jldauvergne

Est ce que l'on perd en résolution avec une matrice de bayer ?

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Il y a 14 heures, Philippe Bernhard a dit :

A7s et sampang 135mm à f/2

Cela semble prometteur.

Cependant on est à F2. Et comme les pixels de A7 fond 8.4 micron et que le rayon du disque d'airy fait 2.77micron, on est largement sous-échantillonné (K proche de 0.33 et les étoiles portent déjà sur plusieurs pixels)

En haute résolution K est au mini égale à 2.5 ou mieux à 5

Donc faudrait refaire l'essai avec F22 au minimum, voir au-dessus de F30 pour être plus conforme. Là on pourrait voir si la méthode apporte un plus en HR planétaire.

Edited by CPI-Z

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Comme je l'ai dis dans une autre post, je vais essayer d'avoir un échantillonnage à 0.185"/p sur le lunaire avec une ASI 224MC soit f/d 27 pour 150mm (natif f8). Je que je redoute le plus c'est de savoir bien faire la mise au point avec la turbulence. Bon , avec 150mm, ce n'est pas trop complexe avec les r0 habituels, mais pour beaucoup plus en diamètre, on doit bien s'amuser, même en grossissant à fond lors de la preview. Avez-vous une méthode hyper fiable, ou cela ne sert à rien d’être hyper précis, car la turbulence donnera toujours quelques bonnes images? C'est toujours extrêmement frappant de voir comment une étoile à fort grossissement se focalise, se défocalise, se déplace, pour revenir à sa position initiale, et d'un jour à un autre, avec de très  fortes variations d’intensité.

 

Ici gamma Leonis - Algieba à 0.185"/p lors de deux séances différentes.

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Algieba3X_010059.gif.d6b1cb1f22f169deff3373e3f1b039b9.gif

Edited by STF8LZOS6
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Le 18/12/2019 à 14:10, jldauvergne a dit :

Et puis en vrai perso je n'ai pas de problématique, la stratégie de séquence de prise de vue IMX224 puis IMX290  puis de nouveau IMX 224 fonctionne très bien et permet de profiter du meilleur des 2 mondes entre capteur couleur et monochrome. Vive Winjupos, quel bonheur ce soft !

 

Grâce à toi, le père noël est passé prendre une 290 chez Cyclops pour moi.

 

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Il y a 9 heures, CPI-Z a dit :

Donc faudrait refaire l'essai avec F22 au minimum, voir au-dessus de F30 pour être plus conforme. Là on pourrait voir si la méthode apporte un plus en HR planétaire.

 

Oui et non...

Pour moi l'intérêt d'un tel drizzle est de justement pouvoir légèrement sous-échantillonner sans perte de résolution ( ce qui n'est plus du sous-échantillonnage du coup, mais bref :D ). Si on peut récupérer une image comparable en diminuant légèrement l'échantillonnage grâce au bayer drizzle, on peut du coup gagner en flux par pixel et par unité de temps. Et donc éventuellement diminuer le temps de pose unitaire et monter la cadence, ou juste profiter d'un meilleur RSB au final.

Après évidemment il faut que la perte de rsb due au bayer drizzle soit inférieure au gain de rsb induit par le sous-échantillonnage adéquat... sinon tout le bazar ne sert à rien :D

 

Romain

Edited by Roch
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Il y a 11 heures, Roch a dit :

Pour moi l'intérêt d'un tel drizzle est de justement pouvoir légèrement sous-échantillonner sans perte de résolution

Oui justement c'est l'interêt du bayer drizzle voir si l'on ne perd pas de résolution par rapport au Bayer couleur simple, mais aussi par rapport à une caméra NB ou équipée du prisme tri-ccd.

La comparaison en image de philippe-bernhard avec et sans bayer drizzle ne montre rien de ce coté là.

Edited by CPI-Z

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il y a une heure, CPI-Z a dit :

 

non, tu n’as pas compris. Ce sont 2 versions avec bayer-drizzle avec des paramètres différents. Après, mon but n’était pas de démontrer la comparaison avec le même capteur en version monochrome (hélas qui n’existe pas), mais simplement de dire qu’on pouvait avoir une meilleure résolution en bayer-drizzle « optimisé », ce qui n’est pas possible avec tous les softs.

 

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il y a une heure, Philippe Bernhard a dit :

on pouvait avoir une meilleure résolution en bayer-drizzle « optimisé »

OK merci.

En image HR planétaire ?

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Bonjour,

 

Si l"on reprend les deux images de Philippe en comparaison du Bayer-Drizzle,

on peut en traitant la plus douce obtenir la plus dure. J'ai fait l'expérience.

 

Un avis mais il faudrait conformer expérimentalement.

Le Drizzle ne donne de bons résultats qu'en cas de sous-échantillonnage.

 

Mais il faut aussi une seconde condition. Que l'information bouge aléatoirement de l'ordre de +/-1 pixel environ. Et pas de 3 ou 10 ?

Cette seconde condition se rencontre très peu fréquemment en planétaire HR (amateur pas dans l'espace).

Ou alors les images sont d'une stabilité exceptionnelle.

Si c'est le cas, pourquoi prendrait-on le risque de sous-échantillonner ?

 

Pour finir les algorithmes de Drizzle sont très gourmands en ressources.

Ce qui va entrainer des temps de traitement très très longs, s'ils sont mis en œuvre sur des milliers d'images.

 

Lucien

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Pour compléter un peu à propos du Drizzle.

 

Il a été mis en œuvre afin de tenter de récupérer de la résolution d'images faites par  le HST (Hubble),

et issues de la caméra à grand champ et sous-échantillonnées.

On ne peut pas dire qu'elles étaient turbulentes.

Comment se fait-il qu'elles devaient quand même bouger un tout petit peu : déplacements de l'ordre du pixel aléatoirement ? ( pour 'dithering' donc )

Précision de guidage ajustée un peu pour ça ?

Ou bien mettaient-ils en service un sèche-cheveux destiné à faire trembler  le télescope ? :D:D:D

On ne nous dit pas tout.:D

 

De toute façon si les conditions pour que le Drizzle s'exprime réellement ne  sont pas réunies,

on gros on peut dire qu'il se transforme de fait en algorithme d’interpolation classique ; linéaire ou bilinéaire.

Celui qui le met en œuvre ne sait pas forcément qu'il ne fait pas du Drizzle, même si ses images se sont un peu améliorées.

On ne sait pas tout.:D

 

Lucien

Edited by Lucien

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    • By COM423
      Bonjour,
       
      Je sais que ce sujet a déjà été abordé et j'ai bien sûr auparavant  fouiné sur le forum et au-delà.
      J'ai eu un Newton comme premier instrument (76/700) il y a fort longtemps à une époque où je ne savais même pas ce qu'était une collimation.
      Puis je suis passé sur des Schmidt-Cassegrain et j'ai fini par franchir le pas, non  sans appréhension et au bout de longues années. Pas si compliqué finalement sur ce type d'instrument, où on intervient juste sur les 3 vis du secondaire et une simple clef Allen suffit !
       
      Si je pense avoir compris les principes de la collimation des Newton, la mise en pratique me semble nettement plus complexe.
      Désolé de mes questions qui paraîtront sans doute naîves pour ceux qui maîtrisent le sujet, mais en matière de collimation de Newton je suis donc un débutant complet...
       
      J'ai du mal à comprendre deux choses :
       
      1/ Dans quel ordre on doit faire les règlages :
      d'abord le primaire ? d'abord le secondaire ? un va-et-vient entre les deux ?  
      2/ Et je suis complètement perdu dans le choix des outils de collimation, il y en a tellement...
      Est_ce juste une affaire de goût personnel, ou bien sont-ils vraiment complémentaires et il les faut tous ?
      Je pense en pratique à ces accesoires :
      collimateur concentrique (https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/accessoires-astronomie/collimation/collimateur-concentrique-coulant-50,80mm_detail) collimateur laser (https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/accessoires-astronomie/collimation/collimateur-laser-hotech-1,25-sca-avec-centrage-parfait-faisceau-en-croix_detail) collimateur Chesshire (https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/accessoires-astronomie/collimation/collimateur-cheshire-pour-télescope-newton-sky-watcher_detail) et je ne vais  pas jusqu'aux des étoiles artificielles plus dédiées je suppose à la collimation pour la HR planétaire (?)
       
      S'équiper de tous ces accessoires représente un budget conséquent, je cherche donc à comprendre l'intérêt de chacun, mais j'ai du mal.
       
      Un grand merci d'avance à ceux qui maîtrisent le sujet s'ils peuvent m'aider en termes simples à éclaircir tout çà.
      Bon ciel à tous,
    • By Jamededij
      Bonjour a tous,
      Il y a quelques temps je me suis lancé dans la collimation de mon C9 Evolution.
      au début tout se passait plutôt bien puis petit a petit en observant les empilages réalises pendant une séance , j'ai observé un drôle de défaut reliant l'ombre du secondaire au bord supérieur des anneaux.
      Puis j'ai remarqué que ce défaut avait son inverse en bas mais qui se présente différemment , plus sombre , plus évasé  (plus diffus aussi ?).
      Après quelques recherches , j'ai pensé a une veine de chaleur émanant du baffle interne qui dissiperais soit sa chaleur , soit celle du primaire ! 
      Mais le lendemain , pareil , même défaut et ce malgré une mise en température de 4 heures !
      Je ne suis resté dé-focalisé que d'un tiers ( extra et intra ) car la turbu m’empêchais de tater a la phase 2 de la colim selon Thierry L. , pape es collimation et astrophoto lol !
      Ce défaut apparais dans la verticale de l'instrument et ne bouge pas pendant une rotation de l'oculaire.
      Sur une compo Photoshop on peut voir que j'ai placé les anneaux aux 4 coins du capteur et au centre ; on voit le defaut mais pour le reste ..... la turbu et l'empilage des séquences ( a l'arrache) font qu'a part le défaut , le reste n'est pas très parlant.
      Je suis donc perplexe voir inquiet  car je me met a penser a un décentrement de l'ensemble Lame de shmidt / secondaire , ou autre connerie ....
      J'en appel donc aux  grands manitous de la collimation sur les cassegrains ( ou autre d'ailleurs) , pour avoir des avis , des pistes de recherche , des méthodes pour identifier le problème !
      Bref , a l'aide ! lol






    • By Jean-Marc_M
      Bonjour,
      J'utilise une ZWO ASI 183 MM-Pro sur un Newton 200/800 et très prochainement sur une lunette de 80, un triplet.
      Savez-vous quels filtres Astrodon LRGB sont adaptés pour moi entre les deux séries I et E ? Je ne comprends rien aux explications du site
      https://astrodon.com/products/astrodon-lrgb-gen2-i-series-tru-balance-filters/
      https://astrodon.com/products/astrodon-lrgb-gen2-e-series-tru-balance-filters/
       
      Merci !
       
       
       
       
    • By PATRICEM33
      Bonsoir à tous,
       
      Suite à mon sujet Quel tube planétaire principal après un Mak 127 ? , mon nouveau tube, un µ210 dédié pour le planétaire est arrivé aujourd'hui directement de chez OU. Un peu Noël avant Noël .
      Ça fleure bon la qualité Taka mais je le savais, étant ancien possesseur d'une FSQ-85ED.
      Il va être appairé avec une ASI224MC, un ADC ZWO, une barlow Taka 2X et l'adaptateur photo magique de @jldauvergne  pour pouvoir réduire le tirage du montage si besoin.
      Une question pratique : Comment stockez-vous votre Mewlon ? Soit je le laisse dans son carton à plat soit autrement en dehors du carton ?
      Place à quelques photos du tube avant j'espère très rapidement un baptême de mon nouveau setup sur la lune et les reines actuelles (Juju, Saturne et Mars).
       
      Patrice
       

       

       

    • By BobSaintClar
      Amis binaires, bonjour !
       
      Jamais à court d'idées tordues, je vous propose d'exposer ici un projet - sans rapport direct avec l'astronomie, je le précise d'emblée - que j'ai mené jusqu'à son terme, tranquillement, en l'étalant sur plusieurs années.
      Il m'a pris beaucoup de temps, non parce qu'il est difficile à réaliser (au contraire, c'est un jeu d'enfant), mais parce que j'ai tâtonné longtemps. Pour taquiner l'analogie culinaire, disons que je savais quelle soupe je voulais faire, mais peinais à identifier les ingrédients nécessaires à ma cuisine. Mon fil a donc pour simplissime ambition de vous faire gagner un temps fou, pour peu que ma soupe vous mette en appétit.
       
      Quel est ce projet ? Fabriquer des lunettes de vision infrarouge, monochrome ou couleur.
      Là, vous m'objecterez : "N'importe quoi ! C'est voué à l'échec, puisqu'on ne voit pas dans l'infrarouge"...
      C'est vrai ! Mais...
      ... Il y a un "mais"
       
      Avant d'attaquer les aspects pratiques, laissez-moi vous parler du contexte et rappeler, si nécessaire, quelques bases d'optique photographique.
      Nous parlerons également, un peu, de la physiologie de l'oeil : préparez-vous à une petite surprise (pour ne pas dire un choc).
       
      Si vous traînez parfois dans le bistrot, vous savez que j'y propose de temps à autre des photographies en Infrarouge NB et couleur. C'est un vieux dada, qui remonte à l'époque de mon doctorat : étudiant géographe, j'ai travaillé sur des images SPOT en fausses couleurs (les canaux sont décalés : le vert devient le bleu, le rouge devient le vert et l'infrarouge proche devient le rouge) dont l'esthétique étrange a piqué mon intérêt. Or, il se trouve que les photographies dites en "infrarouge couleur" sont traditionnellement faites de la même façon : via un décalage des canaux, pour intégrer l'IR proche dans le rouge. En ce qui concerne l'infrarouge Noir et Blanc, c'est l'aspect cotonneux, laiteux, "hivernal" des paysages qui m'attire... sans parler des ciels très spectaculaires (le "bleu" est très assombri) et de la disparition de la brume, dégageant l'horizon !
       
      Quelques exemples vaudront mieux qu'un long discours :

       
      En haut à gauche : une image infrarouge NB (filtre à 760 nm) générant des contrastes violents sur le ciel et éclaircissant la végétation.
      En haut à droite : image IR NB (filtre 850 nm) avec un ciel bleu devenu noir et une végétation très éclaircie.
      En bas à gauche : image IR couleur (filtre 580 nm, puis traitement "traditionnel" par décalage des canaux) du mont Fuji (invisible à l'oeil nu), sorti de la brume distante, sur fond de campagne verte/rouge.
      En bas à droite : image IR couleur (filtre Wratten n°47 "deep blue", avec un ciel très sombre et une végétation bien rouge)
       
      Je ne l'ai pas précisé, mais il va de soi que ces photographies ont été prises avec un APN défiltré, de sorte à ce que l'infrarouge excite le capteur !
       
      Au début des années 2000, je me suis donc initié à la prise de vue infrarouge, en commençant par le noir et blanc. A cette époque, je ne disposais pas d'un APN défiltré, mais j'avais un Fujifilm S3 Pro dont le filtre interne est assez permissif, suffisamment pour que je puisse m'amuser sans avoir à poser des heures. Avec un filtre coupant à 640 nm, on peut déjà obtenir un effet assez saisissant ; cela tient à la réponse spectrale de la végétation, qui monte vite et tôt après le rouge :
       

       
      Les plantes en bonne santé, à savoir bien chargées en chlorophylle, ont une réflectance très élevée dans l'IR proche, alors qu'elle est faible dans le rouge (le creux de la courbe, vers 600-650 nm). En passant, vous noterez l'intérêt d'étudier la santé d'un couvert végétal dans l'IR : on discrimine facilement les plants qui manquent d'eau, ou sont malades, des plants sains. Ce qu'il faut retenir ici, c'est que la remontée brutale de la réflectance survient assez tôt : dès 700 nm, les feuilles renvoient plus de lumière que... dans le vert !
       
      Maintenant, si l'on s'intéresse à la sensibilité spectrale de l'oeil humain, on obtient ce genre de courbe :
       

       
      Il y a une variation en condition de basse luminosité, avec un décalage de la sensibilité vers le bleu. Quoi qu'il en soit, on note que tout se passe entre 390 et 700 nm. Donc, il semble bien que mon idée de fabriquer des lunettes de vision infrarouge (proche, disons entre 700 et 800 nm), NB ou couleur, est absurde...
       
      Sauf que : en 2007 (de mémoire), lors d'un voyage en France, plus précisément lors d'une ballade en compagnie d'amis autour d'un lac de la grande couronne parisienne, j'ai remarqué quelque chose de très, très inattendu !
       
      Je m'apprêtais à faire une photo IR NB de ce lac (photo que voici)...
       

       
      ... lorsque j'ai noté que mon filtre, supposé opaque en-deça de 720nm, laissait passer un peu de rouge. Je l'ai vu en le manipulant. Du coup, je l'ai placé devant mon oeil, en cachant l'excès de lumière avec ma main libre, pour estimer à quel point ce filtre était pourrave. Logiquement, j'ai bien vu le paysage en rouge sombre, mais quelque chose clochait : l'image monochrome, en terme de luminance, s'apparentait franchement à ce que vous voyez dans la photographie ! En clair, la végétation apparaissait lumineuse, l'eau noire, le ciel d'encre !
       
      Si vous avez déjà regardé un paysage à travers un filtre rouge classique, genre Wratten n°25 ou même 29, vous aurez noté que la végétation est sombre, très sombre même. Je vous mets, à titre de comparaison, deux images d'une même scène dans le rouge (à droite) et dans l'infrarouge proche (à gauche, filtre 760 nm) :
       

       
      On ne peut pas les confondre ! Outre la réponse très différente de la végétation, le ciel est bien plus sombre en IR et les montagnes, au loin, sortent de la poisse (la brume), en apparaissant claires sur le fond de ciel (parce qu'elles sont recouvertes de forêts) quand dans le rouge, elles sont en ombres chinoises, sans détails. Remarquez l'ombre des nuages sur leurs flancs, en IR, ombres invisibles dans le rouge...
       
      Bref, en mettant le filtre devant mon oeil et en isolant ce dernier de la forte luminosité ambiante, j'ai vu le paysage... dans l'infrarouge.
      Stupeur ! Comment était-ce possible ? L'oeil n'est pas supposé voir dans l'IR, surtout au-delà de 760 nm ! Pourquoi est-ce que je voyais quelque chose ? Serais-je doté de pouvoirs extraordinaires ??
      Réponse : bah non, hélas ! Ou plutôt : nous sommes tous dotés de ce pouvoir ! En fait, et ce fut pour moi une vraie surprise : l'oeil humain voit très bien dans l'IR, au moins jusqu'à 800 nm (soyons clairs, je vous parle d'expérience, ce n'est pas une opinion). Simplement, à ces longueurs d'onde, la rétine est peu sensible et du coup, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, cette capacité à voir dans l'infrarouge est complètement oblitérée par notre sensibilité à la lumière du spectre "visible" !
      Pour parler par analogie : imaginez qu'une personne murmure dans un grand hall de gare très peuplé. Vous ne l'entendez pas, votre ouïe saturée par le brouhaha ambiant des voix de la foule. Maintenant, si tout le monde se tait, sauf cette personne... vous l'entendrez. Et si vous n'avez jamais entendu de murmures avant, parce qu'une loi édicte que "les gens ne chuchotent que dans le bruit", vous serez très surpris !
       
      Bref : A partir de là, je me suis fabriqué un "monocle de vision infrarouge monochrome". Je l'ai toujours, voici la chose :
       

       
      C'est un porte-crayons en bambou, retaillé d'un coté de sorte à ce qu'il se plaque sur mon oeil gauche sans laisser passer de lumières parasites et de l'autre, équipé d'un pas vissant de 58mm. J'y ai placé un filtre IR de 720 nm, c'est tout ! Lorsque je regarde à travers, seul l'IR proche - 720nm et plus - atteint ma rétine : un paysage suffisamment éclairé (de jour, idéalement en plein soleil) m'apparaît tel que dans une photographie IR monochrome de la même scène ; je vois "en rouge" mais pourtant, je vois bien "dans l'infrarouge" !
       
      Pour profiter au mieux du phénomène, plusieurs conditions sont à réunir :
       
      - Le filtre ne doit pas être trop radical : préférez 720 ou 760nm. Les effets bluffants sur la végétation (claire), l'eau (sombre) ou le ciel (très contrasté) apparaissent tôt, inutile d'aller dans les longueurs d'onde trop grandes, d'autant que la sensibilité de l’œil s'effondre vite.
      - Utilisez un cache pour minimiser les lumières parasites (un tube, vos mains, une cagoule, quelque chose du genre de mon monocle...) : seule la lumière infrarouge doit atteindre votre rétine. Si un peu de lumière visible passe sur les cotés, votre pupille va se contracter et vous perdrez immédiatement le bénéfice de la vision IR. Si les filtres IR apparaissent noirs, c'est pour une bonne raison : la lumière ambiante oblitère complètement la sensibilité de vos yeux dans l'IR.
       
      Je vous invite à tenter l'expérience : c'est franchement bluffant ! Seul problème : l'image observée apparaît en nuances de rouge (même si, encore une fois, ce n'est pas du rouge), pas comme une photographie IR en Noir&Blanc. Ce n'est guère esthétique.
       
      N'empêche, ça marche ! Avant que je n'acquière mon premier APN défiltré, un Canon 6D, mon monocle me servait à anticiper mes prises de vue infrarouges NB. D'un coup d'oeil, je savais d'avance ce que mon cliché allait donner ! J'étais assez fier de ma découverte et de mon petit bricolage, n'ayant jamais rien vu de tel ailleurs, dans le commerce ou de réalisation amateur.
       
      Reprenons : en 2012 (de mémoire), j'ai acquis un Canon 6D que j'ai fait défiltrer. A partir de là, je pouvais voir le résultat de mes prises de vue IR en Liveview, directement à l'écran : plus besoin de mon monocle, je l'ai délaissé et pendant quelques années, je n'y ai plus pensé...
       
      En 2016, je me suis mis à la photographie IR couleur.
      A mes débuts, j'ai procédé de façon orthodoxe : pour prendre une image IR en couleurs, on utilise un filtre peu sélectif, qui laisse passer un peu de rouge voir de jaune/vert et bien sûr, l'infrarouge proche. La photographie brute apparaît très rouge, avec des nuances subtiles que le traitement d'image va amplifier. On va enfin décaler les canaux, exactement comme en télédétection (les scènes SPOT en "fausses couleurs") pour obtenir, au final :
       
      - La végétation dans les nuances de rouge, très vive et claire
      - les scènes distantes, la végétation malade, la roche, le béton et divers matériaux artificiels dans les nuances vert/bleu
      - L'eau très sombre, presque noire
      - Le ciel bleu marine, presque noir, avec des nuages blancs très contrastés
       
      Les images en infrarouge couleur sont étranges, bizarres et belles à la fois (c'est mon avis). Elles sont assez différentes des images IR en Noir&Blanc, c'est une autre forme de plaisir photographique. Elles sont aussi plus difficiles à faire, surtout parce que le post-traitement est délicat ; parfois, il ne donne rien de bon, sans que vous ne l'ayez anticipé.
       
      L'année dernière, je me suis demandé s'il n'était pas possible d'obtenir une image IR couleur - donc avec la liste de caractéristiques susdites - en procédant différemment : m'est venue l'idée d'utiliser un filtre qui laisse passer l'IR proche, bien sûr, mais aussi un tout petit peu de lumière visible... SANS le rouge. Pourquoi ? Parce que le canal rouge est dédié, en IR couleur, à l'IR : pas question de le parasiter avec du rouge "normal".
       
      Belle idée ! Mais un tel filtre n'existe pas. A défaut, était-il possible de "l'émuler", en associant différents filtres, en jouant avec leurs courbes respectives ?
      Ce sera le sujet de mon prochain post...
       
      A suivre
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