|
|
Le développement durable La préservation des ressources naturelles (II) A. Le rôle des forêts Par forêt il faut entendre l'écosystème de la forêt comme celui du bassin de l'Amazonie illustré ci-dessous, c'est-à-dire non seulement les arbres qui la composent mais toutes les communautés qu'elle abrite (biocénose), la faune, la flore et les micro-organismes qui rendent cette ensemble écologique viable ainsi que les éléments abiotiques (biotopes) qui participent à sa survie : les climats, les sols et l'eau. A consulter : Structure d'un arbre - Les arbres
En effet, un individu comme un arbre ou un animal sauvage ne vit pas isolément dans la forêt. Il s'en nourrit et à sa mort il nourrit les autres membres de cet écosystème, en commençant par les micro-organismes jusqu'au sommet de la chaîne alimentaire (trophique) représentée par les super prédateurs comme le lion, le crocodile, le requin, l'aigle ou l'homme. Tous ces composants tissent des relations complexes qui, à l'image d'une toile d'arraignée sont à la fois très souples et très fragiles. Chaque organisme s'adapte aux changements du milieu et chacun à sa mesure présente une utilité dans le fonctionnement global de l'écosystème. Ainsi, des forêts naines de la taïga aux forêts tropicales luxuriantes en passant par les forêts feuillues des régions tempérées, cet écosystème répond de manière spécifique selon la latitude, le climat, la nature du sol, les ressources disponibles, la quantité de pluie et... les activités humaines.
Aujourd'hui les forêts recouvrent encore 30 à 40% des terres de la planète. On les trouve essentiellement dans la région intertropicale, la pluie et le Soleil leur apportant une profusion de nourriture et d'énergie. Ainsi que nous l'avons expliqué à propos des propriétés des écosystèmes (SETI), ce sont également les forêts et en particulier la jungle qui est dépositaire de la plus grande diversité biologique. En Amérique centrale, en Equateur, en Afrique centrale et du Sud, en Asie du Sud-Est et en Indonésie, on dénombre plus de 5000 espèces végétales par 10000 km2, une population cinq fois plus dense que sous nos latitudes ! Aujourd'hui encore les forêts contiennent les deux-tiers des espèces terrestres connues. Malheureusement, du fait de l'action inconsidérée des hommes la majorité de ces espèces sont en voie d'extinction. Nous devrions pourtant prendre soin de nos forêts, car elles assurent des fonctions régulatrices et stabilisent les écosystèmes. Prenons quelques exemples. Les forêts contribuent à la fixation et la conservation des sols. Les racines s'étendant dans la terre ont un effet stabilisateur qui diminue l'érosion naturelle. Les arbres freinent également la force des vents et des intempéries, protégeant ainsi les sols sur lesquels ils vivent. L'eau qui circule en forêt (pluie, source, rivière, etc) est stockée par les végétaux qui la restitue ensuite à l'atmosphère dans un cycle continu d'absorption et d'évapo-transpiration. D'autres flux pénètrent les sols et alimentent les végétaux ou reconstituent les nappes phréatiques. Enfin, grâce au mécanisme de la respiration chlorophilienne, les forêts absorbent jusqu'à 46% du carbone émit par la terre et qui contribue à l'effet de serre et produit en contre-partie de l'oxygène. La forêt est bien le "poumon de la Terre" au même titre que l'eau et l'air, et sans cet organe vital, Gaïa serait en train de s'asphyxier. Mais pas uniquement elle; toutes les espèces victimes de la déforestation et du braconnage sont aujourd'hui menacées d'extinction. Si l'homme veut préserver les forêts pour pouvoir notamment respirer sainement demain et tirer avantage de la biodiversité, il doit donc trouver dès à présent un juste compromis entre la satisfaction de ses besoins vitaux et la protection de cet écosystème.
Les Occidentaux ,et les citadins en particulier, imaginent que par nature un arbre c'est un tronc nu au-dessus duquel s'épanouit une couronne de ramures et de feuilles, l'espèce étant reconnaissable à son tronc ou à ses feuilles. C'est bien sûr le cas dans nos forêts tempérées clairsemées ou dans la savane. Mais si vous étiez né dans la jungle, vous auriez un tout autre discours. En effet, dans les forêts pluvieuses des régions tropicales, la biodiversité est tellement abondante que les organismes vivants ont envahi tous les étages de la forêt, des racines à la cime des arbres. Dans la jungle, un arbre n'est jamais nu, il est "habillé", en ce sens qu'il est recouvert de la tête au pied par des plantes appartenant à d'autres espèces. Dans certains cas (Guadeloupe, Costa Rica, etc), la végétation est tellement luxuriante et les plantes parasites tellement variées et abondantes que même les spécialistes ont parfois du mal à identifier l'espèce qui se cache sous cette végétation ! Comparée à nos pauvres forêts de chênes, de hêtres ou de pins, la jungle nous apporte un bon bol d'air et nous rappelle que la nature peut revêtir bien des formes. Dans ces régions, le nombre d'espèces d'arbres est deux à trois fois plus abondante que dans tous les pays d'Europe réunis ! Les raisons de la déforestation La déforestation se produit pour différentes raisons. L'homme a des besoins directs et des besoins indirects. Certaines populations pauvres comme celles du Salvador ont besoin de bois pour se chauffer et cuisiner, ailleurs il sert de fourrage pour leur bétail, voire même de nourriture. Selon le rapport du 5eme "Forum sur les forêts" des Nations Unies (UNFF) qui s'est déroulé en 2005, on estime que 90% de la population des pays pauvres dépend des forêts pour vivre. La principale raison de la déforestation est l'extension des activités agricoles telles que la culture intensive (blé, soja, café, etc) et l'élevage du bétail. Dans beaucoup de pays, et pas seulement sous-développés, il n'existe pas d'aide sociale pour les sans-emplois. En d'autres termes, vous travaillez ou vous n'avez pas de revenus et vivez dans des conditions miséreuses au point de mettre votre vie en sursis. Pour les pauvres, la seule solution pour s'en sortir est donc l'exploitation de ces immenses forêts vierges. C'est une opportunité qui peut leur offrir un peu d'argent, survivre et faire vivre leur famille. Peut-on leur en vouloir ? Certainement pas quand pour eux c'est une question de vie ou de mort. La responsabilité est à rechercher en amont, principalement chez les entrepreneurs et les industriels qui participent à cette activité. Leur méthode sont en effet discutables. Contrairement à d'autres régions où l'on défriche intelligemment en laissant repousser une végétation secondaire, ces entrepreneurs rasent la région à coup de tronçonneuses et de bulldozers qui font autant de dégâts à l'écosystème que la scie en fait aux individus. Ils abattent donc tous les arbres dans leur parcelle et brûlent les troncs d'arbres dans un processus qu'on appelle l'agriculture "Slash and Burn". A lire : La Banque mondiale lance un fonds pour sauver les forêts (sur le blog)
Le cas du Brésil est emblématique car tout le monde a ses yeux rivés sur le "poumon de la Terre", l'Amazonie. Selon la loi brésilienne, en Amazonie tout propriétaire a le droit de déboiser 20% de son terrain. Malheureusement, certains ont trouvé le moyen de détourner cette règle en revendant les 80% restants à un autre fermier qui pourra à nouveau prélever du bois sur 20% de cette parcelle, et ainsi de suite. C'est ainsi qu'aujourd'hui 80% du déboisement se fait dans l'illégalité. Il faut ajouter à cette surexploitation, toutes les industries et les métiers avides des espèces sylvicoles pour fabriquer des meubles en bois précieux (acajou, amaranthe, ébène, palissandre, teck, etc, le mot "brésil" qualifiant lui-même un type de bois rouge), des substances thérapeutiques, des résines, du latex, de la cellulose... Toutes les industries pharmaceutiques, chimiques et autre Monsieur Bois sont donc présents dans les forêts du Brésil qui constituent de véritables mines d'or, au sens propre comme au figuré. Les plus grandes exploitations sont consacrées à l'élevage où les fermiers n'hésitent pas à déboiser des étendues jusqu'à 1000 km2 et à tracer des routes en toute illégalité. Ces fermiers arrivent rapidement à développer une culture intensive à grande échelle capable de détruire en une année plus de 27000 km2 de forêts ! A voir : Ministério do Meio Ambiente Le site web du Ministère brésilien de l'environnement Dans les autres pays tropicaux, la situation est parfois pire. Ainsi, après Haiti, le Salvador est le pays le plus déboisé d'Amérique latine avec 53% de sa superficie considérée aujourd'hui comme impropre à la culture. Plus de 4500 ha de forêt sont détruits chaque année en raison de la surpopulation chronique qui frappe ce pays excessivement pauvre. Depuis le début de la colonisation de l'Amérique latine, 20% de la surface de l'Amazonie ont déjà été déboisés. Toute les décennies l'Amérique latine perd 5% de sa forêt primaire, ce taux atteint 7% en Afrique. Aujourd'hui, si vous survolez le Brésil dans les états du Pará ou du Mato Grosso, vous découvrirez que tous les pourtours de la forêt pluvieuse et les abords immédiats des fleuves ont été grignotés, des prairies gigantesques ont remplacé les arbres pour cultiver du soja, élever des vaches et des boeufs pour alimenter le marché mondial. Le gouvernement brésilien semble approuver cette pratique puisqu'il a investi lui-même dans la construction de 1800 km de route entre le Mato Grosso et le terminal d'exportation de Cargill. Comme une épidémie, le mal ronge le pays à petit feu. Ralentissement de la déforestation Malgré cette situation alarmante, les choses s'améliorent. En effet, alors que le WWF se mobilisait au travers de sa "Campagne Amazonie" pour sensibiliser la population au problème de l'exploitation du bois, selon un rapport préliminaire publié le 10 août 2007 par le gouvernement brésilien et repris par le WWF Brasil, la déforestation de l'Amazonie a diminué de 30% entre août 2006 et juillet 2007 : 9600 km2 de forêts tropicales ont bien disparu, mais c'est le niveau le plus faible de ces trente dernières années. Sur la période précédente, entre août 2005 et juillet 2006, le Brésil avait perdu 14039 km2 de forêts, représentant déjà une réduction de 25% par rapport à l'année précédente. La ministre de l'Environnement, Marina Silva, a attribué ces résultats encourageants au plan de lutte et de surveillance lancé par le gouvernement. Notons que le record de déforestation avait été atteint entre août 2003 et juillet 2004, où 27429 km2 de forêts furent déboisées, l'équivalent de 2.7 millions d'hectares, près des deux-tiers de la superficie de la Belgique ! Le précédent "record" remontait à 1995, avec 25000 km2 de forêts déboisées. Depuis l'an 2000, l'Amazonie a vu disparaître une surface de forêt grande comme 3 fois la Belgique ! Mais en parallèle, il faut rappeler que le 22 août 2002, le Président du Brésil, M.Fernando Henrique Cardoso, annonça la création du Parc National de Tumucumaque (Parque Nacional das Montanhas do Tumucumaque), dont la superficie est de 38000 km2, soit davantage que la Belgique. Ce site constitue aujourd'hui la plus grande surface de forêt tropicale protégée d’un seul tenant au monde. Le parc national de Tumucumaque est situé dans l'Etat d'Amapa, au nord-est du Brésil et confirme la volonté du Brésil de protéger l’Amazonie et son attachement au développement durable, qu’il montre depuis plusieurs années. "La loi de la jungle"
L'état de santé de l'Amazonie reste inquiétant. Aujourd'hui seul le noyer du Brésil et l'hévéa, qui produit le caoutchouc, sont protégés. Certaines régions comme le Tapajos (Flona), grande comme deux fois le Luxembourg, ont également été transformées en parcs nationaux. En 2001, dans l'Etat du Pará, grand comme deux fois la France, 1250 entreprises affirmaient pratiquer l'économie forestière. Mais sur le terrain, les inspecteurs du ministère de l'Environnement ont constaté que seules 750 entreprises respectaient ces normes. Par comparaison, dans l'état proche de Guyane française, 400 espèces de bois sont protégées. Mais cela n'empêche pas le traffic illicite de bois, de plantes ou d'animaux en péril à partir du Brésil. Dans les pays du Sud, l'aide publique est généralement peu importante et le Brésil ne déroge pas à cette règle. Pour la protection de la forêt, l'aide publique consacre en moyenne 7 fois moins d'investissement que le secteur privé. En revanche si ce dernier paraît très actif, chaque année les coupes illégales font perdre 15 milliards de dollars aux pays du Sud, environ 10% de leurs bénéfices bruts. Se greffe sur ce problème ce qu'on peut littéralement appeler la "loi de la jungle". La plupart des travailleurs, qui comprennent des enfants, défrichent la forêt dans des conditions pénibles, parfois inhumaines. Ils sont employés par de grands propriétaires (Fazendeiros) dont certains n'hésitent pas à les traiter comme des esclaves et font appel à des pistoleros pour faire respecter leur loi. Il y a quelques années la Commission Pastorale de la Terre (CPT) de Belém avait répertorié au moins 17 fermes dans le sud du Pará où 464 esclaves étaizent recensés. Suite à différents rapports des ONG, en 2005 le ministère brésilien de l’Emploi a mené 183 raids contre les fermes des Fazendeiros. 4133 esclaves ont été libérés par les autorités, le chiffre le plus élevé depuis 10 ans ! Mais les autorités estiment que quelque 250000 personnes vivent et travaillent toujours en semi-esclavage. "Hombre, bienvenida en el Eldorado de Amazonia !" ou en portugais pour la région Est, "Homem, boas-vindas no Eldorado de Amazónia !". Mais la réalité n'est pas celle des cartes postales... Nous ne pouvons certainement pas blâmer la politique du Gouvernement brésilien qui essaye tant bien que mal d'enrayer ce processus de déforestation et de condamner l'esclavage. Mais il manque d'argent pour surveiller l'application de sa politique intérieure à travers l'immensité de son territoire. Grâce au travail de sensibilisation de la CPT et des ONG, des lois condamnant ces activités criminelles sont aujourd'hui d'application. L'hypocrisie des pays riches Tournons à présent notre regard vers l'Europe et les Etats-Unis. L'Occident (comme d'autres civilisations) a procédé de la même manière par le passé sur ses propres terres, défrichant à tour de bras les forêts de feuillus qui sont devenues autant de champs agricoles ou de cités. Je ne vous rappelerai pas non plus la période d'exploitation des enfants au début de l'ère industrielle et l'esclavage officieux qui perdure encore dans une certaine mesure dans certaines classes défavorisées de la population. Comparez également nos différents écosystèmes. Par exemple, l'état boisé du Grand Duché de Luxembourg à celui des agglomérations urbaines et appréciez le saccage que nous avons réalisé en quelques siècles. Nous n'avons de leçons à donner à personne.
Le G8 (Etats-Unis, Canada, Royaume Uni, Russie, Japon, Allemagne, France, Italie) supporte un programme de préservation des forêts tropicales appelé le PPG7 (à l'époque la Russie n'y adhérait pas encore) créé en 1990. Malheureusement, le budget du ministère de l’Environnement brésilien dépend davantage de l'aide internationale que du budget fédéral. Comme tous les pays du Sud, le Brésil s'endette en empruntant de l'argent à des organismes internationaux comme la Banque Mondiale (voir plus bas). Mais comme par le passé, les pays riches sont toujours hypocrites à ce jeu là comme nous l'a encore prouvé récemment l'OMC. Rien que l'industrie du bois et ses dérivés représente en Europe plus de 2.3 millions d'emplois, y compris la production de papier, l'édition et l'imprimerie. A l'échelle mondiale, les produits dérivés du bois représentent un commerce de 130 milliards de dollars et fournissent quelque 47 millions d'emplois. Pour être plus concret encore, dans le monde, chaque minute nous abattons 180 arbres pour fabriquer... du papier toilette ! En 2050 nous en abatterons près de 300 par minute. En Europe, en moyenne nous en consommons 13 kg par personne par an. Comme pour d'autres produits de consommation, il faut aussi penser à l'avenir et protéger nos forêts dont le cycle est très lent à l'échelle humaine. Selon un rapport du WWF, en 2002 le G8 et la Chine ont importé deux tiers du bois de construction, de pâte à papier et du mobilier commercialisés chaque année dans le monde. Près de 20 % de ce bois proviennent d’exploitations illégales. Quel gouvernement veut enrayer ce processus ? Fautes de moyens et d'idées, je n'entends que le silence. Les larmes de Gaïa L'abondante pluie qui ne cesse de tomber sur les écosystèmes tropicaux a mouillé les yeux de Gaïa qui pleure aujourd'hui sur le sort tragique que lui réserve l'Occident. On constate que les raisons et les enjeux de la déforestation sont très complexes. La fracture Nord-Sud n'est pas un cliché et nous devons aujourd'hui aider les pays pauvres à résorber une dette séculaire colossale. Ainsi, le Brésil présente une dette envers l'Occident qui s'élève à 176 milliards de dollars US (CIA, 2006). Dans un pays où le produit intérieur brut par habitant est de 8800$ US contre 29900$ US pour l'Union Européenne et 44000$ US pour les Etats-Unis (CIA, 2006), autant dire que les Brésiliens ont hypotéqué jusqu'à leur avenir pour alimenter les intérêts des riches actionnaires du Nord. En Bolivie, qui est également située en partie sur le bassin amazonien, le PIB par habitant est 14 fois inférieur à celui des Américains (3100$ US). Il compte parmi les pays pauvres les plus endettés (PPTE). Les femiers ne peuvent pas acheter les biens de première nécessité et doivent cultiver du maïs qu'il revende pour pouvoir survivre. Et ainsi la forêt disparaît progressivement. A voir : The Belize Zoo - The Belize Audubon Society
Comment arrêter cette menace qui pèse sur la forêt ? Comment aider ces pays pauvres sinon en annulant leur dette envers les banquiers occidentaux ? Cela leur permettrait au moins d'éliminer un contentieux très lourd qui leur porte préjudice dans tous les secteurs de la vie. Si ce principe d'entr'aide international ne plaît pas aux banquiers qui préfèrent ne pas écouter les plaintes du tiers-monde mais plutôt le bruit de l'argent de leurs actionnaires, qu'ils se rappellent bien qu'ils profitent de l'argent qui ne leur appartient pas et indirectement des travailleurs miséreux du Sud. A une autre époque, devant la crise socio-économique mondiale ils ont dû fermer leur porte. A trop vouloir et à profiter du flou juridique, on finit par tout perdre. Heureusement, sous la pression du public et des médias, quelques banquiers en ont pris conscience et ont accepté d'annuler la dette d'Etat à Etat de certains pays. Mais il reste beaucoup d'injustices en cette matière. A l'échelle de la planète, le problème est exacerbé; l'économie compétitive mondiale dirige les besoins des pays du Sud. Ces derniers, pauvres et démunis, ont peu de moyens pour défendre leurs intérêts face à la puissance des multinationales. Pour des raisons légitimes, les pays riches exigent de préserver les forêts subsistant encore. Les pauvres leur opposent l'argument du droit au développement pour exploiter intensivement leurs forêts. Le G8 ou le G20 serait bien en peine d'exiger quoi que ce soit des pays pauvres quand ses membres polluent eux-mêmes l'atmosphère et pillent toutes les richesses du monde au nom de leur développement économique. Bien sûr, ainsi que nous l'avons dit, on ne peut pas demander à un pauvre de cuire ses aliments dans un four écologique quand il n'a déjà pas d'argent pour acheter le bois qui lui permettrait de les cuire ! Heureusement des associations locales et internationales ainsi que des célébrités organisées en fondations font écho de leur détresse et de leur combat au quotidien.
La lutte contre la fracture Nord-Sud est plus que jamais d'actualité et c'est tout à l'honneur des chefs d'Etats d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est de crier haut et fort leur désapprobation envers l'attitude des pays membres du G8. A l'inverse du Président Bush Jr qui se contente de sourire pour toute réaction face à la colère d'Hugo Chavez, Président du Vénézuela, espérons que nos dirigeants européens, russes et asiatiques entendent pour une fois la sonnette d'alarme des pays pauvres et agissent concrètement sur le terrain pour réduire la fracture. Grâce aux mouvements écologiques, les couloirs de nos gouvernement se font heureusement l'écho du mécontentement général. Les forêts deviennent ainsi les icônes du monde devant lesquelles un jour peut-être nous devrons allumer un cièrge pour commémorer la disparition du dernier arbre abattu par l'homme. Triste destin pour des organismes qui ont traversé des millénaires sans encombre et seront peut-être un jour, si nous ne réagissons pas, abattus par la bêtise humaine. Avec le recul de plusieurs siècles d'exploitation forestière à travers le monde, on se rend compte aujourd'hui que les dernières forêts qui ont échappé au massacre sont malades des hommes. Les arbres sont attaqués par les pluies acides, les parasites, les incendies, ils ne tiennent plus sur leurs pieds, bref nos forêts sont en train de perdre leur équilibre et le vaissseau Terre part à la dérive. Comment résoudre ce problème et cette incompréhension dans le dialogue Nord-Sud ? A travers son Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), l'ONU a officiellement posé la question inéluctable au cours de son 5eme "Forum sur les forêts" : "comment optimiser le potentiel des forêts, des arbres et des ressources connexes pour accroître le bien-être économique et social des hommes et améliorer les conditions environnementales tout en veillant à conserver les ressources nécessaires pour répondre aux besoins des futures générations ?". Toute aussi complexe que la question, la réponse se fait attendre.
En attendant, au taux actuel de déforestation et en tenant compte de l'effet de serre qui en train s'assécher tout le nord du Brésil et de tarir certains méandres de l'Amazone, on estime que le bassin de l'Amazonie aura disparu en 2100. C'est 180 milliards de tonnes de gaz carbonique soit 8 années d'émission de gaz carbonique mondiale qui ne seront plus captées par la forêt pluvieuse et qui viendront s'ajouter aux rejets industriels pour réchauffer encore un peu plus l'atmosphère. Les conséquences de ce bouleversement provoqueront des effets désastreux sur l'économie locale et des effets inconnus sur la biodiversité et le climat mondial. D'ores et déjà, suite à l'accentuation de l'effet de serre, l'Atlantique Sud a connu son premier cyclone en 2004. D'ici 100 ans on peut s'attendre à voir disparaître la majorité des espèces animales et végétales vivant sur Terre. Agissons tant qu'il est temps, sinon Gaïa aura de bonnes raisons de mourir de chagrin sur la tombe désertifiée de sa planète. Prochain chapitre Le rôle des ressources minérales
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||