MatEX

Vortex non identifié dans la SEB de Jupiter...

Recommended Posts

Belles images et animation Matthieu :)

Pour le reste, bah . . . elle fait sa petite vie tranquille la Grosse ;)

Bonne journée,

AG

  • Like 2

Share this post


Link to post
Share on other sites

Voilà un 150 bien exploité Matthieu !

Très belles images.

Je laisse les spécialistes des formations joviennes s’exprimer pour le reste.

Fabrice

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Vraiment détaillées ces images au T150, bravo:)

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Merci à chacun. Le seeing n’était pas terrible cette nuit-là avec un bon petit vent de nord-est par 0°C. Décidément, l’imagerie planétaire est vraiment un métier de passion.

 

Il y a 7 heures, Christophe Pellier a dit :

Une barge oui, comme celles de la NEB, même si c'est plus rare dans la SEB.


Merci pour cette confirmation, Christophe. J’ai relu il n’y a pas longtemps l’un de tes articles de qualité sur ton site perso où j’ai d’ailleurs été très étonné d’apprendre qu’une barge était un phénomène météo extrêmement superficiel. Tu y mettais en comparaison notamment des images IR où l’on constatait une disparition presque totale de ce type de région à partir de 800 nm. J’étais persuadé qu’il s’agissait d’un écoulement dépressionnaire à l’intérieur même des couches nuageuses et non pas au-dessus. Car on est bien d’accord que si l’IR perce complètement les brumes d’altitude ( autour 100 mbar de mémoire ) sur Jupiter, elle ne perce pas ( très efficacement en tout cas ) les couches nuageuses principales. Celles situées au niveau d’1-2 bars je parle. Finalement, ma question est : quelle est l’épaisseur approximative d’une barge lambda et surtout, à l’intérieur de quoi évolue-t-elle ? La couche de sulfure d’ammonium ?

Share this post


Link to post
Share on other sites
Le 12/01/2024 à 19:18, MatEX a dit :

J’étais persuadé qu’il s’agissait d’un écoulement dépressionnaire à l’intérieur même des couches nuageuses et non pas au-dessus. Car on est bien d’accord que si l’IR perce complètement les brumes d’altitude ( autour 100 mbar de mémoire ) sur Jupiter, elle ne perce pas ( très efficacement en tout cas ) les couches nuageuses principales. Celles situées au niveau d’1-2 bars je parle. Finalement, ma question est : quelle est l’épaisseur approximative d’une barge lambda et surtout, à l’intérieur de quoi évolue-t-elle ? La couche de sulfure d’ammonium ?

La couche de sulfure d'ammonium est plus basse, je ne sais pas bien si on peut la voir sur nos images, peut-être à certains endroits, mais en IR, à mon avis c'est surtout de l'ammoniac NH3.

Les barges apparaissent en cas de phase calme relatif dans les deux bandes équatoriales, qu'on associe à un refroidissement, qui entraîne la condensation de l'ammoniac au-dessus des nuages bruns. Sans aller jusqu'au paroxysme observable quand la SEB "disparaît", la phase calme de la NEB (qui correspond à sa "récession") est similaire, avec des nuages plus lisses et une teinte moins prononcée, signe de l'apparition de brumes. J'en déduirais que les barges sont des vortex superficiels au sein de ces brumes d'ammoniac...

  • Like 2

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 2 heures, Christophe Pellier a dit :

La couche de sulfure d'ammonium est plus basse, je ne sais pas bien si on peut la voir sur nos images, peut-être à certains endroits, mais en IR, à mon avis c'est surtout de l'ammoniac NH3.

Les barges apparaissent en cas de phase calme relatif dans les deux bandes équatoriales, qu'on associe à un refroidissement, qui entraîne la condensation de l'ammoniac au-dessus des nuages bruns.


Étonnant ! Les bandes nuageuses brunes ne seraient donc pas composée de sulfure d’ammonium comme ce que j’ai toujours lu dans la littérature scientifique ? 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 2 heures, MatEX a dit :

Étonnant ! Les bandes nuageuses brunes ne seraient donc pas composée de sulfure d’ammonium comme ce que j’ai toujours lu dans la littérature scientifique ? 

Alors là j'avoue que c'est possible, je n'ai pas regardé ! Tu as une référence ?

Elles dévoilent des nuages plus profonds donc pourquoi pas

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 6 heures, Christophe Pellier a dit :

Alors là j'avoue que c'est possible, je n'ai pas regardé ! Tu as une référence ?

Elles dévoilent des nuages plus profonds donc pourquoi pas


Très bien. Je viens d’éplucher le web à ce sujet et … il n’en ressort rien d’aussi clair que ce que je ne le pensais. Toutes les coupes 3D d’illustrations que je vois montrent la même chose. Une structure en 3 couches avec des nuages supérieurs blancs de glace d’ammoniac, des nuages bruns d’étage moyen composés d’hydrosulfites d’ammonium et des nuages de bas étage composés de glace puis de vapeur condensé d’eau. La première couche généralement entre 0,7 et 1 bar. La seconde entre 1,5 et 2-3 bars et la dernière ( seule hypothétique ) entre 3 et 5-7 bars. Ça, ce sont les illustrations. Les articles scientifiques ou généraux ( comme Wiki ) sont beaucoup moins clairs. Certains évoquent le fait que l’ensemble des nuages observables ne soient composé que d’ammoniac tout en précisant que des constituants inconnus soient forcément mêlés à l’ammoniac dans les nuages bruns. On soupçonne notamment le soufre et le phosphore d’être en partie à l’origine de cette coloration. Hors, quand on fait le lien entre NH4 ( ammoniac ) et NH4SH ( hydrosulfure d’ammonium ), il n’y a que le S qui fasse la différence. Autrement dit, difficile de savoir précisément à quoi s’en tenir. Et ce n’est pas le module de descente de Galileo qui nous a aidé à y voir plus clair. Au contraire, les données collectées se sont majoritairement trouvées en contradiction avec celles fournies par Voyager et les observations au sol…

Share this post


Link to post
Share on other sites

 bravo pour ces images mathieu et l'exploitation des détails ! :)

 paul

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Le 14/01/2024 à 15:04, Christophe Pellier a dit :

Alors là j'avoue que c'est possible, je n'ai pas regardé ! Tu as une référence ?

Elles dévoilent des nuages plus profonds donc pourquoi pas


Du nouveau sur la question avec cette thèse extrêmement intéressante que je suis en train de consommer sans modération. C’est la seule étude que j’ai pu trouver pour l’instant qui tente de donner une explication sur la couleur des nuages joviens. Il semblerait que ce soit avant tout une histoire de chromophores mais c’est plus compliqué que ça n’y paraît…

 

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwi_jtPs5eSDAxU6T6QEHZmdD984FBAWegQICxAB&url=https%3A%2F%2Fhal.science%2Fhal-04195905%2Fdocument&usg=AOvVaw0MRkm0ey0AvxU0muO_ob6z&opi=89978449
 

Voici l’extrait le plus intéressant pour résumer notre question mais je t’encourage très vivement à lire l’intégralité du document. C’est un pur régal.

 

 «Il est également important de mentionner que ces parties de la troposphère ont une importance à l’échelle planétaire, étant donné que les couleurs de Jupiter en dépendent. En effet, les couleurs de Jupiter, visible sur les figures 1.7, sont issus du reflet de la lumière du Soleil sur les nuages susnommés ; d’après Sromovsky et al. (2017), on suppose que les nuages blancs des zones sont issus du reflet des rayons solaires sur les molécules condensées d’ammoniac et d’hydrosulfure d’ammonium. Cepedant on assiste à un phénomène plus complexe au niveau des ceintures, aux teintes plus orangées/marron. Plusieurs études semblent s’accorder sur un modèle plus ou moins accepté de crème brûlée (en français dans le texte), où l’on consi- dère une couche plus ou moins fines d’atomes chromophores qui serait située juste au dessus des nuages d’ammoniac. Certains modèles, dont celui de Braude et al. (2020) suggère que la Grande Tâche Rouge et l’ensemble des ceintures partagent
 
en réalité un chromophore similaire, situé respectivement entre 0.7 ± 0.1 bar & 0.6 ± 0.1 bar et 0.2 ± 0.1 bar. Au niveau des propriétés de ces chromophores, il est admis que ceux-ci absorbent les longueurs d’ondes du bleues de façon importante.

Il est cependant compliqué d’affimer avec sûreté la nature et l’histoire de la formation de ces chromophores. On pense néanmoins que l’ammoniac, une fois photo-dissocié, réagit avec de l’acétylène C2H2 ; le produit serait alors à l’origine des chromophores rougeâtres disposés dans la troposphère jovienne. C’est ce que montre Sromovsky et al. (2017), où ces réactions semblent être applicables à l’en- semble de la planète ; dans leur modèle, cette hypothèse semble pouvoir être appli- qué à plusieurs situations aux contextes différents sur Jupiter (dans ce cas pour la Grande Tâche Rouge, la ceinture équatoriale sud, la zone équatoriale et la ceinture équa- toriale nord). La seule différence se situerait au niveau des tailles de particules : de 0.13 μm pour la GTR à 0.33 μm pour la CEN.
L’étude des chromophores par Carlson et al. (2016) a permit d’obtenir un ré- sultat similaire au niveau de la GTR ; leur modèle d’expérimentation consiste à la photolyse d’un mélange d’ammoniac et d’acétylène sous forme gazeuse à l’aide de lampes UV de longueurs d’ondes λ=202.5, 206.2 et 213.9 nm. Cette réaction a permis d’obtenir des résultats similaires aux observations effectuées au niveau de la GTR, et ce même en réitérant l’expérience en y rajoutant du méthane, où les résultats restent ici identiques.

  
14 CHAPITRE 1. STRUCTURE ATMOSPHÉRIQUE ET CHIMIQUE DE JUPITER
Cependant cette expérience n’est pas à prendre pour acquise, puisque comme in- diqué en conclusion de cette expérience, cette dernière considère que l’ammoniac et l’acétylène sont présents sous forme gazeuse ; or comme nous avons pu le voir, l’ammoniac est ici présent sous forme de glace/sel. Cette expérience omet égale- ment tous les aérosols venant de la stratosphère. La conclusion s’accorde également à dire, en association avec l’étude de Braude et al. (2020), que les chromophores ne sont peut-être pas homogènes à l’ensemble de Jupiter, l’argument principal ici étant la GTR ayant "rougit" plus que le reste depuis les observation de Cassini au début des années 2000; ce chromophore doit donc pouvoir être capable d’absorber da- vantage les longueurs d’onde tendant vers le bleu.»

  • Like 1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Le 17/01/2024 à 18:10, MatEX a dit :

Du nouveau sur la question avec cette thèse extrêmement intéressante que je suis en train de consommer sans modération.

Mdr, je suis tombé dessus le week-end dernier :D 

De ce que j'en ai vu dans d'autres papiers (notamment ceux qui sortent des équipes espagnoles bien connues), le modèle crème brûlée semble bien résister.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now



  • Similar Content

    • By Sauveur
      Oui oui c'est Jupiter son fantôme au seestar en mode drizzle dans siril
       
      Lieu d'acquisition terrasse en plein village éclairé Sedini Sardaigne matériel Seestar en pose de 10 seconde Lpro
       
      C'est bien dommage qu'il n'y ai pas de mode manuel genre video pour figer la turbulence j'ai essayer de passer en mode planetaire mais ça n'as pas marcher
       
      Les données stellarium
       

       
       
      L'image donnée par le stack Auto seestar
       
       

       
      Le stack manuel de toutes les brutes Siril en Mode Drizzle double
       
       

       
      le crop
       

       
       
      Suis assez content 
       
      un peu de soleil aussi
       

       
       
      Salut et bonne soirée
       
       
       
       
       
       
    • By CPI-Z
      Comme dit dans le titre, un nouvel essai de post-traitement à partir de la riche brute de @Sun84
      Logiciels uniquement utilisés : Astrosurface, Fitswork, FFDNet (et comme d'habitude pas d'IA)
      Pour les couleurs, je constate que la petite tache très lumineuse du haut, ici se décompose en trois parties, jaune au centre et verte sur les cotés.
       
      Votre avis sur cette image ?
       

       
      PS : Il y aurais un objet très faible vers 5h à proximité du disque.
      CPI-Z
    • By Sauveur
      Voici les dernière hi hihi 
       
      Pas teste Saturne encore mais je me suis deja fais un test le matin pour savoir ou me placer pour la chopé
       
      C'est chaud ce soir voile et on essayera encore si le temp le permet
       
      2024-04-19-1845_1--6--L-Jupiter Taka 250_
       

       
       
       
      2024-04-24-1830_6-U-L-Jupiter Taka 250-4-6104
       

       
       
      2024-04-26-1852_3-U-L-Jupiter _c8-4-636
       

       
       

       
      Bonne soirée et bon ciel
       
    • By Malaman
      Bonjour à tous
       
      Debutant en astrophoto, c'est mon premier post sur ce forum, que je suis depuis longtemps. 
      Je vous propose ma version du rapprochement du 10 avril ( Comete 12P / Jupiter / Lune cendrée / Uranus)
      Photographié pres de Montpellier, avec un Canon 60D, 5*20sec + 1sec, F5, 153mm, ISO 800, sur monture Star Adventurer.
       
      Bon ciel à tous.
       

    • By astrogatel
      Bonjour à tous
       
      Avec un peu de retard j'ai le plaisir de vous présenter ma petite animation de l'eclipse du 14 octobre dernier depuis la californie.
      Elle n'est pas tres longue mais elle m'a pris pas mal de temps (324 images , une toutes les 30s). J'ai bien essayé d'utiliser des logiciels pour aligner les images mais ça ne marchait pas bien. Du coup j'ai tout fait a la main. 
      Le gif est a 20 images/s c'est à dire que le phénomène est acceleré 600 fois.
       
      Je joins aussi un montage "realiste" du rapprochement lune jupiter du 27 oct dernier. J'ai pris une image au 300mm pour avoir la position exacte des astres, puis je les ai imagés avec la FS102 (800mm) et le 7DMII. Il y a 3 images différentes , lune . jupiter , satellites.
       
       
      Pour finir, un lever de pleine lune sur le port d'Oakland sous le Bay bridge le 29 octobre depuis San Francisco.
       
      Bonne réception
       
      Nicolas
       
       
       





  • Upcoming Events