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A l'inverse, un météoroïde suivant une orbite géocentrique et entrant dans l'atmosphère à 40 km/s affecte les molécules de l'air avec la même vitesse. Sachant que l'énergie cinétique est de l'ordre de 8 eV par nucléon, une molécule d'azote capturée par ce flux dispose d'une énergie d'environ 230 eV. L'énergie de l'impact atmosphérique se transforme aussitôt en chaleur, libérant les atomes du météoroïde sous forme gazeuse. La collision entre les atomes libres du météore et les molécules d'air produit de la chaleur, excite la matière qui émet de la lumière et trace une traînée d'ionisation, il devient un METEORE. Toutes les nuits et partout sur Terre des météores ou étoiles filantes peuvent apparaître si vous observez le ciel durant au moins une demi-heure. Il s 'agit de météores sporadique qui traversent isolément notre atmosphère. Durant certaines périodes de l'année un grand nombre de météores peuvent apparaître en fin de nuit, allant de quelques dizaines à plusieurs milliers de météores. Ce sont des pluies d'étoiles filantes appartenant à des essaims dont le plus connu est celui des Perséides qui se manifeste aux alentours du 11 août.
Selon la dimension, la densité et la trajectoire du météoroïde, bref en fonction des effets aérodynamiques, celui-ci pénétrera plus ou moins profondément dans l'atmosphère. La plupart des étoiles filantes que nous observons ne font qu'une fraction de millimètre et s'évaporent dans les couches denses de la stratosphère. Dès que la magnitude visuelle atteint -4 (aussi brillant que Vénus) on parle de BOLIDE. La couleur rouge, jaune, verte ou bleue que l'on observe parfois dans un météore est émise non pas par le météore mais par les atomes ionisés de l'air ainsi que je l'explique dans le dossier consacré à l'étude des météores. Lorsque le météoroïde est de grande taille, à la limite de celle des astéroïdes (< 1 m), il peut atteindre la troposphère, c'est-à-dire la zone où se manifestent les nuages. En général, le bolide explose dans l'atmosphère. Les anglo-saxons qualifient ce phénomène de "Airburst". En 1994 le Département de la Défense américain estimait qu'au moins 100 bolides explosent chaque année dans l'atmosphère libérant une énergie supérieure à 1 kilotonne de TNT, soit plus de 1011 Joules. Si le météoroïde survit à l'interaction avec les molécules d'air et atteint le sol, ce qui reste du météoroïde original est appelé METEORITE.
Dynamique du phénomène Avant de commencer précisons que dans un calcul de risque d'impact météoritique, les "sections de capture" d'une planète varient en fonction de sa masse, alors qu'à densité égale la surface de capture est plus faible et varie comme la masse2/3. La fréquence des chutes par unité de surface varie donc comme la racine cubique de la masse, alors que la densité de l'atmosphère varie de façon plus importante. Sur une planète massive à l'atmosphère épaisse, beaucoup de météores brûleront dans les couches denses de l'atmosphère avant d'atteindre le sol. Sur Terre à l'inverse, l'atmosphère étant relativement peu épaisse, si la majorité des météores se consument au-delà de 50 km d'altitude, tous les météorites potentiels ne se consument pas et les plus massifs percutent le sol à une vitesse de l'ordre de 100 à 200 m/sec. Un météoroïde pénètre dans l'atmosphère terrestre à une vitesse qui oscille entre 12 et 72 km/s. C'est sa vitesse propre sur son orbite. Il s'agit d'une vitesse hypersonique (supérieure à Mach 5) capable de conduire l'objet jusqu'aux couches les plus basses de l'atmosphère. Comme tout objet se déplaçant à une vitesse hypersonique, on peut considérer la trajectoire du météoroïde comme un long cylindre générant des ondes de pressions détectables au moyen de barographes ou de sismographes. Le corps lui-même du météoroïde est entouré à l'avant d'un arc de haute pression (arc de choc), d'une couche limite à hauteur du corps et d'une onde choc qui s'étire en oblique derrière le corps en mouvement. Comme la pression est plus élevée à l'avant du météoroïde on peut assumer qu'il existe un espace vide derrière le météoroïde juste devant les ondes de turbulences. Tous ces mécanismes s'expliquent par le modèle d'expansion de Prandtl-Meyer.
Sur la surface frontale du météoroïde il existe un point de stagnation où la vitesse est nulle et la température du fluide la plus élevée. Par un effet de dissipation, la chaleur qui se développe à cet endroit est amplifié par la présence de régions vides ou quasi vides qui réduisent le transfert de chaleur et contribuent à augmenter la température interne du météoroïde. Si la chaleur générée augmente plus rapidement que le temps qu'il faut à l'objet pour s'équilibrer, les contraintes mécaniques sont telles que l'objet se fragmente, ces fragments subissant le même régime. Si l'objet est très fragile, une fraction de seconde plus tard il se produit une explosion thermique suivie d'ondes de pressions très puissantes capables de créer des fractures dans le sol à l'image des séismes. C'est ainsi qu'en 1908 des sismographes et des barographes installés à plusieurs milliers de kilomètres du site de la Tunguska ont parfaitement enregistré son explosion. Cette réaction est similaire à un dynamitage en pleine atmosphère et provoque un nuage de débris constitués de plasma, de roches et de poussières à l'état solide ou en fusion. Prochain chapitre
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