Contacter l'auteur / Contact the author

Recherche dans ce site / Search in this site

 

 

 

 

 

Bactéries et virus

Illustration du virus de la grippe, influenzavirus, sous-type H1N1. Document T.Lombry.

L'infection virale (III)

Selon une étude publiée en 2017 par l'équipe de Lidia Morawska, consultante sur les questions sanitaires à l'OMS et experte sur la qualité de l'air à l'Université de Technologie du Queesland, lorsqu'une personne éternue ou tousse, ses microbes peuvent se propager jusqu'à 4 mètres de distance et rester dans l'air pendant 45 minutes. Si vous attrapez un rhume sans raison apparente, maintenant vous savez pourquoi et bonne chance si vous prenez les transports en commun ou êtes en contact avec de nombreuses personnes !

Généralement une infection virale dure deux semaines mais le malade peut rester sensible plus longtemps, en fait tant que son système immunitaire n'offre pas une immunité totale contre ce virus. Voyons cela en détail.

Lorsqu'une personne est infectée par un virus, la progression de l'infection se déroule en plusieurs étapes. Il y a d'abord un temps d'incubation pendant lequel le virus prolifère. Cela dure environ deux semaines. Pendant cette période, toutes une série de réactions internes et parfois externes plus ou moins handicapantes vont se produire.

Dans les minutes qui suivent l'apparition du virus dans les cellules de l'hôte, les défenses cellulaires vont inhiber la prolifération des virus en détruisant leurs centres de reproduction. L'infection va directement stimuler les lymphocytes NK dit "Natural Killer" qui seront très actifs pendant 3 à 4 jours pour décliner ensuite jusqu'au 8e jour. En même temps, les lymphocytes T (les cellules cytotoxiques, Tc ou TCD8) vont répondre à l'infection aussi longtemps que les anticorps n'offrent pas une réponse immunitaire totale. Le pic d'activité des cellules cytotoxiques se situe vers le 8e ou 10e jour. Leur activité peut se prolonger durant plus d'un mois si nécessaire.

A partir du 5e ou 6e jour de l'infection, le système immunitaire va commencer à produire des anticorps spécifiques afin de neutraliser les agents pathogènes. Quand l'immunité contre ce virus sera acquise, le malade sera pratiquement guéri, ce ne sera plus qu'une question de jours. Dorénavant, si le virus ne subit pas de mutation antigénique, le sujet sera immunisé à vie contre ce virus.

A lire : Les infections virales, IAH (PDF)

A gauche, la première photographie au microscope électronique d'un bactériophage T4, un virus complexe parasitant exclusivement les bactéries et notamment Escherichia coli. La tête polyédrique de la capside contient un acide nucléique de nature ADN qu'il va injecter dans la cellule. A droite, un iridivirus infectant de manière spectaculaire une cellule (X30000). Document Mike Smith et CUL/CPPE.

Certaines maladies ont une période d’incubation très longue, pour citer la maladie de Kuru, de Creutzfeldt-Jakob et bien sûr le SIDA qui peuvent seulement se déclarer au bout de 10 ans d’incubation. Ce n’est qu’à ce stade, après la période d'incubation, que le virus est considéré comme vivant et devient infectieux.

 Selon l'OMS, chaque année la grippe saisonnière provoquée par trois virus du genre Influenzavirus tue entre 250000 et 500000 personnes dans le monde dont environ 1500 personnes en Belgique et jusqu'à 2000 personnes en France.

Les maladies infectieuses au sens large sont responsables de 17 millions de décès par an dans le monde, soit 30 % de la mortalité. Près de la moitié de ces décès se manifestent dans les pays sous-développés ou en voie de développement alors que dans les pays industrialisés on observe 1 % de décès.

Les maladies mortelles occasionnant le plus de décès dans le monde sont dans l'ordre d'importance les maladies respiratoires (3 millions de morts par an), les maladies diarrhéiques (2.5 millions de morts par an), la tuberculose (environ 2 millions de morts par an), le SIDA (~1.7 million de morts en 2013 contre 3 millions de morts en 2001, en baisse régulière depuis 2001), le paludisme (plus d'un million de mort par an) et la rougeole (900000 morts par an).

Localisation des foyers infectieux

Sans organismes vivants pour déclencher leur programme génétique, il n'y a pas de virus pathogène, donc pas d'infection virale. Selon l'OMS, de nos jours on estime que 60 % des maladies infectieuses et environ 75 % des maladies humaines émergentes sont transmises à l'homme par les animaux et d'autant plus dans les pays chauds ou dans les régions très cosmopolites. Cela ne signifie pas que les animaux comme les singes, les rongeurs, les chauves-souris ou les oiseaux sont les hôtes spécifiques ou réservoirs infectieux car ils peuvent avoir eux-mêmes été contaminés par une autre espèce dont des insectes, même s'il est rare qu'un virus franchisse la barrière des espèces.

Depuis quelques décennies les virologues ont découvert que les endroits où l'homme a récemment bouleversé son environnement, où les animaux sont stressés suite aux changements de leur habitat (pression de l'urbanisme, inondations, lumières artificielles, manque de nourriture, etc) et où se concentrent beaucoup d'individus semblent être les lieux les plus propices à l'émergence de virus pathogènes : les zones récemment déforestées (Amazonie par exemple), les champs cultivés avec des méthodes ancestrales dans les régions densément peuplées (Afrique de l'ouest, Moyen-Orient, Asie du sud par exemple), les marchés et les élevages sans hygiène, etc.

A voir : Vaccins et Vaccination, La bibliothèque médicale

Un vaccin, comment ça marche, Sanofi Pasteur MSD

Une famille de tueurs : de gauche à droite,  le virus Ebola dont voici un dessin explicatif, des virus Ebola (en brun) sur une cellule de culture Vero 46 contaminée, des virus Influenza sous-type A(H1N1) de la grippe et des virus de Lassa (adénovirus, la barre mesure 100 nm soit 0.0001 mm). Documents anonyme, NIAID, A.Linda Stannard/University of Cape Town et T.Strecker et al./MDPI.

Si un virus est présent en ces lieux à risque, il lui suffit de trouver un vecteur moins résistant que les autres, par exemple un animal malade, et il se transmettra immédiatement. Si un insecte vient lui piquer la peau ou si un homme entre en contact avec le sang de l'animal, le virus lui sera également transmis.

Devant ce constat, sur base d'études épidémiologiques les virologues ont mis au point des modèles informatiques afin de prédire l'évolution des foyers viraux et l'évolution de la propagation des pandémies, ville par ville et pays par pays. A ce jour, les derniers modèles correspondent assez bien à la réalité.

Elimination des virus

Eliminer un virus pathogène n'est pas trop difficile s'il reste localisé dans un seul foyer, un village isolé par exemple. Soit le porteur est sain et son organisme va l'éliminer, soit la victime devient malheureusement malade et en meurt si on ne trouve aucun vaccin. Le virus disparaît avec elle à condition que le cas reste isolé et soit idéalement incinéré.

En revanche, si le porteur se déplace, visite une ville, loge à l'hôtel ou prend l'avion et entre en contact avec d'autres personnes, en une journée il peut infecter des dizaines de personnes qui chacune vont à leur tour contaminer autant de victimes; l'épidémie est en bonne voie et en un mois le virus peut faire le tour de la Terre; la pandémie est programmée.

Les rayonnements et les agents chimiques

Les virus restent très sensibles aux rayonnements et aux agents chimiques, y compris à l'azote liquide qui permet par exemple d'éliminer les papillomavirus (verrues et autres Herpes). On peut également compter sur le système immunitaire, quitte au besoin à le stimuler avec des médicaments pour tuer le virus concerné.

L'interféron

L’agent antiviral le plus prometteur est l’interféron, une protéine non toxique produite par les lymphocytes et qui est aujourd’hui utilisée dans le traitement du cancer et des maladies chroniques, notamment l'hépatique C (interféron alpha dit pégylé).

A lire à l'Institut Pasteur : Les virus émergents

De haut en bas et de gauche à droite, le virus Rossmann, un rétrovirus, un rhinovirus (virus à ARN des picornaviridae à l'origine des rhumes), le virus de la rubéole, le virus de l'hépatite C et le virus de l'herpès simplex HSV1 ou bouton de fièvre. Documents U.Purdue, Biochem/U.Wisconsin, Bocklabs/U.Wisconsin, Agence BSIP et T.Lombry.

Le vaccin

La seule méthode pour prévenir une infection virale consiste à utiliser des vaccins (et non pas des antibiotiques qui sont inefficaces pour lutter contre les virus). Les vaccins stimulent les mécanismes immunitaires à produire des anticorps (des immunoglobulines) qui protégeront la cellule contre les infections virales.

Mais rappelons que s'agissant de virus, la plupart de ces traitements sont préventifs et symptomatiques et ne vont jamais tuer les virus, et pour certaines maladies parfois le combat est long.

Il existe toutefois quelques exceptions. Ainsi, en 2016 l'équipe de Martin L.Moore du Départment de Pédiatrie de l'Université Emory d'Atlanta aux Etats-Unis a mis au point un traitement contre le rhume, une infection bénigne contractée par différentes formes de rhinovirus (RV), c'est-à-dire une espèce virale qui s'est adaptée aux cavités nasales. Les rhinovirus mesurent environ 30 nm et contiennent un génome de nature ARN contenant environ 7500 pb entourées d'une capside composée de 60 copies de quatre protéines assemblées en forme d'icosahèdre (à 20 faces).

Le traitement contre le rhume consiste en un vaccin dénommé HRV combinant 50 ou 100 variantes inactives de rhinovirus dont les signatures permettent aux lymphocytes B du système immunitaire de produire des anticorps afin qu'ils détectent et détruisent la plupart des rhinovirus à l'origine des rhumes communs.

Les immunoglobulines

On peut aussi injecter directement des immunoglobulines dans le sang. C'est notamment le cas pour les personnes souffrant de déficiences immunologiques (par ex les "bébés bulles"). Ces personnes peuvent alors se défendre contre les agents infectieux et même tomber malade tout en luttant contre l'attaque virale. En revanche, il leur est fortement déconseillé d'utiliser des vaccins vivants (type rougeole, oreillons, varicelle, etc.).

Le SIDA

Le rétrovirus VIH (ou HIV en anglais) porteur du SIDA fut découvert en 1981 mais il fallut quelques années pour que le monde prenne conscience de sa dangerosité.

En 1983, la maladie que les journalistes appelaient pompeusement le "syndrome d'immunodéficience acquise" était pratiquement inconnue de tous mais semait surnoisement la mort autour d'elle.

En 1985, nous avons assisté à une véritable hécatombe de décès dans le monde du show business en commençant par l'acteur Rock Hudson dont la disparition fit prendre conscience à tous de la gravité de cette nouvelle maladie. C'est à cette époque que les scientifiques et les instances publiques commencèrent à communiquer sur le sujet, informant le public des risques liés aux relations sexuelles non protégées, en particulier dans la communauté homosexuelle.

Sur le plan scientifique, à cette époque plusieurs génotypes dont HTLV-3, LAV et ARV provoquaient des symptômes infectieux similaires. Il s'agissait en fait d'une version mutante du rétrovirus HTLV découvert chez les singes en 1977 et isolé pour la première fois en 1980. Il s'est probablement transmis à l'homme lors d'un contact avec le sang d'un singe blessé ou abattu contaminé mais porteur sain.

Cette mutation a notamment permis au rétrovirus VIH non plus d'inciter les lymphocytes T (une catégorie de globules blancs détruisant les cellules infectées par un virus ou cancéreuses) à se multiplier mais à les détruire, affaiblissement rapidement le système immunitaire du malade, d'où le nom de la maladie.

En 1985, l'analyse de l'ARN de ces trois rétrovirus permit aux chercheurs de découvrir qu'il s'agissait en fait du même rétrovirus, qu'on baptisa VIH.

Différents aspects du virus VIH du Sida, en fait un rétrovirus ou virus à ARN : une coupe tridimensionnelle montrant l'acide nucléique protégé par son enveloppe de protéine, un lymphocyte T contaminé par le VIH (en brun), des cellules filles (turqoise) se libérant de leur hôte (de la lymphe) pour aller contaminer d'autres cellules et des rétrovirus du VIH (brun-jaune) tuant un lymphocyte T4 CD4 (le CD4 est un récepteur que reconnaît le VIH). Documents Jon Lieff adapté par l'auteur, CMSP, Dennis Kunkel et anonyme.

S'il faut environ 20 ans pour trouver un vaccin contre une maladie, le SIDA offre un défi aux chercheurs depuis plus de 40 ans. Un virus comme celui de la rougeole par exemple (qui peut également servir de vecteur) se combat avec des vaccins. Il est détruit en l'espace de quelques semaines et est ensuite éliminé de l'organisme.

Le VIH procède différemment. Il pénètre dans le système immunitaire des cellules et affaiblit le système de protection de l'individu qui commence par éprouver de la fièvre, perd du poids, se fatigue, etc. Les chercheurs doivent donc trouver une méthode pour malgré tout tirer profit du système immunitaire, même affaibli, pour combattre l'infection. Il n'y a pas d'autres solutions car si on bombarde le malade de rayonnements, on finit par le brûler ou le tuer.

Aujourd'hui le vaccin anti-SIDA n'existe pas encore et seule une trithérapie (trois médicaments agissant chacun sur une cible spécifique) ralentit la progression de la maladie. Elle bloque en fait certaines actions spécifiques du VIH.

La méthode de traitement s'est heureusement améliorée et allégée en 40 ans et même les femmes enceinte et porteuse du virus ne le transmettent plus à leur bébé. Mais il n’existe toujours aucune méthode de traitement satisfaisante et complète, car la plupart des drogues qui détruisent les virus endommagent également les cellules saines.

Microphotographie électronique d'un virion VIH-1 (rouge) émergeant d'un lymphocyte de culture (bleu). Les petits globules verts sont des anticorps. Document CDC/Cynthia Goldsmith.

En admettant qu'on neutralise le VIH, il demeure dans l'organisme. Même détruit il n'est pas éliminé car il incorpore son matériel génétique dans les cellules hôtes avec lesquelles il fusionne. Allié à sa faculté de mutation (même sous forme affaiblie il redevient virulent au terme de quelques d'années), ce sont ses facultés extraordinaires qui rendent la mise au point d'un vaccin si complexe.

Aujourd'hui, on estime qu'environ 40 millions de personnes ont contracté le SIDA dont 19 à 26 % de la population des pays d'Afrique australe (Zambie, Zimbabwé, Botswana, Namibie, Swaziland et Afrique du Sud). En Europe, 750000 personnes sont contaminées par le rétrovirus. L'Onusida estime que 700000 personnes sont également contaminées en Chine mais le risque d'infection concerne 30 à 50 millions de personnes, principalement par voies hétérosexuelles, alors qu'ailleurs dans le monde, la contamination s'effectue principalement suite à l'injection de drogue (des seringues contaminées sont réutilisées) et par les relations homosexuelles.

Chaque jour, trois nouvelles personnes sont officiellement déclarées séropositives en Belgique, mais officieusement leur nombre pourrait être deux ou trois fois plus élevé (~3000 cas par an). La situation est similaire ailleurs en Europe.

En 2001, le VIH tua 3 millions de personnes contre 1.5 à 1.7 million en 2013. Dans le monde, un enfant meurt du SIDA toutes les 15 secondes !

S'il ne peut pas encore se guérir, le SIDA peut être soigné. Mais le médicament coûte cher. En Europe, un traitement contre le SIDA coûte environ 1000 € par mois qui sont heureusement remboursés par la sécurité sociale, du moins pour ceux qui en bénéficie. Dans les pays du tiers-monde, la population n'a pas d'autre choix que de se faire soigner dans les hôpitaux publics qui leur délivre parcimonieusement les médicaments adéquats. Encore faut-il que les villageois aient les moyens et la capacité d'aller jusqu'à l'hôpital. Certains sont déjà très affaiblis par la maladie et ne peuvent plus se déplacer sans aide extérieure.

 Plus de 80 % des malades ne peuvent pas se payer la trithérapie. Le SIDA est loin de disparaître et même en Europe le nombre de personnes contaminées continue d'augmenter. Etant donné que nous avons peu d'armes pour le vaincre, il n'y a qu'une bonne méthode pour éviter de contracter la maladie : sachant qu'un contact d'une seconde suffit pour vous contaminer à vie, lors d'une relation avec un nouveau partenaire, soit exigez un examen médical si vous envisagez une relation régulière soit protégez-vous ou abstenez-vous plutôt que d'avoir des rapport sexuels non protégés et à risque.

Vers une immunisation naturelle des enfants

Selon une étude publiée en 2016 par une équipe internationale de chercheurs dirigée par Philip Goulder de l'Université d'Oxford, "les enfants atteints du VIH qui peuvent résister à la progression de la maladie pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre l'infection du VIH". En effet, il apparaît qu'une fraction sensible des enfants de la nouvelle génération semblent immunisés contre le rétovirus du VIH. Selon cette étude, 5 à 10 % des enfants infectés par le VIH ne développent pas la maladie. Alors que plus de 50 % des enfants atteints du VIH meurent avant les deux ans, les enfants porteurs sains peuvent vivre une enfance normale, souvent sans que personne ne se rende compte qu'ils portent le VIH. Notons que certains adultes résistent également à la progression du VIH mais ils ne représentent que 0.3 % des personnes infectées.

Selon une étude publiée en 2016 dans Nature, grâce à une immunisation passive, des macaques ont résisté au SIV durant 6 mois sans recevoir de traitement antirétroviral. Document Allswalls.

Selon les chercheurs, il y a des similitudes entre ces enfants porteurs sains et les primates africains infectés par le SIV, l'équivalent simien du VIH. Environ 40 espèces de singes portent le SIV dont le macaque, généralement avec des quantités très élevées de virus dans le sang (virémie), mais ils ne présentent pas d'activité immunitaire accrue ou de maladie. Lorsque les chercheurs ont examiné les enfants atteints d'une résistance au VIH, comme les hôtes des singes porteurs du SIV, ce groupe a également présenté une virémie élevée et une faible activation immunitaire.

On ignore encore par quel mécanisme résistent les enfants mais sa découverte permettra de connaître la façon dont la maladie se développe et d'offrir des possibilités de traitements complémentaires à la trithérapie. La recherche continue.

On peut aussi en déduire que ces enfants protégés contre le SIDA représentent peut-être une évolution biologique de l'être humain vers une immunisation contre ce rétrovirus pathogène. Si régulièrement notre organisme s'adapte pour s'immuniser contre les différents rhinovirus à l'origine des rhumes par exemple, ce serait un premier cas du genre où le système immunitaire humain se débrouillerait seul pour répondre à l'attaque d'un nouveau virus mortel en l'espace d'à peine deux générations !

Notons que chez les plantes, les infections virales sont beaucoup plus fortes que chez les animaux. Etant donné que leur paroi cellulosique empêche toute injection virale directe, c’est bien souvent les animaux et les insectes qui participent au transport des virus sur les plantes. Alors que chez l’homme, les virus ne représentent qu’une quantité négligeable de la masse sèche de la cellule, chez une plante infectée les virus peuvent représenter jusqu’à 10 % de son poids !

Virologie : visite d'un laboratoire

Comment les chercheurs se protègent-ils des virus qu'ils étudient ? On en parle assez peu pour des raisons évidentes de sécurité, mais le risque sanitaire est pris très au sérieux par les chercheurs. Les virus sont classés en 4 catégories, le genre VIH par exemple étant de niveau 3, l'Ebola ou celui de la grippe aviaire N5N1 de niveau 4, dit foudroyant.

A ne pas confondre avec les différences phases ou niveaux d'une pandémie (lorsque le virus s'étend sur un continent voire sur toute la planète) : par exemple, 0 = période interpandémique; 4 = pandémie sur le territoire national; 5 = fin de la pandémie.

A consulter : Influenza - Les plans pandémiques européens - Influenza charts (OMS)

Evolution des différentes formes de grippes

Les moyens de sécurité utilisés par les chercheurs travaillant dans des laboratoires de biosécurité de niveau BSL 4 ou P4. A gauche, à l'INSERM en France. A sa droite, le laboratoire de Gavelston au Texas (GNL). A droite du centre, le laboratoire de l'Institut de Recherche Biomédical du Texas (Texas BRI). A droite, les vêtements de protection portés sur le terrain par le personnel médical chargé de la désinfection des zones contaminées par le virus Ebola au Libéria en 2014. Documents INSERM, GNL, TTG Corp. et Dominique Faget/AFP.

L'étude des virus dans des laboratoires spécialisés tel l'Institut Bordet et les Cliniques Universitaires Saint Luc en Belgique, l'INSERM en France ou les laboratoires de Gavelston et celui de Recherche Biomédical (BRI) du Texas aux Etats-Unis requièrent des niveaux de sécurité plus importants que dans une base militaire ! Tellement sécurisés, certains laboratoires de biosécurité de niveau 4 (BSL 4 également appelés P4 en France pour pathogène de classe 4) sont placés en pleine ville, près des universités ou des stades de football comme à l'ENS Lyon !

En fait, si cela paraît paradoxal, l'explication est simple : ces laboratoires de recherches sont à l'image des centrales nucléaires. Le niveau de protection augmente à mesure que le risque s'accroît. Ainsi l'éprouvette contenant le virus actif est enfermée dans une multitude de boîtes semblables aux poupées russes, la dernière représentant l'enceinte extérieure du bâtiment. Chaque nouvelle enceinte de protection requiert un degré plus élevé de sécurité (badge, combinaison, sas de confinement, scaphandre, etc.). Au final, ainsi qu'on le voit ci-dessus, la personne en contact avec le virus porte, dans le cas des virus foudroyants, un scaphandre hermétique souple à atmosphère contrôlée. Le travail est toujours assuré par deux personnes et est limité à quelques heures maximum, à la fois pour préserver le bien être du personnel et sa sécurité. Après le travail, les combinaisons et les outils sont décontaminés puis jetés, brûlés ou nettoyés.

Logo du risque biologique (biohazard).

Pour éviter toute contamination, certains produits tel le Sanytex (ammonium quaternaire à 3 %) sont tellement nocifs qu'ils sont capables d'abîmer les scaphandres !

Il vous sera donc très difficile de visiter un laboratoire de virologie et toute demande fait l'objet d'une enquête préalable d'Interpol afin de prévenir toute menace bioterroriste.

L’étude des virus et leurs interactions avec le milieu est donc très motivante dans le cadre d’une étude visant à comprendre comment l’information génétique est contrôlée et ce qui différencie fondamentalement ces petites entités des systèmes plus complexes. Le virus, comme la cellule, est capable de transmettre une information génétique sur base du même principe que la cellule hôte sur laquelle il s’attache. Si les chercheurs parvenaient à comprendre leurs mécanismes de réplication, ils pourraient contrôler leur croissance et éradiquer les maladies virales de la surface de la Terre.

En attendant de pouvoir cloner les protéines virales, nos seules alliées, nous sommes contraints d’utiliser toutes sortes de stratagèmes, des anticorps de sérum sanguin aux sécrétions des muqueuses pour essayer d’éliminer les éléments toxiques de notre organisme.

Ceci dit, discutant des virus et autres vecteurs de maladies, on ne peut pas éluder les questions du tiers-monde et des médicaments qui seront abordées dans l'article consacré au développement durable.

L'application HealthMap

A l'initiative de la Commission européenne (2006) et d'associations non gouvernementales, dans le cadre de l'"Open Data" et l'accessibilité aux données, les administrations publiques ont été priées de mettre à la disposition du public toutes leurs informations non personnelles. Dans le domaine de l'épidémiologie et de la santé publique, ce projet de portée internationale a notamment aboutit à HealthMap, une application web qui permet gratuitement à toute personne intéressée de consulter l'état sanitaire de sa région ou du monde grâce à une surveillance en temps réel de l'apparition des maladies et des menaces de santé publique.

Etat sanitaire du monde début 2016 tel que présenté par l'application HealthMap.

L'application développée en 2006 par des chercheurs, des épidémiologistes et des développeurs américains extrait les informations sanitaires disparates de 11 sources authentiques du web (dont l'OMS, la FAO, WDIN, Eurosurveillance, Geosentinel, ProMED, Google News, etc.) et recherche dans ces "Big Data" les rapports officiels validés, les bulletins d'alertes, les actualités, les témoignages de témoins oculaires et les commentaires d'experts parmi d'autres informations, les trie et les analyse afin d'en extraire des informations utiles qu'elle présente sous forme géolocalisée sur une carte du monde et sous forme d'actualités et de commentaires. HealtMap est en ligne depuis 2012.

Pour plus d'informations

Sur ce site

L’anatomie et les fonctions des cellules

Le rôle des virus dans l'évolution

Sur Internet

The Astounding And Horrific World As Seen Under A Microscope (photos), io9

Les virus émergents, Institut Pasteur (YouTube), 2009

Virus géants associés aux amibes, Angélique Campocasso et Bernard La Scola, Virologie, 16, 1, pp.6-17, 2012

HealthMap

Influenza.be (FAQ sur les différentes formes de grippes)

Influenza charts, OMS

Evolution des infections respiratoires aiguës en Belgique, IPH

Les plans pandémiques antigrippaux en Europe, Eurosurveillance

Statistiques Sanitaires Mondiales, OMS, 2011

Manuel de sécurité biologique en laboratoire (PDF), OMS, 2005

EnsemblBacteria (génome de plus de 20000 bactéries)

GeneCards (compendium du génome humain)

International Committee on Taxonomy of Viruses (base de données des virus), ICTV

Organisation des Nations Unies (ONU)

Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Onusida

Les plus belles images de biologie

Livres

Planète de virus, Carl Zimmer, Belin, 2016

Des premières bactéries à l'homme : L'histoire de nos origines, Jean-Claude Gall, L'Harmattan, 2009

Les virus émergents, Antoine Gessain et Jean-Claude Manuguerra, PUF-Que sais-je ?, 2006

Le grand roman des bactéries : Peuvent-elles sauver le monde ?, Martine Castello et Vahé Zartarian, Albin Michel, 2005

Les nouveaux virus, E.Moulin, Les Asclépiades, 2005

L'Univers bactériel, L.Margulis et D.Sagan, Albin Michel, 1989; Seuil Points Sciences, 2002

La Guerre contre les virus, J.-F. Saluzzo, Plond, 2002

Des bactéries et des hommes, Willy Hansen et Jean Freney, Privat, 2002

Des virus et des hommes, Luc Montagnier, Odile Jacob, 1994

Retour à la Biologie

Page 1 - 2 - 3 -


Back to:

HOME

Copyright & FAQ