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Suite à un échange de mails courant
2000, Michel et Magali Peyro ont eu la grande
gentillesse de m'inviter dans leur maison de St Vincent de Barrès, dominée
par la coupole abritant un superbe télescope
de 614mm ouvert à F/3.2. Cet instrument, un des plus puissants
réalisés pour un particulier, fournit des images au piqué
impressionnant.
Situé
entre Montélimar et Privas, l'observatoire
est construit à 300 mètres d'altitude. S'il ne bénéficie
pas de la pureté des ciels de montagne ou de Haute Provence,
il est plutôt bien épargné par la pollution lumineuse
et couvre la voûte céleste sur quasiment 360 degrés.
Lors de mon séjour - 19 au 21 juillet 2001 - nous avons bénéficié
de deux nuits dégagées, offrant
une bonne transparence et une turbulence relativement raisonnable.
La
soirée du 19, pluvieuse, fut très agréablement
occupée par un concert jazz donné par mes hôtes
dans un petit village typique des environs. La matinée du lendemain
fut consacrée à l'échange
de nos techniques d'acquisition et de traitement d'images, aussi
bien sur Iris, Prism que sur PhotoShop. L'après-midi, Michel
m'a fait visiter sa coupole, et j'ai pu me
familiariser avec le maniement du télescope.
La nuit qui a suivi commença par une balade en visuel dans le
Ciel Profond. Ce fut pour moi l'occasion d'observer, pour la première
fois, les couleurs saphir ou émeraude de quelques fameuses nébuleuses
planétaires, dont "Cat's Eye Nebula", "Saturn
Nebula" et "Blink Nebula". Nous avons ensuite passé
presque une heure à nous promener sur les Dentelles du Cygne
: les cris d'admiration ne gênèrent heureusement personne
dans cette région reculée de l'Ardèche* ! Enfin,
après un petit plongeon dans le coeur du Grand Amas d'Hercule,
j'ai découvert l'étoile centrale de la Nébuleuse
Annulaire de la Lyre.
Après nous en être mis plein les yeux,
nous fixons ma ST7E derrière le T614, muni d’un correcteur de
champ. Il est déjà 1h30 du matin, et le temps de faire la focalisation
avec Prism, nous allons être pressés par le temps. Michel a fixé un
genre de rapporteur en carton sur sa molette de mise au point, lequel
permet de focaliser précisément : je retiens l’idée. Après mise en route
du guidage ST4, nous lançons déjà une pose de 5 mn : nous obtenons un
blooming un peu gênant. Finalement, nous optons pour 20 poses
de 1 mn. A 4 heures du matin, nous nous couchons.
Nous prétraitons l'image
le lendemain après-midi : pas mal du tout ! La nébuleuse est énorme
à l’écran, et devrait être superbe après superposition des couleurs.
Nous constatons quand même un léger défaut de suivi
en alpha. Comme traitement, nous optons pour une petite ondelette sous
Iris.
La nuit du 21 est plus transparente, mais venteuse.
La Voie Lactée apparaît bien nette jusqu’à l’horizon. Nous testons
cette fois la ST8E prêtée à Michel par Franck
Valbousquet. Nous commençons par la Trifide, juste en entier sur le
capteur avec cette focale. Par contre, le suivi a l’air moins bon qu’hier.
Nous poursuivons avec une portion des Dentelles. Nous avons bien du
mal à focaliser avec le Pap 98 de Michel. Coucher à 5 heures du matin.
Les
images prises cette nuit n'ont pas encore été traitées.
Pour ma part, de retour en Lorraine fin juillet, j'ai réalisé
les composantes couleur de la nébuleuse Dumbbell avec ma ST7E
et mon CG-11. Après échantillonnage, j'ai pu obtenir cette
image LRGB de M27.
*
"Oh p.taing que c'est beau ! Oh p.taing !!"
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