Vesper

Lumières des terres arides, épisode III : Coeur de verre

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Posted (edited)

III- Coeur de verre

 

Au lecteur : mes excuses, j’ai été sous le boulot. Je sais qu’on dit toujours ça pour se dédouaner, mais là c’est vrai.

Au lecteur courageux : je suggère de relire l’épisode (ou les épisodes, pour les plus intrépides) précédent ici :

 

 

La nuit claque sur la terre comme un coup de fouet. Subitement, il pleut des éclats de cristal. L’instinct commande de ramper. Oui, petit sapiens rampe à la surface de sa planète pendant que le ciel sauvage danse une ronde éclatante et silencieuse autour du pôle sud.

 

Je m’affaire auprès du gros Dobson. Me penche prudemment sur son coeur de verre et m’écrie intérieurement : “Mon Dieu, c’est plein d’étoiles !” tel un Dave Bowman austral (“2001 l’Odyssée de l’espace”. On a les références qu’on peut). J’insère le Panoptic 41, de la taille d’un poing, dans le porte-oculaires. Puis je prends les commandes, enfin j’essaye, en plaisancier du dimanche habitué à une coquille de noix essayant de dompter un glorieux trois mâts. La nuit s’est d’ailleurs levée comme une tempête où la multitude d’éclats de cristal qui ne scintillent pas m’empêche de discerner même une ébauche de constellation.

Et c’est un corps à corps, j’y danse quelque chose qui rappelle le ju-jitsu. Le Gros résiste, il faut pousser et tirer, en force et en douceur, tout en même temps. Profiter de sa force pour l’emmener où je le souhaite. Finalement bien entendu, c’est lui qui m’embarque.

 

Après bien des errements le Gros m’emmène à NGC 1566, pourtant facile. Contrastée et tourbillonnante, vue de face. Deux spires sont très évidentes, qui partent en s’effilochant dans des voiles de brumes vertes. Le noyau est brillant, entouré d’un bulbe duveteux tout en nuances de gris brillant et diffus à la fois. C’est une observation facile et splendide.

 

Le Gros vire sur NGC 1617. C’est une autre histoire. Une tache, diffuse et assez étendue, vue de trois-quarts, révèle à l’observation des zones de luminosité différentes. Il y a comme des variations de densité et, mais oui, des zones plus noires qui forment une arabesque : c’est une spirale. Le noyau en revanche est assez brillant ce qui, par contraste, complique l’observation.

 

Emporté par son élan, le Gros bascule non loin vers l’est et NGC 1546 m’apparaît. Elle est elliptique et chétive. Très facilement perçue, elle n’est cependant remarquable en rien, du moins à mes yeux d’éternel dilettante. C’est une âme en fuite, rien de plus.

 

Raymond surgit dans la nuit, un morceau de savon à la main. Heureusement ce n’est pas à moi qu’il veut passer un savon, mais au Gros dont il commence à savonner vigoureusement les axes d’altitude et d’azimut. Intérieurement je me ris du Gros : “ha ha ha, alors ça fait quel effet de se faire savonner les oreilles ? C’est pas ce qui s’appelle se faire savonner la planche, ça, littéralement ?”.

Et c’est sur cette planche savonneuse à l’odeur de citron vert que je poursuis désormais mes glissades galactiques. D’ailleurs sans rire c’est vrai, ça marche un peu : le Gros m’emmène plus facilement où il veut. Il n’y a pas de petite vengeance.

 

Nous dérivons toujours dans la Dorade, où ce que j’identifierai plus tard comme NGC 1763 me tombe dans l’oculaire. C’est une empreinte de pas, quatre nébulosités principales recomposent une autre patte de chat sur fond d’étoiles bien visibles. Mais un chat à quatre doigts. Un renard, peut-être. Un renard qui aurait couru dans de l’encre verte sur des poussières de diamant.

 

Non loin, le Gros dérape sur NGC 1672. C’est radicalement différent et il  faudra que je me confirme à moi-même qu’il s’agit bien d’une galaxie : vue de face mais asymétrique, elle affecte plutôt la morphologie d’une virgule. Une virgule structurée et brillante, avec un point brillant au centre. Une sorte de point virgule galactique, en somme.

 

Un coup d’épaule, involontaire forcément, m’emmène dans la Grue. Je passe ici sur les péripéties imputables, en vrac, au chercheur, au Telrad, au point rouge, et à moi-même en somme. Tous ces dispositifs que j’ai au fil des nuits montés en série, à moins que ce ne soit en parallèle, produisent des erreurs. Que je préfère mettre sur le compte du Gros, qui a le dos large, forcément. S’il y a un domaine qui ne supporte aucune approximation, c’est bien le pointage astronomique.

Bref comme dirait Pépin, je finis par buter sur le trio de la Grue, Abell 5187, qui m’apparaît dans toute sa gloire. Trois galaxies forment un triangle presque isocèle. L’une est vue de face, au sommet du triangle. Les deux galaxies qui forment la base sont vues de trois-quarts mais sous des angles différents, ce qui contribue à la sensation de relief. J’y passe un très long moment, le vertige s’accentue, l’ensemble gagne en densité et en intensité. Au final c’est une gloire de lumière où les trois galaxies, par un effet de perspective abyssal, semblent fuir dans l’Ether.

 

Un peu plus loin je glisse sur NGC 7424. C’est une marguerite vue de face. Ses pétales spiralés sont marbrés de nodosités, il y a des différences de densité. Au Nagler 16 le bulbe est allongé, ovale. L’ensemble est assez brillant et occupe bien le champ oculaire. Tout baigne dans une légère nébulosité qui nimbe les spires, comme un écrin de phosphore.

 

En cherchant NGC 1313 dans le Réticule, le Gros m’amène sur NGC 1574. Mhh, oui bon. Certes. C’est, comment dire, pour le fun. Rien de bien émouvant à la vue de cette galaxie lenticulaire oubliée dans le recoin d’une petite constellation australe. J’observe le vestige d’un vertige, me dis-je.

 

Sur le coup de la déception, je vais dans l’observatoire manger un biscuit chilien aux fourmis australes. Les picotements sur la langue sont toujours surprenants. J’en garderai quelques heures une sorte de difficulté d’élocution.

Je décide de faire escale et m’allonge sur le dos, les yeux grands ouverts sur une voie lactée si étincelante qu’elle projette des ombres.

L’observatoire, abri à toit roulant du très regretté C14, est notre esquif sur la marée stellaire. On pourrait y pratiquer une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans la marine, où chacun effectuerait son quart au rythme non pas des coups de tabac et autres grains, mais bien des coups de barre.

 

Un somme et quelques gorgées de camomille plus tard, je trouve enfin la pourtant évidente NGC 1313. Le Gros a dû avoir pitié. Structurée et brillante, la belle arbore aux Naglers 16 et 9 une forme indiscutable de S. C’est une belle spirale barrée vue de face. Le noyau est tout à fait évident. Il y a des zones de brillance différentes, dans le bras du dessus et d’ailleurs également dans celui du dessous.

L’observation est belle. Ces petites constellations australes, on ne pense à rien en mangeant un gâteau aux fourmis et puis ça claque. Vive le Gros. Ce Monsieur Dobson a bien fait de ne pas inventer une simple marque de bière comme je le suggérais, finalement. Il faut dire que, même si le Réticule n’était pas très haut au moment de l’observation (genre 10°) ça ne fait guère de différence ici : les étoiles se lèvent nettes et ponctuelles au ras de l’horizon.

 

Plus haut dans l’Eridan je retrouve NGC 1531 et 1532, couple de galaxies physiquement associées. C’est une belle vision aussi : la petite NGC 1532 semble perchée en oblique juste au-dessus de sa très grande soeur vorace, qui l’attire pour la dévorer. Il y a de la perspective dans l’image, l’ensemble est vu de profil ou de trois-quarts très incliné qui donne une profondeur où je me noie un long moment. J’observe deux galaxies en interaction et en direct, si l’on peut dire. C’est beau, étonnant, intéressant et vertigineux. Quelque chose comme deux coeurs en fusion emportés dans un vertige.

 

Xavier passe et, après un coup d’oeil sur ces objets bien brillants à ses yeux de lémurien, me parle de, je cite fidèlement : “la double boucle concave circulaire de l’Eridan”. Je reste coi et d’ailleurs bouche bée dans la nuit d’encre. Une boucle, je vois sans problème. Une double boucle, je veux bien. Une double boucle circulaire, mhh, il me semble qu’on frise le pléonasme. Mais une double boucle circulaire concave ? Vue de l’hémisphère boréal ou austral ? La tête en haut ou la tête en bas ? Se paye-t-il ma fiole ? Et qu’en pense Bruno qui, à une vingtaine de mètres, filme des escadrilles de F16 (sic) sur ses écrans rougeâtres dans un sifflement de refroidisseur Pelletier ? Nous ne le saurons jamais. Moi bien entendu je suis persuadé qu’il s’agit d’une galéjade. Dilettante oui, naïf non. Je retourne m’épancher sur l’épaule en bois véritable du Gros, qui en profite pour se dérober sous ma poussée comme toujours.

 

Après bien des errements et bien plus tard, je retrouve la S’Nebulae ou NGC 5189, dans la Mouche. Ce n’était pourtant pas très difficile. Le S est bien visible, j’y distingue à l’observation des branches supplémentaires, comme une barre qui raye le S, malheur mais c’est l’horreur me dis-je subitement, un symbole monétaire accroché au ciel ! Heureusement c’est passager, d’ailleurs à la ré-observation la barre est plutôt diagonale que verticale. Et puis l’ensemble est filamenteux, comme effiloché. C’est, à mon grand soulagement, bien plutôt une rose des sables en nuances de gris. J’ai frisé le krach céleste.

 

Toujours sur ma pente savonneuse à la bonne odeur de frais, je glissouille et tombe sur NGC 3621. J’ai failli l’éviter, si je puis dire, car c’est une toute petite condensation de givre. A l’observation je devine l’amorce de bras spiraux, vus de trois-quarts. Et puis à la réflexion, sans jeu de mots, apparaît une brume argentée qui baigne l’ensemble. Finalement c’est joli. Un fantôme perdu dans la nuit.

Non loin et toujours dans l’Hydre, le Gros tombe en arrêt (et moi aussi par la même occasion) sur NGC 5101. Une galaxie vue de face, dont je perçois rapidement les bras spiraux. Il me semble qu’elle est barrée. Plus surprenant est le disque qui m’apparaît autour, comme une bague qui entourerait le bulbe ovoïde. Mais c’est en vision décalée même sous le ciel andin.

Beaucoup plus loin en remontant vers l’est, au gré d’une erreur de pointage, je vois passer dans le champ une condensation de brume givrée. Il y a ici tellement d’objets que, finalement, laisser faire le hasard et le Panoptic 41 peut constituer une option gagnante. La partie épineuse étant alors l’identification des objets a posteriori. Mais c’est tout simplement NGC 2997, dans la Machine Pneumatique, qui exhibe facilement trois bras spiraux vus de face.

 

Sur la colline, à une trentaine de mètres, les instruments automatiques d’ordinaire inaudibles exhalent un murmure, expriment un changement de fréquence : dans un soupir, les télescopes et autres roues à filtres regagnent leur position de parking. L’aube approche.

Xavier fait des excès de vitesse avec 20 dessins à la nuit.

Bruno essaye de dompter ses caméras qui sifflent aux étoiles dans la nuit encore étincelante.

Nous sommes trois fantômes à l’ombre de la voie lactée.

Trois pèlerins au désert.

Nous étions du même rêve.

 

Tourbillons de poussières des étoiles passées. Soleils anciens. Etoiles exotiques. De temps à autre une écharde de lumière raye la nuit de diamant. Les météores font des signaux de fumée. Dans le ciel puissant il pleut des gouttes de cristal. Ces constellations éclatantes, ces plages de diamants, les reverrai-je encore ? J'ai été bien loin, la route est presque finie.

 

Mais quoi de mieux que redescendre la colline dans la nuit finissante, les poches pleines d’oculaires et le nez au vent de millions de soleils ?


 

Pierre Heinz, Strasbourg

 

[Fin]




 

Edited by Vesper
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Magnifique CROA.

 

Un bijou de poésie. Pour connaitre ces objets, je peux dire qu'on s'y croirait

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Magnifique :)

Mais c'est pas un CROA, c'est le beau roman de la nuit ;)

AG

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c'est bôôôôô et les nuits sont trop courtes...

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Hello 😊

 

Moi je lirais bien un de ces  livres au Monsieur ! 

Si l'idée t'as effleuré l'esprit je suis client ...😊

bravo et merci ! 

 

fred..

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Merci à tous pour vos commentaires très (trop) élogieux ! B|

...Je vais finir par choper un coup de Lune... :ph34r:

 

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    • By xavierc
       Dans le virage du fond du parking.
       Nuit du 31 juillet au 1er août 2019
       Dobson 508/1920
       
       11 dessins : 8873 à 8883.
       
       Après une bonne sieste, je suis opérationnel à 23h15. Le ciel est plus dégagé des voiles que ce qu'annonçaient les prévisions météo, on ne va pas s'en plaindre.
       J'observe une nébuleuse planétaire d'Ophiucus pour entamer la nuit.
       
       Observation 8873 : PK10+18.2.
       85x, 631x, 402x. L'idée de cette observation vient une fois de plus des fiches de Michel Nicole le québecois.
       Répondant bien au filtre O3, elle est bilobée dès 85x, justifiant son surnom de Nébuleuse du Papillon.
       Son étoile centrale est faible, la nébuleuse en partant est très faible.
       Elle est trop sombre à 631x. Le filtre O3 n'apporte aucun détail supplémentaire, je préfère la nébuleuse planétaire au naturel.
       
       
       Je regarde ensuite 2 galaxies de la même constellation.
       
       Observation 8874 : NGC6509.
       85x, 201x. Vue à 85x, elle se révèle diffuse à 201x, faible, et montre son centre un peu plus visible en vision décalée.
       
       
       La seconde assez esthétique sera montrée à 3 personnes dont Didier L.
       
       Observation 8875 : UGC11093.
       201x. Faible, elle est bien plus effilée en vision indirecte qu'au premier abord.
       
       
       Je pointe ensuite un amas globulaire du Sagittaire, un Messier en plus, que je montre à Aymeric.
       
       Observation 8876 : M75.
       85x, 201x, 402x. Je l'aperçois dans le chercheur, très faible et ponctuel.
       A 85x c'est une autre histoire, il est brillant, condensé, bleuté. Son coeur est bien plus brillant que le reste, le pourtour reste considérablement faible.
       Il est partiellement résolu à 201x, et surtout 402x. En vision indirecte, le coeur fourmille d'étoiles à la limite de détection.
       La turbulence est assez forte à 402x, de 4 à 3 sur 5 sur l'échelle Ciel Extrême.
       
       
       Des voiles arrivent à 1h40.
       Je tente la nébuleuse planétaire NGC6210 dans Hercule à l'écart des voiles, afin de tenter d'y voir plus que lors de mon premier dessin au 508, mais elle est trop turbulente pour ce but.
       
       Je me rabats sur des galaxies de la même carte de champ histoire ne pas être venu pour rien.
       
       Observation 8877 : NGC6181.
       85x, 201x, 276x. Facile à 85x, elle est considérablement faible à 276x et dévoile quelques nodosités VI4 à 5 donc à la limite de perception.
       
       
       J'entends les cloches du troupeau de moutons aperçu de jour sur l'Aup au sud de la station.
       
       Observation 8878 : NGC6168.
       Celle-là à peine soupçonnée à 85x me donne plus de fil à retordre, je la vois VI4 à 3 (25% à 50% du temps en vision indirecte) et allongée à 201x.
       
       
       M33 fut cette nuit vue faible en vision directe à l'oeil nu, un bon niveau 2 sur l'échelle de Bortle donc.
       
       Voici la suite et fin du groupe de galaxies des Poissons autour de NGC193, entamé aux Estivales de Webastro.
       
       Observation 8879 : NGC194 et 199.
       201x. NGC194 est considérablement faible, et NGC199 faible à très faible.
       Un voile arrive dessus à 3h.
       
       
       Le temps d'un coup de barre, 10 minutes après les voiles sont partis de cette zone.
       
       Observation 8880 : NGC186.
       201x. NGC186 me montre son noyau considérablement faible, le reste est allongé très faible à VI1.
       
       
       Observation 8881 : NGC193 et 204.
       201x. Ce couple est similaire. NGC193 faible et diffuse est accompagnée de NGC204 faible à très faible et diffuse.
       
       
       Un peu de buée arrive à 3h30.
       J'ai besoin d'une vraie pause, d'où 25 minutes de sieste allongé sur le siège passager avant de la Dacia, incliné au max.
       
       Observation 8882 : NGC202/3.
       201x. Je termine par cet autre couple ma visite au groupe de NGC193. NGC203 est faible à très faible et montre facilement son allongement, et NGC202 est faible.
       
       
       A 4h10 un peu de hoquet me transforme en grenouille, peut-être à cause d'une ingestion trop rapide de biscuits?
       J'en ai raison grâce à mes talents d'apnéiste, on n'est pas pour rien de la génération "Le Grand Bleu"!
       
       Je termine la nuit sur la comète ASASSN C/2018 N2 dans le Bélier.
       Jean-Bernard et Aymeric la regardent aussi.
       
       Observation 8883 : ASASSN C/2018 N2.
       201x. Positionnée à 4h40, elle est très diffuse, considérablement faible, et son déplacement est perceptible en quelques minutes. J'estime sa magnitude à 14 à la louche.
       
       
       Je connais par contre un échec sur une autre comète, Panstarrs C/2017 T2 dans le Taureau car il fait trop jour.
       A refaire dès le lever des Hyades la prochaine fois.
       
       Je laisse Aymeric pointer NGC253 du Sculpteur au T508 mais elle est trop faible dans l'aube avancée pour la détailler à sa juste mesure à 5h, le fond de ciel bleuit.
    • By guillau06
      Bonjour,
       
      Hier soir avec deux amis astronomes, nous nous sommes retrouvés dans un lieu magique, cette soirée restera dans le top 3 des meilleurs soirée astro que j'ai pu faire (et elles sont nombreuses...)
       
      Arrivée sur les lieux vers 16h, l'endroit qui se situe dans les Alpes du sud, impose le respect.
       

       
      Installation du matériel, après avoir chercher un endroit bien placé pour voir la polaire, car les sommet sont hauts, 3143m pour le plus imposant , qui est aussi le plus haut sommet des Alpes maritimes, le "Gélas".
      Voici donc le bivouac  
       

       
       
      Repérant des chamois au loin, je décide de les approchées pour leurs tirés le portrait, j'ai réussi a être a 50m d'eux , mais je me suis fait griller , reste quand même ces deux photos.
       

       

       
      Le soleil déclinant , les couleurs commencent a devenir extraordinaire, ajouter a cela un fin croissant de lune, et le tableau et parfait (Précision importante , je n'ai absolument pas retoucher des couleurs des photos de la lune.)
       

       

       

       
       
       
      Ensuite, les étoiles commencent a apparaitre, le spectacle commence , la nuit PARFAITE pas de vent , pas d'humidité, pas trop froid, bref une nuit de rêve...
       

       

       

       
       
       
      Le coucher se fait a 4h du matin, pour un levé a 6h, dans la voiture...dur dur!
       
      Mais, la lumière du matin me fait vite oublier la fatigue....
       

       
       
      Bon c'est pas dans mes habitude de faire des CROA, mais c'était vraiment TOP, alors je partage
      Bien sur, j'ai fait des photos du ciel profond, qui promettent d’être sympa, la suite prochainement.
       
      Bon ciel
      Guillaume
       
    • By xavierc
       Dans le virage du fond du parking.
       Nuit du 30 au 31 juillet 2019
       Dobson 508/1920
       
       7 dessins : 8866 à 8872.
       
       La journée fut dure, car il fallut d'abord remballer aux Estivales de Webastro (vers Chambéry) toutes les affaires dont 2 tentes, puis faire 3 heures de route jusqu'à Valdrôme dont une partie montagneuse vers la fin, et réinstaller tout le bazar.
       D'ailleurs j'apprécie la modularité de mes 2 tentes, car je n'ai monté que celle pour dormir cette nuit, procrastinant au lendemain le montage plus complexe de la tente salon.
       J'ai déchargé les morceaux du télescope sur le parking avant, mis sous bâche, puis après 2 heures de sieste, j'ai monté le télescope à la lueur de la lampe rouge en faisant gaffe de ne pas gêner les observateurs autour, dont le plus proche Jean-Pierre B. le photographe, l'un des nombreux astropotes que je retrouve cette nuit.
       
       Je suis enfin opérationnel à 23h52 TU.
       
       Je pointe une nébuleuse planétaire d'Hercule.
       
       Observation 8866 : IC4593.
       85x, 631x. Je peine pour la repérer, car il y a une petite erreur de positionnement sur l'atlas Uranométria et elle est d'aspect stellaire à 85x. C'est finalement son assez bonne réponse au filtre Oxygène 3 et sa coloration verdâtre à 85x qui la trahissent.
       J'en profite pour corriger l'atlas pour faciliter la prochaine tentative.
       Malgré la turbulence forte de  4 sur 5 à 631x, je remarque bien son étoile centrale assez brillante entourée d'une nuée considérablement faible à bords flous.
       
       
       La demi-nuit sera contrariée par des passages de voiles, bien gênants parfois.
       
       Rendons visite à quelques galaxies d'Hercule après cette nébuleuse planétaire.
       
       Observation 8867 : NGC6083.
       85x, 201x. Elle n'est pas sûre à 85x, mais à 201x je la vois diffuse, très faible à VI1.
       
       
       Observation 8868 : NGC6078.
       85x, 201x. Contrairement à la précédente, elle est vue assez facilement à 85x. Je la note de brillance faible.
       
       
       Observation 8869 : NGC6074.
       201x. Elle est considérablement faible à faible.
       
       
       
       Je m'adapte aux voiles en visant dans les zones préservées.
       Ca me fait m'éloigner vers un amas ouvert puis une nébuleuse planétaire de Céphée.
       
       Observation 8870 : NGC7235.
       201x. Je le repère au chercheur 9x50 comme un point considérablement faible.
       Au Dobson 508, il est fourni et réhaussé de 2 étoiles colorées.
       
       
       Observation 8871 : PK103+0.1.
       85x, 201x. Elle est évidente en filtrant en Oxygène 3 à 85x, elle y répond fortement. Ce n'est pas le cas en HBêta où rien n'est visible.
       Par contre sans filtre elle est quasi invisible à 85x, mais confirmée à 201x, très faible sans filtre.
       Son étoile centrale est considérablement faible. En O3 les bords de la nébuleuse sont plus nets et une portion d'anneau apparaît.
       
       
       Des voiles s'amènent dessus, tout le ciel est touché.
       
       Je pars me balader sur le parking, rendant notamment visite à Jean-Bernard C. et Paul L.
       
       Observation 8872 : NGC7261.
       201x. Je reviens à la faveur d'une trouée observer un autre amas ouvert de Céphée, que je montre à Aymeric. Ca passe bien dans un ciel un peu dégradé, et le pouvoir collecteur du 508 les sublime en brillance et parfois couleurs.
       
       
       Notre Nicolas national, observateur émérite de comètes, est là pour sa dernière nuit et s'était relevé à 3h30 pour sans doute en chercher quelques-unes mais il y a trop de voiles pour qu'il opère. Il ne reste que nous deux comme jusquauboutistes dans le virage. Plus une chouette hulotte qui se fait entendre au nord.
       
       Je dors une demi-heure dans l'auto, espérant un ciel meilleur. Le ciel est encore voilé, mais ça s'améliore doucement.
       A 4h Nicolas remballe, je fais de même car fatigué et l'aube étant imminente.
    • By xavierc
       Estivales de Webastro à Aillon le Jeune (73), au sud-est du parking.
       45°38'33,78"N et 6°3'44,27"E
       Nuit du 29 au 30 juillet 2019
       Dobson 508/1920
       
       13 dessins : 8853 à 8865
       
       Après plusieurs jours de mauvais temps dont plus de 24h de précipitations continues, le ciel se dégage bien sûr après la fin officielle des Rencontres.
       Je suis le seul astronome restant mais 3 véhicules ont déjà rejoint le parking dont 1 camping-car et une voiture aménagée avec tente sur le toit.
       Je m'en suis éloigné pour me positionner vers l'est de la salle hors-sac et au nord des toilettes, priant pour qu'aucun animal aille déclencher les halogènes à capteurs de mouvement près des bâtiments de la station au sud. Ca sera le cas.
       
       Je me  rends compte en débâchant qu'il y a une mare d'une profondeur d'1 cm dans le rocker du Dobson suite aux orages, l'eau a pu un peu s'y faufiler.
       Le reste est heureusement demeuré sec, notamment le miroir primaire.
       Ne pouvant pas rapidement démonter le télescope pour vider, j'éponge avec ma serviette de bain, et c'est efficace.
       
       Après ce contretemps, je suis prêt à observer à 22h36 précisément.
       
       J'ai voulu tenter Jupiter, mais elle turbule bien trop à 631x, me permettant néanmoins de voir la Grande Tache Rouge.
       
       Je prendrai quelques photos d'ambiance cette nuit.
       
       
       
       
       
       
       
       Je commence avec des galaxies de la tête du Serpent.
       
       Observation 8853 : NGC5956.
       Elle est vue dès 85x avec NGC5957 dans le même champ. A 201x, son noyau considérablement faible est condensé, le reste est très faible à perceptible.
       
       
       Observation 8854 : NGC5957.
       201x et 276x. Je remarque d'abord son centre considérablement faible et son halo très faible à perceptible, puis assez rapidement je la soupçonne d'être spirale à 201x et 276x.
       Je note une spire VI4 (25% du temps en vision décalée) à l'ouest, et une autre plus ardue VI5 (10% du temps en vision décalée) à l'est.
       Sa barre centrale est VI4 à 5.
       Plusieurs satellites brillants sont passés dans le champ de NGC5957, quelle plaie! Merci Amazon?
       
       
       L'humidité est prégnante sur le site, la buée s'est vite déposée sur les affaires au sol.
       
       Observation 8855 : NGC5970.
       201x et 276x. Assez faible, cette galaxie me montre bien plus facilement que la précédente sa barre centrale, qui présente même une texture grumeleuse, mieux résolue à 276x. Le pourtour faible à perceptible est très diffus. Là aussi il y aurait des spires, mais incertaines.
       
       
       Un chien de taille moyenne est sorti d'une voiture arrivée depuis peu et court comme un fou dans l'obscurité sur le parking.
       Heureusement qu'au final le Petit Chien ne visitera pas le Grand Télescope, car ça marche moins bien dans ce sens!
       
       Je m'étais éloigné à l'ouest du parking pour un pipi dans l'herbe, et bing, une voiture a allumé ses feux de route à l'opposé à l'est!
       Heureusement que du fait de mon activité je lui tournais le dos, ce qui m'a évité d'être ébloui.
       Comme elle persistait à éclairer le site, avec mon télescope pile dans l'axe, j'ai été signaler la gêne au gars au volant, trop occupé sur son téléphone portable pour s'en rendre compte alors que je lui faisais des grands signes depuis l'autre bout du parking.
       Il part peu après, rendant le parking à sa quiétude, les autres voisins étant restés discrets, même le toutou coureur qui a marqué un court temps d'arrêt à quelques mètres du télescope avant de fuir quand j'ai regardé vers lui.
       
       Avec ma vision scotopique sauvegardée, je regarde un amas globulaire du Sagittaire.
       
       Observation 8856 : NGC6717.
       85x, 201x et 276x. Je ne l'ai pas immédiatement reconnu à 85x, car je l'avais toujours vu comme une boule floue au Strock 254mm, mais là il m'apparaît résolu comme un triplet serré à ce grossissement.
       201x et 276x le confirment en montrant d'autres étoiles membres. Ses étoiles sont considérablement faibles à perceptibles, se détachant sur un halo non résolu très faible.
       
       
       Je regarde l'objet précédent du NGC à proximité, un amas ouvert cette fois.
       
       Observation 8857 : NGC6716.
       85x, 138x. La turbulence est mauvaise, 4 à 5 sur l'échelle Ciel Extrême à 138x. Du coup les images sont très floutées, réduisant la magnitude limite.
       Mais comme cet objet est encore plus bas depuis ma région, je le dessine malgré tout.
       Il reste fourni malgré ces conditions , avec des étoiles dont les éclats s'étagent de brillant à perceptible.
       
       
       Ah, les autres chiens du coin, ceux de l'élevage en contrebas, remettent ça comme toutes les nuits, bruyants avec leurs sinistres aboiements lupesques.
       
       Je m'accorde une micro-sieste dans la voiture à quelques mètres.
       
       J'observe au retour la petite galaxie IC entre Messier 13 et NGC6207 dans Hercule.
       
       Observation 8858 : IC4617.
       201x. Voilà encore un pari déniché à l'époque dans le magazine Ciel Extrême et formalisé dans les fiches de Michel Nicole, dont la carte de cheminement est bien pratique pour trouver la minuscule et faible galaxie de magnitude 15.2.
       Elle est assez facile, très faible, par contre son orientation allongée n'est vue qu'en vision indirecte poussée.
       Au passage, vu que c'est dans la banlieue de M13, j'ai regardé rapidement l'amas globulaire et son Y sombre qui ressortait très facilement ce soir.
       
       
       Je poursuis à l'aide des fiches de Michel sur un groupe de galaxies des Poissons.
       
       Observation 8859 : NGC125/6/7/8/30.
       201x. Ce groupe intéressant a une disposition inhabituelle, je vois dans sa plus brillante et longue galaxie NGC128, accompagnée en V par 1 de chaque côté, comme une sorte de vaisseau spatial avec ses 2 réacteurs.
       NGC125 est considérablement faible à faible, NGC126 très faible, NGC127 VI1 à 2 floue, NGC128 assez faible et diffuse, et enfin NGC130 très faible.
       
       
       J'ai froid aux mains à 2h30, on est à 1400m ici, je mets les gants.
       
       Je pointe ensuite diverses galaxies de la Baleine.
       
       Observation 8860 : NGC132.
       85x, 201x. Vue dès 85x, elle est plutôt faible, diffuse, à centre ponctuel en vision indirecte, allongée tout en étant circonscrite dans un halo rond.
       La nuit est décidément turbulente, je note une turbulence de 4 sur 5 à 201x dans les Poissons.
       
       
       Observation 8861 : NGC192/6/7.
       201x. Ce trio est dominé par NGC192 à centre considérablement faible, qui montre aussi une bande sombre en VI3-4. Elle se fait escorter de NGC197 vue VI3 et très diffuse, et NGC196, assez faible à considérablement faible, à centre très marqué.
       
       
       Observation 8862 : NGC201.
       201x. C'est la dernière du groupe du dessin précédent, un peu plus écartée du trio, très faible et très diffuse.
       
       
       Je suis fatigué et le nez coulant à 3h30.
       Je distingue faiblement M33 à l'oeil nu, ce qui classifie ce site sur le niveau 2 de l'échelle de Bortle, très bien.
       
       Je refais une sieste, de 20 minutes.
       
       Je concentre mes derniers efforts observationnels sur un groupe de galaxies des Poissons autour de NGC193 jusqu'à l'aube qui finit par arriver vers 4h30.
       
       Observation 8863 : NGC182.
       85x et 201x. Je la remarque à 85x. Plus grossie, elle est considérablement faible, diffuse, à centre proéminent.
       Un météore assez brillant traverse le champ.
       
       
       Observation 8864 : NGC198 et 200.
       201x. A proximité de la précédente, elles sont respectivement diffuse considérablement faible à faible, et considérablement faible allongée mais floue. L'aube se fait sentir.
       
       
       J'en grappille une dernière de la même carte de l'atlas avant qu'il ne fasse trop jour.
       
       Observation 8865 : NGC208.
       201x. Elle est très faible dans l'aube.
       
       
       Il est temps de remballer le télescope, j'effectuerai exceptionnellement cette opération entièrement après la nuit d'observation, vu que plus aucun astropote est présent sur le parking pour empêcher d'éventuels chapardages ou dégradations par des tiers touristes. Je mets le tout au plus pressé dans la voiture, je rangerai mieux en remballant le reste en journée.
       
       Je quitterai le site à 14h pour rejoindre un autre parking de station, à Valdrôme, et une autre rencontre d'astronomes amateurs, Astrociel de la Société Astronomique de France.
    • By xavierc
       Estivales de Webastro à Aillon le Jeune (73), au sud-est du parking.
       45°38'33,78"N et 6°3'44,27"E
       Matin du 26 juillet 2019
       Dobson 508/1920
       
       6 dessins : 8846 à 8851
       
       Nous avons subi un orage très violent cet après-midi, avec la foudre qui est tombée sur les arbres à 200 mètres de nos tentes.
       L'air sentait le bois brûlé ensuite.
       
       Le ciel s'est dégagé magnifiquement vers 0h30, mais les éclairs d'orages voisins nous gêneront cette nuit. Ces derniers longeront le site toute la nuit, certains monteront même brièvement au zénith.
       
       Je rends visite à quelques nuages obscurs (plus paisibles que ceux de la journée) vers lambda de l'Aigle.
       
       Observation 8846 : B127.
       Barnard 127 est moyennement sombre, diffus, à 85x.
       
       
       Observation 8847 : B129.
       Barnard 129 est voisin du précédent. Je note son aspect assez diffus, ses bords flous à 85x.
       
       
       Je change de type d'objet en restant dans la même constellation, ayant au menu une nébuleuse planétaire.
       
       Observation 8848 : NGC6852.
       85x, 276x, 402x. Je la vois tout de suite, considérablement faible et petite à 85x. A 276x, son anneau est visible, mieux avec le filtre Oxygène 3 (O3).
       Elle répond très bien à ce filtre d'ailleurs.
       La turbulence est assez importante (3 à 4 sur l'échelle à 5 niveaux de Ciel Extrême).
       
       
       Je montre M57 à mes voisins puis je poursuis mes dessins dans la Lyre, dans le secteur que je n'avais pas pu terminer hier à cause de la fatigue.
       
       Observation 8849 : NGC6695.
       Elle est faible et montre à 201x quelques nodosités à la limite de la vision indirecte (VI4 à 5).
       
       
       Le vent est plus fort.
       A 3 heures, la Lune décrue à moitié est cachée par les nuages des orages à l'Est.
       
       Observation 8850 : NGC6703.
       Je n'ai pas pu la dessiner hier dans la foulée de sa voisine NGC6702 à cause de la fatigue. Manque maintenant réparé!
       Son centre plutôt faible lui donne son aspect condensé à 201x, son halo diffus étant considérablement faible.
       
       
       Je termine sur un autre univers-île en plongeant avec le Dauphin dans l'Océan Céleste.
       
       Observation 8851 : NGC6956.
       Je l'aperçois dès 85x, collée à une étoile.
       Grossie 201x, elle est faible, très diffuse. Une spire est soupçonnée 50% du temps en vision indirecte (VI3).
       
       
       L'aube arrive sur ces entrefaites.
       Je suis fatigué, et le seul encore éveillé sur le site d'observation.
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