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Les colonies spatiales en images, les dessins originaux

Les essais de prospective (I)

La prospective qualifie toute étude visant à déterminer l'orientation future de notre société ou d'un concept. Il est rare aujourd'hui de trouver une information précise sur les colonies spatiales comme on l'entendait dans les années 1970, à l'époque des grands projets de Gerard K.O'Neill et de la NASA.

Il m'a semblé intéressant tant sur le plan historique que purement conceptuel et artistique de vous présenter les principales réalisations en ce domaine ainsi que les principaux sites de référence abordant tous les aspects de cette technologie d'avant-garde.

Ainsi que je l'ai expliqué dans le dossier consacré à la colonisation de l'espace il y a un pas de géant entre la conception artistique d'un tel projet et sa réalisation concrête qu'il est difficile d'estimer.

Il faut bien reconnaître qu'en cette matière la plupart des "experts" en prospective ont vu leurs projets abandonnés. Combien de cités futuristes ont vu le jour sur papier, combien de calques et de "blue prints" ont été dessinés par les designers et les architectes, combien de maquettes et de prototypes n'ont pas été construits puis abandonnés... La raison ? Manque d'intérêt politique et de moyens financiers. Mais à l'avenir cela pourrait changer avec le développement du tourisme spatial.

L'illustration de Rick Guidice reprise ci-dessous est un exemple typique de cette imagination débridée mais qui ne fut jamais concrétisée. Bien sûr ce n'est pas pour autant que le concept a été abandonné. Il suffit de se rappeler les inventions de Léonard de Vinci et autre Jules Verne. La plupart d'entre elles ont fini par voir le jour, quelques décennies ou siècles plus tard. On y reviendra dans l'article consacré aux technologies du futur.

A gauche l'idée que les illustrateurs des années 1960 se faisaient du futur. A droite, l'avenir tel que l'imaginait Rick Guidice en 1976 : des villes modernes, une économie florissante, une nature sous verre, une gravitée contrôlée, bref la cité idéale ? Certains malheureusement tomberont de haut... Documents NASA/Ames Research Center.

Les illustrateurs les plus habiles sous contract avec la NASA tels Rick Guidice et Don Davis appartenaient au milieu très fermé des illustrateurs préparant les dix ou vingt prochaines années du programme spatial. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, si la NASA fit appel à ses artistes, ce n'était pas en raison de leur savoir-faire en ingénierie spatiale mais uniquement pour leur habileté à dessiner; il ne faut pas croire que ce sont ces artistes qui proposèrent à la NASA la structure ou l'aspect des cités du futur, mais bien les ingénieurs après de longues années de recherches et développements.

Même si la NASA avaient engagé des ingénieurs payés pour imaginer les colonies spatiales du futur, leur contrat ne leur garantissait pas de voir un jour leurs inventions s'ériger dans la nature. Non seulement les artistes ne faisaient qu'illustrer leurs idées griffonnées sur le papier par les ingénieurs mais la technologie de ces structures spatiales futuristes n'était par définition pas encore maîtrisée. Par conséquent, la plupart des projets étaient tout simplement utopiques car pratiquement irréalisables. En effet, sans volonté politique et sans moyen concret de construire ses structures dans l'espace ni même savoir si ces projets étaient réalisables, il était difficile pour un sponsor de leur accorder des crédits tant sur le bien fondé scientifique que financièrement parlant. De toute façon, vu la dimension de ces structures, aucune entreprise privée ni même publique n'aurait pu supporter seule un tel investissement. Ces concepts sont donc pratiquement tous restés à l'état d'études théoriques

Les couvertures du magazine "Analog" dont les nouvelles abordent le sujet des colonies spatiales ou des voyages spatiaux. Documents collection T.Lombry.

Les colonies spatiales en particulier avec leurs dimensions démesurées en sont un parfait exemple. Celles imaginées par l'équipe de Gerard O'Neill mesurent des dizaines de kilomètres d'envergure et sont prêtes à accueillir des milliers et même des millions d'âmes pour les plus vastes !

De tels projets ne sont pas à l'ordre du jour, ni des agences spatiales ni même des consortiums internationaux. Les crises économiques, sociales ou politiques face auxquelles nous sommes souvent confrontés rendent la planification de ces projets très aléatoire et même carrément du ressort de l'utopie. Aujourd'hui, aucun Etat ne souhaite construire de telles infrastructures en orbite. Il y a à cela plusieurs raisons dont l'aspect financier n'est pas le moindre mais dont l'essentiel est le fait que le besoin n'existe pas ! En effet, que ferions-nous en orbite terrestre avec tous les risques que cela sous-entend quand on peut vivre sur la terre ferme et fabriquer à moindre coût pratiquement l'équivalent sur Terre...

La Station Spatiale Internationale ISS

A l'heure actuelle le seul projet allant dans la direction de la colonisation de l'espace est la fameuse Station Spatiale Internationale ISS, anciennement baptisée station "Alpha". Mais elle est considérée d'un assez mauvais oeil par les scientifiques qui rétorquent globalement qu'il s'agit d'une perte d'argent malgré les avantages qu'elle procure et que nous avons évoqués antérieurement.

Pourtant son budget a été accepté par le sévère Congrès américain et ses équivalents nationaux européens. Le projet a donc été soutenu par nos représentants qui comptent bien en tirer profit jusqu'en 2020 ou 2025. Seul inconvénient, son assemblage, sa maintenance et les transferts de personnel dépendent de la disponibilité des transporteurs (des navettes spatiales jusqu'en 2011 ou d'une fusée).

La Station Spatiale Internationale ISS

Mesurant 109x73x51 mètres, pesant 419 tonnes pour un volume de 388 mètres cubes habitables, la station ISS a été assemblée grâce à la participation de 7 agences nationales d'astronautique dont l'ESA. Son assemblage qui débuta en 1998 fut terminé en 2014. Il nécessita 115 missions spatiales dont 37 vols des navettes américaines.

Les différents modules de la station ISS. Document Cadmos/CNES.

L'astronaute et ingénieur de vol Tracy Caldwell Dyson observant la Terre depuis la coupole d'observation (cupola) de la station ISS. Autoportrait pris lors de l'expédition 24 le 11 septembre 2010. Cette photographie fut élue "Picture of the Day" par les lecteurs anglophones de Wikipedia en 2012. Document NASA/T.C.Dyson

La navette Endeavour attachée au dock de la station ISS le 23 mai 2011 au cours de la mission STS-134. Photographie prise depuis le module Soyouz.

Aspect de la station ISS le 23 mai 2010, lors de la mission STS-132 de la navette Atlantis.

Photo NASA Ref. S132E007808

Aspect de la station ISS le 16 mai 2010, lors de la mission STS-132 de la navette Atlantis.

Aspect de la station ISS le 16 mai 2010, lors de la mission STS-132 de la navette Atlantis.

Photo NASA Ref. S132E007705

Aspect de la station ISS le 19 février 2010, lors de la mission STS-130 de la navette Endeavour.

Aspect de la station ISS en janvier 2010, lors de la mission STS-129 de la navette Atlantis.

Photo NASA Réf. S119E009765

Aspect de la station ISS le 25 mars 2009, lors de la mission STS-119 de la navette Discovery.

Aspect de la station ISS le 11 juin 2008, lors de la mission STS-124 de la navette Discovery.

Photo NASA Réf. S123E08217

Le croissant de la Terre défilant sous la navette Endeavour alors qu'elle s'approche de la station ISS le 12 mars 2008 au cours de la mission STS-123.

Aspect de la station ISS le 19 juin 2007 au cours de la mission STS-117 de la navette Atlantis.

Photo NASA Réf. S115E06750.

Aspect de la station ISS le 17 septembre 2006 au cours de la mission STS-115 de la navette Atlantis.

Aspect de la station ISS le 17 septembre 2006 au cours de la mission STS-115 de la navette Atlantis.

Photo NASA Ref. S115-E-06723

Photo NASA Ref. S115E06767

Aspect de la station ISS le 17 septembre 2006 au cours de la mission STS-115 de la navette Atlantis.

ISS photographiée le 18 juillet 2006 au cours de la mission STS-121. Rappelons que suite à l'accident de Columbia (STS-107), les missions furent suspendues entre février 2003 et juillet 2005.

ISS photographiée en octobre 2002 depuis la navette spatiale lors de la mission STS-112.

Aspect de la station ISS le 15 novembre 2000.

La station ISS équipée de radiateurs et de panneaux solaires supplémentaires. Image prise depuis la navette spatiale au cours de la mission STS-98A.

Aspect de la station ISS le 18 septembre 2000.

Aspect de la station ISS en septembre 2000.

Sortie extra-véhiculaire d'ISS en 2000 et premières manipulations autour du module américain Unity.

La station ISS en mai 2000 au cours de la mission STS-101.

Début de l'assemblage de la station ISS en 1998. La mission STS-088 qui s'est déroulée du 4 au 15 décembre 1998 a permis de connecter le module américain Node-1 Unity (à droite) au module de contrôle russe Zarya (à gauche). Photographie réalisée depuis la navette spatiale Endeavour.

Images de synthèse d'ISS

Simulation de la station ISS au lever du Soleil. Les Etats-Unis et la Russie ont fournit la plupart des éléments de la station tandis que le Japon, l'Europe, le Canada, l'Italie et le Brésil ont chacun apporté un module (Columbus, JEM, logistique, bras manipulateur, etc).

Simulation montrant une navette spatiale attachée au dock de la station ISS.

Vue globale de la station ISS. Un nouvel élément vient s'accoster au module de service Zvesda. Le module Europen Columbus est le cylindre légèrement doré au-dessus à droite sur lequel est fixé un petit boitier vert.

Gros-plan sur la coupole d'observation (cupola) et la navette de sauvetage.

La navette au dock de la station spatiale. Document SEDS.

Vue panoramique depuis l'intérieure de la coupole d'observation (cupola) réalisée par l'auteur à partir du fichier ISSVTOUR (2.5 MB).

Gros-plan sur le bras manipulateur robot de l'ISS construit par le Canada.

Vous trouverez d'autres images dans la galerie que la NASA consacre à la station ISS et la chronologie de son assemblage sur le site Spaceflight de la NASA.

En attendant de pouvoir monter là-haut, des mécènes et des sociétés privées ont imaginé construire des hôtels en orbite et des agences commerciales envisagent déjà des nuitées sous les étoiles, des trips vers la Lune ou des certificats de vol spatial...

Les colonies au sens strict resteront encore pour longtemps le rêve des aventuriers et des ingénieurs. Emboîtons leur le pas et examinons ces merveilleuses terres du ciel, emblématiques du futur...

Prochain chapitre

Les colonies spatiales, les dessins originaux

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