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Le défi des OVNI

La réforme du protocole du Pentagone (II)

Les témoignages des pilotes de la Navy

Pour bien comprendre ce qui motiva le sénateur Reid à créer l'AATIP et ensuite à Elizondo de demander au Pentagone la déclassification de certains vidéos sur les OVNI, il est instructif de décrire l'une des expériences vécues par l'un des pilotes de la Navy impliqué dans une rencontre du 1er type et ce qu'il en a retenu.

Des pilotes de la Navy - dont beaucoup sont des ingénieurs et des diplômés d'universités - disent avoir observé de petits objets sphériques volant en formation. D'autres disent avoir vu des objets blancs en forme de "Tic Tac". Mis à part les drones, y compris militaires, dont les caractéristiques de vol sont connues (voir plus bas), tous les moteurs dépendent de la combustion de carburant pour générer de l'énergie, mais ces objets volants n'ont a priori pas d'admission d'air, pas d'échappement et ne produisent pas de vent.

Entre fin 2004 et début 2006, le lieutenant commander (major) David Fravor aujourd'hui retraité de la Navy, était commandant du Strike Fighter Squadron 41 (VFA-41) également appelé "Black Aces", nom de code "Fast Eagle", une escadrille d'avions de chasse F/A-18 Super Hornet basée à la base aéronavale de Lemoore (alias NAS Lemoore) en Californie. Aujourd'hui NAS Lemoore est la principale force de frappe de la côte Ouest et abrite plus de 20 escadrilles de F-18 et F-35.

A voir : Tribute to pilot David Fravor & Black Aces

A gauche, le Lt Cdr (Maj) David M. Fravor à bord de son F/A-18F Super Hornet du VFA-41 en 2005. Il fut l'un des pilotes qui fut impliqué dans une rencontre du 1er type au large de la Californie avec un UAP en forme de "Tic Tac" aux performances inexpliquées. A droite, l'imposant porte-avions américain USS Theodore Roosevelt (CVN 71) sur lequel servit Fravor. Ce navire à propulsion nucléaire de classe Nimitz opérationnel depuis 1986 se déplace à plus de 30 kts (56 km/h) et a transporté notamment des escadrilles de F-14, F-18, le drone X-47B et dispose de divers systèmes d'armement et de traitement de signaux de très haute technologie. Il est toujours en activité et est déployé pour des missions stratégiques aux quatre coins du monde et ces dernières années au Moyen-Orient et au large du Japon. Document KPBS et US Navy.

Fravor faisait partie des "Top Gun", ces "Marines de l'air" capables d'assurer des missions de combat tout temps depuis les plus grands portes-avions américains comme l'USS Nimitz (97000 t) et l'USS Theodore Roosevelt (88000 t) de classe Nimitz présenté ci-dessus à droite qui sont déployés dans toutes les mers du monde lors des grandes opérations stratégiques respectivement depuis 1975 et 1986. C'est donc un corps d'élite très entraîné qui compte des milliers d'heures de vol et à qui il ne faut pas raconter de bobards, surtout quand ils ont entre les mains un avion de 29 millions de dollars équipé de l'avionique la plus sophistiquée, de divers missiles (air-air, air-sol et de croisière), de bombes à guidage laser, de leurres anti-missiles parmi d'autres systèmes d'attaque et de défense. Si on les envoie en mission ce n'est donc pas pour rigoler mais généralement pour protéger un transporteur lourd, identifier un contact, intimider un intrus ou un agresseur, intercepter une cible ou la détruire si elle représente une menace.

Malgré toutes ses connaissances et à cette époque ses 13 années d'expériences en tant que pilote, Fravor avoua lors d'une interview à ABC News en 2017 que rien ne l'avait préparé à ce qu'il assista durant cette mission.

Le 14 novembre 2004, par une belle journée ensoleillée, Fravor et son équipier ainsi qu'un deuxième équipage (soit 2 avions F/A-18F Super Hornet biplaces) avaient décollé du porte-avions USS Nimitz et faisaient un exercice aérien au sud de la Californie, entre environ 96 et 160 km au large de la côte entre San Diego et Ensenada au Mexique, en prévision d'un déploiement dans le Golfe Persique pour l'Opération Iraqi Freedom. Rappelons que la mission de cette escadrille durant la guerre d'Iraq fit l'objet d'une mini-série documentaire intitulée "Carrier" de PBS présentée en 2008 et disponible en DVD.

Un F/A-18F Super Hornet des Black Aces (VFA-41) repeint pour célébrer le 70e anniversaire de l'escadrille en 2016. Document Yas Tsuchiya.

Fravor déclara au "New York Times" que le responsable du contrôle du croiseur Princeton de guidage des missiles leur demanda quelles armes ils portaient. Il répondit qu'ils portaient chacun un CATM-9 (un missile Air-Air d'entraînement captif et factice qu'ils ne pouvaient pas tirer).

Le contrôle du Princeton leur donna l'ordre de suspendre l'exercice et de faire des "tâches réelles" : "Eh bien, nous avons un vecteur du monde réel pour vous". Il avait un contact à environ 96 km à l'ouest de leur emplacement et leur expliqua la situation : depuis deux semaines ils suivaient des objets volants non identifiés qui étaient apparus à 80000 pieds soit 24400 m d'altitude, tombaient littéralement vers la mer jusqu'à 20000 pieds soit 6100 m où ils planaient durant 3 ou 4 heures, puis sortaient de la portée radar ou remontaient "directement" à 80000 pieds et recommençaient. Jusqu'à une douzaine d'objets furent pointés en même temps sur le radar SPY-1 du croiseur.

Cette fois, le système d'alerte avancé et de contrôle E-2 Hawkeye du Nimitz avait détecté un seul objet. Le contrôle du Princeton chargea les deux F/A-18F d'enquêter sur le contact mystérieux. Fravor pensa alors : "ça va être intéressant".

Le contrôle du Princeton leur signala que le contact se déplaçait à 100 noeuds soit 185 km/h à 25000 pieds soit 7600 m d'altitude au cap 160 à 40 nm soit 75 km de leur position et donc à quelques minutes de vol du Nimitz. En cours de route, le contrôle du Princeton annonça un "merge plot", c'est-à-dire que les retours radar des contacts étaient confondus avec les retours des deux avions Super Hornet. Ils étaient donc arrivés sur site.

Quand les deux avions sont arrivés sur le dernier emplacement connu du contact, l'équipier de Fravor repéra quelque chose. "Je me suis dit 'Mec, tu vois ça?'", se souvient Fravor. À leur grande surprise, ils ont trouvé deux objets : "Nous avons regardé vers le bas et nous avons vu une perturbation blanche dans l'eau, comme quelque chose sous la surface, et les vagues se briser. Nous avons vu à côté, voler à 50 pieds, ce petit Tic Tac blanc, se déplacer autour - à gauche, à droite, avancer, reculer, juste au hasard".

Selon les pilotes, l'objet visible sous l'eau avait la forme d'une croix ayant environ la taille d'un Boing 737 submergé mais il était "beaucoup plus gros qu'un sous-marin" (à titre de comparaison, les sous-marins d'attaque nucléaire américains de classe Virginia mesurent 115 m de long).

Juste au-dessus de la surface de la mer planait un objet blanc de forme ovoïde, dépourvu d'ailes, d'environ 40 pieds soit 12 m de long que les pilotes ont surnommé le "Tic Tac" et qui était aussi grand que leur avion (qui mesure 18 m de long). Les quatre pilotes ont observé les objets à oeil nu.

Fravor confirma : "Je n'ai jamais rien vu de ma vie, dans mon histoire de vol qui ait cette performance, cette accélération - gardez à l'esprit que cette chose n'avait pas d'aile. L'objet ne présentait pas les turbulences du rotor typique d'un hélicoptère ou du moteur à réaction d'un jet".

Fravor déclara qu'ils ont volé plus bas pour examiner l'objet qui se mit à voler vers eux et commença à imiter leurs mouvements : "Quand il commença à s'approcher de nous, alors que nous commencions à descendre vers lui en remontant, il volait de façon allongée, donc c'est [comme] un Tic Tac, avec l'extrémité arrondie allant vers l'avant ... Je ne sais pas ce que c'est. Je ne sais pas ce que j'ai vu. Je sais juste que c'était vraiment impressionnant, très rapide, et j'aimerais le piloter".

Ensuite, dit Fravor : "Alors que nous commençions à descendre, il accéléra rapidement, dépassa notre altitude et disparut". L'objet a décollé, accélérant, "comme je n'en ai jamais vu", déclara-t-il plus tard.

Fravor se souvient que la perturbation sur l'eau et le grand objet submergé ont également disparu : "Nous nous sommes donc retournés - nous ne pouvions pas être à plus de quelques kilomètres de là - et il n'y a pas du tout d'écume blanche sur la mer. C'était juste bleu".

Images extraites de la première vidéo diffusée dans les média le 16 décembre 2017 par le DoD grâce au TTAS. Elle fut enregistrée en 2004 lors d'une mission de routine de pilotes de la Navy à bord d'un F/A-18. Le contact suspect surnommé le "Gimbal", un UAP, vole à Mach 0.58 (716 km/h) à 25010 pieds (7623 m) d'altitude. Cet évènement est connu sous le nom de "l'incident du Nimitz" et comprend plusieurs cas similaires inexpliqués.

À ce moment-là, les pilotes décidèrent de revenir à leur point initial pour terminer leur exercice quand le contrôle de Princeton leur dit que l'objet ou quelque chose de similaire était réapparu : "Et le contrôleur arrive et dit : "Sir, vous n'allez pas y croire. Cette chose est à votre demi-point", qui était notre point d'arrêt", ajouta Fravor. "Et je me suis dis : "Oh, super".

Le contrôle de Princeton dirigea les deux pilotes vers un point cap à 60 miles de là. Quelques secondes plus tard, les pilotes furent informés par le Princeton que le radar avait déjà capté l'objet au point cap. Effectivement, au moment où les avions sont arrivés, l'objet avait déjà disparu. Fravor estima que l'objet atteignit le point en 30 ou 40 secondes et vola donc à environ 11600 km/h ou 3.2 km/s soit à plus de Mach 9 !

Le Princeton n'a pas suivi le "Tic-Tac"; l'objet semblait simplement réapparaître sur le radar SPY-1 du croiseur. Les pilotes sont retournés au point de rendez-vous mais n'ont pa vu l'objet qui n'apparaissait pas non plus sur leur radar.

Un troisième F/A-18F décolla immédiatement du porte-avions USS Nimitz après l’atterrissage de l'avion de Fravor. Le coéquiper, l'officier du système d'armes (WSO) du troisième avion détecta un "Tic Tac" sur le radar mais subit immédiatement un brouillage antiradar, vraisemblablement émis par l'objet. Cependant, les autres capteurs de l'avion ont pu se verrouiller sur la cible et le coéquipier a pu l'observer et enregistrer une vidéo avec la caméra infarouge ATFLIR. C'est cette vidéo qui fut publiée par le DoD à la demande du TTAS. Elle montre un objet de forme oblongue qui se déplace pendant plusieurs secondes avant d'accélérer rapidement vers la gauche et hors du champ de la caméra.

Fravor qui regardait l'image sur le moniteur de bord déclara : "[le Tic Tac] se rapprocha suffisamment pour le voir s'élever du fond, puis tout d'un coup, il décolla et disparut du côté de l'écran". Il nota que la vitesse de l'objet était stupéfiante.

A la fin de l'interview, l'animateur demanda à Fravor s'il connaissait des appareils ayant ces caractéristiques de vol ? Après une longue réflexion, Fravor dit qu'il n'en connaissait aucun. A la question de savoir si des appareils pourraient atteindre ces performances d'ici 10 ans, Fravor réfléchit quelques instants et répondit également par la négative.

L'animateur d'ABC News interviewa également Stephen Ganyard, aujourd'hui consultant chez Avascent à Washington et ancien colonel de la Navy. Selon Ganyard : "Aucun avion que nous connaissons ne peut voler à ces vitesses, manœuvrer comme ça et ressembler à ça".

Simulation de l'UAP en forme de "Tic Tac" observé par le Lt Cdr (Maj) David Fravor de la Navy en 2004 au large de la Californie. Malgré les excellentes performances de leur avion, les pilotes des deux F/A-18 n'ont jamais pu l'intercepter et identifier clairement de quoi il s'agissait.

Fravor déclara qu'il n'y avait aucune explication rationnelle à ce qu'ils avaient vu ce jour-là : "Je peux vous dire, je pense que ce n'était pas de ce monde. Je ne suis pas fou, je n'ai pas bu. C'était - après 18 ans de vol, j'ai vu à peu près tout ce que je peux voir dans ce domaine, et ce n'était rien de proche. Je ne sais pas si c'était une vie extraterrestre, mais je dirai que dans un univers infini, avec de nombreuses galaxies, si nous sommes la seule planète ayant de la vie, c'est un univers assez solitaire".

Il y a plusieurs détails intéressants dans cette observation. D'une part, il y avait clairement deux objets non identifiés. Le premier était un grand objet noyé ou un submersible de très grande taille capable de se maintenir sous la surface sans franchement couler. L'objet avait également une certaine ressemblance avec un avion de ligne abattu. C'était techniquement un USO ou un "objet sous-marin non identifié". Bien que beaucoup plus rares que les OVNI, plusieurs de ces engins ont été aperçus au fil des années. Ensuite, cet étrange "Tic Tac" plus grand qu'un F/A-18 dont les performances de vol sont inconnues des ingénieurs en aéronautique.

D'autre part, il y a ces parasites qui ont brouillé le radar d'un autre avion ayant décollé. C'est une interaction spécifique à cet UAP qui le classe parmi les rencontres du 2e type, du moins avec cet avion. C'est une situation déjà beaucoup plus rare. Si les équipages pouvaient reproduire ce brouillage sans prendre de risque, on apprendrait peut-être quelque chose sur ces UAP.

Enfin, concernant le caractère ami ou ennemi des "Tic Tac", le brouillage peut être considéré comme une agression. Mais puisqu'il n'y a jamais eu de signe de communication clair, il faut relativiser la situation. Les plus pessimistes diront qu'il faut être prudent et envisager le pire. Sans plus d'information, on ne peut que spéculer, un piège dans lequel nous éviterons de tomber.

Notons que le blog de l'U.S. Naval Institute a publié un compte rendu assez complet de cette rencontre de 2004 et celle de 2015.

A propos de ces deux rencontres avec des UAP, si le lecteur y avait éventuellement pensé, on ne peut pas invoquer la méprise avec un drone ou tout autre objet terrestre. On reviendra sur le sujet dans l'article consacré à la prise en charge par les scientifiques.

Fravor confirma qu'il n'y a pas eu d'enquête suite à cet incident : "Vous savez, vous voyez beaucoup de choses intéressantes. Mais pour se présenter avec quelque chose comme un Tic Tac blanc de 40 pieds de long sans ailes qui peut vraiment se déplacer dans n'importe quelle direction aléatoirement comme il veut et passer du survol de l'océan où il se réflète pour accélérer jusqu'au point où il disparaît soudainement - comme, pouf, alors il a disparu...". Autrement dit, le ridicile ne tue pas mais connaissant la propention du Pentagone à démentir tous les faits touchant de près ou de loin aux OVNI, Fravor préféra ne pas insister et n'en parla plus.

Depuis des décennies, c'est toujours le même problème et cela finit par agacer les pilotes. Les pilotes témoins de rencontres avec des OVNI ont voulu informer leur hiérarchie en espérant en savoir plus, mais ont souvent hésité de crainte de ne pas être pris au sérieux et voir leur carrière écourtée. En effet, que peut faire un pilote témoin d'une rencontre aérienne inexpliquée quand il sait que le Pentagone nie officiellement l'existence des OVNI ou cache la vérité sous le couvert du secret ? Quand son témoignage n'est pas sommairement examiné et classé sans suite, il est démenti par l'autorité militaire qui prétend généralement que le témoin a mal interprété un phénomène connu et comme l'on dit "a pris des vessies pour des lanternes" comme ce fut le cas pour la majorité des notifications de lumières nocturnes aux Etats-Unis (cf. les rencontres du 1er type).

Soyons heureux que les Etats-Unis (et la Belgique en son temps) lancent leurs avions à la poursuivre de ces OVNI, car en France notamment le gouvernement préfère nier l'existence des OVNI que de reconnaître qu'ils sont biens réels et prendre le problème au sérieux.

A voir : Strike Fighter Commander Details Incredible UFO Event, TTSA

Meet the Top Gun Pilot Who Chased a UFO in an F/A-18F Super Hornet

Navy pilot recalls 'out of this world' encounter, Fox News, 2017

Fravor prit sa retraite de la Navy en 2006 et ce n'est qu'ensuite qu'il partagea son histoire avec sa femme et ses enfants, ainsi que d'autres personnes intéressées. Mais rien n'en est vraiment sorti jusqu'en 2009, lorsqu'un fonctionnaire du gouvernement dont il préfère taire le nom le contacta lors d'une "enquête non officielle". Fravor ne donna pas plus de détails sur le fonctionnaire, mais déclara que par la suite il fut contacté par Luis Elizondo qui dirigeait alors un programme secret du ministère de la Défense qui venait d'être divulgué (cf. l'AATIP).

Fravor discuta de son expérience avec les membres de la TTSA. Il déclara qu'il savait qu'en partageant son histoire il risquait d'être la risée de certaines personnes, mais estime que l'incident devrait être étudié de plus près. "Je ne pense pas que j'étais un fou en tant qu'officier de la Navy. Je n'étais pas ivre, je ne me drogue pas. J'ai passé une bonne nuit de repos, c'était une journée claire. Je pense que quelqu'un aurait dû se pencher sur la question. Après avoir parlé à d'autres personnes, c'est une grande frustration que cela sorte maintenant et n'ait pas été discuté en 2004."

Fravor pense qu'il pourrait être avantageux d'étudier ce phénomène : "C'est une technologie révolutionnaire pour pouvoir accélérer, monter et descendre. Pensez aux progrès que cela apporterait à l'humanité. Et si cela commençait réellement à amener les gens à sortir des sentiers battus".

Suite à cette rencontre extraordinaire qui n'a rien à voir avec les films hollywoodiens, Fravor déclara qu'il fut inondé d'appels téléphoniques. Pourtant, les blagues des "X-Men" continuent, même au sein de sa famille, déclarant : "Il n'y a aucune pitié dans ma famille ou mes amis".

C'est sans doute pour éviter ce genre de désagréments que ses trois autres collègues ou coéquipers ainsi que d'autres pilotes, y compris civils, refusent de témoigner à découvert. En effet, lorsque la vidéo évoquée par Fravor fut divulguée en 2017, son équipier aujourd'hui à la retraite qui fut également impliqué dans cette rencontre fut contacté par le "Washington Post". Il confirma que les images reflétaient fidèlement son souvenir des évènements. Mais alors même que sa carrière était derrière lui, il préféra ne parler que sous le couvert de l'anonymat pour éviter le ridicule et tout harcèlement.

Mellon confirme que "Personne ne veut être "the alien guy", le type classé comme celui qui a vu des aliens dans la bureaucratie de la sécurité nationale". Par conséquent, étant donné l'attitude de l'armée et du gouvernement face à ce sujet, beaucoup de notifications faites par des témoins dignes de confiance furent perdues pour la Science. C'est un vrai gâchis pour la raison stupide que certains responsables ont l'esprit borné; ils ne veulent pas voir la réalité en face et ont perdu toute curiosité intellectuelle !

En 2014, aux Etats-Unis, on enregistra au total 8696 notifications d'OVNI pour se maintenir à plus de 3000 notifications en 2018 et 2019. C'est énorme et à juste titre on peut se demander s'il n'y a pas une majorité de canulars. Mais pour le savoir, il faut des ressources pour enquêter et donc mettre du personnel (parfois bénévole) et surtout de l'argent sur la table. S'il a des canulars, on ne peut pas en dire autant des observations faites par les professionnels de confiance comme les scientifiques ou les pilotes. Ces observations sont suffisamment nombreuses et les rencontres des 2e et 3e types sont suffisamment cohérentes pour être considérées comme autant de menaces potentielles pour la sécurité nationale, en tous cas aux Etats-Unis et exiger une action concrète du gouvernement.

UFO? Chilean Navy releases video of mysterious flying object (et VO), Fox News, 2017

Réforme au Pentagone

Depuis la vidéo divulguée par Elizondo et l'interview de Fravor en 2017, les députés du Congrès ont voulu en savoir plus. D'abord, parce qu'ils sont inquiets pour leur souveraineté nationale. Ensuite, le contexte politique a changé et est extrêmement favorable.

Le porte-parole de l'US Navy expliqua au "Washington Post" avoir présenté un projet de réforme devant des politiciens américains. A travers la Navy et l'USAF, le gouvernement américain a fait preuve d'intelligence en annonçant son intention de documenter et d'analyser officiellement les OVNI. Même le célèbre astronome Seth Shostak de l'Institut SETI (dont l'objectif n'est pas du tout d'enquêter sur les OVNI mais de découvrir des signaux artificiels voire intelligents issus de l'univers et d'étudier les formes de langages notamment) apprécia la démarche : "Cela rendra tout le monde heureux, car cela ressemble à un mouvement vers la transparence", a-t-il déclaré au webzine "Live Science" en 2019.

Le Pentagone en Virginie (cf. Google Earth), en bordure du Potomac et à deux pas de Washington, D.C. vu du coin nord-ouest. Il couvre 600000 m2 dont 340000 m2 de bureaux répartis sur 5 étages et dans 5 anneaux concentriques. Ses 23000 employés militaires et civils contribuent à la défense des Etats-Unis.

La Navy compte sur l'appui des élus pour améliorer son image auprès du public et ne pas passer pour des "chasseurs de petits gris". Elle profite de cette occasion pour enquêter officiellement sur ces étranges observations, cela lui offre l'opportunité de faire sa publicité et la plupart des Américains la supportent. Mais pas tous car selon une étude basée sur un sondage réalisé en 2002, un tiers des Américains pense que le gouvernement ne divulgue pas tout ce qu'il sait sur les extraterrestres et les OVNI.

Mais quoiqu'en pensent ces millions d'Américains sceptiques et les pilotes qui furent impliqués dans ces rencontres du 1e ou 2e type, cela ne concerne pas vraiment les officiels de l'armée pour qui les OVNI ne sont pas synomynes d'aliens mais plutôt de puissance étrangère. En effet, si aucun pilote ni aucune autorité ne veut explicitement prononcer ou même faire allusion en public à l'origine extraterrestre de ces phénomènes - rien ne le prouve - , en revanche la Navy avour qu'elle souhaite mettre sa technologie à profit pour dénicher éventuellement des avions furtifs d'un type inconnu développés par une puissance étrangère (sans nommer la Russie et la Chine). Déformation professionnelle ou mauvaise intuition ? Puisqu'ici non plus aucun indice ou preuve ne vient appuyer cette hypothèse, il faut absolument que le gouvernement se donne les moyens d'enquêter sur ce qui représente toujours une menace potentielle. L'avenir nous apportera peut-être la réponse.

Les objets en forme de "Tic tac" qui volent à Mach 8 et défient les lois de la physique sont très perturbants pour les ingénieurs en aéronautique et forcément pour les pilotes qui doivent assurer la sécurité du territoire américain.

Comme l'écrivit dans le "Washington Post" en 2018 Christopher Mellon, ancien secrétaire adjoint à la Défense pour le Renseignement dans les administrations Clinton et Bush et membre du Comité sénatorial spécial du Renseignement (SSCI), défenseur d'une étude sur les OVNI, "C'est très mystérieux, et ils semblent toujours dépasser la vitesse de nos avions", qualifiant cela de "technologie vraiment radicale. Je ne crois pas à la sécurité par l'ignorance" écrit-il, réprimandant la communauté du Renseignement (Intelligence) pour son manque de "curiosité et de courage" et "son incapacité à réagir" à un phénomène presque courant et qu'on ne peut plus ignorer.

Face à la frustration et au mécontentement des pilotes de la Navy notamment et la recrudescence des notifications d'OVNI, l'armée américaine décida de modifier et d'assouplir ses règles protocolaires concernant les OVNI.

Tant la Navy que l'Air Force reconnaissent que ces rencontres inexpliquées sont assez courantes. Dans un article publié dans "Politico" le 23 avril 2019, selon l'US Navy, "Ces dernières années, nous avons constaté un certain nombre de rapports d'avions non autorisés et/ou non identifiés entrés dans différents espaces aériens contrôlés par l'armée. Pour des raisons de sécurité, la Navy et l'US Air Force prennent ces rapports très au sérieux et enquêtent sur chacun d'eux".

A voir : Unidentified: Naval Pilot's Shocking UFO Encounter (Season 1), History

Web Extra: Harry Reid on UFOs, 8News, 2019

Le Pentagone aurait-il décidé d'être transparent à propos des notifications d'OVNI ? Si le discours de sa porte-parole va dans ce sens, ne soyons pas naïfs. Il y a toujours un cachet "top secret" et un épais feutre noir sur le bureau d'un secrétaire à la Défense et ils sont rarement secs.

Les dossiers qui demeurent strictement dans les canaux classifiés n'ont aucune chance d'être mis à disposition du public, pas même d'un officiel s'il ne peut pas prouvé être directement concerné par le sujet. Comme Stanton Friedman l'apprit à ses dépens dans les années 1960, qu'il soit civil ou militaire, chercheur ou politicien, en poste au Pentagone ou ancien contractuel d'une base militaire quelconque, ne change rien, il ne suffit pas d'être la "bonne personne" comme l'on dit pour accéder aux documents classifiés et encore moins obtenir une copie sur simple demande. Rappelons que toutes les demandes d'information de Friedman faites dans le cadre du FOIA furent refusées par le Bureau des Enquêtes Spéciales de l'U.S. Air Force (OSI) avant même d'atteindre le bureau du responsable concerné au Pentagone situé à 50 km du QG de l'OSI.

Dans son interview au "Washington Post", Elizondo qui connait bien le sujet l'a répété : "La bonne personne ne signifie pas nécessairement un chef militaire. Il peut s'agir d'un juriste ou d'un législateur. Il peut s'agir d'une multitude de personnes différentes". A l'époque, tout ce que Friedman put obtenir ce sont effectivement des pages de rapports sur des notifications d'OVNI mais sur lesquelles tous les mots sensibles étaient censurés, bref des documents inexploitables, une façon explicite pour l'armée de dire aux curieux : circulez, il n'y a rien à voir ! Comme on dit, les secrets, et il y en a puisque les rares documents fournis sont censurés, sont bien gardés.

Le principe de la désinformation reste d'actualité et garde par exemple un certain intérêt pendant les crises. Si le phénomène OVNI est (encore) loin d'entraîner une crise, nous ignorons ce que représentent réellement ces objets volants interceptés occasionnellement par des pilotes et toute explication est possible, même la plus extraordinaire. De plus, s'il s'agit d'armes d'une puissance étrangère, ce serait une raison de plus pour que le Pentagone soit prudent et ne rende pas tous ses dossiers publics. Mais à ce jour, la nature de ces objets est inconnue et c'est tout le problème.

Par nature, l'être humain n'aime pas subir les choses et ne rien comprendre. Il préfère maîtriser les situations, garder le contrôle de son environnement, planifier et anticiper ses réactions, surtout face à l'inconnu. Or en présence des OVNI, nous sommes totalement impuissants. Partant du constat qu'on préfère connaître la vérité et dans ce cas précis, connaître la nature et l'origine de ces phénomènes aériens inexpliqués et savoir de quoi est peuplé notre univers, il était urgent que l'armée assouplissse ses règles de sécurité en la matière.

Dernier élément et non des moindres à verser au dossier, Elizondo et un ancien membre de la DGSE (F) parmi d'autres personnes ayant travaillé pour les services de Renseignement, estiment que si le gouvernement américain sait quelque chose sur les OVNI ou plutôt sur la vie extraterrestre, le fait qu'il souhaite réformer son protocole et sa communication sur les OVNI, serait une preuve qu'il souhaite préparer le public en vue d'une annonce extraordinaire. Pure spéculation fantaisiste pour les uns, ces personnes bien placées sont persuadées que l'armée américaine nous cache la vérité. Bref, la théorie du complot ne quitte jamais le débat sur les OVNI, rendant toujours le sujet très sensible au ridicule. Réalité ou fiction ? Nul ne le sait, et peut-être que ce changement de protocle participera à lever le voile sur ce mystère.

Changement de protocole

En attendant d'en savoir plus, parmi les changements immédiats, il y a le vocabulaire. On ne parle plus d'UFO (Unidentified Flying Object), acronyme introduit en 1953 à l'occasion du Projet Blue Book. Dorénavant il s'agit d'UAP (Unexplained Arial Phenomena), d'UA (Unidentified Aircraft) ou encore du cas plus étrange de SI (Suspected Incursion).

Un UAP surnommé "Go Fast" (entre les barres, dans le cercle rouge) enregistré par un F/A-18 de la Navy en 2015.

Depuis 2019, la Navy et l'Air Force ont accepté de donner aux pilotes des moyens pour signaler les rencontres avec d'éventuels objets volants inconnus, sans pour autant violer ou lever le secret pouvant couvrir certains évènements sensibles. De plus, depuis les années 2010 les militaires encouragent le franc-parler, ce qu'ils appellent la "conscience situationnelle" (situational awareness), c'est-à-dire l'expression en langage courant de ce qu'ils observent, sans mot codé et sans retenue.

Dans une interview accordée au "Washington Post" le 24 avril 2019, Joseph Gradisher, porte-parole de la Navy chargé de collecter ces notifications, estimaient que ces données permettront "d'aller au fond du problème. Nous devons déterminer qui est à l'origine de ces vols, d'où ils viennent, et dans quel but. Nous devons trouver des moyens d'éviter que cela se reproduise".

Loin d'être un simple changement protocolaire et administratif, pour la première fois le gouvernement américain reconnaît officiellement que ces phénomènes aériens inexpliqués sont réels et les préoccupent car ils peuvent potentiellement avoir des conséquences concrètes sur le personnel et le matériel, bref sur la disponilité de la force de frappe des Etats-Unis voire déclencher des accidents.

Autre changement, toutes les données suspectes enregistrées par les radars considérées comme des "anomalies" voire des bugs et donc a priori sans intérêt, qui auparavant étaient rejetées par le système ou par l'opérateur et supprimées, sont aujourd'hui conservés à des fins d'analyses. En effet, un écho matériel qui se déplace en défiant les lois de la physique révèle quelque chose d'inconnu qui mérite d'être étudié.

 En parallèle et c'est le plus intéressant, les militaires ont l'autorisation de divulguer les phénomènes étranges qu'ils ont observés durant leur service ou leurs missions et les enregistrements peuvent être présentés au public, d'où la publication des vidéos ci-jointes dans les médias.

Selon un article publié dans le journal "The Atlantic" le 27 avril 2019 par Marina Koren, "Cette réforme du protocole change également beaucoup de choses pour les pilotes. Ces nouvelles règles leur permettront de témoigner des objets vus en vol sans craindre que leur hiérarchie les cataloguent comme psychologiquement instables dans un monde d'élite où même un infime écart peut ruiner une carrière".

L'armée américaine prend cette problématique très au sérieux car elle trouve aussi des opportunités et des avantages dans cette nouvelle stratégie. Non seulement, le phénomène est reconnu comme réel mais il offre un cadre administratif officiel permettant aux spécialistes d'en apprendre le plus possible sur la nature du phénomène. A terme, cela pourrait permettre aux militaires de savoir quelle attitude adopter pour y répondre. De plus, la reconnaissance officielle des UAP offre l'opportunité à l'armée américaine d'améliorer ses technologies et en particulier ses systèmes d'identification qui font aujourd'hui appel à l'intelligence artificielle et aux systèmes d'apprentissage (machine learning).

On retrouve cette technologie high-tech dans presque tous les véhicules militaires jusque sur les champs de batailles et dans l'avionique embarquée, couplés à des systèmes de surveillance par satellite, RF, digitaux, laser, de vision nocturne et des capteurs infrarouge, bref à tous les systèmes permettant de suivre une cible à la trace.

En permettant officiellement aux soldats de récolter des données en temps réel sur ces phénomènes inexpliqués, plutôt que de mettre ces données à la poubelle, l'armée parviendra peut-être à identifier ces "Tic-tac" qui passent de Mach 0 à 3 en une seconde sans propulseur apparent et se déplacent comme si la gravité ne les concernait pas.

Comme l'espèrent certains conseillers militaires, un jour, aidés par leur technologie, les pilotes américains parviendont à identifier ces UAP et neutraliseront la menace éventuelle qu'ils représentent. Si vous êtes un pilote de jet et transportez des missiles ou des bombes ou un pilote de long courrier transportant des centaines de passagers, vous ne rigolez pas face à un UAP qui tourne autour de vous comme un chat joue avec une souris. Encore moins s'il parle russe.

A lire : Alain Juillet : "Le phénomène Ovni échappe à la dimension terrestre", Paris-Match, 2020

A voir : Vidéos Ovnis, une affaire d'États, 2019

Dernières nouvelles

Divulgation de 8 rapports déclassifiés de la Navy le 12 mai 2020

Le 12  mai 2020, dans le cadre du FOIA, les responsables du site The Drive ont demandé et obtenu du Naval Safety Center des rapports d'incidents entre les pilotes de la Navy et des contacts non identifiés. Huit rapports ont été divulgués et sont présentés ci-dessous. Ils sont tous "Non classifiés" et "Pour usage officiel uniquement".

Sept rapports impliquent des pilotes de Super Hornet F/A-18E (monoplace) ou F/A-18F (biplace) et des incidents survenus entre 2013 et 2014 dans une zone aérienne située au large des côtes de la Virginie et de la Caroline du Nord connue sous le nom de "warning zone" (zone d'alerte) W-72. Le huitième rapport concerne un incident qui s'est produit en 2019 impliquant le pilote d'un Growler EA-18G (un dérivé du F/A-18F) volant dans la zone W-386 située au large de la côte du Maryland et concerne un balon météo.

Notons que dans le cas où les pilotes ont clairement identifié l'objet comme d'origine terrestre, la Navy ne le classe évidemment pas parmi les UAP et autre UA, même si un coéquiper ne l'a pas détecté sur son radar de bord ou si les contrôleurs l'ont uniquement corrolé avec un faux écho radar. Généralement, la Navy recommande aux pilotes de considérer le "faux écho radar comme un objet réel". Un UAP n'est qualifié de "risque critique" que s'il représente un vrai danger pour la sécurité aérienne ou si l'observation se répète durant plusieurs jours. "Giant Killer" est l'indicatif d'une station de contrôle aérien (FACSFAC, Fleet Area Control and Surveillance Facility), "Echo" est également une équipe de contrôle.

Les huit rapports de l'U.S. Navy déclassifiés par le Pentagone le 12 mai 2020. Maquette T.Lombry.

Finalement, ces rapport déclassifiés de la Navy sont décevants car soit ils concernent l'observation d'un balon météo certes non identifié, soit les commentaires n'apportent aucune information sur la nature ou l'origine de l'objet. De plus, aucun enregistrement (photo, vidéo ou radar) n'est annexé à ces documents. Dans ses recommandations, la Navy demande simplement aux pilotes d'être prudents et à tous les services de planifier leurs opérations afin que les contrôleurs aériens soient informés des plans de vols des aéronefs.

Divulgation de 25 rapports déclassifiés de l'USAF le 26 juin 2020

Le 26 juin 2020, via le FOIA "The Drive" a encore obtenu 25 rapports d'incidents déclassifiés, cette fois par l'Air Force Safety Center. On peut toutefois regretter que les conclusions soient restées censurées.

S'il est une bonne chose que la Navy et l'USAF n'aient pas interprété les données et décrivent seulement les faits, à ce jour on ignore comment sont traités ces incidents, si quelqu'un a enquêté sur ces incidents et qu'elles sont les éventuelles conclusions. Bref, soit ces incidents sont restés sans suite soit les résultats éverntuels du suivi sont toujours considérés comme confidentiels ou secrets, le mystère reste donc entier.

Appel des sénateurs le 17 juin 2020

Le 17 juin 2020, les membres du Sénat américain étant inquiets du fait que l'armé américaine et d'autres agences fédérales n'aient pas accordé suffisamment d'attention aux rapports sur les OVNI ou UAP, ont ordonné au directeur du Renseignement national de travailler avec d'autres agences compétentes pour produire un rapport détaillant les informations qu'ils possèdent déjà sur les UAP, comment ces données sont collectées et traitées, comment elles sont partagées et quels types de menaces ou autres risques ils pourraient présenter.

L'appel à l'examen des UAP fait partie d'un rapport accompagnant un projet de loi portant sur l'Autorisation du Renseignement pour l'exercice fiscal 2021 que le sénateur Marco Rubio, un républicain de Floride, a soumis au nom du Comité de Sélection sénatorial sur le Renseignement. Danny Silva de SilvaRecord.com fut le premier à publier un rapport sur le document.

Ce que le sénateur Rubio et ses collègues demandent, c'est un rapport sur les UAP dans les 180 jours qui serait principalement non classifié, mais il pourrait contenir des détails supplémentaires dans une annexe classifiée. Le détail des points qui doivent être abordés sont listés sur le site The Drive.

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