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La mise en station |
L’installation est la dernière grande étape à la préparation d’une soirée d’observation.
La mise en station consiste à régler l’orientation des axes de la monture équatoriale pour compenser la rotation terrestre.
C’est une étape souvent redoutée par les débutants qui s’imaginent devoir faire des
manipulations longues et compliquées. Mais l’alignement polaire ne demande pas forcément une grande exactitude pour être
efficace. En pratique, on peut considérer qu’il existe trois niveaux de précision.
Ils correspondent à trois méthodes simples de mise en station.
A vous de choisir celle qui sera la mieux adaptée au type d’observation
que vous voulez faire:
Liens directs (cliquez directement sur le sujet):

Ce
soir, vous avez décidé de faire une petite balade céleste : juste pour
contempler ces objets brillants qui vous plaisent tant (ceux que vous trouvez
les yeux fermés) Mais le ciel menace de se couvrir d’un instant à
l’autre…
Le
long du terminateur, le grand vertige des reliefs escarpés vous attend. Mais la
lune et ses fabuleux cratères vont disparaître bientôt derrière ce maudit
mur…
Inutile
de vous dire que, dans ces conditions, il faut faire vite ! Ne gaspillez
pas votre précieux temps d’observation à faire un alignement polaire qui
vous prendrait plusieurs dizaines de minutes. Gagnez du temps en faisant une
mise en station approchée.
Tout
d’abord, commencez par installer l’instrument sur un plan bien horizontal et
pas trop meuble. Si votre trépied est réglable en hauteur, plus il sera bas et
écarté plus il sera stable. Mais attention au confort : Une mauvaise
position entraîne une mauvaise observation et vous fatiguera très rapidement.
C’est en affaire de compromis entre confort et stabilité. Ensuite, trouvez le
nord. Pour cela, aidez-vous simplement de l’étoile polaire en abaissant une
perpendiculaire sur l’horizon. Si Polaris n’est pas visible, pas de panique,
une boussole vous tirera d’affaire. Une fois le nord repéré, déplacez
l’ensemble (le trépied et la monture), de façon à ce que l’axe horaire
(aussi appelé ascension droite) soit orienté approximativement dans cette
direction. La dernière étape consiste à régler l’inclinaison de ce dernier
par rapport à l’horizontal pour qu’il affiche la latitude de votre lieu
d’observation. Pour vous simplifier la tache, toutes les montures équatoriales
du commerce sont maintenant équipées d’une vis de réglage en latitude avec
une graduation en degrés.
Cette
mise en place vous prendra au grand maximum 5 min Avec cette façon de procéder,
l’erreur sur la mise en station est certes très importante, mais aucunement gênante
pour une observation « passive » des objets brillants et faciles à
pointer (sans prise de notes ni de dessins)

La
fréquence des rattrapages (une toutes les minutes environ) sont, à ce stade,
très gênantes surtout pour celui qui a les mains occupées ! Alors, pour
le pointage des objets difficiles à repérer (en s’aidant de ses coordonnées)
et pour la prise de notes, de dessins ou pour tous les autres types
d’observation « actives », il faut améliorer la précision.
Une
fois l’instrument mis en station comme décrit précédemment, repérez
l’axe de déclinaison (DEC) Tournez-le pour qu’il affiche 90° et serrez les
freins. Maintenant, en déplaçant la monture uniquement en latitude et en
azimut, centrez l’étoile polaire dans votre chercheur (supposé optiquement
bien centré par rapport à l’instrument) Lorsqu’elle sera au centre, considérez
que la monture est orientée de façon satisfaisante pour une utilisation
manuelle.
Mais,
pour la photographie à courte pose ou pour viser une coordonnée plus précisément,
il faut encore améliorer la précision. Car vous savez que l’étoile polaire
ne matérialise pas exactement le pole nord céleste. Il se trouve actuellement
à 45’ de cette dernière et sur une droite rejoignant Alpha du Dragon
(l’effet de précession déplace sa position de 20’’ par an) La
connaissance du champ de votre chercheur, et de l’orientation de cette droite
(utilisez une carte mobile), vous permettra d’évaluer le déplacement à
effectuer (toujours en azimut et en latitude uniquement) Tout en prenant garde
aux inversions de symétrie (au travers d’une lunette avec renvoi coudé
l’image est inversée droite gauche). Sur certaine monture du commerce, il
existe un viseur polaire intégré à l’axe horaire ou au chercheur, ce qui
simplifie la tache. En fonction de la date et de l’heure, il vous permet de
localiser le pôle céleste par rapport à Polaris.
Arrivé à ce stade, le pointage des objets est
beaucoup plus précis. Avec cette mise en station, la fréquence et l’amplitude
des corrections à apporter sont faibles (environ toutes les 5 à 10 minutes) Vous
pouvez prendre des photos en parallèle ou au foyer avec des temps de pose
relativement courts (inférieurs à 40 minutes) Avec l’habitude,
toute la manip ne vous prendra guère plus de 10 minutes.
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Voici
une méthode qui s’inspire de celle de l’astronome Bigourdan. Beaucoup plus
précise que la précédente, elle est vivement recommandée pour les photos à
longue pose au foyer d’un instrument. La manip consiste à effectuer des
corrections de plus en plus fines à partir de l’observation alternée de
quelques étoiles situées dans des directions particulières. C’est une méthode
par approximations successives qui réside dans l’analyse des dérives de l’étoile
repère considérée.
-Le
réglage en azimut de la monture :
Avec
un oculaire de fort grossissement (réticulé de préférence), centrez une étoile
proche de l’intersection entre le méridien sud local et l’équateur céleste
(aidez-vous d’une carte) Identifiez les directions géographiques.
L’orientation est-ouest dans la direction AD est donnée par le « passage »
de l’étoile dans le champ de l’oculaire (lorsque la monture n’est pas
entraînée) Maintenant, observez le déplacement de l’étoile uniquement dans
la direction DEC (axe nord sud) : Si l’étoile se déplace vers le nord,
tournez le côté nord de la monture vers l’est en utilisant les
mouvements fins en azimut et inversement si l’étoile dérive vers le sud.
Remettez l’étoile au centre et observez de nouveau la dérive. Recommencez
autant de fois que nécessaire jusqu’à obtenir une dérive quasiment nulle en
déclinaison.
-Le
réglage en latitude de la monture :
Dirigez
maintenant votre instrument vers
une étoile située à l’est et à 10 ou 20° de l’équateur céleste (si
vous choisissez une étoile à l’ouest, le raisonnement est identique mais les
effets sont inversés) Observez la dérive dans la direction DEC : Une dérive
vers le nord indique qu’il faut diminuer l’angle en latitude et inversement
pour une dérive vers le sud. Remettez l’étoile au centre et observez de
nouveau la dérive. Recommencez autant de fois que nécessaire jusqu’à
obtenir une dérive quasiment nulle en déclinaison.
Ces
deux étapes (réglage latitude + azimut) doivent être répétées une dizaine
de fois pour obtenir un bon alignement. Cette méthode est très longue (1 heure
au minimum) car en progressant dans les réglages, les dérives se détectent de
moins en moins rapidement.
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En
résumé:
Passage
obligé pour tous les possesseurs de montures équatoriales, la mise en station
ne doit pourtant pas être un obstacle à l’observation ! C’est trois méthodes
simples sont à la portée de tous les amateurs. Mais vous l’aurez compris, la
mise en station doit être adaptée à ce que vous voulez faire. Il est par
exemple inutile de perdre du temps à faire un alignement polaire avec
exactitude juste pour une observation d’une heure… Inversement, ne comptez
pas faire des recherches efficaces en utilisant les coordonnées de la monture
mise en station approchée ! Alors, avant de commencer l’installation,
posez-vous la question : Que vais-je observer ce soir ?
Article de Sébastien Caille (1999) (astronomie magazine N°8)