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Plaidoyer : Quand la Terre tourne à l'envers

ou les raisons des modifications de l'écosystème

L'accident de l'Amoco Cadiz survenu en mars 1978 pollua 200000 ha de surface marine et souilla 400 km de côtes bretonnes. Cet accident écologique eut un énorme retentissement médiatique car pour la première fois l'Europe découvrait, horrifiée, les marées noires. Mais ce ne fut pas la dernière. Document France-Ouest.

De l'irresponsabilité des nations (III)

A défaut de pouvoir négocier, tentons de faire comprendre à nos représentants politiques et nos dirigeants industriels quelle sont les implications perverses de la pollution ou du gaspillage et du non respect des lois qui, quoiqu'ils en pensent, n'ont pas été édictées pour les empêcher de conduire leurs activités mais pour préserver la biosphère et l'intérêt de tous. Si certains en ont conscience et c'est tout à leur honneur, d'autres n'ont pas toujours de scrupules à attribuer des lotissements pollués, à contaminer l'environnement, leur personnel ou la population qu'ils nourrissent.

Sous la pression des activités humaines, chaque année voit disparaître 2 % des forêts tropicales humides, 50000 espèces s'éteignent - 15 espèces toutes les minutes - et 18 % des terres arables ont été détruites depuis 1965.

Combien de temps allons-nous encore attendre pour préserver notre biotope de la folie de certains hommes ? Nous y travaillons me direz-vous mais les circonstances tendent à démontrer que les catastrophes sont plus nombreuses que les bonnes actions. Voici quelques exemples.

La diversité de nos moyens techniques, la recherche du pouvoir et de nouveaux marchés pour doper l'économie cachent un cancer latent si nous ne sommes pas capables de les gérer correctement. Un désintérêt des enjeux écologiques et un laxisme des autorités se greffent sur cette frénésie pour aboutir au seul résultat prévisible de ces attitudes irresponsables : les catastrophes écologiques quand elles ne sont pas accompagnées d'accidents sanitaires ou de crises financières.

La situation n'est pas propre à notre économie de marché ouverte et capitaliste mais concerne toutes les nations, les démocraties comme les dictatures, les états religieux et laïques, petits et grands, sans distinction de race ou de niveau social. Elle est seulement plus étonnante en démocratie où on considère a priori que les lois nous prémunissent contre ces maux.

Prenons quelques exemples. Entre 1953 et 1970, le plomb et le mercure de l'industrie ont pollué la baie de Minamata au Japon entraînant des mutations génétiques chez les bébés. Aujourd'hui ces métaux lourds et quelques autres sont toujours utilisés, notamment dans l'industrie et la médecine. 

Les pollutions marines telle la catastrophe de l'Amoco Cadiz en 1978 a pollué 200000 ha de surface marine, souillé 400 km de côte bretonnes et tué 20000 oiseaux. Moins de 10 % des 240000 tonnes de pétrole déversées ont été récupérés ! Heureusement la nature fut capable de digérer l'épais pétrole brut en l'espace de 20 ans mais le préjudice écologique n'a pas été reconnu.

Si cet accident était isolé et indemnisé correctement, nous passerions encore l'éponge non sans avoir dressé une amende dissuasive à l'armateur ou au pétrolier. Mais la liste des "marées noires" ne fait que s'allonger, pour citer l'accident de l'Exxon Valdez en Alaska en 1994 qui non seulement pollua des centaines de kilomètres de côtes mais continue 26 ans après la catastrophe à affecter la faune marine et notamment les orques dont la population est en train de disparaître suite à cet accident comme l'a expliqué le journaliste J.J. Kelley dans un article publié dans le National Geographic.

On peut également citer l'accident de l'Erika de Total survenu à la Noël 1999, celui du Prestige (pétrole russe) survenu en 2002 ou encore celui de la plate-forme pétrolière "Deepwater horizon" de BP survenu en 2010 au large de la Louisiane. A chaque fois les gouvernements ont peu réagi et l'économie locale s'en est ressentie au point que des centaines de familles de marins-pêcheurs et autres ostréiculteurs ont fait faillite !

Entre 2000 et 2015, les supertankers ont provoqué 1901 marées noires, soit environ une tous les trois jours ! Ils ont déversé en moyenne 500000 tonnes de pétrole sur les côtes ou dans la mer aux quatre coins du monde. Il faut y ajouter les dégazages et autres nettoyages des cuves qui représentent 1.8 millions de tonnes de pétrole supplémentaires déversées chaque année en mer !

L'explosion accidentelle survenue le 27 avril 2010 sur la plate-forme pétrolière "Deepwater horizon" de BP installée dans les eaux du Golfe du Mexique causa la mort de 11 employés. On estime qu'entre 50 et 100 000 barils soit près de 16 millions de litres de pétrole se seraient répandus chaque jour dans la mer. La marée noire toucha les côtes de Louisiane, d'Alabama et de Floride un peu plus d'un mois après l'accident, polluant des dizaines de kilomètres de côtes au grand dam de tous les habitants (cf. le blog).

Il faut ajouter la pollution engendrée par les cargos et autres tankers qui contribue à 4% du réchauffement du climat sans oublier les émissions extrêmement polluantes du traffic aérien. On y reviendra dans l'article consacré à l'Après Kyoto et au principe "pollueur-payeur".

On pourrait également citer les intoxications régulières aux persticides et autre DDT qui se déclarent régulièrement dans la population tant en Europe, aux Etats-Unis, qu'en Asie et qui s'attaquant en premier lieu aux bébés, ou encore les nombreuses épidémies dans le monde agricole dont la grippe avière et la maladie de la vache folle qui touchent occasionellement l'être humain, sans oublier le rétrovirus HIV (le SIDA) qui fut transmit à l'homme par accident également. 

Aucun de ces accidents n'est dû au hasard et tous furent pour ainsi dire prévisibles. Ils furent la conséquence du non respect des règlementations et d'un manque de responsabilité des auteurs concernés ainsi que d'un manque de contrôle des autorités. Ici comme ailleurs le laisser-aller du pouvoir exécutif et dans une certaine mesure du flou législatif ont profité aux auteurs de ces délits.

Mais ces accidents écologiques et sanitaires, bien que localement accablants pour les victimes, sont une goutte dans l'océan comparés aux conséquences des catastrophes nucléaires et chimiques que nous avons connu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Celles-ci affectent en effet la santé des individus parfois durant toute leur vie.

Voyez par vous même et appréciez l'irresponsabilité chronique de nos gouvernements. A faire frémir, d'autant que c'est souvent une classe rurale et peu éduquée qui les a portés au pouvoir malgré les avertissements des intellectuels...

Les accidents nucléaires

Les essais nucléaires en atmosphère n'ont pas bouleversé le climat de la Terre. Cependant dans les années 1980, grâce à des simulations on découvrit que durant un conflit armé ces bombes produiraient un hiver nucléaire si elles étaient massivement utilisées à très fortes puissances ainsi que je l'explique dans ce dossier sur les effets des explosions nucléaires.

Nous devons toutefois nous attarder sur ce sujet du simple fait de la contamination entraînée par la retombée du nuage radioactif (fallout[5]). Cela nous offrira également l'occasion de discuter du risque nucléaire et des accidents survenus dans plusieurs centrales électriques ou complexes de retraitement des déchets.

Des points de vue écologique et sanitaire, avec le recul de plus en plus de groupements civils reconnaissent que l'exploitation de l'énergie nucléaire fut une erreur. Les gouvernements ont essayé de nous convaincre que le nucléaire était finalement une bonne chose, une solution écologique nous garantissant une énergie infinie et propre. Des déchets ? Quels déchets ? Quelques pastilles de métal que l'on pouvait soi-disant recycler ! Les risques ? Négligeables, c'est une réaction contrôlée disait-on...

Mais nos dirigeants ont oublié le facteur risque dans leur équation. Il ne fallut pas attendre longtemps après la découverte de l'énergie nucléaire pour assister aux premiers déboires et aux effets indésirables de cette technologie, tant dans les complexes militaires que les entreprises civiles. Tous les pays qui y ont touché en furent victimes.

Entre 1948 et 1956 les rejets de déchets nucléaires directement dans la rivière Techa bordant le complexe russe de Mayak (situé près de la frontière nord du Kazakhstan, à 3500 km de Bruxelles) et les fuites radioactives du complexe ont exposé 124000 habitants à des doses moyennes et élevées de radiations ionisantes. En 1957, l'un des systèmes de refroidissement explosa, libérant dans l'atmosphère la moitié de la radioactivité qui s'échappa de Tchernobyl, l'équivalant de 10 fois l'explosion d'Hiroshima ! Certains habitants purent être évacués mais la plupart succombèrent suite à la radioactivité. Selon des résidents, pratiquement chaque semaine un habitant mourrait de cancer ! On estime qu'il y eu 272000 victimes !

Avant l'accident de Tchernobyl, dont un résumé figure page suivante, Mayak était le plus grave désastre nucléaire civil au monde. Les gouvernements ont-ils apprit la leçon ? Jamais ! Disons qu'à partir du moment où leurs expériences réussissaient ou que leurs installations civiles présentaient les résultats attendus, le restant était secondaire. Comme s'ils se désintéressaient du sort de leur population. A force d'assister à des accidents écologiques en tout genre, on finirait par le croire...

Plus près de nous par exemple, l'Angleterre déversa des fûts de déchets radioactifs dans les eaux de la Mer du Nord entre 1950 et 1963. Aujourd'hui la plupart de ces fûts métalliques sont rouillés et dans quelques années la radioactivité va se propager dans la mer. D'autres fûts ont été déversés dans toutes les eaux du monde. Qui les contrôle ? Personne et c'est d'autant plus grave qu'ils se déplacent avec la houle. Un jour on s'étonnera que les parcs à moules, les bouchots, ou les crevettes grises seront devenues toxiques...

Pertes de bombes thermonucléaires

Depuis les premiers essais nucléaires, au cours des multiples missions américaines effectuées sur le territoire national, dans le cadre des accords de l'OTAN ou lors des manoeuvres de la Flotte du Pacifique, nous avons assisté à des dizaines d'incidents et d'accidents concernant des armes nucléaires, impliquant tantôt des bombardiers tantôt des portes-avions ou des sous-marins. La situation est identique en Russie. Le public ignore en général ces événements ou les oublie facilement car il s'écoule parfois quelques années d'accalmie entre chacun de ces événements.

J'ai résumé dans l'article référencée ci-dessous tous les incidents ou accidents nucléaires militaires survenus depuis 1945, y compris trois événements impliquant la perte de bombes H par des B-52 ! Ils sont connus des associations écologiques et méritent d'être placés parmi les grandes bêtises de l'humanité, le mot étant bien faible vu le risque potentiel et parfois la contamination avérée qu'entraîna le transport de ces armes stratégiques de forte puissance.

A lire : Les accidents nucléaires militaires

L'OTAN et les accords START

Malgré les actions des mouvements écologiques, les gouvernements européens membres de l'OTAN soutiennent les forces américaines installées en Europe et acceptent la présence des centaines de têtes nucléaires qui s'y trouvent. Le traité START III signé en 2010 autorise la détention de 1550 têtes nucléaires côté Américain et côté Russe.

En 2010, la quantité de plutonium entreposée en Europe de l'Ouest était de 45 tonnes, dont plus de 3.8t en Belgique et plus de 11.1t en Allemagne, non compris les déchets irradiés des réacteurs (54.3t en Allemagne en 2002 selon WISE-Paris). Précisons qu'il suffit de 7 à 8 kg de cet explosif pour fabriquer une bombe similaire à celle qui explosa sur Nagasaki.

Si a priori les plus hautes autorités au profil de Dr. Folamour se sont assagis chez "Big Brother", dans les rangs de l'USAF ou de l'ex-Etoile Rouge suite à quelques décisions "surcritiques" en matière d'armement nucléaire, les têtes pensantes ont été remplacées par d'autres corps d'élite faisant malheureusement tout comme eux preuve d'une attitude assez désinvolte face au risque nucléaire.

Il y eu en effet des dizaines d'accidents qui se sont produits dans les nombreuses centrales nucléaires qui sortirent un peu partout de terre comme des champignons (atomiques) à travers le monde ainsi que par quelques "ratés" mémorables de tirs nucléaires souterrains ayant donné lieu à des contaminations tout comme quelques essais atmosphériques alarmants.

Les essais nucléaires français

Voyons par exemple ce qu'il en a été des célèbres essais nucléaires Français en Algérie et en Polynésie... Comme son objet, le sujet est très chaud, propice aux polémiques et aux préjugés que nous devons éviter; des accidents survenus il y a 20 ou 40 ans et dont les affaires sont classées deviennent des leçons du passé, presque des anecdotes, mais rien ne sert de les raviver. Les autorités et les associations de défense des victimes les connaissent et le sujet a été plaindé et les victimes indemnisées le cas échéant.

A lire : Irradié pour la France

La vérité sur les test nucléaires de Reggane et de Mururoa

En revanche, il reste des faits impunis connus des autorités et des questions en suspens comme vous pourrez en jugez en consultant l'article ci-dessus. Je précise également, et contrairement à l'esprit d'ouverture rencontré chez les autres agences civiles ou militaires contactées, que je n'ai reçu aucune explication de la part du CEA, maître en chef de ce programme; la transparence n'étant toujours pas à l'ordre du jour de cette institution. Cela en dit long sur l'intérêt que leur membres portent à une information objective et ses préoccupations quant à la santé du public. Triste France.

Prochain chapitre

Christmas, Tokaï-Mura, Tchernobyl...

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[5] Le fallout caractérise le nuage radioactif qui se développe après une explosion nucléaire suite à la vaporisation des éléments présents dans l'environnement.


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