vaufrègesI3

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  1. Actualités de Curiosity - 2013

    Rien de très surprenant.. Sous ces mêmes latitudes, en 2008, toutes les tranchées creusées par la pelle du lander Phoenix avait rencontré de la glace d'eau à deux ou trois centimètres de profondeur, ce qui n'avait pas permis de creuser bien plus profond.
  2. Actualités de Curiosity - 2013

    Page précédente, le 28 novembre je mentionnais ceci : "Il est prévu d’acquérir une énorme mosaïque d’images couleur. Pour capturer les 360 degrés de terrains qui l'entourent, Curiosity prendra 850 images individuelles avec chacune de ses deux caméras Mastcam. Il faudra environ huit heures pour capturer toutes ces images. Pour répartir le travail sur plusieurs sols, la scène complète sera divisée en quatre segments comprenant "Central Butte" et l'unité d'argile, "Vera Rubin Ridge", le "fronton de Greenheugh", les lointains remparts du cratère Gale et le Mont Sharp." L'opération se poursuit, Thomas Appéré s'étant pour sa part déjà attelé à assembler cette énorme mosaïque en fonction de la disponibilité des images (650 le 9 décembre) :
  3. Actualités de Curiosity - 2013

    Des "preuves de vie" (à moins de trouver un os ou des macro fossiles) c'est très peu envisageable. Au mieux, on pourrait se trouver face à un faisceau d’indices dont les données regroupées pourraient réduire considérablement les doutes. Le chromatographe en phase gazeuse de SAM permet l’identification des isotopes de carbone ainsi que la chiralité des molécules. Mais ces potentialités du labo SAM de Curiosity semblent n'avoir jamais pu être mise en oeuvre, les molécules organiques détectées par le labo SAM étant trop dégradées (d'où l'intérêt de l'expérience de chimie humide à basse température ). C'est bien dommage, car si par exemple SAM détectait une proportion réduite de l’isotope 13 de l’élément carbone dans des structures biomorphes, et en corollaire une richesse de l’isotope 12 préféré par la vie, on aurait déjà une indice sérieux. De même ce peut être l’identification de la chiralité dans des molécules organiques (énantiomères) appartenant à de tels biomorphes : sur Terre tous les êtres vivants utilisent des molécules organiques à chiralité gauche ("lévogyre). Donc si des énantiomères s'avéraient tous de même chiralité gauche, ce serait là aussi un indice particulièrement important. Avec la conjonction de ces deux éléments, isotope 12 et chiralité gauche, on aurait déjà fait un grand pas vers la preuve. Mais il faudra nécessairement attendre le retour de tels échantillons sur Terre pour la déterminer.
  4. Actualités de Curiosity - 2013

    Sur l'ensemble des résultats, et particulièrement dans le domaine biologique, chaque membre de l'équipe scientifique de la mission est tenu par une clause de confidentialité extrêmement contraignante. Je me souviens qu'il y a eu quelques soucis avec ça au début de l'aventure avec un ou deux membres de l'équipe un peu trop "bavards". Si quelque nouveauté/découverte significative est à mettre à l'actif de la mission, on devra le plus souvent attendre la publi et la conférence de presse ou/et la grande messe annuelle en planéto pour en prendre connaissance, le plus souvent plusieurs mois plus tard, voire plus. En tout cas, à tort ou à raison, compte tenu des derniers commentaires (parfois sibyllins) des scientifiques lors des mises à jour, il me semble que les investigations menées à "Glen Etive 1 et 2 " (22ème et 23 ème forages fin août et début septembre 2019) ont pu être assez "productives".. Il était alors question de "données spectaculaires", de "cibles très importantes"... pas moins. Quant à l'expérience de chimie humide à basse température menée fin septembre 2019, il n'y a eu ensuite strictement aucun mot de commentaire pour signifier qu'elle ait été menée à bien (ou pas). On sait seulement qu'elle s'est déroulée du 28 au 30 septembre. C'est très inhabituel, d'autant que le JPL avait annoncé cette expérience façon "grandes pompes". Qu'en déduire ???? ...
  5. Actualités de Curiosity - 2013

    Salut @Géo le curieux Oui, mais une partie seulement de la vallée. Sachant que la partie basse de la vallée argileuse se situe plutôt vers l'Est et près du bord de la crête "Vera Rubin", là où Curiosity (à ma grande surprise) a fait demi-tour peu après le forage à "Kilmarie".Dès que le rover a entrepris la traversée de la vallée vers le Sud, il s'est rapidement élevé. Au premier tiers parcouru (ver le sol 2436 - 10 juin 2019) le niveau de la vallée était déjà au moins égal au niveau le plus haut de la partie de la crête parcourue par Curiosity. Aujourd'hui la région où opère le rover dépasse la crête d'environ 30 mètres.
  6. Actualités de Curiosity - 2013

    Superbe et premier panorama du "fronton de Greenheugh" visible derrière "Western Butte" au Sud (voir mon message du 18 novembre page précédente et l'image de la position du rover dans mon message précédent ci-dessus). Le fronton se dessine dans un large périmètre au bas du delta alluvial et semble constitué de sédiments de dépôts de sable ayant "cimentés" (du même type que la "Formation Stimson"). PANO MASTCAM - 8 NOVEMBRE 2019 (SOL 2609) - Robert Charbonneau : 4,8 mb Le trajet prévisionnel comportera ensuite un très long détour vers l'Est au bord du fronton puis à travers la vallée argileuse. Ce qui permettra d'accéder à terme à la plaine du fronton et au delta alluvial vers "Gediz Vallis Ridge" (si tout va bien)..
  7. Actualités de Curiosity - 2013

    Le 5 décembre 2019 (sol 2606) après un parcours d’environ 16 mètres, Curiosity s’est rapproché à nouveau de "Western Butte" pour atteindre un nouvel et riche espace de travail comprenant du substratum rocheux, des zones de galets et une roche "flottante" (cad déplacée, donc non significative de la géologie locale) plus lumineuse et d'un type qui a été déjà été fréquemment observé dans les environs. HAZCAM AVANT – 5 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2606) : La roche flottante est à droite de l'image près de la roue avant droite du rover HAZCAM ARRIÈRE - 6 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2607) : PANO NAVCAM - 5 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2606) – Jan van Driel : 7,2 mb Pendant le week-end les instruments MALHI, APXS et ChemCam devaient documenter ces textures variées de roches sédimentaires pour comprendre les conditions de dépôt et également pour corréler les roches entre les zones d'investigations actuelles à "Western Butte". Enfin Mastcam devait ajouter à son répertoire une cible rocheuse appelée "Skaill" et une cible caillouteuse appelée "Stoneypath" en réalisant plusieurs grandes mosaïques visant le fronton droit devant, une zone proche du rover pour des études d'ondulations de sable et une cible appelée "White Hills" pour des études plus sédimentaires comprenant également deux analyses multispectrales. Ces images et les données obtenues seront étudiées pour les mettre en corrélation avec les études précédentes. Le nouveau trajet prévu est conçu pour amener un bloc de roche dans l'espace de travail du rover, ce qui, selon l'équipe de planification, pourrait permettre des corrélations non seulement autour de Western Butte, mais aussi avec Central Butte. Chose faite le 8 décembre 2019 (sol 2609) avec un parcours d’environ 7 mètres. HAZCAM AVANT – 8 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2609) : HAZCAM ARRIÈRE - 8 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2609) : PANO NAVCAM - 5 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2606) – Jan van Driel : 7,3 mb Dans un environnement sédimentaire, le principe de "superposition" précise que les couches rocheuses inférieures se sont déposées plus tôt que les couches supérieures. En d'autres termes, le temps "avance" effectivement lorsque l'on traverse une "section ascendante" (traversée vers des couches rocheuses plus élevées). C'est dans cette direction que Curiosity s'est déplacé, s’étant élevé de près de 400 mètres depuis son site d'atterrissage à "Bradbury landing". Le rover explore donc des rochers déposés de plus en plus récemment, mais il y a encore très longtemps. Parfois, la composition des roches présente un changement brusque dû à l'absence de couches rocheuses qui se sont érodées ou emportées avant que la couche rocheuse suivante ne soit déposée. Le changement brusque dans les couches rocheuses s'appelle une "discordance". Curiosity a permis d'observer une importante discordance au début de la mission (en 2016) à "Murray Buttes" et près de "Murray Buttes", qui est constituée de grès fait de sable qui s'est initialement accumulé sous la forme de dunes. "Murray Buttes", qui fait partie de la "formation de Stimson", a été déposé sur des couches plates qui ont sédimentées au fond d’un lac. Après la disparition du lac, les couches lacustres ont été érodées, puis le grès des buttes a été déposé sur les couches érodées. On ne sait pas combien de temps s'est écoulé entre l'ère lacustre et l'apparition et la lithification éventuelle (solidification) de la matière dunaire. Curiosity s'approche désormais d'une autre discordance, ou peut-être en est-elle une partie distante. Une grande surface inclinée appelée "fronton de Greenheugh" (voir page précédente) se profile à l'horizon, au-delà de "Western Butte". Vers la fin de la journée du 10 décembre 2019 (sol 2611), un trajet de 45 mètres est prévu. POSITION AU 8 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2609) : 5,5 mb - Sur les indications de Phil Stooke MASTCAM - 5 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2606) : Un caillou plus clair nommé "Stoneypath" cible du laser pour analyser sa chimie (voir les 2 images Mahli qui suivent) MAHLI - 7 DÈCEMBRE 2019 (SOL 2608) : Images rapprochées du caillou "Stoneypath" avec Mahli Les impacts précis et alignés du laser
  8. TROIS ROVERS SUR MARS EN 2020

    Quelle est la prochaine étape sur Mars ? Source : https://www.planetary.org/blogs/guest-blogs/what-comes-next-on-mars.html La recherche de la vie est un objectif de l'exploration de Mars depuis ses débuts. Cependant, plus de 50 ans de travail n’ont pas permis de répondre à la question fondamentale: existe-t-il ou existait-il de la vie sur Mars? Les prochaines missions sur Mars cherchent à résoudre directement cette question. Dans les années 50 et 60, les travaux de Stanley Miller, Joan Oro et d'autres ont démontré que les éléments constitutifs de la vie pouvaient se former lors de réactions chimiques naturelles dans des conditions environnementales spécifiques. Ces conditions auraient pu prévaloir sur la Terre primitive. Lorsque le système solaire était jeune, Mars et la Terre auraient connu une évolution similaire. Ce qui s'est passé sur Terre aurait également pu se passer sur Mars. Dans les années 1990, d'autres chercheurs ont identifié des microorganismes appelés extrémophiles capables de prospérer dans des conditions extrêmes de température, de pression, de salinité, etc. Ces formes de vie résilientes ont considérablement augmenté la variété d’environnements que nous pensions capables d’accueillir la vie et donc les chances de trouver la vie ailleurs dans le système solaire. Les missions de l’atterrisseur Viking ont cherché à découvrir la vie sur Mars en 1976 et leurs résultats infructueux ont eu un impact négatif sur l’enthousiasme pour le financement des missions sur Mars. Vingt ans plus tard, Mars Global Surveyor, une nouvelle étape de l'exploration de Mars, est entré en orbite en 1997. Depuis lors, l'intérêt de la communauté a tellement augmenté que le nombre de publications sur Mars a explosé, dépassant de loin celui de toutes les autres destinations planétaires combinées. . ESA / ATG Médialab Rosalind Franklin, le rover ExoMars 2020, perceuse déployée Rosalind Franklin, le rover ExoMars de l'ESA, en est aux derniers préparatifs en vue d'un lancement en juillet 2020 et d'un atterrissage en mars 2021 à Oxia Planum, où coulaient autrefois les rivières martiennes. Son but est de rechercher des signes de la vie ancienne. En plus des caméras et des spectromètres, Rosalind Franklin propose une perceuse pouvant pénétrer jusqu'à 2 mètres sous la surface pour récupérer des échantillons et les livrer à des instruments de laboratoire d'analyse. L'objectif de recherche de la vie Depuis Mars Global Surveyor, les objectifs du programme d'exploration de la NASA sur Mars ont été constants. Il y a 4 objectifs: caractériser le climat de Mars, caractériser la géologie de Mars, déterminer si la vie a jamais existé sur Mars et se préparer à l'exploration humaine. Les objectifs de la mission ExoMars de l'ESA sont similaires. Les orbiteurs Mars Global Surveyor, Mars Odyssey, Mars Express, Mars Reconnaissance Orbiter, MAVEN, Mars Orbiter Mission et maintenant ExoMars Trace Gas Orbiter ont envoyé à la Terre des milliers de térabits d’informations sur la surface et l’atmosphère de Mars. Les missions débarquées, Mars Pathfinder, Mars Exploration Rovers, Phoenix, Curiosity et Insight, ont confirmé au sol ces mesures sur des sites d'atterrissage caractérisés depuis l'orbite. Nous avons maintenant un suivi météorologique continu qui remonte à 1997. Nous connaissons très bien l’atmosphère de Mars: sa composition, sa pression, sa température et leur variation en fonction des saisons. Nous connaissons le mouvement des vents de Mars et comment leur flux est conforme à la topographie de Mars. Nous commençons à comprendre comment Mars a perdu son atmosphère au fil du temps. Il y a des questions en suspens, comme par exemple la mondialisation des tempêtes de poussière et l'évolution de l'atmosphère dans son état actuel, mais nous avons fait de grands progrès dans la caractérisation du climat de Mars. Nous avons localisé des volcans, des cratères d'impact, des coulées de lave, des canaux profonds, des deltas de dépôt et de vastes plaines, et nous comprenons par analogie avec la Terre combien de ceux-ci se sont formés. Nous avons cartographié la distribution des éléments chimiques et des minéraux tels que les argiles, les sulfates et les carbonates. Cependant, nous ne connaissons que la surface de la planète. Pour comprendre l'évolution de la Terre, les géologues explorent son intérieur. Nous recherchons des endroits où ses couches internes ont été exposées par des mouvements tectoniques et utilisons des sismographes pour voir les couches cachées. Un forage profond est généralement notre meilleure option pour voir la géologie de la Terre. C'est la même chose sur Mars. Dans certains endroits, l'érosion a exposé les couches intérieures, mais beaucoup est caché. Nous pouvons dire que nous avons caractérisé la géologie de surface de Mars mais pas son intérieur. ESA / DLR / FU Berlin (G. Neukum) Chenaux près de Hephaestus Fossae Alors que l’eau liquide n’a peut-être pas été exposée à la surface de Mars pendant une bonne partie de son histoire de 4,5 milliards d’années, les témoignages d’orbiteurs et de rovers suggèrent qu’elle est disponible sous terre depuis bien plus longtemps. Les chenaux de la région d'Hephaestus Fossae dans Utopia Planitia (en haut) se sont probablement formés lorsque les impacts ont libéré les eaux souterraines lors d'inondations massives. Les données de l'orbiteur Mars Express constituent la base de cette carte d'élévation. Les couleurs froides représentent les dépressions; les couleurs plus chaudes sont les zones les plus élevées. L'image fait environ 55 kilomètres de large. Nous n'avons pas beaucoup avancé pour déterminer si la vie a jamais existé sur Mars, mais nous avons constaté que les conditions nécessaires à la vie existaient dans le passé de Mars. Ces conditions incluent l’eau liquide, certains éléments clés (carbone, azote, phosphore et soufre), des gradients chimiques (pour fournir de l’énergie au métabolisme) et un environnement adéquat (en termes de rayonnement, de température, de conditions chimiques, etc.). Cependant, nous n'avons détecté aucune biosignature. Nous avons trouvé des molécules contenant du carbone, mais elles pourraient toutes avoir une origine abiotique. (Les chutes météoritiques livrent chaque jour 100 tonnes de matériau à Mars, dont une partie est carbonée.) Des molécules complexes, riches en carbone, sont tout à fait sujettes à la dégradation par les radiations. Par conséquent, ils ne peuvent être trouvés que sous la surface. De même, pour la vie actuelle, toutes les preuves suggèrent que si Mars a une eau liquide stable, elle réside sous la surface. Le consensus de la communauté est qu'il faut aller sous la surface pour progresser dans la recherche de la vie. NASA / JPL-Caltech Selfie avec Mars 2020 dans la « High Bay 1 » du JPL La NASA prépare également le rover Mars 2020 pour un lancement en juillet 2020. Sur cette photo du 5 juin 2019, les ingénieurs prennent un selfie après avoir fixé le mât de détection à distance. Comme son prédécesseur Curiosity et son contemporain Rosalind Franklin, le rover Mars 2020 (qui recevra un nom plus familier avant son lancement) est capable de forer pour acquérir des échantillons. Contrairement aux autres missions, Mars 2020 prévoit d’emballer et de déposer ces échantillons pour les récupérer ultérieurement et les ramener sur Terre. Le travail effectué à la surface avec des caméras et des spectromètres permettra de documenter le contexte géologique des échantillons, ce qui en fera un prix précieux pour la science future dans les laboratoires de la Terre si la Terre parvient à les récupérer. Les missions robotiques ont pris des mesures pour aider à préparer l'exploration humaine future en étudiant l'environnement de rayonnement sur le chemin de Mars et à la surface. Le rover Mars 2020 de la NASA réalisera une première expérience de démonstration d'utilisation des ressources in situ, générant de l'oxygène à partir de l'atmosphère martienne. La plus grande contribution aux futures explorations humaines a été la cartographie du terrain et la caractérisation du climat. Détection de vie à la surface de Mars Plusieurs missions prévoient de se lancer vers Mars à l’été 2020. Deux en particulier cherchent à faire avancer la recherche de la vie en explorant sous la surface : Mars 2020 et Rosalind Franklin le rover de l’ESA. La conception de Mars 2020 est basée sur le rover Curiosity, mais elle dispose d'instruments différents et d'une capacité améliorée à détecter les molécules organiques grâce à ses spectromètres Raman. Son objectif est de forer et de collecter des échantillons en vue de leur retour futur sur Terre. Le rover Rosalind Franklin est également équipé d'un spectromètre Raman et d'un foret permettant de prélever un échantillon jusqu'à 2 mètres de profondeur pour une analyse embarquée. Les spectromètres Raman sont largement utilisés dans les laboratoires terrestres, mais n’avaient jamais volé jusqu’à Mars. Ils peuvent identifier la présence de composés contenant du carbone et les types de liaisons chimiques qu’ils contiennent. Mars 2020 en a 2 : SHERLOC, qui se trouve au bout du bras robotique, et SuperCam, qui se trouve dans le mât du rover avec les caméras. Ils pourront opérer sur des centaines de cibles différentes. Dans Rosalind Franklin, le spectromètre s'appelle RLS et se trouve dans le laboratoire d'analyse d'échantillons interne du mobile. La spectroscopie Raman ne peut à elle seule prouver que la vie existait sur Mars. Il est possible que l'un des rovers puisse repérer une molécule contenant du carbone qui correspond parfaitement à un composé connu d'intérêt biologique. Plus probablement, ils trouveront des preuves de la présence de certains composés contenant du carbone. Dans tous les cas, des analyses supplémentaires sont nécessaires pour déterminer l'origine du matériau. Certaines expériences basées sur des rovers peuvent aider à réduire ceci, comme les analyses isotopiques et chirales (formes de molécules) que Rosalind Franklin pourrait effectuer. Aucun des deux rovers ne peut produire une preuve définitive de la vie sur Mars. Nous devrons faire des analyses plus détaillées que les rovers ne peuvent pas effectuer, en utilisant des spectromètres plus puissants ou en apportant de nouvelles techniques telles que la détection par immunoanalyse et le traitement des échantillons pour extraire et concentrer les matières organiques. La spectroscopie Raman est une très bonne technique pour sélectionner des échantillons pour des analyses plus poussées. Nous devrons soit rapporter des échantillons sur Terre, soit faire appel à un laboratoire plus puissant, peut-être exploité par des explorateurs humains. La société planétaire Signes de vie sur mars Lorsque nous parlons de la recherche de signes de la vie ancienne sur Mars, nous cherchons en réalité une biosignature: un objet, une substance ou un modèle qui n'aurait pu être créé que par la vie. Il existe 6 types de biosignatures spécifiques que nous pourrions rencontrer sur Mars : 1) Matières organiques : composés organiques contenant du carbone, de l'hydrogène et d'autres éléments légers.Toute la vie sur Terre est faite de composés organiques, mais des composés organiques se forment aussi en l'absence de vie. Des modèles systématiques dans les types de matières organiques pourraient être une bio-signature. 2) Isotopes : les atomes d'un élément chimique contiennent toujours le même nombre de protons mais peuvent avoir des nombres différents de neutrons. Sur Terre, les processus biologiques préfèrent parfois un isotope plutôt qu'un autre, et cette préférence peut être préservée dans les roches.3) Minéraux : Sur terre, certains minerais sont uniquement associés à la vie. La découverte d'un minéral qui a besoin de vie pour se former serait une biosignature.4) Produits chimiques : l'activité métabolique de la vie terrestre a souvent une signature chimique. Les signes de variation du PH ou de l'état d'oxydation à très petite échelle peuvent être la signature du métabolisme microbien dans un environnement ancien. 5) Structures à petite échelle : au niveau microscopique, il est possible de repérer des signes de formes de vie microscopiques individuelles : cellules fossilisées, ou moisissures de cellules, ou moulages de cellules. 6) Structures à grande échelle : au niveau macroscopique, les microbes sur Terre construisent des tapis, des stromatolites, des récifs et autres structures. Sur Terre, les géologues recherchent les bio-signatures dans les roches anciennes pour savoir quand la vie a pris naissance. Les plus anciennes preuves de la vie sur Terre proviennent de stromatolithes de la région de Pilbara, en Australie. Ils montrent des preuves minérales, chimiques et structurelles de la présence de la vie sur Terre il y a 3,5 milliards et demi d'années. Plus les types de bio-signatures observées sont différents, plus nous pouvons être confiants dans la conclusion que la vie était présente. La NASA et l'ESA discutent maintenant des plans pour le retour des échantillons du rover Mars 2020. Un atterrisseur déploierait un rover de récupération d’échantillons qui passerait six mois à recueillir les échantillons et à les charger dans une boîte à échantillons de la taille d’un ballon de basket, lancée par une fusée depuis le pont de l’atterrisseur. Un orbiteur de retour d'échantillon rejoindrait la capsule en orbite autour de Mars et la ramènerait sur Terre. Chacune de ces deux missions aurait des composantes construites par la NASA et l'ESA. Tel qu'il est actuellement envisagé, l'engin spatial serait lancé en 2026, et les échantillons reviendraient en 2031... Chacune de ces 2 missions aurait des composants construits à la fois par la NASA et l'ESA. Selon les prévisions actuelles, le satellite serait lancé en 2026 et les échantillons seraient restitués en 2031. Creuser plus profond Outre la NASA et l'ESA, de nombreuses organisations prévoient le lancement de futures missions sur Mars en 2020, 2022 et 2024. Nous sommes actuellement dans une période de discussion et de planification pour les missions de la décennie suivante. L'ESA élabore actuellement un nouveau plan à long terme pour ses priorités scientifiques, baptisé Voyage 2050. Aux États-Unis, le Conseil national de la recherche sollicite les avis de la communauté pour la prochaine étude planétaire sur la science planétaire, qui établira les priorités scientifiques de la NASA pour 2023 à 2032. Si notre objectif est de rechercher la vie existante, le forage à une profondeur suffisante pour rencontrer de l'eau liquide sous la surface semble être la meilleure option. Il faudra un atterrisseur lourd pour forer suffisamment – à des dizaines ou des centaines de mètres sous la surface - pour rencontrer des environnements stables et habitables et pour transporter une charge utile scientifique suffisamment puissante pour les analyser. Cela nécessitera de nouveaux systèmes d'atterrissage. Les mêmes types de systèmes d'atterrissage lourds seront éventuellement nécessaires pour les missions humaines vers Mars. ESA / DLR / FU Berlin / J. Cowart, CC BY-SA 3.0 IGO Givre dans le cratère Hooke, Mars De lourds dépôts de givre recouvrent le sol dans et autour du cratère Hooke de 139 kilomètres de diamètre dans cette image de Mars Express. Le gel rappelle que Mars possède toujours de l'eau qui se déplace de manière dynamique entre l'atmosphère et la surface, principalement sous forme de glace et de vapeur. À l’heure actuelle, Mars possède d’épaisses calottes polaires de glace d’eau et des nuages glacés. Dans de nombreux endroits, les températures sont suffisamment basses pendant la nuit pour que l'humidité relative atteigne 100%, et du givre se forme sur le sol lorsque la vapeur d'eau se condense. Au fil des changements climatiques, Mars a peut-être connu de nombreuses périodes humides ou sèches sur l’ensemble de la planète. Même si nous avions la technologie, nous ne pourrions pas forer pour nous approvisionner sur Mars. Les accords internationaux en vigueur sur la protection planétaire interdisent le contact avec l’eau liquide sur d’autres mondes afin d’éviter tout type de contamination par la Terre. La communauté discute activement de l'assouplissement de ces restrictions. Nous pensons que le niveau le plus élevé de stérilisation doit être utilisé avec les composants en contact avec l'eau, en développant de nouvelles techniques et protocoles si nécessaire. Si nous voulons trouver la vie actuelle, nous devons pouvoir interagir avec de l’eau liquide. L’exploration fait partie de l’ADN de l’humanité, mais l’immense coût d’envoyer des êtres humains sur Mars exige une raison motivante développée par le consensus des agences spatiales internationales et de la communauté scientifique. Une option gagnant-gagnant pour rechercher la vie sur Mars et renforcer la présence humaine dans le système solaire ressemble à une combinaison de robots et d'astronautes. Grâce à la reconnaissance robotique, nous pouvons sélectionner des sites prometteurs où la vie souterraine pourrait être présente. J'imagine un scénario dans lequel les humains peuvent sélectionner des sites de forage, des robots hautement stérilisés peuvent forer et récupérer des échantillons, et les humains peuvent effectuer une analyse de base dans des laboratoires basés sur Mars. Bientôt, nous verrons comment la Terre prévoit de poursuivre sa recherche de la vie sur Mars. Javier Gómez-Elvira directeur du département des charges utiles et des sciences spatiales à l'Instituto Nacional de Técnica Aeroespacial (INTA) FIN DE CITATION Quelques précisions : La spectroscopie Raman (ou spectrométrie Raman) et la microspectroscopie Raman sont des méthodes non destructives d'observation et de caractérisation de la composition moléculaire et de la structure externe d'un matériau qui exploite le phénomène physique selon lequel un milieu modifie légèrement la fréquence de la lumière y circulant. Ce décalage en fréquence dit l'effet Raman correspond à un échange d'énergie entre le rayon lumineux et le milieu, et donne des informations sur le substrat lui-même. La spectroscopie Raman consiste à envoyer une lumière monochromatique (laser) sur l’échantillon et à analyser la lumière diffusée. Les informations obtenues par la mesure et l'analyse de ce décalage permettent de remonter à certaines propriétés du milieu, par la spectroscopie. ExoMars : Trois instruments d’analyse dédiés à la recherche de traces de vie passée Chromatographe MOMA MOMA (Mars Organic Molecule Analyser) est un chromatographe en phase gazeuse qui doit analyser la matière organique et inorganique dans l'atmosphère, en surface et dans le sous-sol. Il est alimenté par le système de prélèvement d'échantillon du rover. Cet instrument, qui est le plus important embarqué par le rover, est réalisé sous la supervision de l'Institut Max Planck (Allemagne). Spectroscope Raman Le spectroscope laser Raman RLS (Raman Laser Spectrometer) réalise à l'aide d'un laser l'analyse à distance de la composition des roches. Il est utilisé pour identifier les composants organiques et rechercher les indices de vie, pour identifier les minéraux et les indicateurs d'une activité biologique, pour caractériser les phases minérales produites par des processus liés à la présence d'eau et pour caractériser les minéraux ignés et les produits résultant d'un processus d'altération. L'instrument d'une masse de 2 kg est développé sous la supervision du Centro de Astrobiología (Espagne). Spectroscope infrarouge MicrOmega Le spectromètre imageur infrarouge MicrOmega fait partie avec MOMA et RLS, des instruments chargés d'analyser les échantillons de sol martien prélevés par la foreuse. Il fournit à l'échelle d'un grain la composition moléculaire et minéralogique. Les images monochromatiques sont obtenues avec une résolution de 20 × 20 microns / pixel avec une résolution spectrale élevée pour les longueurs d'onde comprises entre 0,9 et 3,5 microns. Il est développé sous la supervision de l'Institut d'Astrophysique Spatiale (France). MARS 2020 : Mars 2020 a pour ambition de trouver des indices forts de forme de vie passée. Pour cela, il embarquera deux instruments dédiés équipés de spectroscopie Raman et Infrarouge : SuperCam et SHERLOC. Ces instruments analyseront à distance la chimie des roches afin de mettre en évidence les éventuelles biosignatures et les traces de vie passée à la surface de Mars. Toutefois, la NASA a fait le pari qu'une mission de retour d'échantillons martiens sera finalement programmée et budgétée : ils ont choisi de retenir, non pas des instruments capables de faire les analyses les plus poussées, mais ceux capables d'identifier de la manière la plus efficace les échantillons martiens mettant en évidence d’éventuelles biosignatures et de traces d'une vie passée pour une analyse ultérieure. Alors que Curiosity emportait deux laboratoires permettant une analyse poussée des échantillons martiens, Mars 2020 n'en emporte aucun. La moitié de la charge utile est réservée au système de prélèvement et de stockage des échantillons. SuperCam : spectromètres Raman et infrarouge SuperCam est une version améliorée de ChemCam, l’instrument qui équipe Curiosity, le rover en opération sur Mars depuis 2012, auquel a été ajouté des spectromètres Raman et infrarouge. Outre l'analyse à distance des roches martiennes, SuperCam sera capable de détecter des molécules organiques, traces d'éventuelles formes de vie passée. Comme ChemCam, SuperCam réalisera des tirs lasers focalisés sur un point de roche qui auront pour effet de le chauffer jusqu’à une température de 8 000 °C. La lumière émise par le plasma créé sera analysée et fournira la composition chimique des roches. Mais SuperCam comporte également un spectromètre Raman et un spectromètre infrarouge. Leur utilisation, en association, donnera la composition minérale des roches et détectera la présence éventuelle de molécules organiques. Les différentes techniques fonctionnent à distance : jusqu’à 7 m pour le LIBS, 12 m pour le Raman, et jusqu’à l’horizon pour la spectroscopie IR et l’imagerie. Le Raman repose sur un faisceau pulsé à 532 nm et la diffusion inélastique d’un photon à plus grande longueur d’onde (émission Stokes). La spectroscopie IR couvre la bande spectrale 1.3 µm – 2.6 µm. SuperCam a une masse totale de 10,6 kg répartie entre le module optique logé dans le mât (5,6 kg), les spectromètres logés dans le corps du rover (4,8 kg) et les cibles utilisées pour étalonner l'instrument (0,2 kg). L'instrument en fonctionnement consomme 17,9 watts. Il génère un volume de données moyen de 4,2 mégabits par jour. L'instrument est développé par le Laboratoire national de Los Alamos qui fournit les spectromètres et l'institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) en France pour la partie optique et le laser (fourni par Thales) sous maîtrise d'œuvre de l'agence spatiale française (CNES). Le responsable scientifique est Roger Wiens de Los Alamos et son adjoint Sylvestre Maurice de l'IRAP. Spectromètre SHERLOC Le spectromètre SHERLOC (Scanning Habitable Environments with Raman and Luminescence for Organics and Chemicals) est un instrument situé à l'extrémité du bras robotique qui fournit des images à faible échelle et utilise un laser ultraviolet pour déterminer la minéralogie et la composition organique du sol martien afin de déterminer si ceux-ci ont été altérés par un environnement aqueux et s'ils contiennent des indices d'une vie microbienne passée. Il s'agit du premier spectromètre Raman œuvrant à la surface de Mars. L'instrument met en œuvre deux types d'effet. D'une part la fluorescence qui permet d'identifier les formes condensées du carbone et les composés aromatiques présents à hauteur d'une partie par million avec une résolution spatiale de 100 micron. D'autre part la diffusion Raman permet l'identification et la classification des composés aromatiques et aliphatiques présents avec une concentration comprise entre 1 % et 1 partie par 10000 avec une résolution spatiale de 100 microns. La diffusion Raman permet également l'identification et la classification des minéraux issus d'une chimie aqueuse dans des grains dont la taille peut descendre jusqu'à 20 microns. L'instrument utilise un laser émettant un faisceau large de 50 microns dans l'ultraviolet (248,6 nanomètres) et une caméra dont la résolution spatiale est de 30 microns. Un système d'autofocus permet de positionner la tête de l'instrument à la distance adéquate de l'échantillon à analyser sans avoir à déplacer le bras. Les parois d'un forage réalisée par l'astromobile peuvent être également étudiés. Un miroir pivotant permet de déplacer le point d'impact du laser et ainsi d'analyser de manière systématique une région de 0,7 × 0,7 centimètres. La caméra fournit le contexte avec un champ de vue de 2,3 × 1,5 centimètres.
  9. Actualités de Curiosity - 2013

    Le 3 décembre 2019 (sol 2604) curiosity a parcouru environ 13 mètres pour se rapprocher d’une roche stratifiée de bonne taille tout en restant à la même distance de "Western Butte". Le lendemain 4 décembre l’équipe scientifique a été confrontée à des décisions difficiles lors de la planification. Les géologues ont dû choisir entre enquêter sur une pléthore de cibles rocheuses intéressantes dans l'espace de travail, ou limiter les observations à cet endroit en faveur de la poursuite de la montée afin d'obtenir une meilleure vue de "Western Butte". Après quelques discussions, il a été décidé d’effectuer un rapide "touch-and-go" (opération dans laquelle le bras robotique est sollicité pour étudier deux cibles rocheuses «Staxigoe» et «Totegan» avec APXS et MAHLI), ainsi que des recherches scientifiques supplémentaires en télédétection avec les caméras Mastcam et ChemCam-RMI, puis d’enchainer et se rapprocher de "Western Butte" en milieu d'après-midi. En plus des observations de routine avec la station météo REMS et le détecteur de neutrons DAN, ont été inclus des observations Mastcam de l'opacité des poussières atmosphériques et un film Navcam pour observer les nuages de glace d'eau. Ce film Navcam utilise une géométrie astucieuse pour calculer la hauteur des nuages en fonction des ombres projetées sur le mont Sharp. Nous sommes actuellement dans la saison hivernale plus froide et nuageuse sur Mars, et ce pour des mois à venir ! POSITION AU 3 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2604) : (mise à jour Nasa.. enfin !) 5,5 mb HAZCAM AVANT - 3 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2604) : NAVCAM - 3 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2604) : PANO NAVCAM - 3 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2604) – Jan van Driel : 7,8 mb MASTCAM - 3 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2604) : PANO MASTCAM - 29 NOVEMBRE 2019 (SOL 2600) - Thomas Appéré : Le soleil semble s'attarder ; Ses traits, blancs d'une ardeur féconde, Criblent en silence le monde, Qui n'ose pas le regarder. (Sully Prudhomme)
  10. Actualité d'Opportunity (suite)

    Comment Spirit et Opportunity ont changé notre vision de Mars https://www.planetary.org/blogs/guest-blogs/2019/a-new-understanding.html L'équipe scientifique de Mars Exploration Rover s'est réunie à Pasadena, en Californie, pour notre dernière réunion, le 11 juin 2019, et je me suis demandé si j'avais commandé suffisamment de nourriture thaïlandaise. J'étais chercheur adjoint du projet Mars Rover Opportunity pendant trois ans, mais j'ai passé 15 ans au service de la mission en tant que diplômé, étudiant de premier cycle et même lycéen. Cette nuit-là, j'étais responsable de l'organisation d'une soirée réunissant ingénieurs et scientifiques pour célébrer la fin de la mission de surface. Pour nous tous, les rovers faisaient partie de notre vie quotidienne depuis des années, voire des décennies, et ce groupe n'était qu'un petit sous-ensemble des milliers de personnes qui avaient contribué à faire de la mission une réalité. Il était important que nous marquions la réalisation de manière appropriée. La NASA a lancé les rovers identiques Spirit et Opportunity en juillet 2003. À l'époque, notre stratégie pour étudier Mars était résumée par le mantra "suivez l'eau" car l'eau liquide est un ingrédient essentiel à la vie. Aujourd’hui, il peut sembler qu’il y ait une nouvelle tous les quelques mois rapportant que de l’eau a été découverte sur Mars, mais la situation était différente il ya deux décennies. Nous avions su que Mars avait de la glace d’eau gelée dans ses pôles et de la vapeur d’eau dans son atmosphère, mais nous ne pouvions que supposer qu’il y avait déjà eu de l’eau liquide sur la planète. Les engins spatiaux en orbite martienne avaient imaginé des canaux qui semblaient avoir été creusés par l’eau et avaient repéré des traces de minéraux qui auraient pu se former dans l’eau, mais nous devions vraiment descendre en surface pour vérifier ces hypothèses. NASA / JPL / Cornell / ASU Panorama "héritage" d'Opportunity Le dernier site d'Opportunity dans la région était "Perseverance Valley", un canal de 200 mètres de long qui débouchait dans le bord du cratère d’Endeavour. À l’instar des géologues sur Terre, l’équipe d'Opportunity a recherché des endroits tels que les bords du cratère - des canaux y étant découpés - afin d’exposer une couche de substrat rocheux qui éclaire l’histoire de Mars à cet endroit. Les couleurs exagérées de ce panorama soulignent la diversité des roches et des sols rencontrés par Opportunity à Endeavour. Les cadres noir et blanc dans le coin inférieur gauche sont des parties où Opportunity prévoyait toujours de créer une image en couleur lorsque la tempête de poussière, qui mettait fin à une mission, a frappé. Les géologues rêvaient de se promener sur Mars depuis que les images rapportées par les landers vikings dans les années 1970 montraient des roches alléchantes qui étaient tout simplement hors de portée des landers. Le Jet Propulsion Laboratory a construit tous les rovers martiens de la NASA. En 1997, le rover Pathfinder Sojourner avait démontré qu'il était possible de conduire sur Mars et Spirit et Opportunity étaient les premiers rovers mobiles dotés d'une charge utile complète. Les instruments de Spirit et Opportunity ont été conçus pour recueillir des indices sur la formation des roches et des sols martiens et déterminer si leurs éléments et leurs minéraux avaient déjà été altérés par de l’eau liquide. Les rovers ont été conçus pour parcourir au moins 600 mètres sur 90 jours martiens (sols). Chacun se demandait si la mission fonctionnerait, si elle réussirait. Bien sûr, la plupart d’entre nous connaissent la fin de l’histoire. Au moment où l'administrateur associé à la NASA, Thomas Zurbuchen, a déclaré la mission achevée le 13 février 2019, Spirit avait parcouru plus de 7,73 km sur 2 208 sols, tandis qu'Opportunity parcourait plus de 45,16 kilomètres sur 5 111 sols. Les données que les 2 rovers ont obtenues de leurs aventures ont changé notre vision de Mars. Spirit et Opportunity ont non seulement suivi et trouvé des preuves d’eau liquide, mais ont également découvert que Mars était humide à plusieurs reprises dans le passé et dans de nombreux environnements différents, à la fois sur et sous sa surface. NASA / JPL-Caltech / Cornell / USGS Myrtilles près de Fram Crater, Mars Les petites sphérules sur la surface martienne de cette image en gros plan se trouvent près du cratère Fram, visité par Opportunity en avril 2004. La zone montrée a une largeur 3 centimètres. La vue provient de l'imageur microscopique du bras robotique d'Opportunity, avec des informations de couleur ajoutées par la caméra panoramique du rover. De l'eau sur Mars Bien qu’il ait atterri en deuxième position, Opportunity a été le premier des rovers à trouver des traces d’eau liquide passée, en la localisant dans les affleurements sédimentaires et les hématites, des sphérules nommées «bleuets» dans le cratère Eagle. Quelques années plus tard, Spirit le suivit de près en détectant les minéraux présents dans l'eau, notamment la goethite et le carbonate, dans les collines de Columbia. À la fin de la mission, les rovers avaient traversé 5 contextes géologiques différents. Quatre de ces 5 ont préservé la preuve d'au moins une douzaine de moments uniques où l'eau liquide avait interagi avec la surface et le sous-sol martiens. Abigail Fraeman, Emily Lakdawalla, and Loren A. Roberts for The Planetary Society Environnements géologiques rencontrés par Spirit et Opportunity sur Mars CI-DESSUS Spirit et Opportunity ont exploré 5 environnements géologiques majeurs. LES CHAMPS DE LAVE DE GUSEV CRATER, où Spirit a atterri, n’ont montré aucune trace d’eau. Les collines Columbia, beaucoup plus anciennes que les plaines de Gusev, contenaient des roches altérées par les eaux souterraines. HOME PLATE, un volcan éteint, avait des sources chaudes et des fumerolles. MERIDIANI PLANUM contenait des roches sédimentaires déposées dans l'eau puis altérées par les eaux souterraines. Les remparts d’ENDEAVOUR CRATER comportent des fractures qui ont servi de conduits pour les eaux souterraines à plusieurs reprises. Dans les plaines de Meridiani Planum, Opportunity a dominé d'anciennes plages acides où de l'eau très salée avait été exposée à l'atmosphère, s'évaporant pour laisser ses sels. Une fois séchés, les sels ont été érodés, transportés et déposés dans des dunes de sable qui ont été ensuite cimentées dans la roche lorsque les eaux souterraines ont remonté sous elles, dissolvant et redéposant des sels dans les espaces de pores entre le sable, collant les grains ensemble. L’environnement acide et salé n’aurait pas été particulièrement agréable à vivre, mais plus tard dans la mission d’Opportunity, il a été constaté que les eaux souterraines au pH neutre avaient traversé de nombreuses époques à travers des fractures dans les anciennes roches qui constituaient le bord du cratère Endeavour. De l'autre côté de la planète, Spirit a découvert différents types d'environnements aqueux. À la base de Home Plate dans les collines Columbia, Spirit fréquentait des endroits où d'anciennes fumerolles avaient laissé d'épais dépôts de silice et de sels de sulfate à quelques centimètres sous la surface, et des sources chaudes éteintes avaient laissé des nodules en forme de doigt en silice presque pure. Sur Terre, des structures similaires sont toujours associées à la biologie. Les découvertes de Spirit étaient tellement excitantes pour les astrobiologistes que le site Home Plate figurait parmi les 3 meilleurs finalistes d’un site d’atterrissage pour une future mission de retour d’échantillons. NASA / JPL-Caltech / Cornell / ASU / Daniel Crotty / Emily Lakdawalla Traces de roues dans le cratère Gusev Spirit a atterri sur un champ de roches volcaniques dans le cratère Gusev. Les scientifiques avaient espéré y trouver des traces d’un ancien lac, mais les matériaux volcaniques recouvraient ces traces. Cependant, les mesures chimiques et texturales prises par Spirit ici fournissaient encore des informations importantes sur l'évolution volcanique de Mars. Beaucoup de roches dans cette image ont des formes pointues et déchiquetées. Les formes pourraient résulter de leur rupture par impact ou de l'érosion causée par les vents martiens sur des milliards d'années. Les yeux dans le ciel, les mains dans la terre Spirit et Opportunity ont démontré de façon concluante la valeur des missions terrestres en synergie avec les orbiteurs scientifiques. Par exemple, en 2009, l'instrument CRISM (Spectrometer Imaging Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars) sur Mars Reconnaissance orbiter a découvert que des minéraux argileux étaient présents à plusieurs endroits le long des remparts du cratère Endeavour. Sur Terre, les minéraux argileux se forment le plus souvent lorsque les minéraux volcaniques sont altérés par de l’eau liquide. L’équipe scientifique du mobile a dirigé Opportunity vers les spots précis détectés par CRISM. Le voyage a pris plus de 3 ans et demi, mais il a porté ses fruits en science. À un endroit, le rover a découvert des argiles qui se sont formées lorsque de l'eau traversait une fracture. Dans une autre région, Opportunity a découvert différentes argiles, également dans des fractures, probablement formées par une très petite quantité d’eau stagnante. Désormais, les géologues peuvent revenir à l'ensemble de données CRISM et trouver des points partout sur Mars où des environnements similaires existaient probablement. NASA / JPL-Caltech / Cornell / ASU Espérance La matière de couleur claire au centre de cette image de couleur accentuée est une veine appelée "Espérance". Les données chimiques recueillies dans le cadre du projet Opportunity ont montré qu'une grande quantité d'eau souterraine presque neutre s'y écoulait par le passé, laissant derrière elle des minéraux argileux riches en aluminium. De tous les sites que nous avons visités, c'est celui qui a le plus de chances d'avoir soutenu la vie martienne ancienne. Spirit et Opportunity nous ont également confirmé qu'il y a des choses qu'on ne peut pas voir de l'orbite et qu'il n'y a pas de substitut aux roues sur le sol. Par exemple, Spirit a été envoyé au cratère Gusev parce que nous pensions qu'il s'agissait d'un ancien lac en raison de sa forme en images orbitales, mais le rover s'est posé sur de jeunes coulées de lave qui ont enterré toute trace géologique d'un ancien lac. L'équipe scientifique a qualifié les plaines du cratère Gusev de "prison basaltique" par un mélange de frustration et d'affection. Ce n'est que lorsque Spirit s'est échappé de la prison en montant dans les collines Columbia qu'il a trouvé des minéraux qui se forment dans les milieux aquatiques. Les découvertes de Spirit à Home Plate n'auraient jamais pu être prédites à partir des données orbitales, mais elles étaient tout aussi fascinantes qu'un lac ancien l'aurait été dans la recherche de la vie. Les preuves étaient juste en dessous de la surface ou trop petites pour être vues par les caméras même les plus haute résolution. Partout où nous atterrissons, nous sommes presque certains d'apprendre quelque chose de nouveau et potentiellement de changer de paradigme. ASA / JPL-Caltech / Cornell / ASU Sols de silice près de Home Plate, Spirit Sol 935 Lorsque l'un des moteurs des roues avant de Spirit tombe en panne, le rover doit avancer en reculant et traîner sa roue coincée, créant une tranchée peu profonde. Près de Home Plate, la tranchées a exposé de la silice presque pure, un signe probable de fumerolles et de sources chaudes qui auraient pu être un habitat pour la vie. L'héritage de Spirit et Opportunity Les découvertes des Mars Exploration Rover ont permis à la communauté scientifique de Mars de développer notre stratégie d'exploration de Mars au-delà de «suivre l'eau» jusqu'à la question plus complexe de savoir si ces environnements aqueux étaient jamais habitables. Très vaguement défini, un environnement habitable est un environnement qui a les 2 autres exigences essentielles en plus de l’eau liquide nécessaire à la vie telle que nous le connaissons : une source de carbone et une source d’énergie. Le rover Curiosity de la mission Mars Science Laboratory, qui a atterri sur Mars en 2012 transportait une charge utile plus grande et plus complexe que les Mars Exploration Rover. Curiosity est capable de trouver des preuves de ces 3 exigences. En fait, il a réussi : sur son site d'atterrissage du cratère Gale, Curiosity a découvert d'anciens gisements fluviatiles et lacustres préservant des composés contenant du carbone, ainsi que des preuves de la chimie de l'eau pouvant alimenter le métabolisme microbien. Aujourd'hui, nous savons non seulement que Mars était autrefois humide, mais également habitable. Près de deux décennies après Spirit and Opportunity et une décennie après l'atterrissage de Curiosity, le rover Mars 2020 de la NASA et le rover ExoMars de l'ESA sont maintenant sur le point de répondre à la question la plus difficile dans notre quête de la vie sur Mars lors de son atterrissage en février 2021 : existait-elle ? La conception de ces missions et la sélection de leurs sites d’atterrissage reposent sur ce que nous avons appris de Spirit et Opportunity. Spirit et Opportunity ont amené l'humanité dans une grande aventure et ont placé la barre très haut dans ce que nous pouvons accomplir avec l'exploration spatiale robotique. Bien que les rovers laissent de grandes traces de roues, ils ont également ouvert la porte à des rêves de voyages encore plus ambitieux. Nous avons démontré le pouvoir de la mobilité sur le terrain. Nous nous tournons maintenant vers le ciel d’autres mondes pour nous déplacer plus rapidement et plus loin. Un hélicoptère accompagnera le rover Mars 2020 et la NASA a récemment annoncé l'envoi d'un drone appelé Dragonfly au-dessus des dunes de sable et des lacs de Titan dans les années 2030. Spirit et Opportunity ne nous ont montré qu'un petit aperçu de la richesse du passé de Mars. Je crois que nous commençons à peine à comprendre toute la complexité de l'histoire martienne et à reconstituer ce que les roches vieilles de 3 à 4 milliards d'années de Mars peuvent nous dire sur la façon dont les planètes à l'intérieur et à l'extérieur de notre système solaire peuvent évoluer en mondes habitables. Comme l'a dit le chercheur principal de la mission, Steve Squyres, à la fin de la dernière réunion de l'équipe scientifique, " Le plus gros est encore à venir, et je pense que c'est peut-être, dans une large mesure, le plus grand héritage que nous laisse ce projet ". Institut Keck des sciences de l'espace / Michele Judd Mars Exploration Rover- réunion de l’ équipe Scientifique, Caltech, 2015 Sous-ensemble des équipes scientifiques et techniques de Mars Exploration Rover à Caltech pour une réunion d’équipe en 2015. Au cours des quelque 30 années de la mission, des milliers de personnes ont participé à la mission Abigail Fraeman Chercheur adjoint de Mars Exploration Rover pour le JPL
  11. Actualités de Curiosity - 2013

    Salut Michel , nickel, merci !
  12. Actualités de Curiosity - 2013

    Pendant les vacances de Thanksgiving aux États-Unis Curiosity a stationné 7 sols sur l’emplacement atteint le 24 novembre 2019 (sol 2595) pour en repartir le 1er décembre 2019 (sol 2602) avec un parcours d’environ 30 mètres menant à proximité de "Western Butte" dans un espace encore bien garni de blocs rocheux. La caméra MAHLI et le spectro APXS ont opérés sur une cible nommée "Run Well" afin de pouvoir comparer les compositions de "Western Butte" avec celles de "Central Butte". Puis après avoir replié le bras, une étude des roches locales a été effectuée en sollicitant deux instruments, le laser ChemCam RMI (*) et la caméra Mastcam. Le 3 décembre (sol 2604) le rover devait se diriger vers un autre bloc stratifié à environ 15 m en prévoyant d’utiliser les mêmes instruments. Le 4 décembre (sol 2605), Il est prévu d’effectuer quelques observations des roches environnantes grâce au système automatique "AEGIS" (Autonomous Exploration for Gathering Increased Science), un logiciel développé au JPL avec lequel Curiosity peut réaliser de façon autonome une sélection des roches cibles pour son spectromètre laser (voir page 76 de ce fil mon message du 8 août 2016). Suivront les observations environnementales standard, recherche de dust-devils et observation de l'opacité atmosphérique avec NavCam. (*) Le laser ChemCam fonctionne selon le principe d'un "LIBS" (Laser Induced Breakdown Spectroscopy) : Un faisceau laser est tiré vers une structure intéressante (roche ou sol) située à 5 ou 6 mètres. Un laser est un pinceau de lumière bien particulière, caractérisée par une longueur d'onde unique, et des photons qui sont tous absolument identiques (un phénomène que les physiciens appellent "cohérence"). Au point d'impact (une surface de moins d'un millimètre carré), le pinceau laser va porter le matériau à une température de 8 000°C pendant quelques milliardièmes de seconde. A cette chaleur, n'importe quelle roche ou minéraux rentre en fusion et est instantanément vaporisé. L'énergie déposée par le laser de puissance va provoquer l'émission d'un petit nuage de plasma (matière ionisée).Trois spectromètres travaillant dans l'ultraviolet, le bleu et le visible vont alors analyser finement l'étincelle lumineuse résultant de l'impact du laser, dont les photons sont récupérés par le miroir du télescope. Les données collectées permettent ainsi de déterminer la composition élémentaire de l'échantillon visé. De nombreux éléments peuvent être analysés, même ceux présents en très petites quantités à l'état de trace. ChemCam peut entre autre détecter le sodium, le magnésium, l'aluminium, le silicium, le calcium, le potassium, le titane, le manganèse, le fer, l'hydrogène, l'oxygène, le béryllium, le lithium, le strontium, l'azote, le phosphore, etc. Le laser, fixé sur le mât pivotant, est accompagné d'une micro-caméra (Remote Micro Imager - ou RMI) conçue pour fournir des images détaillées qui servent de contexte aux mesures chimiques. POSITION AU 1er DÉCEMBRE 2019 (SOL 2602) : (suivant les indications de Phil Stooke) 5,4 mb HAZCAM AVANT - 1er DÉCEMBRE 2019 (SOL 2602) : HAZCAM ARRIÈRE – 2 DÉCEMBRE 2019 (SOL 2603) : NAVCAM - 1er DÉCEMBRE 2019 (SOL 2602) : PANO NAVCAM - 1er DÉCEMBRE 2019 (SOL 2602) – Jan van Driel :
  13. Actualités de Curiosity - 2013

    Image spectaculaire d'un lever du soleil sur Mars, le mont Sharp en arrière-plan PANO NAVCAM - 30 NOVEMBRE 2019 (SOL 2601) par Olivier de Goursac : Magique !
  14. Stage de seconde

    … nébuleuse et assez louvoyante. Trop pour moi et plus encore aujourd'hui avec mes derniers neurones ..
  15. Falcon Heavy : l'Odysée de la Tesla dans l'espace

    Vivement les implants de Mr Musk pour régler tous ces problèmes !!..