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La Terre, une planète fragile

Les effets visibles du réchauffement (VI)

Réchauffement du climat et pollution en Himalaya

L'Himalaya est recouvert d'une surface d'environ 33000 km2 de glace et est considéré comme le "troisième pôle" de la planète mais un nouveau paramètre est en train d'y produire un effet climatique inattendu et préoccupant. En effet, si les gaz à effet de serre et notamment l'augmentation de la concentration de gaz carbonique dans l'air contribue en grande partie au réchauffement du climat, en Himalaya s'ajoute une nouvelle composante, le carbone noir (l'acronyme BC) également appelé carbone suie. Il s'agit des résidus carbonés communément appelés les "particules fines" issues de la combustion incomplète des énergies fossiles comme le pétrole et de la biomasse dont les feux de forêts ou agricoles et la combustion du bois. Le carbone noir fait partie des particules fines (PM2.5) mais les concentrations de ces dernières couvrent celle du BC qui de plus n'est pas mesuré de la même manière. On y reviendra.

Selon une étude publiée en 2013 par Vijayakumar S. Nair du Centre Spatial Vikram Sarabhai en Inde et son équipe comprenant notamment la climatologue italienne Angela Marinoni de l'ISAC/CNR, à 5000 m d'altitude à l'Observatoire Pyramide installé sur les flancs népalais de l'Himalaya (où soit dit en passant les scientifiques doivent se contenter de 30 % de la quantité d'oxygène disponible au niveau de la mer, soit 6 % d'oxygène seulement, ce qui entrave leurs conditions de travail), comme on le voit ci-dessous, depuis quelques années on observe entre mars et avril un pic de pollution de carbone noir qui atteint des valeurs moyennes mensuelles dépassant 2500 µg/m3 soit 3 fois supérieures aux valeurs mensuelles relevées lors de pics de pollution à l'Observatoire italien de O.Vittori installé à 2165 m d'altitude sur le mont Cimone dans les Apennins. Malheureusement, à l'inverse des particules fines PM10 et PM2.5 fortement réglementées, il n'existe pas de réglementation limitant la concentration de BC dans l'air.

Ci-dessus, les concentrations moyennes journalières du carbone noir (BC) à l'Observatoire Pyramide (dont une photo est présentée ci-dessous à droite) installé à 5000 m d'altitude au Népal. On constate très bien la variation saisonnière. Ci-dessous à gauche, les concentrations de BC relevées à l'Observatoire O.Vittori installé à 2165 m d'altitude, au sommet du mont Cimone dans les Apennins. Document Angela Marinoni/ISAC-CNR et EGU.

En parallèle, dans plusieurs villes du nord-ouest de l'Inde on observe une concentration en particules fines PM2.5 variant entre 400 µg/m3 par mois et localement plus de 7000 µg/m3 par mois, soit plusieurs dizaines de fois supérieures au seuil sanitaire maximum autorisé en Europe (50 µg/m3 par an pendant 35 jours maximum, cf. la directive européenne 2008/50/CE). Le manteau neigeux et la glace himalayiennes s'amincissent également de plus en plus, réduisant sensiblement le débit des rivières. Enfin, au cours de la journée, à mesure que Soleil s'élève dans le ciel une brume et des nuages bruns envahissent les vallées d'altitude, au point de plonger certains sites dans un smog de pollution persistante qui ne retombe qu'au crépuscule jusqu'au lendemain matin 8 heure. Visiblement, le sommet du monde que l'on croyait encore épargné par la pollution urbaine subit paradoxalement de plein fouet les effets des activités humaines. Comment cette situation a-t-elle pu se produire ?

Les chercheurs ont mis quelques temps pour comprendre ce phénomène inhabituel dont il a d'abord fallut caractériser les composantes puis identifier les origines et suivre l'évolution. Grâce à de simples relevés de la composition de l'air au moyen de filtres à particules fines et de détecteurs évaluant le pouvoir de diffusion de l'air, les chercheurs ont constaté que l'air himalayien n'était pas aussi pur et transparent qu'on le pensait au point que les patches exposés à l'air ambiant présentaient une couleur grise en quelques jours comparée au patch témoin resté blanc immaculé[9].

A voir : L'Himalaya et l'Everest, Google Maps

A gauche, vue générale de la capitale Katmandou au Népal (1400 m d'altitude) au coucher du Soleil en direction de l'Everest situé à 161 km à l'ENE. A droite, panorama de l'Everest (à gauche du centre culminant à 8848 m, suivi du Lhotsé à sa droite et à l'arrière-plan de 8516 m et du Nupsé presque au centre de l'image à 7861 m). Photo prise depuis le Népal et l'ouest à hauteur du Pumori situé juste en face du camp de base installé à 5334 m d'altitude et situé au bas de l'image, à l'extrémité de la langue de glace de Khumbu (à gauche). Entre octobre et novembre, c'est la saison haute des trekkings en raison du beau temps. Chaque année, jusqu'à 100000 touristes visitent la région de l'Everest dont 35000 montent jusqu'au camp de base. Sur le bon millier de personnes prêtes à faire l'ascension (un trekking de 12 à 14 jours à raison de 4 à 8 heures de marche ou d'alpinisme par jour), 641 touristes, alpinistes professionnels, Sherpas et autres guides atteignirent le sommet de l'Everest en 2016 et ce nombre augmente chaque année. En parallèle, entre 1921-2016, plus de 290 personnes sont mortes en tentant l'ascension de l'Everest dont pratiquement la moitié de Sherpas excerçant leur métier.

Après analyse des données, comme on le voit ci-dessous, les scientifiques ont constaté qu'à 5000 m d'altitude la concentration en BC est maximale pendant la saison sèche (l'Himalaya est sous les Tropiques malgré son altitude) avec un pic de pollution entre mars et avril et retombe lorsque revient la saison des pluies. En revanche, à plus basse altitude (1900 m), le pic apparaît durant la saison humide et atteint des niveaux alarmant 16 fois supérieurs à Dehradun, la capitale de l'État indien de l'Uttarakhand située au nord-ouest de l'Inde, à environ 1000 km à vol d'oiseau de Katmandou qui se trouve à 161 km du camp de base de l'Everest.

Les météorologistes, les climatologues et les glaciologues notamment ont étudié ce phénomène et confirmé que la circulation atmosphérique locale pousse les vents du sud-est venant d'Inde vers les contreforts de l'Himalaya où ils stagnent au printemps, incapables de surmonter cette barrière rocheuse naturelle. Cette accumulation de particules fines et de BC s'ajoute à celle du gaz carbonique et de l'effet de serre, rendant les prévisions très difficiles à établir. Mais d'ores et déjà, avec un recul d'un peu plus de 10 ans (depuis 2006), on constate que dans les régions polluées par les particules fines et le BC, la température moyenne a augmenté de 3°C au point que les fermiers peuvent faire pousser des citroniers et des bananiers à 2000 m d'altitude, du jamais vu car même sur les versants du Kilimanjaro en Tanzanie, les plantations ne poussent pas au-delà de 1000 ou 1400 m selon qu'elles sont exposés respectivement à l'est ou  l'ouest.

Variation climatologiques mensuelles moyennes de la concentration de carbone noir dans l'atmosphère relevée sur les pentes sud de l'Himalaya à 5000 m d'altitude entre 2010 et 2011 (gauche) et dans trois villes himalayiennes de basse altitude (1900 m pour Nainital) en 2011 (droite). Alors qu'il n'y a aucune source locale de pollution atmosphérique, le pic qui apparaît toutes les années en avril à 5000 m est 3 fois plus élevé que le maximum observé dans les Apennins et atteint des valeurs alarmantes dans le nord-ouest de l'Inde à plus basse altitude où la température moyenne a déjà augmenté de 3°C au cours des dernières décennies. Document V.Nair et al. (2013).

Selon les experts du climat, le BC n'est jamais émis seul et peut notamment être émis avec des composés qui refroidissent l'atmosphère. On ne peut donc pas aisément établir le bilan radiatif global mais nous possédons quelques chiffres. Selon l'IPCC, le pouvoir radiatif du BC sur la glace et la neige est estimé à environ 0.04 W/m2 (cela varie entre 0.02 to 0.09 W/m2) mais son effet total est estimé à 0.34 W/m2, ce qui représente à lui seul 13 % de l'effet de serre anthropique estimé à 3.05 W/m2. Dans le bilan de l'irradiance solaire totale, cela représente à peine une perte de 0.003 % de l'énergie émise par le Soleil[10]. Bien que dérisoire, localement son effet est très sensible.

Des bananiers au Népal à 2000 m d'altitude. Doc Stephan Scherhag.

En Himalaya, le carbone noir représente 50 % des résidus secs atmosphériques. A l'inverse de la neige (et dans une moindre mesure de la glace), étant donné sa couleur très sombre, le carbone noir présente un très faible pouvoir réfléchissant et constitue un absorbeur de chaleur (contrairement au carbone organique qui dissipe la chaleur). Lorsque le carbone noir tombe sous forme d'aérosols il réchauffe l'atmosphère. Même chose quand il tombe au sol; quand ces particules tombent sur la neige, du fait de leur très faible albédo elles absorbent l'énergie du Soleil et élèvent la température du sol sur plusieurs mètres d'épaisseur de neige à chaque saison. Le BC représente donc un élément conducteur de chaleur produisant ce qu'on appelle un impact net sur le forçage radiatif total dont les modèles doivent tenir compte pour établir des prévisions météos précises.

Selon la climatologue Angela Marinoni de l'ISAC/CNR, avec dix ans de données, la période est encore trop courte pour estimer une tendance. De plus, la concentration de BC subit une forte variabilité interannuelle liée à la variation des précipitations et la diversité des sources (par exemple les feux de forêts détectés par les satellites utillisant le spectroradiomètre imageur MODIS créent des noyaux de condensations qui peuvent précipiter la vapeur d'eau contenue dans l'air humide). De même, une saison des pluies plus intense ou moins humide va altérer les données et fausser les tendances à court terme. Il faut donc plus de recul et intégrer plus de paramètres pour établir un modèle précis et des prévisions fiables.

En temps normal, le réchauffement du climat fait déjà fondre la glace himalayienne jusqu'à plus de 5000 m d'altitude (contre moins de 3000 m dans les Alpes). Quand elle reste stockée sous forme de glace ou dans un lac comme au bas du glacier AX010 au Népal, les réserves d'eau sont temporairement assurées mais si la température augmente, ces réservoirs vont disparaitre, privant les habitants de réserves d'eau pour l'avenir.

Ceci dit, il faut taire une rumeur selon laquelle l'Himalaya serait le réservoir d'eau portable de l'Inde. C'est totalement faux et mal connaître l'hydrologie de cette région du monde. La fonte des glaciers Himalayiens représente entre 5 et 10 % maximum de toute l'eau qui alimente les bassins du Gange (à l'ouest) et du Brahampoutre (à l'est). Les rivières et les fleuves sont principalement alimentés par les moussons qui représentent 80 % des précipitations.

Selon une étude publiée en 2015 par Joëlle Smadja et ses collègues du CNRS concernant l'évolution du climat dans le bassin de la Koshi au Népal basé sur des études interdisciplinaires (glaciologie, hydrologie, agronomie, géographie), les chercheurs ont montré que les changements de pratiques des habitants sont sans relation évidente avec le climat. [...] les populations sont plus affectées par les fluctuations des régimes pluviométriques que par la fonte des glaciers et du manteau neigeux".

Après l'effet de serre qui fait fondre la glace et l'effet absorbant du carbone noir, aujourd'hui c'est la neige qui se met à fondre en Himalaya. Or la neige présente plusieurs avantages. D'abord tous les fermiers savent que la neige est un isolant thermique offrant une bonne protection contre le gel des cultures. Ensuite, dans certaines régions, la présence de neige attire également les touristes et les alpinistes qui ne viendront plus s'ils doivent marcher sur des moraines avant de mettre leurs pieds dans leurs skis, leurs raquettes ou leurs crampons. De plus, comme l'ont précisés des sherpas ayant perdus des amis pendant l'acsension de hauts sommets himalayiens, la fonte de la neige représente un risque en alpinisme car d'une part elle réduit l'épaisseur des ponts de neige qui surplombent les crevasses et d'autre part elle expose les roches à nu qui risquent de se fragiliser et d'éclater sous l'effet des différences de température, mettant en danger les expéditions. La présence de neige est également utile par ses propriétés glissantes qui facilitent le transport par traîneau. Enfin, au Népal divers animaux se sont adaptés à la neige dont le léopard des neiges vivant à plus de 2000 m d'altitude qui est aujourd'hui menacé d'extinction (on estime sa population entre 3000 et 7000 individus) et le sera d'autant plus vite si son habitat disparaît suite au réchauffement du climat.

Comment peut-on enrayer ce phénomène ? Pour enrayer et réduire la présence de carbone noir en Himalaya, la solution que connaissent bien les politiciens locaux depuis que les scientifiques les ont alertés consiste à réduire les sources d'émissions de particules fines et du BC au Népal et en Inde. Aujourd'hui Katmandou compte parmi les villes les plus polluées du monde. Non seulement le parc automobile est vieux et très polluant mais pratiquement tous les habitants se chauffent et cuisinent au bois. Or ce sont les deux principales sources de carbone noir. Reste à financer et à permettre aux industries et aux habitants de se moderniser, ce qui ne se fait pas en quelques années. Heureusement, le carbone noir présente une période ou durée de vie très courte (2 semaines maximum) qui permet aux politiciens de proposer de nouvelles réglementations antipollution en ayant de fortes chances de voir le résultat de leurs initiatives se concrétiser durant leur mandat ou tout en plus au cours des 10-15 prochaines années, ce qui est toujours gratifiant. On en reparlera dans quelques années.

Réchauffement des mers et disparition du plancton

Depuis 1960, on a observé un réchauffement graduel de la température des mers de 0.5°C en moyenne en 50 ans, mais localement l'augmentation est 3 fois plus élevée. Or l'eau chaude absorbe plus difficilement l'oxygène et le gaz carbonique. Par conséquent c'est tout le biotope qui souffre d'une carence en oxygène et alimentaire. Sur les côtes nord américaines du Pacifique par exemple on observa en 2005 une hécatombe inhabituelle de poissons et d'oiseaux de mers le long des côtes allant de Californie à la Colombia britannique au Canada. Selon Dean Roemmich et John McGowan de l'institut océanographique Scripps, depuis 1951 soit un peu plus d'un demi-siècle, au large de San Diego en Californie ce réchauffement a provoqué la disparition de 80 % du plancton  ! En même temps, la température moyenne des eaux de surface s'est réchauffée d'environ 1.5°C par endroit.

Des simulations réalisées en 2005 par Jef Huisman et ses collègues du Centre informatique (CWI) de l'Université d'Amsterdam et de l'Université d'Hawaii (HOT) ont montré que la densité de plancton subit de fortes fluctuations lorsque sa nourriture vient à manquer (dioxyde de carbone, azote, phosphore). Au large des côtes, on observe une stratification de plus en plus importante des eaux qui empêche la croissance et la remontée du phytoplancton vers la surface. Jusqu'à présent on pensait que le phytoplancton vivant vers 100 m de profondeur représentait un écosystème très stable. Cette modélisation indique au contraire que cette biomasse est très sensible à la concentration de gaz présente dans le milieu. Comme elle se situe à la base de la chaîne alimentaire, sa disparition risque d'entraîner avec elle une perte très sensible de biodiversité jusqu'au sommet de la chaîne alimentaire marine.

A gauche, valeurs mensuelles moyennes des maxima de la température de surface des océans mesurée par le réseau Argo entre 2004 et 2017. Sous les tropiques, les eaux sont parfois 1 à 2° plus chaudes (31°C) que le maximum toléré par le corail et certains poissons tropicaux comme les platys ou les discus bien connus des aquariophiles. A terme, ce stress leur sera fatal (et il est déjà trop tard pour certains espèces). A droite, le plancton. Notons qu'il est de plus envahi de microfibres de plastique qu'ingère le zooplancton qui le confond avec de la nourriture mais qui provoque sa mort. Document Scripps et Richard Kirby.

En 2015, Sergei Petrovskii, mathématicien à l'Université de Leicester, développa un nouveau modèle de production d'oxygène tenant compte des interactions de base au sein des populations de plancton, comme la production d'oxygène par photosynthèse et la consommation d'oxygène sachant que la respiration du plancton et du zooplancton dépend de la nourriture disponible pour le phytoplancton. Dans le scénario le plus pessimiste, les simulations montrent qu'une augmentation de la température moyenne des océans d'environ 6°C vers 2100 (selon les modèles l'augmentation de la température des océans varie entre 2 et 6°C) pourrait interrompre la production d'oxygène par le phytoplancton et perturber le processus de photosynthèse et en corollaire affecter la survie de nombreuses espèces marines.

Jusqu'à présent les chercheurs se sont focalisés sur le cycle du dioxyde de carbonique sachant qu'il est le principal responsable du réchauffement global, mais on peut déplorer que peu de chercheurs s'intéressent aux effets du réchauffement du climat sur la production d'oxygène pourtant indispensable. En effet, des études ont montré que l'ensemble du plancton produit 50 % de l'oxygène de la planète qui n'est plus le monopole des forêts tropicales notamment comme on le pensait encore il y a quelques années.

Ces différents modèles sont actuellement comparés à l'évolution de la population de phytoplancton et à la biodiversité vivant au large de l'Amérique du Nord ainsi que dans l'océan Pacifique subtropical. Tout indique que les fluctuations de population observées correspondent bien aux prédictions calculées. La réduction du plancton provoquée par le réchauffement global pourrait non seulement conduire au déclin de la production océanique mais également à une réduction sensible de la séquestration du gaz carbonique dans les océans.

Le blanchiment du corail

Parmi les écosystèmes les plus sensibles à l'effet de serre, les récifs coralliens sont sensibles à toute variation de température. Pour rappel, le corail se compose d'un polype (animal) et d'un symbiote, une algue microscopique (la zooxanthelle) qui vit en symbiose avec lui. C'est l'algue qui permet au polype de fabriquer son squelette externe en calcaire. Ce squelette est constitué de sclérites, c'est-à-dire de petits grains de carbonate de calcium de 30-90 microns enrichis en magnésium. Leur couleur provient d'une matrice organique (à base de protéines) qui représente environ 1.5 % de la masse du squelette corallien.

Polype et symbiote sont adaptés à une température comprise entre 21-29.5°C. Au-dessus de 29.5°C l'algue produit des toxines qui, de la même manière que le venin, sont nocives pour le polype. Les toxines émises par l'algue sont différentes de celles que le polype émet lui-même pour se défendre (notamment de l'histamine qui est stockée dans les nématocystes de son épiderme) mais de manière générale ces toxines peuvent paralyser des poissons et même provoquer des brûlures et de la fièvre chez le plongeur qui se serait frotté à du corail (cf. le corail de feu). On comprend dès lors que le polype ne souhaite pas non plus être infecté par cette substance toxique. Aussi, dès que le polype détecte les toxines émises par son algue, il l'expulse. Or, cette algue est sa seule chance de survie. Par conséquent, privé de symbiote le polype meurt, le corail blanchit et meurt avec lui.

A voir : Le corail en images, Flickr

Du corail blanchi suite au réchauffement du climat (à gauche un "Cerveau de Neptune" ou Diploria labyrinthiformis et à droite des Acropora dans les Samoa américaines). L'eau dépassant 29.5°C, les polypes expulsent l'algue avec laquelle il bâtissent leur squelette externe en calcaire et par conséquent le corail meurt. Entre 1998 et 2001, 90 % des coraux de l'Océan Indien ont présenté des traces de blanchiment ou sont morts. Entre 1985 et 2015, 40 % du corail a disparu des océans. Sachant que le corail grandit en moyenne de 15 cm par an, la recolonisation de leur territoire prendra des décennies. Si le réchauffement global s'arrêtait tout de suite, il faudrait 500 ans pour retrouver des récifs intacts. La Grande Barrière d'Australie abrite plus de 400 espèces de coraux, plus de 4000 espèces de mollusques et plus de 1500 espèces de poissons sans oublier les dizaines de milliers d'espèces de crustacés, échinodermes et autres étoiles de mer. Documents Painet et XL Catlin Seaview Survey.

En principe, si la température revient à la normale, de nouveaux polypes peuvent s'installer sur le corail mort et étendre la colonie. Mais si la température de l'eau ne diminue pas, c'est tout le biotope sous-marin y compris les poissons qui risquent de disparaître et de transformer le site en désert. C'est malheureusement cette catastrophe écologique à laquelle on assiste dans la plupart des mers chaudes du monde.

Comme on le voit ci-dessus, dans beaucoup d'endroits les plongeurs observent des polypes agonisants ou morts; toute la partie supérieure de la colonie devient blanche ou présente des anneaux décolorés. Il n'y a presque plus un film sur la plongée sous-marine où on n'observe pas ce phénomène.

Selon un rapport publié en 2016 par Terry Hughes et son équipe du Centre d'Etudes des Récifs CORAL COE, seuls 7 % des coraux de la Grande Barrière de Corail sont encore intacts. En certains endroits de la partie nord de la Barrière, plus de 90 % des coraux sont blanchis et morts !

Selon les études de XL Catlin Seaview Survey, en 30 ans (1985 à 2015), 40 % du corail a disparu des océans. Si le réchauffement climatique se poursuit au taux actuel, d'ici 2025 ou 2050 ans nous assisterons à l'extinction des merveilleux récifs coralliens d'Australie, des Maldives et de la Mer Rouge, et avec eux de la faune qui s'en nourrit. Aujourd'hui, le corail est stressé dans toutes les eaux coralliennes (Indo-Pacifique, mer Rouge, Caraïbes, ...).

A consulter : The Great Barrier Reef Marine Park - GBR Enterprises

Un héritage unique au monde de 2300 km abritant des dizaines de milliers d'espèces

Récifs coralliens blanchis et donc définitivement mort sur la Grande Barrière de Corail. A droite, carte du sondage de 911 récifs répartis sur 2300 km le long de la Grande Barrière de Corail réalisé en 2016 par Terry Hughes et son équipe. En moyenne, seuls 7 % des récifs sont encore intacts, principalement au sud de Mackay. Documents Justin Marshall/WWF et ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies adapté par l'auteur.

Les scientifiques estiment que si le réchauffement climatique cessait aujourd'hui, il faudrait 500 ans pour que le corail retrouve sa bonne santé ! A l'inverse, si nous ne prenons aucune mesure, les récifs coralliens auront disparu de la planète en 2100 ! Ces centaines d'espèces ont survécu durant près de 500 millions d'années aux extinctions massives, mais cette fois l'espèce la plus égoïste et soi-disant la plus sage de la planète va réussir à les exterminer en moins d'un siècle ! Un triste exemple de notre incapacité à gérer nos ressources naturelles. Un pauvre héritage aussi que nous allons léguer à nos enfants...

Selon Ove Hoegh-Guldberg, expert en blanchiment corallien à l'Université de Sydney, la perte de revenu entraînée par le blanchiment du corail se chiffrera à 5 milliards de dollars chaque année pour l'économie australienne (industrie du tourisme et de la pêche) qui emploie près de 70000 personnes. Cela confirme une fois de plus que le réchauffement global n'est pas seulement une affaire d'écologistes mais impacte également l'économie et par voie de conséquence les stratégies politiques des gouvernements. Avis aux  pollueurs de la planète.

Des espadons en mer du Nord

La situation est identique pour la pêche. Depuis 1960, l'augmentation de la température des eaux a provoqué une chute de la production des oeufs de poissons.

En parallèle, on trouve dans nos eaux européennes des poissons peu communs voire inconnus jusqu'alors. Ainsi le 9 octobre 2005 un touriste a pêché un espadon de 3.50 m et 150 kg en Méditerranée, au large de Port-Vendres à Argelès (près de Perpignan, non loin de la frontière espagnole).

Plus étonnant, le 8 août 2006, un touriste naviguant au large de Newbiggin-by-the-Sea, dans le Northumberland, près de l'Ecosse a également pêché un espadon de 1.80 m et 26.3 kg. Or si l'espadon existe dans le Pacifique, dans l'Atlantique Nord et même en Méditerranée, c'est la première fois qu'on en voit dans la mer du Nord !

La migration lessepsienne

Au taux auquel les eaux européennes se réchauffent, un jour nous verrons peut-être le mérou de Grace Kelly (Cromileptes altivelis) en Méditerranée... Doc Terra Nova.

En 1869, la compagnie de Ferdinand de Lesseps inaugura le Canal de Suez sans se douter que sa construction allait donner naissance à une importante migration biologique entre les eaux de la mer Rouge et la Méditerranée; c'est la migration lessepsienne qui se manifeste rarement dans l'autre sens.

En effet, depuis les années 2000, des poissons-lapins et des poissons-écureuils ont élu domicile en Méditerranée, deux parmi quelques 600 nouvelles espèces ! Dans certaines régions, les espèces étrangères ont remplacé les espèces autochtones !

Vivant habituellement dans la mer Rouge, elles ont remonté le Canal de Suez trouvant aujourd'hui les eaux de Méditerranée à bonne température... Cette migration lessepsienne s'applique également aux algues, aux requins, etc.

Même les gros mérous sont devenus plus nombreux en Méditerranée, signe indubitable que les eaux se sont réchauffées car ce poisson vit généralement dans les récifs de coraux. Ne soyons donc pas surpris si un jour des plongeurs découvrent un mérou de Grace Kelly derrière une gorgone de Méditerranée ! Ce jour là nous aurons de bonnes raisons de nous alarmer, mais il sera trop tard; les eaux seront devenues tropicales pour longtemps.

Changement du régime des pluies

L'augmentation de la température et du volume de l'air suite à l'augmentation de l'effet de serre entraîne une augmentation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère. Plus d'humidité dans l'air signifie plus de nuages et un risque accru de précipitations. S'il pleut sur un sol très sec voire désertique, celui-ci devient temporairement imperméable et, lorsque les précipitations sont intenses, on assiste à une érosion accélérée des sols. Si les terres et les nappes phréatiques sont déjà saturées d'eau, elles ne pourront plus absorber les nouvelles précipitations. Les rivières, les fleuves et les lacs vont se gonfler, augmentant le risque d'inondations dans toutes les régions, y compris sur les versants drainants. Précipitations et inondations répétées sont des évènements auxquels on assiste de plus en plus fréquemment à toutes les latitudes tempérées et subtropicales. Aucun pays n'est épargné.

Quand l'exceptionnel devient la règle

Etablir un lien entre des évènements locaux jugés statistiquement exceptionnels et le réchauffement climatique est prématuré car les données climatologiques semblent indiquer que ces phénomènes restent effectivement exceptionnels même si les inondations, les tempêtes de neige et les canicules se répètent plus souvent ces dernières années et peuvent avoir des impacts conséquents, y compris en termes économiques.

Distribution des 289 espèces des régions humides méditerranéennes menacées par le réchauffement global.

En Occident comme ailleurs, il faut également tenir compte de l'aménagement du territoire et des constructions disposées parfois en dépit du bon sens le long de cours d'au connus historiquement pour leurs crues ou des plages ménacées par les marées ou les tsunamis quand les habitations ne sont pas installés sur des versants instables ou sur d'anciennes mines.

Suite à quelques inondations catastrophiques, des sinistres à répétition et des éboulements qui menacent les habitations, les communes à risques sont aujourd'hui sensibilisées à ce problème qui peut coûter très cher à l'Etat lorsqu'il faut dédommager les sinistrés. Ces communes ont décidé de réaménager le territoire en tenant compte des risques spécifiques associés à ces zones (en réaménageant les berges des grands fleuves comme la Loire, le Rhin, le Danube, etc., en aménagement de zones tampons sous forme de réserves naturelles ou de réservoirs, en nettoyant les rochers instables, en interdisant les constructions, etc.).

Si ces aménagements rassurent la population et la sécurité civile, ils n'ont aucun impact sur les paramètres climatiques à l'origine de l'augmentation de la concentration des polluants atmosphériques, sur la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère, sur la fréquence accrue des intempéries, sur les feux de forêts, sur l'assèchement du climat aux latitudes moyennes, sur la fonte des glaces, sur la montée du niveau des océans ou sur la perte de biodiversité parmi d'autres changements liés au réchauffement global. Les menaces que représentent les catastrophes naturelles planeront toujours sur les populations avec une inquiétude croissante étant donné que les impacts et donc les risques s'accentuent au fil des années tandis que face à l'ampleur des changements climatiques les autorités ne font que réagir à la situation au cas par cas en fonction de leurs moyens financiers.

Or si nous pouvons agir relativement vite sur l'aménagement du territoire et les réglementations et voir rapidement le résultat des améliorations, les autorités sont impuissantes face aux changements climatiques qui agissent en profondeur à toutes les échelles et sont durables. En effet, si nous stoppons immédiatement les émissions de CO2, les répercussions sur le climat se feront encore sentir dans 50000 ans ! Il faut donc envisager des actions globales et concertées entre tous les acteurs de la planète pour endiguer ces catastrophes annoncées. C'est le rôle des scientifiques de l'IPCC de prévenir les gouvernements sur l'évolution des changements climatiques et à ces derniers de prendre leurs responsabilités, quitte à promulguer si possible au niveau mondial de nouvelles lois antipollutions et à impliquer bon gré mal gré dans leurs démarches la population et les industriels.

Voyons justement quelles actions nous proposent les autorités pour réduire le réchauffement climatique global de la planète. Deux acteurs sont particulièrement concernés, l'IPCC (GIEC) qui sonne l'alarme et l'ONU dont les décisions sont ensuite relayées et appliquées par les instances gouvernementales nationales.

Les rapports de l'IPCC

Les climatosceptiques et les industriels sans scrupules, ceux qui engrangent un pactol chaque année notamment grâce à l'exploitation des ressources naturelles et minérales (exploitations minière, pétrolière, forestière, du sable, etc) au détriment du développement durable et de la santé de la planète, ont tord de ne pas prendre au sérieux les conclusions et recommandations de l'IPCC.

A l'intention de ces pollueurs irresponsables de notre planète et à tous ceux qui pensent qu'ils ne sont pas responsables à leur échelle du réchauffement climatique, rappelons que le 2 février 2007, le GIEC annonça que "l'essentiel de l'accroissement observé sur la température moyenne depuis le milieu du 20e siècle est très vraisemblablement dû à l'augmentation observée des gaz à effet de serre anthropiques. Le réchauffement du système climatique est sans équivoque car il est maintenant évident dans [...] l'accroissement des températures moyennes mondiales, la fonte généralisée de la neige et de la glace et l'élévation du niveau moyen mondial de la mer".

Si les climatosceptiques ne veulent pas voir l'eau envahir leur habitation, être contraints d'acheter de l'eau potable en bouteille ou devoir installer l'air conditionné pour se protéger des fortes chaleurs, il est urgent qu'ils changent leur style de vie et prennent toute la mesure du danger qui plane sur nos sociétés.

A voir en DVD : Une vérité qui dérange, Al Gore, 2006

Home, Yann Arthus-Bertrand, 2009 (également sur YouTube)

A gauche, représentante emblématique de la vie marine sauvage, la Grande Barrière de Corail s'étend sur plus de 2300 km au large de la côte nord-est de l'Australie. Aujourd'hui, plus de 90 % du corail a blanchi en raison du réchauffement du climat provoqué par les activités humaines. Au centre, le destin de cet ours blanc réfugié sur un glaçon risque d'être tragique. Si l'homme ne protège pas mieux son environnement, un tiers de la population des ours blanc aura disparu en 2050. On estime que 50 % de la banquise aura disparu d'ici 2050 ou 2100. A droite, en 2013 selon un collaborateur de WIRES et un employé du NSW National Parks d'Australie, ce jeune koala a dû passer plus d'une heure assis sur cette montagne de bois, complètement désorienté suite à la déforestation de son biotope une semaine auparavant. L'animal fut présenté à un vétérinaire local puis fut remis en liberté avec d'autres koalas dans un environnement plus favorable. En principe, l'Australie protège ses koalas au point de soigner ceux que les habitants trouvent accidentés sur la route. Documents AFP, anonyme (DR) et WIRES.

Si nous ne prenons pas d'urgence des mesures pour lutter contre l'émission des gaz à effet de serre, l'IPCC a estimé que la température moyenne du globe pourrait s'élever de 1.8 à 4° d'ici à 2100 (et comme nous l'avons expliqué des modèles plus récents vont jusqu'à presque 6° d'augmentation) et le problème empirera au siècle suivant de manière exponentielle. Ce n'est pas tant le fait que la concentration de gaz carbonique augmente dans l'atmosphère qui est préoccupante en soi mais le fait que la situation va s'accentuer et deviendra alarmante en 2200. C'est donc aujourd'hui et pas demain qu'il faut changer notre mode de vie et nos technologies pour éviter que cette situation alarmante ne survienne d'ici un à deux siècles.

Rappelons qu'entre 1850 et 2005, la température moyenne du globe n'a augmenté que de 0.75° et nous avons tous en mémoire les catastrophes que cela entraîna et continue de déclencher par inertie. Avec une augmentation de 4° au maximum, on peut craindre les pires catastrophes climatiques... et donc une mortalité très importante, y compris en Occident. Cette conclusion devrait alarmer nos politiciens.

En 2007, l'ancien vice-président américain Al Gore et l'IPCC furent récompensés de leurs efforts pour protéger la planète en recevant le prix Nobel de la Paix. Selon le "Washington Post", l'honneur fait à Al Gore, conjointement avec l'IPCC, est "perçu comme une rebuffade de plus infligée à l'impopulaire président [Bush, dont] l'inaction sur le changement climatique est un des principaux ratages de sa présidence". D'ailleurs en 2008, c'est Barack Obama qui siéga à la Maison Blanche et poursuivit la lutte contre le réchauffement du climat.

Lors du précédent rapport de l'IPCC en 2001, les scientifiques estimaient à 66 % de probabilité le fait que le réchauffement climatique soit lié aux activités humaines. En 2007, la probabilité est passée à... plus de 90 % ! Aujourd'hui, cela ne fait plus aucun doute. Autrement dit, quoiqu'en pensent encore certains lobbies dont celui de l'industrie pétrolière et des groupes de pression américains, nous sommes bien responsables du déréglement climatique de la planète. Malheureusement, ce déréglement ne touche pas seulement le climat mais également les biotopes, qu'ils soient marins ou terrestres au point d'impacter la survie de nombreuses espèces de mammifères dont l'ours blanc et le koala présentés ci-dessus, tous deux en danger d'extinction.

Pour appuyer ce constat et l'action des scientifiques qui depuis plus de 20 ans sensibilisent le public et le monde politique aux dangers que nous faisons courir à la planète, l'institut Nobel n'a pas hésité à décerner le prix Nobel de la paix à Al Gore et à l'IPCC le 12 octobre 2007.

Parmi les grands pollueurs de la planète (cf. l'article sur l'effet de serre), par ordre d'importance il y a bien sûr la Chine (partie orientale), les Etats-Unis (surtout la moitié est), l'Europe (principalement l'axe Angleterre-France-Italie-Allemagne-Pologne) sans oublier la contribution croissance de l'Inde et de l'Afrique du Sud et dans une moindre mesure de toutes les grandes villes côtières souvent industrialisées (jusqu'à 100 ou 200 km à l'intérieur des terres) où se rassemble la majorité des habitants de la planète.

Les Etats-Unis sont un exemple édifiant. Si à l'époque le président Bush Jr entérina les conclusions de l'IPCC, son administration de droite (républicaine) et néo-conservatrice était très proche des industriels (la famille Bush a investi dans le pétrole depuis plusieurs générations) et des climatosceptiques comme l'explique cet article scientifique publié en 2009 par le sociologue américain Riley Dunlap.

L'administration Bush Jr minimisa les risques climatiques et supporta même les campagnes "anti effet de serre" comme le rappelle cet article au point que le public alla jusqu'à remettre en question l'objectivité de la NASA (qui s'en est toujours défendue).

En fait, entre 2007 et 2009 la plupart des gouverneurs des Etats américains n'ont pris aucune mesure concrète pour lutter contre le réchauffement climatique. Une nouvelle fois, malgré le lobby de la Maison Blanche aux accents républicains, c'est la Californie, un état riche et densément peuplé (36 millions d'habitants en 2007, augmentant de 1 % chaque année) alors dirigé par le républicain Arnold Schwarzenegger (de 2003 à 2011) qui montra l'exemple, quelque peu contraint par l'assèchement progressif de ses terres et de ses réserves aquifères. Ce n'est donc pas sans raison que la Californie est aujourd'hui l'un des rares Etats américains encourageant le développement des énergies et moyens de transports alternatifs, testant sur son territoire quantité de systèmes exploitant l'énergie solaire, les biocarburants, la pile à combustible, jusqu'aux véhicules autonomes. En revanche, sous la chaleur du désert de Salt Lake City ou de Las Vegas tout citoyen peut toujours arroser sa pelouse 7 jours sur 7 moyennant une dérogation qui ne lui coûte que 50$ !

Aujourd'hui nous avons (presque) tous conscience que le climat est en train de changer par notre faute avec des conséquences souvent catastrophiques dans les régions à risque (tempêtes, inondations, canicules, incendies, glissements de terrains, etc). Malheureusement, ce n'est que le sommet de l'iceberg car le climat se modifiant, ces catastrophes vont se répéter avec des intensités et des fréquences toujours plus élevées.

Si nous voulons enrayer ce processus, il faut impérativement prendre des mesures, non pas pour protéger les économies florissantes des pays industrialisés mais au contraire, si ce n'est pas pour les ralentir c'est du moins pour trouver des alternatives afin de prévenir et stopper ce réchauffement global qui nous concerne tous et affectera la façon de vivre de nos enfants. C'est la seule manière d'agir si nous voulons assurer la pérennité des économies locales et bien entendu pour préserver la biodiversité sans laquelle nous allons tout droit vers une catastrophe sur le plan écologique et sans doute localement sur le plan socioéconomique.

Outre la responsabilité des hommes dans la crise climatique que nous connaissons, le plus grave est que nous n'avons aucun moyen d'arrêter immédiatement le réchauffement climatique. Comme un volant d'inertie, la sensibilité et les interactions du système sont telles que des mesures en faveur d'un ralentissement ou un arrêt du réchauffement climatique prendront des décennies pour produire un effet quantifiable. Autrement dit, il faudra une vie d'homme pour en connaître réellement les effets. En attendant, nous sommes là, atterrés (quand les gens en ont conscience), assistant impuissants aux conséquences de nos erreurs.

Si la situation est parfois dramatique, elle deviendra révoltante pour nos enfants et leurs descendants qui devront non seulement survivre dans une économie toujours plus âpre au gain mais devront en plus subir les effets de l'orgueil et de l'égoïsme de leurs parents et leurs ancêtres durant toute leur vie. Pour la solidarité, ils espéraient sans doute mieux que ces actions inconsidérées. Et de nous dire d'une seule voix : "Merci pour le cadeau délétère...!"

Que pouvons-nous faire pour les aider et endiguer le processus de réchauffement climatique ? Après l'alarme déclenchée par l'IPCC, venons-en aux actions concrètes. C'est l'objet du Protocole de Kyoto.

Prochain chapitre

Le Protocole de Kyoto

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[9] Le carbone noir (BC) ne se collecte pas sur un filtre comme les particules fines mais est analysé en direct au moyen d'un photomètre à absorption (PSAP et MAAP) donnant la concentration en BC toutes les minutes. On peut donc facilement suivre son évolution sur ordinateur et établir des moyennes par jour et par mois. Précisons que le maximum atteint quotidiennement est inférieur aux moyennes horaires.

[10] Pour une puissance incidente de 100 W émise par le Soleil (correspondant à une irradiance réelle de 1367 W/m2, à travers la diffusion par les particules, l'atmosphère réfléchit 20 W et la diffusion par les molécules d'air réfléchit 6 W (soit un total pour l'atmosphère de 87 W/m2) tandis que la surface terrestre réfléchit 4 W (soit 21 W/m2) vers l'espace, ce qui représente un total de 31 W (soit 108 W/m2) ou 31 % d'énergie perdue, c'est-à-dire que la Terre présente un albedo de 0.31.


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