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Uranus, le père de Saturne Introduction (I) La
7eme
planète du système solaire fut découverte fortuitement le 13 mars 1781 par
William Herschel qui croyait observer une comète. Voici son commentaire : “...entre
dix et onze heures du soir, alors que j’observais de faibles étoiles dans la
région de H Geminorum, j’en ai aperçu une qui paraissait visiblement plus
grosse que les autres. Ayant été frappé par sa grandeur singulière, je
l’ai comparée à H Geminorum et à la petite étoile dans le quart de cercle
entre Auriga et Gemini, et la trouvant beaucoup plus grande que chacune
d’elles, j’ai suspecté qu’il s’agissait d’une comète”[1]. Quelques jours plus tard, ses amis
lui confirmèrent qu’il s’agissait bien d’une nouvelle planète. Uranus gravite à environ 3 milliards de kilomètre du Soleil, 20 fois plus éloignée du Soleil que la Terre. A cette distance, l'astre du jour est 20 fois moins lumineux que sur Terre. Uranus est pratiquement invisible à l'oeil nu résidant à la magnitude 5.52 en moyenne. Il est tellement petit qu'on le confond facilement avec une étoile scintillant d'un reflet turquoise. Dans un télescope il se présente comme un petit disque bleu-verdâtre, un peu flou et aplati de 4" d'arc, douze fois plus petit que celui de Jupiter et 2.5 fois plus petit que le globe de Saturne. Il présente un albédo de 0.51. Avec
un diamètre équatorial de 51800 km, Uranus est la troisième planète du
système solaire derrière Jupiter
et Saturne. Son aplatissement aux pôles est
voisin de celui de Jupiter (6%). Sa masse estimée à 8.69x1025
kg est 14.6 fois plus importante que celle de la Terre et il présente une
densité moyenne égale à 1.29 fois celle de l'eau.
Orbitant
à quelque 19.2
UA, Uranus gravite sur un orbite légèrement excentrique (0.046) inclinée de 0.77° sur
l'écliptique. A cette distance, l’année dure environ 84 ans et 4 jours. Avant
l'exploration spatiale on savait déjà que son axe de rotation était incliné
de 98° sur le plan de l'orbite. C'est une particularité unique dans le système
solaire : Uranus est couché sur son orbite, roulant plus qu'il ne tourne ! Une
nouvelle fois cette anomalie ne peut s'expliquer que suite à la collision avec
un corps massif peu de temps après la formation du système solaire. N'ayant
pas encore trouvé la trace de cette collision, et sans bouleversement des
orbites des satellites qui l'entoure, on suppose que cet accident eut lieu très
tôt dans son histoire. Uranus
est animé d'un mouvement rétrograde avec une période de rotation de 17h 21m.
Périodiquement, lors des solstices (le dernier date de 1985) la planète
présente l'un de ses pôles en plein centre du disque, qui paraît alors
circulaire. C'est durant les équinoxes (le prochain se produira en 2007) que sa
forme aplatie est évidente et que le Télescope Spatial Hubble discerne le
mieux ses bandes équatoriales qui semblent strier verticalement son disque. L'atmosphère Uranus
fut visitée par la sonde spatiale Voyager 2 en 1986 après un voyage qui dura 4
ans et demi. En
survolant l'atmosphère d'Uranus à 107000 km d'altitude,
Voyager 2 a permis aux astronomes de faire de nombreuses découvertes très
importantes. Il s'avère que sa structure intérieure n'est pas similaire à
celle de Jupiter ou de Saturne. Il se compose vraisemblablement d'un noyau
rocheux d'une température de 10000°C et d'un rayon de 8000 km. Occupant le
quart de la planète il n'est pas composé d'hydrogène métallique. Les
chercheurs de Caltech pense qu'il était entouré d'un manteau et d'une atmosphère épaisse, composée d'une émulsion mêlant
l'hydrogène et l'hélium à de la glace.
Des
mesures radioélectriques ont également mesuré des vents soufflant à quelque
100 m/s (360 km/h) et de sens contraire au niveau de l'équateur. Ces nuages tournent
autour d'Uranus entre 14 et 17 heures environ. Ces brassages de l'atmosphère répartissent
le gradient thermique rendant la température relativement constante
à 1 ou 2 degrés près dans toute l'atmosphère, mis à part dans quelques régions
isolées. Une autre raison tient aussi compte du fait que l'hydrogène et l'hélium
offrent une grande inertie thermique à basse température. Au niveau 600 mb la
température est même constance en tout point de l'atmosphère. Autre
fait important, l'hélium contenu dans son atmosphère est très significatif
pour l'étude de la formation du système solaire et de l'univers. Nous savons
que la nébuleuse protosolaire était riche
en hydrogène et en hélium, ces deux composés ayant été fabriqués au moment
du Big Bang. Etant donné qu'au cours de leur évolution les étoiles ont rendu
à l'espace plus d'hélium que d'hydrogène (celui-ci ayant été transformé),
au moment de la formation du système solaire, l'abondance de l'hélium était
légèrement supérieure à celle de l'hydrogène, par rapport à celle produite
par le Big Bang. Nous avons vu que les planètes telluriques n'ont pas pu
retenir ce gaz à cause de leur masse et de la volatilité du gaz. En revanche,
à partir des relevés effectués par la sonde spatiale Voyager 2 sur Uranus, on
a pu déterminer que l'abondance de l'hélium dans l'atmosphère extérieure est
de 26% par masse et donc semblable à celle du Soleil. Les résultats de Voyager
permettent donc de valider les hypothèses du Big Bang et d'estimer les taux de
formation des étoiles dans notre Galaxie depuis 4.5 milliards d'années. L'hémisphère
éclairée d'Uranus présente des phénomènes lumineux beaucoup plus intenses
que ceux détectés sur l'hémisphère obscure. Les molécules d'hydrogène
excitées par le rayonnement corpusculaire forment des aurores qui irradient en
lumière ultraviolette, tout comme sur Jupiter et Saturne. Elles sont liées à
la décharge des électrons issus de la magnétosphère dans la haute atmosphère. Le
champ magnétique A l'instar de l'atmosphère, le noyau d'Uranus tourne sur lui-même en 17h 24 min engendrant un effet "dynamo" qui crée un champ magnétique. Son origine est toutefois inconnue. Contrairement à ce que l'on pensait, il n'existe pas d'océan d'eau et d'ammoniac sous haute pression entre le noyau et l'atmosphère pouvant engendrer des courants électriques. A l'inverse de toutes les autres planètes, ce champ magnétique est incliné de 60° par rapport à l'axe de rotation d'Uranus, position inhabituelle répondant probablement à l'inclinaison de l'axe de rotation de la planète. Cette position crée un effet de vrille dans la queue magnétique. Par rapport au centre géométrique, le champ magnétique est décalé de 8000 km en direction du pôle Nord. La
première structure magnétique est l'onde de choc où le champ magnétique
affronte le vent solaire, à 600000 km d'Uranus. Située à environ 23 rayons
d'Uranus, ce champ magnétique est 4 fois plus rapproché que celui de Jupiter.
Cette proximité s'explique par la constitution de son atmosphère qui est
raréfiée en altitude et plus riche que celle de Jupiter en eau et en ammoniac.
Ce milieu étant bon conducteur de l'électricité, le champ magnétique est
confiné dans un espace plus restreint autour de la planète. Plus près
d'Uranus, à 460000 km se trouve la magnétosphère qui s'étend sur plus d'un
million de kilomètres dans la direction opposée au Soleil. Un feuillet cercle
finalement Uranus, formant un tore de plasma de 250000 km d'épaisseur. Comme
la Terre ou Jupiter, Uranus dispose d'une ionosphère stratifiée. Elle se situe
entre 2000 et 3500 km au-dessus de la couche nuageuse mais reste détectable
jusqu'à 10000 km. Comme la Terre, elle est entourée d'une enveloppe
d'hydrogène qui s'étend sur plus de 100000 km.
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