Géo le curieux

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  1. Actualités de Curiosity - 2013

    J'assimilais le "fronton" à des dépôts en éventail issus de "Gediz vallis". Cela ne semble pas être le cas selon les études et hypothèses des géologues de la Nasa. Merci Vaufrèges pour ces utiles informations.
  2. Actualités de Curiosity - 2013

    L'absence de bombement de ce présumé delta ne me semble pas une preuve qu'il ne s'agit pas de dépôts résultant de l'étalement d'un fluide chargé en sédiments. Sur Terre, les lahars (écoulements très chargé en sédiments associés aux volcans et la brutale fonte de neige), s'étalent sans bombement bien marqué. Il en est de même des dépôts résultant de crues soudaines (les "débâcles glaciaires") dues à la libération de l'eau de fonte des glaciers en Islande (l’étalement dans les plaines de ces dépôts ne présente pas de bombement comme pour les deltas fluviatiles classiques). On est sur Mars et sa géologie est effectivement assez différente de notre géologie terrestre. Sur Mars il y fait normalement plus froid que sur Terre (éloignement du Soleil). C'est le cas actuellement. Par le passé Mars a pu connaître des alternances de périodes chaudes et froides. L'eau, dans les périodes froides est devenue glace et s‘est recouverte et mélangée à des sédiments d’origine volcanique. Une géologie, et géomorphologie, liée donc à des périodes glaciaires alternant avec des plus chaudes entraînant des débâcles, ou écoulement temporaires. C’est la cas autour du dôme de Tharsis ou en bordure Nord-est du cratère d’Hélas où l’on a des débâcles liées au volcanisme voisin avec, en amont des exsurgences, des écoulements souterrains entraînant de formidables dolines. Dans le cratère Gale, après une longue période chaude avec la formation de lacs, ont sans doute alterné des périodes froides avec quelques épisodes plus chauds entraînant la fonte de glaces contenues dans les sédiments du mont Sharp. C’est comme cela que j’interprète ce « delta » alluviale. Par ailleurs, ces dépôts de couleur sombre ne peuvent pas être constitués essentiellement de silice (de couleur claire). Ces sédiments (apportés par le vent sous forme de sable avant d‘être repris par des écoulements) sont sans doute d’origine basaltique et les basaltes sont pauvres en silice. Il s'agit peut-être d'une erreur de traduction, il vaudrait mieux parler de silicate (dont sont constitués les basaltes), plutôt que de silice.
  3. Actualités de Curiosity - 2013

    « ...il y de bonnes raisons de penser que ce bloc est constitué essentiellement de silice d'origine éolienne. » De mon point de vue, j’ai de bonnes raisons de penser (géologiquement et géomorphologiquement) que ces dépôts ne sont pas éoliens. Le "Fronton de Greenheugh" est la limite de ce qui semble être un dépôt de type deltaïque (bien visible sur les vues satellites). Ces dépôts se prolongent plus en amont par des vallées issues du Mont Sharp. Cela suggère des écoulements liquides à l'origine de ces dépôts. Personnellement j’aurais donc tendance à y voir des dépôts de type fluviatile (ou des écoulements boueux) plutôt qu'éolien. La butte (« Western butte ») actuellement étudiées par Curiosity, semble être une butte témoin, épargnée par l’érosion (sans doute éolienne), butte coiffée par un reste de ces dépôts de type deltaïque (dont le bloc rocheux «Blackwaterfoot »).
  4. Mission Hera

    Oui, je commence à comprendre pourquoi cela nécessite deux missions séparées. Le faire en une seule mission demanderait un engin spatial plus complexe et plus lourd, la partie qui observe devant se tenir à distance, pour éviter d'être elle-même endommagée par les débris, et ralentir suffisamment (donc avoir du carburant) pour avoir le temps d'enregistrer assez de données, en particulier la modification de l'orbite suite à l'impact. Heureusement il y aura HERA.
  5. Mission Hera

    Oui, j'ai bien compris. Mais ce que je comprends mal c'est pourquoi les deux (la collision et l'effet résultant) ne sont pas fait par une seule mission, celle de la Nasa. Une partie de l'engin irait s'écraser sur l'astéroïde, l'autre observerait le résultat.
  6. Mission Hera

    La mission DART de la Nasa, départ programmé en 2021, n'a, semble-t-il, pas prévu de moyens d'observation du résultat obtenu par la collision avec l'astéroïde Didymoon. Il suffirait d'un élément de l'engin spatial qui se séparerait avant la collision pour en observer les conséquences et nous en transmettre le résultat. Cela semble élémentaire et réalisable. J'ai lu que le programme AIM, financé par l'Europe, qui devait initialement réaliser, conjointement avec la Nasa, cette part d'observation, avait été ajourné, faute de crédits. Il est maintenant remplacé par le projet HERA, départ prévu en 2024. En attendant, la Nasa ne peut-elle modifier son engin spatial avant son envoi (dans plus d'un an) pour réaliser, au moins partiellement, l'observation du résultat de l'impact ?
  7. Actualités de Curiosity - 2013

    Je viens de lire, sur le fil consacré à Ryugu, le problème lié à la divulgation des « résultats bruts » d’observations ou d’analyses. Avec, dans le cas de Curiosity, à la clé les interprétations que l’on peut faire d’une analyse complexe d’un échantillon, concernant l’origine de la vie, je comprends la prudence de la Nasa. Les médias ont vite fait d’en faire de gros titres sur la base d’interprétations hâtives et erronées.
  8. Actualités de Curiosity - 2013

    Exact, cela ne m'avait pas échappé. Reste à expliquer les dépôts les plus bas (érosion, suivie de nouveaux dépôts ?). Les modifications des conditions ayant conduit à la formation de la crête à hématite, plus dure et résistante, restent énigmatiques. Cette formation s'est-elle déposée tel quelle ou a-t-elle été modifiée après son dépôt (par des circulations d’eau par exemple) ? J’attribue le détour (d’un an...!) sur la crête à hématite au fait que les géologues, conscients du problème qu’elle pose sur la succession stratigraphique avec les dépôts plus argileux qui suivent, ont cherché des indices pouvant l’expliquer. Avec la Nasa, il ne faut pas être pressé pour avoir leurs explications, ou le résultat de leurs analyses, et quand ils n’en ont pas de bien fiables qui fassent consensus ils préfèrent ne rien dire. Quels sont les résultats par exemple des analyses faites « à froid » sur les prélèvements effectués dans les forages réalisés plus récemment dans les dépôts de la « vallée argileuse » ? C’est le but principal de la mission (y a-t-il de la matière « organique », des molécules complexes à base de carbone, susceptibles de résulter d’une activité attribuable à des organismes vivants ?). Cela entretient le suspens, que l’on peut suivre au jour le jour (de sol en sol), ou presque, grâce à ce fil, agrémenté de belles images, et son très efficace et intéressant filateur bénévole.
  9. Actualités de Curiosity - 2013

    "En d'autres termes, le temps "avance" effectivement lorsque l'on traverse une "section ascendante" (traversée vers des couches rocheuses plus élevées)". Oui, mais avec, semble-t-il, une exception : La "vallée argileuse" qui se trouve être topographiquement moins élevée que la "crête à hématite" qui s'est pourtant sans doute déposée avant. La succession des évènements ayant permis les dépôts de la vallée argileuse derrière la crête à hématite ne semblent pas encore vraiment clairement comprise. Les géologues de la Nasa doivent bien avoir émis diverses hypothèses à ce sujet, mais, à ma connaissance, ils n'en parlent pas dans leurs communiqués. C'est dommage, on aimerait participer avec eux à la compréhension de cette succession de dépôts.
  10. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    "Ce sera un essai et une erreur" (dixit Shotwell). Voilà de quoi nous rassurer, ils ont déjà prévu qu'ils allaient se tromper.
  11. Mission habitée lunaire ou martienne ?

    Vivre dans des tunnels de lave... Un retour à l'âge des cavernes en quelque sorte, avec la nécessité d'un scaphandre sophistiqué pour en sortir. Franchement, on est encore, et pour longtemps, espérons le, bien mieux sur Terre pour y vivre. Pour apporter des éléments de réponse à la question de Lambda, il est techniquement et financièrement bien plus facile d'aller sur la Lune et d'en revenir que sur Mars, la Lune restant en permanence à quelques jours de voyage de la Terre puisqu'elle nous tourne autour toujours à peu près à la même distance. Ce n'est pas le cas de Mars, beaucoup plus éloigné et qui de plus n'est assez proche de la Terre qu'environ tous les deux ans pour pouvoir envisager de s'y rendre en un temps raisonnable sans dépenser une colossale quantité d'énergie. Avec nos meilleures fusées actuelles, le voyage aller vers Mars, quand il se rapproche de la Terre, dure environ 6 mois. On arrive alors sur Mars qui commence à s'éloigner de la Terre et il faut attendre là-bas environ 1 an avant que Mars soit revenu suffisamment proche de la Terre pour pouvoir envisager de revenir avec un nouveau voyage retour d'environ 6 mois. Les orbites respectives de la Terre et de Mars autour du Soleil nous imposent cette durée et le rythme des voyages possibles, assez contraignants. Même si Mars semble à priori plus accueillant que la Lune, ces incontournables contraintes astronomiques rendent les voyages habités vers Mars et la logistique à mettre en oeuvre beaucoup plus problématiques. Quant à la « terraformation » de Mars... c’est carrément utopique. On peut au mieux y aménager des petits îlots de survie temporaires qui, en termes de pérennité et d’autosuffisance pour y vivre durablement, ne valent pas, et de loin, les conditions que l’on a ici sur la Terre, même polluée par nos activités. Mieux vaut entretenir l’habitabilité de la Terre, plutôt que d’envisager de rendre habitable Mars (où se poseront, en pire, les mêmes problèmes de pollution) ou une autre planète pour en faire une « planète refuge ».
  12. Hayabusa 2 à l'assaut de Ryugu

    29,5 millinewtons... Une unité de force de poussée dont on est généralement peu familier. C'est en gros l'équivalent, ici sur Terre, de la poussée vers le bas d’une petite bille ou d’un dé d'environ 3 grammes (mettez un dé au bout d‘un doigt, vous sentirez l’ordre de grandeur de la poussée exercée). Dans le vide et l’apesanteur spatial, si l'on n'est pas pressé d’aller vite, cette poussée suffit pour accélérer progressivement l‘engin. Une perte de temps, mais une bonne économie d’énergie (fournie par les panneaux solaires) et de masse embarquée (le rendement par propulsion ionique est 10 fois plus élevé que pour la propulsion classique chimique dont la majeur partie de l’énergie est perdue sous forme de chaleur).
  13. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    "...la manière dont ils émettent les particules est révélateur" (Aurélien Barreau à propos des trous noirs). Où est l'erreur ? Revenons à l'astrophysique. J'ai été surpris d’apprendre qu'Aurélien Barreau ne connaissait pas le nom Laniakéa, nom donné au super amas de galaxies dont nous faisons partie. Les travaux d'astrophysiciens très sérieux et compétents à son sujet, dont Hélène Courtois (discutés par ailleurs sur un autre fil) devraient pourtant l'intéresser puisqu'ils concernent la gravitation. Cette dernière a l'air de se comporter, en prenant le fond diffus cosmologique comme référentiel, à la manière d'un dipôle et dessine des champs de force qui ont la même allure que ceux d'un champ électrique ou magnétique, entre un grand attracteur (un autre super amas) d'un côté et un grand vide de l'autre. De quoi intéresser un théoricien de la "théorie quantique à boucle" (une super "boucle" gravitationnelle cosmologique). Bon, mais c'est hors sujet sur ce fil consacré au très "dynamic" et efficace cow-boy entrepreneur Musk qui n'est pas astrophysicien.
  14. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    C'est vrai ce que dit Vaufrèges. J'aime bien Aurélien Barreau et son "franc parlé", mais ce n'est pas ce que j'appellerais un "astronome", c'est à dire quelqu'un qui observe les astres. Il plutôt théoricien, dans les "expériences de pensée" (qui peuvent se faire au café, il le dit lui-même). Son « labo » de scientifique, il l’a dans la tête. C'est un "cosmologiste" plutôt qu'un "astronome". Son outil de travail, ce n'est pas un télescope ou autre type d'appareillage sophistiqué et complexe à mettre au point et utiliser pour scruter l'univers, ou des sondes spatiales a concevoir, fabriquer et envoyer dans l'espace pour l'explorer, mais des maths et leur logique pour interpréter ce que d'autres, les "astronomes", ceux qui vont « sur le terrain » ou « au charbon », mesurent et observent. Les pieds néanmoins sur Terre, il observe aussi le monde, celui qui nous entoure (pas aux confins de l‘Univers ou d‘un trou noir), notre planète Terre dont l’équilibre est de plus en plus compromis par les activités humaines. Son diagnostique est assez inquiétant. Je comprends les mots assez durs qu’il emploie à ce sujet. Il est urgent de changer de cap. Dans le domaine de l’astronomie, quelqu’un comme Hubert Reeves dit la même chose. S’il est aussi « boulanger », c’est pour qu’on ait encore du bon pain demain.
  15. Actualité d'Opportunity (suite)

    Bravo et merci à tous pour tous ces documents en ligne qui nous font revivre cette longue aventure de découverte de la planète Mars. J'ai parcouru l'intéressant travail de présentation de Gilles Lévesque pour son livre en préparation "Les panoramiques martiens". J'ai noté au passage à propos de Curiosity une phrase qu'il conviendrait de corriger avant publication (Chap. "Vers le Mont Sharp" - Sol 339 à 573) : "Et ceci, afin de donner une plus grande chance au robot pour traverser les champs de dune qui se trouvent à la base du mont « Sharp », et pour faire l’ascension des pentes vers le sommet." "...faire l'ascension des pentes vers le sommet" ???. Curiosity n'a jamais eu comme objectif, ni les capacités, d'escalader le Mont Sharp jusqu'à son sommet. On aimerait bien, on en rêve (beaux panoramiques martiens depuis là haut), mais non, c'est hélas impossible!