Comètes et astéroïdes

Qui n’a jamais été fasciné dans son enfance par les comètes ?
Regarder ces objets est en effet un des plus beaux spectacles du ciel...


Hyakutake
I. Les comètes

Les comètes sont des boules de neige sale dont la taille est comprise entre 1 et 20 km. Loin du Soleil les comètes sont de petits astres entourés d’une faible nébulosité. L’astre se rapprochant on voit se développer autour du noyau la tête, coma ou chevelure, souvent suivie par des queues de toutes natures.

Le noyau
Le noyau n’est pas visible depuis la Terre, ce qui rend difficile sa détermination exacte. Celui de la comète de Halley a une forme allongée dont les dimensions maximales sont de 15 et 8 km. Le noyau est  une " boule de neige sale " formé de glaces, de composés carbonés et azotés et de poussières météoritiques. Sous l’action du rayonnement solaire les gaz contenus dans le noyau s’échauffent et forment un halo rendant justement impossible la visibilité du noyau depuis la Terre.

La tête ou coma
La tête est une nébulosité de forme sphérique centrée sur le noyau ( diamètre de 200 000 km à une UA du Soleil ). La coma est constituée d’un grand nombre de gaz et d’ions. Les gaz principaux sont l’eau et CO2. On suppose que l’excitation des gaz à l’intérieur de la tête serait suffisante pour produire d’autres réactions chimiques.

Les queues
Il existe deux principaux types de queues et un troisième moins fréquent associé au deuxième et nommé anti-queue.
La queue de type I est droite et dans le sens opposé au mouvement et au Soleil. Elle est composée essentiellement d’ions et interagit avec le vent solaire ( flux de particules émis par le Soleil ). Les ions s’échappent à une vitesse comprise entre 10 et 100 km.s-1 et s’étendent sur plusieurs millions de kilomètres.
La queue de type II est constituée de poussières et est fortement courbée dans la direction opposée au Soleil. Le fonctionnement de ce type de queue est assez simple ; Les gaz communiquent aux petites poussières une partie de leur énergie, ces poussières s’échappent avec une vitesse de 100 m.s-1 . Pour les poussières plus importantes c’est le vent solaire qui prend le relais.
Les anti-queues s’observent quand la Terre est à peu près dans le plan de l’orbite cométaire l’accumulation de grains de grosse taille s’échappant lentement forment une queue dans la direction du Soleil ; d’où son nom d’anti-queue.

Origine des comètes
La théorie de l’origine des comètes a été formulée dès 1950 par Jan Hendrik Oort ; à grande distance du soleil ( environ 50 000 UA ) existe un réservoir de 1011 ( 1 suivi de 11 zéros ) comètes. Les mouvements dans le réservoir sont contrôlés par les étoiles voisines qui expulsent les comètes soit dans le système solaire soit à l’extérieur de celui-ci.
Pour la majorité des comètes leur fin consiste en l’expulsion à plus ou moins long terme hors du système solaire. Mais d’autres scénarios sont possibles ; passages périodiques qui entraîneraient la désactivation de la comète et sa transformation en astéroïde, ou alors l’écrasement (très rare) sur une planète comme Shoemaker-Levy 9 sur Jupiter.

Désignation des comètes
Avant 1995, les comètes portaient temporairement le nom du ou des découvreurs suivi du millésime de l’année de découverte et d’une lettre. Par exemple la septième apparition de l’année 1980, découverte par Stephan et Oterma, s’écrivait Stephan-Oterma ( 1980 g ). Une désignation définiyive s’effectuait lors du passage au périhélie ( point le plus proche de l’orbite d’un astre par rapport au Soleil ). Elle portait alors l’année et l’ordre de passage. Les comètes étaient parfois anonymes : "la grande comète de septembre". Il arrivait aussi qu’une même personne en découvre plusieurs : " Shoemaker-Levy 9 ".
Depuis 1995, la désignation des comètes suit les règles suivantes :
    - La désignation temporaire suit maintenant celle des astéroïdes. La première comète découverte dans la première moitié de l'année 2000 sera nommée A1 2000, la deuxième A2 2000, etc... Les comètes à longue période et la première apparition d'une comète ne reçoive qu'une désignation temporaire. A la redécouverte (deuxième apparition) ou après l'aphélie, les comètes reçoivent une désignation séquentielle. Les redécouvertes régulières des comètes périodiques ne reçoivent pas de désignation temporaire.
    - La désignation définitive commence par un préfixe donnant le type de l'orbite de la comète : P/ désigne une comète périodique, C/ une comète à longue période, D/ une comète périodique qui n'existe plus, X/ une comète à l'orbite incertaine et A/ indique un astéroïde.
    - Ce préfixe est suivi de l'année de la découverte puis d'une lettre indiquant la période de l'année et enfin d'un chiffre donnant l'ordre de la découverte dans cette période. L'année est découpée en 24 périodes de 15 jours comme suit :

du 1er au 15
du 16 à la fin du mois
janvier
A
B
février
C
D
mars
E
F
avril
G
H
mai
J
K
juin
L
M
juillet
N
O
août
P
Q
septembre
R
S
octobre
T
U
novembre
V
W
décembre
X
Y

Ainsi, la comète C/ 1999 S4 Linear est une comète à longue période. C'est la quatrième comète découverte pendant la deuxième moitié du mois de septembre 1999 (le 27 exactement) et elle a été découverte par M. Linear.
    - Plus généralement, les comètes continuent à être désignées par le ou les nom(s) de leur(s) découvreur(s) par soucis de simplicité et d'équité. Les désignations temporaires sont données par le CBAT et les chiffres permanents par le Minor Planet Center. Cette nouvelle nomenclature est rétroactive pour les comètes découvertes avant 1995.

Chasse aux comètes
Pour trouver une comète, il faut du temps, et une bonne connaissance du ciel. Les nouvelles comètes sont faibles et ressemblent à si méprendre à des nébuleuses ou des galaxies. Il faut utiliser un télescope à grand champ, et scruter un champ particulier en vérifiant chaque objet flou sur une carte du ciel. Il faut surveiller plus particulièrement la direction où le Soleil va se lever. Vérifiez qu’elle se déplace chaque nuit. Une fois votre comète trouvée, envoyez votre découverte au bureau des télégrammes astronomiques (BTCA) en précisant les coordonnées précises, une estimation de l’éclat... Charles Messier, plus connu pour son catalogue d'objets du ciel profond, n'en a découvert (ou co'découvert) pas moins de 19 en 50 ans pendant le deuxième moitié du 18e siècle !

L'astéroïde GaspraII. Les astéroïdes

Les astéroïdes sont de petits corps gravitant autour du Soleil dont la majorité se trouve située entre Mars et Jupiter. Ils forment la ceinture d’astéroïdes. Certains croisent l’orbite de la Terre : ce sont les astéroïdes Apollo. Les astéroïdes sont aussi appelés "petites planètes".

Un peu d’histoire...
Le premier astéroïde fut découvert en cherchant une planète ; en 1766 Titius avait divisé la distance Soleil-Saturne en cent parties et découvert que la distance des planètes au Soleil suivait une progression géométrique. Cependant la théorie prévoyait une planète qu’on ne trouvait pas. En 1800 en Allemagne un groupe d’astronomes se réunirent pour former " la police du ciel " organisme chargé de trouver la planète manquante. Cependant ils furent devancés par Giuseppe Piazzi de l’observatoire de Palerme qui découvrit le 1er janvier 1801 un objet se comportant comme une planète. Cet astéroïde se nomme Cérès. Bien d’autres suivirent ; on en connaît aujourd’hui plus de 18 000 !

Nature des astéroïdes
Les petites planètes n’ont pas de caractéristiques précises : Ils sont de toutes tailles de toutes formes, de diverses compositions chimiques... Les astéroïdes sont des objets petits, une trentaine seulement ont un diamètre supérieur à 200 km. Leur masses rapportées au Soleil sont très faibles (10-10 Masses solaires). Les astéroïdes sont composés pour les 3/4 d’entre eux de carbone (groupe C), les autres de silicates (groupe S), de métaux (groupe M), ou alors leur composition n’est pas déterminée (groupe U=unknown).

Origine et dynamique
L’origine des petites planètes est similaire à celle des planètes ; elles se sont formées dans des les nuages interstellaires. L'astéroïde IdaPourquoi n’ont elles pas formé une planète ? Jupiter serait la cause du phénomène en créant des perturbations gravitationnelles. Jupiter crée des disparités dans la ceinture même d’astéroïdes : certaines régions sont vides alors qu’elles devraient être " habitées " ; si les astéroïdes se sont formés à partir de collisions leur répartition spatiale devrait être uniforme. Or ce n’est pas le cas : il existe des lacunes dites de Kirkwood dans lesquelles il n’y a pas d’astéroïde. Ces lacunes correspondent à des orbites dont la période est en rapport simple avec l’orbite de Jupiter. Les explications de ces lacunes ne sont pas encore totalement fournies, elles font appel à des phénomènes de résonances et de collisions.

Gilles PERROUIN
Stéphane CHOTARD