Richard Guillaume

Pas d'Intelligence Artificielle, de Skynet de Terminator et pas d'ET ni d'UFO

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je ne veux pas diminuer en aucune façon le mérite et l'exploit scientifique de réaliser une machine capable de jouer au GO au niveau d'un grand Maitre, ce dont je serais incapable. La question n'est pas là.
A t-on le droit de s'interroger sur le problème de la Conscience en la formulant dans des termes Algorithmiques comme l'a fait Penrose ?

Par exemple que signifie 'penser' pour une machine dont le support matériel est un ensemble de microprocesseurs qui ne contient, comme information, qu'un ensemble de 0 et de 1 ? Dans cette machine 'pensante', chaque pensée ne peut consister qu'en en une chaine de 0 et de 1.

Pour Penrose la 'Pensée' sur microprocesseur est tout simplement impossible. La machine ne pourrait éviter le Halting Problem de Turing et ne serait pas capable de prévoir quel Algorithme pourrait la planter.
Donc pour lui les ordinateurs actuels sont impressionants de pouvoir de calcul mais sont aussi loin de la Conscience que ne l'était un Oric ou un ZX81 des années 80, ou même un boulier Chinois construit en 3000 BC.

Pour ceux intéressés, voilà une vidéo où on apprend que le Go, comme les échecs font partie des problèmes résolvables en Exponential Time (par un nombre exponentiel d'opérations algorithmiques). Mais il y a pire avec la question qui tue, à 17' et qui montre qu'il y a en fait 'beaucoup' plus de problèmes sans solutions.
https://www.youtube.com/watch?v=moPtwq_cVH8


A la question similaire de savoir en combien de temps des Algorithmes pourraient produire (et non pas re-reproduire ou simuler) la Conscience, Penrose répond qu'ils ne peuvent tout simplement pas. C'est un de ces problémes non résolvables. C'est un point critique, car dans ce cas la question est maintenant de savoir comment la Conscience est apparue en vrai.
On nous dit 'c'est l'Évolution selon Darwin'. Je dis non, ce nest pas possible non plus car le modèle Darwinien de l'Evolution EST parfaitement Algorithmique par nature, c'est un calcul avec un INPUT et un OUTPUT qui consiste à trouver des nombres, rien de plus, voir la partie Antithèse du départ du fil. Il y a donc quelque chose qui cloche très sérieusement. Penrose a raison ou Darwin a raison, mais pas les deux.

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Richard Guillaume :

quote:
la question est maintenant de savoir comment la Conscience est apparue en vrai.

La seule et unique expérience de la conscience que j'ai est la mienne. Comment est-elle apparue ? Avant de naître je n'en avais pas (ou alors j'avais pas conscience d'avoir une conscience ) et après, c'est venu ... comme ça.

On se pose toujours la question de l'origine comment est apparue le quark, le proton, l'électron, la première étoile, la première galaxie, la première bactérie, la vie, l'univers, le multivers, le plurimultivers, le temps, la conscience ...

Question un peu vaine, probablement pas "scientifique" qui cache une profonde angoisse métaphysique. Au fait comment est apparue l'angoisse métaphysique ? Sérieux, une machine peut-elle avoir des angoisses métaphysiques ?
Au fait, peut-on avoir conscience sans angoisse métaphysique ? C'est la conscience qui fait l'angoisse métaphysique ou l'angoisse métaphysique qui fait la conscience ? les deux intimement liées ?

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Un vieux philosophe disait dans une émission sur Arte : "Sentir, c'est sentir qu'on sent". Tout est là.

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quote:
la question est maintenant de savoir comment la Conscience est apparue en vrai.

Lucifer (bourré et avant d'être déchu) : Ehhhh Dieu, t'es même pas cap, d'abeurrrr, de coller une conscience dans la tête de l'autre là... verre Adam... eh eh eh ....

Dieu (bourré) : Comment ça j'suis pas cap ?

Et voilà...

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@ ChiCygn

Il faut chercher au niveau de l'Evolution, puisque les Genres, Espéces, Individus, Organes, Cellules, Organelles, Proteines, Acides Nucleiques, ainsi que toutes leur fonctions respectives, sont un produit de l'Evolution. Le 'cerveau' est un produit de l'Evolution sans le moindre des doutes. C'est sur le mécanisme d'Évolution qu'il y a un doute. Le Darwinisme est peut être une bonne approximation de l'Évolution, mais l'approximation échoue pour expliquer la conscience. Rajouter une quantité, je ne dirai pas infinie, mais disons exponentielle, de calculs ou d'Epicycles (figurativement) supplémentaires n'y changera rien.

Je ne comprends pas comment on peut se vouer corps et âme à Darwin et au Néo-darwinisme même le plus général, comme si le modéle actuel de l'Evolution, représenté par le Darwinisme, ne pouvait pas, ou ne devait pas changer. En particulier sur ce forum les gens savent bien que les théories physiques changent.

J'ai lu l'Origine des Espéces, honnêtement le concept est trivial. Il suffisait d'admettre le Transformisme, donc l'Evolution, au départ, et le reste allait de soit. Lamarck était là avant lui sur ce coup là, entre parenthéses. Le livre de Penrose par contre, est beaucoup plus profond.

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Mouais. Il est aussi beaucoup moins étayé que les théories évolutionnistes.
L'argument de Penrose me semble quand même 'achement capillotracté. Avant de jeter toute la théorie de l' évolution et toutes les sciences cognitives, il faudrait peut-être compléter un peu le tableau ?

Pour info, ça fait longtemps qu'on sait contourner le problème de l' arrêt en informatique. C'est trivial: il suffit de mettre un réveil

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Penrose aborde le problème des boucles dans son livre, c'est pour ça que j'en ai parlé aussi. Il aborde presque tous les problèmes d'ailleurs. Ce n'est pas central dans sa demonstration mais c'était pour illustrer le genre de problèmes qu'un ordinateur 'pensant' de lui même devrait résoudre. Mais de là à dire que sa 'conjecture' n'est pas très bien ettayée, c'est un peu dur pour lui.
Tout le monde est au moins d'accord ici pour admettre que bien que les ordinateurs actuels soient très supérieurs aux humains en terme de puissance de calcul, comme le montre AlphaGO, ils sont aussi loin d'un début de prise de conscience qu'un manche à balai.
Ca passe et cela va passer encore pour quelques dizaines d'années, mais après cela il va falloir commencer à se poser des questions. Relisez alors le livre de Penrose et re-postez dans ce fil dans 20 ans.

l' Arrêt dans le Halting problem par contre, il n'y a pas de solution.

[Ce message a été modifié par Richard Guillaume (Édité le 16-03-2016).]

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Si, si, j'insiste: Il suffit débrancher le bazar après un temps prédéterminé. En théorie c'est insoluble, mais je t'assure qu' en pratique, le "halting problem" ne pose aucun problème. Si ça se trouve, c'est pour ça qu'on dort.

Je sais bien qu' en théorie, la théorie et la pratique c'est la même chose, mais en pratique, c'est différent.


Sa conjecture est un ovni dans un faisceau d' indices contraires. Elle est certainement bien étayée, mais elle sort du nuage de points des connaissances actuelles, si tu veux. Il faudrait d'autres indices allant dans le même sens pour commencer à la prendre au sérieux, je pense; C'est sans doute pour ça que malgré le temps écoulé depuis la publication de cette approche, les biologistes continuent à faire comme si Darwin avait raison, les généticiens continuent à bricoler l' ADN, les informaticiens à chercher à construire des IAs, et les neurologues à explorer le cerveau comme s'il était un système classique.

Et effectivement, j' ai l'impression que dans 20 ans, on y verra plus clair. Peut-être même avant.

[Ce message a été modifié par PascalD (Édité le 16-03-2016).]

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http://www.futura-sciences.com/magazines/high-tech/infos/actu/d/technologie-apres-victoire-jeu-go-ia-google-pense-jeux-video-62044/

Quelques phrases clées de l'article.

quote:

Lee Sedol s’est dit ravi de cette expérience. Il a expliqué que, d’après lui, le plus grand avantage que possédait AlphaGo était d’ordre psychologique. Contrairement à un joueur humain, la machine n’est pas sujette aux émotions ; elle n’est pas impressionnée par les enjeux et son niveau de concentration n’est pas susceptible de varier au cours de la partie.

quote:

Demis Hassabis a cité la possibilité d’organiser une confrontation Homme-machine autour du jeu vidéo StarCraft. [...]
En effet, le go est un jeu dit à information parfaite, où les joueurs ont une vision complète du jeu de l’adversaire sur le plateau. Dans un jeu comme StarCraft, chaque joueur développe sa stratégie offensive et défensive sans voir ce que fait l’adversaire. Il y a donc une part d’incertitude qui rend la prise de décision plus difficile et imprévisible. Il serait donc tout à fait intéressant d’observer comment une intelligence artificielle se comporterait dans ces conditions.


quote:
Demis Hassabis : « J’aimerais voir une science où une IA serait un assistant de recherche faisant tout le travail fastidieux de trouver des articles intéressants, d’identifier une structure dans une vaste quantité de données pour les faire remonter aux experts humains et aux scientifiques qui pourraient avancer plus rapidement »

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En tout cas Yann LeCun garde la tête froide. Considérant les progrès actuels de l'IA, dans l'Express de février il déclare : "Nous continuons à rouler à 100 km/h en plein brouillard en risquant à tout moment de nous prendre un mur."

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Pfouu elle est dure, je ne la trouve pas celle-là, vaufrèges
En même temps, c'est Gogole qui fait les titres, pas fesse de bouc, normal qu'il le prenne fraîchement Yann Lecun ...

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C'est vrai que question contrepêt.. avec "LeCun" y'a du potentiel ..

A part Facebook le Monsieur a des occupations très nobles : Il est désormais titulaire de la chaire d'informatique et de sciences numériques au Collège de France. Le 4 février il y a donné sa leçon inaugurale. Trop pris ces derniers temps pour l'écouter, mais ça viendra :

http://www.college-de-france.fr/site/yann-lecun/inaugural-lecture-2016-02-04-18h00.htm

[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 16-03-2016).]

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Depuis que j'ai lu l'article de la Recherche (n°510 avril 2016 page 64) je relativise un peu "l'échec" humain. Faut voir que le champion européen a été battu par un réseau de machines fort de 1202 CPU et 176 GPU sachant que chaque CPU devait avoir 4 cœurs et quelques gigas de mémoire vive et que chaque carte graphique comporte chacune un bon millier de processeurs et quelques giga de mémoire le tout cadencé au delà du gigahertz ... sans oublier l'investissement humain qui a préparé et entraîné le programme depuis des années.

Côté puissance électrique faut compter au moins 100 W par CPU et 250 W par GPU ce qui nous mène à un minimum de 0,15 MW !!!

C'est un peu comme si le champion de lutte olympique avait été battu par un char lourd (le rapport de puissance est du même ordre ).

Conclusion je trouve qu'il est stupéfiant qu'un être humain ait pu rivaliser, sinon vaincre une telle débauche de puissance humaine et siliceuse coalisée. A noter que la version précédente comportait (seulement ) 48 CPU et 8 GPU mais elle n'a pas gagné ...

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En effet ChiCyg, mais je crois que l'essentiel se trouve dans la déclaration du "perdant", Lee Se-Dol ("Siences et Avenir" d'Avril) : "Les robots ne comprendront jamais la beauté du jeu comme nous les humains la comprenons"

[Ce message a été modifié par vaufrègesI3 (Édité le 03-04-2016).]

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C'est vrai, il faudrait faire jouer dans les mêmes catégories de poids et dans ce cas il serait intéressant de faire jouer des humains rassemblés contre AlphaGo.
A 20 Watt/cerveau, dont une partie seulemenet est dédiée au cortex, il faudrait 50 000 Maîtres de Go pour égaler les 1 MW d'AlphaGO.
Chiffre irréaliste, mais on pourrait déjà réunir une dizaine de grands Maitres. En pratique, on pourrait imaginer que les Maîtres discutent entres eux pendant un certain temps avant de décider d'un coup.
Gros conflits de personnalités en perspectives...personne ne niera qu'aux Echecs, les Champions ont d'assez gros ego. Il faut s'attendre à des : "on a perdu, je vous l'avais bien dit qu'l ne fallait pas jouer ce coup ". Bon, pourraient ils s'entrendre pour jouer contre une machine ?

Team Human vs The Machine, Go !

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Histoire de remettre 10 balles dans le bouzin :

https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/limage-de-la-semaine-les-neurones-geants-dans-le-cerveau-siege?utm_content=buffer34f17&utm_medium=social&utm_source=fa cebook.com&utm_campaign=buffer

Le papier dans Nature : http://www.nature.com/news/a-giant-neuron-found-wrapped-around-entire-mouse-brain-1.21539

[Ce message a été modifié par brizhell (Édité le 07-03-2017).]

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Oui j' avais vu l' histoire de ces Neurones géants. C' est très intéressant en effet. J'ai un peu touché à ça quand je faisais de la science 'wet lab'.
Imaginons que l'on puisse produire ces Neurones a volonté et qu'au lieu de synchronizer 1 tête seulement, ils en englobent plusieurs...

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http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/10/18/intelligence-artificielle-toujours-plus-puissant-alphago-apprend-desormais-sans-donnees-humaines_5202931_4408996.html

 

Du nouveau et cette fois encore c'est spectaculaire :

 

Intelligence artificielle : toujours plus puissant, AlphaGo apprend désormais sans données humaines

 

La nouvelle version du programme de Google DeepMind, qui avait battu les meilleurs professionnels du jeu de go, se montre beaucoup plus puissante que son prédécesseur.


 

 

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Ben perso je ne partage absolument pas l'enthousiasme de certains concernant l'intelligence artificielle. Je n'ai pas vraiment le temps de développer là tout de suite, mais ce que je remarque, c'est que beaucoup de gens en vantent les mérites sans parler des risques. 

 

Les robots qui apprennent par eux-mêmes, qui "pensent"... vivra-t-on dans quelques décennies ou quelques siècles dans un monde où l'Homme sera esclave des machines surpuissantes ? Certains se posent heureusement la question, mais ce n'est pas du côté de Google...

 

Dans le même ordre d'idée, il y a mes "grands amis" les transhumanistes pour qui l'Homme devra inexorablement se transformer en robot à l'avenir. Mais quelle horreur ! Chacun a son opinion certes, mais pour moi c'est du même ordre d'insanité que ceux qui prétendent que nous avons vocation à vivre ailleurs que sur Terre. 

 

Mais bon sang, par quel délire l'être humain est-il incapable d'accepter ce qu'il a et ce qu'il est ? Pourquoi veut-il à tout prix se couper du naturel, pourquoi cette attirance morbide pour l'artificiel ?

 

Alors que l'avenir devrait être un retour sur les erreurs du passé, une réparation des déboires de la société de consommation, on parle maintenant au contraire d'aller encore plus loin et de se couper de tout lien avec nos origines. C'est délirant...

 

On parle de l'Homme immortel. Hé bien j'espère que je serai mort et enterré longtemps avant d'être un tas de boulons et de circuits intégrés ;) Mais j'ai de la peine pour ma descendance si tant est que j'en aie une un jour. Peut-être qu'ils s'y feront, qu'ils aimeront ce monde, c'est tout ce que je leur souhaite. Moi je ne serai plus que quelques poignées de poussière et ça vaudra mieux. 

 

Bon sur ce je dois filer. Je sens que ce message va mettre un peu d'ambiance ? :D 

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Oui bon, c’est quand même le génie humain qui a conçu cette machine, et non l’inverse… :P

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Je ne vois pas où se trouve le danger.

Pour l'instant, nous avons qu'une machine qui n'arrive à faire très vite ce que l'homme arrivait à faire péniblement. Mais en même temps, l'homme peut penser à d'autres choses pendant que cette machine ne sera faire ... que jouer au jeu de Go.

Il faut quand mettre un minimum de programmation et de "réflexion humaine" dedans pour qu'elle puisse faire une seule chose !

Demander lui de fabriquer le jeu lui-même !

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L'Express de début octobre 2017 livre des extraits du dernier livre de Laurent Alexandre : "La Guerre des intelligences"..

 

On va dire que ça vaut son pesant de cacahuètes ¬¬.. Il est provocateur, mais quelque part assez lucide en particulier sur la frisolité de l'Europe dans le domaine des "NBIC" (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives). Je partage volontiers sa vision sur le " tourbillon de pessimisme" de certains de nos philosophes franchouillards.. je le cite : ".. les philosophes de la fermeture et de la peur des nouveautés devraient être cantonnés aux clubs pour personnes âgées, à qui ils parleront du temps béni de l'après-guerre, lorsqu'ils étaient jeunes". :D

Il faut dire que ça part un peu dans tous les sens,  mais il a au moins le mérite de "secouer le cocotier" ;) et de faire réfléchir à tous les possibles... à l'improbableB|, et même à l'invraisemblableO.o.

 

Source :  http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/intelligence-l-homme-contre-la-machine_1949520.html 

 

Extraits :

 

Où en est vraiment l'intelligence artificielle?

En 2017, l'IA est toujours totalement inintelligente. Schématiquement, il y a quatre âges de l'IA. La première phase, de 1960 à 2010, repose sur des programmes traditionnels, avec des algorithmes qui se programment manuellement. Cela rend de grands services pour gérer des problèmes simples, comme l'optimisation de la trésorerie d'une entreprise.  

La phase deux, commencée vers 2012, correspond à l'ère du deep learning, avec les premiers programmes dépassant l'homme, par exemple en reconnaissance visuelle. Le deep learning permet à un programme d'apprendre à se représenter le monde grâce à un réseau de "neurones virtuels" effectuant chacun des calculs élémentaires

Ce ne sont pas des programmes informatiques banals: le deep learning s'éduque plus qu'il ne se programme, ce qui donne un immense pouvoir aux détenteurs de bases de données, au premier rang desquels les géants du numérique, Gafa américains et BATX chinois [...].  

L'IA de deuxième génération va rapidement concurrencer les radiologues, mais paradoxalement ne peut lutter contre un médecin généraliste. Pour égaler l'omnipraticien, il faudrait une IA contextuelle capable de mémoire et de transversalité.  

 

Cette troisième génération d'IA qui émerge à peine ne serait disponible que vers 2030. Le quatrième âge de l'IA sera l'apparition d'une conscience artificielle. Une telle IA, dite forte, serait capable de produire un comportement intelligent, d'éprouver une réelle conscience de soi, des sentiments, et une compréhension de ses propres raisonnements [...].  

Nous sommes pour l'instant au milieu de la phase 2 de l'IA et la phase 3 est encore loin, alors même que les technoprophètes veulent faire croire qu'une IA de phase 4 dotée de conscience artificielle est au coin de la rue.

[…..]

L'Europe, ce Vieux continent toujours plus vieux

La vague populiste à laquelle beaucoup de grandes démocraties ont été soumises traduit notamment le refus par l'opinion de la réalité d'un monde ultracomplexe, multilatéral et technologiquement vertigineux [...]. Il est tellement plus facile pour les électeurs de réclamer des solutions simples et pour les politiques d'en proposer.  

Dans cet immense champ de bataille, l'Europe est absente. Elle regarde le spectacle et se fait lentement, sûrement et inconsciemment vassaliser par les Etats-Unis et la Chine. Ces tentatives de régulation de la marche en avant du Big Data ne sont pas à la hauteur des enjeux et s'apparentent à de pauvres lignes Maginot, contournées de toutes parts [...].

 

L'Europe ne sait que geindre, pendant que le futur se construit ailleurs [...]. Désormais, les gens capables de penser le futur sont hors de l'appareil d'Etat. C'est dramatique, car la science-fiction et les transhumanistes de la Silicon Valley ne peuvent rester seuls à imaginer notre futur. La désynchronisation entre nos démocraties et la technologie est devenue mortifère. De leur côté, nos philosophes se sont arrêtés au programme de Normale sup de 1965 et sont entrés en pleine régression.

 

Ils ont peur de tout: de l'islam, des étrangers, des grandes surfaces, de la mondialisation, du commerce international, des technologies NBIC. Alain Finkielkraut explique avec des trémolos dans la voix que le Web est la pire malédiction qu'ait connue l'humanité [...]. Michel Onfray joue les marchands de peur tandis que Natacha Polony, journaliste-philosophe, veut nous ramener en 1950, un peu avant Poujade [...].  

Nous ne pouvons pas laisser nos enfants face à ce tourbillon de pessimisme: les philosophes de la fermeture et de la peur des nouveautés devraient être cantonnés aux clubs pour personnes âgées, à qui ils parleront du temps béni de l'après-guerre, lorsqu'ils étaient jeunes.

/...../

 

Demain, tous soumis à l'IA?

L'IA pourrait devenir supérieure à l'humanité, mais nous sommes trop souvent dans le déni [...]. "La Singularité est proche", écrivait Kurzweil en 2006. La Singularité est ce moment où l'intelligence des machines dépassera celle des hommes [...]. Kurzweil prévoit que la machine dépassera l'intelligence humaine en 2029 et qu'en 2045 elle sera 1 milliard de fois plus puissante que les 8 milliards de cerveaux humains réunis. [...] 

 

A quoi ressemblera concrètement cette intelligence artificielle supérieure? Difficile de le concevoir... avec notre intelligence à nous. Par définition, elle saura se reprogrammer, c'est-à-dire déterminer elle-même ses propres objectifs et penser par elle-même. Elle saura aussi assurer par elle-même ses moyens de subsistance, son approvisionnement en énergie. C'est-à-dire d'être libre... [...]  

L'aube d'une telle IA prendrait des allures de crépuscule pour l'humanité [...]. Heureusement, il est possible que l'IA consciente d'elle-même n'apparaisse que dans très longtemps. La soumission à l'IA est-elle inéluctable? Il existe un autre scénario envisageable: celui de l'apparition, bon gré mal gré, d'un consensus mondial pour encadrer l'IA [...].

Pour éviter de connaître ce qui fut peut-être le sort de beaucoup de civilisations, il faudrait un peu de bon sens. Réfléchir à notre destin à long terme. Développer une coopération internationale plus efficace qu'en matière nucléaire, destinée à éviter qu'un pays ne développe en cachette une IA forte potentiellement hostile. 

 

Les lignes rouges

L'IA nous poussera à accepter la vision transhumaniste. Cela conduira notamment à l'augmentation générale du QI, puis à la possibilité de devenir en partie machine [...]: l'hybridation de l'ordinateur et du cerveau, puis la sortie du cerveau hors de lui-même, et enfin son autonomisation complète dans une perspective lointaine.  

Il pourrait devenir possible de le télécharger, nous rendant indépendants de notre humanité charnelle. Ce transhumanisme radical ferait de l'homme un être infiniment connecté. Il doit être évité [...]. Pour que nous gardions notre dignité, nous ne devons pas abolir les trois piliers de notre humanité : le corps physique, l'individualisation de l'esprit et le hasard [...]. 

Le premier enjeu est de sauver notre corps, avec tous les défauts et toutes les contraintes qu'il comporte. Tant de rêveurs ont pu imaginer qu'il serait formidable de s'en affranchir [... ]. Quand cela deviendra possible, on se rendra compte que ce paquet d'os, de sang et de muscles, cet amas précaire d'organes toujours plus ou moins dysfonctionnant, cette misérable enveloppe tant méprisée est en fait notre ultime racine. Renoncer à elle serait renoncer à nous [...]. Abolir le corps serait la seule façon vraiment efficace de nous rendre immortels [...]. 

Modifié par vaufrègesI3
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C'est très intéressant. Et quand on côtoie des décideurs, on comprend d'ailleurs très bien pourquoi le financement de la recherche (pas que sur les IA) est en berne. C'est la peur du changement combiné à l'incapacité à se projeter et à voir l'intérêt de la recherche.

 

il y a 12 minutes, vaufrègesI3 a dit :

L'Europe ne sait que geindre, pendant que le futur se construit ailleurs

 

C'est exactement cela. La France en tout cas, a perdu depuis longtemps la course à l'innovation, et est actuellement incapable de relancer son économie faute de savoir risquer l'audace. Car innover, c'est prendre des risques, notamment financiers. Entreprendre, innover, c'est risquer d'échouer. Quand on a peur d'échouer, on n'innove pas, on n'entreprend rien. 

Le pire étant quand le système fait tout (par peur) pour empêcher ceux qui pourraient innover de le faire.

 

Souvent, les décideurs confondent "innovation" et "relooking" ou "rénovation".

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Je ne sais plus qui disait que le progrès a décidément le statut d’une religion, avec même ses cathédrales, comme la tour Eiffel… Et, comme toute religion, elle prétend sauver un jour le monde : les start-ups et l’innovation nous apporteront le bonheur sur terre ! Attendons la prochaine grave crise économique et nous en reparlerons. :)

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