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Ainsi que nous l'avons évoqué, si l'eau devient rare, son appropriation peut devenir source de conflits. Aujourd'hui, plus de 40% de la population mondiale est établie dans les 250 bassins fluviaux transfrontaliers du globe. Autrement dit, toutes ces populations se trouvent dans l'obligation de partager leurs ressources en eau avec les habitants d'un pays voisin. Si les mentalités européennes nous mettent à l'abri de grands conflits, il est des pays à l'humeur plus sanguine où un fleuve traversant les terres peut devenir un véritable instrument de pouvoir aux mains du pays situé en amont. Comme un barrage érigé sur un fleuve, celui qui maîtrise du débit de l'eau dirige l'avenir économique de son pays et la bonne santé de ses habitants. Le rôle stratégique de l'eau n'est pas nouveau. Les historiens rapportent qu'en 1503 déjà, Léonard de Vinci conspirait avec Machiavel pour détourner le cours de l'Arno en l'éloignant de Pise, une cité avec laquelle Florence, sa ville natale, était en guerre. Au Moyen Âge, les désordres sociaux en Afrique orientale ont coïncidé avec les périodes de sécheresse. Dans les sociétés asiatiques, l'eau était un instrument de puissance politique : l'ordre social, les répressions et les crises politiques dépendaient des caprices des pluies.
L'eau, une question politique L'eau étant une ressource vitale et universelle, c'est-à-dire nécessaire à tous et que l'on doit partager, depuis les années 1980, les rencontres internationales sur l'eau se sont multipliées, signe d'une inquiétude des États participants qui reconnaissent tous qu'il est important de gérer durablement cette ressource très précieuse.
A l'issue de ce Forum, les divers ministres de l'environnement ou des ressources hydriques se sont finalement entendus pour rédiger une déclaration commune qualifiant l'eau d'élément "indispensable à la vie et à la santé des hommes et des écosystèmes et une condition fondamentale au développement des pays". Actions pour demain Le deuxième Forum mondial de l'eau s'est tenu en 2000 à La Haye. Si les participants se sont accordés pour juger qu'un changement de politique global est impératif, nous sommes encore loin d'avoir transcrits dans les textes et des actions concrètes les solutions visant à changer la situation actuelle. En effet, deux conceptions opposées s'affrontent quant à la manière de procéder pour préserver nos ressources en eau. La principale inquiétude concerne les pays en développement. Dans ces pays, les réseaux de production et de distribution de l'eau répondent rarement aux normes de potabilité. Selon le Conseil mondial de l'eau, si rien n'est fait, la démographie de ces pays et surtout des pays du Sud va entraîner de très graves problèmes d'approvisionnement en eau potable. D'énormes investissements seront donc nécessaires pour moderniser les réseaux existant et créer de nouveaux équipements (usines de production, réseaux de distribution, stations d'assainissement), mais aussi pour développer de nouveaux systèmes d'irrigation. Ces investissements ont été évalués par le Conseil mondial de l'eau à 180 milliards de dollars par an pour les 25 prochaines années, contre 75 milliards de dollars actuellement investis chaque année. Ainsi que nous l'avons déjà dit, les pays pauvres ne pouvant supporter ces investissements, le Conseil de l'eau recommande fortement de faire appel aux investisseurs privés, lesquels ne gèrent aujourd'hui que 5 % des ressources mondiales. Le Conseil de l'eau accepte également l'idée d'attribuer un prix à l'eau, évalué sur la base de son coût total (production, distribution, assainissement) et dans le cadre de la libre concurrence et du libre commerce à l'échelle internationale, un prix qui serait directement répercuté sur les consommateurs.
Mais une nouvelle fois les ONG ont vivement critiqué cet aspect commercial, où l'État ne jouerait plus qu'un rôle de "simple régulateur". Selon les ONG, une telle privatisation se ferait toujours au détriment des populations les plus pauvres de la planète et n'assurerait pas forcément une plus grande efficacité. Ce serait en revanche susceptible de favoriser la corruption. Les ONG réaffirmèrent leur conviction selon laquelle l'eau est un "droit fondamental" pour tous. Plus que le mode de gestion, c'est la question de la fixation du prix de l'eau qui est au cœur du problème. Beaucoup d'ONG pensent qu'effectivement le prix de l'eau devra couvrir les frais de traitement, de distribution et de dépollution, mais refusent qu'il soit fixé par le marché. Cependant, même dans ces conditions, payer l'eau restera hors de portée des populations les plus pauvres. En conclusion, le défi majeur du XXIeme siècle en matière d'environnement sera donc en priorité d'assurer la rentabilité de la gestion de l'eau, tout en garantissant aux plus pauvres le droit d'accéder à cette ressource vitale. C'est un choix politique. Pour plus d'information Les questions relatives à l'eau sont très bien prises en charge en Occident. Quantité d'organismes publics et de sociétés privées apportent des conseils techniques aux élus, aux industriels et aux agriculteurs. Elles leur fournissent des aides financières afin d'entreprendre les travaux nécessaires pour lutter contre la pollution des eaux et proteger les ressources en eau. Les intercommunales ou les agences de l'eau perçoivent des redevances auprès des différents usagers de l'eau pour la pollution que ceux-ci occasionnent ou pour les prélèvements d'eau qu'ils effectuent. Ces fonds sont ensuite redistribués sous forme d'aides financières (prêts, subventions) aux collectivités locales, aux industriels et aux agriculteurs pour la réalisation de travaux d'assainissement et des réseaux de collecte des eaux usées, mise en place de procédés de production plus économiques, plus propres, etc. En français Plaidoyer : quand la Terre tourne à l'envers (sur ce site) Manifeste de l'eau, Riccardo Pettrela et Mario Soares, Labor, 1998 Dictionnaire français d'hydrologie, CNFSH Cycle et bilan hydrologiques, EPFL Centre d'information sur l'eau (F) Office international de l'eau (F) Société Publique de Gestion de l'Eau (SGPE, B) Center for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED, B) Les usages de l'eau et les pollutions, Eau de France Bataille planétaire pour l'or bleu, 1997, Le Monde diplomatique La symbolique africaine de l'eau et ses retombées, Institut Veolia Environnement Le génie et le pouvoir de l'eau, Olats La Direction Générale de l'Énergie et des Matières Premières (statistiques sur les énergies) Easy-MED (projet de dessalement) Eau de Paris (SAGEP) Eau Vive (Education) L'eau, CNRS L'eau, ENS-DESCO Science in the box (lessives) Biorevo (lessive bio) Directives européennes 91/271/CEE (PDF) du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires 2000/60/CE (PDF) de 23 octobre 2000 établissant un cadre politique communautaire dans le domaine de l'eau En anglais Global Change Master Directory, NASA/GCMD Global Change, GCRIO Freshwater portal, UNEP World Water Assessment Programme, UNESCO Water cycle, NOAA Hydrology and Water Resources, UIUC Water on the web (lake ecology) La culture de l'eau dans la préfecture de Kansai, Japon, KIPPO Aquariophilie Aqua-Plaisir (magazine, forum, etc) Biblio Reef (magazine) Aqua Journal magazine (magazine d'Amano Takashi) Aqua Design Amano (Europe) (Aquariums ADA) Aqua Design Amano (Japon, QG) (Aquariums ADA) About Amano Takashi (commentaires, interviews) Critique du livre "Nature Aquarium" World d'Amano Takashi (en anglais)
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