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Le développement durable

Assainissement d'un puits de pétrole avant son exploitation dans le champ pétrolifère de Rumaila en Irak par les ouvriers de Boot & Coots Company. Photographie prise le 19 mars 2003. Document CFLCC/US Army (US Arcent).

2. Le rôle des ressources minérales (III)

L'eau douce demeure la ressource minérale la plus convoitée au monde puisque sans elle nous ne survivrions pas plus de quelques jours, ni nos industries ni nos administrations. C'est une ressource essentielle et omniprésente que l'on trouve du sommet de la stratosphère aux entrailles des roches sédimentaires. Vu son importance et les défis auxquels l'explosion démographique nous prépare, un dossier a été réservé à l'eau, source de vie et enjeu économique.

Reste toutes les autres ressources minérales. Fabriqués dans le chaudron cosmique, dans la chaleur de la Terre ou par l'action minérale et biologique, les minérais et les minéraux représentent littéralement la matière première de toutes les activités humaines.

Sans remonter aux fameuses mines du roi Salomon ou aux sources de bitume de Mésopotamie ou du Golfe Persique, durant des milliers d'années, le fer, le charbon et le sel ont contribué aux activités des hommes et au développement de leurs industries. L'or, l'argent, le cuivre, le zinc, le manganèse, le plomb ou l'uranium du côté des métaux, le diamant et autres gems du côté des pierres nous ont apporté richesse et prospérité.

Il faut également citer les gisements moins nobles mais tout aussi utiles comme le sable, le granit, le marbre, le calcaire, le schiste, ... sans oublier les ressources dites fossiles comme le pétrole, le gaz et le charbon déjà cité.

Généralement l'extraction de ces ressources minérales requiert des infrastructures très lourdes et très onéreuses. C'est pourquoi elles sont aujourd'hui entre les mains de groupes industriels internationaux et parfois sous la tutelle de l'état.

Des économies d'échelle dites-vous ? Voici l'une des solutions : le "Big Wheel" construit respectivement par Caterpillar (gauche) et Komatsu (droite). Ce type de camion mesure 7 m de hauteur et est capable de transporter dans sa benne une charge de 218 tonnes, 20 fois la charge d'un camion-benne ordinaire ! Ces camions sont principalement utilisés dans les mines à ciel ouvert (cuivre, or, diamant, etc) y compris dans les gisements de sable bitumeux. Inconvénient, ils coûtent des centaines de millions de dollars et consomment des milliers de litres de diesel à l'heure ! Mais au prix des ressources minérales actuelles, ils sont devenus très rentables. Documents constructeur et VanNatta.

Historiquement, l'exploitation des mines était étroitement liée à la question d'émancipation sociale, à la notion de propriété et à la colonisation : rappelez-vous par exemple l'exploitation des mines en Afrique centrale.

Les ressources minérales peuvent être classées en trois familles de produits :

- les métaux destinés à l'industrie en général (fer, plomb, manganèse, or, argent, amiante, bauxite, graphite, magnésium, ...)

- les minerais extraits pour la construction (calcaire, sable, pierre naturelle, marbre, schiste, ...)

- les minéraux à vocation énergétique (pétrole, gaz, charbon, uranium, ...)

L'avenir du pétrole : noir

Ce sont les ressources naturelles dites fossiles, et en particulier de pétrole, qui font aujourd'hui l'objet de toutes nos préocccupations. Dans le monde, le pétrole fournit 37 % de l'énergie consommée (43 % en Europe, essentiellement dans les transports). Vient ensuite le gaz puis le charbon.

A l'heure actuelle, mis à part l'électricité, le pétrole est le combustible offrant le rendement le plus élevé avec un pouvoir énergétique presque deux fois supérieur à celui du charbon (45 MJ/kg).

Cette ressource est dite "fossile" car elle n'est pas éternelle. Les champs pétrolifères (comprenant le pétrole, le gaz et le charbon) se sont constitués à partir de la décomposition de la biomasse (végétaux et animaux) prise dans les sédiments il y a environ 500 millions d'années. Leur dégradation suivie de leur transformation par l'activité biomécanique (pression et chaleur souterraine, oxydation, action bactérienne) est très lente et incompatible avec l'augmentation toujours croissante des activités humaines.

Il y a plus de 50 ans, le géologue King Hubert travaillant pour la Shell Oil Company développa la théorie de la pénurie des ressources d'énergie fossile. Selon Hubert, les taux de production de pétrole et de gaz augmentent jusqu'à atteindre un pic pour retomber ensuite rapidement suite à l'épuisement des réserves.

Selon les experts, nous avons dépassé ou sommes en train de passer ce pic de production maximale possible de pétrole, le fameux "pic de Hubert". Mais au vu des réserves disponibles, selon l'OPEP par exemple (cf. le graphique suivant préparé par Energy Bulletin) il n'est pas question de parler d'épuisement des ressources et leurs membres disent à leurs clients et prospects qu'ils pourront encore longtemps satisfaire leurs demandes. Mais pour les industries occidentales et russes, la situation devient préoccupante.

Document Energy Bulletin.

La demande croissante en énergie des pays développés s'accompagne d'une baisse sensible des réserves de pétrole. Nous consommons actuellement (2011) 81 millions de barils par jour (1 baril ~ 159 litres ~ 0.137 tonne de pétrole). Les réserves mondiales sont estimées à 1000 milliards de barils. Avec une consommation annuelle d'environ 30 milliards de barils, Total disposerait de réserves jusqu'en 2025, Shell jusqu'en 2040.

En prévision de ces jours de disette, depuis les années 1980 certains pays du Moyen-Orient investissent leurs pétrodollars dans des projets durables comme l'éducation, les infrastructures publiques et l'immobilier et ne les gaspillent plus comme jadis.

Lorsque les réserves traditionnelles de pétrole seront épuisées ou vraiment plus rentables, il restera alors les "mines de pétrole à ciel ouvert" : le sable bitumeux. En effet, dans certains gisements le sable est imbibé jusqu'à 10 % de pétrole. Son exploitation a déjà commencé au Canada (Total). La production est actuellement de 1 million de barils par jour, à peine de quoi alimenter les industries locales.

Statistiques à consulter : International Energy Annual, DOE/EIA

Si des mégapoles comme Houston (Texas, USA) ou Calgary (Alberta, Canada) ont fondé leur richesse sur le pétrole, cette industrie a aussi ses inconvénients. D'une part les champs pétrolifères et les raffineries sont très vulnérables aux ouragans et aux inondations (Houston jouxte la Louisiane et la trajectoire des cyclones), d'autre part les marées noires polluent l'environnement parfois durant une décennie et coûtent des milliards de dollars en assainissement et dédommagement. A gauche, les torchières de gaz de Cantarell, près de Campeche, dans le Golfe du Mexique. C'est le 5e champ pétrolifère au monde. Il produit 186000 barils/jour; au centre une raffinerie américaine; à droite l'assainissement d'une marée noire. Documents Corrosion Cost, Peter Dyrynda.

Mais la production de ce pétrole à partir du sable bitumeux crée des effets indésirables que les investisseurs ne veulent pas encore reconnaître : eaux polluées, lacs de décantation nauséabonds, perte d'un tiers de l'énergie produite dans le raffinage, etc. La politique actuelle du gouvernement canadien consiste à dire qu'ils s'occuperont de la pollution quand cette technique sera rentable. Or elle est déjà rentable ! Aussi le gouvernement dédommage financièrement les victimes mais il ne traite pas la pollution, se moquant ouvertement de la population et des scientifiques. Comme ailleurs, un jour le serpent se mordra la queue.

Si la pénurie de pétrole se confirme vers 2040, il est certain que ce combustible ne sera plus accessible à personne. Le prix du pétrole brut, le Brent est passé de 15$ le baril en 1986 et 1988 suite à la décision de l'Arabie Saoudite d'augmenter sa production de pétrolea à 50$ le baril en 2007 pour franchir la barre des 100$ début 2008 et même atteindre 147$ quelques mois plus tard pour retomber finalement à moins de... 40$ le baril fin 2008. Après un nouveau pic en 2011 suite au Printemps Arabe, depuis fin 2014 les prix ont heureusement chuté à moins de 40$ le baril.

Avec un Brent à plus de 140$ sur le marché international, le prix de l'essence super à la pompe dépassa 1.5 € dans certains pays européens. En fait, dans ce domaine où la majorité des pays dépendent des importations, les gouvernements sont incapables de gérer individuellement les crises internationales, et même l'ONU ou le FMI est parfois impuissant à résoudre les crises ou les conflits.

Evolution du prix du pétrole brut (Brent) entre 1970 et 2015 en dollar courant (2015). En Europe, les importations de pétrole représentent 48 % des énergies consommées et proviennent principalement de Russie. Un cyclone détruisant des raffineries ou le moindre conflit social ou politique dans un pays producteur de pétrole (Nigéria) ou l'acheminant sur son territoire (Turquie, Syrie, Arabie, etc) provoque une hausse importante du cours du Brent et des autres cours de référence (OPEP, Dubai, WTI du Texas, etc). Document T.Lombry adapté de l'EAI.

Les effets de cette flambée du prix du pétrole se sont rapidement répandus dans tous les secteurs de l'économie. En Belgique par exemple, fin 2005 déjà, lorsque le baril franchit les 60$, on observa une baisse de quelque 3 % de la consommation d'essence et de mazout. Chacun chauffa un peu moins son habitation et roula un peu moins également pour épargner quelques centaines d'euros en fin d'année. Tous ceux qui devaient payer leur carburant ont commencé à réfléchir sur l'utilité de prendre leur gros 4x4 qui consomme sans vergogne plus de 15 litres au 100 km à bas régime. Aux Etats-Unis, où les carburants sont devenus très chers (on frise 1 dollar par litre), même bradés à 30 % de leur prix, les gros pick-ups GMC, Ford et autre General Motors ne se vendent plus.

Quelques mois plus tard, lorsque les prix des carburants atteignirent 100$ puis 140$ le baril, on observa les signes d'une première alerte donnée par la population au monde politique. L'homme de la rue comme le directeur d'une société de transport ne voyaient plus très bien comment ils allaient payer leur carburant ou se chauffer. Sous la pression de la population, plusieurs gouvernements ont mis en place des systèmes de stabilisation des prix des carburants. Ainsi, en Belgique notamment, depuis la mi 2008, lorsque les carburants franchissent 1.5 € le litre, une partie des accises sont automatiquement déduites afin de stabiliser les prix et éviter une trop forte inflation.

On constate ainsi qu'un carburant trop cher a des conséquences directes sur le budget des ménages, sur les petites exploitations, sur le transport routier, sur le tourisme, bref on risque une déstabilisation et une crise socio-économique majeure si les gouvernements ne prennent pas rapidement des décisions sur le plan économique.

Mais que peut-on faire à long terme, d'ici 10 ou 20 ans, sachant que cette hausse du prix du pétrole est inévitable ? Et bien tout naturellement, les industriels et les consommateurs doivent se tourner vers des énergies alternatives et une production d'énergie nationale. Cette première crise nous a démontré qu'il est grand temps d'investir dans des combustibles plus économiques, tel que l'hydrogène, le solaire, l'électricité ou le biogaz.

C'est ici que l'Etat a un rôle a joué par sa politique afin de promouvoir les énergies propres, les nouvelles technologies et en supportant les solutions alternatives. En effet, si l'Etat ne montre pas clairement sa volonté de changer les choses à travers une politique incitant à consommer autrement, sans son aide, les industriels n'investiront jamais dans de nouvelles technologies s'ils n'ont pas la garantie que cela sera rentable. A leur tour, le public ne va pas investir dans de nouvelles technologies s'il n'y trouve pas son intérêt et s'il n'y a pas d'infrastructures pour supporter ce développement.

Nous sommes donc face à un dilemme : l'Etat veut respecter les engagements de Kyoto et de la COP21 mais à défaut de concertation, il oblige les industriels et la population à s'adapter au prix fort en payant des taxes toujours plus élevées. Quant aux industriels et à la population, s'ils ont la volonté et sont partant pour n'importe quelle solution à condition qu'elle soit rentable ou du moins efficace et bon marché,  ils sont bien entendus retissants à respecter ce marché de dupe puisque l'Etat n'a pas les moyen de sa politique !

En attendant que le monde change, en mai 2006, un sondage réalisé par le journal "Le Soir" révélait que les Belges étaient à plus 60 % en faveur de l'énergie nucléaire. Malgré les nombreux incidents et accidents nucléaires survenus à travers la planète et les avis mitigés des auditeurs du secteur, la majorité de la population préférait encore passer au "tout nucléaire", la seule façon qu'elle envisageait à court terme pour réduire sa facture de pétrole. A choisir entre deux maux, on prend évidemment celui qui fait le moins mal au portefeuille... Mais cela reste une vision à court terme et pas très écologique qu'on ne peut vraiment plus accepter. On y reviendra avec tous les arguments nécessaires dans l'article Pour ou contre l'énergie nucléaire ?. Dans ce cas, que nous reste-t-il à faire ? Nous pouvons déjà nous tourner vers des énergies alternatives meilleur marché, notamment vers le gaz, le charbon et d'autres sources d'énergie (éolien, solaire, pile à combustible, etc).

Le gaz

Sous ce nom générique se cache plusieurs combustibles au pouvoir énergétique très performant, parfois bon marché, sûrs et fiables : le biogaz (gaz naturel de ville à base de méthane et gaz liquifié LPG) et le biocarburant constitué soit d'éthanol (alcool) soit d'huile végétale (biodiesel). Seul le LPG est d'origine minérale. Les autres combustibles sont produits à partir de la biomasse et ne seront pas traités ici.

De nos jours le gaz fournit 24 % de l'énergie consommée dans le monde. Il vient juste derrière le pétrole et devant le charbon.

Le gaz liquéfié ou LPG

Le carburant LPG, à base de propane et de butane, les produits les plus légers du pétrole raffiné, a le vent en poupe en ses temps d'augmentation des prix du pétrole. On estime que la demande de gaz va doubler au cours des 20 prochaines années, offrant des rentrées supplémentaires aux pays membres de l'OPEP.

Du point de vue technique, toutes les voitures peuvent aujourd'hui être équipées d'un système de carburant hybride diesel/LPG pour quelque 2000 €. Le système est très sûr, plus performant que l'essence (100 octanes, avec un pouvoir énergétique de 46 MJ/kg) et dans plusieurs pays européens dont la Belgique l'installation ne peut être réalisée que par un technicien agréé.

Entrée du réservoir LPG d'une "voiture verte" (Ford). La voiture verte voit rouge : aucun incitant économique n'attire le public vers ce carburant. Doc Greencar.

C'est le prix à la pompe évidemment qui incite les automobilistes à utiliser ce carburant : 0.7 € en moyenne pour le LPG (2005) contre 0.9-1.1 € pour le diesel et 1.3-1.5 € pour l'essence, soit de 30 à 50 % d'économie !

Mais en Belgique, bien que le système existe depuis le début des années 1970, à peine 1.5 % des véhicules sont équipés au LPG. Il n'intéresse pas encore la population bien que le marché potentiel existe et que la technologie soit au point car la concurrence de l'essence et du diesel ne persuade pas encore la majorité des automobilistes ni les entreprises.

Pour le secteur privé, il y a peut-être une raison. Beaucoup de pays ont un marché automobile âgé et le prix d'installation dissuade les clients potentiels. Par ailleurs l'amortissement de cet investissement ne se réalise qu'au terme de 2 ou 4 ans selon l'usage du véhicule (30 ou 15000 km/an). Dans l'état actuel du marché, il n'intéresse donc que les nouveaux  acheteurs où ceux qui pensent conserver leur véhicule au moins 4 ou 5 ans ou qui utilisent beaucoup leur voiture.

Si on n'incite pas la population à utiliser le LPG en installant notamment un nombre suffisant de stations d'approvisionnement à travers toute l'Europe et en réduisant le prix de l'installation, cette solution n'a aucun avenir et n'intéressera qu'un nombre restreint d'utilisateurs.

Quant à utiliser le propane pour alimenter les cuisinières au gaz, ce n'est pas la solution en Europe car son prix est pratiquement aussi élevé que celui de l'électricité. Reste finalement le gaz naturel à base de butane.

Le gaz naturel : l'énergie économique

Depuis longtemps, la population consomme du gaz naturel pour cuisiner ou se chauffer. C'est d'autant plus vrai dans les pays pauvres. En France plus qu'en Belgique, un habitant sur six achète du gaz dont 64 % de butane, principalement commercialisé par la grande distribution.

Comme dans la plupart des pays, la raison est purement économique : 3 à 4 bouteilles de gaz de 13 kg (où les "cubes" équivalents) suffisent pour cuisiner pendant un an pour une famille de quatre personnes. En Europe, cela correspond à un investissement compris entre 50 et 100 € par an alors qu'en "tout électrique" cela coûterait 4 à 8 fois plus cher (sauf dans les pays tirant profit de l'énergie hydroélectrique ou géothermique).

Deux des conditionnements du gaz naturel, bouteille et cube de différentes capacités (de 6 à 35 kg à usage domestique).

Les prix sont toutefois très variables, même au sein de l'Union européenne. Ainsi début 2006, la bouteille de 13 kg se vendait 25.54 € ttc en France, 17.68 € en Belgique et seulement 11.24 € en Espagne; son prix varie du simple au double ! Acheté par abonnement, en Belgique Electrabel facture le prix du gaz de ville à 52 € ttc par an plus 0.023 €/kWh pour une consommation < 5000 kWh (personne isolée ou petite famille).

En fait, les revendeurs déterminent le prix du gaz en fonction des distances à parcourir pour désservir les centres de distribution et chaque Etat décide également souverainement de son prix de vente maximum.

Toutefois, le prix du gaz naturel est résolument à la hausse, il devient même cher, et l'approvisionnement n'est pas totalement garanti. En effet, quelques pays européens dont la Belgique dépendent à 75 % des importations notamment des Pays-bas, de Norvège, d'Algérie et de Russie, cette dernière n'étant pas sans risque sur le plan économique (le pipeline européen passant par l'Ukraine, celle-ci n'hésita pas en 2006 à détourner une partie du gaz à ses propres fins suite à l'arrêt de l'approvisionnement russe).

Ce combustible étant un produit aussi indispensable que le pain ou le pétrole, toute pénurie ou augmentation de son prix peut littéralement avoir l'effet d'une bombe dans la population.

A parler de risque d'explosion, un homme averti en valant deux dit-on, rappelons quelques notions à propos de l'utilisation du gaz naturel. 

Le butane, de formule chimique C4H10, s'évapore à -5°C et se liquéfie à 15°C sous une pression de 1500 mbar. Il ne peut être utilisé que si la température ambiante est supérieure à 5°C. Il est donc principalement utilisé à l'intérieur pour la cuisine ou le chauffage. Le propane (C3H8) à l'inverse est légèrement plus léger et présente un pouvoir calorifique légèrement supérieur (46300 kJ/kg contre 45600 kJ/kg). Il s'évapore déjà à -42°C et se liquéfie sous une pression trois fois plus élevée que le butane. Etant très volatil, le propane doit être utilisé à l'extérieur (barbecue, outils de bricolage, etc) ou pour alimenter une citerne. Les deux gaz sont conditionnés de la même manière (et peuvent même servir à transporter du LPG de carburation) mais les bouteilles sont de couleurs différentes. Cela dit, les appareils fonctionnent indifféremment avec les deux types de combustible.

Document http://www.gouv.fr/

Selon Eurostat, le gaz naturel (butane) demeure le seul combustible dont le prix à la consommation diminue comparativement aux autres combustibles, hors crise bien entendu. En effet, si on regarde l'évolution des prix depuis 2002, on constate que le prix du pétrole (Brent) a augmenté de 180 % alors que le prix de la bouteille de gaz naturel n'a augmenté que de 17 %. C'est un premier geste de nos gouvernements qui devrait inciter le public à s'orienter vers le gaz. Quant à son utilisation domestique (cuisine et chauffage), son avantage n'est plus à démontrer, surtout comparé au prix du mazout (~0.4 €/l ttc) ou de l'électricité (0.15 à 0.30 €/kWh ttc).

Ceci était vrai il y a quelques années. Depuis les prix ont graduellement augmenté et ce qui était économique il y a 5 ans, risque de devenir inaccessible dans quelques années.

Quant à ceux qui hésitent à utiliser le gaz naturel en raison du risque d'explosion, sachez que si vous ne l'utilisez pas, les conduites passent à côté de chez vous; la maison ou la voiture d'à côté peut très bien en être équipée. Si un accident devait arriver, votre bien risque d'être endommagé par le souffle de l'explosion. Rejeter cette solution alors que le risque est parfaitement contrôlé et négligeable n'est pas raisonnable. C'était sans doute vrai il y a quelques décennies mais aujourd'hui tant le gaz de ville que le LPG sont des solutions très sûres. Cela dit, le "risque zéro" n'existe pas et un accident est toujours possible comme l'éventrement d'une canalisation par des terrassiers, mais le risque est négligeable comparé à celui que vous prenez en conduisant votre voiture.

Si ces combustibles sont parfois bon marché en Europe, en d'autres lieux le prix du transport du gaz peut toutefois être élevé, principalement dans les pays très étendus où les ressources sont éloignées des consommateurs tel que la Russie ou la Chine.

Selon l'OCDE, la place du gaz dans le total des sources d'énergie qui est aujourd'hui de 22 % environ passera à 25 % d'ici 2020. C'est le carburant de l'avenir en attendant que les biocarburants se développent et que les moteurs électriques (dont la pile à combustible) se démocratisent.

"Coal", le charbon ?

Le charbon représente 25 % de l'énergie consommée dans le monde (66 % en Chine et 56 % en Inde avec une augmentation annuelle proche de 30 % en Chine). Il vient en troisième place derrière le pétrole et le gaz.

Parmi les ressources naturelles fossiles, on ne peut pas dire que le charbon soit si "coal" que cela. Bien sûr avec la technologie moderne, les scies circulaires et les trépans géants télécommandés, son extraction est facilité. Son prix de vente rend également ce combustible accessible à tous. En 2004, il se négociait à 61 $US/tonne (36 $ tonne-équivalent pétrole) sur le marché de Rotterdam. Il offre un pouvoir énergétique intéressant, jusqu'à 23.9 MJ/kg dans le cas de la houille et de l'anthracite (contre 45 MJ/kg pour le pétrole et 120 MJ/kg pour l'hydrogène), mais il présente plusieurs inconvénients.

A gauche, le puits du Bois du Cazier à Marcinelle (B), haut lieu des charbonnages qui connut un accident dramatique le 8 août 1956 suite à un incendie qui provoqua la mort de 262 mineurs. Le site est inscrit depuis en 2012 au patrimoine mondial de l'UNESCO. Document Tchorski. A droite, une excavatrice Hitachi P&H utilisée dans les mines à ciel ouvert. Celle-ci pèse 1645 tonnes et sa pelle peut emporter 120 tonnes.

L'extraction et la combustion du charbon polluent l'environnement. En effet, les morceaux de charbon renferment des impuretés comme du soufre et de l'azote. Quand il brûle, ces impuretés sont rejetées dans l'atmosphère où elles se combinent avec la vapeur d'eau. Elles sont entraînées par les aérosols et retombent sur terre sous forme... d'acide sulfurique et d'acide nitrique, les fameuses "pluies acides" qui détruisent nos forêts et nos cultures. De nos jours, en Occident, ces rejets sont contrôlés et ne dépassent plus ceux des autres combustibles fossiles.

Mais comme toutes les énergies fossiles, le charbon est constitué de carbone. Combiné à l'oxygène de l'air, il forme du dioxyde de carbone, le fameux gaz qui contribue à augmenter l'effet de serre.

Le métier de mineur est également très dangereux. Les poussières minérales sont facilement inhalées et produisent des maladies graves comme la silicose et la pneumonie qui, diagnostiquées trop tard ou mal soignées, affectent lourdement la santé des victimes. Il faut y ajouter de nombreux accidents du travail comme les coups de grisou (explosions de gaz), les effondrements ou inondations de galeries et l'éboulement des pentes dans les mines à ciel ouvert. En Chine, on estime que chaque année l'extraction du charbon provoque la mort de 20000 mineurs.

Il faut ajouter à cela les milliers d'enfants, garçons et filles, qui travaillent dans les mines en Amérique latine, en Afrique et en Asie. L'UNICEF estime que 180 millions d'enfants de moins de 18 ans sont exploités dans le monde (30 % à 60 % des enfants dans les 43 pays les plus pauvres).

Certains sociétés, notamment écossaises, sont sur le point de réouvrir les mines de charbon en Europe, notamment en France. L'idée vint également au gouvernement belge avant qu'il n'abandonne définitivement cette idée et choisisse d'installer des éoliennes.

Aujourd'hui, la carbochimie n'est plus rentable comparée à la pétrochimie. Revenir au charbon n'a donc aucun intérêt sur le plan du développement durable. Par ailleurs les réserves existants en Europe ne pourront jamais satisfaire que de petites communautés. Aux Etats-Unis en revanche, selon le DOE il reste des réserves de charbon pour au moins 200 ou 300 ans. Beaucoup de pays de l'Est et d'Asie, y compris la Chine exploitent encore des mines de charbon de manière intensive.

A gauche, terril de charbon en Arizona. Au centre et à droite, les moyens modernes d'extraction du charbon et des minerais (scie circulaire et trépan). Documents U.Toledo, DOE et Corrosion Cost.

Aujourd'hui nous avons la possibilité de nous passer des énergies fossiles, notamment grâce à l'exploitation des énergies alternatives (solaire, éolienne, pile à combustible, etc) ainsi que de la biomasse (par ex. les biocarburants) et la culture de bactéries transgéniques (cf. le projet de la société LS9 visant à remplacer le carburant diesel). Si ces technologies sont encore peu développées, ce n'est qu'une question de volonté politique car les industriels sont prêts.

Le recyclage des métaux

Exploiter, produire et consommer sont une chose, encore faut-il gérer ces cycles jusqu'au bout de la chaîne si nous voulons agir de manière responsable. C'est la question du recyclage des métaux qui nous préoccupent aujourd'hui, certains présentant une toxicité évidente pour la population. Les plus toxiques sont les déchets nucléaires dont la période de radioactivité dépasse largement la vie humaine. Ces déchets sont  issus des centrales nucléaires mais également de tous les hôpitaux et autres laboratoires, sans oublier l'arsenal militaire  (ce qu'on appelle le "petit nucléaire"). Il y a ensuite toute les pollutions potentielles au métaux lourds (mercure, plomb, etc) ou cancérigènes dont on retrouve pas mal d'éléments dans nos voitures et divers accessoires domestiques.

L'enjeu du recyclage des métaux est important car il concerne toutes les industries qui doivent contribuer à la protection de leurs travailleurs tout en veillant à trouver une solution au double problème du coût grandissant de l'extraction et à celui de la gestion des déchets, qu'ils soient solides, liquides ou gazeux.

N'oublions pas en parallèle que de nombreuses décharges industrielles contiennent des substances plus ou moins toxiques avec l'approbation (pas toujours) des communes ou des gouvernements. Malheureusement, certaines d'entre elles sont proches des habitations et sont cancérigènes. On reviendra sur ces questions.

Prochain chapitre

Les actions humanitaires

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