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Bagues T et tubes allonges

APN Nikon D2H muni de ses adaptateurs (bague T et tube allonge) fixé sur une lunette astronomique.

L'astrophotographie (I)

La photographie en haute résolution des objets célestes ne requiert pas nécessairement une installation très sophistiquée. Beaucoup d’astronomes amateurs ont obtenu de très belles images avec du matériel "grand public", dont la qualité intrinsèque était on ne peut plus ordinaire et depuis des régions urbaines polluées par la lumière artificielle.

Toutefois, travailler avec des moyens limités et notamment en tenant par exemple l'appareil photo ou la caméra à main levée devant le système oculaire est très inconfortable et n'est pas satisfaisant si on souhaite obtenir des images de qualité et viser la haute résolution. Il faut impérativement solidariser l'appareil photo ou la caméra à l'instrument. Dans ce but, nous allons décrire les principaux accessoires qu'il convient d'acquérir.

Pour relier un appareil photo ou une caméra au système oculaire d'un instrument d'astronomie, un ou plusieurs des accessoires suivants sont nécessaires :

- une bague T

- un adaptateur

- une bague allonge.

Avant de présenter chaque accessoire, voici deux schémas décrivant les différentes combinaisons possibles (non exhaustifs) :

Comment relier un appareil photo à un télescope ?

Mise à part l'attachement en parallèle, il existe deux manières de raccorder un boîtier photographique à un instrument d'astronomie : avec ou sans projection oculaire. De quoi s'agit-il ?

Soit vous désirez photographier le ciel profond (galaxies) et les objets diffus étendus (nébuleuses, comètes, Voie Lactée, etc). Dans ce cas vous devez préserver l'ouverture relative (de petits rapports focaux f/D) et donc la luminosité de votre instrument. Vous allez travailler au foyer de l'instrument, sans utiliser d'oculaire, l'objectif du télescope remplaçant l'objectif de l'appareil photo ou de la webcam/CCD. Vous pouvez également insérer un réducteur focal entre le porte-oculaire et l'appareil de prise de vue.

Les schémas ci-dessous présentent les différentes combinaisons possibles pour relier un boîtier photographique à une optique astronomique (gauche) et en particulier à une lunette Megrez 80 (droite).

La deuxième solution est la projection oculaire qui permet d'agrandir l'image en augmentant le rapport focal de l'instrument. C'est la solution idéale si vous désirez réaliser des photographies planétaires ou du ciel profond en haute résolution, l'oculaire projetant une image très agrandie sur le film ou le capteur CCD. Dans ce cas même les oculaires les plus puissants (de courtes focales) sont très utiles à condition qu'ils soient très lumineux (peu de lentilles) et présentent un champ apparent étendu (>60°) qui soit corrigé pour les principales aberrations aussi loin que possible en-dehors de l'axe optique. Lorsque ce n'est pas possible vous pouvez avantageusement remplacer l'oculaire par une lentille de Barlow ou mieux par une Powermate de Tele Vue ou par un système correcteur (Chromacorr, Paracorr, Safix, etc).

Pour mémoire citons le système afocal qui consiste à placer l'appareil photographique numérique (APN), le bridge, la webcam ou la caméra vidéo équipée de son objectif (souvent inamovible) contre l'oculaire, la mise au point s'établissant à l'infini, le zoom optique pouvant être utilisé. Cette méthode a par exemple été utilisée par de nombreux amateurs pour photographier le transit de Vénus en 2004.

La bague T

Pour éviter que toute lumière parasite vienne s’infilter dans la chambre noire de l'appareil photo, il est important de le solidariser à la bague allonge ou à l'adaptateur qui viendra se fixer sur le télescope (sur l'oculaire ou le porte-oculaire).

Précisons que si vous utilisez un télescope il est inutile de conserver l’objectif de votre appareil photo qui, avec ses 35 ou 50 mm de focale fait de toute façon pauvre mine devant la puissance de votre instrument d’astronomie… Bien entendu si l’objectif est inamovible comme c’est le cas sur les APN compacts vous devez le conserver, sinon, retirez l'objectif de votre appareil photo et placez-y la bague T que certains appellent T2 (T de Tamron inventeur de l'accessoire)

A gauche, la fameuse bague T que certains constructeurs appellent T2. Sur ce modèle le côté droit dispose d'une baïonnette mâle qui épouse parfaitement la baïonnette femelle du boîtier de l'appareil photo, raison pour laquelle cet accessoire doit être acheté en fonction de la marque et du modèle de votre appareil photo. Le tube allonge viendra se visser dans la partie gauche (au pas de vis M42x0.75). A droite, un autre modèle de bague T adaptée à certains APN. Dans cet exemple il n'y a pas de bague allonge; l'oculaire est maintenu directement dans la bague T par une petite vis de serrage. Documents Astrokatalog et Scopetronix.

Dans le cas des appareils réflex, l'une des extrémités de la bague T dispose d'une monture spécifique qui se fixe au boîtier, l'autre extrémité est filetée au pas de vis standard M42 x 0.75. Elle permet de solidariser l'appareil photo à l’adaptateur fixé sur le télescope (compter entre 15 et 45€ selon le modèle).

Pour les caméras vidéos équipées d'un objectif amovible, il existe une bague T disposant d'une monture C au diamètre de 25 mm (Cf. cette bague C adaptée aux SCT Celestron). Cet adaptateur se fixe à la place de l'objectif de la caméra. Il est encore proposé par la Maison de l'Astronomie mais devient difficile à trouver.

Comme pour les caméras CCD, pour les caméras astronomiques de dernière génération (Supercircuit, ImagingSource, iNova, etc), le constructeur a généralement prévu un adaptateur au coulant de 31.75 mm ou 50.8 mm.

Idem pour les webcams pour lesquelles il existe des adaptateurs au coulant de 31.75 mm ou 50.8 mm chez Pierro Astro ou PERSEU notamment.

L'adaptateur

S’il n’existe pas de bague T pour votre appareil photo ou si l'objectif de l'APN compact ou la bague de raccord dispose d'un pas de vis, vous pouvez utiliser un adaptateur optique tel le DCL-28 ou DCL-52 de William Optics. Il s'agit d'une sorte d'oculaire correcteur de 24 mm de focale. Présentant un coulant de respectivement 31.75 mm et 50.8 mm, ils sont munis d'un filetage de 37, 43 mm ou 52 mm qui se fixe sur la partie frontale de l'objectif des Nikon Coolpix et du Panasonix Lumix LX5 notamment.

A gauche et au centre, les adaptateurs DCL-28 et DCL-52 de William Optics adaptés aux APN compacts Nikon Coolpix et Panasonix Lumix LX5 notamment. A droite, l'adaptateur pour les webcams ToUCam et SPC900 proposé par Pierro Astro.

Le problème devient plus complexe avec les caméscopes car le diamètre de l'objectif n'est pas jamais standard. Même au sein d'une marque réputée comme Canon, le diamètre des optiques peut passer de 34 mm sur le Canon MVX 45i, à 37 mm sur le HF200 et même 58 mm sur le modèle HFS100.

Heureusement, les objectifs des caméscopes sont filetés car ils peuvent recevoir des filtres. Encore faut-il trouver un adaptateur DCL car cet accessoire n'existe pas dans tous les diamètres.

Dans ce cas, voyez le catalogue de la société américaine Scopetronix qui vend par exemple des bagues de conversion (step ring) 58/52 mm ainsi que celui de Orion Telescope & Binoculars. A défaut de trouver l'accessoire, contactez un tourneur qui pourra vous fabriquer un raccord tarauté sur mesure dans un bloc d'acier ou d'aluminium.

Reste un cas particulier, celui où aucun adaptateur n'existe : l'objectif de l'appareil photo ou de la caméra n'est pas standard, inamovible ou n'est pas fileté sur sa partie frontale. Dans ce cas, il existe malgré tout une solution : l'adaptateur universel.

L'adaptateur universel

Comme son nom l'indique cet accessoire existe pour quantité d'applications et sous de nombreuses formes. C'est un système très simple mais ingénieux que chacun peut bricoler s'il peut trouver les accessoires dans une grande surface ou les fabriquer lui-même.

L'adaptateur universel proposé par L'astronome.

Pour les appareils photos hors normes, les APN compacts, les bridges, les caméscopes et certaines caméras pour lesquelles il n'existe pas d'adaptateur pour l'astrophotographie, certains constructeurs proposent des systèmes de fixation universels tel ceux proposés par la Maison de l'Astronomie, L'astronome, Lumicon ou Celestron parmi de nombreux commerçants.

Comme on le voit à gauche, plutôt que d'installer l'appareil sur un trépied séparé, il s'agit généralement d'un système dit "steady cam" constitué d'une tige maintenue sur le porte-oculaire grâce à une bague de serrage. Une plaque rigide y est fixée pour supporter l'appareil complété par une vis de serrage coulissante qui le maintient à une distance déterminée dans l'axe du système oculaire.

Cette solution adaptée à l'astrophotographie en mode afocal donne de bons résultats mais elle présente certaines limites.

Tout d'abord le système de fixation est adapté à de petits appareils légers (< 1 kg) et les vis de serrage souffrent parfois d'un manque de qualité.

Ensuite, l'alignement optique s'effectant manuellement, le système peut facilement être décentré et induire des aberrations car cet accessoire ne dispose d'aucun moyen de contrôle précis. La précision axiale est donc difficile à obtenir, d'autant plus quand il fait noir...

Notons que ce genre d'adaptateur ajustable permet d'installer un boîtier moyen ou grand format. Mais ce n'est pas le cas de tous les modèles. Cet accessoire universel revient entre 45 et 70€.

Après la bague T et l'éventuel adaptateur, le troisième composant de notre système de fixation est le tube allonge.

Deuxième partie

Le tube allonge

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