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L'Arctique Le pôle Nord de la terre est recouvert de glace de mer, donc salée, flottant sur l'océan Arctique. Il n'y a donc pas de continent au pôle Nord et c'est pour cette raison que les sous-marins nucléaires peuvent le traverser et même localement percer la glace, nous offrant des images assez insolites (Cf exercices AREA et les images du Cdt D.J.Rogers). L'Arctique tire son nom de la constellation "Arktos" signifiant ours, par allusion à l'étoile polaire. Ce ne sera malheureusement plus le cas dans 11000 ans, lorsque Véga deviendra l'étoile polaire... Une partie de la glace polaire fond en été mais il demeure en permanence une couche d'au moins 1 mètre d'épaisseur (en hiver) qui peut localement atteindre 20 mètres d'épaisseur sur les crêtes. La glace qui ne fond pas et s'accumule au fil des saisons forme une couche qui peut atteindre 4 mètres d'épaisseur. De nos jours, la superficie de la glace Arctique oscille entre 9 et 12 million km2, soit entre 15 et 25% de moins que celle de l'Antarctique et sa surface diminue chaque année ainsi que nous le verrons en dernière page. Rappelons que c'est également au Groenland, dans la région d'Ishua située près de Godhab que le micropaléontologue Vic MacGregor et son équipe ont découvert l'une des plusieurs anciennes traces de vie fossilisée. Elle remonte à 3.8 milliards d'années. Webcam en direct du Pôle Nord (NOAA) - Atlas of Antarctic Research (USGS)
Le Groenland, terre Inuit La région du pôle Nord est inséparable de sa population indigène, les Inuits, "homme" (Inuk) en langue Inuit et "Eskimos" en langue indienne qui signifie "homme mangeur de viande crue". Ils sont aujourd'hui principalement établis au Groenland, territoire danois, mais s'agissant d'un peuple nomade, il existe des tribus Inuits jusqu'en Sibérie, en Alaska et sur les îles de la Mer de Béring. En revanche, il n'existe aucun peuple indigène en Antarctique, le continent blanc étant trop éloigné des autres continents et situé dans une contrée très difficile d'accès par la mer pour de frêles embarcations. Le Groenland est un territoire distinct du pôle Nord mais dont la partie la plus nordique (83.4°N) se trouve au-delà du cercle Arctique et se mêle à la calotte polaire, d'où la confusion. C'est donc une région assimilée au pôle Nord mais elle est tellement vaste que sa partie sud s'étend plus bas que l'Islande et se trouve à la latitude des îles Shetland, au nord de l'Ecosse (60°N). Le pays connaît donc à la fois des régimes polaires, océaniques et tempérés. Le Groenland est également très différent du pôle Nord sur le plan géologique. Il s'agit d'un île et non pas d'un continent comme on pourrait l'imaginer d'une superficie de 2.2 millions de km2 équivalente à 4 fois celle de la France. 80 % de sa superficie est recouverte par l'inlandsis, une calotte glacière qui peut localement atteindre 3 km d'épaisseur. Bien que situé plus bas en latitude que l'Antarctique, les précipitations (55 mm par an) y sont à peine plus abondantes et sont grosso-modo 10 fois inférieures à la moyenne Européenne qui oscille entre 50 et 100 mm ou litres/m2 par mois. La glace fond également plus vite qu'en Antarctique. Du point de vue politique, le Groenland appartient au Danemark et obéit à la législation de ce pays. Toutefois, d'un point de vue douanier, le Groenland n'a pas été intégré à l'Union Européenne. Les ressortissants européens doivent donc disposer d'un passeport en cours de validité s'ils souhaitent s'y rendre. Aucun vaccin n'est requis.
Le peuple Inuit conquit le Groenland ainsi que toutes les terres polaires au cours de la dernière glaciation qui réunit les régions polaires à l'Asie et à l'Amérique du Nord il y a environ 15000 ans. Comme toutes les tribus nomades ils vivaient de chasse et s'accoutumèrent aux conditions polaires, devenant d'habiles chasseurs de phoque, d'ours et de morse. Les Inuits ont hérité leur culture actuelle de trois grandes migrations successives. La plus ancienne remonte à l'époque du pré-Dorset; aux environs de -3000 avant notre ère et se prolongea jusqu'aux environs de l'an 500 après notre ère dans le Nouveau Monde. Selon les anthropologues, c'est durant cette époque qu'ils auraient inventé le harpon à pointe basculante, les lances ainsi que les premiers igloos. La seconde vague de migration remonte au Dorset (-800/-500 av.JC à +1100 apr.JC) et provient d'Amérique du Nord. Vient ensuite la civilisation de Thule (vers 900 apr.JC) dont les Inuits ont gardé l'essentiel des us et coutumes.
Aujourd'hui, environ 56000 Inuits vivent au Groenland dont 15000 dans sa capitale Nuuk (64.1°N, 51.7'O), située dans une péninsule à l'ouest de l'île (environ 3500 km de Paris ou Bruxelles). Rappelons que les Etats-Unis ont toujours une base militaire au Groenland, Thule AFB. Plus aucun Inuit ne vit dans les igloos, si ce n'est exceptionnellement... pour réaliser un documentaire ou à titre commémoratif ! Comme au Canada ou en Finlande, toute la population loge dans des maisons en bois et très colorées ayant tout le confort moderne, y compris Internet et depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la majorité des habitants se déplacent en 4x4, en autobus ou en motoneige. Les traîneaux de chiens sont généralement réservés aux loisirs ou sont utilisés par les familles isolées, éloignées des centres urbains. Si la population Inuit a longtemps fait l'objet de discrimination et souffre encore aujourd'hui de difficultés d'insertion professionnelle et économique, aujourd'hui ses membres revendiquent leurs terres et leur culture. La plupart des Inuits sont scolarisés jusqu'à 18 ans, les aînés poursuivent leurs études au Danemark, au Canada ou en Russie, ils sont trilingues, parlant l'une des trois langues inuites et le danois ainsi que l'anglais ou le russe. Les animaux de la région Arctique Contrairement aux apparences, la grande région Arctique (Groenland, Grand Nord Canadien, Mer de Béring et toundra Sibérienne incluses) est loin d'être un lieu sans vie, tant sur le continent que dans la mer ou dans les airs. Le froid n'est qu'une notion relative et bien des animaux s'en accomodent très bien ainsi que nous allons le découvrir. Sur terre Du fait de l'implantation des Inuits au Groenland, ces territoires sont le berceau du "chien eskimo" groenlandais. Son origine demeure mystérieuse. On sait qu'il provient de la domestication du loup, comme tous les chiens de race, mais l'origine de leur élevage par les Inuits reste un mystère. Aujourd'hui il existe 5 races de chiens dit de traîneau mais les 4 autres dont le huskie et le malamute sont originaires du continent (Sibérie et Alaska) et leur race ne remonte pas au-delà de la fin du XIXeme siècle. La grande région Arctique est le seul lieu sur Terre où l'on trouve des ours blancs, le tigre, le lapin, le lièvre arctique, le renard polaire, le caribou, le bœuf musqué et la chouette des neiges. L'ours blanc compte parmi les prédateurs les plus féroces, plus agressif même que le tigre, et comme lui il est omnivore. Leur territoire de chasse s'étend sur toute la banquise et les terres polaires, allant du nord de la Norvège et de la Sibérie au Groenland en passant par le Canada. Ce sont également d'excellents nageurs et des pêcheurs de saumons de rivière très habiles. Mais faute de trouver suffisamment de nourriture, les ours blancs se rapprochent parfois dangereusement des villes ou des stations scientifiques, au point que certains habitants sont obligés de les tuer pour ne pas mettre leur vie ou celle de leur famille en danger. Aujourd'hui l'ours blanc est une espèce menacée d'extinction du fait que le réchauffement climatique détruit la banquise qui constitue son principal habitat et sur laquelle il se repose. Il en est de même pour les jeunes phoques. On estime que la taille de la banquise diminuera de 50 à 100% d'ici 2050 ou 2100. De ce fait, on estime que plus d'un tiers de la population des ours blanc aura disparu d'ici 2050. Actuellement leur population compte encore 20000 individus mais elle diminue chaque année. Malgré le froid, on pourra bientôt dire que c'est l'enfer pour l'ours blanc ! Dans la mer La mer du Groenland est encore plus riche que le continent. Au gré des migrations saisonnières, c'est le lieu de rassemblement des baleines grises, des baleines du Groenland, de plusieurs espèces de baleines à dents (bélugas, narvals, globicéphales noirs), des rorquals, des cachalots, des marsouins, des morses, de plusieurs espèces de phoques et de nombreux poissons communs sur nos étales (flétan, morue, rouget, saumon, requin, loup marin, grenadier, capelan, omble chevalier), sans parler des immenses bancs de krills et de sardines dont se nourrissent les mammifères marins. Dans l'air Dans l'air arctique volent 52 espèces d'oiseaux dont la plupart migrent vers le sud en hiver, parmi lesquels la bernache, le bruant, la chouette harfang, le faucon pélerin, la sterne arctique, la mouette tridactyle, le pétrel fulmar, le goéland arctique, le cormoran et même le grand corbeau. Enfin, l'Arctique abrite environ 700 espèces d'insectes dont le moucheron, le moustique, le papillon et l'araignée. Compte tenu de l'inclinaison de l'axe de la Terre sur le plan de son orbite (23°27'), au cours de sa révolution annuelle, toutes les régions ne sont pas éclairées de la même façon par le Soleil. En été par exemple, le Soleil éclaire le pôle Nord en permanence tandis que le pôle Sud est plongé dans la nuit. Dans l'hémisphère Nord, au-delà du Cercle Arctique (66°33'), entre le 23 septembre et le 21 mars, le Soleil ne se lève pas car le pôle est plongé en permanence dans l'ombre de la Terre. Nous assistons à une nuit qui dure 6 mois avec une sorte de crépuscule permanent en mars et en septembre, d'autant plus long que la latitude est basse. Chacun reste chez soi, calfeutré derrière ses volets ou passe son temps dans les cafés et magazins éclairés à la lumière artificielle qui connaissent un regain d'activité. La nuit polaire est une période glaciale, morne et désespérante à laquelle les hommes ne se sont jamais habitués. La situation est inversée en Antarctique et les scientifiques comme les touristes n'ont pas manqué de tirer profit de cette opportunité. L'hiver dans l'hémisphère Nord est en effet une saison propice aux expéditions vers le continent blanc où la présence permanente du Soleil vous garantit quelques nuits blanches... Rappelons que lorsque le pôle Nord est plongé dans l'obscurité, dans l'autre hémisphère, à 90° de distance et plus précisément à 23°26' de latitude Sud, le Soleil peut être observé au zénith. Cela se produit un seul jour par an, le jour du solstice d'hiver, le 21 ou le 22 décembre à la latitude du Tropique du Capricorne. Inversement, en été dans l'hémisphère Nord le Soleil est à la verticale du Tropique du Cancer un seul jour par an, le jour du solstice d'été, le 21 ou le 22 juin, tandis que le pôle Sud est déjà plongé dans la nuit permanente depuis fin mars jusque septembre. Le "Soleil de minuit" Où et quand peut-on observer le "Soleil de minuit" ? Ce phénomène est visible aux latitudes polaires aux alentours du solstice d'été, le 21 juin. Vous pouvez l'observer tout le long du Cercle Arctique, au Groenland, au Canada, en Alaska, en Sibérie et en Scandinavie, notamment en Norvège et en Laponie (Norrland). L'essentiel est de trouver un endroit particulièrement dégagé du côté Ouest, de préférence en bordure de mer ou carrément à bord d'un navire. Saint Pétersbourg, Bodo, Tromso et Cape Nord sont justement bien placés pour observer le secteur Ouest et le Soleil couchant. Au Canada, la rive québecquoise située au Nord-Est de la Baie d'Hudson (Ivujivik) ou les Territoires du Nord-Ouest (Yellow Knife, Echo Bay) ainsi que la côte Ouest du Groenland (Nuuk) sont également des lieux privilégiés. En cadeau vous aurez même droit aux aurores boréales. A consulter : Heures de lever, coucher et durée du jour (PTAFF) - Webcams
Il
n'y a pas de distinction entre le jour permanent et le "Soleil de minuit".
On qualifie de jour permanent, le fait que le Soleil ne se
couche pas durant 24 heures. Cela se produit en été au-delà du cercle
Arctique (ou en hiver au-delà du cercle Antarctique). Au Spitzberg par
exemple (78°N), les Norvégiens voient le Soleil en permanence entre le
19 avril et le 23 août ! On parle bien sûr de "Soleil de minuit"
puisqu'à cette latitude le Soleil est encore... 56° au-dessus de
l'horizon à minuit ! Au Cap Nord
(Nordkapp, 71°10' N) qui est le point le plus septentrional
de l'Europe continentale, le jour permanent s'étend du 13
mai au 29 juillet. A Bodo (67°17' N), le "Soleil de minuit" survient
entre le 3 juin et le 8 juillet. Le Soleil se trouve encore à 45° d'élévation
à 1h du matin ! Même à Saint
Pétersbourg (59°56'°N, dans le Golfe de Finlande) située 750 km
en-dessous du cercle Arctique, les "Nuits
blanches" sont célèbres à travers le monde. Elles s'étalent de
fin mai à début juillet durant lesquelles les couchers de Soleil
enveloppent la région de couleurs fantastiques, flamboyantes ou
pastelles. Un lieu à visiter, d'autant que le climat s'y prête à cette
époque de l'année (11 à 21°C en été). A cette latitude, le 21 juin
le Soleil finit par se coucher après 18h50 d'ensoleillement, vers 23h14 locale.
Du point de vue astronomique il y a donc un crépuscule (nautique et
astronomique) mais il est interminable et le ciel reste lumineux durant la
nuit, si bien que la population de la ville tsarine reste éveillée
jusque 3h du matin. Curieusement, durant cette période, la plupart des
commerces n'ouvrent plus si tôt que d'habitude...
Les
icebergs
Un
autre phénomène typique des régions polaires sont les fameux icebergs
(prononcer "isberg", car le mot anglais a été emprunté au norvégien).
Lorsque les calotte polaires fondent ou que les langues glacières aboutissent à
la mer et se brisent dans l'océan, il se forme des icebergs, des blocs de glace
flottantes constituées d'eau douce dérivant au gré des courants. Leur densité
étant de 0.92 contre 1.025 pour l'eau de mer, ils flottent sur l'eau mais la partie
émergée ne représente qu'entre 1/7eme et 1/8eme (14 à 12%) de leur volume
total, dont l'essentiel se trouve sous le niveau de la mer en vertu du principe
d'Archimède. On
éprouve une forte émotion la première fois qu'on aperçoit un iceberg car c'est autre chose que
l'image réductrice qu'en donne la télévision ou les photographies ! Ce
sont des stuctures monumentales impressionnantes et souvent d'une grande
beauté quand la lumière du Soleil frappe leur surface ou se diffuse dans
la glace.
Iceberg
tabulaire dérivant au large du continent Antarctique. Bien que monumental (~20m de
haut), plus de 6/7eme de son volume est situé sous le niveau de la
mer. L'expression "on ne voit que la partie émergée de
l'iceberg" prend ici tout son sens. Document NCDC/NOAA. Neal
Thayer, un océanographe américain spécialisé dans la biologie marine
et la glaciologie, considérait les icebergs comme des "roches
métamorphiques constituées d'eau". Leur glace est en effet
formée sous l'effet de la pression et leur durée de vie est similaire
à celles de la roche et se fracture de la même manière. Si
la couleur des icebergs paraît blanche à bonne distance, une
analyse détaillée révèle que la plupart d'entre eux contiennent
des impuretés issues des complexes industriels et de l'activité
naturelle (érosion, cendres et poussières) qui sont emportées par
les vents. Ils paraissent blancs du fait que la glace réfléchit 80%
de la lumière, 4 fois plus que l'eau. Les iceberg peuvent être bleus
lorsque la glace devenue plus âgée emprisonne des bulles d'air sous
pression. Elles diffusent alors la lumière de la même manière que
l'air de l'atmosphère. Occasionnellement, suite à un renversement
par exemple, les icebergs peuvent être verts lorsqu'ils contiennent
des algues microscopiques. Cette couleur peut également
apparaître lorsque le Soleil est bas sur l'horizon suite au mélange de
la couleur bleue avec le rouge. Dans
le cadre de ses missions de surveillance, le bureau de l'International
Ice Patrol de l'USGS a classé les icebergs en 5 catégories en
fonction de leur taille : -
Glaçon (Growler) : 1.5 m de hauteur, <20m de longueur, poids <120 t -
Fragment de berg (Bergy bit) : 1.5 à 5 m de hauteur, entre
20-300m de longueur, poids compris entre 120 à 5400 t -
Petit berg (Small berg) : 5 à 15m de hauteur, plus de 300m de
longueur, poids compris entre 5.4 kt et 180 kt -
Moyen berg (Medium berg) : 15 à 45 m de hauteur, plus de 300m de
longueur, poids compris entre 180 kt et 2 Mt - Grand berg (Large berg) : plus de 45 m de hauteur,
plus de 300m de longueur et poids > 2 Mt La
forme des icebergs a également été classée en différentes
catégories : -
Tabulaire (Tabular) : dont le rapport entre la longueur et la
hauteur est supérieur à 5
-
Trapu (Blocky) : dont le rapport entre la longueur et la
hauteur est compris entre 3 et 5
-
Cale sèche (Drydock) : en pente douce dont la surface est irrégulière
suite à l'érosion
-
En pinacle (pinnacled) : une flèche centrale ou une pyramide
s'élève très haut au dessus de l'eau par rapport au volume de
l'iceberg
-
Dôme (Dome) : la surface douce et arrondie, typique d'un
iceberg qui a récemment basculé.
Si
la neige est blanche et la glace transparente lorsqu'elles
sont pures, les icebergs peuvent présenter une couleur
bleue lorsqu'ils emprisonnent des bulles d'air sous pression
et même verte, ce qui est assez rare, lorsqu'ils ont
basculé et contiennent beaucoup d'algues vertes (ou lorsque
le Soleil est bas sur l'horizon et illumine un iceberg
bleu). Documents Andrew
Shepherd/Julian Dowdeswell/SPRI, Frans
Lanting/Antarctic Connection et Gerhard
Dieckmann/OceanWorld Les
marins habitués de voyager dans les régions polaires disent que durant
la nuit ou par des conditions brumeuses il est impossible de voir les
icebergs mais on peut très bien les entendre et les sentir. Un vieux
marin aurait rapporté qu'ils sentent comme les concombres. Ce
n'est un secret pour personne, bien que présentant une faible densité,
la masse des icebergs est un obstacle majeur pour la navigation. Là où
un paquebot peut encore briser la banquise quand elle n'est pas trop
épaisse, et mieux encore un brise-glace, face à un iceberg de plus de 5m
de hauteur, le combat est vain. Rappelons qu'un bateau cargo peut peser
jusqu'à 25000 tonnes alors qu'un "petit" iceberg équivalent (15m de haut
pour une centaine de mètre de longueur) peut être 5
fois plus lourd ! Du fait qu'ils dérivent sur la mer au gré des
courants, en 1912 un iceberg s'est retrouvé au large de Newfoundland au
Canada par 42°N (latitude de Boston) et fit entrer le soi-disant
insubmmersible Titanic dans
l'Histoire. Paysage
typique d'une mer prise dans les glaces : banquise, congères et
glaçons sont entremêlés. Document Greenland4u. Il
paraît étonnant que des icebergs dérivent si loin au sud, mais à notre
époque ce n'est pas inhabituel. Il faut savoir que chaque année la
région Arctique libère quelque 40000 icebergs. Généralement, une fois
qu'ils atteignent les eaux plus chaudes associées au Gulf Stream, il se
brisent rapidement. Mais à certaines occasions un ou deux petits icebergs
ont été observé au large des Bermudes, à environ 32° de latitude nord ! Selon
l'International Ice Patrol (IIP), le nombre d'icebergs dérivant au sud du 50eme
parallèle varie d'une année à l'autre. Ainsi, en 1929 et faisant suite
aux mesures de surveillances mises en place avec la catastrophe du
Titanic, plus de 1000 icebergs furent comptabilisés par
l'IIP alors qu'on en vit aucun en 1966. Cette
variation dépend plus du niveau d'activité dans la zone de formation des
icebergs que du climat ou d'autres facteurs.
Prochain chapitre
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