Vesper

Lumières des terres arides, épisode III : Coeur de verre

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III- Coeur de verre

 

Au lecteur : mes excuses, j’ai été sous le boulot. Je sais qu’on dit toujours ça pour se dédouaner, mais là c’est vrai.

Au lecteur courageux : je suggère de relire l’épisode (ou les épisodes, pour les plus intrépides) précédent ici :

 

 

La nuit claque sur la terre comme un coup de fouet. Subitement, il pleut des éclats de cristal. L’instinct commande de ramper. Oui, petit sapiens rampe à la surface de sa planète pendant que le ciel sauvage danse une ronde éclatante et silencieuse autour du pôle sud.

 

Je m’affaire auprès du gros Dobson. Me penche prudemment sur son coeur de verre et m’écrie intérieurement : “Mon Dieu, c’est plein d’étoiles !” tel un Dave Bowman austral (“2001 l’Odyssée de l’espace”. On a les références qu’on peut). J’insère le Panoptic 41, de la taille d’un poing, dans le porte-oculaires. Puis je prends les commandes, enfin j’essaye, en plaisancier du dimanche habitué à une coquille de noix essayant de dompter un glorieux trois mâts. La nuit s’est d’ailleurs levée comme une tempête où la multitude d’éclats de cristal qui ne scintillent pas m’empêche de discerner même une ébauche de constellation.

Et c’est un corps à corps, j’y danse quelque chose qui rappelle le ju-jitsu. Le Gros résiste, il faut pousser et tirer, en force et en douceur, tout en même temps. Profiter de sa force pour l’emmener où je le souhaite. Finalement bien entendu, c’est lui qui m’embarque.

 

Après bien des errements le Gros m’emmène à NGC 1566, pourtant facile. Contrastée et tourbillonnante, vue de face. Deux spires sont très évidentes, qui partent en s’effilochant dans des voiles de brumes vertes. Le noyau est brillant, entouré d’un bulbe duveteux tout en nuances de gris brillant et diffus à la fois. C’est une observation facile et splendide.

 

Le Gros vire sur NGC 1617. C’est une autre histoire. Une tache, diffuse et assez étendue, vue de trois-quarts, révèle à l’observation des zones de luminosité différentes. Il y a comme des variations de densité et, mais oui, des zones plus noires qui forment une arabesque : c’est une spirale. Le noyau en revanche est assez brillant ce qui, par contraste, complique l’observation.

 

Emporté par son élan, le Gros bascule non loin vers l’est et NGC 1546 m’apparaît. Elle est elliptique et chétive. Très facilement perçue, elle n’est cependant remarquable en rien, du moins à mes yeux d’éternel dilettante. C’est une âme en fuite, rien de plus.

 

Raymond surgit dans la nuit, un morceau de savon à la main. Heureusement ce n’est pas à moi qu’il veut passer un savon, mais au Gros dont il commence à savonner vigoureusement les axes d’altitude et d’azimut. Intérieurement je me ris du Gros : “ha ha ha, alors ça fait quel effet de se faire savonner les oreilles ? C’est pas ce qui s’appelle se faire savonner la planche, ça, littéralement ?”.

Et c’est sur cette planche savonneuse à l’odeur de citron vert que je poursuis désormais mes glissades galactiques. D’ailleurs sans rire c’est vrai, ça marche un peu : le Gros m’emmène plus facilement où il veut. Il n’y a pas de petite vengeance.

 

Nous dérivons toujours dans la Dorade, où ce que j’identifierai plus tard comme NGC 1763 me tombe dans l’oculaire. C’est une empreinte de pas, quatre nébulosités principales recomposent une autre patte de chat sur fond d’étoiles bien visibles. Mais un chat à quatre doigts. Un renard, peut-être. Un renard qui aurait couru dans de l’encre verte sur des poussières de diamant.

 

Non loin, le Gros dérape sur NGC 1672. C’est radicalement différent et il  faudra que je me confirme à moi-même qu’il s’agit bien d’une galaxie : vue de face mais asymétrique, elle affecte plutôt la morphologie d’une virgule. Une virgule structurée et brillante, avec un point brillant au centre. Une sorte de point virgule galactique, en somme.

 

Un coup d’épaule, involontaire forcément, m’emmène dans la Grue. Je passe ici sur les péripéties imputables, en vrac, au chercheur, au Telrad, au point rouge, et à moi-même en somme. Tous ces dispositifs que j’ai au fil des nuits montés en série, à moins que ce ne soit en parallèle, produisent des erreurs. Que je préfère mettre sur le compte du Gros, qui a le dos large, forcément. S’il y a un domaine qui ne supporte aucune approximation, c’est bien le pointage astronomique.

Bref comme dirait Pépin, je finis par buter sur le trio de la Grue, Abell 5187, qui m’apparaît dans toute sa gloire. Trois galaxies forment un triangle presque isocèle. L’une est vue de face, au sommet du triangle. Les deux galaxies qui forment la base sont vues de trois-quarts mais sous des angles différents, ce qui contribue à la sensation de relief. J’y passe un très long moment, le vertige s’accentue, l’ensemble gagne en densité et en intensité. Au final c’est une gloire de lumière où les trois galaxies, par un effet de perspective abyssal, semblent fuir dans l’Ether.

 

Un peu plus loin je glisse sur NGC 7424. C’est une marguerite vue de face. Ses pétales spiralés sont marbrés de nodosités, il y a des différences de densité. Au Nagler 16 le bulbe est allongé, ovale. L’ensemble est assez brillant et occupe bien le champ oculaire. Tout baigne dans une légère nébulosité qui nimbe les spires, comme un écrin de phosphore.

 

En cherchant NGC 1313 dans le Réticule, le Gros m’amène sur NGC 1574. Mhh, oui bon. Certes. C’est, comment dire, pour le fun. Rien de bien émouvant à la vue de cette galaxie lenticulaire oubliée dans le recoin d’une petite constellation australe. J’observe le vestige d’un vertige, me dis-je.

 

Sur le coup de la déception, je vais dans l’observatoire manger un biscuit chilien aux fourmis australes. Les picotements sur la langue sont toujours surprenants. J’en garderai quelques heures une sorte de difficulté d’élocution.

Je décide de faire escale et m’allonge sur le dos, les yeux grands ouverts sur une voie lactée si étincelante qu’elle projette des ombres.

L’observatoire, abri à toit roulant du très regretté C14, est notre esquif sur la marée stellaire. On pourrait y pratiquer une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans la marine, où chacun effectuerait son quart au rythme non pas des coups de tabac et autres grains, mais bien des coups de barre.

 

Un somme et quelques gorgées de camomille plus tard, je trouve enfin la pourtant évidente NGC 1313. Le Gros a dû avoir pitié. Structurée et brillante, la belle arbore aux Naglers 16 et 9 une forme indiscutable de S. C’est une belle spirale barrée vue de face. Le noyau est tout à fait évident. Il y a des zones de brillance différentes, dans le bras du dessus et d’ailleurs également dans celui du dessous.

L’observation est belle. Ces petites constellations australes, on ne pense à rien en mangeant un gâteau aux fourmis et puis ça claque. Vive le Gros. Ce Monsieur Dobson a bien fait de ne pas inventer une simple marque de bière comme je le suggérais, finalement. Il faut dire que, même si le Réticule n’était pas très haut au moment de l’observation (genre 10°) ça ne fait guère de différence ici : les étoiles se lèvent nettes et ponctuelles au ras de l’horizon.

 

Plus haut dans l’Eridan je retrouve NGC 1531 et 1532, couple de galaxies physiquement associées. C’est une belle vision aussi : la petite NGC 1532 semble perchée en oblique juste au-dessus de sa très grande soeur vorace, qui l’attire pour la dévorer. Il y a de la perspective dans l’image, l’ensemble est vu de profil ou de trois-quarts très incliné qui donne une profondeur où je me noie un long moment. J’observe deux galaxies en interaction et en direct, si l’on peut dire. C’est beau, étonnant, intéressant et vertigineux. Quelque chose comme deux coeurs en fusion emportés dans un vertige.

 

Xavier passe et, après un coup d’oeil sur ces objets bien brillants à ses yeux de lémurien, me parle de, je cite fidèlement : “la double boucle concave circulaire de l’Eridan”. Je reste coi et d’ailleurs bouche bée dans la nuit d’encre. Une boucle, je vois sans problème. Une double boucle, je veux bien. Une double boucle circulaire, mhh, il me semble qu’on frise le pléonasme. Mais une double boucle circulaire concave ? Vue de l’hémisphère boréal ou austral ? La tête en haut ou la tête en bas ? Se paye-t-il ma fiole ? Et qu’en pense Bruno qui, à une vingtaine de mètres, filme des escadrilles de F16 (sic) sur ses écrans rougeâtres dans un sifflement de refroidisseur Pelletier ? Nous ne le saurons jamais. Moi bien entendu je suis persuadé qu’il s’agit d’une galéjade. Dilettante oui, naïf non. Je retourne m’épancher sur l’épaule en bois véritable du Gros, qui en profite pour se dérober sous ma poussée comme toujours.

 

Après bien des errements et bien plus tard, je retrouve la S’Nebulae ou NGC 5189, dans la Mouche. Ce n’était pourtant pas très difficile. Le S est bien visible, j’y distingue à l’observation des branches supplémentaires, comme une barre qui raye le S, malheur mais c’est l’horreur me dis-je subitement, un symbole monétaire accroché au ciel ! Heureusement c’est passager, d’ailleurs à la ré-observation la barre est plutôt diagonale que verticale. Et puis l’ensemble est filamenteux, comme effiloché. C’est, à mon grand soulagement, bien plutôt une rose des sables en nuances de gris. J’ai frisé le krach céleste.

 

Toujours sur ma pente savonneuse à la bonne odeur de frais, je glissouille et tombe sur NGC 3621. J’ai failli l’éviter, si je puis dire, car c’est une toute petite condensation de givre. A l’observation je devine l’amorce de bras spiraux, vus de trois-quarts. Et puis à la réflexion, sans jeu de mots, apparaît une brume argentée qui baigne l’ensemble. Finalement c’est joli. Un fantôme perdu dans la nuit.

Non loin et toujours dans l’Hydre, le Gros tombe en arrêt (et moi aussi par la même occasion) sur NGC 5101. Une galaxie vue de face, dont je perçois rapidement les bras spiraux. Il me semble qu’elle est barrée. Plus surprenant est le disque qui m’apparaît autour, comme une bague qui entourerait le bulbe ovoïde. Mais c’est en vision décalée même sous le ciel andin.

Beaucoup plus loin en remontant vers l’est, au gré d’une erreur de pointage, je vois passer dans le champ une condensation de brume givrée. Il y a ici tellement d’objets que, finalement, laisser faire le hasard et le Panoptic 41 peut constituer une option gagnante. La partie épineuse étant alors l’identification des objets a posteriori. Mais c’est tout simplement NGC 2997, dans la Machine Pneumatique, qui exhibe facilement trois bras spiraux vus de face.

 

Sur la colline, à une trentaine de mètres, les instruments automatiques d’ordinaire inaudibles exhalent un murmure, expriment un changement de fréquence : dans un soupir, les télescopes et autres roues à filtres regagnent leur position de parking. L’aube approche.

Xavier fait des excès de vitesse avec 20 dessins à la nuit.

Bruno essaye de dompter ses caméras qui sifflent aux étoiles dans la nuit encore étincelante.

Nous sommes trois fantômes à l’ombre de la voie lactée.

Trois pèlerins au désert.

Nous étions du même rêve.

 

Tourbillons de poussières des étoiles passées. Soleils anciens. Etoiles exotiques. De temps à autre une écharde de lumière raye la nuit de diamant. Les météores font des signaux de fumée. Dans le ciel puissant il pleut des gouttes de cristal. Ces constellations éclatantes, ces plages de diamants, les reverrai-je encore ? J'ai été bien loin, la route est presque finie.

 

Mais quoi de mieux que redescendre la colline dans la nuit finissante, les poches pleines d’oculaires et le nez au vent de millions de soleils ?


 

Pierre Heinz, Strasbourg

 

[Fin]




 

Edited by Vesper
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Magnifique CROA.

 

Un bijou de poésie. Pour connaitre ces objets, je peux dire qu'on s'y croirait

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Magnifique :)

Mais c'est pas un CROA, c'est le beau roman de la nuit ;)

AG

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c'est bôôôôô et les nuits sont trop courtes...

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Hello 😊

 

Moi je lirais bien un de ces  livres au Monsieur ! 

Si l'idée t'as effleuré l'esprit je suis client ...😊

bravo et merci ! 

 

fred..

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Merci à tous pour vos commentaires très (trop) élogieux ! B|

...Je vais finir par choper un coup de Lune... :ph34r:

 

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    • By xavierc
       Dobson Strock 254/1200
       Seine et Marne site des ballots de foin.
       
       4 dessins : 9049 à 9052.
       
       Me voilà enfin de retour après une grosse période de mauvais temps!
       
       Il fait froid mais ça explique aussi le ciel dégagé.
      Je suis venu après un cycle de sommeil suite à la randonnée roller dominicale à Paris.
       La Voie Lactée d'hiver est perceptible  dans les Gémeaux, la Licorne et le Cocher.
      Le terrain est un peu défoncé par un engin agricole qui y a laissé de profondes traces de roues, mais la terre est assez meuble pour ménager un espace plat pour le rocker du Strock.
       
      Je débute la soirée sur une nébuleuse diffuse connue et un amas ouvert dans la Licorne.
       
      Observation 9049 : NGC2261.
       La Nébuleuse Variable de Hubble offre un aspect changeant d'une année à l'autre grâce à un jeu d'ombres portées, que me réserve-t-elle cete fois?
       Elle est facile, considérablement faible à faible à 75x, où sa forme triangulaire est déjà visible.
       Je la décortique à 109x, 150x et même 218x, tout ça sans filtre, car ces derniers ne répondent pas super, leur apport reste assez faible en Oxygène 3 et considérablement faible en HBêta.
       Je vois des nodosités dedans, qu'en vision décalée VI1 à 5.
       Rappel sur l'échelle Ciel Extrême utilisée : 1 équivaut à la visibilité de l'objet 100% du temps, 5 à moins de 10%.
       
       
       Observation 9050 : Basel 7.
       Cet amas ouvert est assez discret à 75x, mais cache son jeu, car devient assez fourni avec l'augmentation du contraste en grossissant à 109x. Le fait de grossir éteint plus vite le fond de ciel que la perte de lumière sur les étoiles.
       
       
      A 1h j'ai les mains gelées, car je n'avais pas encore mis les gants, ce qui est vite réparé.
      Je regarde ensuite quelques galaxies de Persée, mais je constate un peu tard que des voiles dégradent les images par là.
       
      Observation 9051 : NGC1186.
       109x, 150x. Cette galaxie difficile est trop sombre à 150x. Son coeur permet de la repérer bien que très faible à VI1. Le pourtour est allongé et vu mal, VI3 à 5. L'ensemble est peu contrasté. Mais comme dit auparavant, je remarque des voiles par là, le plus gros est plus bas ce qui n'exclut pas des voiles plus diaphanes sur cette galaxie.
       
       
      J'ai le nez qui coule au point que ça tombe sur la feuille de dessins. Encore heureux que je ne dessine pas à l'encre!
       Des chouettes se font entendre aux alentours.
       
      Observation 9052 : NGC1171.
       A 109x, elle m'apparaît condensée, très faible à perceptible et reste visible malgré la dégradation de l'image par encore de maudits voiles.
       
       
      J'aperçois une lumière de magnitude -6 à l'horizon ouest, c'est quoi encore que cette pollution? Heureusement qu'elle ne sera plus là la nuit suivante.
        Du givre sur la bâche et une nappe de brume dans le champ au Nord-Ouest indiquent l'humidité glaciale de cette nuit.
       Je remballe à 2h car je travaille dans la journée.
    • By xavierc
      Bonjour
       
      Je vous souhaite tout d'abord une heureuse année 2020.
      Voici le dernier CROA à jour par rapport à la recopie de mes dessins, j'ai pris du retard sur ces derniers avec la fatigue due aux transports en grève.
       
      Nord de la Seine et Marne à l'ouest des ballots de foin
       Soir du 20 novembre 2019
       Dobson Strock 254/1200
       
       3 dessins : 9045 à 9047.
       
       La météo automnale s'est installée, les sorties astro se font plus rares, même si j'ai pu faire 2 sorties étoiles doubles en période de Pleine Lune mi-octobre et observer partiellement le transit de Mercure devant le Soleil le 11 novembre.
       
       La fenêtre météo de ce soir de semaine n'est pas idéale, avec des horizons brumeux, mais c'est mieux que rien.
       Opérationnel à 22h30, je me suis mis à l'abri du vent du nord-est.
       Je me retrouve donc à l'ouest des ballots de foin encore conséquents à cette période.
       
       Il fait froid et le ciel est moins transparent que d'ordinaire à cause du fort taux d'humidité dans l'air, typique de la saison ici.
       Je prends le risque de me retrouver dans le brouillard à la campagne ces soirs-là, alors que chez moi proche de Paris la chaleur urbaine empêche sa création. Rageant après 45 minutes de route!
       
       Mais ce soir le ciel tient.
       Les phares des voitures sur la route départementale sont diffusés par l'humidité.
       
       Je commence par un amas ouvert de Persée.
       
       Observation 9045 : M34.
       J'aime beaucoup ce Messier riche, fourni à 75x avec son triangle principal d'étoiles doubles.
       
       
       J'aperçois une étoile filante dans Orion.
       
       J'ai froid aux mains, il est temps de mettre les gants.
       De la buée gêne parfois.
       
       Je poursuis sur des galaxies à la limite du Bélier et de la Baleine.
       
       Observation 9046 : NGC821.
       Je vois cette galaxie considérablement faible dès 75x, petite.
       Elle est cotonneuse à 150x, à centre facile.
       
       
       Les gants et bottes ne sont pas de trop par ce froid.
       
       Observation 9047 : NGC831.
       A 150x, cette galaxie VI1 à 2 (75% à 100% du temps en vision décalée) semble condensée.
       
       
       A 0h30 je remballe au milieu d'un coup de pompe et encore avec le nez coulant comme lors de la dernière sortie.
    • By xavierc
      Nord de la Seine et Marne au sud des ballots de foin
       Dobson Strock 254/1200
       
       3 dessins : 9025 à 9027
       
       Quand j'arrive dans la fraîcheur à 21h15, Malik est déjà là, trop au sud car installé dans le champ.
       La Lune va se coucher peu après mon installation finie à 21h40.
       Je mets toujours plus de temps à être opérationnel s'il y a un acolyte avec qui discuter.
       
       La soirée commence par un échec sur les nébuleuses Sh2-101 et Sh2-104 du Cygne.
       Je les ai pourtant déjà vues avec ce télescope. Le ciel ou moi ne devons pas être au top ce soir.
       
       Je me rabats sur des cibles plus faciles, quelques amas ouverts vers gamma du Cygne.
       
       Observation 9025 : NGC6871.
       75x, 109x. Il est assez fourni, ses étoiles sont considérablement brillantes à perceptibles.
       
       
       La lampe de la planche à dessins cafouille. J'utilise du coup la lampe de poche pour éclairer le dessin.
       De la buée s'invite par instants sur la lentille d'oeil de l'oculaire. J'essaie pourtant de retarder sa venue en mettant les autres oculaires au chaud dans les poches du manteau.
       Mais l'oculaire en place dans le porte-oculaire a tout le temps de se refroidir jusqu'au point de rosée pendant un dessin.
       
       Observation 9026 : Bi2.
       Biurakan 2 est un amas réparti en 2 groupes distincts à 109x, dominé par une étoile double assez brillante. Il contient des étoiles plutôt brillantes à perceptibles.
       
       
       A 23h Malik rentre dormir une demi-heure dans sa voiture.
       
       Le phare de la Tour Eiffel se montre gênant car je suis tourné à l'ouest pour ces dessins.
       
       Je connais encore un échec cette nuit, sur la comète Africano. Ne m'étant pas trop foulé pour préparer son repérage, j'ai voulu utiliser la carte d'Astrosurf Magazine mais me rends compte que finalement elle n'est pas assez précise par rapport à la brillance de la comète.
       
       Faisant fi de mon nez qui coule à cause du froid, je termine par des galaxies des Poissons.
       
       Observation 9027 : NGC315 et 311.
       75x, 150x. Malik a vu la plus brillante, NGC315, que je note considérablement faible à faible et vue dès 75x. Je remarque aussi NGC311 très faible à VI1, mais rate la troisième du groupe, NGC318, même à 150x.
       
       En cours de dessin, j'ai changé de crayon, impossible de tailler le précédent car la mine se casse sans arrêt.
       
       Des chouettes hulotte chuintent dans la nuit à la transparence perfectible.
       A minuit et demie je range tandis que Malik reste.
    • By xavierc
      Nord de la Seine et Marne au sud puis à l'ouest des ballots de foin
       Dobson Strock 254/1200
       
       5 dessins : 9019 à 9023
       
       Je suis prêt à 22h10.
       Je vais vite être embêté par le vent Est/Sud-Est chiant, en observant la comète Africano dans Andromède.
       
       Observation 9019 : Comète Africano C/2018 W2.
       75x, 109x. C'est une comète qui reste modeste, faible à très faible et très diffuse.
       
       
       Je m'énerve contre le vent fort, qui dépointe le tube, mais aussi contre les faux contacts de la lampe de la planche à dessin.
       Suite à ce vent intenable, je déplace tout le matériel à l'ouest des ballots de foin dans le champ moissonné et plan, à l'abri du fort vent devenu petite brise à cet endroit, et ce qui ne gâte rien, à l'abri de la lumière de la Lune à moins d'un jour avant le dernier quartier, qui se lève à 23h.
       
       Dans de bien meilleures conditions, je poursuis la nuit avec un amas ouvert du Petit Renard, Vulpecula en latin.
       
       Observation 9020 : NGC6802.
       150x, 109x. Le petit amas niché dans le Porte-Manteau (Collinder 399) est très faible, mal résolu ce soir.
       
       
       La nuit est entrecoupée d'une petite sieste d'une demi-heure, et comme je suis encore fatigué à minuit et quart, je dors un cycle de sommeil à l'arrière de la voiture.
       Je suis relevé à 2h, frais pour de nouvelles observations.
       
       J'entame une ode au ciel d'automne ayant pour thème les amas ouverts de Cassiopée.
       
       Observation 9021 : NGC637.
       75x, 150x. Il est détaché mais pauvre à 75x. Ses étoiles se révèlent assez brillantes à perceptibles.
       
       
       Un spot lumineux s'est allumé à l'ouest, pourrissant le ciel jusqu'à 15° de hauteur. Est-ce une nouvelle bêtise de Disney Village?
       
       Observation 9022 : NGC609.
       Pas vu à 75x, il montre quelques étoiles faibles à perceptibles à 150x.
       C'est nul! La Lune doit gêner pour en voir plus, diffusant sa lumière dans le ciel bien que le Strock soit dans l'ombre des ballots.
       
       
       Observation 9023 : NGC559.
       150x. Celui-là rattrape un peu la vacuité du précédent, puisqu'il est plus riche qu'au premier abord en étoiles plutôt faibles à perceptibles, mais je sens que la Lune gêne pour en voir plus.
       
       
       Le bilan de la nuit est décevant, entre le fort vent et la Lune trop grosse qui gomme les étoiles les plus faibles.
       Du coup je remballe prématurément à 3h20.
    • By xavierc
       Nord de la Seine et Marne au sud des ballots de foin
       Matin du 31 août 2019
       Dobson Strock 254/1200
       
       10 dessins : 8990 à 8999
       
       Je suis venu après une sieste indispensable car la semaine fut dure. Je commence les observations à 0h20.
       Je m'attendais à retrouver Jcb77 avec qui j'avais planifié la sortie, mais son astro-fourgon ne démarrant plus, il est cloué chez lui. Zut!
       Un peu de vent du nord-est souffle, je m'abrite avec le télescope derrière les ballots de foin.
       Le ciel est marqué de quelques petits voiles, dont un qui rend la Voie Lactée d'été plus intense, ça fait bizarre.
       
       Je vise les zones épargnées, plus spécifiquement quelques galaxies de Pégase.
       C'est la suite du groupe de NGC7626 dont l'observation avait été interrompue par de vils nuages à la dernière séance où Pégase était bien placé pour l'observation (seconde partie de nuit à cette période).
       
       Observation 8990 : NGC7623.
       A 150x, je la vois, très faible et un peu diffuse.
       
       
       Comme chaque nuit actuellement je bataille contre un moustique vers 0h40.
       
       Observation 8991 : NGC7631.
       Diffuse et allongée, elle me semble très faible à VI1 à 150x.
       
       
       Le froid arrive mais pour le moment la veste suffit au-dessus du tee-shirt.
       Mais bientôt le vent refroidit l'air au point que je mets le pull et le manteau.
       Le phare de la Tour Eiffel s'est éteint enfin à 1h.
       
       Observation 8992 : NGC7612.
       Faible, elle est visible comme une étoile floue à 150x.
       
       
       Des chouettes animent un peu la nuit de leurs chuintements.
       
       Observation 8993 : NGC7674/75.
       Belle surprise que ce duo tenté par hasard. NGC7674 à centre flou est un peu ovale, très faible et très diffuse, tandis que NGC7675 n'est vue qu'en vision indirecte mais 100% du temps alors.
       
       
       Observation 8994 : NGC7479.
       Cette superbe spirale barrée au Dobson de 508 va-t-elle me montrer certains de ces détails avec moitié moins de diamètre?
       Déjà, elle est plus faible qu'attendu, j'ai dû garder en mémoire l'impression au T508.
       109x, 150x, 218x. La galaxie est faible à très faible, et je note à 109x un départ de boucle en VI3-4 (25 à 50% du temps en vision indirecte).
       Bref, un miroir de 25cm n'est pas un 50cm!
       
       
       Je change d'objets, destination des amas ouverts de Cassiopée.
       
       Observation 8995 : NGC381.
       75x, 109x. Bien détaché à 75x, il est assez fourni en étoiles assez faibles à perceptibles.
       
       
       A 3h20 je m'offre un quart d'heure de sieste dans l'auto.
       
       Observation 8996 : St3.
       Stock 3. 150x. Il n'est pas remarquable, juste concentré.
       
       
       Une odeur de lisier de porc vient offusquer mes narines par intermittences.
       
       Observation 8997 : Be62.
       Berkley 62. 150x. Décidément, je ne pointe pas les plus riches, celui-ci aussi est pauvre.
       
       
       J'ai froid aux jambes, il faudra prévoir de remettre le pantalon de ski à la prochaine sortie au lieu de bêtement le laisser à la maison.
       
       A 4h20 Orion est entièrement levée.
       Je sens encore du vent gênant.
       
       Je veux tenter des galaxies de la Baleine mais le fond de ciel est finalement trop clair par là-bas, les observations seront décevantes.
       
       Observation 8998 : NGC179.
       109x. Elle est basse et vue VI1 à 2, sur fond trop clair.
       
       
       Le camion de lait est encore passé vers 5h.
       Un ballet d'autres camions vers la même heure a augmenté le bruit d'un coup quelques minutes.
       
       Observation 8999 : NGC309.
       109x. Elle est très diffuse, VI3.
       
       
       A 5h30, l'aube arrive. Je dors 25 minutes et prends quelques photos du site avant de remballer.
       
       
       
       
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