oliver55

Objectifs achromatiques grands diamètres sur Alibaba quelle qualité optique?

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Il y a 11 heures, mak178 a dit :

le terme Apo Killer s'applique tout à fait.

mouais. ça approche mais ça égale pas et ça kill encore moins, sauf au niveau budget. mais c'est déjà mieux qu'un Cassegrain de même diamètre.

 

Il y a 11 heures, lyl a dit :

1h ça semble un peu long,

 ça me semble plutôt court, mais tout dépend du gradient de température. En ce moment, grosse baisse de température entre jour et nuit, le tube a du mal à suivre. 1h pour arriver à l'équilibre thermique ça me paraît plutôt bon dans ces conditions.

 

il y a 18 minutes, remy-33 a dit :

Helas je ne peux voir ce qu’elle donne sur Mars en raison d’une forte sciatique 😡😡😡

c'est peut-être le moment de sacrifier un.peu de performance optique et de mettre un renvoi coudé...

 

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il y a 13 minutes, remy-33 a dit :

Or les verres optiques utilises pour cet objectif sont indiques dans le nom de fichier : verres chinois CGGM, avec un flint en F5.

En fait Bertrand, non, c'est du équivalent SF5 (strong flint), combinaison connue avec du BAK1 qui permet de réduire l'astigmatisme quand le diamètre augmente et de faire son calage vers 530nm de façon avantageuse.

Les deux verres matchent encore mieux que BK7-SF5 pour le chromatisme mais BAK1 chez Schott vaut cher ... je reste discrète sur ce vieux verre.

Ça ressemble à ce qu'utilisait Merz vers 1880 quand il a poli le doublet de Strasbourg.

Il n'y a que CGDM qui, actuellement, fait des blanks aussi gros pour ces deux matériaux (surtout leur équivalent Schott BAK1 d'ailleurs)

 

Je te l'aurais proposé si j'avais su la disponibilité et c'est la raison de mes interrogations auprès d'Ales quand on est tombé sur le nom de fichier du 220mm f/15, j'ai pris une baffe intellectuelle en vérifiant

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Il y a 2 heures, olivdeso a dit :

ça me semble plutôt court, mais tout dépend du gradient de température. En ce moment, grosse baisse de température entre jour et nuit, le tube a du mal à suivre. 1h pour arriver à l'équilibre thermique ça me paraît plutôt bon dans ces conditions.

Pour 15mm d'équivalent BK7 refroidit par les deux faces et des rayons de courbures proches ? Je demande une expertise en calcul thermique là.

@olivdesoJe sais que tu en as un dans ces diamètres là, c'est ce que tu obtiens ?

 

Enfin ceci dit, mon 6" a beaucoup moins de surface, une épaisseur de 14mm pour le ménisque, un f/D de 8 permettant une correction très fine sur la précision optique donc plus de marge, il faut sans doute prendre ça en compte pour y réfléchir.

Edited by lyl

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Bravo Myriam, tu laisses rien passer : en effet mon verre CDGM est du ZF2 equivalent Schott du SF5 (qui veut sans doute dire Schwer Comme lourd Flint (on est en Allemagne) et non F5 comme je l’avais ecrit). Je ne connais pas le Bak1 mais de toutes facons j’avais un tres bon bank BK7. Et pour une longueur d’onde de repli de 556 nm dia 240 F 3600mm j’ai des spots monochromatiques bien sur, de rayon geo   Zemax (rayon du cercle dans lequel tombent tous le points du spot diagram) mieux que 2 microns dans un champ de diametre 20 mm et mieux que 4 microns dans un dia image de 30 mm Ce qui est tres bon a F/15 (rayon premier anneau tache airy 10 microns. Et me permet d’envisager un barrillet non reglable.

sinon ma combinaison finale assemblage liquide  indice est :

R1 = 2184 ep 23,5 bk7

R2=R3 = -1593,6 ep 19,5 ZF2

R4 = -4800

Bertrand

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Impeccable ça, j'espère que ça sort (sortira ?) le confort d'images prévu.

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Il y a 4 heures, olivdeso a dit :

mouais. ça approche mais ça égale pas et ça kill encore moins, sauf au niveau budget. mais c'est déjà mieux qu'un Cassegrain de même diamètre.

Niveau budget, la lunette est quand même un gros cran au dessus. Mais effectivement ça ne kill pas une très bonne apo très bien corrigée. La vision dans un Mak Newton reste superbe, très contrastée et piquée et les optiques Intes tiennent souvent la route. Le MN190 de SW a, de mémoire, une obstruction assez conséquente (pour un Mak Newton) et la mécanique pas au top. 

 

Tu collectionnes toujours les Mak Newton 😉

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@remy-33 Tu reprends au final un peu la même version optique que l'opticien Royce.Il fabriquait certains de ses objecfifs en doublet espacé d'huile avec des lentilles BaK1/F2.

 

http://www.rfroyce.com/refobs.htm

 

Mais les sortes de verre ED et autres du même genre vieillissent-elles bien sous une coupole d'observatoire?

On voit rarement de la fluorine utilisée dans cette configuration.

 

 

 

 

Edited by oliver55
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Bonsoir,

 

Pour reprendre le sujet APO killer...

Effectivement un Maksutov-Newton ne soutien pas la comparaison à diamètre égal avec une APO de 200mm.

Mais à budget égal, ou presque (le MN86 5000€ la Taka 152 10000€) nous avons pu comparer le MN86 en cote à cote avec une Takahashi APO 152mm, et que ce soit en contraste, détails, pouvoir grossissant, le Mak lui était supérieur en tous points.

Alors c'est vrai que ce soir la l’atmosphère était particulièrement calme...et il y a un ventilateur qu'on fait tourner une heure ensuite on coupe. Pour la qualité optique le truc était donné entre L/8 et L/10 PTV , je n'ai pas plus d'infos

Edited by mak178
complément

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Le 13/09/2020 à 21:05, mak178 a dit :

Mais à budget égal, ou presque (le MN86 5000€ la Taka 152 10000€) nous avons pu comparer le MN86 en cote à cote avec une Takahashi APO 152mm, et que ce soit en contraste, détails, pouvoir grossissant, le Mak lui était supérieur en tous points.

 

C'est normal car on compare des instruments qui n'ont pas le même diamètre d'ouverture.

Le MN86 a un diamètre de 200 mm (équivalent 180 mm de diamètre si c'était une lunette) et la lunette APO 152 mm.

 

 

 

 

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Le 11/09/2020 à 22:06, jldauvergne a dit :

un peu parce que sur l'optique Intes ce n'est pas rien. Ils ont des machines de polissage ionique, je ne pense pas que Taka soit doté de tels moyens. Intes est crypto militaire dans sa prod, alors que Taka ne fait que de l'astro  à ma connaissance. Ce n'est pas la même taille d'entreprise. 

 

Il me semblait que les optiques du matériel Takahashi proviennent de Canon pour les objectifs de leurs lunettes astronomiques.

Takahashi ne fabrique aucune de ses optiques.Il réalise seulement la partie mécanique et l'assemblage final.

 

Canon et les autres verriers japonais sous-traitants ont donc peut-être cette technologie.

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il y a 26 minutes, oliver55 a dit :

Takahashi ne fabrique aucune de ses optiques.Il réalise seulement la partie mécanique et l'assemblage final.

 

Canon et les autres verriers japonais sous-traitants ont donc peut-être cette technologie.

Ce n'est pas Canon qui fait les miroirs de télescope. Ils sont fait maison à ma connaissance. 
Pour les lunette je ne sais pas. Je sais que Borg prends chez Canon. 

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Canon produit de très gros téléobjectifs de 300 à 800mm, avec des lentilles de 100, 125/130 et 150 mm de diamètre, avec des verres spéciaux. On trouve pas mal d'informations sur les sites canon et revendeurs. Je suppose que Takahashi s’approvisionnent, ou faire faire à façon chez eux selon leurs propres spécifications. Personnellement, je n'y vois rien à redire, bien au contraire.

Pour les miroirs, je ne sais pas, mais comme le souligne JLD, ce doit-être du fait maison.

LZOS est beaucoup plus intégré en optique de réfracteur, et c'est pour cette raison que je préfère cette marque. Et il faut de la diversité en toute chose. Encenser uniquement Takahashi, ou autres, et dire que le reste c'est un peu de la m__de, est un peu risible, comme on a pu le lire de certains astrams sur le forum. Enfin, cette période semble derrière nous.

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Il y a 8 heures, jldauvergne a dit :

Ils sont fait maison à ma connaissance. 

Oui, j'avais vu des photos là-dessus, je crois que c'est facile en regardant sur les sites Takahashi Europe, America ou Japon.

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Le 13/09/2020 à 15:45, gagarine a dit :

Le MN190 de SW a, de mémoire, une obstruction assez conséquente (pour un Mak Newton) et la mécanique pas au top. 

 

Tu collectionnes toujours les Mak Newton 😉

 

Oui. d'ailleurs je suis en train de remplacer le secondaire du MN190 par un Antares Lambda/30 24% d'obstruction. ça suffira à mon capteur 4/3 en CP et sera encore meilleur en visuel. Mais même avec le secondaire d'origine la FWHM est super bonne quand il est bien à température. je suis déjà arrivé à 1.5" ce qui est extrêmement rare. Il faut que toutes les conditions soient réunies : le ciel, la monture et le tube. je n'avais jamais vu ça à part sur ma grosse lunette.

 

J'ai aussi le MN76 Intes. plus long très bon. obstruction encore plus petite. F/D 6 au lieu de 5.3 sur le MN190. Marche très bien en CP aussi avec le capteur 4/3 de la QHY163. En planétaire un peu de courant de tube à gérer, pas encore eu le temps de m'y pencher. mais bien moins quand même que sur les Cassegrains.

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    • By COM423
      Bonjour,
       
      Je sais que ce sujet a déjà été abordé et j'ai bien sûr auparavant  fouiné sur le forum et au-delà.
      J'ai eu un Newton comme premier instrument (76/700) il y a fort longtemps à une époque où je ne savais même pas ce qu'était une collimation.
      Puis je suis passé sur des Schmidt-Cassegrain et j'ai fini par franchir le pas, non  sans appréhension et au bout de longues années. Pas si compliqué finalement sur ce type d'instrument, où on intervient juste sur les 3 vis du secondaire et une simple clef Allen suffit !
       
      Si je pense avoir compris les principes de la collimation des Newton, la mise en pratique me semble nettement plus complexe.
      Désolé de mes questions qui paraîtront sans doute naîves pour ceux qui maîtrisent le sujet, mais en matière de collimation de Newton je suis donc un débutant complet...
       
      J'ai du mal à comprendre deux choses :
       
      1/ Dans quel ordre on doit faire les règlages :
      d'abord le primaire ? d'abord le secondaire ? un va-et-vient entre les deux ?  
      2/ Et je suis complètement perdu dans le choix des outils de collimation, il y en a tellement...
      Est_ce juste une affaire de goût personnel, ou bien sont-ils vraiment complémentaires et il les faut tous ?
      Je pense en pratique à ces accesoires :
      collimateur concentrique (https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/accessoires-astronomie/collimation/collimateur-concentrique-coulant-50,80mm_detail) collimateur laser (https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/accessoires-astronomie/collimation/collimateur-laser-hotech-1,25-sca-avec-centrage-parfait-faisceau-en-croix_detail) collimateur Chesshire (https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/accessoires-astronomie/collimation/collimateur-cheshire-pour-télescope-newton-sky-watcher_detail) et je ne vais  pas jusqu'aux des étoiles artificielles plus dédiées je suppose à la collimation pour la HR planétaire (?)
       
      S'équiper de tous ces accessoires représente un budget conséquent, je cherche donc à comprendre l'intérêt de chacun, mais j'ai du mal.
       
      Un grand merci d'avance à ceux qui maîtrisent le sujet s'ils peuvent m'aider en termes simples à éclaircir tout çà.
      Bon ciel à tous,
    • By Jamededij
      Bonjour a tous,
      Il y a quelques temps je me suis lancé dans la collimation de mon C9 Evolution.
      au début tout se passait plutôt bien puis petit a petit en observant les empilages réalises pendant une séance , j'ai observé un drôle de défaut reliant l'ombre du secondaire au bord supérieur des anneaux.
      Puis j'ai remarqué que ce défaut avait son inverse en bas mais qui se présente différemment , plus sombre , plus évasé  (plus diffus aussi ?).
      Après quelques recherches , j'ai pensé a une veine de chaleur émanant du baffle interne qui dissiperais soit sa chaleur , soit celle du primaire ! 
      Mais le lendemain , pareil , même défaut et ce malgré une mise en température de 4 heures !
      Je ne suis resté dé-focalisé que d'un tiers ( extra et intra ) car la turbu m’empêchais de tater a la phase 2 de la colim selon Thierry L. , pape es collimation et astrophoto lol !
      Ce défaut apparais dans la verticale de l'instrument et ne bouge pas pendant une rotation de l'oculaire.
      Sur une compo Photoshop on peut voir que j'ai placé les anneaux aux 4 coins du capteur et au centre ; on voit le defaut mais pour le reste ..... la turbu et l'empilage des séquences ( a l'arrache) font qu'a part le défaut , le reste n'est pas très parlant.
      Je suis donc perplexe voir inquiet  car je me met a penser a un décentrement de l'ensemble Lame de shmidt / secondaire , ou autre connerie ....
      J'en appel donc aux  grands manitous de la collimation sur les cassegrains ( ou autre d'ailleurs) , pour avoir des avis , des pistes de recherche , des méthodes pour identifier le problème !
      Bref , a l'aide ! lol






    • By Jean-Marc_M
      Bonjour,
      J'utilise une ZWO ASI 183 MM-Pro sur un Newton 200/800 et très prochainement sur une lunette de 80, un triplet.
      Savez-vous quels filtres Astrodon LRGB sont adaptés pour moi entre les deux séries I et E ? Je ne comprends rien aux explications du site
      https://astrodon.com/products/astrodon-lrgb-gen2-i-series-tru-balance-filters/
      https://astrodon.com/products/astrodon-lrgb-gen2-e-series-tru-balance-filters/
       
      Merci !
       
       
       
       
    • By PATRICEM33
      Bonsoir à tous,
       
      Suite à mon sujet Quel tube planétaire principal après un Mak 127 ? , mon nouveau tube, un µ210 dédié pour le planétaire est arrivé aujourd'hui directement de chez OU. Un peu Noël avant Noël .
      Ça fleure bon la qualité Taka mais je le savais, étant ancien possesseur d'une FSQ-85ED.
      Il va être appairé avec une ASI224MC, un ADC ZWO, une barlow Taka 2X et l'adaptateur photo magique de @jldauvergne  pour pouvoir réduire le tirage du montage si besoin.
      Une question pratique : Comment stockez-vous votre Mewlon ? Soit je le laisse dans son carton à plat soit autrement en dehors du carton ?
      Place à quelques photos du tube avant j'espère très rapidement un baptême de mon nouveau setup sur la lune et les reines actuelles (Juju, Saturne et Mars).
       
      Patrice
       

       

       

    • By BobSaintClar
      Amis binaires, bonjour !
       
      Jamais à court d'idées tordues, je vous propose d'exposer ici un projet - sans rapport direct avec l'astronomie, je le précise d'emblée - que j'ai mené jusqu'à son terme, tranquillement, en l'étalant sur plusieurs années.
      Il m'a pris beaucoup de temps, non parce qu'il est difficile à réaliser (au contraire, c'est un jeu d'enfant), mais parce que j'ai tâtonné longtemps. Pour taquiner l'analogie culinaire, disons que je savais quelle soupe je voulais faire, mais peinais à identifier les ingrédients nécessaires à ma cuisine. Mon fil a donc pour simplissime ambition de vous faire gagner un temps fou, pour peu que ma soupe vous mette en appétit.
       
      Quel est ce projet ? Fabriquer des lunettes de vision infrarouge, monochrome ou couleur.
      Là, vous m'objecterez : "N'importe quoi ! C'est voué à l'échec, puisqu'on ne voit pas dans l'infrarouge"...
      C'est vrai ! Mais...
      ... Il y a un "mais"
       
      Avant d'attaquer les aspects pratiques, laissez-moi vous parler du contexte et rappeler, si nécessaire, quelques bases d'optique photographique.
      Nous parlerons également, un peu, de la physiologie de l'oeil : préparez-vous à une petite surprise (pour ne pas dire un choc).
       
      Si vous traînez parfois dans le bistrot, vous savez que j'y propose de temps à autre des photographies en Infrarouge NB et couleur. C'est un vieux dada, qui remonte à l'époque de mon doctorat : étudiant géographe, j'ai travaillé sur des images SPOT en fausses couleurs (les canaux sont décalés : le vert devient le bleu, le rouge devient le vert et l'infrarouge proche devient le rouge) dont l'esthétique étrange a piqué mon intérêt. Or, il se trouve que les photographies dites en "infrarouge couleur" sont traditionnellement faites de la même façon : via un décalage des canaux, pour intégrer l'IR proche dans le rouge. En ce qui concerne l'infrarouge Noir et Blanc, c'est l'aspect cotonneux, laiteux, "hivernal" des paysages qui m'attire... sans parler des ciels très spectaculaires (le "bleu" est très assombri) et de la disparition de la brume, dégageant l'horizon !
       
      Quelques exemples vaudront mieux qu'un long discours :

       
      En haut à gauche : une image infrarouge NB (filtre à 760 nm) générant des contrastes violents sur le ciel et éclaircissant la végétation.
      En haut à droite : image IR NB (filtre 850 nm) avec un ciel bleu devenu noir et une végétation très éclaircie.
      En bas à gauche : image IR couleur (filtre 580 nm, puis traitement "traditionnel" par décalage des canaux) du mont Fuji (invisible à l'oeil nu), sorti de la brume distante, sur fond de campagne verte/rouge.
      En bas à droite : image IR couleur (filtre Wratten n°47 "deep blue", avec un ciel très sombre et une végétation bien rouge)
       
      Je ne l'ai pas précisé, mais il va de soi que ces photographies ont été prises avec un APN défiltré, de sorte à ce que l'infrarouge excite le capteur !
       
      Au début des années 2000, je me suis donc initié à la prise de vue infrarouge, en commençant par le noir et blanc. A cette époque, je ne disposais pas d'un APN défiltré, mais j'avais un Fujifilm S3 Pro dont le filtre interne est assez permissif, suffisamment pour que je puisse m'amuser sans avoir à poser des heures. Avec un filtre coupant à 640 nm, on peut déjà obtenir un effet assez saisissant ; cela tient à la réponse spectrale de la végétation, qui monte vite et tôt après le rouge :
       

       
      Les plantes en bonne santé, à savoir bien chargées en chlorophylle, ont une réflectance très élevée dans l'IR proche, alors qu'elle est faible dans le rouge (le creux de la courbe, vers 600-650 nm). En passant, vous noterez l'intérêt d'étudier la santé d'un couvert végétal dans l'IR : on discrimine facilement les plants qui manquent d'eau, ou sont malades, des plants sains. Ce qu'il faut retenir ici, c'est que la remontée brutale de la réflectance survient assez tôt : dès 700 nm, les feuilles renvoient plus de lumière que... dans le vert !
       
      Maintenant, si l'on s'intéresse à la sensibilité spectrale de l'oeil humain, on obtient ce genre de courbe :
       

       
      Il y a une variation en condition de basse luminosité, avec un décalage de la sensibilité vers le bleu. Quoi qu'il en soit, on note que tout se passe entre 390 et 700 nm. Donc, il semble bien que mon idée de fabriquer des lunettes de vision infrarouge (proche, disons entre 700 et 800 nm), NB ou couleur, est absurde...
       
      Sauf que : en 2007 (de mémoire), lors d'un voyage en France, plus précisément lors d'une ballade en compagnie d'amis autour d'un lac de la grande couronne parisienne, j'ai remarqué quelque chose de très, très inattendu !
       
      Je m'apprêtais à faire une photo IR NB de ce lac (photo que voici)...
       

       
      ... lorsque j'ai noté que mon filtre, supposé opaque en-deça de 720nm, laissait passer un peu de rouge. Je l'ai vu en le manipulant. Du coup, je l'ai placé devant mon oeil, en cachant l'excès de lumière avec ma main libre, pour estimer à quel point ce filtre était pourrave. Logiquement, j'ai bien vu le paysage en rouge sombre, mais quelque chose clochait : l'image monochrome, en terme de luminance, s'apparentait franchement à ce que vous voyez dans la photographie ! En clair, la végétation apparaissait lumineuse, l'eau noire, le ciel d'encre !
       
      Si vous avez déjà regardé un paysage à travers un filtre rouge classique, genre Wratten n°25 ou même 29, vous aurez noté que la végétation est sombre, très sombre même. Je vous mets, à titre de comparaison, deux images d'une même scène dans le rouge (à droite) et dans l'infrarouge proche (à gauche, filtre 760 nm) :
       

       
      On ne peut pas les confondre ! Outre la réponse très différente de la végétation, le ciel est bien plus sombre en IR et les montagnes, au loin, sortent de la poisse (la brume), en apparaissant claires sur le fond de ciel (parce qu'elles sont recouvertes de forêts) quand dans le rouge, elles sont en ombres chinoises, sans détails. Remarquez l'ombre des nuages sur leurs flancs, en IR, ombres invisibles dans le rouge...
       
      Bref, en mettant le filtre devant mon oeil et en isolant ce dernier de la forte luminosité ambiante, j'ai vu le paysage... dans l'infrarouge.
      Stupeur ! Comment était-ce possible ? L'oeil n'est pas supposé voir dans l'IR, surtout au-delà de 760 nm ! Pourquoi est-ce que je voyais quelque chose ? Serais-je doté de pouvoirs extraordinaires ??
      Réponse : bah non, hélas ! Ou plutôt : nous sommes tous dotés de ce pouvoir ! En fait, et ce fut pour moi une vraie surprise : l'oeil humain voit très bien dans l'IR, au moins jusqu'à 800 nm (soyons clairs, je vous parle d'expérience, ce n'est pas une opinion). Simplement, à ces longueurs d'onde, la rétine est peu sensible et du coup, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, cette capacité à voir dans l'infrarouge est complètement oblitérée par notre sensibilité à la lumière du spectre "visible" !
      Pour parler par analogie : imaginez qu'une personne murmure dans un grand hall de gare très peuplé. Vous ne l'entendez pas, votre ouïe saturée par le brouhaha ambiant des voix de la foule. Maintenant, si tout le monde se tait, sauf cette personne... vous l'entendrez. Et si vous n'avez jamais entendu de murmures avant, parce qu'une loi édicte que "les gens ne chuchotent que dans le bruit", vous serez très surpris !
       
      Bref : A partir de là, je me suis fabriqué un "monocle de vision infrarouge monochrome". Je l'ai toujours, voici la chose :
       

       
      C'est un porte-crayons en bambou, retaillé d'un coté de sorte à ce qu'il se plaque sur mon oeil gauche sans laisser passer de lumières parasites et de l'autre, équipé d'un pas vissant de 58mm. J'y ai placé un filtre IR de 720 nm, c'est tout ! Lorsque je regarde à travers, seul l'IR proche - 720nm et plus - atteint ma rétine : un paysage suffisamment éclairé (de jour, idéalement en plein soleil) m'apparaît tel que dans une photographie IR monochrome de la même scène ; je vois "en rouge" mais pourtant, je vois bien "dans l'infrarouge" !
       
      Pour profiter au mieux du phénomène, plusieurs conditions sont à réunir :
       
      - Le filtre ne doit pas être trop radical : préférez 720 ou 760nm. Les effets bluffants sur la végétation (claire), l'eau (sombre) ou le ciel (très contrasté) apparaissent tôt, inutile d'aller dans les longueurs d'onde trop grandes, d'autant que la sensibilité de l’œil s'effondre vite.
      - Utilisez un cache pour minimiser les lumières parasites (un tube, vos mains, une cagoule, quelque chose du genre de mon monocle...) : seule la lumière infrarouge doit atteindre votre rétine. Si un peu de lumière visible passe sur les cotés, votre pupille va se contracter et vous perdrez immédiatement le bénéfice de la vision IR. Si les filtres IR apparaissent noirs, c'est pour une bonne raison : la lumière ambiante oblitère complètement la sensibilité de vos yeux dans l'IR.
       
      Je vous invite à tenter l'expérience : c'est franchement bluffant ! Seul problème : l'image observée apparaît en nuances de rouge (même si, encore une fois, ce n'est pas du rouge), pas comme une photographie IR en Noir&Blanc. Ce n'est guère esthétique.
       
      N'empêche, ça marche ! Avant que je n'acquière mon premier APN défiltré, un Canon 6D, mon monocle me servait à anticiper mes prises de vue infrarouges NB. D'un coup d'oeil, je savais d'avance ce que mon cliché allait donner ! J'étais assez fier de ma découverte et de mon petit bricolage, n'ayant jamais rien vu de tel ailleurs, dans le commerce ou de réalisation amateur.
       
      Reprenons : en 2012 (de mémoire), j'ai acquis un Canon 6D que j'ai fait défiltrer. A partir de là, je pouvais voir le résultat de mes prises de vue IR en Liveview, directement à l'écran : plus besoin de mon monocle, je l'ai délaissé et pendant quelques années, je n'y ai plus pensé...
       
      En 2016, je me suis mis à la photographie IR couleur.
      A mes débuts, j'ai procédé de façon orthodoxe : pour prendre une image IR en couleurs, on utilise un filtre peu sélectif, qui laisse passer un peu de rouge voir de jaune/vert et bien sûr, l'infrarouge proche. La photographie brute apparaît très rouge, avec des nuances subtiles que le traitement d'image va amplifier. On va enfin décaler les canaux, exactement comme en télédétection (les scènes SPOT en "fausses couleurs") pour obtenir, au final :
       
      - La végétation dans les nuances de rouge, très vive et claire
      - les scènes distantes, la végétation malade, la roche, le béton et divers matériaux artificiels dans les nuances vert/bleu
      - L'eau très sombre, presque noire
      - Le ciel bleu marine, presque noir, avec des nuages blancs très contrastés
       
      Les images en infrarouge couleur sont étranges, bizarres et belles à la fois (c'est mon avis). Elles sont assez différentes des images IR en Noir&Blanc, c'est une autre forme de plaisir photographique. Elles sont aussi plus difficiles à faire, surtout parce que le post-traitement est délicat ; parfois, il ne donne rien de bon, sans que vous ne l'ayez anticipé.
       
      L'année dernière, je me suis demandé s'il n'était pas possible d'obtenir une image IR couleur - donc avec la liste de caractéristiques susdites - en procédant différemment : m'est venue l'idée d'utiliser un filtre qui laisse passer l'IR proche, bien sûr, mais aussi un tout petit peu de lumière visible... SANS le rouge. Pourquoi ? Parce que le canal rouge est dédié, en IR couleur, à l'IR : pas question de le parasiter avec du rouge "normal".
       
      Belle idée ! Mais un tel filtre n'existe pas. A défaut, était-il possible de "l'émuler", en associant différents filtres, en jouant avec leurs courbes respectives ?
      Ce sera le sujet de mon prochain post...
       
      A suivre
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