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vaufrèges

Phoenix.... Mars, et ça repart !

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Pour continuer les échanges de vues avec 8zi',


Tu écris :

-"Dans Vasistas Boréalis les Températures, tout au long de l’année martienne, demeurent nettement au dessous du point de congélation. Du fait que le pergé…, la cryolithosphère, est un phénomène purement thermique, indépendant de la composition des sols, je considère que la surface de cette région peut être appréhendée légitimement comme le plafond du pergélisol, sans exclure le régolite et la couche de poussière superficielle, dans lesquelles l’absence de glaces, hormis l’hiver, ne saurait constituer un critère de séparation, d’exclusion. Ai-je tort ?"


Tout d'abord, c'est bien de Vastitas B. du latin "vasto" signifiant "vide" et non d'une fenêtre de toit allemande ;-) dont on parle.

Ensuite, ok avec toi sur le phénomène thermique actuel mais, rien ne peut objectivement permettre d'affirmer que la surface explorée par PML soit le toit ou le plafond du pergé... pardon, de la cryolithosphère ! (l'inverse est malheureusement vrai aussi ou toutefois, en l'absence de forages profonds).

Mon hypothèse :
C'était tout l'objet de mes posts précédents. La taille des sols polygonaux et de leurs faces supérieures me laisse penser que ces blocs de glace ne sont pas très épais ; pas plus de quelques décimètres ou quelques mètres tout au plus ! Cette glace affleurante ne me semble pas (mais ce n'est qu'un avis provenant de l'observation des clichés) être épaisse de 100, 300, 500 ou 1000 mètres !
Pour moi c'est bien une couche superficielle, peu épaisse.

Elle a peut-être été mise en place "récemment", à la faveur du dernier tilt de l'axe de rotation par exemple (je suis volontairement provocateur là !!!). Voilà pourquoi il faudrait dater de manière absolue ces dépôts, ces sols polygonaux !

Par ailleurs, je pense que la couche superficielle de poussières et autres dépôts éoliens, est à cet endroit négligeable (quelques mm à cm tout au plus). Pour étayer cela : si PML a creusé le sol, ce n'est qu'entre les lentilles de glace qu'il l'a fait !!!

Maintenant, on peut conjecturer ce que l'on veut sur le sous-sol plus profond : d'autres couches de sols polygonaux plus anciennes, une cryolithosphère séche ou une humide, un sol sédimentaire classique, etc. etc.

COMMENTAIRES OFF
François Costard, brillant planétologue, a travaillé durant sa thèse de doctorat, uniquement sur ce sujet majeur de la planète Mars telle qu'on l'observe aujourd'hui. Il est navrant de constater que 17 ans après, ce sujet ne soit pas tranché ! Le souci vient aussi du fait que la surface générale de la zone étant jeune et resurfacée, elle ne présente que peu de cratères d'impact permettant de la dater correctement... Par ailleurs, ces impacts et leurs éjectas font penser depuis cette thèse, que la profondeur du toit de la cryolithosphère varie notablement d'un endroit à l'autre (certains petits impacts l'atteignent tandis que d'autres gros impacts non) !

Tu écris :

"Il ne peut exister à ses latitudes et à ces pressions, de mollisol, selon moi, ce qui dans ce cas, cadre bien avec les définitions un peu anciennes de Derruau."

Oui, pas de mollisol à ces latitudes (ce qui théoriquement n'est pas vrai à l'équateur en plein été, de 12h à 14h, au fond d'une profonde vallée non encaissée, mais qui n'a jamais pu être observé).
Maintenant, si ces polygones ne sont pas épais (comme je le pense), il faut bien définir différentes couches sous-jacentes et superposées de nature différentes. Les définitions de M. Derruau ne seraient donc dans cette hypothèse pas totalement adaptées à cet endroit de Mars...

Je souhaite rappeler par ailleurs que les sols polygonaux (qui peuvent être actuels sur Terre et non hérités de climats anciens plus froids encore), se forment toujours en présence d'une fraction limoneuse imbibée d'eau (liquide) ! Pourquoi en serait-il (ou en aurait-il été) différemment sur Mars ?

Tu écris :

"Pour ma part, je m’interesse particulièrement à l’historique du volcanisme, notamment à la recherche d’éventuelles traces d’activités actuelles ou reçentes."

Fascinant. Cela me rappelle une thèse de doctorat en 1994 sur Olympus Mons par un jeune et brillant géologue (Arian Cipa) d'Orsay ...

La recherche de panaches volcaniques a longtemps été un must sur les clichés Viking puis MGS. Pour ma part, ce serait une vraie révélation ;-)
C'est un très beau thème de questionnement... et assez fondamental.

Tu écris :

"Et puis l’eau, evidemment, dont l’état liquide en profondeur n’a toujours pas été mis en évidence autrement que par des indices, mais qui pourtant ne fait aucun doute."

Gloups ! Tu vas un peu vite sur la conclusion... Rien ne permet de l'affirmer ; c'est une hypothèse de plus au dossier martien ;-)

Tu écris :

"Nous exportons nos concepts sans refus de les adapter.
Regarde aussi en minéralogie. Y a-t-il un seul minéral decouvert sur Mars qui n’existe pas sur Terre ?
Bien entendu les conditions physiques sont très differentes, pourtant, jusqu’ alors, elles n’entrainent que des différences d’échelles, de fréquences, d’intensités et de durées, entre les phénomènes « aréologiques » et géologiques, observés."

Je suis ok avec ces arguments. Seulement, nous ne devons pas oublier que sur Mars, les conditions physiques ne sont pas toujours les mêmes que sur Terre et donc les processus, formes et formations "géo"logiques non plus.
Le plus bel exemple (unique ?) est la glace carbonique et ses effets au pôle Sud. Des paysages inconnus sur Terre, des cryovolcans secs ou plutôt des cryogeysers secs dont on n'avait pas idée, et surement des micro formations physico-chimiques particulières.
Autre exemple (il n'y en a donc pas qu'un seul) : la sublimation naturelle de la glace d'eau en vapeur ! Peut-être que cela entraîne des micro formations géomorphologiques typiques.

Sans remettre en cause nos définitions terrestres, je suis sur que nous aurons à en adapter ou en transformer certaines pour qu'elles conviennent ailleurs... Que penser des processus sur Titan, d'Encelade, Io...


Quoiqu'il en soit, c'est un plaisir que d'échanger sur ces thèmes peu abordés. Cela pousse à réfléchir encore et toujours sur nos certitudes et nos prismes individuels.


Gilles


[Ce message a été modifié par Dawido (Édité le 20-11-2008).]

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Hélas, c’est encore moi !!!

J’ai écris :
Vasistas ou was ist das Boréalis !
Elle est bien bonne celle-là, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que je fais cette coquille !
Allez ! L’allemand a emprunté beaucoup au latin pour que cette faute grossière me soit pardonnée.

Sinon, je crois que l’on a fait le tour du problème.
Je trouve qu’approfondir ces notions et nuancer nos avis n’est pas inutile, même au risque d’ennuyer.

Je te cite :
« C'était tout l'objet de mes posts précédents. La taille des sols polygonaux et de leurs faces supérieures me laisse penser que ces blocs de glace ne sont pas très épais ; pas plus de quelques décimètres ou quelques mètres tout au plus ! Cette glace affleurante ne me semble pas (mais ce n'est qu'un avis provenant de l'observation des clichés) être épaisse de 100, 300, 500 ou 1000 mètres !
Pour moi c'est bien une couche superficielle, peu épaisse.
Elle a peut-être été mise en place "récemment", à la faveur du dernier tilt de l'axe de rotation par exemple (je suis volontairement provocateur là !!!). Voilà pourquoi il faudrait dater de manière absolue ces dépôts, ces sols polygonaux ! »

D’accord. Je crois mieux comprendre désormais ton point de vue même si mon interprétation reste légèrement différente.
Pour moi, c’est une forte conviction, l’épaiseur des lentilles de glaces est de l’ordre de ce que tu indiques. J’oserais même une estimation entre 20 et 60 cm dans un proche périmètre autour du lander.
La taille des polygonnes et leurs reliefs sont à ce titre révélatrices.
Leur formation par cryo-osmose sans passer par une phase liquide me paraît être une très grosse interrogation non discutée jusqu’ici.
Peut-être pourrais-tu m’apporter qq éclaircissements ?
Perso, je ne comprends pas du tout.
Maintenant pour estimer leur répartition en profondeur, puisque d’importants forages ne sont pas envisageables avant très longtemps, on pourra certainement s’appuyer sur l’imagerie orbitale, couplé aux sondages radar, quand ce type d’instruments (SHARAD, MARSIS) auront enfin livré des résultats conformes aux espoirs des scientifiques, au moment de leurs mises en orbite…, et pour peu que ce secteur soit exploré.
D’ailleurs, il n’est pas impossible que les agences aient déjà des données exploitables.
Tu es sans doute mieux placé que moi pour le savoir.

De Gilles :
« Par ailleurs, je pense que la couche superficielle de poussières et autres dépôts éoliens, est à cet endroit négligeable (quelques mm à cm tout au plus). Pour étayer cela : si PML a creusé le sol, ce n'est qu'entre les lentilles de glace qu'il l'a fait !!! »

Cette couche superficielle est assez précisément de 5 à 8 cm d’épaisseur. Cela résulte des observations lors du creusement des tranchées.
Pour le fait que Phoenix n’ait creuser que dans les creux des reliefs polygonnaux, j’ai un gros doute. Je tâcherai de vérifier.

J’aurais souhaité encore répondre aux autres points développés dans ton post mais hélas, le temps me manque et je dois partir au boulot !!!
Demain, je m’efforçerai d’ajouter d’autres commentaires.

Pourtant, je ne résiste pas à evoquer, de suite, la conclusion de ton dernier post :

« Quoiqu'il en soit, c'est un plaisir que d'échanger sur ces thèmes peu abordés. Cela pousse à réfléchir encore et toujours sur nos certitudes et nos prismes individuels. »

Je fais mienne cette sentence, en espérant que tous, nous nous l’appliquions inlassablement.
La quête scientifique, à tous niveaux, n’a rien de l’enonçé d’un dogme, et je nous vois complètement en phase dans cette démarche.
Merci pour cette enrichissante et amicale confrontation.

8zi’

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Dommage qu'André de Cayeux ne soit plus de ce monde, il aurait enrichi cet intéressant débat...

S

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Au sujet de la position des tranchées réalisées par Phoenix...

Dawido >> "je pense que la couche superficielle de poussières et autres dépôts éoliens, est à cet endroit négligeable (quelques mm à cm tout au plus). Pour étayer cela : si PML a creusé le sol, ce n'est qu'entre les lentilles de glace qu'il l'a fait !!!" <<

Huitzi >> "Pour le fait que Phoenix n’ait creusé que dans les creux des reliefs polygonnaux, j’ai un gros doute. Je tâcherai de vérifier." <<

J'abonde dans le sens de Huitzi, pour autant que le bord des lentilles corresponde bien au bord des polygones, ce qui n'est peut-être pas le cas dans l'esprit de Gilles...

Une seule et unique tranchée a été creusée dans le sillon qui délimite un des reliefs polygonaux : Il s'agit de la tranchée "Stone Soup" qui a permis de réaliser la tranchée la plus profonde (25cm).

Voici ce que j'écrivais lors de mon post du 26/08 :

"En attendant, dans la tranchée "Stone Soup", au sol 88 la pelle a atteint une profondeur de 25 cm sans se heurter à la glace.
Cette tranchée se situe dans un des sillons qui délimite les formes "polygonales...

Il est à noter qu'au centre d'un de ces polygones, la pelle s'était heurtée à une glace dure comme du béton, à peine à 5 cm sous la surface..

Un échantillon va donc être prélevé à "Stone Soup", à 18 cm de profondeur, à destination de la troisième cellule du labo de chimie...
Les deux premières cellules utilisées ont reçues des échantillons de couches superficielles, et leurs résultats d'analyses ont été semblables.

Avec un échantillon bien plus profond, et situé sur la ligne de séparation d'un polygone, le JPL espère trouver quelque chose de "différent".."


L'image de la tranchée "Stone Soup" :

Sa position (à l'extrême gauche) :


[Ce message a été modifié par vaufrèges (Édité le 21-11-2008).]

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Tout à fait d'accord !
Tu vois Daniel, je lis...Je comprends pas tout...Mais je lis...

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Valère : T'as déjà relu les 20 pages !?

Superfulgur : J'ai vu que Cayeux a travaillé avec Dolfus..
Tu l'as donc peut être rencontré...?

Quel personnage !

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Hélas encore, Hellas toujours, Vastitas calembour.

Bon, apparemment, la parenthèse que je me sentais coupable d’avoir ouvert dans ce topic, semble ne pas déplaire à tout le monde.
Et après tout, parler de planétologie, stricto sensu, dans un sujet comme celui-ci n’a rien d’inconvenant.
Surtout, Vaufrèges en arbitre des élégances, ça vaut le détour…

Où en étais-je ?
Ah ! Oui, de l’eau liquide (si Jeff de webastro passe par là, je vais encore me faire engueuler !!!) sur Mars…, sous Mars…, et le gloups de Gilles qui modère mon élan d’optimisme.
Si l’on s’en tient aux observations, tu as totalement raison, l’eau liquide dans les profondeurs de cette planète, actuellement, reste une hypothèse, certes vraissemblable, mais demeurant à être confirmée.
Volontairement, j’exclus toute tentatives d’explications géomorphologiques parce qu’elles me semblent assez peu pertinentes pour l’évaluation de la crédibilité, dans le présent, de mon hypothèse.
Pourtant, un certain nombre de faits me portent à penser inexorable la transformation en eau, de la glace stockée dans le mégarégolite martien.
La moindre gravité de Mars permet à la porosité du mégarégolite de subsister bien plus en profondeur que ne l’imposerait la pression lithostatique sur Terre.
Je n’ignore pas, non plus, que la diagenèse peut-être intensifiée par des cristallisations de minéraux induites par la présence d’eau.
En fonction du taux de porosité attribué au mégarégolite, on obtient une limite inférieure pour de possibles réservoirs de glace, entre 6 et 12 Km de profondeur.
Comme sur Terre, l’interieur de Mars génère un flux thermique continu qui, plus on s’enfonce à l’interieur de la planète, va générer une élévation de T°. Cette augmentation de T° peut varier localement en fonction de la nature géologique des roches (car toutes ne possèdent pas la même capacité de conduction thermique).
Cependant, on peut estimer à une moyenne de 4 Km la profondeur à laquelle le sous-sol martien atteindrait de façon constante les 0°C fatidique.
En croisant ce fait, avec l’autre paramètre déterminant pour la présence d’eau liquide, à savoir la pression (générée par le poids des couches supérieures), on pourra en arriver à la conclusion que la cryolithosphère se liquéfie gentiment (et paradoxalement) aux moyennes et hautes latitudes, entre 5 et 10 Km de profondeurs, sans présumer de fortes variations locales engendrées par certains des facteurs dont j’ai parlé plus haut.
Le paradoxe évoqué tient aux permafrosts équatoriaux dont la limite inférieurs envisagé par les scientifiques, à savoir 3 Km, ne lui permettrait pas d’atteindre la zone profonde où les conditions physiques seraient réunies pour qu’il se tranforma en eau.

On voit aussi par l’exposé de cette thèse, la relation étroite que cela peut entretenir avec mon autre centre d’intérêt, sur l’éventuelle et actuelle activité volcanique de la planète.

Okay ! Okay ! Nous sommes en pleine construction intellectuelle dont quelques paramètres mériteraient confirmation.
Il faut aussi savoir vivre dangereusement.

En tout cas, Gilles, tu as légitimement tempéré mon ardeur démonstrative quand, lorsque voulant convaincre Vaufrèges du voisinage tellurique de Mars et de la Terre, tu me balances dans les pattes les exemples de la glace carbonique et des geysers polaires qu’elle exhale brutalement au primtemps.
Oui, biensur, on est quand même sur un autre monde.

A+

8zi’

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Oui Vaufrèges...
André de Cayeux de Sénarpont...
Quel homme et quelle famille !
"Jeune" remarié de 80 ans juste avant de nous quitter, en 1986...

Il m'a fait l'honneur d'être cosignataire de l'un de ces derniers livres. Je bossais sur l'anneau E de Saturne avec Dollfus, à l'époque, on se rencontrait chaque semaine, pour évoquer les dernières découvertes des Voyager... Tout le "périglaciaire" n'avait pas de secrets pour lui, ou si peu...

S

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Ah....Superfulgur, au lieu de casser de l'astronaute avec des écrits infâmes , il faudra bien un jour que tu nous narres toutes ces rencontres...

Tiens ! "L'arbitre des élégances" vous soumet une nouvelle importante qui n'est pas sans rapport avec nos discussions, en particulier le chapitre sur les conséquences d'un récent changement d'inclinaison de l'axe de rotation de Mars :


"La sonde Mars Reconnaissance Orbiter a découvert des glaciers massifs enterrés sur Mars.
Les chercheurs à l'origine de cette découverte ont utilisé le radar de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter pour analyser deux de ces dépôts dans la région Hellas -[Huitzi.. prémonition ? ] - à l'est. Ils ont trouvé que ces zones sont effectivement constituées essentiellement de glaces d'eau, vraisemblablement formées au cours d'une autre époque climatique lorsque la planète était plus inclinée.

Si ces deux dépôts sont bien représentatifs de tous les autres présents sous ces latitudes, l'ensemble de ces glaciers contiendrait alors le plus grand volume d'eau martienne en dehors des pôles.


Les observations de la planète rouge faites par les sondes américaines Mars Global Surveyor et Mars Odyssey ont indiqué que Mars aurait été affectée par une période glaciaire tout récemment, à l'échelle de la planète évidemment.

De 400.000 à 2,1 millions d'années en arrière, Mars a subi une grande inclinaison de son axe de rotation. Ce phénomène a provoqué une augmentation sensible de la température de ses pôles. Cette forte chaleur a provoqué un dégagement dans l'atmosphère de grandes quantités de vapeur d'eau et de poussière ainsi qu'une expansion importante de la glace qui a recouvert les régions s'étendant autour des deux pôles jusqu'aux latitudes 30 degrés. La couche de glace de surface présente entre les latitudes 30 et 60 degrés s'est alors retrouvée aux pôles de la planète"
http://www.flashespace.com/html/nov08/20b_11_08.htm

[Ce message a été modifié par vaufrèges (Édité le 21-11-2008).]

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Hello,


Pour 8zi' et Vaufrèges :

A propos des tranchées dans les sols polygonaux et à propos de leur structure, un peu de pub : http://www.planete-mars.com/image_semaine/index.php?id=596

Pour être plus précis, il faudra attendre les prochaines vues hautes résolution de MRO pour vérifier avec précision la tranchée et sa position par rapport aux lentilles. Mais vues les images panoramiques, je parie que nous sommes bien dans les fentes inter-lentilles.
Je parie aussi que ces fentes ne peuvent pas être très profondes (peut-être 1 m maxi) mais surtout qu'elles ne contiennent rien de très sexy, sinon de la subsurface déplacée (ce qui en réalité m'intéresse beaucoup quand même).

Par ailleurs il ne faut pas oublier que les réacteurs ont altéré d'une manière bien plus importante que prévue, bien plus d'une centaine de mètres carrés autour du point d'atterrissage... notamment par leur souffle (donc il y avait logiquement plus d'épaisseur de sol dans ces fentes et sur les polygones, même si par nature ils sont bombés et ne sont donc pas des pièges à poussières...).

Une fois encore, quelle frustration d'être immobile et de ne pas pouvoir s'éloigner de juste 100 m...


Pour 8zi' toujours,
je suis ok sur ces hypothèses concernant l'eau (liquide). Tout à fait plausibles. Reste à continuer les investigations, et c'est bien là l'objet de la Science (hypothèses - expérimentation - observation - modélisation...).


Pour SB,
ACDS était vraiment un homme remarquable. Quand on pense qu'il ne fut pas membre de l'Académie des Sciences, c'est vraiment une faute de jugement de ses pairs ! Et maintenant, à chaque conférence que je fais, je commence par lui rendre hommage comme le fondateur de l'école française de la planétologie comparée. Ce géographe (qui possède un cratère à son nom sur la Lune) était aussi un génie de la morphoscopie des sables. Il aurait fait un malheur sur Mars avec les microscopes des MER et de PML... Là encore, cet aspect n'est quasiment plus étudié mais je prédit que cela reviendra... Il était en avance sur son temps !
Quant au reste de son oeuvre d'homme et de savant, c'est simplement énorme.


Gilles

[Ce message a été modifié par Dawido (Édité le 21-11-2008).]

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Dawido : >> "...vues les images panoramiques, je parie que nous sommes bien dans les fentes inter-lentilles."

S'il est vrai que rien n'est évident sur ce point, je ne suis pas de cet avis.

Car même si les rétrofusées ont quelque peu "balayé" superficiellement le sol environnant le lander, et peu être légèrement modifié son aspect, on note toutefois que ces sillons sont bien apparents et à proximité immédiate de Phoenix.

D'autre part, je me répète, mais si je n'ai rien loupé, le JPL a bien désigné "Stone Soup" comme la seule tranchée réalisée dans un sillon polygonal.

La vue panoramique ci-dessous semble le confirmer.
On voit des sillons bien marqués en haut de l'image à gauche et à droite.
Un autre sillon semble passer très proche du lander, en cheminant là où a été creusé "Stone Soup".

http://phoenix.lpl.arizona.edu/images/gallery/md_23511.jpg

Merci Gilles pour les infos sur l'épaisseur de glace de CO2.
Donc moins d'un mètre probablement. A confirmer.

RMO pourra effectivement peut être nous renseigner, mais lorsque les panneaux solaires de Phoenix seront recouverts de CO2, il sera certainement très difficile de visualiser l'engin et de le distinguer dans la blancheur uniforme du paysage. Seule la caméra, en haut du mât, émergera.

La survie de l'engin n'est guère envisageable en effet, autant du fait des températures hivernales extrêmes, que des contraintes que fera "peser" la glace de CO2 sur les structures en particulier, comme tu le soulignes, sur les immenses panneaux solaires.
Quant aux fragiles circuits et composants électroniques, soumis aux -130°C, c'est "massacre à la tronçonneuse" , à coup sûr.

Il restera à le vérifier tristement l'année prochaine...

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pendant son voyage entre la terre et mars la sonde etait emballé dans une enceinte climatisée? à quelle température était elle alors?


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Bonne question asp06...
Mais y'en a pas de mauvaises..

Pendant le long voyage de Phoenix, c'est "l'étage de croisière", équipé de panneaux solaires, qui permet d'assurer l‘apport d‘énergie.

L'alimentation en énergie et la régulation thermique sont gérées par un ordinateur de bord qui active les différents mécanismes. Il est tout de même possible de reconfigurer les systèmes de bord depuis la Terre.

Dans l'espace, bien sur, il n'y a ni convection, ni conduction. Les échanges de chaleur se font exclusivement par rayonnement. Les régions exposées au soleil peuvent atteindre 200°C, tandis que les secteurs à l'ombre flirtent avec des températures polaires (-150°C).

Pour protéger l’engin de ces écarts importants, la première protection est dite « passive » : Pour Phoenix, une capsule contient l'atterrisseur replié sur lui-même. Cette capsule est composé de deux parties qui assurent un système efficace de protection thermique passive : un bouclier arrière et un bouclier thermique (dont la température, lors de la rentrée atmosphérique, pourra s’approcher des 3000 °C).

Dans ces conditions, l'alimentation électrique fournie par les panneaux solaires assure assez facilement la régulation des températures internes de Phoenix.

Ensuite, il existe les dispositifs « actifs » : Les réchauffeurs sont les plus simples : ce sont des résistances chauffantes qui se présentent sous forme de rubans ou de feuilles, généralement collés sur les surfaces que l'on souhaite réchauffer et commandés par un thermostat qui les mettra en route dès que la température de référence tombera en dessous d'un certain seuil.

Pour Phoenix, je n'ai pas les chiffres exacts. En règle générale, les équipements internes sont maintenus à des températures clémentes et stables (-20°c à +20°C) mais cette plage peut varier selon leur type particulier.

Ceux qui dégagent une grande quantité de chaleur au cours de leur fonctionnement (comme les amplificateurs du système de communication) ou qui doivent être maintenus à des températures très basses (capteurs infrarouges) peuvent être dotés de radiateurs. Pour les instruments qui doivent impérativement être protégées du froid (comme les canalisations qui relient les réservoirs d’ergols au moteur), on peut utiliser des éléments chauffants.


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sur mars il y a très peu de convection, de la conduction et du rayonnement.
une fois isolée par quelques centimètres de givre la température de la sonde sera surtout gouvernée par la température du sol non?

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Dans les conditions actuelles, c'est une partie du CO2 de l'atmosphère martienne (près de 30%) qui va se condenser progressivement au sol, dès que les températures avoisineront -120/-130°C, pour se déposer sur la calotte Nord, sous forme de givre, jusqu'à environ 45° de latitude...

La plaine de Vastitas Boréalis et la structure du lander seront exposés au contact de ce givre, et en subiront donc les effets thermiques conductifs directs, sans oublier les effets mécaniques pour le lander.

c'est un peu moins vrai pour les éléments internes, mais le temps passant...

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oui mais le sol sous le lander, passé les premiers centimètres ou décimètres, n'est pas à cette température. d'ailleurs quelle est la température du sol en profondeur?

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Le sol superficiel de cette plaine arctique semble avoir une faible inertie thermique, d'autant que la glace d'eau y est affleurante...

Il en résulte que le givre de glace d'eau, puis de CO2, y perdurent sans problème tout le temps que les températures ambiantes le permettent.

Quant au pergélisol, pardon, au cryolithosphère sous jacent, quelle qu'en soit la nature exacte, il s'agit de matériaux gelés sur des km de profondeur...

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Ben là, pour le coup, s'en est bien fini.. :

Hier 1er décembre, la NASA vient d’annoncer qu’elle avait cessé ses tentatives de communication avec Phoenix.

Avec les 2 orbiters, MRO et Mars Odyssey, et depuis le bref et dernier signal reçu le 2 novembre, les tentatives n’ont jamais cessé, et ont même été effectuées quotidiennement.

Le dernier essai a été réalisé avec Mars Odyssey le 29 novembre au sol 182, et à 16h26, temps local.

Cette date avait été déterminée depuis plusieurs semaines, car du fait de la conjonction de Mars avec le soleil(depuis le 18 novembre), les communications avec Phoenix (comme avec toutes les sondes martiennes) sont difficiles (vue depuis la Terre, la planète Mars sera cachée par le Soleil).

La conjonction se termine le 24 décembre, le temps sur les plaines du nord de mars sera alors beaucoup plus froid et le soleil très bas, ce qui exclut désormais toute chance de recevoir un signal de Phoenix.

On peut imaginer que de nouvelles tentatives pourraient être réalisées à partir d’avril/mai 2009, lorsque le soleil reviendra caresser à nouveau les panneaux solaires du lander, avec l’espoir un peu fou de le voir renaître…

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Bonjour vaufrèges,

Je te demande pardon de bien vouloir m’excuser mais il y a un petit détail qui me chagrine dans ton dernier post.
Tu écris :
« On peut imaginer que de nouvelles tentatives pourraient être réalisées à partir d’avril/mai 2009, lorsque le soleil reviendra caresser à nouveau les panneaux solaires du lander, avec l’espoir un peu fou de le voir renaître… »

Je crois plutôt qu’il nous faudrait patienter jusqu’au mois d’octobre de l’année prochaine pour que le soleil s’élève suffisamment au dessus de Green Valley et puisse, très éventuellement, carresser assez énergiquement les panneaux de Phoenix pour que les batteries soient réalimentées un tant soit peu…
La NASA n’envisage, me semblet-il, de ne se remettre à l’écoute que dans le dernier trimestre 2009.
Certes mon correctif est purement formel puisque (selon moi) il n’y a srictemement aucunes chances que l’oiseau renaisse de ses cendres…euh…de ses glaçons.
Cela nous permet aussi de nous rappeler que les saisons martiennes ont une durée double des nôtres.

8zi’

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Salut à toi Huitzi, content de te retrouver

Voui, voui...ok... avril, c'est peut-être un peu tôt..
Dans l'immense et morne plaine de Vastitas Borealis, l'automne ne commencera réellement qu’en décembre 2008, l'hiver lui débutera en mai 2009, et le retour du printemps est prévu pour octobre 2009.
Quant à l'été, il ne sera de retour qu’en mai 2010.

Mais je crois savoir que le soleil sera présent bien avant octobre 2009 et le début du printemps... En fait depuis Avril..
Assez fugacement, j'en conviens volontiers..

J'ignore ce que la NASA envisage réellement, mais je ne vois pas bien la nécessité d'attendre le dernier trimestre 2009 pour tenter de capter un signal de Phoenix, alors même que le soleil aura déjà régulièrement caressé les panneaux solaires de Phoenix, et ceci progressivement jusqu'à plusieurs heures par jour depuis plusieurs mois...

Mais bon, comme tu le soulignes, ces conjectures demeurent un peu vaines s'agissant d'un engin qui aura bien du mal à se remettre de son séjour en mode super-congélation dans l'enfer blanc.
Toutefois, on peut rêver, c'est bon, et perso ça m'arrive encore assez souvent...

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Hello Vaufy,

Le 8zi' n'est toujours pas d'accord avec tes explications!
Je suis catégorique.
Entre début mars et fin juin 2009, le soleil n'apparaît même pô au dessus de l'horizon de "Vasistas Boréalix".
Il faudra bien attendre octobre pour le voir atteindre un dégré d'élévation quotidien, similaire à celui que nous avions début novembre de cette année.
Au mois d'octobre 2009 donc, avec un soleil culminant à environ 15° à midi, la sonde ne bénéficiera que de quelques heures par jour pour se gorger d'une énergie encore chiche.
Biensur, il faudra aussi tenir compte des possibles tempêtes de poussière, fréquentes au début du printemps, et qui sont susceptibles de venir obscurcir durablement les cieux.
On a déjà vu quel rôle a joué la dernière survenue, dans la fin un peu précipitéé du lander.

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Ben Huizy, le Vaufy se pose encore des questions..

J'avais scrupuleusement repris cette info de l'excellent site "Orbit-Mars" que tu connais - je cite :

"Si le miracle se produit et que Phoenix parvient à recharger ses batteries lors du retour du Soleil dans la plaine boréale martienne (d’avril à octobre 2009), un programme se déclenchera automatiquement pour que Phoenix rentre en communication avec les sondes martiennes passant au dessus de lui et transmette à la Terre un signe de vie !"
Fin de citation.

Y'a un lézard quelque part..

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Hé Bé!
Oui, naturellement je connais Orbit-Mars.
Il n'est d'ailleurs pas rare que j'aille y puiser de bonnes informations.
Dans ce cas , je crois qu'ils ont manqué de précisions.
Je ne lance la pierre à personne car si je devais faire le compte de mes propres erreurs ou autres approximations...

Tiens par exemple, pas plus tard que tout de suite, je me suis aussi pris les pieds dans le tapis en parlant de 15° d'élévation pour le soleil en novembre alors qu'il s'agissait de 30°.
15° sera la valeur enregistré le 20 janvier.
Je tire ces données d'un tableau publié sur le site officiel de Phoenix, intitulé: Sun at Phoenix lander site.
Pour retrouver une hauteur du soleil à 30°, il faudra attendre la fin octobre et je confirme que c'est bien ce qu'a prévu de faire la NASA.

Amicalement.

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OK Huitzy, on est en phase..

15° en fin janvier ! Ca veut dire que fin avril 2009 on sera déjà près des 17° pendant quelques heures par sol...

Pas si mal...

Sauf que, parallèlement, en creusant la question de mon côté, je viens de m'apercevoir que la calotte de CO2 ne régresse guère avant Octobre, ce qui veut dire que les températures ne baissent pas assez avant le printemps pour que le CO2 retourne dans l'atmosphère.

Je pense que le vrai problème est là : Même si le soleil se profile quelque peu assez tôt en début d'année, les panneaux solaires sont encore probablement recouvert de glace de CO2 jusqu'au printemps, voire au delà !...

Ce qui explique sans doute le choix de la NASA de ne pas rechercher le contact avant cette date...

Enfin je crois...Je suppute... Je subodore... Non ?.. .

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