Bill46

Astéroïdes géocroiseurs / NEO

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ATLAS.JPG.d269f70de9dba3ac1785a84a71092cc8.JPG

 

Après avoir mentionné les télescopes utilisés par les programmes de relevés du ciel du Catalina Sky Survey et du projet Pan-STARRS, les deux plus gros pourvoyeurs actuels en ce qui concerne la recherche et le suivi d'objets dont les orbites voisinent ou croisent celle de la Terre (et, à l'occasion, la découverte d'autres objets plus lointains dont des astéroïdes, des comètes et d'autres phénomènes transitoires galactiques ou extra-galactiques), il nous parait intéressant d'évoquer également le projet de surveillance ATLAS, lui aussi dédié à cette tâche, mais avec un format différent, avec des instruments plus modestes, avec du matériel du commerce ou presque, mais en principe tout aussi efficace et surtout avec des télescopes robotisés totalement autonomes et répartis (dans le futur) sur tout le globe terrestre.

 

ATLAS-statistiques.jpg.fb226cff130e67c86a1fd80a89ed9ebf.jpg

 

Ci-dessus : au 28 mars 2021, 577 NEOs ont été découverts par les télescopes du projet ATLAS démarré fin 2015 (crédit : NASA/JPL-Caltech)

 

 

ATLAS (acronyme pour Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) est un système d'alerte rapide (ou précoce) qui a été initialement développé par l'Institut d'Astronomie de l'Université d'Hawaï et financé par la NASA (dans le cadre du Near Earth Objects Observations program) pour avertir de la collision possible d'astéroïdes avec la Terre. ATLAS est ainsi sensé prévenir 24 heures à l'avance l'arrivée d'un objet dont l'impact pourrait dégager une énergie explosive de 30 kilotonnes (Hiroshima = 15 kilotonnes), une semaine à l'avance pour un impact équivalent à 5 mégatonnes et 3 semaines pour un impact de 100 mégatonnes (en fonction de la taille et de la vitesse relative de l'impacteur).

 

Le projet initial prévoit d'utiliser à terme huit télescopes robotisés de 0,50 m, tous semblables. Actuellement, deux instruments sont opérationnels, distants de 158 km l'un de l'autre, et sont installés dans l'archipel hawaïen : ATLAS1 (ou ATLAS-HKO, MPC code T05) à l'Observatoire astrophysique de Haleakalā sur l'île de Maui et ATLAS2 (ou ATLAS-MLO, MPC code T08) à l'Observatoire atmosphérique du Mauna Loa sur l'île d'Hawaï. Le premier est en service depuis fin 2015, le second depuis 2017. En fonction des financements disponibles, deux autres télescopes doivent être rajoutés dans l'hémisphère sud (Chili et Australie), et deux autres encore en Europe et en Afrique du Sud (SAAO) pour compenser les heures de jour à Hawaï et aux Etats-Unis (CSS, ZTF) lorsque les observations ne sont pas possibles. Le but étant bien sûr d'assurer une couverture complète 24/24 sur tout le globe. Le coût d'installation d'un nouvel instrument complet (télescope, informatique, bâtiment) ne doit pas en principe dépasser le million de dollars.

 

 

ATLAS-DFM-Tonry-ATLAS1-HKO-Smith.jpg.b46323590fab0e1d9e7c7075675ba1a1.jpg

 

Ci-dessus : à gauche, John Tonry (ATLAS co-Principal Investigator, IfA, Univ. of Hawaii) donne l'échelle d'un des (petits) télescopes construit par DFM Engineering ;

à droite, Ken Smith (Queens University, Belfast) à côté du même télescope installé sous sa coupole à l'Observatoire sur l'île de Maui.

 

 

Les télescopes déployés pour ce projet de surveillance ATLAS sont une variante du type Wright-Schmidt, dotés d'un miroir sphérique de 0,65 m et d'une lame correctrice de 0,50 m, d'un correcteur de champ à 3 éléments, d'une boîte de 8 filtres, d'un cryostat et d'un détecteur. Le rapport focal est de f/2,0. Ils sont équipés d'une caméra CCD (STA-1600) de 10560 × 10560 pixels pour un champ de vision de 5,4° carrés (28,9°), dite caméra Acam (1,86"/pixel). Le logiciel qui les pilote permet de les repositionner près de 1000 fois chaque nuit avec, entre chaque nouveau pointage, des poses de 30 secondes + 10 secondes de temps de transfert des données, ce qui permet d'assurer une couverture quasi complète du ciel visible en un peu plus d'une nuit, et ce jusqu'à la magnitude 19,5 environ. Chaque champ observé est imagé 4 fois par nuit, afin de détecter d'éventuels objets mobiles par comparaison avec les images précédentes. Une nuit d'observation "produit" environ 900 images (couvrant 26 000° entre -45° et +90° de déclinaison), soit 150 GB de données brutes ou compressées qui peuvent être stockées sur place avant d'être transmises à des serveurs situés à Honolulu. Le programme informatique de réduction/traitement des données et de détection d'objets mobiles est le même que celui utilisé par le projet Pan-STARRS. En parallèle existe (comme pour les autres projets) un programme traitant spécifiquement de la détection de phénomènes rapides et transitoires (supernovae...).

 

 

ATLAS1-ATLAS-HKO-HWeiland.thumb.jpg.3fb0feb19f8f7519e76e303aaa8baa5d.jpg

 

Ci-dessus : le télescope ATLAS1 ou ATLAS-HKO sous sa coupole motorisée de 5 mètres (constructeur Ash-dome), implanté à l'Observatoire de Haleakalā, à plus de 3000 m d'altitude, sur l'île de Maui. La monture équatoriale allemande (APM Telescopes), qui supporte de gros contrepoids de 35 kg chacun ici bien visibles, permet de déplacer le télescope jusqu'à à la vitesse de 15°/seconde. Le passage au méridien requiert un basculement de la monture de 180° et est effectué typiquement en 25 secondes. Chaque coupole est dotée d'un système de caméra fisheye et d'un système d'analyse associé pour l'observation de la couverture nuageuse et de la clarté du ciel nocturne qui déclenchera automatiquement (ou non) l'ouverture du dôme et la mise en route du télescope. Distants de 158 km, ATLAS1 et 2 ne bénéficient pas nécessairement d'une météo équivalente, mais l'un peut être par exemple opérationnel si l'autre ne l'est pas. (crédit photo : Henry Wieland)

 

ATLAS-HKO en temps réel : http://dashboard.fallingstar.com/dash/hko.html
ATLAS-MLO en temps réel : http://dashboard.fallingstar.com/dash/mlo.html

 

 

Comme pour les autres programmes de surveillance, ATLAS fait des découvertes "collatérales" telles que comètes et supernovae. Mais le but principal (ce pour quoi il est financé) est tout de même la détection d'objets proches, de les suivre et de prévenir le plus rapidement possible de leur existence à proximité immédiate de la Terre. En principe, ATLAS est optimisé pour détecter entre 10 et 50 astéroïdes s'approchant à moins d'une fois la distance Terre-Lune et d'une taille de l'ordre de 30 m (environ la moitié de la taille de l'objet ayant produit l'explosion de l'événement de la Toungouska en 1908 et le double de celui de l'événement de Chelyabinsk en 2013) chaque année. Pour la détection d'objets très proches, ATLAS est plus compétitif que des projets plus importants et plus coûteux comme le CSS ou Pan-STARRS (son "grand frère") qui eux peuvent détecter, avec leurs grands télescopes au champ de vision plus limité, beaucoup plus d'objets, plus faibles, mais passant en général à plus grandes distances de la Terre. Parfois, certains objets découverts par le CSS ou Pan-STARRS sont par la suite suivis par ATLAS afin de ne pas les perdre. Avec plus de télescopes robotisés en fonctionnement, ATLAS devrait en outre combler l'absence de détection des quelques objets de type "Toungouska" passant à proximité de la Terre et qui échappent encore aux grands réseaux de surveillance, améliorant ainsi la défense planétaire. Bien entendu, lors de ses relevés, ATLAS fournit également des mesures astrométriques et photométriques d'un nombre très important d'astéroïdes et d'étoiles (variables, supernovae...), venant enrichir les bases de données sur ces objets.

 

Parmi quelques découvertes intéressantes faites grâce à ATLAS, on peut citer :
- la brillante supernova SN 2018cow dite "The Cow", conséquence d'une formidable explosion issue probablement de la formation d'un trou noir ou de la rotation ultra-rapide d'une étoile à neutrons
- 2018LA, un petit astéroïde de 2 m de diamètre découvert par le Catalina Sky Survey et observé par ATLAS avant son impact, ce qui a permis de reconstituer sa trajectoire et de retrouver des fragments tombés au sol, au Bostwana
- des sursauts périodiques de luminosité et l'émission de poussières par l'astéroïde (6478) Gault, de 6 à 10 km de diamètre, observés fin 2018
- la brillante comète C/2019 Y4 (ATLAS) qui s'est fragmentée fin mars 2020
- 2019MO, un NEO de 3 mètres de diamètre découvert peu de temps avant son impact sur Terre en juin 2019 (fragments probablement tombés en mer des Caraïbes)
- l'astéroïde 2020 VT4, un rocher de 5 à 10 m qui est passé à moins de 400 km de la Terre, au-dessus du Pacifique Sud, 15 heures seulement après avoir été détecté par ATLAS

- etc.

 

Site web : https://atlas.fallingstar.com/home.php
Un article assez complet : ATLAS: A High-Cadence All-Sky Survey System, Tonry et al., https://arxiv.org/pdf/1802.00879.pdf

 

 

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Ci-dessus : exemple d'une pose de 30 secondes avec l'un des télescopes ATLAS, datée du 2 octobre 2017.
Cette image a enregistré la trace d'un météore entré dans l'atmosphère en laissant une curieuse trainée de forme hélicoïdale (crédit photo : Henry Weiland)

 

 

ATLAS1-ATLAS-MLO-HWeiland.jpg.3f0898231cc175bd0207859598d00c1c.jpg

 

Ci-dessus : la coupole de ATLAS-MLO sous la Voie lactée au Mauna Loa, à 3 300 mètres d'altitude (crédit photo : Henry Weiland)

 

 

Edited by Bill46
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Le 11/03/2021 à 19:45, Bill46 a dit :

Le 21 mars 2021 à 16h03 TU, l'astéroïde potentiellement dangereux (231937) 2001 FO32 "frôlera" la Terre à un peu plus de 2 millions de km (5,2 fois la distance Terre-Lune), ou 0,0135 UA, ...

 

Le 26/03/2021 à 20:56, Bill46 a dit :

Les résultats de l'imagerie radar d'Apophis par les radiotélescopes de Goldstone et de Green Bank sont maintenant disponibles. Lors de l'approche du NEO début mars, l'antenne de 70 m du réseau DSN de Goldstone avait été mise a contribution pour émettre des impulsions radar vers l'astéroïde situé alors à 17 millions de km de la Terre, l'antenne de 100 m de Green Bank étant utilisée comme réceptrice des ondes réfléchies en écho. Bien que pixelisée, l'image ci-dessous a tout de même une résolution de 38,75 m par pixel, ce qui est remarquable compte-tenu de la distance de la cible (alors à 44 fois la distance Terre-Lune). La précision est voisine de 150 m alors que l'astéroïde a une taille estimée de 340 m ...

 

Côté radar, déception, toujours rien à venir (*) concernant 2001 FO32 qui passait pourtant 8-9 fois plus près qu'Apophis tout en étant possiblement deux fois plus gros (440-680 m estimés par NEOWISE).

Des observations étaient pourtant prévues coté Goldstone, Camberra & Green Bank les 21 & 22 mars !  Raté ou publication en attente ?

 

https://echo.jpl.nasa.gov/asteroids/goldstone_asteroid_schedule.html

https://www.jpl.nasa.gov/news/asteroid-2001-fo32-will-safely-pass-by-earth-march-21

 

(*) par exemple, fin 2018, seulement 2 jours entre la dernière image radar de 2003 SD220 et la publication d'un article sur un site de la NASA !

https://www.nasa.gov/feature/jpl/holiday-asteroid-imaged-with-nasa-radar

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Edited by BobMarsian
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Le 29/03/2021 à 01:06, BobMarsian a dit :

Raté ou publication en attente ?

 

En ce qui concerne (231937) 2001 FO32, rien vu passer pour le moment, mais les analyses/publications doivent être en cours (ça ne fait que 7 jours depuis le passage de l'astéroïde). Le planning des observations de Goldstone prévoyait l'utilisation de l'antenne DSS-13 qui possède une parabole de 34 mètres (pour Apophis c'était l'antenne de 70 m de la station DSS-14), associée à celle de 100 m de Green Bank en réception (imagerie radar bistatique) afin d'obtenir une résolution de l'ordre de 7,5 mètres/pixel ( https://dss.gb.nrao.edu/project/GBT21A-407/public ). Des observations étaient aussi planifiées à Canberra (DSS-34 et DSS-43). Astéroïde dont la taille est estimée à 860 m (si albédo de 0,2 pour ce type S/Sr), voire moins selon les dernières mesures effectuées par le satellite NEOWISE. 2001 FO32 devait en principe être également observé avec le télescope infrarouge IRTF de 3,2 m situé au sommet du Mauna Kea (spectrographe SpeX). Observations réalisées avec succès ?

 

2001FO32-radar-planning.JPG.efcec5488f7a8abd5135596733092c89.JPG

 

https://echo.jpl.nasa.gov/asteroids/2001FO32/2001FO32.2021.goldstone.planning.html

https://www.hawaii.edu/news/2021/03/17/maunakea-telescope-tracking-large-asteroid-flyby/

 

Pour les images radar de 2003 SD220 en décembre 2018, DSS-14 (70 m) et le GBT (100 m) avaient été aussi utilisés, en coordination avec la grande antenne d'Arecibo (305 m) alors encore en fonctionnement, ce qui explique la meilleure résolution spatiale obtenue pour une distance similaire (environ 2 millions de km de la Terre) : 3,7 mètres/pixel pour un objet patatoïdal allongé de 1,6 km de long.

 

Pour 2001 FO32, wait and see...

 

nea.radar.history.jpg.08af01312003db02ca3ef85e8ee375ae.jpg

(source : California Institute of Technology / Lance Benner )

 

 

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Le 29/03/2021 à 10:13, Bill46 a dit :

En ce qui concerne (231937) 2001 FO32, rien vu passer pour le moment, ...

 

---> Première publication (5 avril) d'images radar fournies par l'antenne DSS-13 (34 m) de Goldstone (Calif.) du réseau DSN (Deep Space Network), associée en réception au radiotélescope de Green Bank (GBT, 100 m, West Virginia) :

https://photojournal.jpl.nasa.gov/catalog/PIA24561
https://twitter.com/AsteroidWatch/status/1379883834007818245

 

Question résolution (~ 20 pixels sur la + grande dim. = 150 m si 7,5 m/px), on pouvait peut-être s'attendre à mieux vu la faible distance de passage (~ 2 Gm) de 2001 FO32, mais il n'est pas dit si l'imagerie radar publiée a été effectué à la date (21 mars *) où la distance était au plus court avec la Terre. Possiblement avec l'antenne de 70 m de Goldstone et surtout celle d'Aricibo (300 m) si elle ne s'était pas effondrée, on aurait eu une imagerie plus fine !  Autrement, il faudra attendre pour avoir une nouvelle estimation de la taille de ce géocroiseur de type Apollo (vs 440-680 m, NEOWISE) ...

* plutôt les 22-23 mars à 0,026 UA (3,9 Gm) :

https://echo.jpl.nasa.gov/asteroids/2001FO32/2001FO32.2021.goldstone.planning.html

 

PIA24561.jpg

Crédit:  NASA/JPL-Caltech  &  NSF/AUI/GBO

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2021 PH27 ---> nouvel astéroïde dont la période de révolution est la plus courte (113 jours) parmi tous les objets du Système Solaire excepté Mercure (88 j).
 
Découvert par Scott S. Sheppard (Carnegie Institution of Science) sur des images prises le 13 août par la caméra DECam (Dark Energy Camera, 570 Mpix) installée sur le télescope Víctor M. Blanco (4 m) de l'observatoire CTIO (Cerro-Tololo Interamerican Observatory), à La Serena, Chili.
a = 0,462 UA,  q = 0,134 UA,  Q = 0,789 UA,  e = 0,710,  i =  31,9°,  H =  17,7 (===> D ~ 1 km)
Possiblement un noyau de comète éteinte dont la température peut atteindre presque 500 °C au périhélie !

 

https://noirlab.edu/public/news/noirlab2123/

 

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Crédit: CTIO/NOIRLab/NSF/AURA/J. da Silva  https://noirlab.edu/public/images/noirlab2123c/

 

Solar System’s fastest-orbiting asteroid discovered

https://carnegiescience.edu/news/solar-systems-fastest-orbiting-asteroid-discovered

 

https://www.minorplanetcenter.net/mpec/K21/K21Q41.html
https://minorplanetcenter.net/db_search/show_object?object_id=2021 PH27&commit=Show

 

Autres posts sur des objets du même type récemment découverts ---> astéroïdes "Atiras" (circulent entièrement à l'intérieur de l'orbite terrestre) et "Vitaras" (idem vs l'orbite de Vénus) :
30/08/2019 - 2019 AQ3  &  2019 LF6  (Atiras)
http://www.astrosurf.com/topic/115229-première-comète-interstellaire-de-lhistoire/?page=6&tab=comments#comment-1703240

11/01/2020 - 2020 AV2  (1er Vitara)
http://www.astrosurf.com/topic/19982-tno-kbo-sdo-plutinos-co/?page=10&tab=comments#comment-1760513

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2020 XL5 ---> un second astéroïde troyen de la Terre identifié et confirmé au point de Lagrange L4 (comme le premier 2010 TK7).
De la même manière, sa position demeure instable avec une forte chance (99,5 %) d'être éjecté du point L4 d'ici les 10 000 prochaines années (capture au XVe siècle) ...
Diamètre = 320 ± 80 m,  pour H = 20.4 ± 0.5  et si l'albédo géométrique = 10 %

 

"The Second Earth Trojan 2020 XL5"
Man-To Hui  (Macau University of Science and Technology) et al.
https://arxiv.org/abs/2111.05058 [v2] 10/11/2021 ---> The Astrophysical Journal Letters

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"Lunar-like silicate material forms the Earth quasisatellite (469219) 2016 HO3 Kamo`oalewa"
Benjamin N.L. Sharkey (Lunar and Planetary Laboratory, University of Arizona, Tucson) et al.
https://arxiv.org/abs/2111.06372 ---> Nature Communications Earth and Environment (11/11/2021)
https://www.nature.com/articles/s43247-021-00303-7
https://www.nature.com/articles/s43247-021-00303-7.pdf

 

Caractérisation physique du quasi-satellite (469219) Kamo`oalewa (2016 HO3), le plus stable des cinq NEA découverts (*) de ce type orbitant autour du Soleil mais à proximité de la Terre.
Par exemple, Kamo`oalewa possède un demi-grand axe de 0,001 UA, une faible inclinaison d'environ 8 deg. sur l'écliptique et une durée de vie de quelques centaines d'années dans sa position actuelle de quasi-satellite de la Terre.
Instruments : Large Binocular Telescope (2 x 8,4 m) & le Lowell Discovery Telescope (4,3 m), opérant sur Kamo`oalewa lorsque sa magnitude visuelle < 23,0.
Période de rotation = 28,3 mn (+1,8/-1,3 mn).
Diamètre = 58-46 m en adoptant un albédo entre 10 et 16 % - Magnitude absolue H = 24,3
Le rougissement du spectre de réflectance entre 0,4 et 2,2 microns est indicatif d'une composition à base de silicates avec la meilleure correspondance avec les silicates lunaires ce qui induit l'hypothèse que Kamo`oalewa proviendrait d'un éjecta de notre satellite naturel ...

(*) en plus de Kamo`oalewa (nom d'origine hawaïenne) ---> (164207) 2004 GU9 - 2020 PN1 - 2020 PP1 & 2020 KZ2 (les trois derniers proches orbitalement de Kamo`oalewa pourraient en être des fragments).

 

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il y a une heure, BobMarsian a dit :

Le rougissement du spectre de réflectance entre 0,4 et 2,2 microns est indicatif d'une composition à base de silicates avec la meilleure correspondance avec les silicates lunaires ce qui induit l'hypothèse que Kamo`oalewa proviendrait d'un éjecta de notre satellite naturel ...

 

On devrait être fixé dans les années qui viennent puisque les chinois vont lancer une mission en 2024 dont le premier des deux objectifs est d'aller y prélever des échantillons (retour en 2026)

 

 

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Le choix entre "atterrissage avec accroche" et le "touch and"go" va être compliqué surtout après les "malheurs" de Philae sur 67P et l'extrème difficulté (question précision, "timing") de l'opération sur un corps aussi petit (une première) qui plus est appartenant à la catégorie des "fast rotators" ...

Mais bon !  Les chinois après Chang'e-5 et Tianwen-1 nous ont habitués a maîtriser des manœuvres spatiales complexes, donc, ... confiance !

Edited by BobMarsian
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Une superbe carte interactive !

 

https://www.nasa.gov/feature/jpl/nasa-s-eyes-on-asteroids-reveals-our-near-earth-object-neighborhood

 

traduction automatique :

 

Grâce à un nouvel outil de visualisation 3D en temps réel, vous pouvez désormais explorer les astéroïdes et les comètes qui s’approchent du voisinage orbital de la Terre – et les engins spatiaux qui visitent ces objets – d’un clic ou d’un balayage. Eyes on Asteroids de la NASA apporte ces données à n’importe quel smartphone, tablette ou ordinateur doté d’une connexion Internet - aucun téléchargement requis.

Des milliers d’astéroïdes et des dizaines de comètes sont découverts chaque année, dont certains – appelés objets géocroiseurs – suivent des orbites qui traversent le système solaire interne. Totalisant maintenant environ 28 000, leur nombre augmentant chaque jour, ces objets sont suivis attentivement par les astronomes financés par la NASA au cas où l’un d’entre eux pourrait constituer une menace d’impact sur notre planète.

La nouvelle application Web décrit les orbites de chaque objet géocroiseur connu, fournissant des informations détaillées sur ces objets. En utilisant le curseur en bas de l’écran, vous pouvez voyager rapidement vers l’avant et vers l’arrière à travers le temps pour voir leurs mouvements orbitaux. La visualisation reçoit des mises à jour deux fois par jour avec les dernières données, donc dès qu’un nouvel objet est découvert et que son orbite est calculée, il est ajouté à l’application.

Les profils de nombreuses missions NEO peuvent également être explorés. Sélectionnez l’onglet « événements » pour afficher des modèles animés détaillés de ces engins spatiaux et de leurs rencontres d’astéroïdes ou de comètes. Par exemple, recherchez le vaisseau spatial OSIRIS-REx de la NASA (abréviation de Origins, Spectral Interpretation, Resource Identification, Security-Regolith Explorer) pour voir une recréation animée de l’événement de collecte d’échantillons Touch-And-Go (TAG) de la mission du 20 octobre 2020. Ou regardez la mission DART (Double Asteroid Redirect Test) de la NASA, qui a récemment été lancée comme la première démonstration de défense planétaire de la NASA, et même avance rapide jusqu’au 26 septembre 2022, date à laquelle elle impactera l’astéroïde Dimorphos, la petite lune du système d’astéroïdes binaires Didymos.

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    • By Matthieu Conjat
      Bonjour à tous,
      pour faire suite au sujet de @BrunoM sur le Festival Astro-Valberg, voici la courbe de lumière que j'ai obtenue grâce au C11 de Bruno le 29 juillet, lors de ce festival, avec une ASI 174mm au foyer.
      Par chance, on était sur la Voie Lactée, et le champ est assez grand, donc il y avait plusieurs étoiles de comparaison pour la photométrie. Le temps de pose est 50ms, mais j'aurais pu utiliser un temps de pose plus faible pour avoir une meilleure résolution. Mais en tout cas, l'occultation est bien là (1 chance sur 2 pour que l'astéroide passe à côté d'après les prévisions)...
      J'espère que le gif (l'éclipse a duré 1.75"), passe bien (4 Mo)

       
      La courbe de lumière:

       
      Sous un ciel magnifique (la spirale de M101, les piliers de la création, visibles au Dobson 350 !), on a passé une chouette soirée, malgré les températures auxquelles on n'était plus habitués (14°)...
       
      Je vous mets aussi une photo d'ambiance

      Matthieu
    • By Arnaud T60
      Bonjour à tous
       
      cette année , un campagne d'observation va mobiliser la communauté pro amateur sur des observations d'occultations d'étoiles par des astéroïdes , cibles de la sonde spatiale Lucy (NASA/SWRI) . Il y a des cibles assez faibles et une brillante .
       
      Les observations seront coordonnées par l'observatoire de Paris en partenariat avec la SAF et l'AFA .
       
      Quelques infos générales ici : https://proam-gemini.fr/lucy-2022/
       
      Pour la campagne sur l'étoile cible brillante , occultation par Eurybates , l'AFA a crée un ensemble de webinaires et prépare une grand campagne d'observation pour essayer d'y faire participer un maximum de personnes .
       
      https://www.afastronomie.fr/occultation-eurybate-23-oct-2022
       
      https://www.cieletespace.fr/actualites/photographes-et-astronomes-l-afa-vous-invite-a-observer-la-disparition-d-une-etoile
       
       
      De mon côté afin de recenser les personnes intéressées ainsi que le matériel éventuellement disponible , j'ai crée deux sondages
       
      un pour le matériel et l'expérience des observateurs  :https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScVzRE1cBxXmFfvhe7p68kAKNUtIBaEQ5T5RSOJYTl4yP9oLA/viewform?usp=sf_link
       
      un , une fois le premier rempli pour savoir sur quelle occultation vous souhaitez participer : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSesvhsGg1yb643u8PQaXpdbHAW4YwHOt_X3lHzaWTI_CRCRRw/viewform?usp=sf_link
       
      Si vous avez des questions , n'hésitez pas à nous contacter
       
      Bonne fin de journée
      Arnaud Leroy
       
       
       
       
       
       
       
       
    • By fguinepain
      Bonjour,
       
      Je ne sais pas trop où déposer cette image, alors je tente ici ;o)
      J'ai mis en service il y a environ 15 jours une "AllSkyCam"  "made in moi même" réalisée à partir de l'excellentissime ressource de  Thomas Jacquin 
      http://www.thomasjacquin.com/make-your-own-allsky-camera/
       
      Le  30/03/2022 vers 6h30 du matin l'image ci dessous a été enregistrée.
      Cette trainée lumineuse m'intrigue. Il ne s'agit à l'évidence pas d'une trainée d'avion (Il n'y a absolument rien sur les images avant et après - image réalisée toutes les 60 à 90s environ)
      L'aspect discontinu est curieux et m'interpelle...
      Pourrait il s'agir d'une assez "grosse" météore qui se serait littéralement disloquée en pénétrant  dans l'atmosphère ?
       
      Voilà, je partage simplement pour avis ;o)
       
      Fred
       

    • By Loup Lunaire
      Bonjour,
       
      Etant très occupé en ce moment, je n'arrive plus à suivre mes affaires d'astro... bref j'ai préféré réunir les deux images celles du 18 et 19.
      Elles sont en mode levé lunaire, d'où la couleur cuivré et bronze, avec une balance des blancs non reconfiguré bien sûr.
       
       

       
      Bon ciel lunaire
    • By COM423
      Bonjour,
       
      En tentant ce mois-ci une manip de photométrie sur un astéroïde, je me suis baladé dans un coin de la Vierge qui n'est pas le plus connu mais qui renferme lui aussi plein de galaxies, certes sans intérêt en comparaison des belles qui peuplent cette constellation, mais comme j'ai imagé l'astéroïde sur 2 nuits, voici une petite image sans prétention de ce coin de ciel , compositage de 76% des poses acquises, après tri de turbulence ( clic droit/Ouvir Nouvel Onglet ou Nouvelle Fenêtre pour la voir en full ) :

      Newton SW 200/800 avec correcteur de coma, caméra ASI 294-MCpro + IR-cut,   150 poses de 03min à  -20°C  (gain 120), Nord à peu près en Bas
      Monture AZ-EQ6 - ASIAir - poses guidées avec dithering
      Nuits des 26/27 et 27/28 février 2022 en seconde partie de nuit,  temps d'intégration de 07h 30min
      Traitement Siril 1.0.0-rc2, Finition avec Gimp 2.10.28
      Réduction de l'image d'un facteur 0,626 pour ramener l'échantillonnage à 2"/pixel
       
      La plus intéressante du champ est la faible (mag 14) galaxie UGCA 310 qui apparaît en bleu sur le bas de l'image (désignée aussi comme PGC 44264). C'est une galaxie irrégulière qui fait partie d'un vaste groupe de galaxies, celui de NGC 4697 (qui n'est pas dans le champ). Le temps d'intégration conséquent la révèle pas trop mal je trouve

       
      Pour illustrer la densité galactique de cette portion de ciel, voici une carte annotée (logiciel ASTAP) :

       
      Pour ce qui est du but initial de ces observations, j'ai bien capturé l'astéroïde mais il montre un éclat constant à quelques dixièmes de magnitude, à V=18.2.
      J'ai extrait la couche Verte et profité de son déplacement assez limité (0,30"/min) pour regrouepr les poses de 3 minutes par quatre et améliorer le rapport S/N. Mais sur un astre qui reste tout de même faible pour un 20cm, la précision de mesure semble être de 0,2 magnitudes et l'amplitude de la variation de l'astéroïde nettement en-dessous, snif
       
      J'ai cru lire qu'on pouvait tâter la millimagnitude avec nos télescopes et caméras, mais sans doute sur des cibles nettement plus brillantes j'imagine (?).
       
      Voici tout de même, pour illustrer son observation, une petite animation de la première nuit :
       

       
       
      Bon dimanche à tous.
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