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La Terre, une planète fragile Droit de polluer et séquestration du CO2 (VII) En attendant, les crédits pollutions ou crédits d'émission de gaz carbonique, les fameux "droits de polluer" inventés à la conférence de Kyoto ont encore un bel avenir, au point que l'on arrive aujourd'hui à une situation absurde et dangereuse : la "bourse du CO2" (Londres, Chicago, etc). A travers des courtiers, les entreprises qui polluent financent des réductions d'émission en rachetant des quotas aux pays non pollueurs... Et les marchés existent déjà. En 2006 le quota se négociait en bourse aux alentours de 16-17 € par tonne de CO2. En d'autres termes, le pays qui ne pollue pas reçoit de l'argent afin que les pollueurs continuent à déverser du gaz carbonique et d'autres polluants dans l'atmosphère et nous étouffe tous ! A consulter : Point Carbon Analyses, tendances et marchés des polluants stocks Mais contrairement aux critiques exprimées à Kyoto, ces pollueurs ne peuvent bien sûr acheter des quotas que dans des quantités limitées puisqu'ils doivent les payer comme n'importe quelle denrée et il existe un plafond. De plus, ces quotas doivent apparaître dans le bilan des entreprises et sont donc sujet à la critique des actionnaires et du contrôle de l'administration. Ce marché peut néanmoins fonctionner très longtemps et est en pleine croissance car il y a beaucoup de mauvaises élèves (5000 entreprises rien qu'en Europe !) et un excédant de CO2 sur le marché. Heureusement, après la prise de conscience de Kyoto, des entreprises polluantes telles que l'industrie pétrolière ont eu l'idée de transformer les "puits de carbone" en "poubelle de carbone". Le but est de fixer, de concentrer les polluants dans de véritables poubelles naturelles qui sont ensuite noyées ou enterrées. Plusieurs méthodes ont été envisagées. L'une d'entre elles consiste à se servir du CO2 atmosphérique pour expulser le pétrole piégé dans les nappes souterraines. En même temps on se débarrasse du CO2 qui reste piégé dans les entrailles de la Terre. Des expériences sont en cours dans les gisements de pétrole de BP ainsi qu'au Canada. On peut également "séquester" le CO2 au fond des océans, dans le phytoplancton qui est avide de gaz carbonique avec lequel il fabrique du sucre grâce à la photosynthèse ou dans les forêts grâce à la chlorophylle ou les phosphates. Mais les modèles indiquent également que ce phytoplancton par exemple qui sert de nourriture à la chaîne alimentaire, produira finalement une réduction de la quantité d'oxygène et probablement une perte de biomasse, qui ne viendront qu'accroître les problèmes actuels de la pêche... Toutes ces solutions donnent le frisson. Seul point positif, à terme ce marché du gaz carbonique va contraindre les pollueurs à moins polluer puisque cela leur coûtera toujours plus d'argent. Les recherches sont toutefois en cours pour approfondir la question des avantages et des inconvénients du principe de séquestration du gaz carbonique dans l'océan profond ou dans les champs pétrolifères mais cette solution reste probablement un pis-aller à moyen terme. Ces méthodes nous conduisent à poser la question qui fache : la loi du marché va-t-elle dicter sa loi à dame Nature ? La question devient cynique et vraiment pas morale... La meilleure solution reste évidemment d'éviter de polluer en consommant moins d'énergie fossile et à s'orienter vers des énergies renouvelables. Mais finalement, peut-on réduire les émissions de gaz carbonique de 8% à 0% en gardant le même niveau de vie ? Si chacun est capable de faire des économies quand il en sent le besoin ou est capable d'éviter de polluer, on peut appliquer le même principe à plus grande échelle. Une décision politique utile devrait donc généraliser le "principe d'économie", moins consommer et éviter de gaspiller grâce à des incitants. Par exemple, une approche fiscale européenne visant à accorder des réductions ou détaxer les produits économiques, moins polluants, etc. Si on vous annoncait demain que tous les emballages en papier recyclé non chloré couteraient dix fois moins cher et remplaceraient dorénavant les emballages en plastique, le public serait preneur, quitte à réserver les films plastiques et certains emballages spécifiques pour les produits alimentaires. Les initiatives sont multiples car les solutions sont multiples. Les "tickets pollution" et le "tout nucléaire" ne sont bien sûr par recommandés. Nous connaissons les effets pervers de l'un comme de l'autre. Par ailleurs le fait d'acheter des émissions de CO2 aux pays pauvres est souvent considéré par les pays sous-développés comme un principe d'appropriation de l'atmosphère par les pays industrialisés. Après le café ou la coca, les pays pauvres deviennent ainsi les otages des pays riches... Afin de résoudre ce problème tout en réduisant les émissions polluantes, une solution fut proposée lors de la conférence de La Haye qui s'est tenue en novembre 2000. Les responsables ont proposé aux pays industrialisés d'investir dans un pays pauvre lorsqu'il désirait diminuer le taux de CO2 de ses industries. C'était une idée constructive mais elle fut dénaturée par les représentants des Etats-Unis, du Canada et de l'Australie (et prochainement de la Chine à n'en pas douter) qui sont les plus grands pollueurs de la planète. Au chevet d'une planète malade Grâce aux nombreux satellites mis en orbite, les scientifiques ont accumulé une gigantesque banque de données de notre planète bleue. Cette "médiathèque" regroupe des données tant analogiques que numériques qui doivent encore être gérées. A l'heure actuelle nous disposons d'un lot de plusieurs millions d'images numériques et plusieurs milliers de kilomètres de bandes magnétiques. Aujourd'hui la Terre est sous surveillance et le fascinant spectacle qu'elle présente risque de nous donner une amère déception si nous ne prenons pas la peine de sauvegarder son équilibre. Observer la Terre est devenu un devoir si nous souhaitons, demain, montrer à nos enfants la beauté d'une mer turquoise, leur faire sentir l'odeur chaude de l'herbe verte ou la douceur de la pluie. Ce discours s'adresse en priorité aux Occidentaux et à toute personne aisée. Car on ne peut pas demander à un homme pauvre de sauver un oiseau ou son bois de sapin lorsque lui-même meurt de faim et se voit obligé de sacrifier son avenir pour survivre. En 1992, la protection mondiale de l'environnement a coûté 103 milliards de dollars; si peu, que cela ne représente que quelques pourcents du PNB des pays développés. Pendant ce temps les dépenses militaires mondiales ont coûté dix fois plus d'argent[9], dont une bonne partie en vain. Mais réveillons nos représentants politiques : ne serait-il pas temps de repenser à nos richesses naturelles ?... Pour préserver les sensations naturelles d'un monde en équilibre auxquelles chacun a droit, les Etats-Unis et la communauté scientifique internationale ont mis sur pied des programmes d'études à longs termes dont le but est de rendre compte des modifications de notre écosystème. Ils entrent dans le cadre du projet mondial de développement durable. Parmi ces programmes citons côté américain Global Change Master Directory et Mission to Planet Earth gérés par la NASA et à l'échelle internationale |