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Comment devenir astronome ? La fuite des cerveaux vers les Etats-Unis (III) Du GCSE au degree Comment devient-on astronome aux Etats-Unis ou dans les pays anglo-saxons ? Do you speak English ? Fine ! Parce que vous en aurez besoin ! Comme dans la plupart des pays, l'éducation publique se termine à 18 ans, après 12 ans d'école obligatoire, terme après lequel l'élève doit passer un examen appelé le "GCSE" (General Certificate of Secondary Education), le certificat général de l'enseignement secondaire. Cet examen est accessible dès 14 ans. Rappelons que le GCSE fut introduit en 1986 et remplace les brevets "O-level GCE" (Ordinary level General Certificate of Education) et CSE (Certificate of Secondary Education). Le diplôme GCSE est obtenu après le passage d'un examen dans les principales matières enseignées (anglais, littérature anglaise, mathématiques, sciences et diverses options) dont le nombre varie entre 10 et 14. Les grades ou niveaux vont de A* (le meilleur) à G, U signifiant un échec. A
lire : Astronomy
Careers, par l'AAS
Dans la conjoncture actuelle, c'est le niveau d'étude minimum pour pouvoir accéder à l'enseignement supérieur (hautes écoles et universités) ou pour pouvoir prétendre à un emploi qualifié, notamment à l'Université de Cambridge ou dans le secteur privé. Arrivé à ce stade l'étudiant désireux d'embrasser une carrière scientifique suit 4 ans de cours universitaires qui sont un mélange d'éducation générale et de spécialisation. L'étudiant intéressé par l'astronomie suit l'équivalent français d'une maîtrise (en Belgique de la licence) en astronomie, en physique ou en mathématique, c'est le "degree" qui lui confère aux Etats-Unis le titre de Bachelor of Science, B.S. A
guide to deciphering the academic dress code Les coutumes vestimentaires anglo-saxones (Harvard Magazine) Du Ph.D au Fellow Au terme de cette période, l'étudiant dispose de 5 ans ou plus pour produire une thèse de recherche qu'il devra défendre devant un comité de professeurs. S'il réussit, il obtiendra le Philosophical Diploma ou Ph.D. et le titre de Docteur (Dr) qui, rappelons-le, comparé au système français est un grade intermédiaire entre le doctorat et la thèse d'état. Il est toutefois assimilable au doctorat de troisième cycle. Devenu chercheur, il peut ensuite recevoir les titres de Fellow puis de Professional Fellow s'il poursuit une activité de recherche en vue d'une spécialité (à ne pas confondre avec le titre de Fellow de la Royal Society par exemple ou de l'Université de Cambridge qui est synonyme de "membre" ou sociétaire). Pour l'anecdote, parmi les Ph.D. les plus célèbres citons Isaac Newton, Carl Sagan, Hubert Reeves, Stephen Hawking et beaucoup d'astronautes. A
lire : So
You Want to Become a Physicist ? par Michio Kaku Les filières et les débouchés Aux Etats-Unis il existe un "degree" ou cycle intermédiaire entre le B.S. et le Ph.D, c'est le Master of Science, M.S. Ce dernier est parfois jugé de " non-scientific" par certains chercheurs car il est peu commun chez les titulaires de postes de recherche en astronomie ou en physique. Mais ce diplôme demeure un des points d'orgue du système éducatif anglo-saxon et reste très commun dans de nombreuses disciplines scientifiques. Beaucoup de salariés travaillant dans les affaires, l'industrie, l'éducation ou pour le gouvernement en sont titulaire. En pratique presque tous les astronomes professionnels anglo-saxons considèrent le M.S. comme une simple étape dans leur course vers le Ph.D., car il est parfois automatiquement attribué aux élèves en cours de programme.
A l'image du débat entre Prépa et Fac en France, le discours est un peu philosophique. En fait certains domaines scientifiques produisent plus de M.S. que de Ph.D. car ils sont plus sollicités par l'industrie et le gouvernement, à des fins civils ou militaires. L'astronomie ne compte pas parmi ces disciplines. Par ailleurs un Ph.D. serait peu utile dans le secteur privé car habituellement les compagnies d'ingénierie sont des années-lumière en avance sur les universités. Cela dit le "Master of Science degree" reste valable en astronomie si vous ne désirez pas faire une carrière de chercheur, poste qui requiert le Ph.D. Il n'empêche qu'aux Etats-Unis le choix de la filière ne porte pas préjudice à un changement radical de cap, même après les études. Il n'est pas rare qu'un physicien devienne biologiste en s'engageant dans la recherche en biologie ou qu'un physicien devienne consultant en informatique par passion. De tels changements radicaux d'orientation commencent à s'observer en Europe. Si la recherche vous plaît personne ne s'inquiètera que vous ayez suivi au préalable une formation en physique. En Europe, trop souvent encore un parcours en zigzag est un signe d'indécision et d'un comportement irréfléchi, quelles que soit les raisons invoquées. Mais les mentalités changent. Le temps imparti aux études est aussi nettement plus souple aux Etats-Unis qu'en Europe. Un étudiant de 25 ans peut suivre une première année, puis travailler un ou deux ans, puis poursuivre sa formation. Idem pour sa thèse. Ce rythme est particulièrement adapté aux étudiants ayant charge de famille ou plus préoccupés par la vie que par les études, d'autant plus que l'âge ou le chômage ne sont pas des critères dont la culture américaine fait grand cas. Que vous ayez été au chômage quelques années ou dans la vie active, peu importe, le manager américain vous juge sur vos compétences et vos résultats actuels. Dans ce domaine, les managers européens ont encore beaucoup à apprendre. Mais comme en France où le DEA est quasiment bouché sur Paris, aux Etats-Unis les places d'astronomes professionnels sont très limitées et plus d'un professionnel soulignent ce point ; vous trouverez souvent des postes en-deçà de vos qualifications et parfois aucune place du tout dans votre spécialisation ! Comme le disent les Américains, c'est juste comme l'histoire de celui qui voulait devenir poète professionnel, on lui conseilla de ne pas abandonner son travail actuel si le lendemain il voulait encore trouver du pain sur sa table ! Par conséquent, à défaut de pouvoir obtenir le poste convoité dans une institution nationale, certains astronomes sont devenus commerciaux dans le secteur privé et représentent des constructeurs de télescopes, d'autres sont devenus journalistes scientifiques ou écrivains. Certains d'entre eux parcourent ainsi le monde en quête des plus belles histoires de l'univers qui se déroulent à l'abri des coupoles dans les hauts-lieux de l'astronomie du Chili, d'Hawaii ou des Pyrénées. On retrouve malheureusement cette situation également en Europe, et elle n'est pas limitée à l'astronomie mais touche tous les domaines de la vie professionnelle. A
lire : The
Salaries of Scientists by Discipline Sous contrat avec l'armée ou les institutions européennes Et si on signait un contrat avec l'armée ou les institutions européennes ? En Europe, les corps d'armée étant réduits à peu de chose si ce n'est en France, un emploi de chercheur dans le secteur militaire est exceptionnel, sauf dans les domaines touchant la météorologie, l'électronique, les télécommunications, l'informatique et exceptionnellement l'aéronautique ou l'astronautique, souvent en coopération avec des universités ou des entreprises civiles (ULB, Matra, Thomson-CFE, etc).
En France par exemple, si la marine et les télécom vous passionnent, vous pouvez devenir ingénieur télécom et vous occuper d'une antenne parabolique de transmission par satellite de 6m de diamètre installée sur un navire ou à quai. Le nombre de places ouvertes est cependant très limité. Vous pouvez également tenter votre chance auprès de l'Armée de l'air, au centre de Kourou en Guyane ou dans une autre base opérationnelle. Au niveau européen, des contrats civils sont toujours à pourvoir au sein des institutions européennes du CERN à Genève ou en Allemagne auprès de l'ESA (ESOC) ou de l'ESO. Sous contrat avec cette dernière, il n'est pas impossible que votre contrat nominatif de trois ans vous conduise aux observatoires du mont Paranal ou de La Silla au Chili où se trouve respectivement le VLT et le NTT notamment. Aux Etats-Unis, la situation est plus enviable car le marché est beaucoup vaste, plus diversifié, plus ouvert et plus mûr qu'en Europe (mais socialement moins protégé). Vous avez la possibilité de travailler comme civil (même étranger) ou comme militaire (si vous avez acquis la nationalité américaine) auprès d'instituts et de laboratoires gouvernementaux réputés et à la pointe de la technologie (LLNL, NOAA, etc) mais également auprès d'escadrilles de l'US Navy ou d el'US Air Force disposant soit d'un observatoire au sol ou embarqué, parfois géré conjointement avec des civils (tel le télescope Linear du MIT). Vous pouvez travailler dans des centres de contrôle de toute nature (NORAD, GPS, etc) sans oublier les bases d'essai ou de lancement comme le centre Dryden de la NASA ou le Cap Canaveral AFB (Cap Kennedy). Leur budget qui dépend directement du Ministère de la Défense (DoD) est également sans commune mesure avec ce que le Ministère de la recherche accorde au secteur civil. Bien sûr il y a l'industrie avec tout son potentiel d'innovations. Les secteurs des télécommunications, de l'aéronautique et de l'astronautique vous tendent les bras si vous êtes diplômé d'une école d'ingénieur. Vous n'êtes pas sans ignorer que le tourisme spatial a également le vent en poupe. En marge de cet article, on ne peut évidemment pas ignorer le métier d'astronaute qui fait rêver petits et grands. Il existe deux catégories d' astronautes : le pilote et le spécialiste de mission. De part leur fonction, ils ne suivent pas du tout le même cursus académique ni le même entraînement.
Pour devenir pilote de la navette spatiale par exemple, le candidat doit être titulaire d'une licence d’ingénieur, en physique ou en mathématiques ; il doit avoir à son actif au moins 1000 heures de vol. Une expérience sur jet est vivement recommandée et les candidats doivent réussir le test physique de vol spatial de Classe 1 de la NASA. Les pilotes astronautes doivent mesurer entre 1.63 m et 1.93 m, être en excellente condition physique et être toujours prêts à embarquer pour un vol spatial. En général, les pilotes astronautes sont des militaires d'active détachés de leur base auprès de la NASA. Certains sont des pilotes d'essais civils au service de la NASA depuis de nombreuses années, d'autres viennent directement de l'US Navy, de l'USAF ou d'autres corps d'armées. Ces militaires ont pour la plupart effectué des missions de guerre. Le cursus académique est similaire en Europe. Les pilotes spationautes sont pour la plupart des pilotes militaires. Pour les spécialistes scientifiques de missions spatiales (et de charge utile), les conditions minimales sont une licence d’ingénieur, en biologie (y compris en médecine) ou en physique. En complément, tous les astronautes reçoivent une formation supplémentaire en météorologie, en guidage et navigation, en astronomie, en physique et en informatique. Précisons que les spécialistes de charge utile (qui sous les ordres du spécialiste de mission) ne sont pas des astronautes d'active ; ils sont formés à l’origine par le concepteur de la charge utile (le satellite ou le matériel d’expérimentation) et ne participent généralement qu'à une seule mission puis retournent à la vie civile. La biographie de Franklin Story Musgrave Si les astronautes sont au moins titulaire d'un M.S ou d'un Ph.D (doctorat), l'américain Franklin Story Musgrave né en 1935, présente un CV plutôt exceptionnel. Pilote d'essai, commandant de bord sur la navette spatiale, chargé de mission scientifique sur plusieurs vols de la NASA, Musgrave est un petit génie aux goûts très éclectiques. Jugez par vous-même. Engagé dans le Corps des Marines US à 18 ans, il effectua son service militaire comme électricien en aviation et technicien avionique. En 1958, il obtient sa licence en mathématiques et statistiques de l'Université de Syracuse (US) et travailla chez Eastman Kodak en tant que mathématicien et analyste d'opérations. Par la suite, il obtient un MBA en analyse d'opérations et en programmation de l'UCLA. Musgrave obtient ensuite une licence en chimie du Marietta College et devient docteur en Médecine de l'Université de Columbia en 1964. Il quitte alors Kodak et travaille comme interne en chirurgie au Centre Médical de l'Université de Kentucky (UKMC) de Lexington où il poursuit son post-doc grâce au support de l'USAF et du Heart Institute, gagnant un master supplémentaire en physiologie et biophysique. A lire : Astronaut Selection and Training, NASA, 1979 (PDF)
En août 1967, en pleine aventure Apollo, le Dr. Musgrave postule auprès de la NASA. Il est sélectionné et entre dans le corps des pilotes astronautes scientifiques. Musgrave reçut une formation de pilote et de parachutiste et gagna ses ailes de pilote de l'USAF. Il s'occupera du programme Skylab et sera pilote backup sur la première mission Skylab. Jusqu'en 1989, il partage son temps entre un poste de concepteur et pilote pour la NASA, de chirurgien à l'Hôpital Général de Denver et celui de professeur de physiologie et biophysique à l'UKMC. Musgrave s'occupera également de la conception des combinaisons spatiales et du MMU et commandera la mission qui répara le Télescope Spatial Hubble. Il vola pour la dernière fois en 1996 sur la navette Columbia. Il fut ensuite pilote-instructeur (de vol, y compris aux instruments), instructeur de planeur et est titulaire d'une licence de pilote d'avion de la FAA. Musgrave a piloté 160 avions civils et militaires différentes, effectua plus de 500 chutes libres dont 100 expériences destinées à étudier l'aérodynamisme du corps humain. Tout cela ne l'a pas empêché de pratiquer ses hobbies : lecture, jardinage, aviation, informatique, parachutisme, plongée, photographie, etc. Il suivit un cursus universitaire de 16 ans sans connaître d'échec au cours duquel il fit un break de 20 ans avant d'acquérir son Master of Arts en littérature. La vie de Story est effectivement toute une histoire ! Le rêve américain, un miroir aux alouettes ? Il est attirant d'émigrer aux Etats-Unis quand on peut obtenir un poste "bien rémunéré" (50000$/an est un minimum en 2005) ou travailler comme indépendant dans un secteur porteur. La science n'est pas un secteur très rémunérateur... De manière générale, comparés à l'Europe, les systèmes éducatif et social américains ne sont pas ce qu'on peut dire en faveur de la population qui doit souvent y mettre de sa poche pour obtenir un minimum d'aide ou de services. Prenons quelques exemples : - La sécurite sociale est anecdotique et ne couvre automatiquement que les soins de santé des plus de 65 ans (sans pour autant couvrir les médicaments alors que pratiquement toutes les personnes âgées en prennent quelques uns). En Europe, pratiquement tout le monde est couvert par une sécurité sociale (mutuelle, etc), si ce n'est quelques catégories de chômeurs. - Les assurances maladies sont exorbitantes au point que les primes dépassent facilement 10 à 20% d'un salaire annuel d'un couple sans enfant ! En Europe, elles sont généralement bon marché et encore relativement accessibles aux personnes à faibles revenus (chômeurs, pensionnés). A titre d'information, l'assurance complémentaire de la DKV s'élève à environ 65 €/mois passé 40 ans. - Les loyers sont exorbitants. En Californie, un deux-pièces ("apartment") situé à plus de 100 km du lieu de travail coûte pratiquement le salaire d'une personne non qualifiée. C'est ainsi que certaines villes de banlieue se sont transformées en cité-dortoires pour beaucoup d'employés où les propriétaires s'accordent tous les pouvoirs. Quant aux maisons, elles ne sont accessibles qu'à la classe privilégiée (des fonctionnaires, des indépendants, des professions libérales, etc). - Le régime des retraites soit disant régit par l'Etat dépend en réalité de l'actionnariat privé avec tous les risques financiers que cela représente. En Europe, la situation tend vers ce principe tout en ayant toujours la garantie de l'Etat et une gestion publique (qui n'empêche pas des placements en Bourse non déclarés). - L'impôt sur le revenu est supérieur à tout ce qu'on connaît en Europe où le Luxembourg fait figure de privilégié avec quelques autres paradis fiscaux. - Il n'existe aucune disposition fiscale tenant compte de la situation salariale des ménages. Seul l'état civil, le nombre d'enfants ou les exonérations sont prises en compte lors du calcul. En Europe, il existe des dégrèvements en fonction des salaires du couple (quotient conjugal, etc). - Les impôts directs (taxes) sont prélevés à la source, non seulement par le Fédéral et les Contés mais l'Etat prend également sa cote part et parfois la ville. Ce sont bien sûr les Etats dominants et les mégapoles qui présentent les impôts les plus importants (New York, Californie, etc). Ils sont en général deux fois plus élevés qu'en Europe et plus encore dans les mégapoles. Toutefois, pour les non-résidents ou les résidents étrangers détenteurs d'un permis de travail (Green card, J1, H1b, O1, L1, L2, E1, E2), il n'est pas rare que l'Etat ou la ville vous rembourse en début d'année (avril) et que vous n'ayez aucun impôt à payer. Dans ce cadre, les compétences d'un comptable sont très utiles et rapidement amorties. - Le système éducatif, s'il est très souple et permet de suspendre ses études quelques années et accorde des bourses aux étudiants, il peut s'avérer ruineux pour une famille nombreuse de la classe moyenne. Le minerval des études universitaires coûte un minimum de 50000$/an à Harvard (College), mais tient compte de tous les frais scolaires (syllabus, laboratoires, logement, transport, nourriture, ...). Normalement il est possible d'obtenir une aide financière couvrant jusqu'à 100% des frais. Même les familles privilégiées gagnant plus de 130000$/an peuvent obtenir cette aide en théorie. - Bien entendu, en banlieue comme en ville, il est impossible de se déplacer sans véhicule personnel car les transports en commun sont réduits au strict minimum. Un piéton devient donc suspect sur les grandes artères. A l'heure actuelle, le prix de l'essence a fortement augmenté et est presque aussi cher qu'en Europe. Vous n'avez plus aucun avantage à rouler en 4x4 ou en monospace Chevrolet. Le "California Style" existe toujours mais pour une classe privilégiée. - Le chômage qui est relativement faible aux Etats-Unis (5.4% en 2006 contre 9.1% en France mais 4.7% au Luxembourg), est bien pris en charge par l'administration qui, depuis quelques années, veille à la réinsertion professionnelle des sans-emplois grâce à des programmes d'aides personnalisés et un très bon suivi. L'Europe commence seulement à suivre cette politique mais très timidement et n'hésite pas à exclure du système de chômage des dizaines de milliers d'allocataires chaque année (jusqu'à 30000 chômeurs belges ont été exclus du système en 2005 pour des périodes allant de 3 mois à un an et jusqu'à 40000 chômeurs par mois en France en mars 2006). - Citons également pour être complet la durée des congés payés qui ne dépasse pas 14 jours alors qu'elle est d'au moins 22 jours en Europe, et proche de 3 mois pour le corps enseignant. Pour les fonctionnaires d'origine étrangère, les institutions internationales leur accordent généralement des jours de congés supplémentaires pour retourner dans leur famille et pas mal d'avantages socio-économiques (soins de santé couvrant toute la famille, taux d'intérêts avantageux, immunisation, etc). - Enfin, les produits étrangers sont fortement taxés au point que certains aliments sont hors prix notamment le chocolat belge et même les alcools (bière et vin) dans certaines localités reculées dont le prix peut tripler par rapport aux nôtres. La TVA est généralement de 8%, moitié inférieure aux taxes européennes. Bref, c'est une constante aux Etats-Unis, si on peut y faire fortune, on peut aussi très rapidement se retrouver à la rue et sans aucune aide. Selon le bureau du Census, la disparité des salaires américains est telle que le salarié le mieux payé gagne 14.5 fois ce que gagne le salarié le plus pauvre ! (contre 6 fois environ en Europe). Beaucoup d'expatriés sont revenus la tête basse avec juste de quoi rebâtir une petite société à responsabilité limitée. Mieux vaut donc être prudent et réaliste si vous êtes tenté par le rêve américain. Prenez quelques renseignements avant de tenter l'aventure car la motivation ne suffira peut-être pas. Tous les chemins mènent à l'astronomie Quelle carrière faut-il embrasser ? C'est avant tout une question d'opportunité mais parfois c'est un choix personnel. On peut préférer la carrière stable de fonctionnaire pour ne pas se préoccuper du lendemain et avoir des horaires réguliers, avec le désavantage d'avoir un salaire modéré, parfois des collègues démotivés ou opportunistes, dépendre d'une institution qui fonctionne au ralenti et on s'installe dans une routine qui ne plaira sans doute pas aux personnes actives ou assez jeunes. D'autres préfèrent travailler dans le secteur privé avec le salaire à la hauteur de leurs exigences, une ambition et des idées novatrices mais également avec tous les risques que ce secteur entraîne. Enfin, certains choisiront des contrats nominatifs à durée déterminée et travailleront en tant qu'expert au sein des plus grandes institutions. A recommander pour les jeunes diplômés désireux de travailler dans le secteur privé et qui souhaitent acquérir rapidement de l'expérience. Si vous vous découvrez la vocation d'un astronome sur le tard, vers 22 ou 25 ans, la situation n'est pas désespérée. Eric par exemple dispose d'une licence et d'une maîtrise de philosophie. Il enseigne encore aujourd'hui, pour le plaisir, un peu d'épistémologie à la Fac des lettres. Il est venu aux sciences, ou du moins, à un cursus scientifique formel sur le tard, au niveau du DEA, il avait 23 ans. Cela ne lui a pas porté préjudice, car il est entré au CNRS, en physique, 4 ans plus tard à la sortie de sa thèse d'optique. Il travaille aujourd'hui dans un observatoire national. Gwen quant à elle a fait ses études en France mais a préféré présenter son post-doc aux Etats-Unis. Elle s'est expatriée et vit maintenant sur la côte Ouest où elle est sous contrat avec le Caltech. Arrivé au terme de cette analyse, rappelons que l'astronomie n'est pas le meilleur choix pour tout-le-monde et pas seulement pour des raisons psychologiques. De nombreuses personnes ont d'autres passions dans la vie et se complaisent dans ces activités. La plupart des jeunes travailleurs estiment que leur vie privée et l'ambiance de travail priment sur le montant de leur salaire. Si vous êtes persuadé du contraire, n'oubliez jamais qu'un astronome seul face à un rail gelé dans un observatoire ou devant un problème de connexion réseau serait bien en peine de le faire fonctionner sans l'habilité technique d'un expert et la boisson chaude réconfortante du cuisinier... Si l'université nous dit comment va le ciel et permet aux cols blancs d'inventer de nouveaux moyens d'investigation, il faut aussi reconnaître l'utilité des cols bleus et des artisans et relativiser le bien-être que nous apporte la lumière du Soleil et des étoiles. Bon courage ! Pour plus d'information L'annuaire des formations doctorales Le forum fr.education.superieur Envisager des études supérieures, U.Laval The Salaries of Scientists by Discipline (USA) General Studies Programme (En affaire avec l'ESA) Sur le métier d'astronaute, astronome et assimilé Careers in Astronomy (AAS) Jobs and careers (Astronomylinks) Deimos-space (Aérospatiale) Comment devenir exobiologiste ? (CNRS) Quelques livres sur les études et le métier d'astronome qu'il est bon de consulter : How
to Get a PhD, E.M.Phillips/ D.S.Pugh, Open University Press, 2005
Edwin Hubble : mariner of the
nebulae, Gale E.Christianson, 1997 Consulter également ma bibliothèque.
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