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Benj Poup

[CROA] L'observatoire de Beine Nauroy, sous le ciel d'automne

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Il est à peu près 20h, et je traine autour de la coupole du T410 de Beine Nauroy, sous les dernières lumières du jour. Lumières pourpres qui colorent les nuages, entre lesquelles se promène la brillante planète Vénus. Les conditions ne sont certainement pas idéales pour envisager une soirée d'observation, mais c'est tout à fait autre chose qui me fait faire la grimace : aujourd'hui, Louise a 8 mois tout juste, et j'aurais préféré passer la soirée avec elle... Je traine un peu les pieds dans l'herbe humide, avant de me décider à ouvrir la coupole et mettre le télescope en route, en vue de faire partager Mars à quelques spectateurs égarés.

La mise en route commence par un grand classique : trouver, parmi les 6 clés non étiquetées du trousseau de l'observatoire, les deux clés qui pourront ouvrir la porte de la coupole - dans le noir, c'est plus drôle. Et ça dure généralement assez longtemps.

Ensuite - toujours dans le noir - il s'agit de retrouver ... la lumière. Premier disjoncteur, pour faire venir la fée électricité au premier niveau, et ensuite, recherche de l'improbable lampe de bureau - qui, lors de ma dernière visite, n'avait pas d'ampoule ! Les quelques bonnes âmes qui font vivre le télescope sont heureusement passées par là, et ont remplacé l'ampoule : Fiat lux !

Suit la mise sous tension du suivi et du système de pointage, puis l'ouverture de la coupole : il faudrait compter le nombre de tours de manivelles pour ouvrir complètement la coupole - j'ai l'impression qu'il faut trois tours pour voir le cimier s'ouvrir de 2 cm. Une parenthèse sportive bienvenue quand on a froid... ce qui n'est pas le cas ce soir : l'air est très doux, et je m'échauffe très vite.

Vénus est au ras de l'horizon, trop basse pour le télescope - inutile d'insister; je vais plutôt tenter Albiréo pour commencer. Mais avant celà, il faut commencer par initialiser le Go-to du télescope, une étape plus compliquée que l'on pourrait l'imaginer. Altaïr sera mon étoile repère. Sa position, pas trop élevée sur l'horizon, devrait m'éviter bien des contorsion quand il s'agira de manipuler le tube. La difficulté tient dans le fait que le chercheur du télescope est plutôt difficile à apprivoiser : jugez-en par vous-même, le réticule est complètement distendu, et les deux fils ne se croisent pas du tout au centre du champ. Qu'à cela ne tienne, je place tout de même Altaïr à ce qui me semble être le centre du champ, et je retourne à l'oculaire : rien.

Je navigue ainsi, pendant un bon quart d'heure, entre le chercheur et l'oculaire, avant de rendre compte qu'il faut placer l'objet souhaité ... non loin de l'endroit où se croisent les deux fils distendus... Altaïr apparait enfin dans l'oculaire : mon Go-to est enfin initialisé, et je peux lancer le pointage d'Albiréo. (Dire qu'il ne m'aurait fallu que quelques secondes pour arriver au même résultat avec ma lunette, bouh!).

Alors, Albiréo, c'est comment ? Bien qu'au grossissement le plus faible, je suis épaté par l'abîme qui sépatre les deux étoiles orange et bleue. Malgré la faible transparence du ciel, le champ est pété d'étoiles - rien à redire, le diamètre y est pour beaucoup !

Je voisine ensuite sur les NGC voisins : je commence par NGC 6826, mais c'est un mauvais choix de ma part. La nébuleuse planétaire est en effet près du zénith, et l'oculaire est tout à fait inaccessible ! Ca m'apprendra ! Du coup, je choisis la facilité, et m'oriente vers M 27. Facile, mais magnifique, malgré le ciel gris. J'imagine ce que cela pourrait donner avec un ciel bien noir. Je retrouve petit à petit le plaisir d'observer dans un gros télescope - ça change quand même de la L80 !

Au pifomètre, je trouve dans le Sky-Atlas, non loin de là, NGC 6905, autre nébuleuse planétaire. Une toute petite tache floue, discrète, avec deux ou trois étoiles autour. Pas mal du tout ! En grossissant, on devine une partie un peu plus lumineuse - impression confirmée par les photos trouvées sur le net.

Je m'enchaine ensuite quelques objets visibles ou invisibles - NGC 6891, invisible ..., puis NGC 7006, amas globulaire discret, mais mignon. J'espère ensuite m'en mettre plein la rétine avec M 15. Vu sous la fomre d'une magnifique nébulosité piquée d'étoiles en vision directe, M 15 double presque de taille en vision décalée. C'est fort, très fort !

Je pars ensuite faire un petit tour vers les galaxies de Pégase. Je commence par NGC 7331 : la galaxie est évidente, mais je n'arrive pas la détailler, ni à deviner ses voisines. Un peu le même problème avec le duo NGC 7332 & 7339 : seule NGC 7332 - la plus brillante - est évidente. Impossible de jurer avoir vu l'autre.

Je pars sur NGC 7479, mais sans succès : le pointage est peut-être en cause ? Dans le doute, je relance un calage du télescope, avant de repartir sur Gamma Dauphin. Compte tenu de la transparence toute relative du ciel, il serait peut-être bon de chercher le challenge sur des étoiles doubles un peu serrées, plutôt que sur des nébuleuses. Au dessus de ma tête, c'est une imfâme bouillasse à travers laquelle on voit tout juste les étoiles du carrée de Pégase : M2 et NGC 6934 en font les frais; ils me livrent une image plutôt fade.

Je file sur NGC 7009, la fameuse Saturn Nebula, visible sous la forme d'une brillante tache ovale. Toute cette lumière permettrait d'envisager des grossissements plus forts, mais le ciel est très mauvais. La tache, empâtée par la turbulence, ne révèle rien de plus.

Quelques visiteurs arrivent, et nous partageons quelques coins de ciel, d'abord à l'oeil nu, et ensuite au télescope. De la découverte que les étoiles ont des couleurs, à celle, pas moins étonnante, que les étoiles peuvent mourir, nous nous promenons, dans le ciel de cette fin d'automne, en passant et repassant par M15, M27 et M57, qui se tire avec brio de ce ciel encombré. Nous nous attardons sur Mars, mais il est bien difficile d'y découvrir des détails. Une bande sombre et une tache claire - que j'avais d'abord pris pour Hellas, mais qui s'avère être Argyr - semblent toutefois se détacher, mais ma méconnaissance de la géographie martienne m'empêche de leur donner un nom.

Il manque, en plus d'un ciel clair, une carte de Mars, une planche à dessin et des crayons, et un escabeau à la bonne hauteur : Mars est mal placée, et oblige à une observation très inconfortable...

Je me prends toute fois à imaginer l'hypothétique observateur martien en train de scruter une planète Terre, deux fois plus grosse que cette planète rouge-orange que j'observe dans mon télescope, détaillant les nuages, les continents et les océans. J'imagine qu'il éprouverait les mêmes difficultés que moi à se repérer dans les strcutures de la géographie terrestre. Et pourtant, je l'envie presque !

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Sympa le CROA ! Vivement une autre édition avec un meilleur ciel.

P.S.: C'est vrai que l'observation de la Terre avec nos télescopes ça doit être assez féérique, depuis Mars mais aussi et surtout depuis la Lune !

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