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Le Soleil L'héliosphère et ses composantes (VII) Rappelons
que lorsque le Soleil est au paroxysme de son activité ou à l’occasion
d’éruptions chromosphériques, le champ magnétique peut temporairement
bloquer les rayons cosmiques issus de la Voie Lactée, c’est l’effet
Forbush, qui fluctue également en fonction du cycle solaire de 11 ans.
Lorsque
les boucles magnétiques sont refermées et que le champ magnétique finit par
s'ouvrir sur le milieu interplanétaire, chaque hémisphère du Soleil prend une
certaine polarité magnétique. Les jets coronaux qui sont ensuite émis par les
deux hémisphères séparent alors le milieu interplanétaire en deux feuillets de polarités
opposées à mesure de leur progression dans l'espace. Durant
les périodes calmes de son activité, le Soleil s’entoure ainsi de quatre
secteurs de polarité opposée, séparés les uns des autres par un feuillet
interplanétaire de courant neutre. Son épaisseur est de l’ordre de 1% de la
région polarisée. Ce feuillet présente des lignes de forces dont la polarité
est régulièrement inversée. Sa structure est peu torsadé à l’époque du
minima de l’activité solaire mais elle peut devenir méconnaissable 11 ans
plus tard, pendant la phase de paroxysme, suite à la rotation solaire. A
mesure qu’il se propage dans les trois dimensions de l’espace, le vent
solaire devient de plus en plus faible face au vent interstellaire dissipé par
les étoiles proches. Mais sa force ne se dissipe pas graduellement. Sa vitesse
supersonique étant supérieure à celle des perturbations qu’il entraîne,
près de l’héliopause le vent solaire subit un violent freinage que ne
peuvent absorber les particules qui le suivent (l’information n’est
véhiculée qu’à la vitesse du son). Cet effet provoque une immense onde de
choc à l’instar d’un fluide supersonique qui serait brutalement arrêté.
La compression du front d’onde provoque des irrégularités et des agitations
du plasma qui se manifestent par de violents bruits sur plusieurs millions de
kilomètres. La structure de l’héliosphère est ainsi déformée dans le sens
du déplacement du Soleil, dans la direction de l’Apex proche de la
constellation d’Hercule. Les protons qui traversent ce front de choc perdent
25% de leur vitesse qui est convertie en chaleur. A cet endroit, la température
électronique du milieu interstellaire peut dépasser 1 million de degrés mais il ne contient
plus qu’un atome par centimètre cube. C.
L’héliopause A
la frontière du système solaire, à hauteur de l’héliopause, le vent
solaire rencontre les rayons cosmiques provenant principalement de l’onde de
choc émise par l’explosion des supernovae. Ce rayonnement est constitué
d’électrons, de protons de la plupart des noyaux lourds et
d’antiparticules. Il se propage à une vitesse relativiste, la plupart se
manifestant par l’émission de raies gamma et d’ondes radios.
L’interaction de ces particules chargées avec le champ magnétique provoque
la dispersion des plus légères et module leur intensité. Mais en général
l’énergie de ces particules est tellement élevée qu’elles parviennent
sans encombres dans l’atmosphère terrestre. Les
rayons cosmiques véhiculent également des particules de plus faibles énergies
(5 à 30 MeV) constituées de protons, d’hélions et de noyaux un peu plus
lourds (azote, oxygène, néon, argon). Pour expliquer cette composante
inhabituelle des rayons cosmiques, Lennard A. Fisk et ses collaborateurs de la
NASA-GSFC ont suggéré que certaines particules neutres s’ionisaient en
s’approchant du Soleil. Cette composante étant insensible au champ
magnétique, elle se faufilerait jusqu’au niveau de l’héliosphère interne
où les particules seraient finalement ionisées par le rayonnement ou
directement par le vent solaire. Transformées en ions, chargées
électriquement, elles seraient à nouveau entraînées par les lignes de force
du champ magnétique interplanétaire jusqu’à la limite de l’héliosphère.
Au contact de l’héliopause, les ondes de chocs provoqueraient une
accélération des ions qui gagneraient encore de l’énergie. Ce scénario a
la faveur des physiciens.
En 1983 la sonde Voyager 1 enregistra les premiers échos de l’onde de choc de l’héliopause à la fréquence de 2 ou 3 kHz. Le signal persista plusieurs mois avant de s’affaiblir. En 1992-93 un signal similaire mais plus puissant fut à nouveau enregistré, cette fois par les deux sondes Voyager. Au tournant du millénaire on a estimé que l'héliopause se situait encore 40 UA devant les deux sondes spatiales, soit 5 milliards de kilomètres au-delà de l’orbite de Pluton. Comme prévu, le 1 août 2002 Voyager 1 franchit l'onde de choc terminale de la magnétosphère à environ 85 UA soit 13 milliards de kilomètres du Soleil. A cette occasion les astrophysiciens récoltèrent une manne de données sur ces fameux rayons cosmiques peu ordinaires et sur la composition générale de cette vaste région inexplorée. Après
avoir traversé un nouveau flux intense de vent solaire à 87 UA Voyager 1
entra dans une zone constituée de particules neutres interstellaires
d'une énergie de plusieurs MeV. Voyager 1 venait de sortir du système
solaire; le vent ne
soufflait plus et pour la première fois une
invention humaine faisait l’expérience du milieu interstellaire. Des
modèles fragiles Grâce
aux observations détaillées de notre étoile, les astrophysiciens peuvent
élaborer des modèles d'évolution pour les milliards d'autres étoiles qui
peuplent tout l'univers. La compréhension des mécanismes physico-chimiques qui
se développent dans l'enceinte du Soleil, les caractéristiques de sa structure
et de sa composition sont les bases mêmes de l'astrophysique. Si l'une de ces
lois était infirmée, toutes nos connaissances concernant le rayonnement des
étoiles et des galaxies ainsi que l'évolution stellaire seraient ébranlées.
Loin de comprendre tous les mécanismes qui régissent son évolution, les
astronomes disposent déjà de lois précises mais certaines hypothèses restent
à confirmer.
Plusieurs
lois ont été établies de façon empiriques pour expliquer son comportement et
aucune étude ne peut encore confirmer les subtilités des modèles existants.
La relation qui semble exister entre le champ magnétique et les structures de
la chromosphère n'est pas encore acceptée par tous les professionnels. Malgré
tout S.McIntosh obtient des cartes synoptiques dont la corrélation est
vérifiée à 90% pour la "zone royale". De même en ce qui concerne
la corrélation de l'indice RI (le nombre de Wolf) avec la surface des taches
solaires. Les courbes se superposent avec une corrélation de 97%, celles de
l'indice RI avec la densité de flux à 10.7 cm atteint même 99%. Complété
par les magnétogrammes et les données acquises par les satellites ultraviolet
et X, l'astronome est en mesure aujourd'hui d'élaborer des modèles plus
précis de notre étoile qu'il y a vingt ans. N'ayons toutefois pas la prétention de parier sur la véracité de nos théories. Il y a dix ans par exemple, les neutrinos émis par le Soleil semblaient moitié moins nombreux que les calculs le prédisaient. Les astrophysiciens estiment aujourd’hui qu’à chaque seconde 100 milliards de neutrinos traversent chaque centimètre carré de notre corps !
Si les neutrinos avaient une masse importante, ils pèseraient de tout leur poids sur l’avenir de l’Univers. En fait on ignore encore leur masse précise, elle serait de l’ordre de ~ 4 eV pour ne et s’ils ont une saveur quantique déterminée. Ils sont déjà répartis en trois familles. Aujourd'hui
l'héliosismologie explique bien le comportement de notre étoile. Les modèles
sont corroborés à 99%. Cela dit, pour expliquer les ondes acoustiques,
l'héliosismologie doit modifier les valeurs de densité, de température et la
vitesse de rotation de l'atmosphère solaire. La variation de l’intensité des
rayons cosmiques en fonction de la distance (le gradient) est inférieure au
taux théorique, laissant supposer que l’héliosphère est plus étendue que
prévue. Si nos lois doivent être corrigées en fonction des résultats des
futures missions spatiales, la découverte de particules interagissant peu avec
la matière nous permettront peut-être de mieux comprendre le milieu
interplanétaire et de saisir l'importance du rayonnement des étoiles dans
l'évolution de l'univers. Les théories pêchant par approximation, espérons que les résultats des futurs missions d’exploration permettront d'affiner les modèles solaires actuels. En contre partie ils entraîneront, à n'en pas douter, une refonte sensible de nos connaissances du Soleil et des étoiles en général. |
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