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Lorsqu'il est hypersensibilisé le TP 2415 ou 2415H est idéal pour l'astrophotographie, n'affichant presque aucun échec à la Loi de réciprocité. En outre il a été retenu pour son extraordinaire résolution, 320 paires de lignes par millimètres pour une sensibilité nominale de 50 ISO. A l'origine l'amateur utilisait des plaques IIa-J puis bientôt les films spectroscopiques 103a de Kodak mais ils ne dépassaient pas, dans le cas du film panchromatique 103a-F, la résolution de 200 paires de lignes/mm. Quant aux autres émulsions rapides noir et blanc et couleur, leur résolution ne dépassait pas 80 à 175 paires de lignes/mm; leur pouvoir résolvant était en fait limité par le grain de l'émulsion qui ne permettait pas de séparer les étoiles faibles, résultat que l'on obtient assez facilement avec le TP 2415 hypersensibilisé. Cela nous permet de dire qu'en photographie stellaire nos instruments amateurs sont de suite sensibilisés par le compromis existant entre le grain de l'émulsion et la distance focale de l'instrument (une focale de 2000 mm correspond au foyer à une résolution d'environ 100"/mm). Nous voudrions pouvoir enregistrer les plus petites étoiles du champ mais ce dernier serait alors réduit à quelques secondes d'arc. Rappelons que ce compromis est contrôlé par la focale et non pas, à diamètre égal, par l'ouverture du télescope. La résolution des fins détails dans un négatif dépend donc de la distance focale F et du pouvoir séparateur de l'émulsion, R.
Les images atteignent presque la même magnitude et seuls les détails dans les faibles nébulosités ne sont pas aussi fins sur le TP 2415. Les images stellaires sont également un peu plus larges suite à l'extension du disque d'Airy qui reste fonction du diamètre de l'instrument. Le TP 2415 peut toutefois avoir encore une meilleure résolution sur les galaxies et les nébuleuses de réflexion s'il était uniquement sensibilisé à la lumière bleue (sans y inclure de sensibilisateurs au vert et au rouge). Autre avantage non négligeable, l'étendue du champ couvert par le télescope est tributaire du rapport focal de l'instrument. Ainsi si les rapports d'ouverture et les temps d'exposition sont identiques, nous obtiendrons une image de densité équivalente quel que soit le diamètre des télescopes. Pour les petits instruments de 200 à 350mm d'ouverture, le temps d'exposition devra nécessairement être plus long pour donner une image de la même qualité. D'après les recherches faites par E.Everhart, la valeur FR de 704 paires de lignes/mm est valable pour des conditions d'observations classiques mais malgré tout propices à la haute résolution. Des valeurs plus petites révèlent que le négatif souffre alors plus du grain que de l'instrument. Les valeurs supérieures à 700 paires lignes/mm seront nécessaires si l'on cherche à profiter au maximum de conditions d'observations vraiment exceptionnelles. A titre d'information, sachez que les télescopes de 5m du mont Palomar et de 3m de Lick ont une valeur FR = 5200 paires de lignes/mm avec le TP 2415 mais qui tombe à 1300 avec le film 103a-O ! Au vu des clichés obtenus, il semble qu'en distance focale de 3 à 4m pour des instruments de 200 à 400mm d'ouverture est optimale pour le film TP 2415. En analysant au densitomètre un sensitogramme enregistré sur un film TP 2415 hypersensibilisé, on observe immédiatement un décalage de sa courbe caractéristique vers la gauche, ce qui représente une augmentation très appréciable de sa sensibilité : pour une exposition de 20 minutes, le TP 2415 traité est 8 fois plus rapide que son homologue non traité et légèrement plus rapide qu'un film de 400 ISO non traité. Quant au seuil de sensibilité - le plus faible éclairement susceptible de produire une différence de densité - le TP 2415 non traité perd la moitié de sa sensibilité entre 2 et 20 minutes d'exposition, qui est perdue dans le voile de l'émulsion et n'est pas récupérable (pied de la courbe). Il ne devient efficace, et c'est la ligne droit de la courbe caractéristique, qu'au-delà de 50 minutes d'exposition. Le film traité ne perd que 4 à 12% de sa sensibilité et est déjà normalement actif après 7 minutes d'exposition, tout comme un film de 400 ISO.
Pour trouver le gain de sensibilité S, le Dr John Riter nous propose une formule empirique : S = 1.56 x 1011 x t (-8592/T) où t est le nombre d'heures stocké dans le mélange gazeux H/N et T la température du mélange en degrés Kelvin (1K = -273.15°C). Bien que la sensibilité augmente avec la durée de stockage dans le mélange gazeux H/N, il y a toutefois une limite dans le temps au-delà delaquelle un voile apparaît dans les régions non exposées du film après développement, surtout en couleur. Un séjour de 10 jours à 30°C est un maximum. A titre indicatif, le voile apparaît à la densité Df selon la relation, Df = 0.2 + 0.033 S, où S est le gain de sensibilité Enfin, lorsque le TP 2415 hypersensibilisé est conservé à l'air, même froid durant plusieurs semaines avant l'exposition, il apparaît une chute du facteur de gain d'environ 20%, le voile passant de 0.57 à 0.62. Le stockage dans l'azote et dans le froid jusqu'à l'exposition est donc recommandé et aucune détérioration n'est attendue. D'ordinaire une heure d'exposition pour un télescope de 400mm f/5.5 est suffisante pour enregistrer la plupart des objets du ciel profond en haute résolution. Mais lorsqu'on souhaite travailler au seuil du pouvoir séparateur de l'instrument et profiter au mieux de conditions d'observations exceptionnelles, des temps de pose de 1h30 à 2h ne sont pas rares avec ce film hypersensibilisé. Une fois encore, il s'agit d'une limite dans des conditions optimales, au-delà de laquelle le voile du négatif couvre les plus fins détails enregistrés et commence donc à détruire votre patient travail (Il est à noter que les fins détails des galaxies faibles apparaîtront mieux sur papier brillant si le négatif est plus dense). Pour terminer, il faut bien préciser que l'ouverture d'un télescope conditionne malgré tout la résolution des images comme en témoigne les deux images de la nébuleuse de la Lagune, M8, présentée ci-dessous, l'une obtenue avec un télescope Schmidt-Cassegrain de 200 mm , la seconde avec un 350 mm.
Reconnaissons là que les photographies amateurs réalisées sur film TP 2415 rivalisent avec ceux du mont Palomar sur 103a-O sans néanmoins les égaler, mais nos performances restent tout de même exceptionnelles comme en témoignent les quelques images présentées dans cet article. Je remercie David Healy pour sa collaboration à cet article. Pour plus d'information AAS Photo-Bulletin N° 24 en 1980 Astrophotographie, hypersensibilisation des films Hypercamera (vend des films hypersensibilisés). Retour aux Rapports techniques
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