Mais c’est en vision décalée même sous le ciel andin.

Beaucoup plus loin en remontant vers l’est, au gré d’une erreur de pointage, je vois passer dans le champ une condensation de brume givrée. Il y a ici tellement d’objets que, finalement, laisser faire le hasard et le Panoptic 41 peut constituer une option gagnante. La partie épineuse étant alors l’identification des objets a posteriori. Mais c’est tout simplement NGC 2997, dans la Machine Pneumatique, qui exhibe facilement trois bras spiraux vus de face.

 

Sur la colline, à une trentaine de mètres, les instruments automatiques d’ordinaire inaudibles exhalent un murmure, expriment un changement de fréquence : dans un soupir, les télescopes et autres roues à filtres regagnent leur position de parking. L’aube approche.

Xavier fait des excès de vitesse avec 20 dessins à la nuit.

Bruno essaye de dompter ses caméras qui sifflent aux étoiles dans la nuit encore étincelante.

Nous sommes trois fantômes à l’ombre de la voie lactée.

Trois pèlerins au désert.

Nous étions du même rêve.

 

Tourbillons de poussières des étoiles passées. Soleils anciens. Etoiles exotiques. De temps à autre une écharde de lumière raye la nuit de diamant. Les météores font des signaux de fumée. Dans le ciel puissant il pleut des gouttes de cristal. Ces constellations éclatantes, ces plages de diamants, les reverrai-je encore ? J'ai été bien loin, la route est presque finie.

 

Mais quoi de mieux que redescendre la colline dans la nuit finissante, les poches pleines d’oculaires et le nez au vent de millions de soleils ?


 

Pierre Heinz, Strasbourg

 

[Fin]




 

Edited by Vesper
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Magnifique CROA.

 

Un bijou de poésie. Pour connaitre ces objets, je peux dire qu'on s'y croirait

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Magnifique :)

Mais c'est pas un CROA, c'est le beau roman de la nuit ;)

AG

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c'est bôôôôô et les nuits sont trop courtes...

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Hello 😊

 

Moi je lirais bien un de ces  livres au Monsieur ! 

Si l'idée t'as effleuré l'esprit je suis client ...😊

bravo et merci ! 

 

fred..

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Merci à tous pour vos commentaires très (trop) élogieux ! B|

...Je vais finir par choper un coup de Lune... :ph34r:

 

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    • By xavierc
       Nuit du 29 au 30 mars 2019
       Dobson Strock 254/1200
       Seine et Marne sur le terrain des ballots de foin.
       5 dessins : 8695 à 8699.
       
       A cause de la météo instable, la sortie avec le groupe Whatsapp de Webastro et mon Dobson 508 est annulée.
       J'apprends néanmoins que l'un des membres, Thierry, est déjà sur place depuis 20h avec son Dobson 350.
       Je tente vers 22h car les voiles sont moindres.
       Le temps d'arriver et de m'installer, il est 23h.
       Le terrain est vide de ses ballots.
       
       Le ciel est malheureusement encore voilé, avec des zones plus épargnées.
       
       Je dirige le Strock vers une galaxie du Lion.
       
       Observation 8695 : NGC3521.
       75x, 109x, 150x. A centre marqué et considérablement faible, cette galaxie montre aussi son halo diffus faible à très faible et incurvé.
       Les voiles dégradent l'image.
       
       
       J'observe ensuite une galaxie du Petit Lion.
       
       Observation 8696 : NGC3344.
       75x, 109x. Je la vois faible à très faible, très diffuse.
       
       
       A 1h l'habituel coup de barre survient, 20 minutes de sieste sont nécessaires pour lui échapper.
       
       Je passe aux galaxies du Bouvier.
       
       Observation 8697 : NGC5660.
       Je la repère à 75x et la détaille à 150x, faible à très faible, assez large, diffuse, et son centre visible qu'en vision décalée.
       
       
       Ce froid humide est désagréable mais n'atteint pas les optiques. Mais mes pieds oui, 1 heure plus tard.
       A 2h, les chouettes chevèches s'expriment.
       A 2h20 Thierry est parti.
       
       Observation 8698 : NGC5676.
       A 109x, elle montre des détails en plus de son centre faible : forme allongée, des nodosités VI3 à 5 et une barre VI3.
       
       
       Le ciel s'améliore, il reste pourtant des voiles par endroits.
       
       A la frontière du printemps et de l'été, je cherche une galaxie du Serpent.
       
       Observation 8699 : NGC5990.
       Elle reste petite à 150x, faible et condensée, un petit flocon céleste.
       
       
       Pour faire ce dessin, j'ai perdu du temps à rechercher mon crayon tombé au sol, il faut dire dans une zone riche de brins de foin pouvant être confondus avec. Une variante de l'aiguille perdue dans une botte de foin!
       
       A 3h49 L'ISS passe dans le Cygne et la Lyre.
       
       Le retour de voiles dans le Serpent et ma fatigue revenue sonnent le glas de cette nuit.
       Je remballe et dors pas moins de 3 heures sur la banquette arrière de la voiture avant d'envisager de rentrer.
    • By xavierc
       Dobson Strock 254/1200
       Seine et Marne au sud des ballots de foin.
       4 dessins : 8691 à 8694.
       
       Je suis prêt à observer à 22h au son des chouettes.
       Les horizons diffusants augurent de conditions de transparence perfectibles.
       Toute la soirée est passée dans la constellation de la Girafe autour de la galaxie NGC2403 par laquelle je commence.
       
       Observation 8691 : NGC2403.
       La galaxie majeure de la Girafe est déjà visible au chercheur 9x50 très faible et floue.
       75x, 109x, 150x, 201x.
       Les spires sont optimales à 109x. La galaxie faible et très diffuse montre plusieurs régions HII à 109x et 150x.
       Un bras VI3 se déploie à l'est, l'autre limite (VI5) flou se devine à l'ouest.
       A 218x, c'est le pullulement de nodosités à la limite. Assurément un objet à explorer encore plus en profondeur au Dobson 508!
       
       
       Le vent est gênant.
       Je poursuis la soirée d'observation sur d'autres galaxies de la Girafe.
       
       Observation 8692 : NGC2366.
       Son noyau est soupçonné à 75x, confirmé à 109x, faible à très faible. C'est très dur de voir le reste de la galaxie, une partie reste à la limite VI5.
       
       
       Observation 8693 : UGC3580.
       Repérée à 75x, elle est collée contre une étoile et reste compacte, très faible et petite à 109x.
       
       
       Je ressens de la fatigue à 23h50.
       
       Observation 8694 : IC2179 et NGC2347.
       109x. La galaxie IC reste très faible, petite, condensée, tandis que la NGC apparaît faible, diffuse, allongée en vision indirecte notamment.
       
       
       A 0h30 les chiens aboient au Nord-Est.
       Il fait froid, notamment aux pieds, ayant omis de mettre les bottes fourrées, trompé par la température clémente de début de nuit.
       Je pars.
    • By xavierc
       Dobson Strock 254/1200
       Seine et Marne à l'entrée de la ferme
       6 dessins : 8669 à 8674.
       
       Toujours pendant les vacances, une éclaircie impromptue survient alors que je dîne sur Paris-Ouest avec 2 anciens collègues. Le beau temps tient contrairement aux prévisions, donc une fois la soirée terminée, vers 23h, je rentre dard-dard chercher le télescope rapide à installer, donc le 254mm.
       Je suis prêt à observer un peu avant 1h du matin, et choisis l'entrée de la ferme à cause du vent gênant d'Ouest.
       Je m'abrite en plus derrière la voiture.
       
       Je me focalise sur les galaxies du Lion.
       
       Observation 8669 : NGC3666.
       Vue dès 75x, elle se révèle très faible, diffuse. A 150x son centre stellaire est vu ainsi que son aspect allongé en vision indirecte.
       
       
       Il passe quelques nuages à 1h, poussés par un vent froid assez gênant.
       
       Observation 8670 : NGC3547.
       Je ne la vois pas à 75x, le repérage effectif se fait à 109x.
       Elle est faible à très faible, sa forme n'est pas évidente, allongée il me semble.
       
       
       A 1h45 je pars pour 25 minutes de repos dans l'auto.
       
       Je ré-embraye avec une galaxie du Lion.
       
       Observation 8671 : NGC3506.
       109x. Faible, elle est à la fois condensée au centre et à bords diffus.
       
       
       Je range les galaxies du Lion dans la boîte aux souvenirs pour cette nuit, direction une galaxie de la Vierge.
       
       Observation 8672 : NGC4124.
       109x. Je note son aspect diffus, ses limites floues, son centre faible et flou, et ses extensions très faibles à VI1.
       A 3h un passage nuageux descendu du Nord-Ouest contrarie l'observation.
       
       
       Ca se dégrade. Une heure de sieste s'écoule dans la Dacia à attendre le départ des nuages.
       Dans un ciel à nouveau dégagé, je rends visite aux galaxies de la Chevelure de Bérénice.
       
       Observation 8673 : NGC4293.
       75x, 109x. Elle est très faible, diffuse, et vue dès 75x.
       
       
       Observation 8674 : NGC4340 et 4350.
       Ces galaxies m'apparaissent à 75x puis 150x respectivement très faible et considérablement faible.
       
       
       Le vent a emporté vers la ferme l'une de mes cartes de la Revue des Constellations, .
       Je n'ai pas réalisé de suite que c'était ça le bruit de papier envolé. J'ai heureusement pu retrouver cette carte et pas tâchée par la terre humide sporadiquement éparse.
       
       Le camion de lait arrivé à 4h50 pendant ce dessin est reparti à 5h20.
       
       J'ai les pieds gelés.
       Les nuages reviennent fort alors que Jupiter apparaît dans Ophiucus.
       Il est 5h30, au vu des nuages arrivant à la limite de l'aube, je remballe et rentre directement.
    • By BlackMaple
      Pas tout à fait de saison... soit.. Mais s'il est est un objet que j'aime bien c’est celui-ci. Montrer ça aux curieux, aux débutants, à nos amis et familles, c'est ultra efficace à chaque fois.. 
      Découvert à mes tout débuts, je reste encore aujourd'hui très amoureux de cet objet si riche et dense. Deux amas pour le prix d'un, une telle intensité, c'est si beau.  
       
      L'été dernier j'achetais mon 1er "vrai" télescope (un dobson Meade Lightbridge 203/1219). En effet, avant ça j'observais encore avec un vieux coucou, un PERL JPM 115/900 hérité de mon père, à l'ancien coulant 24,5!!  Je vous laisse imaginer mon enthousiasme à re-découvrir ça au 200 !  Je me suis vite pris au jeu du dessin et j'ai lorgné sur le double amas de Persée un moment.. Au fil des nuits je le visitais.. Beaucoup de boulot, la tâche m'a parue immense!  Et puis ... un soir.. il fait bon, j'ai le temps? Je suis en forme ..?   Allez : Je dessine le double amas de Persée! Même pas peur d'abord ! De la patience, du temps, des crayons ultra affûtés, une gomme de précision et un moment plus tard, voila le résultat d'un dessin soigné. 
       
      Oculaire, feuille, feuille, oculaire, .. a y perdre son latin! On ne voit plus rien, j'ai du faire quelques pauses pour "reprendre mes esprits", tellement ça fourmille dans cet objet. On ne sait plus "qui est où", et il faut prendre le temps de bien se situer. Mais une fois terminé, vraiment il y a de quoi être fier de son dessin tellement c’était un effort mais à la fois un régal.
       
      Nous attendons le paradis après notre mort.. mais en réalité je crois qu'au cours de notre vie, dans ces instants, nous l'avons déjà sous les yeux.  Je me sens souvent privilégié de voir ce que nombre de gens n'auront même jamais vus de leur vie.. C'est pourtant si beau...
       
      L'astronomie c'est comme le pinard : ça devrait être obligatoire! #coluche 
      Vive notre ciel, vive nos nuits, vive notre passion ! A vos crayons ! 
       
      -Materiel/Méthode :
      Dobson Meade LightBrridge 203/1219
      Oculaire Meade 25mm WA
      Crayons graphite et gomme de précision
      Inversion numérique. 
       
      -Contexte :
      Ciel de campagne 
      PL importante (lampadaires oranges)
       

    • By xavierc
       Dobson Strock 254/1200
       Seine et Marne à l'entrée de la ferme.
       5 dessins : 8664 à 8668.
       
       Je suis en vacances, j'espérais sortir le Dobson 508 à ces occasions, ayant toute la nuit disponible.
       Malheureusement ce soir le ciel se dégage trop tard et de façon impromptue, défiant toutes les prévisions.
       Du coup je prends le Léger ou Strock 254 et arrive vers 23h sur place.
       
       Je me rends vite compte que le vent est fort, surtout pour un Strock.
       Du coup je me gare à l'entrée de la ferme et protège du vent d'ouest le télescope grâce à 2 étages de ballots de foin traînant par là.
       
       La nuit sera passée sur des galaxies du Lion.
       Je commence par les Siamoises NGC3226-27.
       
       Observation 8664 : NGC3226-27.
       109x, 150x. Elles sont vues faciles dès 75x et pas liées.
       NGC3227 montre un centre considérablement faible et un halo faible à très faible.
       Le centre de NGC3226 est un poil plus faible et moins détaché que celui de sa compagne, et son pourtour faible à perceptible est beaucoup plus diffus.
       
       
       J'ai des crampes de pieds que je chasse en marchant.
       J'entends les vaches remuer dans l'étable, peut-être ont-elles aussi des fourmis dans les jambes?
       
       Vers 0h15 un voile gêne passagèrement l'observation du Lion.
       
       Observation 8665 : NGC3098.
       75x, 150x. Je l'ai repérée petite à 75x. A 150x, son centre reste ponctuel, mais elle apparaît effilée et considérablement faible.
       
       
       Observation 8666 : NGC3088A/B.
       75x, 109x. La galaxie n'est pas vue à 75x, mais à 109x elle apparaît petite, condensée, pas double, à centre faible.
       
       
       Le vent gronde derrière les ballots, pas de quoi s'en faire un foin grâce à ces derniers!
       A 1h je suis fatigué.
       
       Observation 8667 : NGC3507.
       A 109x, cette faible galaxie est diffuse, son noyau faible se situe à côté d'une étoile assez faible à assez brillante.
       
       
       A 1h30 une lumière latérale s'est allumée dans l'étable dans mon dos puis vite éteinte. Son faisceau est heureusement perpendiculaire à ma ligne de vision.
       
       Un nouveau coup de fatigue est légèrement perturbé par le cri d'une chouette effraie au loin.
       
       Observation 8668 : NGC3501.
       Cette galaxie allongée, vue VI2-3 (75 à 50% du temps en vision décalée), n'est pas facile à détailler à 109x.
       
       
       A 2h je dors debout, toutes les chouettes effraie du monde n'y pourraient rien changer.
       Une mini-sieste de 20 minutes ne suffit en effet pas à récupérer.
       Je remballe et dors dans la voiture 3 heures.
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