Vesper

Lumières des terres arides, épisode III : Coeur de verre

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III- Coeur de verre

 

Au lecteur : mes excuses, j’ai été sous le boulot. Je sais qu’on dit toujours ça pour se dédouaner, mais là c’est vrai.

Au lecteur courageux : je suggère de relire l’épisode (ou les épisodes, pour les plus intrépides) précédent ici :

 

 

La nuit claque sur la terre comme un coup de fouet. Subitement, il pleut des éclats de cristal. L’instinct commande de ramper. Oui, petit sapiens rampe à la surface de sa planète pendant que le ciel sauvage danse une ronde éclatante et silencieuse autour du pôle sud.

 

Je m’affaire auprès du gros Dobson. Me penche prudemment sur son coeur de verre et m’écrie intérieurement : “Mon Dieu, c’est plein d’étoiles !” tel un Dave Bowman austral (“2001 l’Odyssée de l’espace”. On a les références qu’on peut). J’insère le Panoptic 41, de la taille d’un poing, dans le porte-oculaires. Puis je prends les commandes, enfin j’essaye, en plaisancier du dimanche habitué à une coquille de noix essayant de dompter un glorieux trois mâts. La nuit s’est d’ailleurs levée comme une tempête où la multitude d’éclats de cristal qui ne scintillent pas m’empêche de discerner même une ébauche de constellation.

Et c’est un corps à corps, j’y danse quelque chose qui rappelle le ju-jitsu. Le Gros résiste, il faut pousser et tirer, en force et en douceur, tout en même temps. Profiter de sa force pour l’emmener où je le souhaite. Finalement bien entendu, c’est lui qui m’embarque.

 

Après bien des errements le Gros m’emmène à NGC 1566, pourtant facile. Contrastée et tourbillonnante, vue de face. Deux spires sont très évidentes, qui partent en s’effilochant dans des voiles de brumes vertes. Le noyau est brillant, entouré d’un bulbe duveteux tout en nuances de gris brillant et diffus à la fois. C’est une observation facile et splendide.

 

Le Gros vire sur NGC 1617. C’est une autre histoire. Une tache, diffuse et assez étendue, vue de trois-quarts, révèle à l’observation des zones de luminosité différentes. Il y a comme des variations de densité et, mais oui, des zones plus noires qui forment une arabesque : c’est une spirale. Le noyau en revanche est assez brillant ce qui, par contraste, complique l’observation.

 

Emporté par son élan, le Gros bascule non loin vers l’est et NGC 1546 m’apparaît. Elle est elliptique et chétive. Très facilement perçue, elle n’est cependant remarquable en rien, du moins à mes yeux d’éternel dilettante. C’est une âme en fuite, rien de plus.

 

Raymond surgit dans la nuit, un morceau de savon à la main. Heureusement ce n’est pas à moi qu’il veut passer un savon, mais au Gros dont il commence à savonner vigoureusement les axes d’altitude et d’azimut. Intérieurement je me ris du Gros : “ha ha ha, alors ça fait quel effet de se faire savonner les oreilles ? C’est pas ce qui s’appelle se faire savonner la planche, ça, littéralement ?”.

Et c’est sur cette planche savonneuse à l’odeur de citron vert que je poursuis désormais mes glissades galactiques. D’ailleurs sans rire c’est vrai, ça marche un peu : le Gros m’emmène plus facilement où il veut. Il n’y a pas de petite vengeance.

 

Nous dérivons toujours dans la Dorade, où ce que j’identifierai plus tard comme NGC 1763 me tombe dans l’oculaire. C’est une empreinte de pas, quatre nébulosités principales recomposent une autre patte de chat sur fond d’étoiles bien visibles. Mais un chat à quatre doigts. Un renard, peut-être. Un renard qui aurait couru dans de l’encre verte sur des poussières de diamant.

 

Non loin, le Gros dérape sur NGC 1672. C’est radicalement différent et il  faudra que je me confirme à moi-même qu’il s’agit bien d’une galaxie : vue de face mais asymétrique, elle affecte plutôt la morphologie d’une virgule. Une virgule structurée et brillante, avec un point brillant au centre. Une sorte de point virgule galactique, en somme.

 

Un coup d’épaule, involontaire forcément, m’emmène dans la Grue. Je passe ici sur les péripéties imputables, en vrac, au chercheur, au Telrad, au point rouge, et à moi-même en somme. Tous ces dispositifs que j’ai au fil des nuits montés en série, à moins que ce ne soit en parallèle, produisent des erreurs. Que je préfère mettre sur le compte du Gros, qui a le dos large, forcément. S’il y a un domaine qui ne supporte aucune approximation, c’est bien le pointage astronomique.

Bref comme dirait Pépin, je finis par buter sur le trio de la Grue, Abell 5187, qui m’apparaît dans toute sa gloire. Trois galaxies forment un triangle presque isocèle. L’une est vue de face, au sommet du triangle. Les deux galaxies qui forment la base sont vues de trois-quarts mais sous des angles différents, ce qui contribue à la sensation de relief. J’y passe un très long moment, le vertige s’accentue, l’ensemble gagne en densité et en intensité. Au final c’est une gloire de lumière où les trois galaxies, par un effet de perspective abyssal, semblent fuir dans l’Ether.

 

Un peu plus loin je glisse sur NGC 7424. C’est une marguerite vue de face. Ses pétales spiralés sont marbrés de nodosités, il y a des différences de densité. Au Nagler 16 le bulbe est allongé, ovale. L’ensemble est assez brillant et occupe bien le champ oculaire. Tout baigne dans une légère nébulosité qui nimbe les spires, comme un écrin de phosphore.

 

En cherchant NGC 1313 dans le Réticule, le Gros m’amène sur NGC 1574. Mhh, oui bon. Certes. C’est, comment dire, pour le fun. Rien de bien émouvant à la vue de cette galaxie lenticulaire oubliée dans le recoin d’une petite constellation australe. J’observe le vestige d’un vertige, me dis-je.

 

Sur le coup de la déception, je vais dans l’observatoire manger un biscuit chilien aux fourmis australes. Les picotements sur la langue sont toujours surprenants. J’en garderai quelques heures une sorte de difficulté d’élocution.

Je décide de faire escale et m’allonge sur le dos, les yeux grands ouverts sur une voie lactée si étincelante qu’elle projette des ombres.

L’observatoire, abri à toit roulant du très regretté C14, est notre esquif sur la marée stellaire. On pourrait y pratiquer une sorte de régime de la couchette chaude, comme dans la marine, où chacun effectuerait son quart au rythme non pas des coups de tabac et autres grains, mais bien des coups de barre.

 

Un somme et quelques gorgées de camomille plus tard, je trouve enfin la pourtant évidente NGC 1313. Le Gros a dû avoir pitié. Structurée et brillante, la belle arbore aux Naglers 16 et 9 une forme indiscutable de S. C’est une belle spirale barrée vue de face. Le noyau est tout à fait évident. Il y a des zones de brillance différentes, dans le bras du dessus et d’ailleurs également dans celui du dessous.

L’observation est belle. Ces petites constellations australes, on ne pense à rien en mangeant un gâteau aux fourmis et puis ça claque. Vive le Gros. Ce Monsieur Dobson a bien fait de ne pas inventer une simple marque de bière comme je le suggérais, finalement. Il faut dire que, même si le Réticule n’était pas très haut au moment de l’observation (genre 10°) ça ne fait guère de différence ici : les étoiles se lèvent nettes et ponctuelles au ras de l’horizon.

 

Plus haut dans l’Eridan je retrouve NGC 1531 et 1532, couple de galaxies physiquement associées. C’est une belle vision aussi : la petite NGC 1532 semble perchée en oblique juste au-dessus de sa très grande soeur vorace, qui l’attire pour la dévorer. Il y a de la perspective dans l’image, l’ensemble est vu de profil ou de trois-quarts très incliné qui donne une profondeur où je me noie un long moment. J’observe deux galaxies en interaction et en direct, si l’on peut dire. C’est beau, étonnant, intéressant et vertigineux. Quelque chose comme deux coeurs en fusion emportés dans un vertige.

 

Xavier passe et, après un coup d’oeil sur ces objets bien brillants à ses yeux de lémurien, me parle de, je cite fidèlement : “la double boucle concave circulaire de l’Eridan”. Je reste coi et d’ailleurs bouche bée dans la nuit d’encre. Une boucle, je vois sans problème. Une double boucle, je veux bien. Une double boucle circulaire, mhh, il me semble qu’on frise le pléonasme. Mais une double boucle circulaire concave ? Vue de l’hémisphère boréal ou austral ? La tête en haut ou la tête en bas ? Se paye-t-il ma fiole ? Et qu’en pense Bruno qui, à une vingtaine de mètres, filme des escadrilles de F16 (sic) sur ses écrans rougeâtres dans un sifflement de refroidisseur Pelletier ? Nous ne le saurons jamais. Moi bien entendu je suis persuadé qu’il s’agit d’une galéjade. Dilettante oui, naïf non. Je retourne m’épancher sur l’épaule en bois véritable du Gros, qui en profite pour se dérober sous ma poussée comme toujours.

 

Après bien des errements et bien plus tard, je retrouve la S’Nebulae ou NGC 5189, dans la Mouche. Ce n’était pourtant pas très difficile. Le S est bien visible, j’y distingue à l’observation des branches supplémentaires, comme une barre qui raye le S, malheur mais c’est l’horreur me dis-je subitement, un symbole monétaire accroché au ciel ! Heureusement c’est passager, d’ailleurs à la ré-observation la barre est plutôt diagonale que verticale. Et puis l’ensemble est filamenteux, comme effiloché. C’est, à mon grand soulagement, bien plutôt une rose des sables en nuances de gris. J’ai frisé le krach céleste.

 

Toujours sur ma pente savonneuse à la bonne odeur de frais, je glissouille et tombe sur NGC 3621. J’ai failli l’éviter, si je puis dire, car c’est une toute petite condensation de givre. A l’observation je devine l’amorce de bras spiraux, vus de trois-quarts. Et puis à la réflexion, sans jeu de mots, apparaît une brume argentée qui baigne l’ensemble. Finalement c’est joli. Un fantôme perdu dans la nuit.

Non loin et toujours dans l’Hydre, le Gros tombe en arrêt (et moi aussi par la même occasion) sur NGC 5101. Une galaxie vue de face, dont je perçois rapidement les bras spiraux. Il me semble qu’elle est barrée. Plus surprenant est le disque qui m’apparaît autour, comme une bague qui entourerait le bulbe ovoïde. Mais c’est en vision décalée même sous le ciel andin.

Beaucoup plus loin en remontant vers l’est, au gré d’une erreur de pointage, je vois passer dans le champ une condensation de brume givrée. Il y a ici tellement d’objets que, finalement, laisser faire le hasard et le Panoptic 41 peut constituer une option gagnante. La partie épineuse étant alors l’identification des objets a posteriori. Mais c’est tout simplement NGC 2997, dans la Machine Pneumatique, qui exhibe facilement trois bras spiraux vus de face.

 

Sur la colline, à une trentaine de mètres, les instruments automatiques d’ordinaire inaudibles exhalent un murmure, expriment un changement de fréquence : dans un soupir, les télescopes et autres roues à filtres regagnent leur position de parking. L’aube approche.

Xavier fait des excès de vitesse avec 20 dessins à la nuit.

Bruno essaye de dompter ses caméras qui sifflent aux étoiles dans la nuit encore étincelante.

Nous sommes trois fantômes à l’ombre de la voie lactée.

Trois pèlerins au désert.

Nous étions du même rêve.

 

Tourbillons de poussières des étoiles passées. Soleils anciens. Etoiles exotiques. De temps à autre une écharde de lumière raye la nuit de diamant. Les météores font des signaux de fumée. Dans le ciel puissant il pleut des gouttes de cristal. Ces constellations éclatantes, ces plages de diamants, les reverrai-je encore ? J'ai été bien loin, la route est presque finie.

 

Mais quoi de mieux que redescendre la colline dans la nuit finissante, les poches pleines d’oculaires et le nez au vent de millions de soleils ?


 

Pierre Heinz, Strasbourg

 

[Fin]




 

Edited by Vesper
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Magnifique CROA.

 

Un bijou de poésie. Pour connaitre ces objets, je peux dire qu'on s'y croirait

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Magnifique :)

Mais c'est pas un CROA, c'est le beau roman de la nuit ;)

AG

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c'est bôôôôô et les nuits sont trop courtes...

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Hello 😊

 

Moi je lirais bien un de ces  livres au Monsieur ! 

Si l'idée t'as effleuré l'esprit je suis client ...😊

bravo et merci ! 

 

fred..

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Merci à tous pour vos commentaires très (trop) élogieux ! B|

...Je vais finir par choper un coup de Lune... :ph34r:

 

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    • By BlackMaple
      C'est ce Samedi soir dernier, 29/06/19 que j'ai organisé une petite soirée entre amis à la maison, pour leur faire découvrir le ciel au téléscope. Membre d'un groupe de Rock en tant que batteur, et au détour de visites des musiciens à la maison, l'idée d'une soirée astro n'a pas mis longtemps à émerger.. En effet, piqué par la curiosité du Dobson 203 trônant fièrement dans le salon, chacun aura eut à l'esprit le partage d'une soirée étoilée. Voila qui fut chose faite ce samedi et qui plus est : ce fut une première pour mes 3 amis en question ! 
       
      CROA / Compte rendu d'Observation Astronomique de cette super soirée qui fait de beaux souvenirs : 
       
      Il fait très chaud ce soir. Il à fait plus de 30 sur la journée et la chaleur ne semble pas prête à retomber. Nous avons pu observer de 00h à 3H du matin environ, une petite fraîcheur naissante sur le tard, une brise s'est levée en millieu de nuit : mais pas pour me déplaire du tout ! 
       
      La soirée commence, les discussions vont bon train. Le barbecue avalé, les discussions bien avancées déjà,  la petite bière (modérément bien sur) rafraîchissante, le noir tombe.. Pour patienter, sortons les guitare et voila mes deux compères guitaristes se lancer à jouer du Led zepellin, du Manouche, s'essayer à différentes techniques, bref : Il ne manque pas d'ambiance dans la maison. Un peu tard pour la batterie (et oui c'est mon poste!), ca m'arrange, je m'éclipse discrétos pour préparer le terrain. N'ayons l'air de rien 
       Le temps passe :  Il fait noir, il ets temps !  Let's go ! 
       
      Je m'étais donc préparé un petit "programme potentiel", une petite liste d'objets à leur faire découvrir avec comme trame de fond  d'essayer d'être progressif dans l'effet "Wow" ! Le lendemain on se dit toujours "arg zut j'aurais pu faire M27, etc.." mais avec des si..
       
      Voici ce que nous avons pu observer et si je n'oublie rien  :
      Alcor et Mizar
      Albiréo
      M13 et M92
      M57
      M81 et 82
      NGC457
      Cr399 (cintre au jumelles)
      Jupiter
      Saturne
       
      J'ai d'abord commencé, pour laisser le temps à nos yeux de s'acclimater, par leur parler des constellations en général, puis précisément  de la grande Ourse. Je leur ai fait faire le petit test d'acuité visuelle sur Alcor et Mizar.  Ma compagne aura été la première à se rendre compte de la dualité de l'étoile centrale "du manche de la casserole".
       
      1er Objet donc, ce fameux couple. 1er étonnement également. Ensuite, pour rester dans le thème et sur un objet "raisonnable", nous avons visité Albiréo, célèbre pour la coloration assez marquée et qui n'aura pas manqué d’étonner les copains! 1er petit effet "Wow".  On remarque la précision et surtout la richesse du fond de ciel, qui dans le cygne est sympathique. Petit jeu de questions : "pourquoi n'ont elles pas la même couleur" etc..  De quoi étonner, intéresser et donner l'envie d'aller plus loin...
       
      Pour progresser un peu plus dans les "groupes" d'étoiles, je me suis ensuite attaqué à M13 et 92, facilement observables à la suite l'un de l'autre. 2èm effet "Wow" plus marqué cette fois. Evidemmentla richesse d'un tel groupement ne laisse pas indifférent. On traîne, se laisse charmer par la beauté et l'intensité des deux amas globulaires. L'occasion de s'essayer à la vision décalée dont je leur ai parlé pour entrevoir Alcor et Mizar un peu plus tôt. Et effectivement tous 3 amis (la chanteuse étant présente également), s'accordent sur le fait que le "piqué" se révèle en décalée. Je leur donne quelques détails et explications, nous continuons notre voyage. 
       
      Parlons maintenant de la mort des étoiles avec M57. Grand étonnement sur cet objet très particulier! Le Donut pour le dessert! ^^  Le centre noir est bien perçu de suite pas les copains. Le 200 permet de bien voir le cercle pour ainsi dire parfait. Effet "Wow" la aussi.  "C'est fou?!"   Et oui ça l'est.. 
       
      Suite à ca, nous partons visiter les galaxies avec M81 et 82. 3èm "Wow" plus intense encore (mon souhait de progressivité est respecté). L'idée d'y voir à des années lumière, tant d'étoiles et de mondes possibles ouvre les débats sur les questions existentielles...  Nous plongeons dans la nuit et l’émerveillement pour de bon, nous sommes emportés par le fourmillement stellaire, c’est beau. Splendide. Je leur fait comparer mes dessins à ce qu'ils observent, il prennent dès lors la mesure de la patience et du travail que cela représente. Le temps n'a plus court désormais. Les heures passent sans s'en rendre compte...
       
      Entre temps, NGC457 et Cr399 auront pu occuper nos yeux, utiliser les jumelles pour faire de la soirée un bonheur certain. Quelques étoiles filantes viennent parfaire l’expérience pour notre plus grand plaisir. Il semble même qu'une étoile filante très intense aura été perçue, un bolide si je ne m'abuse.  
       
      Pause, le dessert arrive pour de bon cette fois. Le temps de se requinquer, boire un coup, je garde le plus "WOW" pour la fin évidemment, le planétaire. Non seulement car elles se "lèvent" et vont être bien placées dans le jardin, mais surtout parce que je sais l'effet que le planétaire à sur les débutants. 
       
      Jupiter et Saturne clôturent toutes deux cette session donc,  avec comme attendu cette fois un "Wow" très intense. Je ne m'en étonne pas, cette fois encore ça impressionne. Pas trop de turbulences par chance sur Saturne, un peu plus sur Jupiter en début d'observation, mais toutes deux laissent entrevoir des détails (Jupiter laisse voir ses bandes et 3 de ses satellites. Saturne ses anneaux et sa couleur sable) et ne manquent par de garnir de rêves nos yeux qui désormais s'effondrent de fatigue après cette chaude journée riche en émotion. 
       
      La vie vaut d'être vécue rien que pour ce genre de soirée, relaxes, détendues, loin de tout stress. Ai-je fait de nouveaux adeptes? Je ne sais guère, mais une chose est sure :  je leur ai donné l'occasion le temps d'une nuit de voir ce que cache notre ciel, leur révéler les secrets du cosmos. Le privilège d'avoir vu ça de leurs yeux, privilège dont moi même je suis bien conscient. C'est une chance qui n'est pas donnée à tout le monde. J'en profite et m'en régale. Alors pourquoi ne pas le faire vivre aux proches. Plus qu'un passe temps, une expérience, plus qu'une expérience pour nous autres Astrams, un art de vivre. 
       
      Ils sont heureux, je le suis.  Vive l'astro et vive les amis ! Je vous remercie vous. Oui vous, le groupe "Groupe" ! (On a pas encore de nom! lol) Pour cette soirée fort sympa qui au delà du partage des passions, aura aussi partagée de l'humain. A très vite pour vous faire découvrir la lune si vous le voulez ! 
       
      Guiilaume. 
       
       
       
       
       
       
       
       
    • By xavierc
       Dobson Strock 254/1200
       Seine et Marne sur le terrain des ballots de foin.
       5 dessins : 8717 à 8721
       
       Je suis venu à la faveur d'une éclaircie providentielle voire miraculeuse : l'Ile de France est sur la trajectoire d'une bande de ciel clair de 200kms de large entre 2 perturbations, orientée sud-nord et se déplaçant dans cette direction.
       Les nuages restent donc bloqués à l'ouest de la région, trop loin pour être visibles d'ici, presque à l'autre extrémité.
       
       Je suis prêt à 22h30.
       La faible turbulence de 2 sur 5 à 150x (échelle Ciel Extrême) sera gage d'images fines ce soir.
       
       Je commence cette soirée solitaire par des galaxies du Lion dont M65.
       
       Observation 8717 : NGC3599.
       150x. Faible, diffuse, elle a un centre ponctuel facile. Le champ stellaire autour est pauvre, au point que je n'ai pas pu mettre une échelle.
       
       
       Observation 8718 : M65.
       109x, 150x. Je remarque qu'elle est plus allongée qu'au premier abord. Sa zone centrale s'avère assez faible à considérablement faible, ses extensions faibles s'atténuent jusqu'à la vision indirecte. Quelques nodosités limites VI4 et des étoiles incluses se distinguent. Elle reste assez diffuse au niveau du bulbe central.
       
       
       Le Strock se balade parmi les galaxies de la Vierge dans la chaîne de Markarian. Je l'arrête sur le duo suivant pour un dessin.
       
       Observation 8719 : NGC4461 et 4458.
       109x. Ce couple facile se compose de NGC4461 évidente et considérablement faible, et de NGC4458 faible à très faible et moins condensée.
       
       
       La buée joue les trouble-fêtes. Il fait froid.
       
       Changeons de coin au profit de quelques galaxies de la Chevelure de Bérénice dont une à côté de M99.
       
       Observation 8720 : NGC4237.
       109x. Considérablement faible à faible, cette galaxie m'apparaît allongée d'abord en vision décalée, puis en vision directe.
       
       
       Observation 8721 : NGC4262.
       109x. Petite, évoquant une étoile un peu floue, elle est assez faible, très condensée et flotte dans le même champ que M99 à ce grossissement.
       
       
       J'essuie encore de la buée sur les oculaires à cette heure.
       Celle qui a atteint mes affaires au sol a givré.
       Je prends quelques photos souvenir au smartphone avant de ranger et filer vers mon lit à 3/4 d'heure d'ici.
       
       
       
       
    • By marco polo
      Bonjour,
      Je lis sur de nombreux comptes-rendus de photos de Jupiter, des "CM I II et III". en furetant un peu je crois comprendre qu'il s'agit d'un système de coordonnées sphériques (Jupiter system III), et qu'il existe des calculateurs de conversion à partir du temps UTC.
      Sachant que la planète est gazeuse, que les vitesses de rotations sont variables d'une latitude à l'autre, je ne comprends pas à quoi servent ces références ni comment les exploiter ?
      Y a-t-il une date de référence ? des objets de référence (GTR) ? une vitesse de référence ?
      Le méridien central (donc mouvant) correspond-il à la longitude centrale de la planète vue de la terre ?
      bref beaucoup de questions dont je n'ai pas trouvé de réponses précises ou pédagogiques dans une documentation.
      Si vous avez des liens ou une explication rapide,  je suis preneur.
      Merci
      Marc
    • By xavierc
       Dobson 508/1920
       Seine et Marne sur le terrain des ballots de foin.
       17 dessins : 8700 à 8716.
       
       Nous aurons droit au passage à l'heure d'été cette nuit, le CROA en heures locales en tient compte.
       
       Arrivé à 19h, je monte de jour puis au crépuscule le Dobson 508 qui n'était pas sorti après octobre 2018, meteo culpa.
       J'ai pensé à faire quelques photos lors du montage :
       
       
       
       
       
       
       
       
       Je suis prêt à 20h07 précisément, discutant par moments avec Thierry du Whatsapp Webastro arrivé vers 19h30 et déjà là hier avec son télescope 350.

       
      Puis Anthony arrive avec une lunette 80 pour la photo. Il était déjà venu observer avec moi une fois ici l'automne dernier en plus quand j'avais sorti le 508.
       En attendant la nuit totale, Thierry et moi pique-niquons.
       
       Cette nuit, je montre par moments des gros objets célèbres au 508 et alterne avec des dessins d'objets plus confidentiels.
       Je pointe d'abord M42, on devise sur les couleurs perçues, du bleu cyan, du vert, et un peu de rouge dans la structure dite de l'arc en ciel pour moi.
       
       La nuit sera sèche.
       
       En cherchant dans les Gémeaux une nébuleuse planétaire que je ne trouverai pas (syndrome David Vincent) (trop ponctuelle, et le passe-filtre ne facilite pas le blinking du filtre OIII pour aider à la repérer), je tombe sur un ANR, amas non répertorié, découvert par Yann Pothier.
       
       Observation 8700 : Y1.
       Yann 1 ou Pothier 1. A 138x, c'est une ligne d'étoiles assez faibles à considérablement faibles.
       
       
       Puis je tente à quelques encâblures une nébuleuse diffuse pas prévue au programme mais bien là.
       
       Observation 8701 : IC444.
       85x, 138x. Elle m'apparait très faible, très diffuse. Le halo de cette nébuleuse est assez évident et absent des étoiles de même brillance alentours.
       Le bord Est est plus net.
       
       
       Antoine, vu au bois de Vincennes lors d'une sortie Lune-étoiles doubles de cet hiver, est arrivé avec un de ses amis, Ludovic, et un Dobson 200.
       
       Je dessine une galaxie des Gémeaux.
       
       Observation 8702 : NGC2365.
       201x, 276x, 85x. Je la repère à 85x. Elle est faible, assez diffuse, son centre est flou. La turbulence est forte.
       
       
       Tant que je suis dans les Gémeaux, je montre M35 et NGC2392 l'Eskimo dit aussi le Clown, mais la turbulence est forte. Le premier montre une variété de couleurs importante et des dizaines d'étoiles, le second sa couleur verte, sa centrale et son premier anneau autour, plus quelques irrégularités de brillance, mais on est loin du potentiel de l'instrument.
       
       Je quitte les constellations hivernales et continue avec des galaxies de la Grande Ourse.
       
       Observation 8703 : NGC2959/61.
       Ce couple facile à 201x se compose de la très faible NGC2961 et de la faible et diffuse NGC2959 à centre plus brillant considérablement faible.
       
       
       J'en profite pour montrer le couple M81/M82, d'abord en vue large où ils sont de justesse dans le même champ, puis à 201x sur chacun.
       Je vois plein de nodosités sur M82 mais les spires de M81 ne sont pas identifiées lors de cette vue furtive.
       En tous cas, les observateurs sont scotchés.
       
       J'irai aussi détecter les spires de M51 dans le Dobson 200 à un faible grossissement de 40x faute d'oculaire de focale intermédiaire entre le 25 et le 6mm.
       Il me semble aussi que c'était cette nuit que je la pointerai tard pour Thierry qui restera collé à l'oculaire quelques minutes.
       Il pense ne pas la revoir de si tôt comme ça.
       
       Observation 8704 : NGC2976.
       85x, 201x. Assez faible à 85x, cette galaxie bleue-verte d'éclat hétérogène est une belle surprise, avec des régions HII vues VI1 à 4.
       
       
       Je rends visite aux galaxies du Lion vers Gamma.
       
       Observation 8705 : NGC3213.
       Elle est très faible et diffuse à 201x.
       
       
       La turbulence diminue.
       
       Observation 8706 : NGC3226/27.
       85x, 201x. Les Siamoises sont observées au 508 après avoir été dessinées au Strock 254 le 4 mars.
       Elles sont évidentes dès 85x.
       NGC3226 révèle son centre considérablement faible, un peu flou, et le reste faible à très faible.
       Le centre de NGC3227 est assez faible, le pourtour étant de brillance identique à celui de sa voisine.
       Elles sont très diffuses, au point qu'il est difficile de voir où elles s'arrêtent ou si elles se touchent.
       
       
       A 1h10 le phare de la Tour Eiffel est enfin éteint.
       Une vague de départ survient, ne laissant que Thierry et moi sur le terrain, ou plus exactement dormant dans sa voiture pour le premier.
       
       Observation 8707 : NGC3222.
       Glânée à 201x près des Siamoises, elle est confondable avec une étoile floue car petite, un peu faible.
       
       
       Observation 8708 : NGC3190/93.
       201x, 402x. Ce beau couple brillant dans Hickson 44 est bleuté! Les 2 galaxies sont notées assez faibles.
       La troisième du lot sortait du champ pour le dessin, je l'ai donc dessinée à part.
       
       
       Le changement d'heure survient à 2h, il est du coup 3h du matin.
       10 minutes plus tard, j'ai un peu mal aux pieds à force d'être perché sur l'escabeau.
       Un peu de marche permet de les masser et de soulager la petite douleur.
       
       Observation 8709 : NGC3187.
       201x. La plus difficile du groupe Hickson 44 n'est vue qu'en vision décalée, VI2 à 3.
       
       
       Observation 8710 : NGC3185.
       La dernière du groupe Hickson 44 est un peu à l'écart et parfois oubliée, mais pas cette fois.
       A 201x, elle m'apparait diffuse, avec un centre très faible et un pourtour VI1.
       
       
       Je m'offre une tranche de galaxies de la Vierge.
       
       Observation 8711 : NGC4224.
       85x, 201x. Faible, diffuse, elle est vue dès 85x.
       
       
       A 4h Thierry est relevé, il ne fait pas semblant quand il dort.
       
       Observation 8712 : NGC4233.
       201x. Celle-là est petite, condensée et faible.
       
       
       Les chiens de la ferme s'excitent.
       
       A 5h, le Dobson est dirigé à cheval entre printemps et été, vers les galaxies du Serpent.
       
       Observation 8713 : NGC6027-6027a/d.
       C'est le Sextet de Seyfert, observé à 201x et 276x.
       Il est exigeant en qualité de ciel. Quelques membres (NGC6027, 6027a et 6027b) sont séparés à 201x, très faibles à VI3 selon les composants.
       Il est déjà sombre à 276x.
       L'ensemble est petit. A refaire sous un meilleur ciel ou une meilleure nuit, j'espérais attraper 5 membres.
       
       
       Je remarque un passage de légers voiles pas gênants.
       
       Observation 8714 : NGC6004.
       201x et 85x. Cette galaxie vue à 85x est diffuse, faible à très faible.
       
       
       Thierry observe Jupiter.
       
       Observation 8715 : NGC6003.
       Cette galaxie précédente dans le catalogue NGC ressemble à une faible étoile floue qu'il faut grossir 201x pour reconnaître sa vraie nature.
       
       
       A 5h50 je suis fatigué pour la première fois de la nuit, je ne pensais pas tenir aussi longtemps suite à la nuit d'astro presque complète d'hier.
       Thierry part peu après.
       
       Observation 8716 : NGC5994/96.
       A 201x, ce duo de galaxies du Serpent montre la faible et diffuse NGC5996 de forme irrégulière, accompagnée de NGC5994 vue qu'en vision indirecte VI3 (50% du temps), mais l'aube commence aussi à se manifester.
       
       
       A 6h15, l'aube est bien présente, la Lune en croissant est levée depuis peu.
       Je trouve la force de remballer (45 minutes tout de même) avant d'aller dormir 2h dans la voiture.
       
       Je suis étonné d'avoir pu dérouler autant d'objets, même s'il y en avait des moins détaillés, tout en présentant dans un gros télescope quelques grosses stars célestes au groupe. Bref une nuit prolifique!
    • By Maxime Tessier
      Bonjour à tous,
       
      Désolé je ne suis pas dans la bonne catégorie mais je ne sais pas trop ou mettre ça.  
       
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