Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

La médecine sans fil

La santé mobile (II)

La "wearable tech"

La "wearable technology" concerne tous les accessoires et vêtements équipés de technologies électronique et informatique. Cela concerne les vêtements connectés et des accessoires comme les smartwatches, les bracelets d'entraînement sportif ou de bien-être, les lunettes à réalité augmentée et autres raquettes de tennis connectées par liaison Wi-Fi ou Bluetooth à un smartphone ou un ordinateur.

Dans les secteurs du sport et du bien-être, il existe des capteurs physiologiques mesurant la quantité d'énergie (les calories) brûlée ou accumulée par l'organisme, surveillant les entraînements sportifs ou l'alimentation.

Aujourd'hui, grâce à des capteurs sans fil placés sur le corps, chacun peut gérer sa consommation d'énergie grâce à un coach virtuel, un programme d'entraînement sportif et des gadgets comme le DirectLife de Philips (199$), le Fitbit (99$) ou encore le "Checklight" de Reebok (149.99$) destiné à ceux qui pratiquent un sport où les impacts peuvent être violents (ou pour rassurer les parents que leur enfant s'amuse sans danger).

La plupart de ces produits disposent d'un accéléromètre ou d'un podomètre sans fil. Ils sont généralement muni d'une pile et se rechargent via un port USB ou micro USB.

D'autres modèles vous aident à gérer votre alimentation et vos régimes. Mais ils exigent généralement un encodage manuel et ne présentent pas beaucoup d'intelligence.

Depuis 2006, Apple en collaboration avec Nike propose une solution Nike+Run basée sur un capteur placé dans la chaussure et générant un ECG qui est également disponible sous Windows.

Notons que Djamel Benferhat a donné une description exhaustive de cette technologie sans fil appliquée dans le cadre de la supervision médicale des marathoniens dans sa thèse de doctorat soutenue en 2013 à l'Université de Bretagne Sud.

A voir : Reebok Checklight - Nike+Ipod Motivation - Nike+FuelBand

Nymi by Bionym - Log your life with SmartBand (Sony)

La démarche d'Oxylane (Décathlon)

Quelques capteurs physiologiques sans fil équipés d'un accéléromètre ou podomètre permettant à l'utilisateur d'évaluer l'effet de son activité physique (en terme de consommation d'énergie, de performance ou d'impact) en temps réel à partir d'un mobile. De gauche à droite, le Checklight de Reebok dont voici le détail des LED, le Nike+FuelBand, le SmartBand de Sony et le Nike+Run.

Le marché des "wearable tech" est en pleine expansion. En 2009, le webzine Wired expliquait que plus de 1.2 millions d'Américains utilisaient des Nike équipées de capteurs "Body Area Network" reliant la semelle de la chaussure à leur iPhone ou iPod.

Depuis, Nike a développé d'autres systèmes de monitoring phsyiologique principalement destiné aux joggers comme le bracelet FuelBand (139 €) dont voici une revue et la montre sport watch (169 €).

Sony propose également une Smartband et son Lifelog depuis 2014 (présenté au CES 2014, la date exacte de commercialisation n'est pas encore connue). Avantage, l'accessoire a été développé en open-source et la liste de matériel supporté est plus importante que chez ses concurrents.

Nous devons toutefois nuancer les performances de ces accessoires. En effet, selon les utilisateurs, la manière dont les calories ou le nombre de pas sont calculés varie d'un accessoire à l'autre et de l'endroit du corps où on le place, sans parler du fait que le système ne tient pas compte de l'intensité de l'exercice mais uniquement des mouvements (les accélérations) du capteur.

Ansi, le bracelet d'activité Vivofit de Garmin par exemple (119€ en 2014) offre une précision de 1% à 2% dans les meilleurs cas. Si les valeurs indiquées permettent de motiver son propriétaire, en revanche elles ne sont pas très objectives.

De plus, selon les fabricants, les valeurs affichées ne sont pas toujours exprimées en calories mais en "points" résultant d'un calcul complexe tenant compte de l'âge, du sexe, etc. Ce qui pose la question de la fiabilité de ces gadgets et de leur véritable intérêt à part celui de porter un gadget "high-tech".

Ces accessoires sont très prisés des consommateurs. Selon le cabinet GfK rien qu'en France il s'est vendu plus de 300000 objets connectés en 2013. Ils estiment qu'on en vendra 2 millions en 2015 !

Aussi, la question de la protection et de la sécurité qu'offrent ces accessoires vis-à-vis du piratage informatique doit être soulevée avant tout achat étant donné que les données enregistrées sont transmises par ondes ultra-courtes au smartphone voire par Internet à un ordinateur.

Heureusement, l'exposition internationale "Wearable Technology Show" de Londres est consacrée à cette technologie, et la question de la sécurité y occupe une place prioritaire avec des exposants comme Cisco et Symantec.

Les vêtements connectés

Le domaine des vêtements connectés est très "porteur" puisqu'il touche potentiellement tous les secteurs d'activité de la vie professionnelle comme privée.

La société canadienne Hexoskin par exemple propose des vêtements pour hommes et femmes comprenant des capteurs mesurant les performances physiques, le rythme cardiaque et la respiration et qui envoient ces informations via une liaison Bluetooth vers un smartphone.

Le vêtement connecté d'Hexoskin.

Hexoskin a ouvert sa technologie aux autres fabricants et propose depuis 2014 une gamme plus étendue de produits comprenant également des chemises et des chandails connectés.

Il existe également de nombreux prototypes comme le teeshirt capteur de sueur développé par le CEA-Leti. Il se compose d'un capteur physiologique de sueur, d'un circuit électronique souple et d'une poche dorsale contenant le contrôleur et un micro-émetteur qui renvoie les données vers un smartphone ou un ordinateur.

Ce système permet de mesurer la quantité et la qualité de la sueur. Les données enregistrées permettent de calculer la concentration en calcium, potassium et sodium afin de déterminer l'état de fatigue de la personne en temps réel, la quantité d'eau perdue et le type de boisson qui lui convient le mieux pour récupérer après l'effort.

Ce genre d'accessoire est très attendu par les sportifs mais également par les forces de l'ordre, les soldats et le personnel de la sécurité civile.

Ainsi, la société française Bodysens travaille sur une cagoule connectée destinée aux pompiers. Ce prototype est capable d'enregistrer la température, de mesurer la fréquence cardiaque ainsi que le taux d'oxygène grâce à une pince toxicométrique fixée sur le lobe de l'oreille et d'évaluer la position de l'utilisateur grâce à un accéléromètre. Ces données sont transmis à un ordinateur. Grâce à un système d'aide à la décision, un opérateur extérieur peut surveiller en temps réel l'état de santé et les déplacements de la personne et l'alerter ou intervenir en cas d'anomalie.

Egalement en collaboration avec le CEA-Leti, la société Cityzen Sciences développe des vêtements connectés dont les capteurs mesurent les paramètres physiques et physiologiques. Grâce à un chip GPS, le système est capable de géolocaliser la personne. Grâce à des capteurs physiologiques, il enregistre un ECG et mesure la température corporelle tandis qu'un accéréromètre détermine les mouvements de la personne. Les données sont transmises à un smartphone ou un ordinateur où un médecin peut suivre en direct l'état de santé de l'individu. 

Ce système permet de diagnostiquer un problème avant qu'il ne survienne, par exemple dans le cas d'une crise cardiaque qui s'annonce toujours par de petites alertes. A l'avenir les capteurs miniaturisés afin qu'ils soient intégrés dans la fibre.

Si on examine globalement ce marché des accessoires connectés, les applications vont bien au-delà des régimes et des exercices sportifs. Ce type d'appareil surveille chaque aspect de la vie, du lever au coucher, de l'état de sommeil à l'état des fluides corporels en permanence. A l'avenir celui qui osera dire qu'il ne connaît pas son état de santé ou ne peut pas prédire quel jour il sera en pleine forme, est vraiment sur une autre planète !

A côté de ces appareils de monitoring accessibles au public, une autre révolution se prépare, celle héritée du séquençage de l'ADN et la culture des cellule in vitro combinées aux processeurs toujours plus puissants.

Intel inside

Aujourd'hui déjà et de plus en plus dans le futur, les médecins peuvent utiliser la nanotechnologie pour soigner ou pour explorer le corps humain. Quand Steve Jobs lança le slogan "Intel Inside", il n'imaginait sans doute pas à quel point la réalité dépasserait son imagination.

Comme aurait pu le dire Gordon Moore : "Intel inside ? Better, it knows you inside out !" (Un Intel à l'intérieur ? Mieux, il vous connaît à fond !).

Non seulement il y a des processeurs Intel dans les Mac d'Apple mais bientôt ces chips microscopiques envahiront notre espace privé au point que nous en aurons... dans notre corps et nous connaîtront à fond !

Grâce à des nanosondes on pourra soi-même surveiller sa santé à domicile et effectuer la plupart des contrôles préalables qu'on réalise aujourd'hui chez un spécialiste. On réduit ainsi le taux d'occupation des hôpitaux tout en réduisant la facture des soins de santé et en permettant au corps médical de se concentrer sur les vrais problèmes de santé des patients.

Analyses sanguines et de l'ADN

De nos jours, à l'ère de l'informatique et des Big data, nous disposons de manuels d'emplois pour tous les appareils. Mais il y a un domaine où nous n'avons pas de manuel, c'est celui des phénomènes naturels y compris du règne du vivant; nous n'avons ni le plan de la cellule ni celui de l'évolution d'un être vivant. Et il y a un sujet en particulier pour lequel ce manuel n'existe pas, c'est celui de notre corps.

Grâce au projet de séquençage du génome réalisé dans le cadre de l'organisation HUGO, plus de 80 grandes maladies génétiques ont été identifiées depuis 2001. En 20 ans de recherches, nous avons recueilli plus d'informations scientfiques sur le sujet qu'au cours de toute l'Histoire de l'humanité !

Malheureusement à l'heure actuelle beaucoup de pages de ce manuel du corps humain ressemblent à des puzzles dont les pièces manquantes sont difficiles à assembler mais la patience et le temps y pourvoieront.

Ceci dit, ce manuel existe et constitue une base essentielle. Quand vous combinez ces connaissances avec la puissance d'un smartphone et votre génotype, les médecins ont les moyens de conduire une thérapie médicamenteuse ciblée sur votre personne.

Grâce à la génétique, les médecins peuvent déjà prédire quelle personne présentera un diabète de type II à partir de toutes les différentes variantes existantes et dans le futur ils intégreront des variantes moins fréquentes. Grâce à l'analyse de l'ADN, aujourd'hui on peut déterminer si une personne aura un cancer du sein en analysant ses différents gènes. On peut aussi affirmer qu'elle aura ou non une fibrillation auriculaire, des diagnostics inconcevables il y a moins d'une génération.

Aujourd'hui une analyse ADN coûte environ 2000 € et permet d'identifier les principales maladies héréditaires et malfonctions de l'organisme. Vers 2015, c'est-à-dire demain, on nous promet qu'il sera possible d'obtenir une analyse sanguine ou de l'urine en allant à la salle de bain ou aux toilettes et en versant quelques gouttes de substance sur un simple capteur ou dans un faisceau laser relié à un système de reconnaissance ADN.

Cette mesure de la formule sanguine permettra de connaître la glycémie, les taux de cholestérol HDL et LDL, le taux d'enzymes du foie et le taux d'alcoolémie sans même se rendre dans une clinique pour faire une prise de sang.

Vers 2025, un patient avalera une nanonsonde équipée de biomarqueurs (par exemple des antigènes spécifiques du cancer du sein ou de la prostate) qui sera capable d'analyser le sang et remontera les informations vers son smartphone. Elle l'avertira par exemple que des cellules cancéreuses sont en train de se développer car elles rejettent des substances dans son organisme et qu'il doit se soigner tout de suite s'il ne veut pas que le cancer le tue dans 25 ans ! Si Steve Jobs était né un peu plus tard, il aurait pu bénéficier de cette innovation révolutionnaire.

La peau électronique ou e-skin

Un autre domaine de recherche touchant à la fois la santé et l'informatique est celui de la peau électronique ou "e-skin" qu'on peut aussi qualifier de peau bionique même si elle ne concerne que l'épiderme.

Cette invention tire profit de la technologie des transistors organiques (OFET), c'est-à-dire de composants électroniques actifs non plus composé de silicium mais de molécules organiques comme le graphite ou les composés aromatiques polycycliques (qu'on retrouve aussi dans la technologie OLED notamment).

A une époque où les patients sont souvent renvoyés à leur domicile en hospitalisation ambulatoire pratiquement le lendemain de leur opération, cette technologie offre un grand intérêt, et pas seulement pour le suivi médical, mais également dans le cadre plus global de notre relation à la médecine et la technologie.

En 2013, l'équipe du Pr.Takao Someya de l'Université de Tokyo est parvenue à fabriquer de la peau électronique ou "e-skin" épaisse d'un micron, une prouesse technologique encore impossible il y a 10 ans.

Cette deuxième peau qui adhère à l'épiderme mieux qu'un papier collant contient des capteurs et des composants électroniques souples plus légers qu'une plume et plus extensibles qu'une feuille de caoutchouc. La fonction de cette peau électronique est d'enregistrer les faibles signaux vitaux électriques émis par les organes et de les communiquer par radiofréquence à un ordinateur chargé du monitoring. Cette technologie évite au patient d'être hospitalisé et d'être relié à des capteurs câblés durant l'examen.

Cette peau électronique peut prendre différentes tailles et s'appliquer dans le palais de la bouche, sur le front, sur l'avant-bras ou ailleurs.

A voir : Electronic Skin

A gauche, la peau électronique ou "e-skin" épaisse d'un micron développée par Takao Someya de l'Université de Tokyo. A droite, le film élecronique conçu par John Rogers de l'Université d'Illinois et commercialisé par la société MC10. Comprenant des circuits radio-fréquence et une antenne, il peut transmettre les données enregistrées par des capteurs placés sur la peau à un ordinateur extérieur. Documents Someya-Sekitani Group/U.Tokyo et John Rogers/U/Illinois.

Le Pr. Someya travaille également sur un substrat électronique ultramince capable de détecter la pression et la température, comme le fait la peau biologique qui est sensible à de nombreuses variables. Ce substrat muni de capteurs pourra être posé sur la peau mais également sur les vêtements. Le Pr. Someya envisage qu'un jour "on portera un gant [couvert de cette peau électronique] et qu'on pourra juger la réponse émotionnnelle d'une personne en lui serrant la main".

De son côté, John Rogers de l'Université d'Illinois à Urbana-Champaign a mis au point un "épiderme électrique" capable de transmettre les signaux vitaux à un ordinateur extérieur. Ce film est composé de capteurs, d'une antenne et de composants auxiliaires qu'on applique sur la peau par transfert comme un tatouage temporaire. Cette invention est commercialisée par la société MC10

Actuellement, ce patch intelligent permet déjà de contrôler la température du corps, son niveau d'hydratation, la pression sanguine et l'activité cérébrale. Il se maintient sur la peau durant 2 semaines puis se décolle naturellement. Le tissu résiste à la friction mécanique comme la torsion et le frottement ainsi qu'à l'eau.

Outre l'échange d'informations dans un but médical, Rogers envisage d'utiliser cette technologie pour développer un système de communication subvocal, l'épiderme électrique pouvant être apposé sur la gorge afin de détecter l'activité musculaire impliquée dans la parole.

On peut aussi étendre les applications des peaux bioniques dans des directions encore inexplorées et en nombre infini.

Si certaines personnes craignent sans doute que les e-skins vont envahir notre intimité corporelle et nos pensées, Someya y voit plutôt des opportunités à saisir. Selon Someya, "Mon rêve est de faire en sorte que cette électronique établisse le pont entre nous et le monde extérieur qui nous divise. Au lieu de robots de métal froid et de prothèses en plastique renforcé, j'imagine des machines et des gens habillés d'une peau électronique ou "e-skin" sensible, capable d'échanger des informations avec le monde extérieur. Ces créations mécaniques qui paraissent chaudes et vivantes, posant d'imperceptibles composants électroniques sur les humains changeront la relation des gens à la technologie. L'harmonisation des humains et des machines : c'est le cyborg du futur que pourraient apporter les e-skins".

Miniaturisation des instruments médicaux

Le microscope endoscopique

Nous connaissons les caméras endoscopiques qui permettent aux chirurgiens de visualiser en direct l'intérieur du tube digestif notamment. Aujourd'hui cet appareillage peut être combiné à un microscope.

En 1999, Sacha Loiseau, polytechnicien français expert en instrumentation astronomique, voulut appliquer ses connaissances en imagerie à la biophysique de la vision (ophtalmologie) et à la médecine en fabricant un instrument capable d'identifier précocement un cancer par voie endoscopique.

En 2000, grâce à un capital de 400 000 FF il fonda la société Mauna Kea Technologies (MKT). En partenariat avec EndoControl, spécialisée dans la robotique médicale, la startup mis au point un microscope endoscopique baptisé "Cellvizio" dans le but d'explorer la cavité abdominale de la manière la moins invasive possible.

Rapidement son savoir-faire sera reconnu mondialement et dès 200,1 le magazine La Recherche publia un article sur cette société et son innovation.

Le microscope endoscopique est constitué de fibres optiques et exploite la technologie confocal qui est adaptée aux coupes optiques à faible profondeur de champ  (Cf. Intech). Il permet d'obtenir des images en temps réel d'une surface d'environ 1 mm2 avec une résolution de 5 microns, soit 50 à 100 fois supérieure à celle d'un endoscope. L'image tomographique permet de voir un tissu avec une résolution d'environ 10 microns.

Le prototype fut testé en 2000 par l'INRA sur des animaux. L'instrument reçut l'agrément des autorités américaines et européennes en 2005. Il fut ensuite mis à disposition de plusieurs hôpitaux en vue de son évaluation puis commercialisé. Selon MKT, Cellvizio dont il existe aujourd'hui plusieurs modèles, est utilisé par plus de 200 unités de soins dans le monde.

A voir : Cellvizio le plus petit microscope flexible du monde

La biopsie optique par Cellvizio

A gauche, l'installation Cellvizio de Mauna Kea Technologies (au centre de l'image) dans un bloc opératoire. Au centre, comparaison des images endoscopiques et microendoscopiques. A droite, l'application pour iOS. Documents Mauna Kea Technologies.

L'équipement transportable dont voici une vue générale se compose d'une unité de scanning laser (LSU) à laquelle est connecté le microscope endoscopique, d'un ordinateur avec son clavier, son écran et une souris sphérique ainsi que du logiciel Cellvizio, l'installation revenant à environ 75000 €.

A des fins éducatives, une application Cellvizio est également disponible sur iTunes pour les mobiles sous iOS dont l'iPhone.

Grâce à ce système, le chirurgien peut introduire le microscope miniature Cellvizio dans le système endoscopique et effectuer lui-même dans la salle d'opération une analyse microscopique des tissus afin de déterminer par exemple s'ils sont sains ou cancéreux. En cas de suspicion cela évite au patient de devoir attendre les résultats d'une biopsie et d'éventuellement reprendre un rendez-vous.

En effet, le chirurgien ayant été formé à l'interprétation des images, il peut si nécessaire procéder directement à l'ablation des tissus malades durant la même séance.

Cette technologie trouve des applications en gastroentérologie, en pneumologie, en gynécologie, en urologie et récemment en prostatectomie où les chirurgiens sont à même d'identifier les cellules nerveuses directement sur la table d'auscultation. Quand on connaît les conséquences de cette opération, le fait de pouvoir préserver les cellules nerveuses reliées aux fonctions urinaires et sexuelles et d'extraire uniquement les tissus cancéreux est une excellente nouvelle pour tous les hommes redoutant cette opération.

A voir : Images du système endoscopique Cellvizio, Flickr

Le microscope confocal endoscopique CellVizio et l'image qu'il donne des cellules.

Les scanners

Il y a encore 10 ans, quand un patient devait passer un scanner (IRM, CT scan ou PET scan), ce qu'on appelle scientifiquement une tomographie aux rayons X, une tomodensitométrie (mammographie, arthroscanner, ostéodensitométrie, coloscopie virtuelle ...), une tomoscintigraphie par émission de positrons, etc, il devait se présenter à l'hôpital et était pris en charge par une équipe d'experts et dirigé vers un salle comportant un lit ou un siège entouré d'un immense anneau mobile générant un puissant champ magnétique. Un pupitre d'ordinateur permettait aux opérateurs et médecins d'effectuer les contrôles et d'analyser les images numérisée reconstruites en 2D ou 3D par le système.

Comme aujourd'hui et encore demain, la vitesse de traitement dépend de la puissance de l'installation et des moyens informatiques, notamment des performances du processeur graphique et du programme d'imagerie médicale.

Heureusement, des moyens plus légers mais tout de même contraignants sont mis en oeuvre pour les mammographies, les échographies, les électrocardiographies et autre électroencéphalographies.

Dans la plupart des cas, il n'est pas rare que le patient passe plusieurs heures à l'hôpital pour un examen qui finalement dure moins d'un quart d'heure (sans compter les éventuelles injections préalables de produit de contraste). Les personnes claustrophobes ou ayant peur de l'hôpital subissent cet examen et donneraient tout pour trouver une alternative.

Alors qu'hier encore, un système IRM de 3 Tesla ou un PET scan utilisait un tore magnétique de plus de 2 mètres de diamètre et autant de profondeur, depuis quelques années on a réduit son volume de 50% et augmenté le diamètre du tunnel à environ 70 cm. Les scanners comprennent quelque 128 détecteurs, permettant d'analyser de plus grands volumes plus rapidement qu'auparavant (en 5 minutes). Grâce aux processeurs graphiques aujourd'hui très puissants, ces systèmes peuvent explorer un organe mobile comme le coeur et les vaisseaux sanguins avec précision tout en atténuant les doses de rayonnement pour le patient.

General Electric Healthcare, très impliqué dans l'imagerie médicale, étudie un projet de PET scan mobile, embarqué à bord d'un camion. 

De son côté Gundersen Lutheran Health System en collaboration avec Oshkosh Specialty Vehicles proposent une solution de mamographie mobile Senographe de General Electric, également installée dans un camion, ce qui évite aux patientes d'effectuer parfois de longs déplacements.

Scanner médical Health Care Partner 3D de Creaform.

Depuis 2009, les ingénieurs ont pu réduire certains scanners à la taille d'une malette. Chez Creaform par exemple, le scanner est devenu portable ! 

Ainsi, le modèle Health Care Partner 3D de Creaform présenté à gauche pèse 850 g, mesure 258 x 140 x 96 mm et présente une résolution de 1 mm. Il est capable d'analyser une section de 38 mm de côté sans contact avec le patient, sans méthode invasive ou salissante. Pour gagner du temps, il reconstitue l'image 3D en gamme de gris ou en fausse couleurs pendant la numérisation. Les images traitées par le logiciel VXscan sont transférables via un port USB.

Dans sa version industrielle appliquée à l'analyse des pièces manufacturées, ce type de scanner portatif fonctionne au moyen d'un laser, pèse environ 1 kg et présente une résolution variant entre 0.1 mm et 0.04 mm selon les modèles.

Les scanners 3D de Creaform destinés à l'industrie sont proposés à un prix variant entre 30000$ et 125000$ (2011). L'entreprise présente une croissance de 56% et est représentée dans plus de 50 pays. Le prix du scanner médical n'est pas communiqué.

A l'image des scanners thermographiques infrarouge de FLIR présentés en 2014 qui ont la taille d'un téléphone portable, les chercheurs estiment que dans une décennie, on pourra réduire le scanner médical à la taille... d'un smartphone !

Cela veut dire aussi que le prix exhorbitant de cette technologie, autant pour l'hôpital que pour la caisse de maladie, va chuter dans les années à venir et rendre leur utilisation à la portée de toutes les cliniques locales et pas uniquement de quelques hôpitaux privilégiés.

D'ici une génération, le médecin transportera son scanner médical dans ses bagages et pourra s'en servir sur le champ de bataille ou au milieu de la brousse. Dans une ou deux générations, n'importe quelle personne pourra acheter un scanner médical de poche !

Et la même évolution s'applique au secteur de l'industrie qui se sert également de scanners pour vérifier la qualité de fabrication des produits.

Mieux encore, concernant la médecine, non seulement le médecin pourra scanner le patient en dehors de l'hôpital, mais équipé d'un smartphone et de quelques capteurs miniaturisés il pourra également connaître en direct son état de santé sans devoir installer des systèmes encombrants de prise de sang et de monitoring, c'est la médecine sans fil de demain.

L'échographie sans fil

A son tour, le stéthoscope et les enregistreurs portatifs du rythme cardiaque type Holter et leur lot de câbles seront bientôt relégués au musée.

Le système ECG portable Vscan de GE Healthcare. 

En effet, on peut aller au-delà de l'écoute des bruits hydroaériques et de la respiration tout en réduisant la taille de l'appareil et en simplifiant le système.

Ainsi, après avoir participé au développement de l'électrocardiogramme (ECG) portatif, en 2010, General Electric Healthcare a mis au point le Vscan, un appareil à ultrasons portable disposant d'une interface (gateway) pour smartphone.

Présenté sur le site medGadget, le Vscan est tout sauf un gadget et ses performances sont bluffantes. Plus complet, beaucoup plus sensible que les anciens systèmes et aussi facile à utiliser qu'un iPod grâce à son interface tactile, l'appareil qui tient dans la main (13.5x7.6 cm) permet de réaliser une échographie cardiaque mais aussi abdominale, y compris un monitoring foetal.

Les images s'affichent soit sur l'appareil soit sur un smartphone, une tablette ou un ordinateur, y compris en mode Doppler couleur qui permet d'évaluer les mouvements comme par exemple les battements du coeur ou la vitesse du sang dans les vaisseaux.

On peut également utiliser le Vscan dans le domaine de l'urologie, en pédiatrie, en pneumologie, ou pour obtenir une image de n'importe quel autre organe (rein, foie, artère, etc) ou de tout objet tant qu'il répond aux caractéristiques d'une échographie (volume perméable aux ultra-sons).

Si le point fort du système est sa miniaturisation, son prix de 7900$ hors accessoires et frais le réserve pour quelques années encore aux professionnels.

Actuellement, on peut acheter l'appareil sur Internet uniquement aux Etats-Unis. Dans les autres pays, il faut contacter le représentant local du constucteur.

A voir : Introduction to Vscan Portable Ultrasound Device, GE Healthcare

GE Vscan Mobile (video de medGadget)

Les objets connectés exploités à votre insu

Si les objets connectés nous offrent bien des services, étant par définition reliés au monde extérieur, les fabricants de certains de ces appareils ainsi que des pirates ont déjà trouvé le moyen d'exploiter leurs données à votre insu.

Qu'il s'agisse d'un capteur du rythme cardiaque, d'un pèse-personne, d'une webcam ou d'un téléviseur, dès le moment où il est connecté à Internet par Wi-Fi sans sécurité (sans encryption), une personne extérieure peut consulter les données qu'il contient et les exploiter comme bon lui semble... La presse a déjà relaté plusieurs violations de ce genre.

Vous ne le savez peut-être pas car le fabricant de votre appareil connecté ne vous l'as pas dit ! En revanche, son directeur en a probablement venté les performances à des sociétés de marketing direct voire tenté de revendre les données privées qu'il a pu récolter à des société de services ou des entreprises publiques.

Car il faut savoir que dans le monde du "Big Data" toute donnée personnelle représente de l'argent. Ainsi votre statut familial, votre poids, la taille de vos chaussures se monnaient environ 0.15€, votre adresse postale ou votre numéro de téléphone se vend 0.70€, etc. Au total, l'ensemble de vos données personnelles valent environ 3€, sans parler du numéro de votre carte de crédit !

Tout objet connecté non sécurisé peut-être exploité à votre insu par son fabricant (à l'instar des cookies). Si a priori pirater des données physiologiques n'a pas d'aucune conséquence que de fausser vos résultats, le fabricant peut facilement récupérer toutes les mesures stockées dans votre appareil, smartband et autres pèse-personne et les transmettre à des tiers sans votre accord, y compris à des sociétés d'assurances. Si ce genre de pratique est interdite en Europe, cela n'empêche pas les fabricants de stocker vos données sur leurs serveurs.

Pire, les conséquences peuvent même être ruineuses si un pirate informatique accède à votre système domotique par exemple pour planifier un cambriolage ou s'il intercepte les données émises par votre smartphone quand vous payez un parking à distance.

Y avez-vous pensé en utilisant cet object connecté ? Nous reviendrons sur ce problème dans l'article consacré à la prévention du piratage informatique.

En guise de conclusion

Grâce aux progrès réalisés en électronique et en nanotechnologie notamment, le personnel des services de santé comme les patients sont en train de vivre une révolution numérique. La technologie sans fil va permettre, du moins c'est l'espoir, de faire converger la biologie, la génomique, la physiologie et d'autres disciplines vers un outil médical holistique et une pratique simplifiée grâce à la médecine mobile.

La liste des applications médicales sans fil ne cesse de s'allonger. Aujourd'hui, rien qu'aux Etats-Unis une centaine d'entreprises développent des applications liées à la santé mobile ou "M-Health", plus de 500 autres travaillant sur des appareils sans fil, le nombre de start-up se lançant dans ce secteur augmentant chaque année, y compris en Europe et en Asie.

Face à l'expansion rapide de ce secteur, aux Etats-Unis, le Scripps Institute a ouvert le West Wireless Health Institute, un centre éducatif bénévole fondé en 2009 par Gary et Mary West, dans le but d'informer le corps médical et les enseignants notamment de l'existence de ces innovations. En parallèle, ses chercheurs développent et valident des tests cliniques afin de préparer la profession à ces changements des pratiques médicales et leurs conséquences sur les plans politique et économique.

L'Europe leur emboîte le pas à travers ses programmes Eureka et Horizon 2020 dont les budgets importants doient insiter les entreprises à investir dans des secteurs technologiques innovants.

A l'avenir, l'impact de ces innovations sur les ressources cliniques des services de santé sera profond et durable. L'impact sur les maladies est également impressionnant quand on sait tout ce que ces technologies permettront de diagnostiquer des déréglements des décennies avant que les maladies tuent. Cela porte la médecine au niveau personnel et la rendra cette fois réellement accessible à tous, y compris aux pauvres, d'ici quelques générations.

Mais revers de la médaille, les objets connectés offrent aussi aux pirates informatiques un nouveau moyen d'accéder à vos données personnelles et aux commerçants d'augmenter leurs ventes grâce au marketing direct et l'optimisation du profil des clients.

Pour plus d'informations

Futuremag, Arte Future, ArteTV

Future Technology, SpaceRef

BBC Future

Wired (Danger Room)

Wearable technologies.

 

Retour aux Technologies

Page 1 - 2 -


Back to:

HOME

Copyright & FAQ