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CROA du 15 novembre : un quartet pour le quintet...

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CROA du dimanche 15 novembre 2015

Matériel : Dobson Orion XX14.
Lieu : "Portail des Etoiles" (lieu privé dans le Mâconnais)
Température : environ 10°C. Absence totale de vent.
Très peu d'humidité au cours de la soirée.
De 19h à 23h.
Plus d'infos : http://www.astrosaone.fr/spip/

Les évènements lourds du weekend ont accentué mon désir d'évasion et de prise de hauteur... C'est avec soulagement et plaisir que je constate que le ciel s'est ouvert dans la nuit de samedi à dimanche, et que les nuages d'altitude présents dans la journée ont fini par se dissiper à la tombée de la nuit, laissant augurer une belle nuit étoilée, propice à la contemplation et à l'observation astronomique...

Je suis arrivé sur site (au "Portail des Etoiles") un peu avant 19h. Un fin croissant lunaire, laissant paraitre une magnifique lumière cendrée, illuminait doucement le paysage déjà nocturne. Un gros avantage de cette période : la nuit tombant très tôt, il n'est pas nécessaire de veiller tard pour commencer l'observation !

J'ai installé mon télescope sans l'aide d'aucune lumière. Je faisais déjà ainsi avec mon C8. L'idée est de maitriser parfaitement la bête uniquement au touché, et de profiter de ce temps d'installation pour déjà mettre ma vision en mode "nocturne". Cela m'a pris plus de temps évidemment, mais j'ai réussi l'opération sans problème. Il est vrai que la conception du Dobson est d'une utile simplicité. Christian, suivi de Christophe (dont j'ai fait la connaissance) sont arrivés très peu de temps après moi. Quelques minutes plus tard, c'est Hervé qui nous a rejoint. Ces deux derniers en mode MDA pour la soirée !

Ce soir, je n'ai pas de programme préétabli, mais j'ai tout de même quelques idées de ce que je voudrais faire : déjà, Gérard m'ayant gentiment prêté son filtre OIII, je compte bien faire des tests sur différents objets et pouvoir comparer avec celui de Christian. J'y reviendrai. Ensuite, Uranus et Neptune sont idéalement placés pour qu'on y jette un œil. En quinze ans d'observation au télescope, j'avoue que je n'ai jamais observé Neptune ! Et, défi de la soirée, nous avons convenu avec Christian de débusquer visuellement le mythique Quintet de Stephan. Accompagné d'Hervé et Christophe, c'est donc en quartet que nous partirons à la recherche de ce quintet...

Je finalise la collimation et le réglage du chercheur avec le coucher de la Lune... les observations sérieuses peuvent commencer !

- Nous attaquons, Christian et moi, immédiatement par du lourd et du sérieux, classique parmi les classiques : les fameuses Dentelles du Cygne. Bizarrement, le Cygne ayant passé le zénith, j'ai l'impression de l'observer à l'envers et j'ai du mal à cheminer dans cette constellation que je connais pourtant très bien... Bref, je pointe néanmoins sans problème (un coup de laser !) 52 du Cygne. Avec l'oculaire 35 mm, sans filtre, je perçois sans trop de difficulté la partie fine de la Petite Dentelle. de l'autre côté de l'étoile, je perçois quelque chose, mais sans détail. J'essaie le Lumicon OIII de Christian, sur son oculaire Panoptic 24. Cela "éteint" la plupart des étoiles dans le champ et colore en bleu les étoiles les plus brillantes, mais sur la nébuleuse en elle-même, le changement est radical et la vision somptueuse ! Les détails apparaissent en vision directe et cette fois-ci, toute la Petite Dentelle se dévoile, dans ses torsades et ses ramifications. Je me déplace au jugé vers la Grande Dentelle, remarque au passage les dentelles intermédiaires (ont-elle un nom ?) et la trouve facilement. Celle-ci regorge de détails, c'est fin, ciselé, délicat, bref, c'est de la dentelle ! Nous passons tout à tour de longs moments à l'oculaire pour profiter du spectacle. J'essaie ensuite le filtre de Gérard, un Astronomik OIII... La vision est également très belle et je ne note pas une grande différence, même si l'image manque peut-être un peu de pêche. Elle est un peu moins contrastée, donc on perd un chouïa de détails... mais cela ne se joue pas à grand-chose.
Ensuite, j'essaie le filtre UHC Baader de Christian : surprise, je m'attendais à une vision médiocre en détails, mais finalement, c'est une image différente qui s'offre à moi, bien plus lumineuse, avec un champ d'étoiles à nouveau révélé et les Dentelles bien présentes. Bon, effectivement, il y a moins de contraste, donc l'image parait plus pauvre en détails. En réalité, les détails sont là, mais moins immédiatement perceptibles. Bref, c'est autre chose !
Je referai un peu plus tard la même expérience sur M27, la célèbre nébuleuse que j'appelle personnellement "nébuleuse du trognon de pomme" et là, sans aucun doute, le filtre UHC l'emporte et permet une vision bien plus contrastée qu'avec l'OIII ou sans filtre.

Conclusion (mais je m'y attendais, un peu) : il faut impérativement les DEUX types de filtre !

- Cible suivante : Neptune ! L'année passée, avec mon C8, j'avais lamentablement échoué lors d'une tentative d'observation de la plus lointaine des géantes gazeuses de notre système solaire. Cet été, avec le Dobson, même chose ! Cette fois-ci, je suis bien résolu à débusquer la mystérieuse gardienne des confins, que je n'ai encore jamais vu... Je sais que cette planète reste quasi ponctuelle à faible grossissement, aussi, j'opte immédiatement pour un oculaire de focale intermédiaire (16 mm), afin de grossir suffisamment pour tenter de la dissocier parmi les étoiles avoisinantes. Je sais qu'en faisant ça, je rétrécis mon champ apparent et qu'il me faudra pointer très précisément l'endroit voulu... Je me dirige vers mon étoile repère (57 Verseau) et étudie bien le champ à l'oculaire, en le comparant avec celui de ma carte (Starmap). Je me dirige sans hésiter vers un minuscule point qui correspond à l'emplacement de Neptune. Coup d'œil à l'oculaire : Bingo ! En 20 secondes, trouvé... C'est avec émotion que je découvre cette petite bille, dont le disque est perceptible et la range sans équivoque dans la catégorie des planètes ! Neptune est d'une couleur bleu-pâle, tirant un peu sur le gris. Une couleur pastel discrète et subtile qui sied bien à cette planète qui ne s'est révélée à l'humanité que très tardivement. Evidemment, aucun détail n'est visible, mais cette vision est très émouvante et chargée de symboles : je contemple une frontière, au-delà de laquelle commence le monde des glaces de la ceinture de Kuiper, composé d'une multitude de petits corps en orbites d'apparence chaotique, dont Pluton en est l'emblématique représentant... Nous avons poussé le grossissement jusqu'à 335x, pour le fun, car cela n'apporte pas grand chose à la vision.

- Place ensuite à Uranus, qui croise non loin de là dans les Poissons. Nous en profitons d'abord pour réviser notre ciel et suivre la fantomatique figure de cette immense constellation, qui étire sa discrète silhouette sur un invraisemblable champ dans le ciel ! Je pointe sans problème la planète, qui apparait bien plus brillante et d'une couleur verte très esthétique. Nous repérons sans problème Obéron, un des satellites d'Uranus, qui croise à bonne distance du globe. Il me semble percevoir, de part et d'autre du disque, deux autres points. Mais rien n'est sûr. La position des satellites pourraient correspondre, mais ce ne sont cependant pas les plus lumineux...

- Challenge du jour, Christian et moi décidons de tenter l'observation du Quintet de Stephan. Pas question de mettre nos deux télescopes en modes interférométrie, mais cependant, nous décidons de coordonner nos recherches afin de débusquer le mythique Quintet de Stephan ! C'est à petits coups de rames que nous naviguons dans la zone Pégase - Lézard... L'idée est de repérer la galaxie NGC7331, laquelle permet ensuite de trouver le quintet. Cette galaxie est bien visible, sous la forme d'une petite tache allongée, et dont le centre me parait souligné d'un trait un peu plus sombre (perception non vue immédiatement, mais après coup et à plus fort grossissement). Une fois cette galaxie dans le champ, c'est directement à l'oculaire que je me rends petit à petit vers l'endroit où doit se trouver le Quintet. Après consultation des cartes, paramétrage de Starmap, vérification et revérification, je suis sûr et certain d'être au bon endroit. Au 35 mm, rien n'est visible. Je passe directement à mon oculaire 10 mm : je sais par expérience que je vais perdre un peu en luminosité mais gagner en contraste. De plus, cet oculaire (Speer Waler Antares) n'a de cesse de m'étonner avec le Dobson, alors que j'étais déçu de ses performances sur le C8. Bref. Cette fois-ci, sans aucun doute permis, en vision indirecte, "quelque chose" me titille le fond de la rétine. En regardant encore et encore, je perçoit deux zones d'égale intensité et une troisième zone plus faible. "Cela" forme un triangle au centre de l'image, à la limite de la perception. Aucun doute n'est permis : Ce trio que je perçois, c'est le Quintet de Stephan !!! Avec le (très bon) Panoptic 24 mm de Christian, cette vision est confirmée, avec le plaisir d'avoir un champ plus large et donc plus esthétique ! Mission accomplie, notre GRAAL est désormais inscrit dans nos mémoires et nous pouvons désormais fanfaronner dans le monde des astronomes : "Le Quintet de Stephan ? Ah oui, j'aime bien l'observer de temps en temps..."

- retour ensuite dans le Cygne, afin d'observer NGC 6826 "Blinking Nebula", star des nuits d'été, une de mes cibles favorites que je souhaite faire découvrir à Christophe et Hervé. L'un des deux (je ne sais plus qui !), l'oeil à l'oculaire, nous dit "c'est bizarre, j'ai l'impression qu'elle disparait et réapparait" ! C'est exactement l'intérêt de cette petite boule bleue clignotante (par effet d'optique) ! En poussant le grossissement jusqu'à 335x, on voit bien une sorte d'anneau (ou une succession d'anneaux, un peu comme la surface d'un disque vinyle). Je suis également persuadé de voir une extension qui semble sortir de cet anneau (les photos montrent en fait deux extensions de part et d'autre : perso, je n'en ai perçu qu'une, mais effectivement, les deux se sont pas de mêmes taille et luminosité; En tout cas, l'impression était la bonne !).

- Nous finirons la soirée sur quelques classiques : M31, M110 (plus diffuse) et M32 (plus brillante), ce trio rentrant au chausse-pied dans mon oculaire 35mm, avec deux bandes sombres visibles dans M31 à plus fort grossissement.

- Christian ne résistera pas à pointer M42, pourtant encore basse sur l'horizon. Pour ma part, je vais attendre encore un bon mois avant d'observer cette nébuleuse, afin qu'elle soit plus haute dans le ciel. De plus, j'estime qu'il faut consacrer l'essentiel d'une soirée à cette merveille, tant sa complexité et sa diversité sont importantes...
Nous quittons les lieux vers 23h15, ravis et satisfaits de ces observations faites dans des conditions météorologiques particulièrement clémentes pour un 15 novembre, et dans une ambiance conviviale très agréable !

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Ah, un récit très vivant, on s'y croirait ! Maintenant que tu as vu Neptune, prochaine mission : Pluton...

La comparaison des Dentelles avec différents filtres est intéressante !

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Ah, un récit très vivant, on s'y croirait ! Maintenant que tu as vu Neptune, prochaine mission : Pluton...

La comparaison des Dentelles avec différents filtres est intéressante !

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Bonjour à tous,

Merci pour ce récit vivant et détaillé. Je possède moi aussi un Orion 14 mais en Goto et je "lis" dans ton compte-rendu le même ciel !

Sur les Dentelles, je partage totalement ton avis. OIII sans hésiter.

Sur M27, je préfère au final sans filtre avec mon Perl XWA (100°) 5 mm donc 330X. L'UHC est également très beau mais éteint quelques étoiles si précieuses pour la beauté de l'ensemble sur la nébuleuse. L'OIII renforce les extensions en intensité, notamment avec le 9mm mais éteint trop d'étoiles à mon goût.

Sur les nébuleuses planétaires, je t'invite vivement à grossir davantage. 600X minimum par nuit peu turbulente et collimation aux petits oignons + mise en température comme il faut. Sur NGC 6826, sur la magnifique et incroyable NGC7009 - ma préférée ! - où je grossis jusqu'à 900X sans problème par soir peu turbulent et là, c'est le grand spectacle ! Fou ce que l'on voir dans un tube chinois de 14" !!! sur M57 pour bien voir la centrale, sur M76 où la centrale est à l'archi-limite mais sera moins limite par ciel parfait (donc pour le grand soir !, etc...

M42, n'en parlons pas !!! Des nodosités partout dans le 20mm XWA 100° donc sur 1°20, des couleurs, etc, etc. Mon filtre préféré ? Aucun !

(Pour grossir, j'ai choisi la combinaison XWA 5mm qui offre une très très belle tache de diffraction + la barlow géniale FFC Baader dont je fais varier le tirage pour grossir davantage.)

A bientôt pour ton prochain CROA frisquet !

Arnaud Frich.

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Bien d'accord avec toi, Arnaudfr, pour grossir un max sur les nébuleuses planétaires... encore faut-il avoir les oculaires qui vont bien !

J'ai ce tube depuis le début d'année (en remplacement d'un C8) et il me manque des oculaires de courtes focales.

Je sais qu'il faut un maximum de champ (pas de suivi pour mon dob), mais j'hésite entre les focales : faut-il un 5 mm ou un 7mm, une barlow 2x pu 2.5x ou 3... sachant que j'ai un très bon 10mm (SWA) et d'autres focales plus longues (16, 22, 26, 35, 40...). Je vais sans doute me séparer du 26 et du 40.

T'as quoi comme oculaires, toi ?

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Bonsoir,

J'ai un XWA 20mm PERL (100°). C'est parfait pour M42 mais sinon je trouve que cela ne grossit pas assez.

J'ai un Eplorer Scientific 9mm (100°). Parfois, j'aimerai bien un 14mm pour certaines galaxies.

J'ai le XWA PERL 5mm (110°) que j'adore ! En planétaire, il a un poil de chromatisme mais une très belle tache d'Airy. Je préfère mes 13 et 8 mm Lanthanum Perl + tête bino Baader Maxbright + barlow spéciale newton 1,7X.

J'ai la barlow FFC Baader (Fluorite) exceptionnelle. Donc selon le tirage elle m'offre entre X2 à X3 avec le 5mm XWA Perl.

Sur les NP, je suis certain que je pourrai passer plus de 1000X par supers soirs. J'ai déjà passé plusieurs fois 850/900X sans problème et que M57 et NGC 7009 étaient belles et détaillées. Ma préférée ? NGC 7009 à plus de 900X. Je peux rester dessus des heures ! Et je n'ai pas encore eu des conditions exceptionnelles...

J'adore mon 5mm XWA (le même existe sous un autre nom en moins cher chez Pierroastro). Le 20mm a pas de mal de coma évidemment mais cela ne me gène finalement pas tant que ça. Par soir sans turbulence jusqu'à 200X, les étoiles, au centre étaient parfaites sur M42 avec ce 20mm. C'était magnifique. Des nodosités partout dans le champ de 1°20, des couleurs subtiles. Une vraie photo mais sans le coeur cramé !
Je pourrai troquer mon ES pour un XWA. J'aime bien son champ, son confort de visée mais je préfère mes XWA.

A bientôt et belles observations.

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