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L'observation des satellites artificiels
La station spatiale internationale ISS (II) Parmi les satellites artificiels facilement visibles, la station spatiale internationale ISS occupe sans conteste une place privilégiée. Non seulement les vols des navettes allant se docker à la station ISS sont rappelés dans les médias, mais la station ISS est tellement volumineuse que c'est le seul satellite artificiel facilement reconnaissable par sa luminosité. En effet, lorsqu'elle s'élève haut dans le ciel, la station ISS brille avec une magnitude variant entre -2 et -4, donc plus brillante que n'importe quelle étoile et rivalise parfois d'éclat avec Vénus. Depuis 2008 la station ISS est encore plus brillante du fait de la mise en service des nouveaux modules européens et japonais (cf l'article Les colonies spatiales en images pour les photographies et plans de construction d'ISS). Pour les amateurs qui souhaitent connaître les éphémérides au jour le jour et savoir tout ce qui se passe à propos de la station ISS ou de tout autre satellite, je vous suggère de consulter la page web Skyviews de Jay Respler qui publie chaque mois l'actualité astronomique en relation avec les satellites. Pour connaître la position de la station ISS, vous pouvez consulter l'indispensable site Satellite Tracking de la NASA (dont la rubrique Sightings du HSF dédiée à ISS), GoogleSat Track, le module "Flybys" de Spaceweather ou tout simplement le site très complet d'Heavens-Above en cliquant sur l'un des liens suivants : Visibilité d'ISS au-dessus de: Bruxelles - Namur - Luxembourg - Paris - Genève - Québec Cliquer ensuite sur la date pour obtenir la carte du ciel Les valeurs indiquées sont également valables dans un rayon d'environ 50 km. Au-delà le décalage avec l'heure de passage indiquée dépasse 1 minute mais la trajectoire parmi les étoiles sera pratiquement identique à quelques dizaines de minutes d'arc près. La station ISS présente également des flashes de magnitude -4 environ lors de ses passages à l'est ou à l'ouest avec des reflets rouges ou bleus-ciel dûs à la réflexion de la lumière sur ses panneaux solaires de couleur cuivre (voir l'animation en page 3). Mais ici comme dans beaucoup de régions il ne sert à rien d'essayer de localiser ISS ou la navette spatiale si elle évolue près de l'horizon car la pollution lumineuse ou l'atmosphère réduise drastiquement son éclat. J'ai ainsi pu constater le 15 août 2001 vers 22h10 locale que la station ISS d'une magnitude de -2 à 50° d'élévation présentait une minute plus tard une magnitude de +3 vers 30° d'élévation où je l'ai pratiquement perdue aux jumelles en raison de la clarté du ciel. Ceci dit durant une minute le spectacle fut mémorable car ISS partageait le même quadrant du ciel avec 2 avions longs courriers qui l'ont rapidement dépassée pour vous donner une idée des vitesses relatives de ces objets. Notons que le site Sightings de la NASA ne reprend pas la magnitude d'ISS contrairement à Heavens-Above ou Spaceweather. A télécharger : VRML Simulator (et son plugin) Ecrit par Mike Tyrrell, simule l'apparence des satellites artificiels
Comment photographier ou filmer la station ISS ? Comme en témoignent les photographies et les vidéos présentées sur cette page, photographier ou filmer la station ISS est à la portée des astronomes amateurs. Car il vous faut un télescope ou une lunette astronomique pour y parvenir. En portant l'oeil à l'oculaire de cet instrument, vous constaterez rapidement que d'une part la station ISS se déplace très vite et qu'il ne faut pas tenter les trop forts grossissements qui vont accentuer la turbulence et les vibrations, sans apporter de détails. En fait, la turbulence sera votre principal ennemi, raison pour laquelle vous devrez si possible choisir des soirées calmes, où la turbulence est très faible offrant des conditions d'observations optimales. Il est également recommandé d'utiliser un télescope fixé sur une monture très stable, si possible équipée d'un moteur sur ses deux axes et contrôlés électroniquement, et dont la mise au point de l'oculaire s'effectue au moyen d'une télécommande électrique, toujours dans le but d'éviter les vibrations. L'idéal est d'utiliser un télescope d'au moins 100 ou 200 mm d'ouverture pour obtenir une résolution suffisante et offrant un rapport d'ouverture assez élevé (f/7 ou f/10 au foyer primaire afin d'obtenir des grossissements importants), c'es-à-dire dans cet exemple offrant une focale de 700 à 2000 mm. A voir : La station ISS filmée depuis la Terre (YouTube)
Cet instrument devrait idéalement être équipé d'un système automatique de poursuite des satellites et donc soit disposer en interne d'une base de données et du logiciel ad hoc (comme le sont la plupart des systèmes "Goto") soit être relié à un ordinateur portable muni d'un logiciel de planétarium capable de piloter un télescope. L'inconvénient du logiciel externe est que cela vous oblige à transporter un ordinateur portable et quelques câbles sur le site d'observation. La solution "Goto" est donc vivement recommandée.
Enfin, il est conseillé d'utiliser un oculaire très lumineux (Kellner, Plössl, ...), si possible grand champ (c'est parfois incompatible ou sinon très cher, notamment chez Nagler) et grossissant environ 1.5 fois le diamètre de l'objectif exprimé en mm (soit 300x pour Schmidt-Cassegrain de 200 mm f/10, équivalent à un oculaire de 6 mm de focale donnant un grossissement de 333x). Cela vous permettra de préserver la luminosité de l'instrument sans perdre les détails du sujet. Vous devez ensuite placer votre appareil photo, réflex ou compact, sur l'oculaire du télescope et rendre l'ensemble solidaire. Pour cela, il existe des raccords photos et autres bagues T. L'astrophotographie demande un peu d'apprentissage mais si vous disposez des bons accessoires, ce n'est pas difficile, foi d'utilisateur. C'est d'autant moins difficile avec la station ISS qu'au télescope son éclat vous permet de prendre des clichés instantanés, sans pose prolongée. Vous pouvez évidemment utiliser un caméscope ou plus simplement une webcam. L'avantage va bien sûr au caméscope équipé d'une mémoire flash (Canon HF200, Canon HF11, JVC GZ-HM200, etc) car il est autonome. Inconvénient, les caméscopes sont cher (500-1500€) et relativement lourds, pesant entre 300 et 500 g sans accu. Ils ne peuvent donc être installés que sur des télescopes robustes (par ex. un SCT de 200 mm). L'alternative est la webcam, bon marché, petite et ultra-légère. Ainsi que l'explique l'article sur les caméras CCD, une webcam s'utilise tout différemment d'un appareil photo. Les inconvénients de la webcam sont sa faible résolution et le fait qu'elle doit être reliée à un ordinateur durant la prise de vue. Mais si vous acceptez ces contraintes, vous pouvez obtenir d'excellents résultats. Voyons à présent les phénomènes associés au passage des satellites artificiels ou de la navette spatiale. Prochain chapitre La vidange de la navette spatiale et les flash d'Iridium
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