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Le tourisme spatial Welcome aboard !
Aujourd'hui, en matière de tourisme spatial nous sommes dans une situation identique à celle de l'aviation au début du XXeme siècle. A l'époque, l'avion était un luxe encore moins abordable que le train et n'était accessible qu'aux stars d'Hollywood et du show business ainsi qu'aux chefs-d'Etats. Avec le recul on en sourit et cela nous paraît inconcevable, et pourtant... Il fallut au moins deux générations pour que le grand public accède finalement à ce moyen de transport devenu presque banal. C'est une bonne nouvelle tout en étant une très mauvaise pour l'homme de la rue qui peut encore attendre longtemps son "boarding pass" pour les étoiles. Tout commença le 28 mars 2001, 40 ans après le vol de Gagarine, lorsque l'Américain Dennis Tito est devenu le premier touriste de l'espace. Voulant réaliser son rêve d'enfant, cet ancien ingénieur de la NASA spécialiste du calcul des trajectoires et passé dans les affaires s'est offert le luxe d'un séjour de 7 jours 22 heures et 4 minutes dans la station Mir en accord avec l'Agence spatiale russe qui, pour l'occasion, avait sous-traité l'affaire à l'agence de promotion Space Adventures dirigée par Eric Anderson. Son ticket lui coûta 20 millions de dollars, 10% de sa fortune. Même si la NASA n'a pas apprécié de se voir coiffer le premier ticket touriste par les Soviétiques, chacun doit bien reconnaître aujourd'hui que dorénavant l'espace est accessible aux civils et que demain nos enfants ou nos petits-enfants passeront peut-être leur vacance en orbite autour de la Terre. Mais ne vous pressez pas. L'entraînement dure au moins 900 heures (5 mois) et ni les Russes ni les Américains ne vous feront de réduction si vous voulez partir au dernier moment... Mais l'offre continue et se développe car tant que les Russes manquent de ressources et qu'aucune autre agence n'ouvre ses portes aux civils, ils enverront d'autres milliardaires là-haut visiter notre colonie spatiale. Le 25 avril 2002, Marc Shuttleworth, un chef d'entreprise et ingénieur en informatique sud-africain de 29 ans, paya son ticket 20 millions de dollars pour un séjour de 8 jours à bord d'ISS. Durant son séjour, il participa à un programme de recherche médical sur le SIDA et sur le génome humain. C'était le deuxième "touriste" de l'espace. Puis le 1 octobre 2005 le premier radioamateur, Greg Olsen, alias KC2ONX, un homme d'affaire américain retraité de 60 ans se présentait à l'embarquement de la fusée russe Soyouz pour un séjour de 10 jours à bord d'ISS. Ingénieur opticien, il participa à des expériences sur la télédétection et l'astronomie. Son ticket lui coûta 20 millions de dollars.
Le 18 septembre 2006, ISS reçut la visite de la première touriste, Anoushe Ansari, une femme d'affaire américaine d'origine iranienne, présidente d'une société de télécommunication; tout un symbole pour l'émancipation des femmes musulmanes. Elle est née en 1966. Le voyage lui coûta 23.3 millions de dollars pour 10 jours. Le 7 avril 2007, ce fut au tour du milliardaire américain d'origine hongroise Charles Simonyi de visiter la station ISS grâce à une capsule Soyouz. Il y resta deux semaines. Simonyi détient à ce jour, le record du voyage spatial touristique le plus long. Pour commémorer cet événement, il a créé un site Internet, Charles in Space. Arrêtons-nous un instant sur cet homme car nous le connaissons tous indirectement. Né en 1949, le Dr Charles Simonyi occupe deux chaires académiques : la chaire Charles Simonyi for the Public Understanding of Science à l'Université d'Oxford (chaire tenue par le biologiste évolutionniste Richard Dawkins) ainsi que chaire Charles Simonyi de Physique Théorique à l'Institute for Advanced Study de Princeton, un poste occupé avant lui par Edward Witten et Einstein. Charles Simonyi est l'un des informaticiens les plus célèbres et l'un des personnages qui influença le plus le développement de la micro-informatique. Durant les années 1970, il développa chez Xerox PARC le premier traitement de texte WYSIWYG appelé "Bravo". Le WYSIWYG c'est Simonyi ! Entre 1981 et 1991, il fut Chief Software Architect chez Microsoft qui n'était alors qu'une start-up. Il dirigea les équipes qui programmèrent les logiciels de bureautique. C'est le papa de Word, Excel, Multiplan et quelques autres produits.
En 1991, il s'orienta vers la recherche chez Microsoft et s'occupa de "programmation intentionnelle". Il créa ensuite avec le Pr Gregor Kiczales de Xerox PARC la société Intentional Software Corporation qui développe des langages de programmation très évolués (Cf le site web Edge ainsi que son article pour le 2001 Vanderbilt Workshop). Accessoirement Simonyi est également pilote de jet. Son rêve serait qu'il y ait une bibliothèque dans l'espace : "Partout où les humains se trouvent, il doit y avoir une bibliothèque", a-t-il déclaré le 18 février 2007 au cours d'un entretien accordé à l'AFP à Moscou. Simonyi emporta donc deux livres avec lui, "Faust" de Goethe en traduction bilingue allemand/anglais et "Révolte sur la Lune" de l'auteur de science fiction américain Robert Heinlein. "Faust fait partie de notre héritage littéraire, il appartient à l'humanité tout entière et aborde les relations de l'homme avec l'univers et avec les sciences. Y a t-il un meilleur endroit pour lire sur ces sujets (que l'espace)? ", a-t-il lancé aux journalistes. "Je sais bien qu'ils seront à terme installés sur ordinateur mais les livres sont actuellement tellement plus simples à utiliser", a-t-il précisé, expliquant qu'il faut une permission pour accéder aux ordinateurs de la station. Enfin, il eut l'occasion d'écouter de la musique classique et des groupes rocks, la station contenant un lecteur MP3 disposant d'un assortiment de 1600 enregisrements musicaux, parmi lesquels Bach, Wagner, Mozart, Bartok, Liszt mais également les Beatles, les Rolling Stones ou les Kinks lui plurent particulièrement. Et les touristes se succèdent. Le physicien et cosmologiste anglais Stephen Hawking devrait également s'envoler pour l'espace en 2009. Son entraînement, bien qu'un peu plus particulier puisqu'il est totalement paralysé, a déjà commencé. Mais tous les candidats ne sont pas acceptés d'office à l'embarquement. Ainsi selon l'agence russe, en 2006 le Japonais Daisuke Enomoto fut jugé inapte au voyage spatial pour des raisons médicales. Son vol est suspendu jusqu'à nouvel ordre. Mais son vol n'est pas annulé. Il était arrivé un problème similaire à Gregory Olsen dont le voyage prévu originellement en 2001 fut également reporté pour des raisons de santé. Quatre ans plus tard il recevait tout de même son ticket pour l'espace et en revint "très heureux" comme il le dira par la suite. L'argent n'ouvre donc pas toutes les portes et il est heureux de constater que les agences spatiales considèrent encore les questions de sécurité comme prévalant sur tout autre critère. En parallèle, des sociétés privées américaines et japonaises se sont lancées dans ce marché très promettteur du commerce et du tourisme spatial. Aujourd'hui l'annuaire de ces sociétés compte peut-être sur une page, dans un siècle elles rempliront le bottin ! Depuis 2005, la société "Space Adventures" présente une deuxième destination à son catalogue : un vol autour de la Lune d'une durée de 8 à 10 jours ! Eric Anderson s'offre même le luxe de proposer deux itinéraires : un vol direct grâce à un vaisseau Soyouz ou un vol indirect avec une escale dans la station ISS... Selon le choix du client, le prix du billet oscillera entre 100 et 120 millions de dollars, le prix d'une petite entreprise... Bien qu'Anderson vente son produit avec le slogan "qui n'aimerait pas aller dans la Lune ?", le prix qu'il demande le réserve malgré tout à une poignée de privilégiés, quelques stars du show-business et des chefs d'entreprises. Malgré ce prix exorbitant, le pari d'Anderson représente un pas de géant pour le secteur privé. Dans quelques décennies la Lune sera réellement à la portée du public, évidemment fortuné. Et n'attendez pas de prix promotionnel avant... quelques siècles ! Mais ce jour là, les hôtels spatiaux développés par les Japonais seront une réalité et vos petits enfants au 8eme ou au 10eme degré auront l'opportunité de voir un clair de Terre et de passer leur Lune de miel près des étoiles. Il ne fait aucun doute que la technologie de l'avenir et la société des loisirs s'orientent résolument vers l'espace. Pour plus d'information
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