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Avec avoir essuyé deux refus de mission, le premier par les experts du roi Dom João II du Portugal, l'autre par la reine Isabelle de Castille, en 1491 il resoumit son projet à la reine d'Espagne. Grâce à l'intercession du conseiller du roi Ferdinand II d'Aragon, son projet d'exploration fut finalement approuvé, la reine y voyant l'opportunité de retombées économiques. Mais Colomb ayant souhaité être nommé vice-roi de toutes les terres découvertes et bénéficier d'un titre de noblesse en cas de réussite, il avait une obligation de résultat sous peine de perdre ses privilèges. Le 17 avril 1492, Christophe Colomb fut nommé Grand Amiral et vice-roi des Indes. Le 3 août 1492 il affreta deux caravelles et une nef à destination des Indes. Le projet était en soi périlleux voire de la pure folie vu la taille des bâtiments, l'état probable de la mer et la distance à parcourir, le voyage lui-même étant considéré comme sans retour... Seuls des marins peu recommendables acceptèrent donc d'embarquer dans cette aventure, les marins aguerris restant sur le quai estimant avoir plus de chances de survivre en restant à terre ! Le projet était également financièrement coûteux mais un homme riche pouvait encore se le payer sur ses deniers. Le voyage coûta l'équivalent de 10 millions de dollars (1972) ou 10 années-homme. C'est dans ces conditions particulières que débuta le premier voyage de Christophe Colomb. Mais intrépide et poussé par son intime conviction de découvrir les Indes par l'Ouest, aucun obstacle ne lui semblait infranchissable. Il mit donc le cap vers la haute-mer et s'impatienta de découvrir les Indes. Le 12 ocotobre 1492 Christophe Colomb découvrit San Salvador (Guanahami) puis Cuba, La Dominique, la Martinique, la Guadeloupe et Montserrat, bref les Antilles. Mais il était persuadé d'être en Asie, relevés géographiques à l'appui. Au cours du 2eme voyage (1493-1496) il découvrit Saint-Barthémely, Porto-Rico et la Jamaïque. Très rapidement, dans toutes ces île les Espagnols puis les Anglais et les Français feront travailler de force la main d'oeuvre locale avant d'importer des esclaves d'Afrique. Ne parvenant pas à découvrir la côte des Indes, à partir de 1498 et de son 3eme voyage, Christophe Colomb décida de naviguer plus au sud des Caraïbes. Il finit par découvrir le continent à hauteur du Vénézuela (signifiant "Petite Venise" que Colomb appela "Terra de Gracia") et explora l'embouchure de l'Orénoque. Devant la quantité d'eau douce que charria le fleuve, il pensa que c'était la côte Ouest d'un continent mais ne le revendiqua pas, plus préoccupé par les affaires de la colonie d'Hispaniola. Il renonça à explorer cette nouvelle terre qui ne sera colonisée qu'en 1522. Suite à plusieurs plaintes, il dut rejoindre l'Espagne avec ses frères pour y être jugé. Il perdit ses privilèges mais on lui permit de retourner explorer les Antilles. En 1502, Colomb entama son 4eme voyage mais suite à ses déboires il fut écarté des affaires. Cela lui permit de redevenir un véritable explorateur. Il explora de nouveau la région des Antilles et longea cette fois l'Amérique centrale. Mais dans son esprit il navigait quelque part au large de l'isthme de Malaisie. Après son quatrième voyage et passé huit années à explorer les îles, perdu ses navires et sa réputation, Colomb rentra en Espagne en 1504 pratiquement démuni, aigri et frustré d'avoir perdu ses privilèges les uns après les autres. Son épouse Filipa Perestrelo e Moniz lui avait donné un fils en 1479 mais était décédée peu de temps après. Colomb se retrouva donc à présent seul avec un fils devenu un jeune homme qu'il ne connaissait pratiquement pas. Colomb ne voulut jamais admettre avoir découvert le Nouveau Monde car jusqu'à la fin de sa vie il fut persuadé d'avoir navigué autour de quelques îles au large des Indes. Il mourut en 1506 à Valladolid, riche, mais sans titre et dans l'oubli. Les découvertes d'Amerigo Vespucci Entre le 18 mai 1487 et le 5 octobre 1498 le navigateur florentin Amerigo Vespucci avait affirmé avoir touché la terre ferme par 16°N et 90°O (à Bélize ou au Honduras). Outre les îles des Caraïbes, il avait également découvert le Brésil et était descendu jusqu'à la latitude de la Patagonie. En 1503, il fit état de ce Nouveau Monde qu'il appela "Mundus Novus".
En 1507, l'éditeur lorrain Gauthier Lud décida de rééditer les huit livres constituant la "Cosmographia" de Ptolémée reprenant toutes les cartes du monde connu jusqu'à alors. La dernière édition remontait à 1492 et fut l'oeuvre du cartographe Martin Behaim. Pour remettre les cartes à jour, Lud fit appel à un jeune géographe allemand nommé Martin Waldseemüller. Etant donné que Colomb n'avait pas revendiqué la découverte d'un nouveau continent - il parlait uniquement d'îles - on se souvint de la découverte d'Amerigo Vespucci. Les nouvelles terres formaient effectivement un nouveau continent bien distinct de l'Asie. Cherchant un nom phonétiquement fort pour baptiser le nouveau continent, Waldseemüller décida de l'appeler "America" en hommage à son inventeur Amerigo (latinisé en Americus Vespucius). Waldseemüller ajouta une note personnelle à propos des nouvelles terres, "que l'on pourrait appeler désormais terres d'Americus ou America, puisque c'est Americus qui l'a découverte". Et c'est ainsi que le 25 avril 1507 fut baptisé le Nouveau Monde. Un atlas de 54 pages signé Vespucci fut publié reprenant les nouvelles cartes et le compte-rendu des quatre voyages du navigateur. Aucune allusion n'était faite aux voyages de Colomb. En l'espace de quelques années les Espagnols et les Portugais utilisèrent le nom d'Amérique pour situer le Brésil, l'Argentine, le Chili, etc, puis finalement tout le Nouveau Monde sera appelé "l'Amérique". Le Traité de Tordesillas Un explorateur peu féru d'histoire et traversant l'Amérique du Sud d'Ouest en Est pourrait accoster un Brésilien et lui demander : "¿Hablan espagñol ?", ce à quoi il répondrait évidemment : "Não, falo portugueses !". Sans notion d'histoire, il peut effectivement se demander pourquoi parle-t-on uniquement portugais au Brésil et espagnol partout ailleurs en Amérique du Sud ? Cette question linguistique remonte à 1494. A cette époque, le roi Jean II de Portugal et les "Rois très Catholiques" (Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille) signèrent le "Traité de Tordesillas" qui allait partager toutes les découvertes du Nouveau Monde entre les deux puissances maritimes. Les Portugais recevaient tous les territoires situés à l'est d'une ligne située 370 lieues (1770 km) à l'ouest des îles du Cap Vert, c'est-à-dire à l'est du méridien situé à 46°37' Ouest, comprenant donc le Brésil. A l'Ouest de cette ligne, les territoires appartenaient au Espagnols. Du moins en théorie. Puisque le "méridien de Tordesillas" faisait le tour de la Terre, les Portugais possédaient également toute les terres d'Afrique, d'Inde orientale et d'Indonésie jusqu'à Macao comme l'explique la carte suivante.
Les Portugais eurent tout de même un peu de mal à garder leurs possessions d'Afrique et d'Asie. Car à l'époque, les autres puissances maritimes (France, Pays-Bas, Angleterre) n'eurent aucun droit sur ces nouvelles terres ce qui attisa bien sûr les convoitises. Dans ces conditions, ces pays n'hésitèrent pas à envoyer des pirates et des contrebandier piller les richesses des navires revenant des colonies. C'est ainsi que les Anglais par exemple bouteront les Portugais hors de l'archipel des Molluques (Indonésie) découvert par Vasco de Gama. En parallèle, devantl'attitude partiale de l'autorité pontificale, le XVIeme siècle fut marqué par la Réforme qui conduisit à la naissance du protestantisme et ses différentes Eglises (Luthérienne, Réformée, Fondamentaliste, Anglicane, Amish, Baptiste, etc). On comprend mieux ainsi pourquoi de nos jours on parle portugais uniquement au Brésil et espagnol dans tous les autres pays d'Amérique centrale et du Sud. Les guerres de religion expliquent également pourquoi les peuples anglo-saxons préfèrent dire qu'ils sont chrétiens (c'est typique en Angleterre) mais revendiquent en majorité appartenir à l'Eglise protestante (52% aux Etats-Unis contre 24% de catholiques). Retour à l'histoire de L'esclavage |
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