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Pour faire face à
un éventuelle contact, l'Union Astronomique
Internationale (UAI) en collaboration avec l'Académie
internationale d'astronautique et l'Institut International de Droit Spatial ont
adoptés en 1989 une déclaration
visant à poser quelques principes de forme. L'un d'eux stipule que "la
recherche d'intelligences extraterrestres [...sera entreprise] dans des buts
pacifiques et dans l'intérêt commun de toute l'humanité". Ouf ! Que
le message capté devra être confirmé par des radioastronomes équipés pour détecter
de tels signaux. Il devra être évalué par un comité d'experts - astronomes,
astronautes, psychologues, biologistes, planétologues - afin de situer la découverte dans
son contexte général. Enfin la découverte sera communiquée par l'intermédiaire
des Nations Unies. La découverte appartiendra à l'Humanité entière. Ce
protocole d'annonce traduit bien l'esprit qui règne dans la communauté
scientifique en faveur de cette recherche et le désir d'éviter toute méprise...
Ceci dit, il est certain que chacun serait surpris d'apprendre ce premier contact et nous réactions seront inattendues. Dans son livre "Contact" qui fut un succès au box office en 1997, Carl Sagan[1] imaginait quelles seraient nos réactions dans de telles circonstances. Pour préparer cette éventualité, le sociologue Donald Tarter de l'Université d'Alabama analysa par sondage les réactions des médias, des magazines spécialisés, des journaux et de la télévision. De l’avis général, il considéra qu'un comité d'experts devra vérifier le phénomène. Ce comité aidera l'interprétation et l'analyse des annonces. Car une fois connue du public les scientifiques s'accordent pour dire que l'annonce d'une telle découverte marquera le seuil d'une nouvelle compréhension de l'humanité. Dès lors, le comité de vérification qui sera mis en place et qui transmettra l'annonce aux Nations Unies et autres institutions scientifiques, et finalement aux médias, devra agir comme s'il s'agissait d'une situation de crise. Pour
illustrer nos propos, prenons par exemple les comptes-rendus de la "Guerre
du Golfe" au Koweït ou des vols spatiaux de la sonde spatiale Voyager au
JPL; les responsables ont planifié des conférences de presse journalières
avec les journalistes qui d'un commun accord n'ont pas divulgué l'ensemble des
informations qu’ils détenaient. L'annonce devait être crédible, sans être
alarmante ou noyer l’essentiel de l’information.
Dans
la population, après une excitation certainement inqualifiable, certains auront
un sentiment de crainte ou d'incrédulité. D'autres seront enthousiastes de
savoir qu'il existe une autre forme de vie dans l'univers. Des entreprises
exploiteront le phénomène, à travers la vente de produits commerciaux mais également
le fanatisme des sectes, etc. Même si le message reste incompréhensible et si
notre réponse devra mettre des milliers d'années avant de retourner à son émetteur,
l'essentiel serait acquis : nous aurions la preuve irréfutable qu'il existe,
quelque part dans l'univers, une autre planète sur laquelle vivent des êtres
dotés d'une conscience au moins équivalente à la nôtre... et malgré l'inquiétude
de nos peuples, que l'irrémédiable apocalypse n'est pas le seul destin. Ah, si
cela pouvait réellement se produire... Fascinante perspective ! Les civilisations de Kardashev Cette
échéance fait partie d'une philosophie très appréciée en Russie, complémentaire
de l'idée de la vie extraterrestre occidentale. Au cours d'un séminaire qui
s'est déroulé en 1964 et dont le compte-rendu fut publié dans le Journal
de l'Astronomie Soviétique ainsi que dans l'ouvrage "Cosmos" de
Carl Sagan[2],
l'astrophysicien
russe Nicolai Kardashev de
l'observatoire radioastronomique de Samarkande
expliqua que les civilisations
avancées pouvaient être classées en quatre catégories
selon leur consommation d'énergie : -
Civilisation de Type I : la
civilisation consacre toute son énergie à communiquer, comme d’autres, à
leur époque se consacraient à produire de l’électricité ou au transport de
marchandises (voyez-vous laquelle je vise). Kardashev considère que la Terre
n’a pas encore atteint ce stade. Nous sommes malgré tout capable de produire
environ 1021
watts par an (16.5 trillions de kWh en 2003) de façon commerciale et continue,
quelques ordres de grandeur en-dessous des conditions requises pour être membre du club fermé de Kardashev. Notre
consommation d’énergie augmente malgré tout de quelques pourcents par an. -
Civilisation de Type II : la puissance
des communications atteint l’énergie rayonnée par une étoile moyenne, soit
environ 1026
watts. Actuellement, les télescopes orbitaux et les radiotélescopes sont en
mesure de détecter ces éventuels signaux jusqu’à plusieurs millions d’années-lumière. -
Civilisation de Type III : la
civilisation consacre toute l’énergie d’une galaxie, soit environ 1036
watts aux communications. L’astrophysicien Richard Gott III complète cette définition
en plaçant une sphère de Dyson autour de chaque étoile (voir plus bas). Ses
signaux seraient détectables en tous lieux de l’univers observable. - Civilisation de Type IV : capable de maîtriser l’énergie de l’Univers, elle ne pourra vraisemblablement jamais dialoguer avec les civilisations primitives. Perdue dans l’harmonie de ses vibrations cosmiques, seul le rythme de son pouls galactique signalera son existence. Nous compléterons ces définitions lorsque nous discuterons de la physique des civilisations extraterrestres en compagnie de Michio Kaku. Pour Kardashev les messages proviendront d'une "super-civilisation" de Type III capable de maîtriser l'énergie de sa galaxie; nous détecterions sur Terre des "fuites technologiques" telles que des ondes radios, des faisceaux lasers ou d'autres rayonnements à bande passante étroite. Les
radioastronomes et des physiciens tels Michio
Kaku sont unanimes pour considérer qu’il est évidemment beaucoup
plus facile de détecter des civilisations de Type II et III, qui ont un
rayonnement galactique ou extragalactique intense et structuré, que d’essayer
de détecter ponctuellement une civilisation de Type I parmi les milliards d’étoiles
constituant chaque galaxie. Cela
dit, une civilisation de Type I ou supérieure peut avoir réussi à maîtriser
la dispersion du rayonnement issu de son activité ou de sa banlieue galactique
pour des raisons technologiques ou simplement pour optimiser sa consommation
d'énergie.
Sur Terre, les émissions TV qui sont localement câblées ont interrompu les
puissantes émissions transhorizon qui se propageaient ensuite dans l'espace.
Sans contrôle, des outils fonctionnant grâce au rayonnement cohérent ou
exploitant des émissions synchrotrons, le rayonnement stellaire, les ondes
gravitationnelles de très hautes fréquences, etc, peuvent
se propager à de grandes distances sans être fortement absorbés ou déviés.
Si une société a pu canaliser de telles énergies pour assurer son développement,
les fuites provenant de leurs activités seront réduites.
Si nous persistons à n'écouter que le "trou d'eau" ou rechercher des signaux radios répétitifs, nos chances d'une telle découverte sont faibles. Les chances ne sont pas beaucoup plus élevées si on se limite à un espace de 10 ou 1000 a.l. Les chances deviennent plus raisonnables si nous augmentons notre sphère d'écoute et le spectre des fréquences, même si nous perdons en durée d'observation (temps d'intégration) et en résolution spatiale. Mais si nous découvrons une civilisation à plusieurs centaines d'années-lumière, le temps que mettra le rayonnement à se propager nous empêchera de connaître la réponse. Quoi qu'il en soit ce serait la conclusion d'une aventure. Prochain chapitre
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