lyl

Danjon & Couder, les achromats en 1935

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C'est vrai que ce serait un long mais beau projet à faire, avec de la masse donc on peut retoucher, de plus quand j'ajuste le design ça donne de bonnes marges de mesure.

Normalement faire du sphérique à la main en 150mm, je pense que la précision peut monter haut. J'ai vu des spots bien concentré de l'ordre de la 1/2 onde pour la lentille crown quand on fait la première étape plan-convexe.

Ca doit bien passer en Schaer, surtout à f/20, les angles sont encore plus petits.

-------------------------

Pour faire r1 et la contrôler, le spot à 12mm devant est le plus concentré. Il faut une bonne distance pour mesurer : plus de 10m et mettre le côté plat vers la lampe sodium. Réussir à faire un spot petit comme ça c'est bon signe. en étant près de 2/3 PtV d'aberration sphérique à ce stade c'est pas mal. On est une sphère, mieux ça tendrait vers la parabole/hyperbole à éviter à cette étape. Dans l'autre sens, c'est plutôt ellipse, bof, ça doit rester en dessous de 3/4 PtV je pense sinon ça va trop modifier l'entreverre ensuite si on veut tout annuler avec le flint que l'on va creuser.

C'est plus long mais il faut se rassurer par le fait qu'un modif sur le verre est beaucoup moins impactant en réfraction qu'en réflection (miroir)

150f20-r1-r2flat.jpg.8bffb5661119cdc777b6c0754bae0842.jpg

 

Pour la qualité de l'entreverre à la fin, on peu se servir de l'interférence en anneaux de Newton avec la rotation d'une lentille sur l'autre pour vérifier qu'on a pas cradé et décentré la surface intérieure. Des cales en papier à cigarettes devrait faire apparaître une quinzaine d'anneaux/franges.

Edited by lyl

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Avec un entreverre de plus de 4 mm, tu devras mettre un anneau et non des cales pour effectuer le montage dans le barillet.

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Oui mais il reste à utiliser la bonne méthode pour régler les verres, l'espacement exact et pas que théorique, puis le balancement exact de parallélisme des deux verres.

Je doute que la petite lampe néon soit efficace.

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Pour l'étape 1, c'est pour mesurer la focale en liaison avec la courbure r1, certainement pas pour vérifier l'aberration sphérique à la fin.

Seul comme tu fais, un test étoile est pertinent.

Avec des focales pareilles et le niveau recherché, il n'y a pas beaucoup de solutions, étoiles ou banc adapté pour annuler la sphéricité.

Une étoile artificielle, il en faudrait des mètres de distance.

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Franchement je ne sais pas comment on peut régler un tel doublet, sauf à vérifier sur une étoile au final sur le ciel.

Cela peut faire beaucoup de démontages.

Je sais que le clark du lowell a été l'an passé démonté, nettoyé et réglé au labo chez ex-clark optics (qui existe encore). Peut-être que quelqu'un pourrait intervenir pour montrer comment faire avec les moyens du bord, si c'est possible.

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Une dernière explication sur les modes de vision en planétaire : la compression de la sensation couleur par le cerveau !

A peine croyable l'explication du pourquoi j'ai perçu le H-alpha comme un rouge chaud et non sombre sur la tête de cheval.

Le violet également : la perception du violet régresse en longueur d'onde alors qu'en pleine journée on verrait du bleu profond.

En visuel, on a donc raison de contrôler le "bleu pacifique 460nm" car sa sensibilité correspond à une limite réaliste. Par contre, il apparait à l’œil en couleur décalée, peut-être le fameux violet. A noter que 100 trolands, c'est élevé, c'est la limite supérieure du mésopique.

Le vert 510-540 est donc une plage qui s'apauvrit en intérêt à faible illumination, les bleus (486-500, raies nébuleuses bleu et cyan) par contre, malgré le peu de piqué de l’œil à cette fréquence est détaillé en nuances.

bezold-brucke-Hurvich1997.JPG.05ae63bc380b6f6ce83d905f19126600.JPG

Edited by lyl

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Juste pour le partage voici une photo qui illustre bien la maîtrise du chromatisme d'une vielle lunette formule Littrow à F15 . Photo prise avant hier, avec la 135 Couder  et un simple smartphone apposé sur un oculaire Clavé 40mm... je sais, la résolution n'est pas optimum, mais je précise que la turbulence était présente...

Bon été, Yohan

lune 11juillet_enc.jpg

Edited by YOYOASTRO
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Avec un smartphone ? huhu...

Faut chercher le chromatisme.

Edited by lyl
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Oui avec un simple S3... Faut vraiment que j'investisse dans une ZWO...  Pour le chroma, en effet faut le chercher ;) 

 

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La Robach le week-end dernier, la Lune en plein jour.

A peine installée et c'est déjà la file d'attente.

Une lunette à faire peur au gens ?

IMG-20190714-WA0003-theRobach.jpg.89d4a6b53720b7860aab76ee7890eb6d.jpg

Il faut du muscle pour la monter !

IMG-20190714-WA0000.jpg.33ae852ac92336a890f1dcccf673844a.jpg

C'est le doublet Zeiss A, rare, 130 mm f17.8 semi-apo, pas de traitement optique et pourtant. Probable que ce soit la version du Prof. Dr. Siegfried Czapski pour l'objectif.

La formule basée sur des verres crown au phosphate (lignée presque abandonnée) et des flints au baryum => verres lourds S.8 et S.30 calculs spéciaux de Schott.

L'objectif fut nommé A par Carl Zeiss, par fierté de la marque.

La Robach est à long f/D, plus long que nécessaire pour le critère semi-apo, cela lui donne une correction 3 fois meilleure à celle d'un objectif E déjà réputé. L'objectif B (True Abbe Apo triplet) est deux fois meilleur. (seulement)

Hastings (celui qui crée les formules d'oculaire triplet) quelques années après réalisa une formule similaire en SSKN8 + KzFSN4

C'est encore un des fabuleux "littrow" à coma non corrigée avec formation du reflet fantôme en amont de l'image réelle : pas de parasitage par les reflets internes.

Les premières réalisations de Czapski furent mise en forme et polie par Carl Bamberg à Berlin. Une deuxième en doublet gauss fut présentée au rassemblement Naturforscher-Versammlung en 1886. Zeiss industrialisa la première formule, plus connue, l'autre étant destinée à la spectroscopie.

Ce qui devint le A était potentiellement construit jusque 12" de diamètre à partir des verres de 1889 produit par Schott.

( source : Roger Ceraglioli )

Puis Zeiss la fit sienne.

Ces objectifs sont très proches des D&C d'observatoire, avec des strehl vertigineux de .97 et plus sur la plage de la raie e vert à C rouge profond, ce qui est inexistant dans les réfracteurs actuels.

Je vous laisse calculer ce que donne l'orthoskop 6mm sur l'engin.

Edited by lyl
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Magnifique et légendaire Lunette, j'aimerais beaucoup faire du planétaire et lunaire avec ;-) 

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Trop belle cette Zeiss ! Et je confirme l'effet des longs réfracteurs sur le public, car lors de mes 1 ères veillées estivales avec du grand public,  la 135 Couder a eu beaucoup plus de succès que mes gros Dobson... je n'ose pas imaginer ce que ça sera lorsque la 230 sera remontée ;) . 

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Effectivement, les lunettes ont un effet différent sur le public qui n'est pas habitué par l'observation. Images piquées et stables en général comparées aux télescopes....et la longueur du tube a un effet psychologique non négligeable. Tout le monde devrait commencer avec une lunette et passer au télescope de plus gros diamètre ensuite car là beaucoup de choses se compliquent. On pourrait en faire une liste .:D

La lunette c'est le baptême du feu.....et qui peut durer pour toute une vie d'observation, et qui aide ensuite à mieux utiliser les telescopes. C'est pour cela qu'il est très important de restaurer ces instruments. Je ne regrette pas les samedis et dimanches de ma jeunesse à décaper, briquer la 260mm de l'observatoire de Marseille avant son remontage.

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C'est bien de partager avec le public.:)  Cela fait ressortir les magnifiques instruments des placards.

 

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Ici une 300F15 en pennesylvanie, obj. clark.

Pendant un show public.

Tube transporté sur highway avec 4x4, obj démonté.

Belles images dedans.

et puis une autre de 232

toutes achromats, clark design.

En ajoutant que la rotation d'uranus a été définie avec un obj. clark 232mm F15 de washington dc dans les 70ies.

Que sont nos forums?

 

R3OO F15 Clark.jpg

R232 F15.jpg

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une autre époque

mais qu'est ce que çà fait courir ces vieux achromats!

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Peut-être que ça donne encore, les nouveaux tubes on attends encore.

une autre époque aussi.

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Des littrows ...

Il y a 1 heure, rvuti9 a dit :

obj. clark.

Il y a 1 heure, rvuti9 a dit :

clark design.

cf http://atom.lylver.org/AstroSurf/PDF/Ceragioli/Surveychap3b.pdf

Citation

 

A. Contact Doublet

/.../

The second type of lens is a Littrow with a narrow airgap and an equiconvex crown. A slight modification of this form, discussed below, is what Alvan Clark & Sons used for their smallerlenses. It is characterized by smaller coma than the Cooke objective.

 

et cf Table 2

 

Avec cette méthode, l'aberration sphérique a pour but d'être réduite en échange d'un peu de coma : il faut aligner la cellule, il faut calculer la coma en fonction des cibles désirées et la tolérance de l’œil sur le champ observé

Sur les objectifs de taille petite (focale petite) le champ angulaire est trop grand même pour du 24,5 mm ou du 1"1/4, le fraunhöfer à f/D court ou le steinheil à f/D moyen convient

Sur les focales à peu près à 1m10/1m20, et f/D>=10 on peut envisager une décorrection de la coma (ex. : Meade FH 90/1000) : limite un peu au delà du champ lunaire, environ 24' d'arc hors d'axe (Lune 15' hors d'axe)

Sur les grandes focales, on peut dédier à la taille planétaire, mais il faut surtout permettre que l'objectif soit collimaté, 3' d'arc c'est petit. La lunette de Strasbourg n'était pas loin de cette limite.

Edited by lyl

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oui mais les tubes sur photo sont des clark, avec un entre verres conséquent.

Sur le ciel c'est bien convainquant.

Quant à la 61cm lowell c'est plus que convainquant.

Reste la construction, entre la théorie et cette pratique en résultats.

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Alors quand cette 83cm de meudon sera remontée?

Plus intéressant.

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Et puis il reste cette mesure de rotation d'uranus effectuée visuellement avec un clark de 232 côte est des us dans les 70ies, mesures reconnues.

Qu'avons nous fait-on ici avec nos vielles lorgnettes?

La 38cm du pdm a permis de cartographier les satellites de jupiter en 40, la 60cm beaucoup d'études polaro sur planètes. Depuis elles restent dans un placard comme la 83 de meudon.

Ce sont de mauvaises optiques, comme celle de strasbourg modifiée?

 

 

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il y a 20 minutes, rvuti9 a dit :

avec un entre verres conséquent.

La taille de l'entreverre est un réglage autre : avec un entreverre large on peut obtenir r2=r3 avec une épaisseur e raisonnable, de 2 à 5 millième de la focale.

Le but est d'éliminer l'image fantôme due aux reflets, tout en gardant un façonnage plus facile. C'est la cellule qui prend le réglage d'aberration sphérique.

 

exemples :

LF5 + BAK2 type clark

r1=630.1 r2=r3=210.3 avec e=2.34 r4= -5600, coma positive (très faible) # je n'ai pas cherché à annuler mais à donner un bon résultat en solaire

ou

r1=551, r2=r3=231.5 avec e=3.16, r4=0, coma négative (faible)

le même en type littrow

r1=572, r2= 205.17, r3= 204, r4=0 (quasi optimale ~steinheil) # oups e=0.2

 

Edited by lyl

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il y a 15 minutes, rvuti9 a dit :

Ce sont de mauvaises optiques, comme celle de strasbourg modifiée?

Celle de Strasbourg avait un problème de bi-réfringence (homogénéité/recuit mal conduit par Merz), pas un problème de façonnage après la correction. Elle a été corrigée par Couder avec un dispositif supplémentaire.

Le façonnage de correction l'a ramenée à lambda / 12.

Reste le chromatisme bien sûr, inévitable vu la taille de l'objectif mais extrêmement équilibrée à 573nm sur le jaune/jaune-vert. L'aberration sphérique, elle, pour le piqué est calée à une très bonne place sur la raie D.

De la lecture sur Srasbourg : http://atom.lylver.org/AstroSurf/PDF/Texereau/1933AnOSt...3..113C.pdf

Note : le calage à 573nm est préférable quand il y a beaucoup de luminosité. Sur les plus petits diamètres, le chromatisme est plus facile à maitriser et Zeiss a prit le pas de caler haut vers 550nm pour optimiser la luminosité des étoiles.

Edited by lyl

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Il y a ces objectifs qui sont efficients sur planètes, avec des résultats.

Apparemment avec les meilleurs designs on attends encore les résultats en action.

Il y a un moment où il faut s'arrêter de penser.

Passe à l'action.

Il n'y a rien de parfait.

Le meilleur n'a pas tjs le meilleur résultat en action.

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    • By idir
      A la recherche du visage caché d’Hoinga.
      Un nouveau SNR dans le ciel.
       
      Projet de collaboration entre professionnel et amateurs (ProAm).
      Dominique Boutigny, cosmologiste au CNRS travaillant sur le projet Rubin-LSST
      Idir Saci, astrophotographe en Haute-Savoie

      Article co-écrit par Domnique B. et Idir S.

       
       
       
      Imaginez un instant, il y a entre 21 000 et 150 000 ans, une étoile massive rend son dernier souffle lors d’une formidable explosion en supernova.
      Elle se désintègre violement, et éjecte autour d’elle une quantité de matière colossale.
      Son souffle produit alors des ondes de chocs qui se propagent dans l’espace et comprime au passage la matière interstellaire.
      Des structures diffuses et filamenteuses en expansion apparaissent.
      Les dentelles d’Hoinga sont nées !
      Si ce nom ne vous évoque rien, et ne trouve pas écho dans vos mémoires, alors rassurez-vous c’est normal !
      Cet astre a fait l’objet d’une toute récente découverte et n’avait encore jamais été photographié dans le domaine visible jusqu’à ces derniers mois.
       
       
       

       
       
       
      Les fulls : 
      http://www.astrosurf.com/crepuscule/Perso/hoingafull.jpg
      http://www.astrosurf.com/crepuscule/Perso/hoingafullinv.jpg
      http://www.astrosurf.com/crepuscule/Perso/hoingafullinvstarless.jpg
       
       
       
      1- La découverte d’Hoinga
      C’est au début de ce printemps 2021, que le professeur Werner Bercker de l’institut Max Plank de physique extraterrestre (MPE) et ses collaborateurs, font part de leur découverte dans une publication de l’un des plus grands vestiges (rémanent) de supernova jamais observé en rayon X
      https://www.aanda.org/articles/aa/full_html/2021/04/aa40156-20/aa40156-20.html
      https://www.aanda.org/articles/aa/pdf/2021/04/aa40156-20.pdf
       
      Ils lui donnent alors le nom d’Hoinga, en hommage au nom médiéval de la ville natale du découvreur principal.
      La première particularité d’Hoinga est d’être grand, tellement grand, qu’il fait environ 90 fois la pleine lune et s’étale sur un champ de plus 16 degrés carrés !
      Sa position dans la constellation de l’Hydre lui donne une autre particularité : celle d’être « loin et excentré » du plan galactique.

      La découverte d’Hoinga a été rendu possible récemment grâce à l’exploration du ciel dans le domaine des rayons X avec l’observatoire spatial Spekrt-RG(SRG)- eROSITA.
      Un instrument mis en service en 2019 dans le cadre d’une coopération entre la Russie et l’Allemagne.
      eROSITA est le plus puissant dans son genre, il est le successeur d’autres instruments tels que ROSAT, lancé en 1990 ou XMM-Newton, lancé en 1999 et toujours en opération.

      C’est en examinant les résultats du premier relevé de tout le ciel en 2020 (X-Ray All-Sky Survey eRASS1), que Werner Becker et son équipe découvrent un vestige de supernova presque totalement circulaire dans la région de l’Hydre.
      La validité de la découverte est renforcée par des similitudes avec plusieurs images en ondes radio, notamment celles du relevé GLEAM du Murchison Widefield Array en Australie.
       
       
       
                                             
       
       
       
       
       
      2- Les données
      Mi-mars, Dominique Boutigny, par le biais de son métier de cosmologiste prend connaissance de la pré-publication.
      Il relaie l’information sur la liste de diffusion de notre club d’astronomie la SALF et me propose, au vu des caractéristiques de mon setup d’essayer de le photographier.
       
      a) Ne connaissant d’Hoinga que son « portrait-robot » dessiné aux rayons x et aux ondes radio, sa représentation reste donc inconnue de nos yeux et de nos instruments optiques. 
      Nous n’avons pas idée de à quoi il ressemble visuellement, mais en revanche nous savons exactement où il se trouve.
      b) Sa localisation dans la constellation de l’Hydre femelle fait d’Hoinga une cible relativement basse.
      Sa trajectoire dans le ciel, ne culmine guère plus haut que 27° de hauteur par rapport à l’horizon.
      En raison du relief de mon site d’observation, la fenêtre de visibilité de l’objet ne dépasse pas 3h, et malheureusement elle diminue au fur et mesure que la saison avance, pour se réduire en fin de compte à une peau de chagrin.
      c) Dans les éléments positifs, il y a le setup dont les caractéristiques se prêtent bien à la photographie de ce genre d’objet.
      La FSQ106 avec ses 530mm de focale et la CCD Moravian G4 équipée d’un grand capteur 37mmx37mm, nous offrent un champ résultant de 4° x 4°.
      Les filtres Narowband SHO à 5nm nous permettent de sélectionner le signal utile provenant du vestige de supernova.

      Fin mars, la saison des galaxies commence et tout le monde se réjouit, mais pour moi, pas grand-chose à imager avec mon setup.
      Du coup, pourquoi pas m’investir sur un projet qui peut avoir un intérêt pour la science ?
      Oui volontiers ! Et puis ça tombe bien !
      Cela fait plusieurs mois que je fais de la maintenance sur le setup pour optimiser l’automatisation des acquisitions.
      Alors il est temps de se faire plaisir sur une cible originale !
       

       

      3- Les débuts de l’enquête
      Les premières tentatives pour faire connaissance avec Hoinga arrivent dans les tout derniers jours du mois de mars et les conditions ne sont pas simples.
      La lune est montante, présente à 80% et elle n’est pas bien loin de l’objet.
      Elle nous empêche d’avoir ce premier rdv avec un beau ciel étoilé sans pollution.

      Malgré ces mauvaises conditions, je réalise tout de même quelques prises de vue sur la cible.
      Les premières photos souffrent énormément de gradient lunaire et de quelques défauts de flats.
      Aucun signal apparent d’Hoinga sur les images brutes. Déception !
      S’ensuivent quelques échanges téléphoniques avec Dominique B, qui m’invite et me motive à renouveler l’expérience avec des nuits meilleures.
      Je l’écoute et me remets au travail.

      Je commence le prétraitement et fais l’intégration des 2h d’acquisitions avec le filtre Halpha (6x 20min).
      Pourquoi ne l’ai-je pas fait avant ? – peut-être à cause de l’ascenseur émotionnel !  Euphorie puis déception.
      Après un traitement rapide, SURPRISE !!! 
      2 petits bouts de filament du rémanent sont visibles à l’extrémité du champ imagé.
      Mais une question légitime se pose : signal ou gradient ? Il faut en avoir le cœur net !
      En attendant que la lune devienne discrète, une étape de préparation et de réflexion s’impose :
      - refaire proprement les fichiers de calibration.
      - inspecter les différents relevés « All Sky » d’Aladin pour rechercher d’éventuelles traces d’Hoinga.

      La phase de travail sur Aladin est cruciale pour la suite du projet.
      Réunion Zoom avec Dominique B, qui m’oriente vers les relevés suivants dans lesquels Hoinga est visible :
      - En onde radio : Image > Radio > GLEAM 170 – 231
      - En rayons X : Image > X-Ray > ROSAT > RASS -0,1-2,4 keV
      Quand on superpose l’image H-Alpha résolut astronomiquement avec les données précèdentes, alors il y a bien concordances du signal. Enfin une bonne nouvelle !
      Mais aussi vite des questions surgissent : Où est le reste d’Hoinga ?  Pourquoi avoir seulement capturé une partie dérisoire du signal ?
       

      4- Le visage d’Hoinga est démasqué !
      Les jours passent, matin et soir, on pense et respire Hoinga. On a plus que ça en tête.
      On prend le temps pendant des heures à sonder et inspecter les relevés des différents observatoires depuis le portail du centre de données de Strasbourg (CDS).
      Tel deux détectives, on examine la scène du crime à la recherche du moindre indice !
       
      Perdu dans mes pensées je me souviens alors d’un article que j’avais lu un an auparavant dans le magazine Ciel et Espace (N°573).
      Il était question d’ « un étrange filament de gaz qui traverse la grande Ourse ».
      L’article relate l’histoire d’une découverte d’un restant de supernova (SNR) ultra faible.
      Une structure rectiligne et fine qui couvre une longueur d’environ 30° dans le ciel.
      Dans mes souvenirs, j’ai encore cette image d’illustration du SNR qui est visible dans un relevé d’Aladin.
      Mais lequel ??? Je prends alors contact avec Jean-Luc Dauvergne (journaliste du magazine CE) afin de chercher de l’aide sur le sujet.

      Après relecture de l’article, Le relevé magique tant recherché est GALEX !
      Un télescope spatial mis en orbite par la NASA en 2003 pour l’étude des galaxies et la formation des étoiles dans le domaine de l’ultraviolet.
      Très vite je me rends sur Aladin et entre les coordonnées d’Hoinga dans le relevé suivant :
      Rayon UV : Image > UV > GALEX > GALEX GR6 AIS - Far UV

      Une fois l’image affiché sur l’écran, je deviens comme paralysé, un choc émotionnel incroyable !
      Le visage d’Hoinga est démasqué !
      A ce moment-là, je suis bien évidement sur un registre affectif et bien loin du domaine scientifique.
      Mais quand face à vous apparait un astre aux formes isolées et aux structures rappelant l’image des dentelles du cygne et du taureau, n’auriez-vous pas également l’intime conviction qu’il peut s’agir du rémanent (tant) recherché ???



       
       
       

       
       
      5- Acquisition et traitement
      Avant de poursuivre les acquisitions, un recadrage de la cible s’avère nécessaire.
      En effet, depuis le relevé de GALEX, on peut apercevoir que les parties les plus « brillantes » du rémanent se trouvent au bord du champs imageur initialement choisi et centré sur les coordonnées officielle d’Hoinga.
      Donc un réajustement du cadrage s’impose pour bien inclure les zones intéressantes de la cible.

      Arrive enfin la période sans Lune tant attendue (1erquinzaine d’avril) !
      Il est temps de programmer et lancer les acquisitions. Ainsi chaque soir, quand la météo le permet, la lunette pointe sur la cible et emmagasine tous les photons possibles.

      Au fur et à mesures que la campagne d’observation se déroule, je réalise de temps en temps quelques intégrations test et découvre finalement que l’objet est tellement faible qu’il ne faudra pas juste 4 ou 5 heures d’acquisitions mais bien plus que ça !
      Aussi je comprends vite au vu du temps dont je dispose qu’il vaut mieux se concentrer sur des prises d’images dans une seule longueur d’onde pour avoir le meilleur rapport signal sur bruit, que de tenter d’imager en faisant tourner la roue à filtre.
      Tant pis pour cette année, elle tournera l’an prochain !
       
      Au final, il ne fallait pas moins de 18 heures d’acquisitions cumulés (53 x 20min en Ha), pour enfin réussir lors du traitement à détacher le signal du fond de ciel bien bruité.
      Même avec un temps de poses aussi grand, ne vous attendez pas à voir une photo spectaculaire.
      En vu de bien discerner les structures filamenteuses du rémanent d’Hoinga, il est préférable de visualiser l’image à taille réelle, en mode inversé et surtout en version « starless » (sans étoiles).
      Pour vous donner une idée de la faible luminosité du sujet, une comparaison à temps de poses unitaire égale montre que Hoinga est largement plus faible que la nébuleuse planétaire OU4 découverte il y a une dizaine d’année par Nicolas Outters.

      Au niveau traitement, on est bien loin des processus qu’on applique habituellement à nos photos à caractère esthétique.
      Ici seul une montée d’histogramme fortement contrasté a été utilisée.
      En revanche, il fallait apporter beaucoup de soins et de vigilance à la phase de pré-traitement.
      La rigueur était de mise à chaque étape et sans rien négliger : qualité des fichiers de calibrations, tri des images brutes, retrait de gradients, etc.
      Enfin pour optimiser le rapport signal sur bruit, l’aide et les explications de Jean-Baptiste Auroux (auteur du site Photon Millenium) sur le choix d’une formule de pondération des images brutes, a été plus que précieuse.
       

       
       

       
       

       
       

       
       
       
      6- Pourquoi un rémanent aussi faible est-il visible dans le l’ultraviolet ?
      L’astrophysicien Dominique Boutigny, nous explique à propos de l'UV et du Halpha :
      « L’Hydrogène est l’élément le plus abondant dans l’univers.
      Transparent pour les longueurs d’ondes optiques, sa présence peut être mise en évidence lorsqu’il est excité par un rayonnement énergétique.
      Lors d’une telle excitation, les électrons des atomes d’hydrogène peuvent passer temporairement sur des niveaux atomiques supérieurs.
      Lorsqu’ils se dé-excitent pour revenir vers des niveaux d’énergies inférieurs ils émettent des photons dont la longueur d’onde dépend des niveaux de départ et d'arrivée.
      Lorsque les transitions se font d’un niveau supérieur vers le niveau fondamental (n=1) on obtient une série de raies nommées “série de Lyman” dont les longueurs d’ondes associées sont toutes dans l’ultraviolet.
      Lorsque les transitions se font d’un niveau supérieur vers le deuxième niveau (n=2) on obtient la série de Balmer qui comprend notamment la raie Halpha (transition n=3 → n=2).
      L’ultraviolet étant bloqué par l’atmosphère, il est impossible de détecter les raies Lyman depuis le sol. En revanche, le satellite Galex, en orbite, peut repérer les zones d’hydrogène rayonnant dans ultraviolet.
      La plupart du temps, ces zones peuvent aussi être observées via la raie Halpha qui trace également l’hydrogène excité.
      C’est ainsi que l’utilisation du relevé Galex est une très bonne façon d’identifier des zones potentiellement intéressantes pour l’astronomie au sol. »
       
       
      7- Présentation du projet aux chercheurs :
      Dès que les images finales ont été disponibles, nous avons contacté Werner Becker et ses collaborateurs pour leur faire part de notre observation.
      Une réunion zoom a été organisée afin d’échanger sur nos données respectives.
      Nous pensions au départ que ces images en Halpha avaient de bonnes chances d’être les premières et qu’une publication scientifique complémentaire à la découverte d’Hoinga était envisageable.
      Malheureusement Werner Becker nous a annoncé qu’un groupe d’amateurs du MDW Sky Survey https://www.mdwskysurvey.org/  au Nouveau Mexique nous avait coupé l’herbe sous le pied.
      Une publication contenant les observations optiques d’Hoinga était déjà sortie : https://iopscience.iop.org/article/10.3847/1538-4357/ac0ada
      Il est toutefois intéressant de noter que le matériel et l’approche des amateurs américains, notamment l’utilisation du relevé GALEX, étaient très proches des nôtres.
      Le lien est maintenant établi avec l’équipe des découvreurs d’Hoinga, peut-être nous contacteront-ils à l’occasion d’autres observations nécessitant des images complémentaires au sol.
      Ils semblaient en tout cas attendre beaucoup des nouvelles données de e-ROSITA...
       
       
      8- Conclusion
      Les spécialistes estiment qu’il doit exister environ 1200 vestiges de supernovae dans la Voie Lactée.
      À ce jour, seulement 300 ont été identifiés, principalement via des relevés en rayons X.
      Il reste donc plein de possibilités de découvertes et il est clair que les amateurs ont un rôle à jouer dans ces observations.
      Le grand champ associé à des filtres en bandes étroites semble être la combinaison gagnante surtout si celle-ci est associée à un observatoire permettant d’automatiser au maximum les prises de vues.
      C’est en effet des dizaines d’heures d’acquisitions qui sont nécessaires pour espérer mettre en évidence ces très fins filaments.

      Merci de nous avoir lus.
      Bon ciel et bonne observation.

      Idir et Dominique.






       
    • By santacana
      Bonjour, 
      Hier soir avant l'arrivée de la Lune, j'ai pointé le vieux Canon sur le trognon de pomme. Ce n'est pas l'image du siècle (pas le but), surtout lorsque l'on voit les derniers posts de CP, mais vu les conditions (ciel péri-urbain Bortle 6 et vieux capteur), je m'en sors pas trop mal. Il n'y a pas d'étoiles sur la nébuleuse, est-ce dû au filtre ? Les "professionnels" m'éclaireront. 
      100x90 sec (2h30 au total) au foyer d'une lunette 100/600 sur une Taka EM10 première génération (pas d'autoguidage).
      Canon 300D défiltré réglé à 800 iso, filtre L-eXtreme. Siril et Photoshop à la cuisine.
      Gilles
       

    • By Nathanael
      Bonjour à tous,
      J'ai profité de nuits stables de grosse lune pour imager le cœur du cœur. J'ai à peu près 4h de OIII et SII et 11h de ha mais je n'ai sélectionné que les 6 meilleures heures de ha (2 premières nuits) pour faire la luminance. La fwhm sur l'empilement des 6h atteint 1.7" pour les plus faibles étoiles, ce qui permet de bien détailler le nuage central dont je vous mets un crop ci-dessous pour donner envie d'aller scruter la full (clic gauche sur l'image entière).
      Newton 245/1472 + asi 183.
      Nathanaël
       

       

       
    • By MICALEF
          bonjours   
       
         suite  aux nombreuses réponses  au sujet du sens d'une lame de fermeture  j'ai touvé la meilleurs réponse  par un astram  YOOAN   DeGOT  me disant que le bon coté  est celui ou le verre est traité anti feflet et il a raison ,  j'ai eu confirmation  par MEDAS   ensuite  hors mis les frais de transport   :  de le faire verifier  par medas ça coute un bras 330euros   ,   je finis  en demandant encore conseil : pour le dique d'airy   quelle étoile choisir   quel grossissement   et donc si c'est ok  en principe  mon c11 serait   ok ?????  
       merci de me lire   !!!!!  mica 
       
    • By alstro
      Bonsoir,
       
      NGC1491 ou Sh2-206 dans la constellation de Persée , nuit du 14/15 octobre.
      Pas mieux, trop de soucis en poste, MAP perfectible avec EAF ZWO ( à creuser car pas habituel) et brumes d'altitude pour les clichés OIII, plus buée sur le correcteur de coma.
      Sinon, le matos habituel :
      Newton SW 254/F4 sur AZEQ6GT pilotés ASIAIR Pro _ ASI183MM_guidage OAG ASI190MM_roue EFW et filtres Ha et OIII 6nm Astronomik
      Ha : 37 x 300s
      OIII : 30 x 300s
      Environ 5 heures après tri.
      Prétraitement : Siril avec DOF
      Montage : L(H) HOO
      Traitement : Starnett, Photoshop et plugins.
      Beaucoup d'accentuation pour rattraper la MAP.
      Je la présente quand même car je suis capable de faire plus mal
       
      Bonne nuit et à bientôt
      Alain
       

       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
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