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Mais
qu’entendons-nous exactement par photographie astronomique à haute résolution ?
En premier lieu il faut bien sûr disposer d'une optique astronomique (un
télescope, une lunette ou un téléobjectif puissant) et d'un appareil
photographique[2].
Mais beaucoup d'amateurs s’imaginent que le fait d’agrandir une image de la
Lune par exemple jusqu’au format 40x50 cm la transforme automatiquement
en une image à haute résolution. Désolé de vous contredire, mais loin
s’en faut… ! L’objectif
n’est pas de réaliser de banales images, sans valeur
esthétique et technique, et de les agrandir au maximum ; cela tout
le monde pour le faire. Par définition la haute résolution consiste à
réaliser des images qui atteignent la résolution instrumentale en offrant la meilleure qualité possible en fonction de
l’instrument que
vous utilisez. Ainsi que je le rappelle dans la gallerie des chefs-d’œuvre
une image en haute résolution qui se respecte ne doit présenter aucune
trace d'aberration instrumentale ou d'artefact de traitement (poussière,
zone brûlée, etc), aucune
dominance de couleur. Elle doit afficher une saturation, une luminosité et un contraste
optimaux afin de révéler les détails à la fois dans les zones d'ombres
et les parties les plus brillantes du sujet. Equipé
d’un télescope de 100 mm d’ouverture on ne vous demandera jamais
d’obtenir la résolution d’un télescope trois fois plus grand mais simplement
d’essayer d’obtenir des images qui se rapprochent le plus possible de
la résolution théorique de votre optique, soit 1.1" pour un
100 mm au grossissement de 275x environ. Et vous constaterez au fil des
expériences que c’est déjà tout un programme ! Prenons
pour commencer la photographie des objets dit « planétaires »,
comprenant la Lune, les planètes et le Soleil, en mettant pour le
moment de côté les astéroïdes (trop petits) et les comètes (trop
diffus) ainsi que les objets du ciel profond (étoiles, galaxies et autres
nébuleuses). Tous les astrophotographes vous diront en effet que les
trois premiers sujets sont « faciles à photographier ».
C’est exact mais d’un autre côté ce n’est pas tout à fait vrai.
La
qualité d’un instrument est-elle importante ? Question
difficile… Au vu des résultats présentés ci-dessus, on comprend
facilement que ce n'est ni l'instrument ni la qualité optique qui furent
déterminants. La qualité et la configuration instrumentales, s’ils
demeurent des facteurs importants pour obtenir un bon piqué et un
contraste élevé des images ne vous garantissent pas à eux seuls des
images optimales. Il a d’autres facteurs plus importants dans notre équation
qui peuvent détruire la qualité optique du meilleur télescope du
monde… Sans parler du système oculaire sur lequel nous reviendrons, pour espérer obtenir une image de qualité des astres, deux règles doivent déjà impérativement être respectées dès la prise de vue : -
Travailler dans une atmosphère peu turbulente - Disposer d’une monture et d’un système optique aussi stables que possible Cette règle est également valable pour la photographie du ciel profond mais d’autres facteurs (précision du guidage, temps de pose, compositage, etc) viennent modifier leurs effets. Vous constaterez sur le terrain que ces deux paramètres sont déjà difficiles à maîtriser. En l’espace d’une fraction de secondes la turbulence noie les plus fins détails que vous auriez péniblement enregistrés. Elle délave les images et les rendent inexploitables. Il faut impérativement photographier les objets planétaires lorsque les conditions atmosphériques sont appropriées sinon vous perdez réellement votre temps et sans doute votre argent à vouloir à tout prix réaliser des photographies qui de toute manière ne valeront pas grand chose, si ce n’est la satisfaction de les avoir réalisées vous-même. Mais un amateur averti ne vous félicitera sans doute pas du résultat…
La stabilité de votre installation est essentielle pour garantir la qualité des prises de vue les plus « lentes » où la moindre vibration engendrée par vos accessoires sera immédiatement enregistrée sur le film ou le détecteur CCD. Rappelons que même lorsque vous photographiez un paysage à main libre, appuyé sur vos coudes, il n'est pas garanti que vous obtiendrez des prises de vue nettes si votre vitesse d'obturation n'atteint pas au moins 1/250eme de seconde. Enfin votre savoir-faire constitue le troisième facteur de notre équation sans lequel, même avec la meilleure volonté du monde et la meilleure optique, un amateur maladroit n’obtiendra jamais des images dignes des concours. Car même si ce n’est pas votre but, tel doit être votre objectif lorsque vous voulez réaliser des photographies en haute résolution des objets du ciel : viser la résolution la plus haute possible ! Si je ne peux pas vous apprendre à acquérir de la pratique qui par définition s’apprend sur le terrain, les « mains dans le camboui », nous pouvons par contre voir ensemble quels sont les moyens techniques mis à notre disposition pour y parvenir. Le
matériel de base
- un télescope ou une lunette astronomique équipé d’une monture équatoriale ou altazimutale et motorisée pour éviter de suivre le mouvement des astres manuellement, source d'erreurs et de fatigue inutiles. Dans tous les cas, s’il s’agit d’objets très pâles présentant un contraste très faible (en fait tous les objets, y compris la Lune), oubliez la mise au point sur un verre dépoli. Même une étoile soit-disant brillante à l’oculaire se distingue difficilement parmi les « grains » qui constituent le verre dépoli. Faites-en l'expérience ça vaut mille mises en garde... Si votre appareil photo dispose de verres de visées interchangeables, achetez immédiatement un verre clair, éventuellement marqué en son centre d’arcs ou de cadres concentriques pour faciliter le cadrage. Ces verres clairs n'existent pas pour les moyens ou grands formats et devront éventuellement être fabriqués sur mesure (on ne le fait pas en pratique car tous les utilisateurs de moyens format disposent de gros instruments et effectuent la mise au point à travers l'oculaire-guide d'un diviseur-optique). Même les verres clairs disposant d’une partie centrale dépolie doivent être proscrits en astrophotographie à haute résolution. Le verre dépoli ne peut être utilisé que pour des prises de vue générales, l’appareil photo étant fixé sur un trépied à côté du télescope ou sur le tube optique (piggyback).
Certains boîtiers réflex (tous formats confondus) acceptent également des loupes de mise au point, les unes se plaçant à la place du prisme pentagonal, les autres venant se fixer sur l’œilleton du viseur réflex. Cet accessoire est très utile pour effectuer une mise au point de grande précision. 2eme partie Bague T, tube allonge et adaptateur universel
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