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Choisir un site d'observation astronomique Votre observatoire (II)
Placer l'ouverture de votre observatoire à environ 5 mètres au-dessus du sol pour éviter les turbulences du sol lors des échanges thermiques ou des déplacements du personnel ou des véhicules. Il est facile d'éviter la turbulence interne à l'intérieur de l'instrument (même dans un tube fermé l'air n'est pas stable) en facilitant l'échange thermique entre l'intérieur et l'extérieur de la coupole ou en sortant l'instrument avant la séance d'observation comme nous l'avons expliqué. Quant à la turbulence atmosphérique ou locale, méfiez-vous du vent et ne tentez pas d'ouvrir votre coupole si les rafales dépassent 40 km/h. Même boulonné dans le béton, les points de fixation au bâtiment n'ont qu'une résistance limitée. Lorsque la coupole est ouverte, la prise au vent est très importante et vous courrez le risque de voir votre installation emportée par une bourrasque plus forte que les autres.
Concernant l'observation du Soleil, il ne faut pas espérer utiliser des instruments de très grande ouverture pour observer le Soleil en hydrogène alpha. Le principal problème est la CHALEUR. Le Soleil génère un phénomène de convection thermique dans notre atmosphère, réchauffant le sol et les bâtiments autour de nous. Dans ces conditions la couche d'air à travers laquelle nous observons le Soleil devient turbulente, crée des fluctuations de température bien supérieure à 0.1 K. Cet effet affecte l'indice de réfraction de l'air et génère des trains d'ondes d'aberrations qui limitent la résolution pratique aux alentours de 1", que vous utilisiez un télescope de 80 ou de 400 mm d'ouverture. Simulation de la turbulence dans un coronographe (Obs.Nice) Utiliser si possible une lunette astronomique ou un télescope à enceinte close, fermé par une lame de fermeture ou ventiler les turbulences de façon à ce qu'elles se déplacent parallèlement à l'axe optique. L'avantage revient ici encore aux lunettes qui sont quatre fois moins sensibles aux déformations thermiques ou mécaniques que les télescopes à miroir. Coupole ou abri roulant ? La question est pertinente. Depuis quelques années, les professionnels se sont détournés des observatoires abrités sous coupoles. A première vue l'idée semble saugrenue car cela fait plus d'un siècle que la coupole a monopolisé la question. Mais à force de construire de nouveaux observatoires bénéficiant de conditions optimales, il a fallu reconnaître que les coupoles hémisphériques entretenaient les turbulences autour des télescopes. La coupole reste toutefois la structure la mieux adaptée mais c'est aussi la solution la plus onéreuse ou celle qui vous demandera le plus de travail si vous désirez la construire vous-même.
L'avantage de l'abri roulant est de mettre très rapidement l'installation en température et d'éliminer toute turbulence autour de l'instrument. De plus l'abri roulant est beaucoup plus facile à construire qu'une coupole et meilleur marché. Aussi est-il devenu un standard chez les amateurs. Il est convivial, les invités embrassant en un clin d'oeil toute la voûte céleste. Si le vent vous gêne vous pouvez toujours ouvrir partiellement l'abri selon la hauteur de l'astre observé tout en restant protégé. Pour ce faire une orientation nord-sud est conseillée, l'abri coulissant vers le nord.
Cela dit, faute de moyens et d'espace approprié, la plupart des amateurs travaillent tout simplement sur leur balcon (déconseillé en raison des turbulences), dans leur jardin ou, ce qui est préférable, à l'écart de toute lumière parasite en pleine nature. Parfois il s'agit d'une solution idéale pour les amateurs qui cherchent un compromis entre la mobilité et la stabilité de la monture. Plusieurs constructeurs proposent en effet des montures allemandes rigides sous lesquelles peuvent se fixer des roulettes de transport débrayables. D'autres proposent des montures à fourches dont la base est fixée sur un trépied trapu. Lorsque ces montures sont déposées sur une dalle de béton ou sur l'asphalte, il est tout à fait possible de réaliser des photographies à longue pose du ciel profond. Encore faut-il que le sol ne transmette pas les éventuelles vibrations...
Kazuyuki Tanaka par exemple, astronome professionnel et opticien japonais, a expérimenté trois lieux différents avec son Celestron de 200 mm : tout d'abord le désert d'Arizona où le "seeing" (conditions d'observation) était voisin de 9/10. Ayant plusieurs années d'observation à cet endroit, réalisé des images en haute résolution du ciel profond et des planètes et même réalisé de la spectroscopie sur les quasars, il m'a confirmé qu'il n'avait jamais observé la scintillation atmosphérique ! Puis il rentra à Tokyo où le seeing est tombé à 4-7/10 avec des vibrations très importantes engendrées par la rue et les lignes de transport en commun (autoroute, train, métro) situées à quelques dizaines de mètres de son appartement. Sans patins amortisseurs sous sa monture, il me disait qu'il n'aurait jamais pu reprendre l'astrophotographie à haute résolution.
Il est clair que les conseils que j'ai repris ne sont pas souvent pris en considération et de nombreux amateurs commettent nombre d'erreurs qui réduisent fortement les performances de leur installation. Mais vous me rétorquerez que l'on n'a pas toujours le choix ! Bien sûr. Aussi exploitez au mieux le site dont vous disposez en réduisant autant que possible la turbulence, les vents de sol, la pollution lumineuse, les vibrations, observez en l'absence de Lune et sous de très bonnes conditions, quantité de paramètres qui, accumulés, favoriseront une meilleure qualité d'image. Pour plus d'information The Vanishing Universe, D.McNally, Cambridge University Press, 1994. Détecteurs de ciel clair : Thermoelectric detector, The Boltwood Cloud Sensor. Construction d'observatoires et de télescopes Altaz (Dobson) Aristarque (Celestar) Durey (Newtonien de 400 mm) Peyro Michel (Newtonien de 600 mm) Faranda Chuck (355 mm) German Equatorial Mount (Chris Heapy) Jason Lewis (Meade 305 mm) Puckett Tim (615 mm) Les images des observatoires portugais m'ont été aimablement communiquées par Pédro Ré. Les coordonnées des amateurs figurent dans mes 1001 liens, rubrique Images. Retour aux Rapports techniques
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