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A dire vrai, peu avant le verdict on apprit que le Pape Urbain VIII avait eut pitié de Galilée et connaissant son grand âge avait dit en privé à l'ambassadeur de Toscane "nous examinerons ensemble le moyen de lui donner le moins de chagrin possible".
Le verdict fut prononcé le 16 juin 1633 et sera sans appel : tout professeur de mathématique et aussi célèbre qu'il fut, "ledit Galilée [...] sera appelé à abjurer [...] condamné à la réclusion [...], et sommé de ne plus discuter de ses théories sous peines de sanctions infligées aux relaps. Son oeuvre, comme celle de Copernic sera mise à l'Index. [...] La sentence sera envoyée à tous les membres du clergé et sera lue en présence du plus grand nombre de ceux qui professent l'art des mathématiques". Par trois fois Galilée jura s'être trompé : "Je ne soutiens pas et j'abandonne l'opinion de Copernic; je n'ai plus de doute et je tiens celle de Ptolémée pour très vraie. Oui la Terre est fixe, au centre du monde. Et puis conclut-il, je suis entre vos mains, faites de moi ce qu'il vous plaira". Toute l'assemblée savait qu'il pensait le contraire. Tous savaient aussi que la torture n'avait été qu'une machination car on ne lui avait jamais montré les instruments, comme on aurait très bien pu le faire. Epuisé, Galilée signa son procès-verbal. Sept juges sur dix le cosigneront. Galilée lu son abjuration à haute voix et l'orage se calma.
Le 2 juillet 1633, elle lui écrivit du couvent[12] : “Très aimé Père, Je viens d’apprendre à l’improviste votre nouvelle épreuve. J’en éprouve une très grande peine qui me transperce l’âme : quelle affreuse douleur qu’on ait pris finalement cette décision. C’est aussi offensant pour votre oeuvre que pour votre personne [...] c’est le moment de mettre en oeuvre cette vertu de prudence que le Seigneur vous a donné...”. Malheureusement Galilée perdit sa fille Marie-Céleste le 2 avril 1634, moins de quatre mois après son retour à Arcetri. Mais comme l'aurait dit sa fille en souriant, "Ne pleurez pas Père, la mort fait partie de la vie. Dieu m'a rappelé à Lui pour veiller sur vous". L'héritage de Galilée et des Médicis Les Médicis qui avaient longtemps supporté Galilée et d'autres génies italiens avant lui, ne le laissèrent pas tombé pour autant mais évitèrent toute prise de position en public, ce qui revint au même. Toutefois en commenditant les travaux de Galilée ils changèrent définitivement notre vision du monde. Esprits de raison, les parrains de la Renaissance annonçaient le siècle des Lumières.
Galilée s'éteignit à Arcetri le 8 janvier 1642 à l'âge de 78 ans. Mais le Pape Urbain VIII refusa de lui rendre un dernier hommage public et de lui ériger un monument. Il sera enterré sans cérémonie en l'église de Santa Croce à Florence. Il ne recevra une sépulture correcte qu'en 1726. Sur sa tombe on peut lire cette épitaphe : " Eppur si muove" (e puro si muove), Et pourtant elle tourne. Comme si son oeuvre était inachevée et devait être poursuivie sans délai, cette année-là, le jour de Noël un certain Isaac Newton vint au monde. Le monde allait connaître sa plus grande révolution intellectuelle depuis Platon. Nous reviendrons en détail sur l'oeuvre de ce savant génial quand nous discuterons de relativité. Ce n'est qu'en 1822 que le Vatican leva les interdits sur les oeuvres de Galilée et celles de Copernic. Mais il n'estima pas s'être trompé en le condamnant. La question sera revue par la Congrégation du Saint-Office en 1982 puis en 1984, sans toutefois lever sa sentence.
Bien évidemment, plus personne ne cherche aujourd’hui dans l’Ecriture Sainte des réponses à la physique, à la biologie ou la chimie, mis à part quelques sectes bien isolées. Ainsi que l’a bien expliqué le Pape Jean-Paul II, le christianisme n’asservit plus le chercheur dans sa quête de connaissance et lui demande même d’aller plus en avant en cette matière tout en précisant : “Je voudrais confirmer à nouveau les déclarations du Concile sur l’autonomie de la science dans sa fonction de recherche sur la vérité inscrite dans la création par le doigt de Dieu...”[16]. Mais le Pape aurait-il pu laisser le dernier mot à la Science ? Si l'Eglise n'a plus l'influence temporelle de jadis, elle s'avère toujours en contre-pied de la science, discutant à n’en plus finir du sens de l’existence, d’embryologie ou d’Absolu alors que la science ne cherche qu’à comprendre l’essence des choses. Ainsi que l’a écrit Bernard Vinaty[17], prêtre et philosophe, Galilée eut raison de se battre car il avait la conviction intime et profonde “qu’il n’y avait pas de véritable science sans autonomie de la science”. C.Towns, prix Nobel et inventeur du laser séparait distinctement la science de la religion : “le but de la science disait-il, est de découvrir l’ordre de l’univers. Celui de la religion est d’atteindre la finalité et le sens de l’Univers”. Mais Einstein[18] disait à ce propos, "La science sans la religion est boîteuse, la religion sans la science est aveugle". Il est en effet important de se souvenir que l’homme s’est tourné vers Dieu dès le jour où il pressentit, en analysant son décor naturel, l’existence de quelque chose d’essentiel, d’inconditionnel et de naturel. En prenant conscience que tous les événements semblaient suivre leur propre route, cela força l’homme à réfléchir sur la grandeur du Créateur. Et finalement, seul resta le mystère de la Création et l’essence de l’être. Que l'on partage ou non leurs sentiments, l'importance de la religion dans nos sociétés mérite que l'on prenne le temps d'en discuter. Nous y reviendrons dans le dossier consacré à la philosophie des sciences. Conseils de lecture En hommage à Galiléee (sur ce site) Office du Tourisme de Florence (anglais) Musée d'Histoire des Sciences (IMSS, Florence) Etude des textes de Bellarmin, Galilée, Barberini Discours et démonstrations mathématiques sur deux sciences nouvelles, Galilée, 1638 Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, Galilée, 1632 L'Essayeur, Galilée, 1623 Le Messager Céleste, Sidereus Nuncius, Galilée, 1610 Le Paradis perdu, J.Milton, 1667 J.Allègre, “Galilée”, Plon, 2002 P.Poupard, “Galileo Galilei - 350 ans d’histoire”, Desclée International, 1983 P.Poupard, “Après Galilée, Science et foi: nouveau dialogue”, Ed.Desclée de Brouwer, 1994. Galilée, “Le messager céleste - Sidereus Nuncius”, Les Belles Lettres, 1992 Galilée, “Dialogues et lettres choisies”, P.Michel, Hermann, 1966. Galileo Galilei, “Opere”, Edizione Nazionale, Florence, Giunti Barbèra, 1929-1939 (20 vol. en italien), trad. anglais par Stillman Drake, Flora, 1953. Retour à l'Histoire de l'astronomie
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