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Les notifications d’OVNI en Europe

Rappel historique

Les OVNI n’ont évidemment pas manqué de se manifester sur le vieux continent. Bien que les écrivains ayant abordé le sujet soient moins prolixes que leurs collègues américains, des dizaines de livres ont été écrits sur le sujet par des journalistes ou des scientifiques, parfois objectifs.

Les OVNI se sont manifestés en France dès les années 1950. En juillet 1952, le Gouvernement mis sur pied un comité de recherche qui sera confirmé dans son statut en 1954, à l’époque de la première grande vague française. C’est M.Catroux, Secrétaire d’Etat, qui demanda à Jean Nocher de créer une commission “pour étudier ce phénomène objectivement en extrayant la vérité des erreurs et des canulars”.

Entre fin 1973 et début 1974, la France connut une seconde vague d’observations d’OVNI que la gendarmerie s’empressa de rapporter au Centre National d’Etudes des phénomènes Spatiaux (CNES). En 1974, le Ministre de la Défense Robert Galley annonça qu’un département avait été créé au sein du Ministère des Armées dont l’activité consistait à récolter et étudier les nombreux rapports d’observations d’OVNI qui s’étaient accumulées durant la grande vague de 1954.

L'incident de Quarouble

L’un des cas les plus étonnants s’était produit le 10 septembre 1954. A 22h30, Marius Dewilde habitant près de Quarouble en France fut alerté par les aboiements de son chien. Il prit sa torche et regarda à l’extérieur.

Deux créatures comme je n’en n’avais jamais vu auparavant se trouvaient à quelques mètres de moi... Celle qui était la plus proche se tourna vers moi. La lumière de la lampe se réfléchit sur du verre ou du métal à l’endroit où devait se trouver sa tête. J’avais vraiment l’impression que sa tête était enfermée dans un casque de pilote. En fait, les deux créatures portaient une combinaison d’une seule pièce comme en portent les plongeurs. Ils étaient de très petites taille, probablement inférieure à 1m, mais ils avaient des pieds très larges et le casque qui me paraissait protéger leur “tête” semblait énorme. Je pouvais voir leurs jambes, petites proportionnellement à leur hauteur, mais d’un autre côté je ne voyais pas de bras. Je ne sais même pas s’ils en avaient”.

Dewilde essaya d’attraper l’entité mais lorsqu’il fut à 1.8m de la première il fut aveuglé par une lumière extrêmement intense provenant d’une sorte de boîte ouverte qui se trouvait près des rails du chemin de fer. “J’ai fermé les yeux et j’ai essayé de crier, mais je ne pouvais pas. J’étais comme paralysé. J’ai essayé de bouger, mais mes jambes ne m’obéissaient pas”.

Finalement la lumière s’est éteinte et Dewilde put à nouveau bouger. Il profita de cette occasion pour courir vers les rails du chemin de fer. L’objet s’éleva du sol et plana. Une traînée sombre et épaisse s’échappa de sa partie inférieure avec un léger sifflement. Le vaisseau s’éleva verticalement et finalement disparut.

Dewilde réveilla sa femme et un voisin et courut prévenir la gendarmerie la plus proche distante de plus d’un kilomètre. Ainsi qu’Aimé Michel le relate, le témoin était dans un tel état d’agitation que le préposé le prit pour un lunatique et ne le prit pas au sérieux. Il alla alors chercher le commissaire qui prit sa déposition.

La Direction de la Surveillance du territoire, la DST, l’équivalent français du FBI américain ou du MI5 anglais enquêta sur cette affaire. Leurs investigations ont démontré qu’un objet pesant au moins 35 tonnes s’était posé sur les rails du chemin de fer. L'événement demeure inexpliqué.

La vérité sort de la bouche des enfants 

En 2003 G.H.Penaud, 83 ans, me raconta cette anecdote.

Nous étions en 1958, dans la commune d'Anneullin, département du Nord, en France. 

Un dimanche, mes trois garçons reviennent en criant :

"Papa ! il y a une soucoupe volante posée dans le champ derrière !" 

Je les renvoie en les engueulant.

Le lendemain, la presse indiquait cette soucoupe, vue par plusieurs personnes et ... les gendarmes !!!

Morale de l'histoire : Le regard des enfants vaut parfois mieux que le discours des adultes; écoutez plus souvent vos enfants...

Alerte à l’aéroport d’Orly

Un autre cas reconnu officiellement survint le 19 février 1956 à 22h50 à l’aéroport d’Orly. Un “blip” apparut sur les écrans radars dont la taille était deux fois supérieure à celle d’un avion conventionnel. Il semblait survoler la région, planant puis accélérant à une vitesse fantastique. Il fut observé durant plus de 4 heures. L’objet se dirigea ensuite vers Gometz-le-Châtel en Seine et Oise puis disparu à une vitesse de 3600 km/h.

Un second “blip” apparut ensuite à hauteur de la position d’un DC-3 de Air France au-dessus de la base de Les Museaux à 1590m d’altitude et 150m plus haut que l’avion de ligne. Orly prévint immédiatement le pilote qu’un trafic non identifié croisait approximativement sa route. L’officier radio Beaupertuis vit l’objet à travers la lucarne à tribord. Il était énorme, au contour mal défini et présentait une lueur rouge par endroit, mais il ne disposait d’aucun feu de navigation. L’équipage l’observa durant 30 secondes puis l’objet disparut à bâbord en direction du Bourget. Dix minutes plus tard la tour de contrôle rappela pour dire que l’objet se trouvait à nouveau à quelques kilomètres du DC-3. Mais l’équipage ne put le voir.

Jusqu’alors toutes les observations d’OVNI étaient soit tenues secrètes, soit méprisées. Jusqu’au milieu des années 1970, ni la DST ni la DGSE, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure, ne publièrent aucun document relatif aux OVNI - pas plus que les autres pays – alors que les Etats-Unis disposaient déjà de la liberté d’accès à de telles informations (FOIA).

Le général Lionel Chassin[1], ancien commandant des Forces Alliées en Europe Centrale, qui fut président du GEPAN (Groupe d’Etude des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés) de 1964 à 1970 écrivit en 1958 : “Il n’est plus de bon ton de se moquer des témoins ayant observé des OVNI. L’explication “psychologique” est inappropriée car le nombre de personnes sensées, intelligentes, éduquées et en pleine possession de leur faculté ayant “observé quelque chose” et l’ayant décrit augmente chaque jour. Rejeter toutes leurs observations serait de plus en plus présomptueux”. Et de poursuivre à propos du scénario de guerre nucléaire : “Si on persiste à refuser de reconnaître l’existence de ces OVNI, nous finirons un jour, par ignorer les missiles lancés par l’ennemi; et le pis nous arrivera”.

Heureusement, dès avant 1958, les stations radars analysaient déjà automatiquement les signaux électromagnétiques qu’ils traitaient sur ordinateur afin d’éliminer toute interprétation subjective. Ce procédé de filtrage était très efficace car il supprimait par exemple tous les échos terrestres (mobiles, arbres, bancs d’oiseaux, etc) afin que les contrôleurs se concentrent sur les véritables trafics. Mais du fait même, ce système filtrait bons nombre d'échos suspects.

L'action du GEPAN

En 1977, le GEPAN se développa sous les auspices du CNES, dirigé par le Dr.Claude Poher, directeur de la division Fusées du CNES. Le groupement donna libre accès aux scientifiques de France ainsi qu’à d’autres agences étrangères.

Dans un premier temps tout se déroula comme promis. En 1978, ils annoncèrent que neuf cas présentaient des caractéristiques de vol et de comportement qui dépassaient nos connaissances humaines. Mais un an plus tard, après une réunion privée tenue au CNES de Toulouse, le Dr Gilles, chargé de recherche au CNRS annonça que les scientifiques attachés au GEPAN ne pouvaient consacrer que 10% de leur temps à l’étude des procès-verbaux qui leur étaient transmis par la gendarmerie. Tous ceux qui présentaient le plus haut indice d’Etrangeté/Probabilité n’arrivaient pas au GEPAN mais certainement dans d’autres institutions. En bref, le Dr.Gilles considérait le GEPAN comme une agence publique gérée par le gouvernement. Quelques années plus tard, cette impression fut confirmée par l’astrophysicien Pierre Guérin.

Malgré les rumeurs de démantèlement du GEPAN, en 1983, Charles Hernu, Ministre de la Défense décida que le GEPAN continuerait ses recherches sous la direction de deux ingénieurs du CNRS. Son activité s’avérera fructueuse.

Document CNES.

L’étude du sol sur les lieux des atterrissages révéla par exemple des anomalies en fonction de la distance au centre du site. La chlorophylle et les autres constituants des plantes avaient diminué entre 30 et 50%, le sol avait été écrasé par un objet très lourd, provoquant parfois des effets thermique et mécanique et laissant des résidus de combustion.

Lors d’une interview tenue le 12 mai 1984 sur France-Inter, Jean-Pierre Petit, physicien au CNRS annonça que M.Metzle, responsable des relations publiques du CNES avait dit lors d’une réunion à Paris qu’”il était nécessaire de tranquilliser l’opinion du public à propos du phénomène OVNI. C’est dans cet esprit que le GEPAN fut créé”. 

Entre 1977 et 1985, le responsable du GEPAN, J.-J.Velasco annonça qu’ils avaient collationné 1600 observations d’OVNI mais que la plupart concernaient des phénomènes naturels ou des avions. Velasco remarqua que 38% des observations ne tombaient pas dans cette catégorie, un pourcentage en soi extrêmement élevé.

Y avait-il donc des preuves que les OVNI étaient d’origine extraterrestre ? Malheureusement l’Armée de l’air française n’est pas concernée par la vie extraterrestre - le terme OVNI étant dans ce cadre assimilé à extraterrestre - même si les OVNI se moquent de l’interdiction de survol du territoire. Il faut donc espérer que le Gouvernement français adopte un jour une attitude plus ouverte et accepte la transparence dans ce domaine.

Cette attitude de l’autruche qui consiste à se voiler la face lorsque les preuves parlent d’elles-mêmes se retrouve en Angleterre, en Italie et dans d’autres pays d’Europe.

Notons qu'aujourd'hui le GEPAN est dissout (comme le SEPRA qui lui succéda) et depuis 2009 ses activités ont été reprises par le GEIPAN (le Groupe d'Etudes et d'Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non Identifiés) sous l'égide du CNES.

En 2011, sur 1150 notifications d'OVNI analysées par le GEIPAN, 9% furent parfaitement identifiées mais 63% demeuraient inexpliquées dont 41% par manque de données.

OVNI au-dessus de la base italienne d'Aviano

En Italie, le 1 juillet 1977 à 3h du matin, la base de l’OTAN d’Aviano fut mise en alerte par le soldat Janes Blake lorsqu’un OVNI brillamment éclairé survola à environ 100 m d’altitude la zone d’alerte Victor où se trouvait deux avions militaires. L’objet qui fut observé par plusieurs membres de la base faisait environ 50 m de diamètre et ressemblait à une toupie qui tournait sur son axe. Au sommet, un dôme changeait de couleurs, passant du blanc au vert puis au rouge.

L’objet laissant filtrer un bruit ressemblant à un essaim d’abeilles. L’OVNI resta au-dessus de la base une heure durant, provoquant une coupure d’énergie sur toute la base. A 1.5 km de là, Signor Benito Manfré confirma la scène en même temps qu’il vit la présence d’une “masse” de lumière stationnant au-dessus d’une zone bien précise de la base.

Cet incident ne sera directement communiqué au public mais une intense rumeur se propagea dans la base d’Aviano suite à cet épisode. Les officiels expliquèrent que “le phénomène doit être attribué à la réflexion de la Lune sur quelques nuages bas”. Selon Antonio Chiumiento[2] qui étudia cette affaire, la température de la nuit dans la zone de l’incident était trop élevée pour que le taux d’humidité permettre la création de nuages à cette altitude, et la Lune n’était pas non plus à la bonne place !

On peut dès lors se demander comment la Lune pourrait descendre à 100 m d’altitude, présenter un diamètre de 50 m et provoquer une alerte majeure qui sera répercutée au quartier général de l’OTAN à Bruxelles...

Finalement en mai 1978, le ministre de la Défense publia 6 rapports d’OVNI déclassifiés observés en 1977, la plupart faisant intervenir des contrôleurs aériens et des pilotes de jets.

Notifications en Espagne

Des observations d’OVNI corroborées par des pilotes et des radars au sol seront également enregistrées en Espagne, en particulier le 9 janvier 1967 sur la base de Talvena-Badajoz et le 2 janvier 1975 sur la base de Las Bardenas Reales. En 1976, le Général Castro, Général de brigade des Iles Canaries confirma la réalité des OVNI. Il révéla que le Ministère de l’Air Espagnol possédait environ 20 notifications qui demeuraient inexpliquées en termes conventionnels. En octobre de la même année, le Ministère de l’Air rendit public 12 dossiers totalisant 300 pages accompagnés de photographies, y compris celles prises avec la caméra-gun des avions[3].

Curieusement, à la même époque, le Benelux et l’Allemagne semblaient relativement épargnées par les OVNI. Est-ce l’opinion du public, des médias et des officiels à ce sujet qui les désintéressa du sujet ou ne faut-il y voir qu’une diminution réelle du nombre d’observations ? Difficile de le dire avec certitude. Il est en revanche certain que la rumeur a amplifié la vague française.

La vague belge

Puis il y eut la fameuse vague belge de 1989-91 sur laquelle nous reviendrons lorsque nous aborderons les rencontres rapprochées du 1er type. Bien que son auteur ait finalement avoué qu'il s'agissait d'un canular, le dossier contient des observations très originales faites à la fois par le public, des scientifiques et l'armée, il y eut des photographies qui seront traitées sur ordinateur et l'intervention d'avions F16. Après le "Blue Book", c'était la première fois depuis la guerre qu'un gouvernement prenait au sérieux des manifestations d'OVNI et déployait autant de moyens pour élucider ce mystère.

L’incident de Woodbridge/Rendlesham Forest

A l'inverse de la Belgique, l’Angleterre se démarqua également en cette matière, censurant tous les rapports touchant de près ou de loin aux manifestations d’OVNI. Nous verrons un peu plus loin, lorsque nous discuterons de la démarche des militaires, quelle fut l’attitude des autorités de ce pays lors de l’incident de Woodbridge/Rendlesham Forest survenu en 1980, et des relations privilégiées que lient vraisemblablement tous les pays occidentaux avec le Pentagone.

L'histoire continue...

Nous verrons également que les autres parties du monde ne resteront pas à l’écart des manifestations d’OVNI et seront aussi témoins de quelques notifications bien étranges. Des contrées isolées seront également touchées, telle l’Antarctique (l’île de la Déception), l’Atlantique Sud ou même la Papouasie.

Depuis ces évènements, l'Europe reste le siège d'étranges manifestations. Depuis l'an 2000, des pilotes d'avion ont continué à observer des lumières brillantes ou des objets inhabituels dans le ciel sans qu'ils n'aient été repérés par les radars au sol. Certains notifications ont même été faites au-dessus de Paris. Mais la couverture nuageuse fut telle que seul l'équipage en vol observa le phénomène. L'histoire sans fin continue...

Pour le lecteur intéressé, en 2000 l'écrivain Illobrand von Ludwiger publia un ouvrage aux presses du National Institute for Discovery Science (l'institut fondé par Jacques Vallée) intitulé "Best UFO Cases: Europe", dans lequel il relate les principales notifications d'OVNI survenues en Europe depuis le XVIeme siècle. Il évoque évidemment les triangles de la vague belge, les notifications anglaises mais également les relevés radars, les interférences électromagnétiques ou les débris recueillis au Danemark.

Citons également la base de données statistique *U* UFO Database de Larry Hatch (qui semble avoir été détruite en 2014 mais dont voici une copie archivée) qui est alimentée depuis les années 1980 et inclut également des données mondiales jusqu'en 1947. Il ne s’agit pas d’une collection de procès-verbaux ou de photographies mais uniquement d’un outil statistique présentant des analyses graphiques selon différents critères. On y reviendra.

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[1] A.Michel, “Flying Saucers & Straight-line Mystery”.

[2] Flying Saucer Review, 30, 2, “UFO Alert at NATO Base in Italy”, 1984, p2-5.

[3]Flying Saucer Review, 22, 3, 1976, p2.


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