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H.Alfvén considère que l’univers peut être décrit en termes
magnétiques, alliant la gravitation et l’électromagnétisme. Nous
savons que la physique des plasmas constitue un domaine très important
des sciences. Elle touche l’interaction de la matière chargée avec les
champs magnétiques et explique de nombreux phénomènes : le comportement
des molécules et des atomes, celui des atmosphères stellaires et planétaires, les aurores polaires, les éruptions
solaires, le milieu interstellaire, le rayonnement des pulsars, les raies
gamma du centre de la Voie Lactée, etc. Ces champs et ces courants chargés
sont donc capables de modifier les propriétés de la matière et
expliquent tous ces phénomènes sans faire intervenir la gravitation. Cette intrusion spectaculaire des plasmas dans une aussi grande
variété de domaines rappelle l’idée suggérée en 1902 par Kristian
Birkeland, celui qui inventa le terme d’aurores et les associa pour la
première fois aux manifestations du champ électromagnétique. Il
proposait en effet "de lier ensemble toutes ces nouvelles découvertes
et hypothèses dans une théorie cosmogonique dans laquelle les systèmes
solaires et la formation des systèmes galactiques soient discutés peut
être plus du point de vue électromagnétique que de celui de la
gravitation". Il ne sera entendu que beaucoup plus tard, dans les années 1970,
lorsque David Bohm, Oskar Klein et Hannes Alfvén accepteront de relever
son défi. Alfvén, prix Nobel de physique en 1970 considère que l’univers
respecte la symétrie fondamentale de la nature : les deux états de la
matière doivent exister en quantité égale. Le Big Bang proprement dit
n’existe pas car il n’y a jamais eu de singularité. L’Univers d’Alfvén et Klein débuta il y a environ 10
milliards d’années dans un immense nuage de gaz fini constitué de matière
et d’antimatière en lente contraction, l’ensemble évoluant dans un
espace vide et plat. Lorsque les particules de matière et d’antimatière
furent suffisamment proches, l’effondrement s’arrêta. Matière et
antimatière s’annihilèrent en produisant une énergie si intense
qu’elle déclencha le mouvement d’expansion auquel nous assistons.
Reste à trouver un mécanisme pour séparer les deux mondes afin qu’ils
n’interagissent plus. A ce jour cette question reste en suspens. La théorie d’Alfvén n’explique pas non plus l’isotropie du
rayonnement fossile. Alfvén considère que cette radiation de corps noir
fut émise par la matière présente dans le nuage en expansion. Mais il
est très peu probable que le nuage de matière ait conservé une symétrie
sphérique sans modifier dans une direction ou l’autre le spectre du
corps noir. Ce nuage aurait de plus dû avoir un degré d’opacité
suffisamment élevé pour produire un spectre thermique sans pour autant
obscurcir le signal radio des galaxies distantes. Au contraire, il y a
tout lieu de croire que dans ces conditions l’expansion du plasma fut
anisotrope et aurait certainement provoqué une diminution irrégulière
de l’intensité du rayonnement fossile suite au décalage vers le rouge,
ce qui en violation avec les observations. En revanche, la structure filamentaire de l’Univers à grande échelle
est réinterprétée par Alfvén et Klein. Les longues chaînes perlées
rassemblant des millions de galaxies sur plusieurs milliards d’années-lumière
sont à l’image des courants de Birkeland qui participent à la
formation des aurores. Dans ce cadre, Anthony Perat[8]
du Laboratoire de Los Alamos et spécialiste de la physique des plasmas réalisa
des simulations de la "collision" de deux nuages de plasma constitué
de millions de particules-tests, dans lesquels intervenaient non seulement
la gravitation mais également les interactions électromagnétiques. A sa
grande surprise, l’image qui se dessina ressemblait à la structure des
galaxies spirales. Son travail se trouva même conforté lorsque des collègues
informaticiens parvinrent à simuler les structures filamentaires de
l’Univers dans des cristaux liquides sous l’emprise de champs magnétiques. L’étude des interactions qui se déroulent dans les plasmas
expliquerait également la persistance du rayonnement synchrotron comme
celui qu’on observe dans les quasars et qui semble pouvoir survivre
durant des millions d’années, ou la présence de longs jets de matière
comme on peut en voir dans Cygnus A, qui seraient produit par le
confinement des galaxies dans des champs magnétiques très intenses. Des simulations effectuées avec des courants de 105A confirment que l’approche électromagnétique est d’autant plus intéressant
qu’il n’impose aucune hypothèse additionnelle, telle l’introduction
des trous noirs pour expliquer ces phénomènes. Cette nouvelle cosmologie
"magnétohydrodynamique" (MHD) semble
promue à un bel avenir si nous prenons la peine d’utiliser au mieux
toutes les ressources des lois que nous connaissons, constat que nous
avons déjà évoqué. L’Univers
neutrino Le neutrino, cette petite particule de charge neutre, donc quasi indétectable est uniquement sensible aux interactions faible et gravitationnelle. Nous savons que chaque centimètre cube de l’Univers visible
contient environ 500 photons fossiles et qu’il existe environ 1500
neutrinos par centimètre cube, soit un rapport 3n°/ g.
Chaque photon du rayonnement fossile présente une certaine énergie qui
correspond à une masse de 10-36
g. Sa densité de masse est d’environ 5x10-34
g/cm3.
C’est approximativement 2000 fois moins que la densité moyenne de la
matière dans l’Univers et pratiquement négligeable. On peut effectuer la même estimation pour les neutrinos. A partir
de leur énergie, leur densité de masse moyenne a été évaluée à
environ 1.5x10-34
g/cm3,
encore plus faible que celle du rayonnement fossile. Si leur masse est
nulle, pour une énergie voisine de 5x10-4
eV, aucun physicien ne pourrait déterminer leur abondance. Dans ces
conditions le rôle des neutrinos dans l’Univers actuel peut être ignoré,
d’autant qu’ils n’interagissent pratiquement pas avec la matière. Tout au moins le croyait-on jusqu’en 1980. Durant le printemps de
cette année, deux groupes de physiciens de l’Institut de Physique Théorique
et Expérimentale de l’Académie des Sciences soviétique, dirigés par
Lyabinov et Tretyakov publièrent les résultats d’une expérience qui
indiquait qu’un neutrino électronique avait une masse non nulle :
environ 6x10-32
g, quelque 35 eV. Près de 18 ans plus tard, une équipe américano-japonaise
réévalua cette masse à 4 eV seulement. Mais le neutrino avait bel et
bien une masse ![9] En 1966 Zel’dovitch avait déjà analysé l’effet des neutrinos
massifs sur l’évolution de l’Univers. Malgré leur faible poids, 2000
fois plus faible que l’électron et 40 millions de fois plus léger que
le proton, ces neutrinos sont extrêmement nombreux. Dans chaque centimètre
cube on en trouve grosso-modo un milliard de fois plus que de protons.
Cela signifie que les neutrinos représentent la composante prédominante
de l’Univers. Dans ses conclusions Zel’dovitch estimait que par leurs effets
gravitationnels les neutrinos jouaient un rôle clé dans l’évolution
de l’Univers. Ceci est d’autant plus vrai que cette analyse ne
concernait que le neutrino électronique,
le plus
léger, mais n’oublions pas qu’il existe deux autres familles,
le neutrino muonique et tauonique. Les trois saveurs additionnées, les
physiciens ont estimé que si leur masse dépassait environ 40 eV, elle dépasserait
la densité critique de l’univers, le forçant à ralentir son taux
d’expansion jusqu’à s’arrêter. Ce jour là l’Univers commencera
à se contracter. La science a parfois des relents de fiction... Censures
et préjugés de la communauté scientifique Nous pourrions également citer les travaux de Mandelbrot sur
l’Univers fractal, la démocratie nucléaire de Fitjov Capra, l’ordre
implicite de David Bohm ou l’Univers gémellaire de Jean-Pierre Petit,
autant de concepts originaux qui ont été développés dans le dossier
consacré à la physique quantique et au
problème OVNI mais qui nous éloigneraient
du but de ce dossier. Si les scientifiques acceptent de se remettre en
question et
d’amender leurs plus belles théories, ils ne le font jamais
volontairement et isolément. Seule une erreur fondamentale pourrait les y
contraindre, bien que la plupart du temps ils tenteront de protéger leur
découverte en invoquant une nouvelle loi, voire en introduisant un
postulat. Si un consensus scientifique les y contraint, ils éprouveront
alors une désagréable impression d’impuissance intellectuelle et de
rejet. Cette pression n'est pas innocente et en conduisit plusieurs à
abandonner leurs travaux - qui s’avéreront ultérieurement exacts -
allant même jusqu’au suicide. Cette ingratitude est rarement acceptée et c’est l’une des
raisons qui pousse certains scientifiques à rechercher la reconnaissance
au point de confondre le progrès de la société avec leur bien-être
individuel, plutôt que de se consacrer au progrès désintéressé de la
science. Nous y reviendrons dans le dossier que je consacre à la
philosophie des sciences. Il y a risque de dérapages au point de refuser
l’accès aux instruments, les crédits de recherches ou la publications
aux auteurs anticonformistes. Pourtant leur nouvelle façon d’appréhender
la nature a le mérite de répondre aux critiques que l’on adresse aux
théoriciens et de supprimer les paradoxes de certaines théories. Mais ces nouveaux paradigmes font peur car ils s’écartent résolument des normes, du cadre théorique accepté par la majorité des chercheurs. Inhabituels, peu de personnes reconnaissent la réalité à travers ces nouveaux modèles. Face à cette difficulté, la censure est la seule réponse unilatérale de certains dirigeants intolérants. Il faut toutefois dénoncer bien fort cette attitude car elle est scientifiquement injustifiable et relève d’une attitude dogmatique, obscurantiste et non démocratique. Nous pouvons citer des dizaines d’auteurs qui ont été censurés, surveillés ou mis à l’écart pour avoir abordé des sujets "sensibles". Rappelez-vous les travaux téméraires des chercheurs des 200 dernières
années : Olbers, Lagrange, Newcombe, Ovenden, Darwin, Pasteur, Wegener,
etc. Tous ont défié le paradigme du moment au risque de perdre leur crédibilité.
Parmi les chercheurs contemporains, citons les travaux d’Halton Arp à
propos de l’interaction des quasars avec des galaxies proches. Remercié
par le directeur des Monts Wilson & Palomar, il fut contraint de trouver un autre
emploi à l’Institut Max Planck en Allemagne; ceux de l’astrophysicien
Tom Van Flandern qui fonda son propre organisme de recherche META afin de
poursuivre ses recherches, les théories peu orthodoxes de Fred Hoyle
concernant l’univers stationnaire et la création continue et récemment
les travaux sur les abductions (les enlèvements par des OVNI) de John
Mack, psychiatre de l’Université d’Harvard bientôt surveillé par un
comité d’experts. Ainsi
que le disait Arthur Bloch en 1977 à propos de la loi de Murphy, "Malheureusement vous trouverez toujours quelqu’un qui supportera vos
idées". Cette attitude est en soi positive mais elle tend à dissiper
le sens critique de ses auteurs. La culture peut ici offrir certaines
garanties mais elle est insuffisante. Objet à multiples facettes, en
science l’acte intellectuel consiste en une spéculation libre à partir
d’hypothèses raisonnables. Sa méthode devrait être un exemple parfait
de la méfiance que ressentent tous les chercheurs devant l’inconnu. Espérons
qu’à l’avenir une hypothèse ne doive pas être vrai pour être
reconnue. Si le mystérieux labyrinthe façonné par dame Nature devient
tous les jours un peu plus compréhensible, espérons que les scientifiques
les plus conservateurs ne détruiront pas les preuves qui nous guident à
travers cet inextricable chemin vers la frontière de l’ignorance. Cette
digression par les cosmologies alternatives fait partie de l’évolution
normale des sciences et chacun doit lui accorder une place raisonnable. Comme le dit A.Sandage[10], "en fait il est naturel de constater que le modèle de Big Bang, né à la fin des années 1920 soit remis en question. Il repose sur une frêle assise théorique (liée au principe de Mach) et quelques preuves observationnelles incertaines (uniformité de l’univers à grande échelle, relation de Hubble à courte distance)". Il serait naïf d’imaginer qu’un modèle aussi simple ait perduré sans profondes altérations ou soit porté au panthéon de la science malgré l’accumulation de faits toujours plus nombreux en contradictions avec ses lois. Mais détrompez-vous. Bien que certaines cosmologies alternatives soient élégantes et théoriquement irrésistibles, seule la théorie de la relativité générale explique l’expansion de l’univers et les observations de la meilleure façon qu’il soit possible.
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