Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

 

 

 

 

Le problème OVNI

Le statut de l'ufologie

Il faut rester pragmatique et le Dr Condon qui fut responsable du "Project Blue Book" en 1969 exprimait une pensée que reconnaîtront les intéressés. A la question d'un journaliste : "Que pensez-vous du phénomène OVNI ? ", il répondit : "Je pense, comme la plupart des hommes de science que ce phénomène est peu probable mais pas impossible". S'il considérait que la plupart des OVNI avaient probablement une origine terrestre et une explication bien rationnelle, il estimait qu'un certain nombre d'événement restaient énigmatiques et méritaient plus d'attention.

C'est effectivement peu après cette époque que tant aux Etats-Unis qu'en Europe les scientifiques comme la population ont changé d'attitude face au phénomène OVNI. Voyons comment les mentalités ont évolué en un demi-siècle.

1950 : Les scientifiques refusent d’étudier les OVNI

En 1950, la majorité des gens pensaient que les OVNI ne pouvaient pas provenir d'une autre planète - entendons par là d'un autre système planétaire et la majorité des scientifiques refusaient de se pencher sur ces délires d’illuminés.

Dans une étude menée fin 1952 par le Project Blue Book auprès de 45 astronomes réputés, 36 % n'étaient pas intéressés par l'étude des rapports d'OVNI, 41 % offraient leur concours si les autorités le souhaitaient, et 23 % estimaient qu'il s'agissait d'un problème beaucoup plus sérieux qu'on ne le pensait généralement. 11 % avaient constaté qu'il existait des phénomènes inexpliqués, pourcentage qui oscilla autour de 6 % dans les enquêtes ultérieures.

Le fait que quatre astronomes aient vu quelque chose d'inexplicable est lui aussi très étonnant. C'est beaucoup plus que la moyenne d'un échantillon pris au hasard. Aussi, un nouveau groupe de 90 personnes prises au hasard constitua l'"échantillon témoin" : 86 % d'entre elles s'intéressaient aux OVNI, deux fois plus que dans le groupe des astronomes, mais 1 % seulement en avait vu. Il semblerait donc que les astronomes soient privilégiés et voient plus d'OVNI que la moyenne de la population.

En revanche, bien que la majorité des scientifiques interrogés acceptaient éventuellement de se pencher sur la question des OVNI, pratiquement jamais aucun n’a proposé une démarche constructive. Quand on les interrogeait, la plupart s’excusaient du fait d’un soi-disant devoir de discrétion ou d’un manque d’information.

1970 : Les mentalités évoluent

Au début des années 1970, une deuxième enquête fut menée aux Etats-Unis auprès de 195 scientifiques mêlés de près ou de loin au problème OVNI. Au début, 60 % d'entre eux étaient contre le fait d'étudier ce phénomène.

La position des Européens n'a jamais été aussi tranchée et, selon Claude Poher du CNES, certainement jamais négative car le phénomène OVNI n'a jamais dû faire face à l'intolérance d'une Commission Condon. En fait dans les années 1970, les scientifiques européens ne connaissaient même pas l'existence de ce rapport.

En mars 1974 eut lieu aux Etats-Unis une importante réunion sur le problème OVNI, réunissant au plus haut niveau les scientifiques, parmi lesquels se trouvaient le Dr Hynek, le Dr Saunders et Jacques Vallée. Cette réunion "au sommet" était le signe d'un changement de mentalité.

Les années passant, devant la répétition de certains phénomènes inexpliqués et en se penchant personnellement sur les dossiers, 95% des scientifiques interrogés en 1970 étaient à présent favorables à ce genre d'étude, les 5% restants n'ayant vraisemblablement analysé les comptes-rendus que quelques jours ou quelques semaines. Aucun d'eux cependant n'admit qu'il s'agissait de véhicules interplanétaires. Tout au plus ils ignoraient ce que c'était mais considéraient qu'il y avait bien quelque chose de réel.

A cette époque comme aujourd'hui encore, tout le monde n'adhérait pas à la thèse extraterrestre mais chacun espérait qu'un jour nous comprendrions le phénomène OVNI. Les dépositions des témoins oculaires en tout cas étaient prises au sérieux et transmises aux autorités. Seul bémol, ces enquêteurs et autres "experts" étaient globalement moins compétents ou sensibilisés au problème qu'aujourd'hui, leur parti pris évident, voulant avant tout préserver leur bonne réputation quitte à conclure avant d'avoir réunis tous les éléments. Nous verrons que dans une certaine mesure, cette attitude peu scientifique persiste aujourd'hui.

1990 : le public interpelle les professionnels

Changement de mentalité et progrès obligent, depuis le sondage Gallup de 1978, on constate qu'une majorité de plus en plus importante de gens pensent que les OVNI existent et peuvent provenir d’une "autre planète", d’une autre étoile où la vie existerait. Ce n'est pas pour autant que les scientifiques souscrivent à cette idée mais ils participent à sa diffusion. En effet, c'est l'accumulation des témoignages et l'argumentation scientifique transmises à travers les émissions de vulgarisation, la littérature, les conférences et les forums de discussions qui ont permis au public de comprendre des notions auparavant réservées aux chercheurs, isolés du monde dans leurs laboratoires. Aujourd'hui le public interpelle les professionnels, civils ou militaires, il s'intéresse au phénomène OVNI et à la recherche de la vie dans l'univers, dans la mesure où il sait qu'il appartient d'une manière où d'une autre au monde des étoiles.

De gauche à droite, le Donald Menzel discutant avec Edward U. Condon et Walter Roberts, Carl Sagan et Claude Poher. Si les deux premiers ont fini par tourner le problème OVNI en dérision, Carl Sagan et Claude Poher ont cherché tous deux à étudier scientifiquement le phénomène, sans pour autant expliquer les cas les plus énigmatiques. Mais au moins la Science acceptait le débat.

Washington 2002 : vers une reconnaissance

"Les aliens sont justes sous notre nez mais nous ne sommes pas assez intelligents pour les voir". Tel était le message que firent passer les ufologues au cours du symposium d'ufologie qui s'est déroulé du 4 au 8 novembre 2002 sous les auspices de l'Université George Washington (GWU) à Washington, D.C., parrainée par la chaîne câblée américaine SciFi et résumé pour nous par le reporter américain Mark Baard.

Les orateurs discutèrent du "Potentiel du voyage interstellaire et des phénomènes aériens non identifiés", passant en revue les notifications d'OVNI à partir des témoignages de témoins oculaires, de photographies, de blips radars et de débris ou de fragments métalliques fondus. Le fait que ce symposium se déroulait dans une université était un signe d'ouverture même s'il n'engageait pas sa réputation.

Les présentateurs insistaient sur le fait que l'ufologie est une science, pas une superstition, et appelaient la communauté scientifique à ne plus se moquer d'elle mais plutôt à la rejoindre dans la recherche de vie extraterrestre.

Selon l'astrophysicien Bernard Haisch, ancien directeur du California Institute for Physics and Astrophysics et responsable de l'organisation UFOSkeptic, "les scientifiques ont l'esprit plus fermé à propos des OVNI que le public en général. Beaucoup d'entre eux ont peu ou prou de respect pour l'ufologie".

Haisch, qui voulut devenir prêtre avant de devenir astrophysicien, considère que beaucoup de scientifiques rejettent les histoires d'OVNI parce qu'elles attirent les leaders mystiques et religieux du fait qu'ils n'ont pas la réputation de défendre la recherche scientifique.

Bernard Haisch interviewé par CNN en 2011.

Selon Haisch, "De nombreux scientifiques réagissent comme le fit l'Eglise (catholique) envers les scientifiques au 16e siècle. Mais aujourd'hui, les théologiens peuvent résoudre quelques unes des questions que soulève la découverte des OVNI. Les religions peuvent approfondir notre compréhension du phénomène OVNI. Il pourrait y avoir des choses plus profondes à l'oeuvre que celles que nous connaissons jusqu'à présent. Mais les sceptiques envers le phénomène OVNI, que les ufologues appellent les cyniques, croient que les OVNI sont un pure phénomène religieux".

"Chacun désire croire en quelque chose de plus grand que lui-même" dit Pat Linse, cofondatrice de la Skeptics Society. "C'est une partie de la nature humaine". Linse, qui croit que l'ufologie est une version moderne du mythe Chrétien pense que l'armée américaine a également secrètement encouragé le développement du culte des OVNI. "Si vous êtes jamais passé par Roswell, au Nouveau Mexique dit Linse, avec tous ces étranges vaisseaux volant alentour, vous verrez qu'il n'est pas difficile de commencer à croire aux OVNI".

Les orateurs présents au symposium du GWU semblaient toutefois puiser leur inspiration dans un mythe américain plus récent. En effet, beaucoup d'entre eux illustraient leur présentation d'images et de références puisées dans les vaisseaux spatiaux et les espèces extraterrestres imaginées dans Star Trek.

Pour les ufologues, la recherche d'indices prouvant que la Terre est visitée par des extraterrestres et une chose sérieuse. Et les indices peuvent justement se trouver juste à côté du seuil de détection de nos détecteurs actuels. Les "aliens", dit le physicien théoricien Michio Kaku de la Cité Universitaire de New York, "peuvent être ici, maintenant, dans une autre dimension, à un millimètre de la nôtre". Kaku n'est pas à son coup d'essai et nous avons déjà exploré ses idées dans l'article sur "La physique des civilisations extraterrestres".

En fait Kaku et beaucoup de théoriciens pensent que l'univers s'étend dans 11 dimensions, c'est la théorie M, bien que le sens commun semble indiquer qu'il n'y en a que quatre en tenant compte du temps. Mais les scientifiques, dit-il, peuvent également considérer les notifications d'OVNI sous un autre angle, dans notre propre dimension. Pour Kaku, une civilisation galactique capable de visiter la Terre serait probablement aussi avancée que la civilisation Borg de "Star Trek" et utiliserait sans doute la nanotechnologie pour visiter la Terre. "Nous recherchons des vaisseaux spatiaux" dit Kaku. "Mais que faisons-nous s'ils utilisent plutôt des nanosondes ?"

Kaku demanda à l'astrophysicien Jacques Vallée du National Institute for Discovery Science de Las Vegas de réexaminer les fragments d'UFO à la recherche de structures microscopiques qui pourraient avoir été négligées. Selon Kaku, "Les physiciens devraient pouvoir examiner les victimes d'abduction à la recherche de traces d'ADN alien. Si nous pouvions découvrir une pièce de nanotechnologie ou d'ADN extraterrestre, on pourrait le mettre au mur. Ce ne serait plus longtemps une question à débattre".

Mais rechercher des OVNI jusqu'à l'échelle microscopique nécessiterait des ressources que les ufologues ne possèdent pas. Pour le physicien Peter Sturrock de l'Université de Stanford, "Les scientifiques ne sont pas encouragés, ni supportés ni financés pour la recherche des OVNI". Sturrock, qui reçut des subsides du  philanthrope Laurance Rockefeller, avoua que les ufologues gagneraient un plus grand respect si les magazines académiques réputés acceptaient d'ouvrir leurs pages à leur recherche. Selon Kaku, "les universités découragent également ce type de recherche car elles n'accordent jamais de "tenure" (statut de titulaire) aux scientifiques qui sortent des limbes et souhaitent étudier le phénomène OVNI. Ce serait une bonne idée de commencer à se poser ces questions après avoir été titularisé".

Aujourd'hui : un défi pour les scientifiques

Si nous devions demander à un ufologue et à un radioastronome quelle approche ils ont chacun de la vie extraterrestre, on peut dire que chaque discipline suit une démarche scientifique mais que la radioastronomie ne soulève pas le problème de l'analyse des témoignages. En effet, en 50 ans cette science a beaucoup progressé, les idées sont devenues beaucoup plus claires. En 50 ans, l'ufologie n'a pas progressé. Or les outils existent mais on n'offre pratiquement jamais aux associations honnêtes la possibilité de les utiliser : satellites, radars, instruments de mesures... 

Nous pouvons prendre des exemples dans d'autres disciplines. La découverte des nouveaux continents ou des animaux exotiques a toujours été le fruit du hasard et les récits des premiers explorateurs ont toujours été tournés en dérision; ils furent traités de fabulateurs quand ils racontaient avoir vu des glaces flottantes mesurant 100 m de haut en remontant vers le Nord ou des animaux au coup démesuré et à la robe tachetée en Afrique.

Au XIXe siècle les scientifiques ne croyaient pas les marins rapportant notamment l'existence des chimères qu'étaient les calmars géants. L'okapi était inconnu des Européens. L'impact des météorites n'était pas pris au sérieux. Encore récemment les scientifiques ne croyaient pas aux vagues scélérates, à la survie de créatures dans des conditons extrêmes ou aux jets de plasma (sprites) émis du sommet des cellules orageuses dans la stratosphère. Ces phénomènes inexpliqués et très étonnants étaient considérés comme des rumeurs et restèrent au mieux comme autant d'énigmes jusqu'à ce que la science se donne les moyens de les étudier rigoureusement. Cette décision ne peut plus être l'affaire d'un seul homme, aussi courageux soit-il, prêt à affronter l'Académie des Sciences, tel l'astronome Jean-Baptiste Biot au XIXe siècle discutant des pierres qui "tombaient" du ciel devant des savants bien sceptiques.

Semblable à ce squelette d'ornithorynque que les scientifiques considéraient comme un canular jusqu'à ce qu'ils voient l'animal de leurs propres yeux, l'ufologie est en quête d'un statut. Est-elle sur le point d'être reconnue par la communauté scientifique, peut-être pas entièrement, sinon ce dossier n'aurait pas de raison d'être.

Sa réputation de pseudoscience l'a jusqu'à présent souvent écartée des débats scientifiques, si bien que les chercheurs qui la défendent éprouvent encore beaucoup de mal à imposer sa nouvelle image de science à part entière.

Si nous reconnaissons dans l'OVNI un engin piloté d'origine extraterrestre, si nous découvrons de l'ADN alien dans les traces laissées sur le sol ou si nous découvrons une technologie extraterrestre dans les fragments que nous possédons, dans l'une de ces hypothèses ces gens sont très en avance sur nous et nous apportent la preuve qu'ils nous rendent bien visite. A cette condition l'ufologie sera une science à part entière et déclinée en disciplines. En attendant nous ne disposons, à l'heure actuelle, d'aucune preuve tangible pour étayer cette hypothèse séduisante.

Ainsi que l'ont dit Michio Kaku et d'autres physiciens au symposium d'ufologie de Washington en 2002, il est temps que la communauté scientifique et tous les organes qui gravitent autour d'elle dont les magazines scientifiques acceptent le défi de considérer la problématique des OVNI comme du ressort de la science, au même titre que n'importe quelle énigme scientifique.

Le radioastronome et l'ufologue reconnaissent l'existence de phénomènes non identifiés mais ne croient pas qu'il y ait un rapport avec la vie extraterrestre. L'ufologie telle que définie par le NICAP, le CUFOS, le MUFON, la COBEPS et quelques autres grandes organisations d'ufologie confirme cette idée : "strictement l'analyse des faits sans interprétation a priori"; l'ufologie - quand elle le veut – respecte donc bien la démarche scientifique. Mais d'un autre côté, on ne donne pas aux scientifiques les moyens de mener des enquêtes rigoureuses. "Apportez-nous une preuve disent les responsables et nous mettrons hommes et matériels à votre disposition". Mais comment voulez-vous apporter cette preuve sans avoir de moyens d'actions ? C'est un cercle vicieux qui enferme encore trop souvent l'ufologie dans la pseudoscience.

En cette matière, ce n'est bien sûr pas le nombre de témoignages qui importe, ni même la sincérité ou l'émotion qui en ressort, mais leur qualité, c'est-à-dire l'objectivité de la preuve, seule condition permettant une identification certaine. C'est pourquoi ci et là je me suis contenté d'un seul récit, bien que des centaines d'autres soient tout aussi intrigants et parfois plus détaillés sur certains aspects.

Si on ne considère que les notifications qui n'ont reçu aucune explication rationnelle, force est de constater que les témoignages sont isolés dans le hasard des rencontres et que rien ne permet d'identifier ces mystérieux phénomènes pour la simple et bonne raison qu'ils sont incomplètement analysés. L'événement est fugitif et la seule source d'information est le récit empirique et passionné de son témoin. Mais il y a un pas de l'inexpliqué à l'OVNI, et un bon de sept lieues de l'OVNI à l'engin spatial habité. Malheureusement, à défaut de sens critique, certains enquêteurs croient détenir l'explication, considérant le fait d'avoir observé un OVNI comme une preuve de l'existence d'un "mystérieux phénomène OVNI", sous-entendant, et les ufologues en tête, qu'il faut l'avoir vu pour le croire... Mais dites leur bien que personne ne sait où l’extraterrestre a caché ses bottes !

Les historiens et les astronomes sont aux premières loges pour apprécier des causes indéfendables mais ils seraient disqualifiés aux yeux des associations ufologiques honnêtes car ils croient eux aussi que Galilée avait raison; personne n'a connu ce personnage et pourtant les astronomes croient ce qu'il disait à propos du mouvement de la Terre : "Et pourtant elle tourne". Même aujourd'hui, nous n'avons que des indices de ce phénomène. Restons donc prudent en abordant une matière si controversée, où témoignage et imagination se confondent souvent.

Mais au lieu de critiquer, quelle décision faudrait-il prendre ? Les ministres de la recherche scientifique devraient étudier cette question et présenter un projet visant à changer le statut de l'ufologie. En Belgique, nous avons expliqué de quelles manières le physicien Léon Brenig de l'Université Libre de Bruxelles collabore à cette tâche. Avec leurs collègues de la Défense nationale, du ministère de l'Intérieur et des Affaires étrangères, nos ministres devraient également envisager l'accès aux dossiers militaires classés "top secret". L.Brenig nous rappelle à ce sujet que les images satellites doivent vraisemblablement contenir des données d'un grand intérêt. Pourquoi ne pas détourner les caméras d'un satellite de surveillance lorsque survient une vague d'OVNI au-dessus d'un site particulier... Si nous voulons clarifier ce problème la transparence est de rigueur.

Faire de l'ufologie une science

Nous voulons tous savoir ce que sont les OVNI. Dans ce cas pourquoi ne pas accorder une chance aux ufologues honnêtes et leur proposer une reconnaissance par leurs pairs, une chaire académique, des crédits de recherche et le droit d'être publié dans les magazines académiques ? Le magazine Nature aborde de temps en temps ce sujet mais le plus souvent sous l'angle des sciences humaines ou pour dénoncer une méprise (phénomène géophysique, électromagnétique, etc) ou une expérience pouvant expliquer une énigme. Bien entendu cette démarche poursuit le même but que l'ufologie qui consiste à expliquer les observations qui toutes ne concernent pas des phénomènes nécessairement inconnus.

Mais de nos jours un scientifique (physicien, etc) ne pourra jamais publier un article dans Nature ou Science spéculant sur les propriétés physiques des OVNI ou échafaudant une théorie à leur sujet. Or ces magazines n'hésitent pas à publier des spéculations encore plus débridées dans d'autres disciplines théoriques, pourvus que l'article soit signé par une sommité ou ait fait l'objet d'une thèse. C'est ainsi qu'on découvre des articles discutant des univers multiples en physique quantique (Hugh Everett), des trous de vers (Albert Einstein), d'univers à 11 dimensions (Michael Green), de sondes de Von Neumann explorant la Galaxie (Michio Kaku), d'ordinateur quantique travaillant dans des dimensions excédentaires (Isaac Chuang), de l'aboutissement des civilisations avancées (Freeman Dyson), de l'évolution ultime de l'univers (Steven Weiberg), etc.

Plus d'un spécialiste ont déjà publié des lettres ouvertes sur un ton plutôt humoristique, sans doute pour ne pas déplaîre à leurs confrères, mais réclamant tout de même que ce genre "d'épidémie" soit contenue et qu'on en revienne à des discussion plus réalistes... preuve s'il fallait le démontrer que ces théories originales ne plaisent pas à tout le monde et que certains scientifiques ne veulent pas faire l'effort de comprendre les idées de la jeune génération ou celles qui sortent de leur quotidien rationnel. Ces auteurs mal vus par leurs pairs n'ont pas d'autres alternatives que de se taire jusqu'à leur titularisation, de changer d'université ou de travailler à leur compte.

Comme tout ce qui sort du cadre de la normalité et qui dérange, l'ufologie a donc une image a priori défavorable dans la communauté scientifique qui a un parti pris évident à son encontre : c'est une pseudoscience et elle le restera. Sans un événement probant ou une reconnaissance publique, ce genre de préjugés ne peuvent pas être balayés en une génération.

En outre une communauté est par définition unie, stable et souvent hermétique au changement. Dans l'esprit de beaucoup de scientifiques, un électron libre comme une ancienne pseudoscience, à peine asservie à la méthode scientifique, représente un risque pour la communauté. En effet, à présent reconnue par ses pairs, s'avançant d'un pas assuré sur les marches d'un Panthéon jusque là réservé à des intellectuels, l'ufologie fait peur aux scientifiques car ils pensent qu'en l'acceptant parmi eux ils risquent de perdre leur crédibilité. Cet état d'esprit ne repose sur aucun fondement.

Certains scientifiques étroits d'esprit ne verront jamais dans l'ufologie qu'un mythe alors que les plus ouverts y décèleront déjà quelques intéressants sujets d'études. A nous de convaincre les chercheurs les plus réticents qu'il y a matière à réflexion et de soutenir ceux qui essaient de dénouer ce noeud gordien. Une minorité de gens peuvent vous changer un monde.

Pour l'heure, le phénomène OVNI est toujours écarté des sujets académiques et des auditoires comme si le sujet n'était pas digne d'intérêt. Pourtant, à entendre les militaires, ils ont déjà investi des millions de dollars dans cette énigme soi-disant sans intérêt. Cette attitude n'est pas cohérente.

Mis à part les militaires, ceux qui s'intéressent sérieusement au phénomène OVNI sont généralement des chercheurs indépendants, privés, quelquefois des physiciens attachés à une université libre mais jamais à temps plein, ainsi que des scientifiques mais qui n'acceptent d'en parler soit qu'à titre privé soit une fois parvenus à l'âge de la retraite. Cela signifie qu'au XXIe siècle le phénomène OVNI présente encore toutes les caractéristiques du sujet mis à l'Index, au point que le scientifique qui s'y investit publiquement (comme tout travailleur d'ailleurs) risque de mettre sa carrière professionnelle ou sa réputation en jeu.

Cette attitude doit être dénoncée car elle est scandaleuse en ces temps modernes, contraire aux principes démocratiques, et en science les garde-fous de la vieille méthode scientifique sont tout à fait capables de gérer les éventuels écarts de la jeune science ufologique, même si elle doit encore reposer sur des données empiriques.

Mais cet espoir est peut-être naïf quand on connaît aujourd'hui la valeur d'un "bon" sujet d'étude dans l'allocation des crédits de recherche et l'importance de la réputation d'une université. Ce changement de mentalité est peut-être également trop précoce quand on connaît l'histoire des sciences et leur façon de fonctionner.

Le rôle de la Science

Si la notification d'un OVNI n'améliore généralement pas la réputation de son auteur, inventer une théorie originale à leur sujet ne place pas nécessairement non plus son auteur dans une position enviable. De nombreuses théories ont été jugées farfelues puis acceptées du bout des lèvres avant de devenir des paradigmes : la théorie héliocentrique de Copernic, la théorie de la dérive des continents de Wegener, la théorie de l'évolution de Darwin, la théorie de l'atome de Bohr, la théorie de la Relativité d'Einstein, la théorie du Big Bang, etc.

Tous ces concepts sont effectivement très étranges. Mais est-ce pour autant impossible ? Il faut étudier le sujet pour le savoir et trouver dans la nature des sujets d'expériences pour les valider. Auriez-vous cru Darwin quand il disait que nous descendions du singe ? Combien de personnes supportent la théorie M en physique quantique ? S'écarter des sentiers battus exige de l'audace. Il faut aussi de l'imagination, accumuler des preuves et si possible prédire de nouveaux événements.

En effet, si la science s'est peu à peu implantée en Occident au détriment de la philosophie et des parasciences, c'est avant tout par souci de construire un monde simple et cohérent, bien à l'écart de la confusion du langage et des phénomènes dits surnaturels, ces derniers offrant toutes les caractéristiques de la mystification et de l'incontrôlable sens du hasard. Malheureusement, à quelques exceptions près (les vagues d'OVNI) l'ufologie répond parfaitement à ces derniers critères.

La Science moderne a bâti un monde qui convient à une large majorité d'individus mais qui n'est sans doute qu'un pâle reflet de la réalité. Cette représentation théorique nous convient tant que les phénomènes rentrent dans l'une des catégories prédéfinies du Savoir. Ceux qui refusent de s'intégrer dans cette normalité du fait de leur étrangeté ou de leur rareté sont rejetés sine die. C'est ainsi que faute d'être reproductible et à défaut d'être soutenu par une théorie cohérente, le phénomène OVNI est resté en marge du débat scientifique.

Sans même imaginer que des êtres intelligents extraterrestres puissent se manifester par l'entremise des OVNI, les scientifiques en ont conclu que nous étions seuls dans l'Univers, certains se considérant même comme les seuls êtres à l'image du Dieu de la Création. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que le phénomène OVNI ait été relégué dans le domaine du mythe. Mais une telle attitude, intolérante et obscurantiste n'est plus à l'image d'une communauté scientifique qui en ce XXIe siècle plongera bientôt dans les contrées inexplorées de l'espace.

Si toutes les enquêtes menées auprès de scientifiques ayant étudié le problème OVNI confirment qu'ils sont presque tous favorables à ce genre d'étude, il faut bien reconnaître que ceux qui s'en désintéressent sans même avoir consulté les dossiers ne respectent pas la démarche scientifique. Ces soi-disant respectueux de l'objectivité, prétendant parfois au prix Nobel et à la reconnaissance publique embrassent une science en quête d'utopiques absolus. Car dans le vaste flot des témoignages, il reste ce pourcentage pour lequel aucune réponse n'est satisfaisante. Espérons qu'à l'avenir la science apportera un peu de lumière sur ces notifications réellement énigmatiques.

Ce dossier n'est pas définitivement clôturé pour autant. Il sera mis à jour dès qu'une nouvelle explication ou une découverte scientifique nous apportera quelques éléments de réponse nous permettant de dénouer un petit peu plus ce noeud gordien.

Je remercie la COBEPS et le MUFON ainsi que Serge Brunier et Léon Brenig pour leur collaboration.

Pour plus d'informations

Sur ce site

Livres sur l'ufologie

La philosophie des sciences

Les défaillances des satellites

Sur le web

List of reported UFO sightings, Wikipedia US

UFO Stalker (liste des notifications)

The Debunker's Domain

Skeptical Inquirer

Alien Abduction Experience & Research (nombreuses informations et liens)

Dreamland : Travels Inside the Secret World of Roswell and Area 51, Phil Patton

OVNIS : Est-ce bien sérieux ?, Les archives vidéos de la RTBF (Sonuma)

Version électronique du "Project Blue Book, Special Report No. 14", 1966

Version électronique de "Les Objets Volants Non Identifiés: mythe ou réalité ?", J.Allen Hynek, Belfond, 1974

NICAP (propose en ligne plusieurs rapports et livres sur les OVNI)

Image Analysis Tools, MUFON (apprendre à débusquer les canulars)

CUFOS

COPEBS

GEIPAN (CNES)

MUFON

UFO Casebook (nombreuses images d'OVNI, des vidéos, nombreux liens)

UFO Evidence

SCIFI

Les affiches de cinéma

Info-Sectes

Retour aux OVNI


Back to:

HOME

Copyright & FAQ